Mission encre noire

Mission encre noire

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Mission encre noire episodes

  • Émission du 10 octobre 2017

    Mission encre noire Tome 21 Chapitre 262 On n'entend plus jouer les enfants d'Allen Côté paru en 2017 aux éditions Annika Parance Éditeur. Un quinqua, auteur à succès de romans noirs, traîne son Volkswagen blues entre le Montréal d'aujourd'hui et le Saguenay des années 70. Il se sent un peu dépassé lorsque la jeune femme qu'il aime veut un enfant de lui. C'est l'occasion de parcourir les chemins de l'enfance. Aux antipodes des aventures de son héros Paulin Dumouchard, aux prises avec Un tireur fou à Toronto et la hantise de la page blanche, l'écrivain s'autorise quelques glissades sur la pente du souvenir, à travers l'écriture de la vie d'Alex, son double désigné. Interné très jeune dans une école religieuse, Alex, un enfant hypersensible, est aussi le prétexte à raconter le Québec en région dans les années 70. Imaginez! Vous venez de descendre de l'autobus. L'église, c'est tous les dimanches pour la messe de onze heures. Vous envisagez de devenir enfant de choeur alors qu'Apollo 11 vient d'achever sa mission. Vous avez 10 ans et vous étouffez dans un uniforme trop serré. Prêt pour le voyage ? Mission encre noire vous propose de rencontrer, ce soir, Allen Côté.

    Extrait:«J'ai assez souvent songé à la pertinence de raconter mes tribulations de jeunesse. Il me suffirait de donner corps au récit en le pimentant d'une touche singulière. Des personnes de cette époque m'ont d'ailleurs déjà inspiré les traits de certains protagonistes dans mes romans. Oui, mais à présent, je suis habité par autre chose. Un enfant demande à revivre, un petit veut comprendre une douleur et s'assurer de ne pas la transmettre.»

    La force de marcher de Wab Kinew traduit par Caroline Lavoie paru en 2017 aux éditions Mémoire d'Encrier. Wab Kinew, député de Fort Rouge, journaliste et rappeur nous invite en territoire Anishinaabeg à travers le récit poignant de la vie de Tobasonakwut, son père, chef Anishinaabe de la nation Ojiwbé. Survivant des pensionnats autochtones, cet homme aura consacré son existence à se réconcilier avec la société canadienne et les siens. La force de marcher est bien plus qu'un hommage vibrant d'un fils à son père, il s'agit d'une immersion inédite dans un mode de penser et de vivre autochtone. Fascinant !

    Extrait:«Quelques jours plus tard, j'étais debout au milieu du cercle. En remuant les orteils, je sentais la chaleur de la peau de bison sur laquelle j'avais posé les pieds, alors que l'homme chargé d'inciser ma peau découpait au scalpel ma poitrine encore dépourvue de toutes ces cicatrices qui marquent tant mes proches. La sensation de la lame est d'abord froide, puis brûlante, à mesure que se découpent des couches de peau. Quand le scalpel est ressorti, l'inciseur a tiré la peau de mes muscles pectoraux, et un autre homme a glissé une cheville d'ébène dans la fente.»

    Underground Railroad de Colson Whitehead paru en 2017 aux éditions Albin Michel. Livre très attendu de la rentrée, prix Pulitzer 2017 et National Book Award 2016, Underground Railroad est un roman qui nous fait basculer en 1850. L'Amérique a besoin de main d'oeuvre pour cultiver son coton. Le commerce des esclaves est une entreprise florissante. Cora appartient à une plantation en Georgie. Sa mère est célèbre pour avoir réussi à s'évader en dépit des multiples dangers qui guettent une fugitive. Sa vie va chavirer lorsque Caesar, un esclave arrivé de Virginie, lui propose de s'enfuir vers les États libres du Nord. Colson Whitehead imagine l'existence d'un véritable chemin de fer, métaphore onirique et procédé narratif ingénieux, pour témoigner de la situation des fugitifs qui empruntent le fameux Underground Railroad. Épisode incontournable de l'Histoire américaine, l'auteur nous tient captifs de ses sous-sols nauséabonds.

    Extrait:«Évadée, ou convoyée, de la résidence du soussigné, près d'Henderson, le 16 du mois courant, une jeune négresse dénommée MARTHA, propriété du soussignée. Ladite fille est de teint brun foncé, de corps malingre, la langue bien pendue, et d'environ 21 ans d'âge ; elle portait un bonnet de soie noire à plumes, et avait en sa possession deux édredons de calicot. Je crois comprendre qu'elle essaiera de se faire passer pour une affranchie.

    RIGDON BANKS

    Comté de Granville, 28 août 1839»

    1 hr
  • Émission du 10 octobre 2017
    Mission encre noire Tome 21 Chapitre 262 On n'entend plus jouer les enfants d'Allen Côté paru en 2017 aux éditions Annika Parance Éditeur. Un quinqua, auteur à succès de romans noirs, traîne son Volkswagen blues entre le Montréal d'aujourd'hui et le Saguenay des années 70. Il se sent un peu dépassé lorsque la jeune femme qu'il aime veut un enfant de lui. C'est l'occasion de parcourir les chemins de l'enfance. Aux antipodes des aventures de son héros Paulin Dumouchard, aux prises avec Un tireur fou à Toronto et la hantise de la page blanche, l'écrivain s'autorise quelques glissades sur la pente du souvenir, à travers l'écriture de la vie d'Alex, son double désigné. Interné très jeune dans une école religieuse, Alex, un enfant hypersensible, est aussi le prétexte à raconter le Québec en région dans les années 70. Imaginez! Vous venez de descendre de l'autobus. L'église, c'est tous les dimanches pour la messe de onze heures. Vous envisagez de devenir enfant de choeur alors qu'Apollo 11 vient d'achever sa mission. Vous avez 10 ans et vous étouffez dans un uniforme trop serré. Prêt pour le voyage ? Mission encre noire vous propose de rencontrer, ce soir, Allen Côté.
    Extrait:«J'ai assez souvent songé à la pertinence de raconter mes tribulations de jeunesse. Il me suffirait de donner corps au récit en le pimentant d'une touche singulière. Des personnes de cette époque m'ont d'ailleurs déjà inspiré les traits de certains protagonistes dans mes romans. Oui, mais à présent, je suis habité par autre chose. Un enfant demande à revivre, un petit veut comprendre une douleur et s'assurer de ne pas la transmettre.»
    La force de marcher de Wab Kinew traduit par Caroline Lavoie paru en 2017 aux éditions Mémoire d'Encrier. Wab Kinew, député de Fort Rouge, journaliste et rappeur nous invite en territoire Anishinaabeg à travers le récit poignant de la vie de Tobasonakwut, son père, chef Anishinaabe de la nation Ojiwbé. Survivant des pensionnats autochtones, cet homme aura consacré son existence à se réconcilier avec la société canadienne et les siens. La force de marcher est bien plus qu'un hommage vibrant d'un fils à son père, il s'agit d'une immersion inédite dans un mode de penser et de vivre autochtone. Fascinant !
    Extrait:«Quelques jours plus tard, j'étais debout au milieu du cercle. En remuant les orteils, je sentais la chaleur de la peau de bison sur laquelle j'avais posé les pieds, alors que l'homme chargé d'inciser ma peau découpait au scalpel ma poitrine encore dépourvue de toutes ces cicatrices qui marquent tant mes proches. La sensation de la lame est d'abord froide, puis brûlante, à mesure que se découpent des couches de peau. Quand le scalpel est ressorti, l'inciseur a tiré la peau de mes muscles pectoraux, et un autre homme a glissé une cheville d'ébène dans la fente.»
    Underground Railroad de Colson Whitehead paru en 2017 aux éditions Albin Michel. Livre très attendu de la rentrée, prix Pulitzer 2017 et National Book Award 2016, Underground Railroad est un roman qui nous fait basculer en 1850. L'Amérique a besoin de main d'oeuvre pour cultiver son coton. Le commerce des esclaves est une entreprise florissante. Cora appartient à une plantation en Georgie. Sa mère est célèbre pour avoir réussi à s'évader en dépit des multiples dangers qui guettent une fugitive. Sa vie va chavirer lorsque Caesar, un esclave arrivé de Virginie, lui propose de s'enfuir vers les États libres du Nord. Colson Whitehead imagine l'existence d'un véritable chemin de fer, métaphore onirique et procédé narratif ingénieux, pour témoigner de la situation des fugitifs qui empruntent le fameux Underground Railroad. Épisode incontournable de l'Histoire américaine, l'auteur nous tient captifs de ses sous-sols nauséabonds.
    Extrait:«Évadée, ou convoyée, de la résidence du soussigné, près d'Henderson, le 16 du mois courant, une jeune négresse dénommée MARTHA, propriété du soussignée. Ladite fille est de teint brun foncé, de corps malingre, la langue bien pendue, et d'environ 21 ans d'âge ; elle portait un bonnet de soie noire à plumes, et avait en sa possession deux édredons de calicot. Je crois comprendre qu'elle essaiera de se faire passer pour une affranchie.
    RIGDON BANKS
    Comté de Granville, 28 août 1839»
    0 min
  • Émission du 3 octobre 2017

    Mission encre noire Tome 21 Chapitre 261 (Sainte-Famille) de Mathieu Blais paru en 2017 aux éditions Leméac. Une histoire sans fusil ou presque. Dans la ville de Sainte-Famille, le gaz-bar vient de se faire braquer, Thomas contemple cela d'un oeil morne, il vient se faire virer de la bibliothèque. Même s'il boit sur son lieu de travail et reluque sous les jupes des filles ce n'est pas une raison. Alors il boit pour oublier qu'il est un sans nom, le nouveau chômeur, l'oublié. Pis, bien chaud, c'est Maggie qui dérouille, jusqu'à ce qu'elle dise oui, jusqu'à ce qu'elle se taise. Justin, lui, il se tait, pour un temps seulement. Il vit, il grogne, comme sa mère qui renifle, entre parenthèse. Mathieu Blais nous offre une pépite noire, un magistral portrait de famille dysfonctionnelle. Il choisit de regarder droit dans l'oeil du désastre de la violence conjugale. C'est assez troublant, l'horreur marque une rupture dans la vie, et Mathieu Blais écris de cette rupture. Il est notre invité, ce soir, à Mission encre noire.

    Extrait:«Le cri qui jaillit dans la chambre, ce n'est pas le mien, c'est celui que j'ai oublié au Nick bar, c'est celui que je traîne depuis ce matin, c'est celui qui se coince entre le coeur et les tripes, entre le poing et le désir, et mes jeans que je défais rapidement, et la ceinture que je laisse glisser hors des ganses et que j,enroule autour de son cou pour qu'elle se taise enfin, et moi à califourchon sur elle, bandé comme un chien sur sa chienne, elle ne comprend rien -

    Rien de rien à rien -»

    Ceci n'est pas un paradis de May Telmissany paru en 2017 aux éditions Mémoire d'encrier. May Telmissany est une romancière canadienne d'origine égyptienne. Ses Chroniques nomades, publiées par ailleurs entre 2006 et 2009 pour la revue égyptienne Rose El Youssef, sont traduit, ici, par sa compatriote québécoise Mona Latif-Ghattas. May Telmissany parle de nomadisme, d'écritures plurielles, multiculturelles, pluri-colorées. Ses textes sont d'une diversité et d'une richesse étonnantes, qu'ils soient écrit d'Ottawa, de Montréal, du Caire ou de Saint-Armand au Québec, l'endroit nous parle, la vie suggère l'humeur. Le texte vit, le texte respire. Que l'on parle de sport, de religion, de politique, de banc de neige, May Telmissany ouvre une brèche dans les murailles du paradis. Vous êtes sans doute la lectrice, le lecteur qu'elle attendait. D'une fraîcheur piquante, il se peut bien, tel un génie farceur, que l'auteure vous éveille à l'esprit nomade et ce n'est pas l'aube d'un drôle de printemps égyptien qui l'arrêtera.

    Extrait:«Trois ans sans revenir en Égypte autrement que pour une petite semaine. Je me souviens de mon dernier long séjour en 2005 et mon appréhension grandit à l'approche du voyage. À la nostalgie se mêle la peur. Avant mon départ, je reçois la visite d'un ami rentré récemment d'Égypte. Comme tous les émigrés, je suis à l'affût des nouvelles. Je donne libre cours à l'imagination pour combler le vide que laissent ses mots obscurs et ses perceptions personnelles où abondent la crainte et la méfiance. Le pays est en ruines, dit mon ami. Le pays s'effondre et les gens assistent impuissants à son anéantissement. Je ressens comme un saignement entre la gorge et l'estomac.»

    Le corps noir de Jean-Claude Charles paru en 2017 aux éditions Mémoire d'encrier. La maison d'édition québécoise réédite l'ensemble de l'oeuvre de l'immense écrivain d'origine haitienne, Jean-Claude Charles. Surnommé, un temps, le fakir et dandy de Harlem, l'auteur, a erré entre l'Europe, le mexique et les États-Unis. Dans cet essai qualifié de «rageur sur le racisme», il se propose de s'attaquer aux fondements même d'une pure invention de l'esprit: Le corps noir. Jean-Claude Charles choisit des angles inédits, à travers des extraits de textes originaux, des articles de journaux, des illustrations et autres iconographies, pour mieux confondre la duperie de la main du créateur. Ironie, humour décapant, le texte est avant tout une profonde réflexion argumentée et fragmentée visant à dépoussiérer les esprits tapageurs. Stupéfiant! Brillant! Les 170 pages de ce livre sont indispensables pour re-découvrir la pensée du chantre de l'enracinerrance décédé à Paris en 2008.

    Extrait:«S'il est noir, c'est qu'il est sale. Quel fabricant de lessive commanditerait un message publicitaire vantant les mérites de sa marchandise avec une ménagère noire?N'importe lequel. Il suffit qu'une cible existe: une communauté noire d'acheteurs, Mais l'espace de la métaphore hygiénique sera interdit au corps noir. Imaginez le chevalier Ajax à l'image du diable, all black. Non-sens symbolique.»

    1 hr
  • Émission du 3 octobre 2017
    Mission encre noire Tome 21 Chapitre 261 (Sainte-Famille) de Mathieu Blais paru en 2017 aux éditions Leméac. Une histoire sans fusil ou presque. Dans la ville de Sainte-Famille, le gaz-bar vient de se faire braquer, Thomas contemple cela d'un oeil morne, il vient se faire virer de la bibliothèque. Même s'il boit sur son lieu de travail et reluque sous les jupes des filles ce n'est pas une raison. Alors il boit pour oublier qu'il est un sans nom, le nouveau chômeur, l'oublié. Pis, bien chaud, c'est Maggie qui dérouille, jusqu'à ce qu'elle dise oui, jusqu'à ce qu'elle se taise. Justin, lui, il se tait, pour un temps seulement. Il vit, il grogne, comme sa mère qui renifle, entre parenthèse. Mathieu Blais nous offre une pépite noire, un magistral portrait de famille dysfonctionnelle. Il choisit de regarder droit dans l'oeil du désastre de la violence conjugale. C'est assez troublant, l'horreur marque une rupture dans la vie, et Mathieu Blais écris de cette rupture. Il est notre invité, ce soir, à Mission encre noire.
    Extrait:«Le cri qui jaillit dans la chambre, ce n'est pas le mien, c'est celui que j'ai oublié au Nick bar, c'est celui que je traîne depuis ce matin, c'est celui qui se coince entre le coeur et les tripes, entre le poing et le désir, et mes jeans que je défais rapidement, et la ceinture que je laisse glisser hors des ganses et que j,enroule autour de son cou pour qu'elle se taise enfin, et moi à califourchon sur elle, bandé comme un chien sur sa chienne, elle ne comprend rien -
    Rien de rien à rien -»
    Ceci n'est pas un paradis de May Telmissany paru en 2017 aux éditions Mémoire d'encrier. May Telmissany est une romancière canadienne d'origine égyptienne. Ses Chroniques nomades, publiées par ailleurs entre 2006 et 2009 pour la revue égyptienne Rose El Youssef, sont traduit, ici, par sa compatriote québécoise Mona Latif-Ghattas. May Telmissany parle de nomadisme, d'écritures plurielles, multiculturelles, pluri-colorées. Ses textes sont d'une diversité et d'une richesse étonnantes, qu'ils soient écrit d'Ottawa, de Montréal, du Caire ou de Saint-Armand au Québec, l'endroit nous parle, la vie suggère l'humeur. Le texte vit, le texte respire. Que l'on parle de sport, de religion, de politique, de banc de neige, May Telmissany ouvre une brèche dans les murailles du paradis. Vous êtes sans doute la lectrice, le lecteur qu'elle attendait. D'une fraîcheur piquante, il se peut bien, tel un génie farceur, que l'auteure vous éveille à l'esprit nomade et ce n'est pas l'aube d'un drôle de printemps égyptien qui l'arrêtera.
    Extrait:«Trois ans sans revenir en Égypte autrement que pour une petite semaine. Je me souviens de mon dernier long séjour en 2005 et mon appréhension grandit à l'approche du voyage. À la nostalgie se mêle la peur. Avant mon départ, je reçois la visite d'un ami rentré récemment d'Égypte. Comme tous les émigrés, je suis à l'affût des nouvelles. Je donne libre cours à l'imagination pour combler le vide que laissent ses mots obscurs et ses perceptions personnelles où abondent la crainte et la méfiance. Le pays est en ruines, dit mon ami. Le pays s'effondre et les gens assistent impuissants à son anéantissement. Je ressens comme un saignement entre la gorge et l'estomac.»
    Le corps noir de Jean-Claude Charles paru en 2017 aux éditions Mémoire d'encrier. La maison d'édition québécoise réédite l'ensemble de l'oeuvre de l'immense écrivain d'origine haitienne, Jean-Claude Charles. Surnommé, un temps, le fakir et dandy de Harlem, l'auteur, a erré entre l'Europe, le mexique et les États-Unis. Dans cet essai qualifié de «rageur sur le racisme», il se propose de s'attaquer aux fondements même d'une pure invention de l'esprit: Le corps noir. Jean-Claude Charles choisit des angles inédits, à travers des extraits de textes originaux, des articles de journaux, des illustrations et autres iconographies, pour mieux confondre la duperie de la main du créateur. Ironie, humour décapant, le texte est avant tout une profonde réflexion argumentée et fragmentée visant à dépoussiérer les esprits tapageurs. Stupéfiant! Brillant! Les 170 pages de ce livre sont indispensables pour re-découvrir la pensée du chantre de l'enracinerrance décédé à Paris en 2008.
    Extrait:«S'il est noir, c'est qu'il est sale. Quel fabricant de lessive commanditerait un message publicitaire vantant les mérites de sa marchandise avec une ménagère noire?N'importe lequel. Il suffit qu'une cible existe: une communauté noire d'acheteurs, Mais l'espace de la métaphore hygiénique sera interdit au corps noir. Imaginez le chevalier Ajax à l'image du diable, all black. Non-sens symbolique.»
    0 min
  • Émission du 26 septembre 2017

    Mission encre noire Tome 21 chapitre 260 Johnny de Catherine-Ève Groleau paru en 2017 aux éditions Boréal. Valentine veut fuir Ville-Émard, ses usines. Son rêve: devenir dactylo comme toutes ses femmes bien habillées qu'elle observe sur Sainte Cath'. Johnny s'apprête à quitter la misère crasse de la réserve indienne d'Odanak. Il y arrive en se faisant passer pour un italien dans ce Montréal des années 80, les sales boulots de la petite pègre mènent parfois à la prospérité. Valentine, du haut de son estrade de Miss Hot pants, contemple celui qui donnera forme à son destin: Johnny l'attend au bas des marches. Dans ce premier roman, Catherine-Ève Groleau nous présente une histoire d'ascension sociale dans la droite lignée des tragédies classiques. C'est beau comme une chanson populaire, tragique comme le chant des grillons par une journée chaude, où seuls, les lièvres et les perdrix, forcément, succombent aux collets. L'amérique du nord. L'après-guerre. Le rêve américain. Le Québec. Nous recevons, à Mission encre noire, Catherine-Ève Groleau pour en discuter.

    Extrait:«Jamais Thérèse n'accepterait qu'une de ses filles passe pour une de celles qui trottaient la nuit sur la Wellington. Valentine décida d'y aller quand même. Pour le concours, elle s'acheta un maillot corseté en coton blanc qui rapetissait sa taille et donnait du galbe à ses seins et qui lui coùta d'aider sa mère à coudre pendant dix longues soirées. Elle s'entraîna à marcher avec ses talons devant Aimée. Ses pieds renversaient. Pour s'habituer, elle les porta sur les deux kilomètres du retour à l'école. C'est un samedi après-midi, dans le square en face de chez Morgan's, à côté de l'estrade où Valentine avait marché, qu'elle vit Johnny pour la première fois.»

    Grand fauchage intérieur de Stéphanie Filion paru en 2017 aux éditions Boréal. Laisser filer le temps. Jeanne est photographe, elle observe tout le bleu qui ceinture Beyrouth à travers le hublot. Elle entame un bref séjour au Liban. Sous la chaleur étouffante, Jeanne s'installe dans une autre dimension peuplée d'odeurs, de couleurs et de sons inédits. Julien, de visite pour une compétition de judo, va s'éprendre très vite de cette femme discrète et blessée. Jeanne braque son appareil vers cet Orient mille fois fantasmé, elle y découvre un pays, une culture et une philosophie de vie. Le Ô-uchi-gari, à travers la voix, le corps et le visage de Julien, coupe le cours tragique de sa vie comme la lumière dans le ciel au-dessus de la mer de Marmara. La semaine passe en un jour. Et ce jour passe en une heure. Un texte qui est porté par une magnifique écriture située entre une peinture réaliste et une rêverie éclairée. Nous saisissons au vol l'opportunité de recevoir Stéphanie Filion à Mission encre noire, ce soir.

    Extrait:« À Byblos, alors que nous étions au pied des fortifications, près de la mer, dans l'odeur des fleurs sauvages, anémones et coquelicots, qui poussent à même la roche, là où une affichette bleue et rouillée indiquait en arabe et en français «colonnade romaine», l'archéologue s'est penché pour ramasser ce que je croyais être un caillou. Il a mis dans ma main un tesson de poterie. sa forme était arrondie, sa texture rude et poreuse. J'ai pensé à un bout de sein en terre cuite.

    Il a dit: prenez, c'est un peu de Byblos avec vous.»

     

    FIL 2017 http://www.festival-fil.qc.ca/2017/

     

    1 hr
  • Émission du 26 septembre 2017
    Mission encre noire Tome 21 chapitre 260 Johnny de Catherine-Ève Groleau paru en 2017 aux éditions Boréal. Valentine veut fuir Ville-Émard, ses usines. Son rêve: devenir dactylo comme toutes ses femmes bien habillées qu'elle observe sur Sainte Cath'. Johnny s'apprête à quitter la misère crasse de la réserve indienne d'Odanak. Il y arrive en se faisant passer pour un italien dans ce Montréal des années 80, les sales boulots de la petite pègre mènent parfois à la prospérité. Valentine, du haut de son estrade de Miss Hot pants, contemple celui qui donnera forme à son destin: Johnny l'attend au bas des marches. Dans ce premier roman, Catherine-Ève Groleau nous présente une histoire d'ascension sociale dans la droite lignée des tragédies classiques. C'est beau comme une chanson populaire, tragique comme le chant des grillons par une journée chaude, où seuls, les lièvres et les perdrix, forcément, succombent aux collets. L'amérique du nord. L'après-guerre. Le rêve américain. Le Québec. Nous recevons, à Mission encre noire, Catherine-Ève Groleau pour en discuter.
    Extrait:«Jamais Thérèse n'accepterait qu'une de ses filles passe pour une de celles qui trottaient la nuit sur la Wellington. Valentine décida d'y aller quand même. Pour le concours, elle s'acheta un maillot corseté en coton blanc qui rapetissait sa taille et donnait du galbe à ses seins et qui lui coùta d'aider sa mère à coudre pendant dix longues soirées. Elle s'entraîna à marcher avec ses talons devant Aimée. Ses pieds renversaient. Pour s'habituer, elle les porta sur les deux kilomètres du retour à l'école. C'est un samedi après-midi, dans le square en face de chez Morgan's, à côté de l'estrade où Valentine avait marché, qu'elle vit Johnny pour la première fois.»
    Grand fauchage intérieur de Stéphanie Filion paru en 2017 aux éditions Boréal. Laisser filer le temps. Jeanne est photographe, elle observe tout le bleu qui ceinture Beyrouth à travers le hublot. Elle entame un bref séjour au Liban. Sous la chaleur étouffante, Jeanne s'installe dans une autre dimension peuplée d'odeurs, de couleurs et de sons inédits. Julien, de visite pour une compétition de judo, va s'éprendre très vite de cette femme discrète et blessée. Jeanne braque son appareil vers cet Orient mille fois fantasmé, elle y découvre un pays, une culture et une philosophie de vie. Le Ô-uchi-gari, à travers la voix, le corps et le visage de Julien, coupe le cours tragique de sa vie comme la lumière dans le ciel au-dessus de la mer de Marmara. La semaine passe en un jour. Et ce jour passe en une heure. Un texte qui est porté par une magnifique écriture située entre une peinture réaliste et une rêverie éclairée. Nous saisissons au vol l'opportunité de recevoir Stéphanie Filion à Mission encre noire, ce soir.
    Extrait:« À Byblos, alors que nous étions au pied des fortifications, près de la mer, dans l'odeur des fleurs sauvages, anémones et coquelicots, qui poussent à même la roche, là où une affichette bleue et rouillée indiquait en arabe et en français «colonnade romaine», l'archéologue s'est penché pour ramasser ce que je croyais être un caillou. Il a mis dans ma main un tesson de poterie. sa forme était arrondie, sa texture rude et poreuse. J'ai pensé à un bout de sein en terre cuite.
    Il a dit: prenez, c'est un peu de Byblos avec vous.»
     
    FIL 2017 http://www.festival-fil.qc.ca/2017/
    0 min
  • Émission du 12 septembre 2017

    Mission encre noire Tome 21 Chapitre 259 C'est la rentrée pour Mission encre noire, nous sommes très heureux de vous retrouver pour une nouvelle saison de découvertes littéraires ! Au coeur du mois d'août dernier le festival Orientalys accueillait la troisième édition du Salon du livre de la diaspora arabe et berbère. Salah Beddiari, fort du succès accompli, décide d'organiser une levée de fonds via les internets pour péreniser le projet. Nous saisissons l'occasion d'inviter, ce mardi, Salah el Khalfa Beddiari, en tant qu'organisateur et écrivain, et un autre membre du collectif organisateur, la poétesse d'origine syrienne, Soheir Fouzat. Vous serez étonné de découvrir l'urgence de faire de ce salon un rendez-vous prospère et annuel.

    https://www.generosity.com/fundraising/salon-du-livre-de-la-diaspora-montreal-quebec

     

    Moebius 154 est arrivé dans les kiosques ! «Mais l'ennui nous prend parfois par surprise, comme une mélancolie, le retour de cet antique amour du réel», ce thème est tiré d'une phrase du livre Ce que dit l'écorce de Nicolas Lesvesque et Catherine Mavrikakis paru en 2014 chez Nota Bene. Subversion, inventivité, savoir faire et bien d'autres qualités vous attendent dans ce nouveau numéro. Sous la direction de Jean-Philippe Michaud et Chloé Savoie-Bernard, de jeunes auteur-e-s et d'autres plus confirmé-e-s relèvent le défi proposé. Moebius un magazine qui vous décapsule dès la première page ! Vous en doutez? Essayez-le ! Moebius, le magazine pour celles et ceux qui n'ont pas peur d'avoir froid aux yeux !

    1 hr
  • Émission du 12 septembre 2017
    Mission encre noire Tome 21 Chapitre 259 C'est la rentrée pour Mission encre noire, nous sommes très heureux de vous retrouver pour une nouvelle saison de découvertes littéraires ! Au coeur du mois d'août dernier le festival Orientalys accueillait la troisième édition du Salon du livre de la diaspora arabe et berbère. Salah Beddiari, fort du succès accompli, décide d'organiser une levée de fonds via les internets pour péreniser le projet. Nous saisissons l'occasion d'inviter, ce mardi, Salah el Khalfa Beddiari, en tant qu'organisateur et écrivain, et un autre membre du collectif organisateur, la poétesse d'origine syrienne, Soheir Fouzat. Vous serez étonné de découvrir l'urgence de faire de ce salon un rendez-vous prospère et annuel.
    https://www.generosity.com/fundraising/salon-du-livre-de-la-diaspora-montreal-quebec
     
    Moebius 154 est arrivé dans les kiosques ! «Mais l'ennui nous prend parfois par surprise, comme une mélancolie, le retour de cet antique amour du réel», ce thème est tiré d'une phrase du livre Ce que dit l'écorce de Nicolas Lesvesque et Catherine Mavrikakis paru en 2014 chez Nota Bene. Subversion, inventivité, savoir faire et bien d'autres qualités vous attendent dans ce nouveau numéro. Sous la direction de Jean-Philippe Michaud et Chloé Savoie-Bernard, de jeunes auteur-e-s et d'autres plus confirmé-e-s relèvent le défi proposé. Moebius un magazine qui vous décapsule dès la première page ! Vous en doutez? Essayez-le ! Moebius, le magazine pour celles et ceux qui n'ont pas peur d'avoir froid aux yeux !
    0 min
  • Émission du 25 juillet 2017

    Mission encre noire Tome 20 Chapitre 258 C'est la dernière émission de la saison. Avant de vous retrouver à la rentrée en septembre, voici un épisode des plus fourni. A broken Hallelujah Rock and roll, rédemption et vie de Leonard Cohen de Liel Leibovitz paru en 2017 aux éditions Allia. Leonard Cohen occupe une place à part dans le panthéon Montréalais. Liel Leibovitz vous propose une lecture décalée de l'artiste, aussi éloignée de la simple biographie que possible. Né d'une famille juive canadienne, Leonard Cohen est un voyageur qui embrassera la poésie de Garcia Lorca, l'érotisme, le judaïsme et le boudhisme zen dans une quête de sens perpétuelle. Ce livre est habité de toute part, il vous immerge dans plusieurs époques aux côtés de nombreux artistes, par le moyen d'extraits de textes choisis et d'archives personnelles du chanteur/poète/romancier. L'entreprise séduit. Non content de tenir un magnifique objet, vous partagerez les émotions et les réflexions d'un homme qui aura marqué de son empreinte plusieurs générations. Ce livre se respire, s'écoute et se rejoue à volonté.

    Extrait:«Il existe une autre histoire bien plus vraisemblable, sans sexe celle-ci, mais liée à Bob Dylan. Un jour de 1965, Cohen découvre le jeune poète juif, de près de dix ans son cadet, et il est fasciné par ses textes énigmatiques et habités. Pendant l'entretien qu'il accorde à Adrienne Clarkson, il prend le temps de citer sans raison particulière un vers de «Mr Tambourine Man», dans lequel Dylan parle de se fondre dans son propre cortège. Lorsqu'il se rend à une réunion de poètes canadiens, bien arrosée, une semaine après le jour de l'an 1966, il n'a que Dylan à la bouche.»

    Équateur d'Antonin Varenne paru en 2017 aux éditions Albin Michel. Équateur n'est pas une suite, cependant, Peter Ferguson est un personnage échappé du roman Trois mille chevaux vapeur paru en 2014 chez Albin Michel. Nous sommes en 1871, la guerre de Sécession vient de s'achever. Pete est en fuite vers le sud. Il a incendié un bureau du Land Office au Nebraska, tué un homme au Nevada, il se retrouve au milieu de chasseurs de bisons, il y trouvera une destination: l'Équateur. Parmi les Comancheros, sur la frontière mexicaine, il rencontrera l'amour et un destin à suivre. Truands, dictateurs, révolutionnaires, marins, amérindiens, mercenaires, sont des compagnons de première main pour partager ce récit de voyage qu'il consigne soigneusement dans un carnet avant de se le faire tatouer sur le corps. L'amazonie souillera d'humidité vos pages trop blanches, tandis que l'aridité du Nevada vous déssèchera le gosier. Équateur est une formidable odyssée poétique.

    Extrait:«Le temps. Quand les Espagnols sont arrivés, la vallée était déjà désertée et en ruine. Les Xincas vivaient en petites communautés dans la région et parlaient une langue qui n'était pas celle des grands Mayas. On a pensé qu'ils étaient les derniers représentants de cette civilisation mais au fond personne n'en sait rien. Peut-être n'étaient-ils qu'une caste de guerriers dans cet empire, qui avec leur religion ont aujourd'hui oublié l'art de la guerre. Maria est la seule chose à laquelle ils croient qui ne soit pas un souvenir déformé, la fille d'un chef devenu une légende, leur dernier lien avec le passé.»

    J'ai été Johnny Thunders de Carlos Zanon paru en 2016 aux éditions Asphalte.Frankie de son vrai nom Francis revient vivre chez son père. Obèse et dépendant aux drogues dures, Francis ne se remet que difficilement de ses années d'excès dans le milieu du rock des nuits barcelonaises. Il était le roi courtisé des ruelles sombres et mal fréquentées. Il vivra son état de grâce en jouant aux côtés de l'ex star déchue des New York Dolls. Vingt ans plus tard, il est fauché et cherche à se refaire pour payer les pensions alimentaires en retard pour ses enfants. Son passé trouble finira par le rattraper. Carlos Zanon se fait chroniqueur des quartiers mal chaussés de la capitale catalane et nous offre un regard sur le rock et un monde qui refuse encore de s'uniformiser.

    Extrait:«Heron city est un petit îlot de commerces, de loisirs et de multiplexes situé en bordure de la Meridiana, une voie rapide à la sortie de Barcelone. On y trouve un parking gratuit sur trois niveaux, des cinémas, un McDonald's, une salle de sport, des pizzerias et, à l'extérieur, un Corte Inglès, peu fréquenté. C'est un centre commercial familial qui se remplit le week-end grâce aux habitants des quartiers de Horta, de Guineueta et de Sagrera. Mais un mardi à quatre heures du matin, c'est le silence total, à peine interrompu par les voitures qui vont et viennent au loin, sur la Meridiana. Les commerces sont fermés, certaines vitrines lancent une lumière zénithale verdâtre, avec leurs portables sport - du miel pour les abeilles.

    «Il sont toujours à la bourre» dit Alex.

    Francis croit apercevoir un vigile à l'autre bout du parvis du centre commercial.

    «Pas de problème. Emn fait, y'en a deux. Y'en a un qui fait les gros yeux et l'autre, tout dépend sur qui on tombe, il peut décider de nous prendre la tête ou pas. Mais bon, on fait rien de mal. On est là, on fume une clope, c'est tout. Y'a pas de lézard». »

    Petite soeur la mort de William Gay paru en 2017 aux éditions du Seuil. Vous qui affectionnez les livres d'horreur, celui-ci tombe à pic. Encouragé par son éditeur pour stimuler son inspiration, David Binder part installer sa famille, sa femme enceinte et sa petite fille, dans une maison reculée, sur une ancienne plantation, au Tennessee, à Beale Station. Une maison qui a la réputation d'être hantée ! Un fantôme cruel y sévirait depuis le début du XIX ème siècle. Rapidement des phénomènes paranormaux se manifestent. Enfermé dans son besoin d'écrire David domine sa peur. Est-ce qu'il serait envoûté par le lieu ? Ce conte terrifiant nous fait remonter le cours du temps et des évènements des décennies auparavant. Alors que l'été du Sud s'étire, chaud et serein, que les épis s'allongent et durcissent, sous les nuits douces et humides, les rires d'ivrognes et les éclats des habitants paraissent aussi rauques et absurdes que des cris de corbeaux ou de harpies. Préparez-vous à glisser sur les pentes savonneuses de l'angoisse.

    Extrait:«C'était une grande bâtisse blanc-gris qui se dressait devant le décor vert et noir des collines luxuriantes de l'été, haute et couverte d'ardoise, majestueuse et aussi, pensa aussitôt Binder, profondément maléfique. Elle lui inspira soudain deux envies contradictoires: prendre la fuite pour regagner Chicago, et profiter de la paix qu'intuitivement il était sûr de trouver entre ses murs. Cette demeure possédait un aspect intemporel qui semblait capable d'atténuer toutes les difficultés qu'il pourrait rencontrer. L'espace d'une brève illumination, il comprit qu'elle était moins intéressante qu'il ne l'avait espéré et, en même temps, infiniment plus.» 

     

    Nous vous souhaitons un bon été ! Bonne lecture !

    1 hr
  • Émission du 25 juillet 2017
    Mission encre noire Tome 20 Chapitre 258 C'est la dernière émission de la saison. Avant de vous retrouver à la rentrée en septembre, voici un épisode des plus fourni. A broken Hallelujah Rock and roll, rédemption et vie de Leonard Cohen de Liel Leibovitz paru en 2017 aux éditions Allia. Leonard Cohen occupe une place à part dans le panthéon Montréalais. Liel Leibovitz vous propose une lecture décalée de l'artiste, aussi éloignée de la simple biographie que possible. Né d'une famille juive canadienne, Leonard Cohen est un voyageur qui embrassera la poésie de Garcia Lorca, l'érotisme, le judaïsme et le boudhisme zen dans une quête de sens perpétuelle. Ce livre est habité de toute part, il vous immerge dans plusieurs époques aux côtés de nombreux artistes, par le moyen d'extraits de textes choisis et d'archives personnelles du chanteur/poète/romancier. L'entreprise séduit. Non content de tenir un magnifique objet, vous partagerez les émotions et les réflexions d'un homme qui aura marqué de son empreinte plusieurs générations. Ce livre se respire, s'écoute et se rejoue à volonté.
    Extrait:«Il existe une autre histoire bien plus vraisemblable, sans sexe celle-ci, mais liée à Bob Dylan. Un jour de 1965, Cohen découvre le jeune poète juif, de près de dix ans son cadet, et il est fasciné par ses textes énigmatiques et habités. Pendant l'entretien qu'il accorde à Adrienne Clarkson, il prend le temps de citer sans raison particulière un vers de «Mr Tambourine Man», dans lequel Dylan parle de se fondre dans son propre cortège. Lorsqu'il se rend à une réunion de poètes canadiens, bien arrosée, une semaine après le jour de l'an 1966, il n'a que Dylan à la bouche.»
    Équateur d'Antonin Varenne paru en 2017 aux éditions Albin Michel. Équateur n'est pas une suite, cependant, Peter Ferguson est un personnage échappé du roman Trois mille chevaux vapeur paru en 2014 chez Albin Michel. Nous sommes en 1871, la guerre de Sécession vient de s'achever. Pete est en fuite vers le sud. Il a incendié un bureau du Land Office au Nebraska, tué un homme au Nevada, il se retrouve au milieu de chasseurs de bisons, il y trouvera une destination: l'Équateur. Parmi les Comancheros, sur la frontière mexicaine, il rencontrera l'amour et un destin à suivre. Truands, dictateurs, révolutionnaires, marins, amérindiens, mercenaires, sont des compagnons de première main pour partager ce récit de voyage qu'il consigne soigneusement dans un carnet avant de se le faire tatouer sur le corps. L'amazonie souillera d'humidité vos pages trop blanches, tandis que l'aridité du Nevada vous déssèchera le gosier. Équateur est une formidable odyssée poétique.
    Extrait:«Le temps. Quand les Espagnols sont arrivés, la vallée était déjà désertée et en ruine. Les Xincas vivaient en petites communautés dans la région et parlaient une langue qui n'était pas celle des grands Mayas. On a pensé qu'ils étaient les derniers représentants de cette civilisation mais au fond personne n'en sait rien. Peut-être n'étaient-ils qu'une caste de guerriers dans cet empire, qui avec leur religion ont aujourd'hui oublié l'art de la guerre. Maria est la seule chose à laquelle ils croient qui ne soit pas un souvenir déformé, la fille d'un chef devenu une légende, leur dernier lien avec le passé.»
    J'ai été Johnny Thunders de Carlos Zanon paru en 2016 aux éditions Asphalte.Frankie de son vrai nom Francis revient vivre chez son père. Obèse et dépendant aux drogues dures, Francis ne se remet que difficilement de ses années d'excès dans le milieu du rock des nuits barcelonaises. Il était le roi courtisé des ruelles sombres et mal fréquentées. Il vivra son état de grâce en jouant aux côtés de l'ex star déchue des New York Dolls. Vingt ans plus tard, il est fauché et cherche à se refaire pour payer les pensions alimentaires en retard pour ses enfants. Son passé trouble finira par le rattraper. Carlos Zanon se fait chroniqueur des quartiers mal chaussés de la capitale catalane et nous offre un regard sur le rock et un monde qui refuse encore de s'uniformiser.
    Extrait:«Heron city est un petit îlot de commerces, de loisirs et de multiplexes situé en bordure de la Meridiana, une voie rapide à la sortie de Barcelone. On y trouve un parking gratuit sur trois niveaux, des cinémas, un McDonald's, une salle de sport, des pizzerias et, à l'extérieur, un Corte Inglès, peu fréquenté. C'est un centre commercial familial qui se remplit le week-end grâce aux habitants des quartiers de Horta, de Guineueta et de Sagrera. Mais un mardi à quatre heures du matin, c'est le silence total, à peine interrompu par les voitures qui vont et viennent au loin, sur la Meridiana. Les commerces sont fermés, certaines vitrines lancent une lumière zénithale verdâtre, avec leurs portables sport - du miel pour les abeilles.
    «Il sont toujours à la bourre» dit Alex.
    Francis croit apercevoir un vigile à l'autre bout du parvis du centre commercial.
    «Pas de problème. Emn fait, y'en a deux. Y'en a un qui fait les gros yeux et l'autre, tout dépend sur qui on tombe, il peut décider de nous prendre la tête ou pas. Mais bon, on fait rien de mal. On est là, on fume une clope, c'est tout. Y'a pas de lézard». »
    Petite soeur la mort de William Gay paru en 2017 aux éditions du Seuil. Vous qui affectionnez les livres d'horreur, celui-ci tombe à pic. Encouragé par son éditeur pour stimuler son inspiration, David Binder part installer sa famille, sa femme enceinte et sa petite fille, dans une maison reculée, sur une ancienne plantation, au Tennessee, à Beale Station. Une maison qui a la réputation d'être hantée ! Un fantôme cruel y sévirait depuis le début du XIX ème siècle. Rapidement des phénomènes paranormaux se manifestent. Enfermé dans son besoin d'écrire David domine sa peur. Est-ce qu'il serait envoûté par le lieu ? Ce conte terrifiant nous fait remonter le cours du temps et des évènements des décennies auparavant. Alors que l'été du Sud s'étire, chaud et serein, que les épis s'allongent et durcissent, sous les nuits douces et humides, les rires d'ivrognes et les éclats des habitants paraissent aussi rauques et absurdes que des cris de corbeaux ou de harpies. Préparez-vous à glisser sur les pentes savonneuses de l'angoisse.
    Extrait:«C'était une grande bâtisse blanc-gris qui se dressait devant le décor vert et noir des collines luxuriantes de l'été, haute et couverte d'ardoise, majestueuse et aussi, pensa aussitôt Binder, profondément maléfique. Elle lui inspira soudain deux envies contradictoires: prendre la fuite pour regagner Chicago, et profiter de la paix qu'intuitivement il était sûr de trouver entre ses murs. Cette demeure possédait un aspect intemporel qui semblait capable d'atténuer toutes les difficultés qu'il pourrait rencontrer. L'espace d'une brève illumination, il comprit qu'elle était moins intéressante qu'il ne l'avait espéré et, en même temps, infiniment plus.» 
     
    Nous vous souhaitons un bon été ! Bonne lecture !
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