🎙Po Na Biso

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By Ebuteli et le Groupe d'étude sur le CongoNewsNews Commentary
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🎙Po Na Biso episodes

  • M23 - Rwanda : comprendre les dernières victoires diplomatiques de la RDC

    La fin de l'année 2022 a été grisante pour la diplomatie congolaise. Le 9 décembre 2022, le gouvernement belge appelle le Rwanda à cesser de soutenir le M23 ; dix jours plus tard, le gouvernement français fait de même. Puis, le 20 décembre, le Conseil de sécurité de l'ONU abandonne l'obligation - longtemps dénoncée par le gouvernement de Félix Tshisekedi - pour les pays de notifier aux Nations unies les livraisons d'armes à destination de la RDC. Que se cache-t-il derrière cette série de victoires diplomatiques pour le gouvernement congolais, et que signifie-t-elle ?

    Bonjour ! Je suis Jason Stearns, le directeur du Groupe d'étude sur le Congo, un centre de recherche indépendant basé à l'Université de New-York, qui travaille avec Ebuteli, son partenaire de recherche en RDC. Bienvenue dans ce 43e épisode --le dernier pour 2022-- de la saison 2 de Po Na GEC, notre capsule audio qui décrit et analyse chaque semaine un sujet de l'actualité congolaise.

     


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    4 min
  • Dans quel Ă©tat se trouve la nation congolaise ?

    Le 10 décembre 2022, le président Félix Tshisekedi a prononcé, pour la quatrième fois, le discours sur l’état de la nation. C’est devant une salle de congrès pleine à craquer que le chef de l’État s’est soumis à ce rendez-vous annuel, obligation constitutionnelle. Son avant-dernier discours sur l’état de la nation avant la fin de son mandat à la tête du pays et les élections prévues le 20 décembre 2023. Alors dans quel état se trouve la nation ?

    Bonjour! Je m’appelle Trésor Kibangula. Je suis analyste et directeur du pilier politique à Ebuteli, institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence. Vous écoutez le 42e épisode de la saison 2 de Po Na GEC, capsule audio d’Ebuteli et du Groupe d’étude sur le Congo (GEC), centre de recherche indépendant basé à l’Université de New-York. Chaque semaine, ce podcast donne notre point de vue sur une question d’actualité en RDC.

     Nous sommes vendredi 16 décembre 2022.

    Dans son discours, Félix Tshisekedi a énuméré des progrès dans différents secteurs de la vie de l’État. L’économie du pays « se porte de mieux en mieux » avec une croissance de plus de 6% ; le processus d’électrification est en cours dans les zones autour de Kinshasa et dans d’autres parties du pays ; le recrutement, la réhabilitation et la mise à la retraite sont envisagés dans l’administration publique ; plus de 5 000 nouveaux magistrats recrutés ou réhabilités vont faciliter l’accès à la justice, etc.

    Malgré ces progrès, le pays est en deuil. Double deuil, multiples deuils même. En effet, au lendemain du discours sur l'état de la nation, et alors que le président et plusieurs membres du gouvernement séjournent aux États-Unis d’Amérique, une pluie diluvienne a fait ravage à Kinshasa. Au moins 120 personnes ont perdu la vie, selon le gouvernement. Elles ne sont pas les premières victimes des inondations dans cette mégapole où vit plus d’un congolais sur dix. La capitale congolaise est connue pour ses égouts bouchés et pour ses nombreux problèmes d’urbanisme. Chaque saison de pluie apporte l’anxiété, le stress et souvent la mort. Officiellement, le coupable est le changement climatique. Mais la gouvernance y est pour beaucoup. Y aura-t-il des sanctions ? Pour l’instant, un deuil de trois jours a été décrété et le chef de l’État a promis d'écourter son séjour américain.

    Plus d’une semaine plutôt, le gouvernement avait déjà décrété un autre deuil national. Cette fois-là, le coupable était bien identifié : selon l’ONU, plus de 131 personnes ont été tuées par les rebelles du M23 soutenu par le Rwanda. Depuis les affrontements de mars 2022, le M23 a déjà causé le déplacement de plus de 450 000 personnes, aggravant une situation sécuritaire et humanitaire déjà catastrophique. Et le gouvernement n’a jusque-là pas été en mesure d’endiguer cette nouvelle rébellion, et encore moins de neutraliser d’autres groupes armés dans la région.

    L’état de siège qui, selon Félix Tshisekedi, demeure le « cadre approprié pour mieux affronter les ennemis de la paix », n’a pour l’instant pas montré son efficacité. Cette mesure exceptionnelle vient pourtant d’être prorogée pour la 38e fois par le Parlement. L’intervention ougandaise contre les ADF, autorisée depuis plus d’un an, n’a pas non plus réussi à mettre fin aux tueries. Le Baromètre sécuritaire du Kivu (KST) a documenté 984 personnes tuées par les ADF depuis le lancement des opérations ougandaises au Nord-Kivu et en Ituri.  Et la force de la Communauté des États d’Afrique de l’Est en déploiement dans la région doit encore montrer ses résultats.

    Les victimes de conflits ne sont pas limitées dans les provinces de l’est de la RDC. Le président le reconnaît dans son discours : conflit communautaire à Kwamouth, conflits fonciers au Kongo-Central, conflit coutumier au Kasaï, notamment. Amorçant la dernière année de son mandat, Tshisekedi pourra-t-il enfin stabiliser le pays ? 


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    5 min
  • Un calendrier Ă©lectoral avec des contraintes en moins ?

    En publiant fin novembre le calendrier électoral tant attendu, la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) voulait avant tout rassurer en sa capacité à organiser les élections dans les délais constitutionnels, soit d’ici fin 2023. Au passage, elle a même éclipsé certaines contraintes qui figuraient pourtant dans sa feuille de route publiée début février 2022. Qu’en est-il vraiment ?

    Bonjour,

    Je m’appelle Trésor Kibangula. Je suis analyste et directeur du pilier politique à Ebuteli, institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence. Vous écoutez l’épisode 41 de la saison 2 de Po Na GEC, capsule audio d’Ebuteli et du Groupe d’étude sur le Congo (GEC), centre de recherche indépendant basé à l’Université de New-York. Chaque semaine, ce podcast donne notre point de vue sur une question d’actualité en RDC.

    Nous sommes le vendredi 9 décembre 2022.


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    5 min
  • Nairobi III : pour quoi faire ?

    Dans une tente dressée sur la pelouse, de l'hôtel Safari Park à Nairobi, se tient depuis cinq  jours la troisième phase des pourparlers  de Nairobi">de Nairobi, piloté par la Communauté de l’Afrique de l’Est, l’EAC. 

    Des chefs d’État de l’EAC, délégués congolais, des représentants de la société civile et des groupes armés, sont réunis. Les travaux sont censés poser les bases politiques d’un processus de désarmement, démobilisation, relèvement communautaire et stabilisation (P-DDRCS), expliquer son fonctionnement et dialoguer pour élaborer des pistes de mise en œuvre. On appelle à la paix. Les groupes armés présents sont félicités pour leur patriotisme - les absents menacés d’attaque par la force régionale s'ils refusent de déposer les armes. Pour certains acteurs armés, c’est la cinquième fois en quatre ans que le gouvernement les invite au dialogue. Quel espoir pour ces pourparlers ? 

    Bonjour et bienvenue dans ce 40e épisode de la saison 2 de Po na GEC, la capsule audio qui tente d’éclairer l’actualité de la RDC. Je suis Eliora Henzler, coordinatrice du Baromètre sécuritaire du Kivu, le KST. Nous sommes le vendredi 2 décembre 2022.

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    5 min
  • La RDC doit-elle rester membre de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) ?


    Avant, pendant et après le 18e sommet de cette organisation regroupant les États et gouvernements ayant en commun la langue française, tenue à Djerba les 19 et 20 novembre, la question se pose encore au Congo. D’autant que l’OIF n’a toujours pas condamné le soutien du Rwanda au groupe armé Mouvement du 23 mars (M23), comme l’espérait Kinshasa. Au contraire, certains propos de Louise Mushikiwabo, ancienne ministre rwandaise des Affaires étrangères et actuelle secrétaire générale de l’OIF, ont énervé davantage les Congolais. Tout ceci est-il suffisant pour quitter l’OIF ?

    Bonjour et bienvenue dans ce 39e épisode de la saison 2 de Po na GEC, le podcast qui décrypte chaque semaine l’actualité de la RDC. Je suis Ithiel Batumike, chercheur principal au pilier politique d’Ebuteli, partenaire du Groupe d’étude sur le Congo de l’Université de New-York. Nous sommes le vendredi 25 novembre 2022.

    Ce 18e sommet de l’OIF était, pour la RDC, une nouvelle opportunité diplomatique pour décrocher une condamnation du Rwanda qui soutient la rébellion du M23. Visiblement les attentes de Kinshasa n’ont pas été rencontrées. Car malgré le boycott de la photo de famille de ce sommet par  le Premier ministre Sama Lukonde, en signe de désapprobation de l’attitude du Rwanda, les propos de la secrétaire générale de l’OIF apportant un soutien à son pays d’origine, le Rwanda, n’ont pas aidé non plus à calmer les esprits. « Il y a des éléments en RDC juste à la frontière du Rwanda qui sont une menace pour la sécurité du Rwanda », a en effet déclaré Louise Mushikiwabo. Des propos très graves pour celle qui est censée représenter l’OIF. Ils traduisent une partialité dans son chef au mépris de son obligation de neutralité, en violation de l’article 1er de la Charte de l’OIF">l’article 1er de la Charte de l’OIF. Cette violation de son obligation de réserve devrait normalement conduire à sa déchéance pour sauvegarder l’unité de l’organisation. La RDC a même pensé en vain qu’elle pouvait bloquer sa reconduction au poste de secrétaire générale de l’organisation. Mais faute de concurrent pour le nouveau mandat, elle a été reconduite à son poste. La déclaration de Djerba">La déclaration de Djerba qui mentionne clairement l’agression de l’Ukraine par la fédération de Russie ne fait nullement allusion à la guerre à l’est de la RDC. Elle se contente globalement de regretter la « récurrence des crises et conflits dans l’espace francophone » et appelle  « au dialogue et au règlement pacifique de ces situations ».  Or, l’Ukraine n’est qu’un membre observateur alors que la RDC est un membre de plein droit de l’OIF. En outre, la RDC est le premier pays au monde en dehors de la France qui compte le plus grand nombre de francophones.">e premier pays au monde en dehors de la France qui compte le plus grand nombre de francophones.

    Pour autant la RDC doit-elle quitter la Francophonie ? 


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    5 min
  • RĂ©gime de notification d'armes en destination de la RDC, est-ce un embargo dĂ©guisĂ© ?

    « Il n'y a aucune raison objective , aujourd’hui, qui fasse qu’on maintienne la RDC dans une situation d’un pays sur lequel pèse une hypothèque de la méfiance ». Ce sont les mots du vice-Premier ministre et ministre congolais des Affaires étrangères, Christophe Lutundula. Il s’exprimait lors du point de presse organisé le 14 novembre par le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement. Il affirmait que l’approvisionnement en armes par la RDC était restreinte à cause des exigences des Nations unies qu’il juge injustifiées. Il suggérait que les banques, les transporteurs et certains fournisseurs refusent de travailler avec la RDC car étant sur une liste noire. Allant  plus loin, le chef de la diplomatie congolaise avait expliqué que ces mesures restrictives de Nations unies sont un soutien à ceux qui combattent la RDC.

    Comment comprendre cette prise de position alors même que le gouvernement congolais n’est plus soumis à un embargo?

    Bonjour et bienvenue dans ce 38e épisode de la saison 2 de Po na GEC, la capsule audio qui tente d’éclairer l’actualité de la RDC. Je suis Reagan Miviri, chercheur sur la violence d’Ebuteli, partenaire du Groupe d’étude sur le Congo de l’Université de New-York. Nous sommes le vendredi 18 novembre 2022.



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    5 min
  • L’option militaire suffirait-elle pour mettre fin Ă  la crise du M23 ?

    Le mardi 8 novembre, l'Assemblée nationale de la RDC a voté une recommandation par laquelle elle a décidé d’exclure l’option de dialogue avec le Mouvement du 23 mars (M23) qu’elle a déclaré groupe terroriste. Quelques jours plutôt, le Conseil supérieur de la défense congolais avait décidé d'expulser Vincent Karegeya, ambassadeur rwandais en poste à Kinshasa.

    De plus, le Conseil supérieur de la défense a décidé d'accroître la force de frappe des forces de défense et de sécurité  contre le M23 et de prendre des mesures visant la restriction d’accès au territoire congolais au Rwanda. 

    Au regard de toutes ces  mesures, le gouvernement congolais est-il en mesure d'assumer l'option militaire et renoncer à la diplomatie  pour dénouer la crise sécuritaire liée à la résurgence du M23 ?

    Bonjour et bienvenue dans ce 37e épisode de la saison 2 de Po Na GEC, la capsule audio qui tente d’éclairer l’actualité de la RDC. Je suis Agenonga Chober, chercheur principal pour les Uélé au sein du pilier violence d’Ebuteli, partenaire de recherche du Groupe d’étude sur le Congo, un centre de recherche de l’Université de New-York. Nous sommes le vendredi 11 novembre 2022. 


    Depuis la résurgence du M23 soutenu par le Rwanda, plusieurs mesures visant directement ce pays avaient déjà été prises. Il s’agit entre autres de la suspension du vol de sa compagnie d’avion, RwandAir.


    Le soutien du Rwanda aurait été déterminant et la RDC dénonce une agression rwandaise. Déjà au mois de mai dernier, l’ambassadeur rwandais avait déjà été convoqué par le gouvernement de Kinshasa pour lui notifier sa désapprobation du soutien de son pays, le Rwanda, au M23 et ce, après que les FARDC ont capturé, le 28 mai 2022, deux éléments de l’armée rwandaise, RDF, présumés soutenir le M23.


    C’est dans ce même contexte que, dans son adresse à la nation le 3 novembre, le chef de l’État congolais a appelé la jeunesse à se mobiliser et à se constituer en groupes de vigilance face au M23, discours très ambigu qui a alimenté des interprétations diverses au point que certains y voient une incitation à la création des groupes d’autodéfense. 

    Cependant, sur le terrain de combat, la RDC semble avoir changé de tactique et ce, depuis le déploiement des avions de chasse Sukhoi S-25, le 7 novembre, dont un appareil, vraisemblablement égaré, a atterri à Rubavu au Rwanda avant de décoller pour regagner la RDC.

    Le Rwanda a qualifié cet incident de « violation de son espace aérien » et de « provocation ».

    Au lendemain de cet incident, la RDC a intensifié des frappes aériennes visant les positions du M23, notamment à Rutshuru, Kiwanja, Rugari et Bunagana. Mais l’option militaire sur laquelle la RDC semble désormais compter sera-t-elle suffisante pour mettre un terme à la rébellion du M23 ?

    Si l’on s’en tient aux dynamiques du terrain, force est de constater que, d’abord, la seule option militaire paraît inefficace pour mettre un terme à la rébellion du M23 au regard non seulement du nombre d’entités qu’il contrôle, mais aussi de sa ramification extérieure et au regard du dysfonctionnement constaté au sein des FARDC. Si le chef de l’État congolais en a appelé à la mobilisation des jeunes dont certains se sont déjà enrôlés au sein des FARDC, ce n’est pas en quelques jours qu’ils achèveront leur formation pour soutenir l’armée congolaise. De plus, le problème de l’armée congolaise est beaucoup plus structurel alors que les solutions envisagées jusqu’à présent sont conjoncturelles et ne sont pas de nature à apporter des solutions immédiates là où il faut approfondir la réforme.




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    5 min
  • Une transition sans Tshisekedi, est-ce possible ?

    À moins de 14 mois des élections prévues en 2023, des voix s’élèvent pour appeler à une transition sans Tshisekedi, au cas où les scrutins seraient retardés ou reportés de quelques mois. Mais est-ce possible et souhaitable de mettre en place une transition sans le président Félix Tshisekedi ?

    Bonjour,  

    Je m’appelle Ange Makadi Ngoy.">Ange Makadi Ngoy.  Je suis chercheuse à Ebuteli">Ebuteli, partenaire de recherche du Groupe d’étude sur le Congo (GEC). Vous écoutez le 36e épisode de la saison 2 de Po Na GEC,">Po Na GEC, capsule audio qui donne notre point de vue sur une question d’actualité en RDC. Nous sommes le vendredi 4 novembre 2022.

    Alors que le calendrier pour les prochaines élections est toujours attendu,  le processus électoral semble mal embarqué et la situation sécuritaire se dégrade davantage. Face à cette incertitude  sur l’avenir du processus électoral, l'idée d’une transition sans Tshisekedi, à l’expiration du mandat constitutionnel de ce dernier, commence à alimenter le débat. Certains militants de la société civile, notamment Bienvenu Matumo, se positionnent déjà pour un départ du président Tshisekedi en cas d’un retard dans la tenue des élections prévues fin 2023. Martin Fayulu, président de l’ÉCiDé, parti de l'opposition, a aussi pris position dans ce sens. « Le président de la République est élu pour un mandat de cinq ans, renouvelable une fois », a-t-il rappelé, en faisant référence à l’article 70 de la Constitution, lors de son passage sur les antennes de RFI et France 24. Il a précisé d’ailleurs  que « cinq ans, ce n'est pas cinq ans et une seconde ». 

    Alors, en cas d’une transition sans Tshisekedi, qui va diriger le pays ?

    Fayulu évoque deux hypothèses. Premièrement, la vacance doit être assurée par le président du Sénat pour organiser les élections. Il fonde son argumentaire dans sa lecture de l’article 75 de la Constitution qui stipule qu’« en cas de vacance pour cause de décès, de démission ou pour toute autre cause d’empêchement définitif, les fonctions de président de la République (...) sont provisoirement exercées par le président du Sénat ». La deuxième hypothèse renvoie à la désignation d’une personnalité « neutre » pour conduire la transition. 

    Mais cette idée de transition sans Tshisekedi est sujette à plusieurs divergences et interprétations. Ce n’est pas nouveau en RDC d’exiger une transition sans le chef de l’État, à la fin de son mandat. On se souviendra qu'en 2017, alors que les signaux étaient au rouge pour la tenue des élections, déjà retardé d’un an, l’idée d’une transition sans Kabila avait vite émergé. Elle était soutenue par les organisations politiques et de la société civile, notamment  le Rassemblement des forces acquises au changement et son président Félix Tshisekedi, aujourd’hui à la tête du pays. 

    Mais bien avant, la Cour constitutionnelle, saisie par une  requête en interprétation de l’article 70 alinéa 2 au sujet de la fin du mandat présidentiel, avait rendu son arrêt en stipulant que « suivant le principe de la continuité de l’État et pour éviter le vide à la tête de l’État, le président actuel reste en fonctions jusqu’à l’installation du nouveau président élu ». 

    Aujourd’hui encore, nous risquons d'assister à un éternel recommencement de ce schéma politique, à la seule différence que le parti qui est aujourd’hui au pouvoir a été à la lutte pour la transition sans Kabila. Parmi ceux qui sont aujourd’hui à l’opposition, certains étaient dans l’ancienne majorité présidentielle pour défendre une impossible transition sans Kabila avant la tenue des élections.




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    5 min
  • Reprise des affrontements avec le M23 : la dangereuse impasse du conflit

    Après des mois d’accalmie et malgré plusieurs rencontres entre les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame, les affrontements ont repris le jeudi 20 octobre entre l’armée congolaise et le Mouvement du 23 Mars, ou M23. Ils ont fait au moins 6 morts et 33 blessés parmi les civils et déplacé à nouveau des milliers de personnes.


    Difficile de déterminer avec certitude qui est à l’origine de cette reprise. Mais c’est le M23 qui semble, en tout cas, progresser militairement : il est même parvenu à couper la route nationale 2 qui relie Goma aux autres grandes villes du Nord-Kivu. Comment sortir de cette situation ?

    Bonjour et bienvenue dans ce 35e épisode de la saison 2 de Po na GEC, la capsule audio qui tente d’éclairer l’actualité de la RDC. Je suis Pierre Boisselet, coordonnateur des recherches sur la violence de l’Institut Ebuteli, partenaire du Groupe d’étude sur le Congo de l’Université de New-York. Nous sommes le vendredi 28 octobre, et cette semaine, nous nous intéressons à la reprise du conflit avec le M23.


    La fragile trêve, qui avait été obtenue suite aux rencontres entre les chefs d'État congolais et rwandais à Nairobi, Luanda puis New-York ces derniers mois, a volé en éclat. Selon deux sources diplomatiques, certains points avaient été négociés : la fin de la collusion entre les FARDC et les rebelles hutu rwandais FDLR">la collusion entre les FARDC et les rebelles hutu rwandais FDLR, le retrait du M23 des positions conquises depuis avril, lesquelles devaient être reprises par les troupes kényanes de la Force régionale, et enfin la reprise d’un dialogue avec le M23.


    Cet accord, obtenu sous une forte pression diplomatique, ne satisfaisait en réalité personne. Plusieurs éléments l’ont rendu encore moins praticable. D’abord, depuis l’élection de William Ruto, le Kenya ne semble plus si déterminé à s’engager dans l’est de la RDC, du moins tant que la Force régionale n’est pas financée par des bailleurs. Or, malgré plusieurs tentatives pour obtenir ces financements, aucun n’a été convaincu pour le moment.

    Ensuite, le M23, qui avait été écarté du premier round de négociation du processus de Nairobi en avril dernier, a choisi d’accroître la pression militaire pour tenter de forcer le gouvernement congolais à la table des négociations.

    Or pour le gouvernement congolais, ceci demeure inacceptable. Pour Kinshasa, il s’agit d’une agression extérieure, appuyée par le Rwanda, appui qui a été confirmé par le groupe d’experts de l’ONU dans un rapport daté de juin dernier. De plus, le gouvernement congolais fait face à une immense pression populaire, particulièrement dans l’est du pays, pour refuser tout dialogue avec le M23.

    Cette position de principe est compréhensible. Mais le gouvernement en a-t-il les moyens ? Son armée ne parvient en tout cas pas à contenir la menace. L’appui kényan n’est pas une option à court terme, comme nous l’avons vu. La Monusco s’est avouée impuissante dans ce conflit et sa capacité à prendre part aux affrontements a été encore réduite par ses relations tendues avec les FARDC. Enfin, les gouvernements occidentaux n’ont pas exercé les pressions décisives sur le Rwanda espérées par Kinshasa.


    Sans doute frustré par ce manque de soutien, le gouvernement congolais a semblé menacer la communauté internationale de ne pas organiser les élections prévues l’année prochaine évoquant la situation sécuritaire comme un obstacle majeur, dans un communiqué publié le 25 octobre. Au même moment, l’armée mettait en garde la presse qu’elle ne tolérerait pas que soient relayés des messages «du Rwanda», dans une formulation assez vague pour intimider.

    Cette rhétorique pourrait être populaire à court terme. Mais elle est aussi dangereuse. Elle ramène les élections au simple rang de monnaie d’échange, ce qui tend à démentir la sincérité démocratique du gouvernement.


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    5 min
  • Comment vont les relations entre la Chine et la RDC ?

    Dimanche, le président chinois Xi Jinping a prononcé un discours de près de deux heures lors du congrès du Parti communiste, l'événement le plus important du calendrier politique chinois, qui a lieu tous les cinq ans. Plus de 2 300 délégués venus de tout le pays ont convergé vers Pékin pour cet événement. 

    C'est le bon moment pour faire le point sur les relations de la Chine avec la RDC et, en particulier, sur sa rivalité avec les États-Unis.

    Bonjour !

    Je suis Jason Stearns, le directeur du Groupe d'étude sur le Congo, un centre de recherche indépendant basé à l'Université de New-York, qui travaille avec Ebuteli, son partenaire de recherche en RDC. Bienvenue dans ce 34e épisode de la saison 2 de Po Na GEC, notre capsule audio qui décrit et analyse chaque semaine un sujet de l'actualité congolaise.




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Chaque vendredi, Ebuteli et le Groupe d'étude sur le Congo (GEC) vous proposent « Po Na Biso (anciennement Po Na GEC) ». Il s’agit d’une capsule audio en format court (4 minutes maximum) qui résume, explique et donne le point de vue du GEC et d'Ebuteli sur les questions d’actualité en République démocratique du Congo.

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