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PILPOUL – émission présentée par Marc Welinski.
Il reçoit Pascal Bruckner pour son livre « Je souffre donc je suis - portrait de la victime en héros » aux éditions Grasset.
A l’humanité conquérante de la modernité succède aujourd’hui une humanité victimaire. La promesse des Lumières et de la Révolution, un monde meilleur débarrassé du fatalisme et du fanatisme, accouche d’une société du sanglot.
Le souci des humiliés, telle est la grandeur de la civilisation. La victimisation comme chantage sur autrui et pathologie de la reconnaissance, tel est l’envers de ce progrès.
La souffrance est devenue paradoxalement, dans l’Occident hédoniste, un nouveau sacré qui méduse. Chacun, riche ou pauvre, homme ou femme, brandit son brevet de malédiction, qui l’élève au-dessus de ses semblables. Ce dolorisme mâtiné d’aigreur valorise la figure du martyr et alimente ces deux grandes passions que sont le ressentiment et la vengeance.
Les heureux et les puissants veulent eux aussi appartenir à l’aristocratie de la marge et former de nouvelles castes de déchus, au détriment des vrais malheureux. Partout fleurit la posture du paria, le narcissisme de la sécession et la concurrence victimaire.
Cajolées, élevées dans la peur et la susceptibilité, les jeunes générations seront-elles capables d’affronter le monde chaotique qui est le nôtre, marqué par le retour de la guerre, l’hyper violence, le terrorisme islamiste et les catastrophes naturelles ?
PILPOUL – émission présentée par Marc Welinski.
Il reçoit Frédéric Taddeï pour son livre « Birthday books » aux éditions Grasset.
Tout ce que les gens célèbres ont fait, ou pas, à toutes les époques et dans tous les domaines, à votre âge.
« L’âge est un quartier de la vie que l’on habite tous ensemble, même si ce n’est pas au même moment. Plusieurs siècles séparent César Borgia, Cardi B, Arthur Rimbaud, Edith Piaf et Elon Musk, mais ils ont 17 ans tous les cinq : le premier est archevêque, l’autre est caissière, le troisième écrit Voyelles, sa voisine est apprentie crémière et le dernier n’a pas un sou. Le succès n’a pas d’âge, les catastrophes non plus.
À 17 ans, on peut se faire renvoyer du lycée ou avoir le prix Nobel, être suivie par 37 millions de gens sur TikTok ou se retrouver dans un centre de détention pour mineurs. Et, comme tous les quartiers, celui-ci se trouve à la croisée des chemins : on peut devenir Marco Polo ou Billie Eilish, Nabilla ou Kevin Hart, Serena Williams ou Jesse James. »Frédéric Taddeï
PILPOUL – émission présentée par Marc Welinski.
Il reçoit Jean-Lou Fourquet et Lê Nguyên Hoang pour leur livre « La dictature des algorithmes : Une transition numérique démocratique est possible » aux éditions Tallandier
C’est l’enjeu civilisationnel du siècle. Depuis une décennie, notre attention est sous le contrôle d’algorithmes dangereux pour l’humanité et nous regardons ailleurs.
À chaque seconde, des intelligences artificielles ultra sophistiquées choisissent quels messages, images ou vidéos nous allons regarder. Mais leur unique objectif est de capter le maximum de notre temps de cerveau disponible pour en tirer le plus grand profit au mépris de conséquences individuelles et sociétales désormais bien identifiées : isolement, utilisation compulsive des réseaux sociaux, dégradation de la santé mentale, cyberharcèlement de masse, polarisation politique, guerre de l’information, appels à la haine...
Cet ouvrage passionnant allie expertise scientifique, rigueur intellectuelle et pédagogie. À l’aide d’exemples concrets, les auteurs montrent en quoi ces IA de recommandations, aujourd’hui contrôlées par des multinationales ou des État autoritaires, ont gravement fragilisé nos démocraties et les droits humains.
Dans notre monde envahi par les écrans, la conception d’algorithmes plus démocratiques est devenue une urgence.
Ce livre montre qu’il existe un chemin pour transformer cette dystopie numérique en société résiliente.
Il est encore temps de reprendre la main.
Ancien ingénieur et entrepreneur social, Jean-Lou Fourquet est vidéaste, enseignant et journaliste indépendant. Il a été chroniqueur, pendant trois ans, pour le média Arrêt sur Images sur le sujet de l’économie de l’attention. Il anime le blog et la chaîne YouTube ApresLaBiere.
Polytechnicien, docteur en mathématiques, Lê Nguyên Hoang a été chercheur au MIT et à l’EPFL. PDG cofondateur de Calicarpa, créateur de la chaîne YouTube Science4All et président de l’association Tournesol, il est coauteur de Turing à la plage : l’intelligence artificielle dans un transat (2020).
PILPOUL – émission présentée par Marc Welinski.
Il reçoit Christophe Barbier pour son livre « Peuple de colères » aux éditions Fayard
Les Français ne sont pas un peuple qui se met parfois en colère, ils forment un « peuple de colères », et celles d’aujourd’hui entrent en résonance avec celles des temps passés, tant les scénarios sont similaires.
Les Gilets jaunes de 2018 rappellent les Cabochiens de 1413, la révolte antillaise de 2009 s’apparente aux soulèvements identitaires des Pitauds ou des Nu-pieds contre la gabelle aux XVIe et XVIIe siècles, le fondamentalisme musulman d’aujourd’hui évoque le séparatisme albigeois du début du XIIIe siècle, les manifestations contre la réforme des retraites ont pris la suite des éruptions de l’âge industriel…
Si les révolutions ont gagné leur place dans les programmes scolaires et la mémoire collective, les nombreuses révoltes de l’Histoire de France sont tombées aux oubliettes.
Pourtant, ce sont elles qui ont préparé par leurs échecs les grands bouleversements victorieux. Et puisque les Français se soulèveront encore, raconter les insurrections d’hier permet aussi de comprendre celles de demain.
PILPOUL – émission présentée par Marc Welinski.
Il reçoit Luc Ferry professeur de philosophie, essayiste et ancien Ministre
« En quelques décennies, alors qu'une autre religion gagnait les quartiers, nous avons vécu en France la déconstruction, puis l'effondrement des deux grandes religions de salut céleste (catholicisme) et terrestre (communisme).
En 1950, plus de 90 % des Français étaient baptisés, ils ne sont plus que 30 % ! 45 000 prêtres diocésains prêchaient dans nos églises, ils ne sont plus que 4 500, tandis que l'électorat communiste passait de 25 % à 2,5 % ! Conséquence : s'il n'y a plus d'après, plus de seconde vie après la mort ou la Révolution, c'est ici et maintenant qu'il s'agit d'être heureux, en quoi nous vivons le passage de l'acceptation d'un bonheur différé à l'exigence du bonheur immédiat. À l'encontre de la leçon du conte, le premier petit cochon l'emporte désormais sur le troisième.
Ce livre analyse les causes (non pas Mai 68, comme on le croit souvent, mais le capitalisme d'innovation, d'hyperconsommation et de rupture avec les traditions), puis les conséquences d'une profondeur abyssale de cette véritable faille dans la civilisation qui touche tous les domaines de nos existences, du rapport au travail (si je n'ai qu'une seule vie, alors on ne touche pas à ma retraite !) à la naissance des métavers, qui prétendent nous offrir une "seconde vie plus réussie", en passant par l'explosion de la psychologie positive et des théories du développement personnel, qui nous promettent le bonheur ici et maintenant. »
L.F.
De la science au droit, de la médecine aux questions militaires, l'intelligence artificielle bouleverse tous nos champs de compétence. Tous ? Non !
En philosophie, l'IA ne sert à rien. Le prototype d'agent conversationnel ChatGPT, qui peut répondre à toute question, trouver une recette de cuisine à partir du contenu d'un réfrigérateur, rédiger un article ou composer un poème sur le sujet de notre choix, qui puise dans l'intégralité du savoir disponible pour en livrer une synthèse en quelques secondes... se trouve comme une poule devant un couteau quand on lui demande de réfléchir.
Quelle énigme ! Pourquoi le geste tout simple qui consiste à trouver une problématique, c'est-à-dire à transformer une question en problème pour en faire la colonne vertébrale d'une réflexion, demeure-t-il hors de sa portée ? À quoi tient cette singularité, ce je-ne-sais-quoi ? Pourquoi la pratique de la philosophie est-elle inaccessible à l'intelligence artificielle ? Et pourquoi l'humanité demeure-t-elle un casse-tête pour la machine ? C'est la même question.
PILPOUL – émission présentée par Marc Welinski.
Il reçoit Emanuele Coccia pour son livre « Hiérarchie, La société des
Ce sont de loin les créatures les plus curieuses de la mythologie chrétienne : ils ont un corps fait d’air, ils volent et ils ne sont divins que par participation. Mais surtout, les anges font partie de la plus ancienne des sociétés du cosmos selon les mythes, celle à laquelle tout doit revenir à la fin de l’histoire.
Le nom que la théologie réservait à leur communauté était « hiérarchie » : un néologisme signifiant littéralement « pouvoir sacrer », la mesure de la fusion de la divinité, du pouvoir et de la socialité. La divinité n’était pas une qualité de leur être, mais l’expérience purement sociale d’êtres supérieurs aux autres.
Le pouvoir, quant à lui, ne visait pas à accomplir des actions, mais à devenir divin. Les essais rassemblés dans ce volume retracent l’histoire et la logique de ces mythes et montrent comment ils informent encore la pensée politique et sociale occidentale dans la modernité européenne.
PILPOUL – émission présentée par Marc Welinski.
Il reçoit Alain Bauer pour son livre « Au commencement était la guerre » aux éditions Fayard
« Voici donc venu le temps d’appréhender le monde tel qu’il est plutôt que de l’ignorer, de le comprendre plutôt que de le rêver, de le travailler plutôt que de le consommer.
De préparer la guerre qui vient pour retenir la paix qui s’en va. De s’employer à faire l’Histoire pour n’être pas dévoré par elle.
D’accepter que, tant que l’Histoire a cours, toute ligne de vie puisse un jour avoir à se transformer en ligne de front.
« De fait, l’humanité semble condamnée à vivre perpétuellement entre conflits et intermèdes pacifiques. Depuis l’affirmation de la domination de l’anthropocène, la construction de sociétés humaines, de plus en plus complexes, s’accompagne de guerres tribales, locales, continentales ou mondiales. Le cœur du monde bat au rythme de ces conflits qui arrachent en permanence à l’inventivité humaine des progrès nouveaux autant pour détruire que pour restaurer, autant pour tuer à coup sûr que pour mettre en sûreté, autant pour conquérir que pour sanctuariser. »
« Maintenant qu’avec l’illusion du bonheur s’effondre celle d’une civilisation mondiale, maintenant que la guerre entre partout en tension avec la paix dans la renaissance sanglante de l’Histoire, il est temps de découvrir qu’il y a une guerre et quels sont ses visages. »
Alain Bauer est professeur au Conservtoire national des arts et métiers, responsable scientifique du Pôle sécurité, défense, renseignement, criminologie, cybermenaces et crises (PSDR3C/ESDR3C). Il enseigne également à New York, Shanghai et dans les écoles spécialisées. Il a publié de nombreux ouvrages sur les sujets de sa spécialité.
PILPOUL – émission présentée par Marc Welinski.
Il reçoit Michel de Rosen pour son livre « Fraternité » aux éditions Odile Jacob.
La fraternité suscite en France trois types d’attitudes. Il y a ceux qui n’y croient pas, considérant qu’elle est une supercherie, un discours commode. Il y a ceux qui y croient et qui la vivent avec ardeur. Et il y a ceux qui s’en désintéressent, par ignorance ou par égoïsme.
Face à ces divers regards, la fraternité évolue. Menacée par des forces puissantes (l’urbanisation, le déclin des grandes organisations et des grandes idéologies, la montée du matérialisme, le développement de l’égoïsme et du narcissisme, le Blitzkrieg des réseaux sociaux), la fraternité est lentement asphyxiée.
La France a le choix : réserver la fraternité à certains ou à certains moments ; bâtir une fraternité absolue ; ou construire la fraternité de tous pour tous.
PILPOUL – émission présentée par Marc Welinski.
Le manque est au cœur des relations humaines et de la pensée, de l'économie et de la recherche, du désir et de la quête, de l'attente et de l'espoir. Peut-on réellement s'en passer ?
Qu'appelons-nous au juste "manque" ? Nous pouvons manquer d'une chose, nous pouvons manquer de sens, nous pouvons manquer à quelqu'un ou quelqu'un peut nous manquer. Ce manque a trouvé son expression dans un terme devenu incontournable en marketing : le "sans".
Sans sucre, sans gluten, sans lactose, sans calorie, sans nicotine, sans adjuvant, sans huile de palme, sans colorant, sans contact : par un tour de passe-passe extraordinaire, nous avons su transformer l'absence en valeur, le manque en objet de convoitise.
Et si, sous cet angle, nous pouvions relire l'histoire de la pensée, entre plein et manque, désir et néant ? Et si l'histoire de nos sociétés de consommation révélait en creux une autre histoire, celle de la métaphysique de nos temps troublés ?
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Une émission de Marc Welinski Tous les dimanches de 13H à 14H
Comment bien vivre le temps présent ?
Afin que de ne pas rester seuls avec ces questions que nous nous posons tous, je reçois chaque semaine une personnalité intellectuelle ou scientifique pour un dialogue appro-fondi, convivial et intime.
Ce « pilpoul » hebdomadaire est un clin d’œil à l’art de la discussion talmudique, aiguisée, souvent pleine d’humour, parfois mordante, mais tou- jours bienveillante.
Normalien et diplômé de l’INSEAD, Marc Welinski, est homme d’audiovisuel et écrivain. Il a dirigé pendant une trentaine d’années plusieurs entreprises dans le domaine des médias. Il a été notamment avec Jacques Chancel le créateur de la chaine musicale Mezzo en 1997.
En 2002, lorsqu’il était directeur du pôle audiovisuel d’Orange, il a créé avec Michel Field, les premiers forums politiques sur Internet.
Marc Welinski a publié huit romans, des thrillers à dimension psychologique, dont l’un a été adapté pour France 2 en 20018 sous le titre « Les ombres du passé », avec Samuel le Bihan et Frédéric Dieffenthal. Il a également publié deux essais : « Comment bien vivre la fin de notre monde » et « Les Trésors de la Kabbale » aux éditions Guy Trédaniel.
Il se définit comme un « honnête homme » au sens du XVIIe siècle, un esprit curieux, persuadé que c’est en visitant dans leur variété ce qu’il appelle « les paysages intellectuels » des autres, que l’on apprend à mieux comprendre le réel.

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