Mission encre noire

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Mission encre noire episodes

  • Émission du 28 novembre 2017

    Mission encre noire Tome 21 Chapitre 267 Nous repartons au Salon du livre de Montréal cette semaine. Ceci n'est pas un paradis de May Telmissany paru en 2017 est l'objet de mon premier arrêt au kiosque des éditions Mémoire d'encrier. Je vous propose une escale mouvementée et riche entre Le caire, Montréal, Paris, Ottawa et Saint-Armand...ambitieux, me direz-vous ?Exactement ! À l'image de l'auteure May Telmissany dont je vous invite à découvrir la générosité, l'humour et l'audace. Un livre qui se situe au carrefour de la nouvelle, du récit de voyage et de la chronique d'humeur.

    Extrait:«Je corrige au stylo rouge et utilise les mêmes commentaires:« Évitez de généraliser et placez le propos dans son contexte historique». En général, le discours sur la «femme arabe» nous mène vers des généralisations dangereuses qui nient la spécificité des cultures locales, les différences de milieu social, les niveaux de connaissances, la roue de l'histoire et les influences géographiques à l'intérieur d'une même nation. Une panoplie de précieuses différences qui font que le statut de la femme en Arabie saoudite diffère de celui de la femme en Syrie ou en Égypte. La culture des femmes des milieux riches et éduqués est différente de celle des femmes dans les montagnes de l'Atlas au Maroc est différent de celui de leurs semblables en Algérie, au Yémen ou au Liban.»

    * Vous pouvez retrouver la chronique complète de Ceci n'est pas un paradis dans le podcast #261 de Mission encre noire en date du 03 octobre 2017.

    Furies de Chloé LaDuchesse paru en 2017 aux éditions Mémoire d'encrier. Furies est un recueil de poésie plein de rage et de lucidité. Faîtes fi de vos idées préconçues sur la liberté d'être une femme, ici, que ce soient sous les formes métaphoriques de l'hydre, de la chienne ou de la sirène, la parole s'est affranchi. Furies est un texte riche, qui cherche à cerner la mince frontière entre l'histoire et le mythe. Je vous invite à rencontrer son auteure, Chloé LaDuchesse.

    Extrait:«Dans mon intimité/ils ont essayé leurs lances, leurs épées/leurs veuves ont jalousé mes dons/elles qui ne souhaitaient/qu'une parole foudroyante»

    Prochaine halte au kiosque des éditions Boréal, L'habitudes des bêtes de Lise Tremblay paru en 2017, me donne l'envie de rencontrer son auteure. J'ai dévoré très vite son dernier roman qui fleure bon le Saguenay. Alors que les loups reviennent rôder autour d'un village, créant l'émoi parmi les habitants, eux qui s'activaient déjà pour la chasse, c'est l'équilibre social traditionnel qui est mis à l'épreuve. Lise Tremblay nous parle de son amour pour la nature, de la peur du loup, et de son dernier roman.

    Extrait:«C'est lui qui m'a parlé du loup en premier. Il a commencé par me dire qu'il était surpris. Il vivait ici depuis toujours. Tout le monde sait qu'il y a une ou deux meutes dans la montagne, On le savait bien avant qu'on amène des touristes qui viennent pour les entendre hurler. Les touristes, c'est la bête noire de Rémi. C'est de l'ordre de l'instinct. Rémi n'aime pas les étrangers. Les étrangers de Montréal, de Québec. de la ville d'à côté. Il ne fait pas de différence, Noirs, Asiatiques, Blancs, s'ils ne sont pas nés au village, ils sont étrangers. Je fais partie des étrangers. Il ne manque jamais une occasion de me le dire. Et sa phrase commence toujours de la même manière:«Vu que t'es pas de par iciite...».»

    1 hr 1 min
  • Émission du 28 novembre 2017
    Mission encre noire Tome 21 Chapitre 267 Nous repartons au Salon du livre de Montréal cette semaine. Ceci n'est pas un paradis de May Telmissany paru en 2017 est l'objet de mon premier arrêt au kiosque des éditions Mémoire d'encrier. Je vous propose une escale mouvementée et riche entre Le caire, Montréal, Paris, Ottawa et Saint-Armand...ambitieux, me direz-vous ?Exactement ! À l'image de l'auteure May Telmissany dont je vous invite à découvrir la générosité, l'humour et l'audace. Un livre qui se situe au carrefour de la nouvelle, du récit de voyage et de la chronique d'humeur.
    Extrait:«Je corrige au stylo rouge et utilise les mêmes commentaires:« Évitez de généraliser et placez le propos dans son contexte historique». En général, le discours sur la «femme arabe» nous mène vers des généralisations dangereuses qui nient la spécificité des cultures locales, les différences de milieu social, les niveaux de connaissances, la roue de l'histoire et les influences géographiques à l'intérieur d'une même nation. Une panoplie de précieuses différences qui font que le statut de la femme en Arabie saoudite diffère de celui de la femme en Syrie ou en Égypte. La culture des femmes des milieux riches et éduqués est différente de celle des femmes dans les montagnes de l'Atlas au Maroc est différent de celui de leurs semblables en Algérie, au Yémen ou au Liban.»
    * Vous pouvez retrouver la chronique complète de Ceci n'est pas un paradis dans le podcast #261 de Mission encre noire en date du 03 octobre 2017.
    Furies de Chloé LaDuchesse paru en 2017 aux éditions Mémoire d'encrier. Furies est un recueil de poésie plein de rage et de lucidité. Faîtes fi de vos idées préconçues sur la liberté d'être une femme, ici, que ce soient sous les formes métaphoriques de l'hydre, de la chienne ou de la sirène, la parole s'est affranchi. Furies est un texte riche, qui cherche à cerner la mince frontière entre l'histoire et le mythe. Je vous invite à rencontrer son auteure, Chloé LaDuchesse.
    Extrait:«Dans mon intimité/ils ont essayé leurs lances, leurs épées/leurs veuves ont jalousé mes dons/elles qui ne souhaitaient/qu'une parole foudroyante»
    Prochaine halte au kiosque des éditions Boréal, L'habitudes des bêtes de Lise Tremblay paru en 2017, me donne l'envie de rencontrer son auteure. J'ai dévoré très vite son dernier roman qui fleure bon le Saguenay. Alors que les loups reviennent rôder autour d'un village, créant l'émoi parmi les habitants, eux qui s'activaient déjà pour la chasse, c'est l'équilibre social traditionnel qui est mis à l'épreuve. Lise Tremblay nous parle de son amour pour la nature, de la peur du loup, et de son dernier roman.
    Extrait:«C'est lui qui m'a parlé du loup en premier. Il a commencé par me dire qu'il était surpris. Il vivait ici depuis toujours. Tout le monde sait qu'il y a une ou deux meutes dans la montagne, On le savait bien avant qu'on amène des touristes qui viennent pour les entendre hurler. Les touristes, c'est la bête noire de Rémi. C'est de l'ordre de l'instinct. Rémi n'aime pas les étrangers. Les étrangers de Montréal, de Québec. de la ville d'à côté. Il ne fait pas de différence, Noirs, Asiatiques, Blancs, s'ils ne sont pas nés au village, ils sont étrangers. Je fais partie des étrangers. Il ne manque jamais une occasion de me le dire. Et sa phrase commence toujours de la même manière:«Vu que t'es pas de par iciite...».»
    0 min
  • Émission du 21 novembre 2017

    Mission encre noire Tome 21 Chapitre 266. Le salon du livre de Montréal qui se tenait, comme chaque année, Place Bonaventure, vient de s'achever. C'est l'occasion pour Mission encre noire de vous inviter à rencontrer quelques auteur-e-s, en entrevue. Pour commencer, Aude Seigne, l'une des invité d'honneur du salon du livre cette année. Déjà remarquée pour ces romans précédents paru aux éditions Zoé, Les chroniques de l'Occident nomade qui a reçu le prix Nicolas Bouvier en 2011 et Les neiges de Damas en 2015, l'auteure suisse, nous présente son excellent dernier roman Une toile large comme le monde paru en 2017, toujours aux éditions Zoé. 

    Aux éditions Mémoire d'encrier, on ose la parole, sous toutes ses formes, sous tout ses tons. La parole est forte et puissante, c'est le cas, avec la publication d'Écorchées vivantes paru en 2017. Martine Fidèle dirige un ensemble de récits-témoignages de grandes qualités. Neuf femmes osent prendre la plume et clamer haute et fort le scandale des injustices et des abus qu'elles doivent subir en leur pays. Indispensable, ce court recueil de nouvelles de belle facture est audacieux et ambitieux. Martine Fidèle, romancière et comédienne, est au micro de Mission encre noire.

    Auteures à découvrir dans Écorchées vivantes: Sachernka Anacassis, Stéphanie Balmir, Edna Blaise, Martine Fidèle, Kermonde Lovely Fifi, Frah Angela Jean, Rébecca Odéna, Meggie Petit-Maître, Nedjmhartine Vincent.

     

    Moebius # 155 est en kiosque ! Vous qui êtes avides de nouveaux défis de lecture, notre magazine laboratoire littéraire québécois préféré est de retour cet automne avec pour thème: Chaque nuit au treizième coup, dis des clameurs étranges, chante! Une phrase tirée d'un livre de Maria Soudaïva, Slogan, paru aux éditions de l'Olivier en 2004.

    Extrait:«Une salle communautaire louée pour un banquet, une grande famille. Pour nos gars, c'est quasiment une forteresse, ils se demandent comment ils vont faire pour celles-là, tout en s'imaginant le potentiel jouissif des systèmes d'incendie qui vont mouiller tout le monde, défaire les coiffures des madames, ruiner le papier d'emballage et diluer le bol de punch.» Kevin Lambert, Les enfants oubliés Moebius # 155 Automne 2017.

     

     

    1 hr 1 min
  • Émission du 21 novembre 2017
    Mission encre noire Tome 21 Chapitre 266. Le salon du livre de Montréal qui se tenait, comme chaque année, Place Bonaventure, vient de s'achever. C'est l'occasion pour Mission encre noire de vous inviter à rencontrer quelques auteur-e-s, en entrevue. Pour commencer, Aude Seigne, l'une des invité d'honneur du salon du livre cette année. Déjà remarquée pour ces romans précédents paru aux éditions Zoé, Les chroniques de l'Occident nomade qui a reçu le prix Nicolas Bouvier en 2011 et Les neiges de Damas en 2015, l'auteure suisse, nous présente son excellent dernier roman Une toile large comme le monde paru en 2017, toujours aux éditions Zoé. 
    Aux éditions Mémoire d'encrier, on ose la parole, sous toutes ses formes, sous tout ses tons. La parole est forte et puissante, c'est le cas, avec la publication d'Écorchées vivantes paru en 2017. Martine Fidèle dirige un ensemble de récits-témoignages de grandes qualités. Neuf femmes osent prendre la plume et clamer haute et fort le scandale des injustices et des abus qu'elles doivent subir en leur pays. Indispensable, ce court recueil de nouvelles de belle facture est audacieux et ambitieux. Martine Fidèle, romancière et comédienne, est au micro de Mission encre noire.
    Auteures à découvrir dans Écorchées vivantes: Sachernka Anacassis, Stéphanie Balmir, Edna Blaise, Martine Fidèle, Kermonde Lovely Fifi, Frah Angela Jean, Rébecca Odéna, Meggie Petit-Maître, Nedjmhartine Vincent.
     
    Moebius # 155 est en kiosque ! Vous qui êtes avides de nouveaux défis de lecture, notre magazine laboratoire littéraire québécois préféré est de retour cet automne avec pour thème: Chaque nuit au treizième coup, dis des clameurs étranges, chante! Une phrase tirée d'un livre de Maria Soudaïva, Slogan, paru aux éditions de l'Olivier en 2004.
    Extrait:«Une salle communautaire louée pour un banquet, une grande famille. Pour nos gars, c'est quasiment une forteresse, ils se demandent comment ils vont faire pour celles-là, tout en s'imaginant le potentiel jouissif des systèmes d'incendie qui vont mouiller tout le monde, défaire les coiffures des madames, ruiner le papier d'emballage et diluer le bol de punch.» Kevin Lambert, Les enfants oubliés Moebius # 155 Automne 2017.
    0 min
  • Émission du 14 novembre 2017

    Mission encre noire Tome 21 Chapitre 265 Le corps des bêtes d'Audrée Wilhelmy paru en 2017 aux éditions Leméac. Mie du haut de ses douze ans veut apprendre «le sexe des humains». Mie ressent tout, en attendant, elle emprunte le corps des bêtes. Elle imagine la saillie de la grue, elle caresse son ventre. Après Oss paru en 2011 aux éditions Leméac et Les sangs en 2013, l'auteure nous revient avec un univers unique. La famille borya fuit la pauvreté et s'installe sur un bout de terre surmonté par un phare. Noé, seule étrangère, forme un couple avec l'aîné des cinq fils. C'est elle qui donne naissance à Mie. Le corps des bêtes est un roman dense et foisonnant de trouvailles narratives où la regression animale n'est qu'un aspect spectaculaire et jouissif. Cette histoire teste les limites de la morale, pour mieux la contourner et rendre possible une autre lecture du monde qui nous entoure. Je reçois Audrée Wilhelmy pour en parler à Mission encre noire.

    Extrait:«Et, plus tard, Mie est un ours. Cette fois, elle choisit le mâle qui chasse. Avec lui, elle a pisté une femelle pendant des jours, nids et toilette ; elle a analysé les odeurs, combattu les rivaux, éloigné les rejetons de la dernière ventrée. Elle ne mange plus. Elle flaire. Elle traque. Ses pieds lourds brisent les troncs morts sur le sol ; les feuilles de juin bruissent sous ses pas. Depuis le matin, l'ourse a accepté son approche. C'est dit dans les coulées d'urine que Mie hume sur les pins. Longtemps, elle planifie son abord, enfin l'autre est là, grasse, dispose.»

    Manikanetish de Naomi Fontaine paru en 2017 aux éditions Mémoire d'encrier. Manikanetish, petite fleur, c'est le nom de l'école construite maladroitement dans le village de Uashat, sur la côte Nord. Yammie revient sur sa terre natale pour y enseigner le français. Quinze ans sépare le moment du départ avec sa mère vers le sud et celui du retour. On l'appelle «Madame», Yammie évite de parler innu également, à cause de sa mauvaise syntaxe et de son accent de Blanche. Elle a tout laissé pour venir ici, même son amoureux du bas-du-fleuve aux yeux bleus tendres et aux épaules larges. Naomi Fontaine déverse de l'amour sur cette communauté oubliée de tous. Un récit poignant qui dresse parfois un constat, malgré tout, d'impuissance. Manikanetish est un deuxième roman très réussi.

    Extrait:«Manikanetish. Il y a vingt ans de ça, ils ont bâti une école sur la rue centrale de la réserve. Sur le terrain vague voisin de la patinoire et du stade de baseball, La première construction en brique, Et ils lui ont donné le nom de Manikanetish, Petite Marguerite, à la mémoire d'une femme décédée quelques années avant le début des travaux. La Petite Marguerite n'avait jamais porté d'enfant, ce qui avaient perdu leurs parents, ceux qui avaient été donnés, trop nombreux à la maison, les enfants difficiles, ceux qui au lieu d'être placés sous la garde de l'État, ont trouvé refuge dans son nid, Petite, dans le corps d'une préadolescente. Du coup, infiniment grande. Le Créateur joue parfois à contredire sa créature.»

    L'année prochaine à New York Dylan avant Dylan d'Antoine Billot paru aux éditions Arléa. Et si on racontait Bob Dylan comme vous ne l'avez jamais lu ? Sa rencontre avec Woody Guthrie, on se la garde pour la fin! Commençons par le début, en 1905, alors que les cosaques envahissent les rues, tuent femmes et enfants, pillent et égorgent les hommes. Zigman Zisel Zimmerman ferme brusquement une fenêtre sous la clameur vive de la rue. Il se joint avec femme et enfants aux familles Greenstein, Solemovitz pour enclencher la main invisible du destin: direction l'Amérique. Antoine Billot nous hâte de rejoindre l'antichambre de l'histoire d'un futur prix Nobel de littérature en prélevant dans la sève intime des fracas qui secouent le continent du nouveau monde. Dylan avant Dylan est un tour de force narratif magistral, l'auteur n'a pas son pareil pour piocher dans l'essence romanesque au coeur des faits historiques. Comment ce type arrivé immigrant soixante dix ans plus tôt, au physique court et fluet, va-t-il devenir le porte drapeau des valeurs d'une des nation les plus emblématique de la planète ?

    Extrait:«La chaussée est glissante, les roues de la Harley n'accrochent qu'à contrecoeur le bitume verglacé, il accélère encore et encore tandis que le sifflet déchirant du train lui rappelle la corne de brume des bateaux sur le lac Superior et, avec elle, le sourire enfumé d'Ana Chana, il accélère alors en fermant les yeux quand il faudrait freiner à mort, se coucher au plus vite sur le pavé, se laisser glisser en priant afin que l'amplitude cinétique de la chute n'entraîne pas la machine au-delà des rails, il faudrait céder mais Robert Allen n'entend pas interrompre son rêve, c'est que son sang, celui des Zimmerman des Solemovitz des Greenstein des Edelstein, un sang de réprouvé, d'émigré, d'outlaw, le convainc peut-être qu'il faut toujours partir, s'enfuir et choisir la fugue la course l'errance jusqu'au bord du précipice plutôt que l'attente faussement quiète dans la marmite tiède du destin.»

    1 hr 1 min
  • Émission du 14 novembre 2017
    Mission encre noire Tome 21 Chapitre 265 Le corps des bêtes d'Audrée Wilhelmy paru en 2017 aux éditions Leméac. Mie du haut de ses douze ans veut apprendre «le sexe des humains». Mie ressent tout, en attendant, elle emprunte le corps des bêtes. Elle imagine la saillie de la grue, elle caresse son ventre. Après Oss paru en 2011 aux éditions Leméac et Les sangs en 2013, l'auteure nous revient avec un univers unique. La famille borya fuit la pauvreté et s'installe sur un bout de terre surmonté par un phare. Noé, seule étrangère, forme un couple avec l'aîné des cinq fils. C'est elle qui donne naissance à Mie. Le corps des bêtes est un roman dense et foisonnant de trouvailles narratives où la regression animale n'est qu'un aspect spectaculaire et jouissif. Cette histoire teste les limites de la morale, pour mieux la contourner et rendre possible une autre lecture du monde qui nous entoure. Je reçois Audrée Wilhelmy pour en parler à Mission encre noire.
    Extrait:«Et, plus tard, Mie est un ours. Cette fois, elle choisit le mâle qui chasse. Avec lui, elle a pisté une femelle pendant des jours, nids et toilette ; elle a analysé les odeurs, combattu les rivaux, éloigné les rejetons de la dernière ventrée. Elle ne mange plus. Elle flaire. Elle traque. Ses pieds lourds brisent les troncs morts sur le sol ; les feuilles de juin bruissent sous ses pas. Depuis le matin, l'ourse a accepté son approche. C'est dit dans les coulées d'urine que Mie hume sur les pins. Longtemps, elle planifie son abord, enfin l'autre est là, grasse, dispose.»
    Manikanetish de Naomi Fontaine paru en 2017 aux éditions Mémoire d'encrier. Manikanetish, petite fleur, c'est le nom de l'école construite maladroitement dans le village de Uashat, sur la côte Nord. Yammie revient sur sa terre natale pour y enseigner le français. Quinze ans sépare le moment du départ avec sa mère vers le sud et celui du retour. On l'appelle «Madame», Yammie évite de parler innu également, à cause de sa mauvaise syntaxe et de son accent de Blanche. Elle a tout laissé pour venir ici, même son amoureux du bas-du-fleuve aux yeux bleus tendres et aux épaules larges. Naomi Fontaine déverse de l'amour sur cette communauté oubliée de tous. Un récit poignant qui dresse parfois un constat, malgré tout, d'impuissance. Manikanetish est un deuxième roman très réussi.
    Extrait:«Manikanetish. Il y a vingt ans de ça, ils ont bâti une école sur la rue centrale de la réserve. Sur le terrain vague voisin de la patinoire et du stade de baseball, La première construction en brique, Et ils lui ont donné le nom de Manikanetish, Petite Marguerite, à la mémoire d'une femme décédée quelques années avant le début des travaux. La Petite Marguerite n'avait jamais porté d'enfant, ce qui avaient perdu leurs parents, ceux qui avaient été donnés, trop nombreux à la maison, les enfants difficiles, ceux qui au lieu d'être placés sous la garde de l'État, ont trouvé refuge dans son nid, Petite, dans le corps d'une préadolescente. Du coup, infiniment grande. Le Créateur joue parfois à contredire sa créature.»
    L'année prochaine à New York Dylan avant Dylan d'Antoine Billot paru aux éditions Arléa. Et si on racontait Bob Dylan comme vous ne l'avez jamais lu ? Sa rencontre avec Woody Guthrie, on se la garde pour la fin! Commençons par le début, en 1905, alors que les cosaques envahissent les rues, tuent femmes et enfants, pillent et égorgent les hommes. Zigman Zisel Zimmerman ferme brusquement une fenêtre sous la clameur vive de la rue. Il se joint avec femme et enfants aux familles Greenstein, Solemovitz pour enclencher la main invisible du destin: direction l'Amérique. Antoine Billot nous hâte de rejoindre l'antichambre de l'histoire d'un futur prix Nobel de littérature en prélevant dans la sève intime des fracas qui secouent le continent du nouveau monde. Dylan avant Dylan est un tour de force narratif magistral, l'auteur n'a pas son pareil pour piocher dans l'essence romanesque au coeur des faits historiques. Comment ce type arrivé immigrant soixante dix ans plus tôt, au physique court et fluet, va-t-il devenir le porte drapeau des valeurs d'une des nation les plus emblématique de la planète ?
    Extrait:«La chaussée est glissante, les roues de la Harley n'accrochent qu'à contrecoeur le bitume verglacé, il accélère encore et encore tandis que le sifflet déchirant du train lui rappelle la corne de brume des bateaux sur le lac Superior et, avec elle, le sourire enfumé d'Ana Chana, il accélère alors en fermant les yeux quand il faudrait freiner à mort, se coucher au plus vite sur le pavé, se laisser glisser en priant afin que l'amplitude cinétique de la chute n'entraîne pas la machine au-delà des rails, il faudrait céder mais Robert Allen n'entend pas interrompre son rêve, c'est que son sang, celui des Zimmerman des Solemovitz des Greenstein des Edelstein, un sang de réprouvé, d'émigré, d'outlaw, le convainc peut-être qu'il faut toujours partir, s'enfuir et choisir la fugue la course l'errance jusqu'au bord du précipice plutôt que l'attente faussement quiète dans la marmite tiède du destin.»
    0 min
  • Émission du 31 octobre 2017

    Mission encre noire Tome 21 Chapitre 264. Animitas de Nicholas Dawson paru en 2017 aux éditions La mèche. Animitas: édicules, petites constructions isolées dans l'espace public. Une famille chilienne fuit le régime et pose ses valises sur la rue Ontario à Montréal en 1990. Dans leur bagages se trouvent des silences, des coutumes, des larmes, une langue qui parfois menace de les engloutir. Et pourtant, sous le regard de ses parents, de son frère et de sa soeur, l'enfant s'invente une nouvelle vie, à Hochelaga et en banlieue, à Brossard. Parfois baroque tantôt flamboyant, plus tard lourd et oppressant, Animitas est traversé de la rumeur du déracinement, cette charge qui colore les esprits d'une génération à l'autre. Nicholas Dawson ouvre une fenêtre sur l'éclatement que peut provoquer la roche de l'exil au fond de la bottine de cette famille de réfugiés. De Nine Inch Nails, de Madonna ou de Bowie, de valparaiso au désert d'Atacama, Nicholas Dawson vient nous jaser des vérités folles de l'adolescence qui traversent son très réussi roman/animitas. Il est notre invité ce soir à Mission encre noire.

    Extrait:«L'enfant se souvient des maintes fois où son père parlait des autres là-bas, de ceux qui attendront éternellement leur retour. Il l'entend souvent dire qu'ils peuvent bien attendre, qu'il ne remettra jamais les pieds là, qu'ils devront venir le chercher de force pour le replacer dans ce pays maudit, tout comme, de force, il l'a quitté. L'enfant se dit alors qu'ils sont venus le chercher, qu'il est parti. Il croit que l'éclatement inévitable de sa famille se produit déjà par un départ de son père vers le Chili. Il ne s'étonne pas de son calme. Il parvient à cette conclusion sans drame, sans inquiétude. Au contraire, il est apaisé, il se sent libre. Le parc se remplit peu à peu de ses créatures, et l'enfant est le seul à sourire.»

    Une toile large comme le monde de Aude Seigne paru en 2017 aux éditions Zoé. L'internet existe vraiment ! Vous le saviez j'imagine. Ce vulgaire câble noir jeté comme un sac de noeuds autour du globe, C'est lui ! Anonyme et silencieux, il assure l'essentiel de nos échanges électroniques, autant dire l'avenir de la planète. Cependant, une petite communauté d'internautes dispersée autour du globe planifie un sabotage généralisé du Worl Wide Web. Ce récit choral et éclaté n'est pas un roman d'anticipation. Aude Seigne dissèque froidement le cadavre encore chaud de l'internet, le bras armé, polluant, aliénant et énergivore du progrès. Ce roman génial nous garde bien les pieds sur terre, le style est concis et le ton convaincant. Voici un portrait glaçant d'une génération qui est née avec l'internet, un compagnon privilégié du réveil au couché.

    Extrait:«Samuel est le seul à connaître l'existence de FLIN et de ses cousins, qui, dans la région de Baotou, sont peu nombreux, étroits, fragiles, ankylosés dans le sol aride. Il l'a constaté dès son arrivée, soupirant devant la lenteur du wifi de l'hôtel, tâchant de compenser par la réflexion. Comment se fait-il que la région soit si peu connectée alors que la plupart des matériaux qui constituent internet - le germanium des fibres optiques, l'indium des écrans tactiles - viennent d'ici ? Si l'adolescent à ses côtés lui posait la question, Samuel lui parlerait probablement des terres rares. Comme il le fait dans les colloques où il croise cette Birgit qu'il trouve sympathique, il préciserait qu'elles ne sont pas si rares, mais qu'elles sont difficiles à localiser en grande quantité, puis à isoler chimiquement, et que leur processus d'extraction est très polluant. Il ne sait pas ce que représente Baotou pour ce garçon trop bien habillé pour y habiter, mais il conclurait, quand même, sur la spécificité phénoménale de la région: ici, les terres rares sont presque toutes présentes et couvrent la moitié des besoins de la planète.»

    Le corps des ruines de Juan Gabriel Vasquez paru en 2017 aux éditions du Seuil. On ne s'attend pas vraiment à ce qu'un morceau de calotte crânienne datant de 1914 et un morceau de vertèbre de 1948 viennent perturber la marche inexorable de l'Histoire. Juan Gabriel Vasquez se met en scène, un de ses amis, le docteur Benavides, vient appuyer son propos avec ces preuves. Ces restes humains appartiennent à des personnalités célèbres du monde politique colombiens, à des hommes assassinés. L'histoire de la Colombie est un fatras de mensonges, Carlos Carballo en est intimement convaincu. Il se présente, un brin farfelu et miné par les nombreuses théorie du complot qu'il rumine depuis toujours. Est-ce que l'écrivain et essayiste Juan Gabriel Vasquez va se laisser tenter de dévoiler la vérité au monde entier ? De J-F Kennedy à la princesse Diana, de Rafael Uribe Uribe à Jorge Eliecer Gaitan, l'auteur creuse le socle de la mémoire enfoui sous la croûte apparente de l'Histoire officielle. Le corps des ruines est un thriller politique aux mailles étroites. C'est aussi un objet fascinant ou tous les coups sont permis.

    Extrait:«Non, on n'échappe pas à la violence colombienne, j'aurais dû le savoir. Personne n'y arrive, d'autant moins les gens de ma génération, qui ont vu le jour en même temps que le trafic de drogue et sont devenus des adultes quand le pays sombrait dans le sang répandu par la guerre que Pablo Escobar lui avait déclarée. On peut quitter le pays, comme je l'ai fait en 1996, et croire qu'on laisse ces réalités derrière soi, mais on se trompe, tout le monde se trompe. Je serai toujours surpris par le maître que la vie a choisi de placer sur ma route pour m'enseigner cette leçon qu'il aurait pu me dispenser de nombreuses autres manières.»

    1 hr
  • Émission du 31 octobre 2017
    Mission encre noire Tome 21 Chapitre 264. Animitas de Nicholas Dawson paru en 2017 aux éditions La mèche. Animitas: édicules, petites constructions isolées dans l'espace public. Une famille chilienne fuit le régime et pose ses valises sur la rue Ontario à Montréal en 1990. Dans leur bagages se trouvent des silences, des coutumes, des larmes, une langue qui parfois menace de les engloutir. Et pourtant, sous le regard de ses parents, de son frère et de sa soeur, l'enfant s'invente une nouvelle vie, à Hochelaga et en banlieue, à Brossard. Parfois baroque tantôt flamboyant, plus tard lourd et oppressant, Animitas est traversé de la rumeur du déracinement, cette charge qui colore les esprits d'une génération à l'autre. Nicholas Dawson ouvre une fenêtre sur l'éclatement que peut provoquer la roche de l'exil au fond de la bottine de cette famille de réfugiés. De Nine Inch Nails, de Madonna ou de Bowie, de valparaiso au désert d'Atacama, Nicholas Dawson vient nous jaser des vérités folles de l'adolescence qui traversent son très réussi roman/animitas. Il est notre invité ce soir à Mission encre noire.
    Extrait:«L'enfant se souvient des maintes fois où son père parlait des autres là-bas, de ceux qui attendront éternellement leur retour. Il l'entend souvent dire qu'ils peuvent bien attendre, qu'il ne remettra jamais les pieds là, qu'ils devront venir le chercher de force pour le replacer dans ce pays maudit, tout comme, de force, il l'a quitté. L'enfant se dit alors qu'ils sont venus le chercher, qu'il est parti. Il croit que l'éclatement inévitable de sa famille se produit déjà par un départ de son père vers le Chili. Il ne s'étonne pas de son calme. Il parvient à cette conclusion sans drame, sans inquiétude. Au contraire, il est apaisé, il se sent libre. Le parc se remplit peu à peu de ses créatures, et l'enfant est le seul à sourire.»
    Une toile large comme le monde de Aude Seigne paru en 2017 aux éditions Zoé. L'internet existe vraiment ! Vous le saviez j'imagine. Ce vulgaire câble noir jeté comme un sac de noeuds autour du globe, C'est lui ! Anonyme et silencieux, il assure l'essentiel de nos échanges électroniques, autant dire l'avenir de la planète. Cependant, une petite communauté d'internautes dispersée autour du globe planifie un sabotage généralisé du Worl Wide Web. Ce récit choral et éclaté n'est pas un roman d'anticipation. Aude Seigne dissèque froidement le cadavre encore chaud de l'internet, le bras armé, polluant, aliénant et énergivore du progrès. Ce roman génial nous garde bien les pieds sur terre, le style est concis et le ton convaincant. Voici un portrait glaçant d'une génération qui est née avec l'internet, un compagnon privilégié du réveil au couché.
    Extrait:«Samuel est le seul à connaître l'existence de FLIN et de ses cousins, qui, dans la région de Baotou, sont peu nombreux, étroits, fragiles, ankylosés dans le sol aride. Il l'a constaté dès son arrivée, soupirant devant la lenteur du wifi de l'hôtel, tâchant de compenser par la réflexion. Comment se fait-il que la région soit si peu connectée alors que la plupart des matériaux qui constituent internet - le germanium des fibres optiques, l'indium des écrans tactiles - viennent d'ici ? Si l'adolescent à ses côtés lui posait la question, Samuel lui parlerait probablement des terres rares. Comme il le fait dans les colloques où il croise cette Birgit qu'il trouve sympathique, il préciserait qu'elles ne sont pas si rares, mais qu'elles sont difficiles à localiser en grande quantité, puis à isoler chimiquement, et que leur processus d'extraction est très polluant. Il ne sait pas ce que représente Baotou pour ce garçon trop bien habillé pour y habiter, mais il conclurait, quand même, sur la spécificité phénoménale de la région: ici, les terres rares sont presque toutes présentes et couvrent la moitié des besoins de la planète.»
    Le corps des ruines de Juan Gabriel Vasquez paru en 2017 aux éditions du Seuil. On ne s'attend pas vraiment à ce qu'un morceau de calotte crânienne datant de 1914 et un morceau de vertèbre de 1948 viennent perturber la marche inexorable de l'Histoire. Juan Gabriel Vasquez se met en scène, un de ses amis, le docteur Benavides, vient appuyer son propos avec ces preuves. Ces restes humains appartiennent à des personnalités célèbres du monde politique colombiens, à des hommes assassinés. L'histoire de la Colombie est un fatras de mensonges, Carlos Carballo en est intimement convaincu. Il se présente, un brin farfelu et miné par les nombreuses théorie du complot qu'il rumine depuis toujours. Est-ce que l'écrivain et essayiste Juan Gabriel Vasquez va se laisser tenter de dévoiler la vérité au monde entier ? De J-F Kennedy à la princesse Diana, de Rafael Uribe Uribe à Jorge Eliecer Gaitan, l'auteur creuse le socle de la mémoire enfoui sous la croûte apparente de l'Histoire officielle. Le corps des ruines est un thriller politique aux mailles étroites. C'est aussi un objet fascinant ou tous les coups sont permis.
    Extrait:«Non, on n'échappe pas à la violence colombienne, j'aurais dû le savoir. Personne n'y arrive, d'autant moins les gens de ma génération, qui ont vu le jour en même temps que le trafic de drogue et sont devenus des adultes quand le pays sombrait dans le sang répandu par la guerre que Pablo Escobar lui avait déclarée. On peut quitter le pays, comme je l'ai fait en 1996, et croire qu'on laisse ces réalités derrière soi, mais on se trompe, tout le monde se trompe. Je serai toujours surpris par le maître que la vie a choisi de placer sur ma route pour m'enseigner cette leçon qu'il aurait pu me dispenser de nombreuses autres manières.»
    0 min
  • Émission du 17 octobre 2017

    Mission encre noire Tome 21 Chapitre 263 Le Tricycle rouge de Vincent Hauuy paru en 2017 aux éditions Hugo & Compagnie collection Thriller. À peine le temps de porter la main à votre bouche grande ouverte, vos yeux s'écarquillent, votre mâchoire se crispe, à la lecture de certains passages de ce thriller étonnant. Récipiendaire du Prix Michel Bussi du meilleur Thriller français 2017, l'auteur a construit son premier roman de 500 pages via la plateforme gratuite d'écriture web et mobile Fyctia. Noah Wallace est un «profileur», il traîne son mal de vivre depuis la disparition tragique de sa femme lors de la traque d'un tueur sanguinaire surnommé le «Démon du Vermont». Il a tout perdu depuis, son travail, sa santé, jusqu'au jour où son vieux complice de la Vermont State Police le contacte. Un copycat des crimes du dit Démon viennent d'être découvert au Québec. Quelques nuages vont venir épaissir la trame brûlante de ce roman. Le tricycle rouge est surprenant à plus d'un titre, très cinématographique, la narration est rythmée, vive et crue. Il ne tient qu'à vous de basculer dans l'univers de Vincent Hauuy. Avant de vous mettre au défi de lire les huit premières pages, je vous propose de rencontrer l'auteur qui est notre invité à Mission encre noire.

    Extrait:« L'odeur de brûlé, et la sensation de chaleur sur sa peau. Puis il entend la voix d'un enfant, presque un chuchotement dans son oreille: C'est un secret. C'est notre secret. Et une forme nette, lumineuse, apparaît soudain dans les méandres caligineux de son esprit. Noah ouvre les yeux, sa bulle éclate. Steve s'avance vers lui et l'interroge du regard. Il lit l'espoir sur les traits de son collègue. Noah sait que Steve attend les révélations de l'Autre.

    - Alors Noah? Qu'en penses-tu? Tu as vu quelque chose?

    Il secoue la tête.

    - Juste un tricycle rouge.»

    Les cigales d'Antonin Marquis paru en 2017 aux éditions XYZ. C'est sous un ciel bas et gris que J-P et Dave entament un road trip sur les routes de la Nouvelle-Angleterre. De sombres nuages s'annoncent aussi au Québec. La pluie et les casseroles crépiteraient-elles déjà à Montréal ? En pleine grève étudiante, Caro, la blonde de J-P, restée en ville, s'absorbe dans la lecture de Trente arpents de Ringuet. Sa vie professionnelle, son couple, elle a l'impression d'être à la croisée des chemins. Antonin Marquis signe, ici, un premier roman de qualité. En filigrane d'une histoire distrayante, c'est bien une radiographie, bien sentie, des débats qui ont animé le Printemps érable de toute une génération, qui se détache. Pour celles et ceux qui prétendent que le printemps 2012 n'a rien changé, je recommande fortement ce regard nuancé et crédible. À moins de brandir une poignée de gousses d'ail devant vous dès qu'il s'agit d'aborder le thème, Antonin Marquis relève le défi avec élégance. il est notre invité à Mission encre noire.

    Extrait:«J'ai vu une étude qui disait que les gens épais font plus d'enfants que les gens intelligents.

    - Man, dans Hochelag, j'en vois plein, des parents qui sacrent après leurs enfants comme des malades...C'est vraiment triste. Ces enfants-là partent tellement désavantagés, comparés à nous autres, mettons.

    - Je comprends pas le monde qui ont des enfants à notre âge...En même temps, si tu travailles dans la construction pis que t'as une maison pis un char, j'imagine que tu fais des enfants un peu par défaut, parce que sinon, il te reste quoi ?

    - Qu'est-ce que tu veux dire?

    - Ben...mettons, toi pis moi, on veut faire de l'art. On a un but dans la vie, c'est de laisser une oeuvre au moins un peu...significative. Mais pour le monde qui veulent juste écouter le hockey pis aller dans le sud, leur vie sert à quoi? Avoir un enfant, ça leur donne une raison de vivre. »

     

    1 hr
  • Émission du 17 octobre 2017
    Mission encre noire Tome 21 Chapitre 263 Le Tricycle rouge de Vincent Hauuy paru en 2017 aux éditions Hugo & Compagnie collection Thriller. À peine le temps de porter la main à votre bouche grande ouverte, vos yeux s'écarquillent, votre mâchoire se crispe, à la lecture de certains passages de ce thriller étonnant. Récipiendaire du Prix Michel Bussi du meilleur Thriller français 2017, l'auteur a construit son premier roman de 500 pages via la plateforme gratuite d'écriture web et mobile Fyctia. Noah Wallace est un «profileur», il traîne son mal de vivre depuis la disparition tragique de sa femme lors de la traque d'un tueur sanguinaire surnommé le «Démon du Vermont». Il a tout perdu depuis, son travail, sa santé, jusqu'au jour où son vieux complice de la Vermont State Police le contacte. Un copycat des crimes du dit Démon viennent d'être découvert au Québec. Quelques nuages vont venir épaissir la trame brûlante de ce roman. Le tricycle rouge est surprenant à plus d'un titre, très cinématographique, la narration est rythmée, vive et crue. Il ne tient qu'à vous de basculer dans l'univers de Vincent Hauuy. Avant de vous mettre au défi de lire les huit premières pages, je vous propose de rencontrer l'auteur qui est notre invité à Mission encre noire.
    Extrait:« L'odeur de brûlé, et la sensation de chaleur sur sa peau. Puis il entend la voix d'un enfant, presque un chuchotement dans son oreille: C'est un secret. C'est notre secret. Et une forme nette, lumineuse, apparaît soudain dans les méandres caligineux de son esprit. Noah ouvre les yeux, sa bulle éclate. Steve s'avance vers lui et l'interroge du regard. Il lit l'espoir sur les traits de son collègue. Noah sait que Steve attend les révélations de l'Autre.
    - Alors Noah? Qu'en penses-tu? Tu as vu quelque chose?
    Il secoue la tête.
    - Juste un tricycle rouge.»
    Les cigales d'Antonin Marquis paru en 2017 aux éditions XYZ. C'est sous un ciel bas et gris que J-P et Dave entament un road trip sur les routes de la Nouvelle-Angleterre. De sombres nuages s'annoncent aussi au Québec. La pluie et les casseroles crépiteraient-elles déjà à Montréal ? En pleine grève étudiante, Caro, la blonde de J-P, restée en ville, s'absorbe dans la lecture de Trente arpents de Ringuet. Sa vie professionnelle, son couple, elle a l'impression d'être à la croisée des chemins. Antonin Marquis signe, ici, un premier roman de qualité. En filigrane d'une histoire distrayante, c'est bien une radiographie, bien sentie, des débats qui ont animé le Printemps érable de toute une génération, qui se détache. Pour celles et ceux qui prétendent que le printemps 2012 n'a rien changé, je recommande fortement ce regard nuancé et crédible. À moins de brandir une poignée de gousses d'ail devant vous dès qu'il s'agit d'aborder le thème, Antonin Marquis relève le défi avec élégance. il est notre invité à Mission encre noire.
    Extrait:«J'ai vu une étude qui disait que les gens épais font plus d'enfants que les gens intelligents.
    - Man, dans Hochelag, j'en vois plein, des parents qui sacrent après leurs enfants comme des malades...C'est vraiment triste. Ces enfants-là partent tellement désavantagés, comparés à nous autres, mettons.
    - Je comprends pas le monde qui ont des enfants à notre âge...En même temps, si tu travailles dans la construction pis que t'as une maison pis un char, j'imagine que tu fais des enfants un peu par défaut, parce que sinon, il te reste quoi ?
    - Qu'est-ce que tu veux dire?
    - Ben...mettons, toi pis moi, on veut faire de l'art. On a un but dans la vie, c'est de laisser une oeuvre au moins un peu...significative. Mais pour le monde qui veulent juste écouter le hockey pis aller dans le sud, leur vie sert à quoi? Avoir un enfant, ça leur donne une raison de vivre. »
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Mission encre noire parle de littérature tous les mardis soir en direct à 19h00 sur Choq.ca et vous donne l'envie de lire

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