
Sign up to save your podcasts
Or


Ils sont trente-cinq sur la liste. Trente-cinq dĂ©putĂ©s qui se revendiquent du courant « rĂ©volutionnaire progressiste » d’Ensemble pour le changement, plateforme politique de MoĂŻse Katumbi, mais qui ont renouvelĂ©, ce mardi 11 octobre, leur « loyautĂ© et [leur] fidĂ©lité » au prĂ©sident FĂ©lix Tshisekedi, autoritĂ© morale de la coalition au pouvoir, Union sacrĂ©e de la nation. Une nouvelle illustration de l’illisibilitĂ© actuelle du jeu politique congolais. D’autant que Katumbi et Tshisekedi restent, sur le papier, dans le mĂŞme camp alors que, dans les faits, ils ne sont plus ensemble depuis longtemps.Â
Bonjour,
Je m’appelle TrĂ©sor Kibangula. Je suis analyste et directeur du pilier politique Ă Ebuteli, institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence. Vous Ă©coutez le 33e Ă©pisode de la saison 2 de Po Na GEC, capsule audio du Groupe d’étude sur le Congo, centre de recherche indĂ©pendant basĂ© Ă l’UniversitĂ© de New-York, et d’Ebuteli, son partenaire de recherche en RDC. Chaque semaine, ce podcast donne notre point de vue sur une question d’actualitĂ© en RDC.Â
Nous sommes le vendredi 14 octobre 2022.Â
Au centre de notre réflexion, une question : pourquoi est-il devenu alors si difficile de savoir qui est vraiment avec qui sur la scène politique congolaise ? Tout remonte à l’explosion, fin 2020, de la coalition entre le Front commun pour le Congo (FCC) de l’ancien président Joseph Kabila et le Cap pour le changement (Cach), plateforme politique de l’actuel chef de l’État, Félix Tshisekedi. Alors qu’il était majoritaire à l’Assemblée nationale, le FCC voit nombreux de ses députés rejoindre la nouvelle coalition Union sacrée de la nation, initiée par Tshisekedi.
Problème : le règlement intérieur de l’Assemblée nationale n’a pas prévu le changement de la majorité parlementaire au cours d’une législature. Il impose d’ailleurs aux partis et regroupements politiques de déposer une « déclaration d’appartenance à la majorité ou à l’opposition » au bureau provisoire de la chambre basse « au début de chaque législature ». En conséquence, le député doit rester membre du groupe parlementaire auquel appartient son parti ou regroupement politique, sous peine de devenir non inscrit. Conséquence : le mandat du député appartient, en réalité, à son parti ou regroupement politique sous l’étiquette duquel il a été élu.
Mais en même temps, la Constitution du pays interdit le mandat impératif. Autrement dit, le député congolais n’est pas le délégué ni de son parti ni de son regroupement politique à l’Assemblée nationale. Il représente plutôt la nation.
Alors, comment concilier ces deux considĂ©rations au moment oĂą l’échiquier politique connaĂ®t un chamboulement inattendu ? Saisie, la Cour constitutionnelle a tranchĂ©, le 15 janvier 2021, en faveur de la libertĂ© du dĂ©putĂ© Ă changer de camp au cours d’une lĂ©gislature, sans entraĂ®ner forcĂ©ment la perte de son mandat. En un claquement de doigts, cet arrĂŞt anĂ©antit le pouvoir du parti ou du regroupement politique sur le dĂ©putĂ©. Ce dernier devient comme un Ă©lectron libre. Libre de demeurer membre d’un parti d’opposition, tout en adhĂ©rant dans une coalition au pouvoir. Et inversement.Â
Le jeu politique Ă l’AssemblĂ©e nationale s’effectue dĂ©sormais avec un règlement intĂ©rieur inadaptĂ©. L’absence de rĂ©vision de ce dernier constitue un environnement propice Ă la montĂ©e en puissance de la transhumance politique des dĂ©putĂ©s. Selon l’évolution de rapports de force politiques en prĂ©sence, ils peuvent passer d’un camp Ă l’autre. Sans sourciller mais non sans jamais monnayer parfois leur positionnement. Pour exister ou espĂ©rer prĂ©server son statut, l’on suit en effet l’acteur politique le plus offrant, le plus puissant. « La transhumance politique est devenue Ă la fois un mode de survie des Ă©lites politiques et de la dĂ©mocratie », note d’ailleurs le chercheur Matthieu Mamiki de l’UniversitĂ© de Kisangani.Â
Lire la suite sur www.congoresearchgroup.org
Le 3 octobre, FĂ©lix-Antoine Tshisekedi nomme des nouveaux gĂ©nĂ©raux et chefs d'Ă©tat major des FARDC. Le gĂ©nĂ©ral Christian Tshiwewe, ancien chef de la garde rĂ©publicaine, est nommĂ© chef d’état-major gĂ©nĂ©ral des FARDC. Cette annonce intervient deux semaines après une sĂ©rie d’arrestations de hauts gradĂ©s militaires, dont le gĂ©nĂ©ral PhilĂ©mon Yav. Est-ce qu’on assiste Ă une promotion par paranoĂŻa prĂ©sidentielle, de gĂ©nĂ©raux loyaux au pouvoir ? Ou est-ce que cette nouvelle Ă©quipe peut rĂ©ussir Ă apporter un changement positif  au sein des FARDC ? Â
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
La RDC s’approche de plus en plus des élections prévues en décembre 2023. Mais, l’absence d’un calendrier électoral fait planer le doute sur leur tenue dans les délais constitutionnels. Le 24 septembre 2022, lors du cadre de concertation entre la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) et les partis politiques, Denis Kadima, président de la Ceni, n’a pas été en mesure de donner une date précise pour sa publication. La semaine passée, le président Félix Tshisekedi a, lors d’une interview">interview avec France 24 et RFI, semblé minimiser l’importance du calendrier électoral en annonçant : « Le Calendrier [électoral], on peut le faire en dernier lieu, à la dernière minute.» Le calendrier électoral était-il vraiment si moins important ?
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Ce mardi 20 septembre, c’est près de la moitié des 39 minutes de son discours devant l'Assemblée générale des Nations unies que le président Félix Tshisekedi a passé à parler de la sécurité dans l'est de la RDC, et en particulier du rôle du Rwanda et de son soutien au M23. Bien sûr, il a abordé de nombreux autres sujets : le changement climatique, la parité hommes-femmes et la guerre en Ukraine, mais il était clair que l'implication du Rwanda dans son pays était au centre de ses préoccupations. Que faut-il penser de ce discours ?
Bonjour !
Je suis Jason Stearns, le directeur du Groupe d'étude sur le Congo, un centre de recherche indépendant basé à l'Université de New-York qui travaille avec Ebuteli, son partenaire de recherche en RDC. Bienvenue dans ce 30e épisode de la saison 2 de Po Na GEC, notre capsule audio qui décrit et analyse chaque semaine un sujet de l'actualité congolaise.
Il s'agissait peut-ĂŞtre de sa dĂ©nonciation la plus vigoureuse de l'implication du Rwanda Ă ce jour. « Je dĂ©nonce, en ce lieu emblĂ©matique de la vie internationale, avec la dernière Ă©nergie, cette Ă©nième agression dont mon pays est victime de la part de son voisin, le Rwanda, sous couvert d'un groupe terroriste dĂ©nommĂ© M23 ». Tshisekedi a soulignĂ© que cela constituait une violation du droit international et que le Rwanda Ă©tait complice de crimes de guerre lorsque le M23 a abattu un hĂ©licoptère de l'ONU, tuant 8 soldats de la paix. Il s'agissait peut-ĂŞtre aussi d'une rĂ©ponse au secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l'ONU, Antonio Guterres, qui avait dĂ©clarĂ© la veille que la Monusco n'Ă©tait pas capable de battre le M23, mais sans mentionner l'implication rwandaise.Â
Devant cette plus grande réunion annuelle de diplomates et de fonctionnaires de l'ONU, il a présenté une liste de demandes : le retrait du M23, des pressions sur le Rwanda et le déploiement d'une force régionale. Sans surprise, le gouvernement rwandais a nié ces allégations ; dans son propre discours le lendemain, le président Kagame a simplement déclaré : « Pointer du doigt ne résout pas les problèmes ».
La campagne de Tshisekedi fonctionnera-t-elle ? Il y a peu de signes de pression sur le Rwanda pour le moment. Depuis la visite du secrétaire d'État américain Antony Blinken à Kigali début août, il n'y a pas eu d’effort diplomatique supplémentaire visible de la part du gouvernement américain, bien qu'il y ait également eu relativement peu de combats sur le terrain. Et les autres principaux bailleurs de fonds du Rwanda - le Royaume-Uni, dont la nouvelle première ministre affirme qu'il maintiendra le plan controversé d'envoi de demandeurs d'asile au Rwanda, la France et l'Union européenne - n'ont pas ou peu parlé du soutien rwandais au M23 depuis le début de cette escalade en novembre dernier.
Pendant ce temps, les diplomates rwandais et Kagame lui-même ont occupé une place de choix dans diverses réunions, tables rondes et réceptions de l'ONU à New York cette semaine. Dans leurs discours au podium à l’ONU, les présidents Macron, Biden et Sall ont tous parlé des grandes crises mondiales, mais aucun n’a mentionné le Congo.
La suite  à lire sur www.congoresearchgroup.orgÂ
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
« Si rĂ©ellement vous ĂŞtes des Congolais comme nous autres, dĂ©posez les armes. Vos problèmes, on les verra après que vous ayez dĂ©posĂ© les armes». C’est par ces mots">mots que Vital Kamerhe a appelĂ©, le 12 septembre Ă Goma, le Mouvement du 23 mars (M23) Ă dĂ©poser les armes et Ă se retirer de la citĂ©-frontière de Bunagana qu’il occupe depuis trois mois.Â
Kamerhe poursuit sa tournĂ©e dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, de l’Ituri et du Maniema. Il affirme ĂŞtre dans une mission pour la paix. Parviendra-il Ă donner un nouveau souffle aux efforts de pacification dans l’est de la RDC?Â
Bonjour et bienvenue dans ce 29e épisode de la saison 2 de Po Na GEC, la capsule audio qui tente d’éclairer l’actualité de la RDC. Je suis Reagan Miviri, chercheur sur la violence à Ebuteli, partenaire du Groupe d’étude sur le Congo de l’Université de New-York. Nous sommes le vendredi 16 septembre.
Kamerhe, l’ancien directeur de cabinet du président Félix Tshisekedi qui avait été condamné pour détournement">détournement de fonds publics avant d’être acquitté">acquitté, revient sur le devant de la ">sur le devant de la scène avec la question sécuritaire à l’Est. Dans l’entourage du président Tshisekedi, personne ne peut se targuer d’avoir une meilleure connaissance de l’Est que Kamerhe. Il a été impliqué dans presque tous les processus de paix depuis le début des années 2000. On se souviendra aussi de ses positions assumées contre les opérations rwandaises en RDC, une des raisons de sa rupture avec l’ancien président Joseph Kabila en mars 2009.
Aujourd’hui, sa maîtrise du contexte et des acteurs pertinents dans les dynamiques des conflits dans l’est du pays pourrait être un atout pour le gouvernement. Cependant, pour l’instant, Kamerhe n’a aucun rôle officiel et il est difficile de savoir à quel titre il effectue sa tournée. Au-delà de son parti, l’Union pour la nation congolaise (UNC), certains partis de l’Union sacrée de la nation (USN) ont mobilisé leurs militants pour son accueil et ses meetings. Ce qui ajoute de la confusion autour de son statut pendant cette tournée.
Depuis quelques semaines, Kamerhe lorgne le poste de Premier ministre. Mais avant, il faudra convaincre les rĂ©ticents">il faudra convaincre les rĂ©ticents : une partie de la classe politique pense que la primature devrait toujours revenir Ă un Katangais et certains proches">proches du prĂ©sident de la RĂ©publique n’ont pas beaucoup confiance en Kamerhe.Â
Selon Jeune Afrique, ce dernier aurait exprimĂ© ses ambitions au prĂ©sident Tshisekedi, qui lui aurait promis un poste de premier plan">promis un poste de premier plan sans plus de prĂ©cisions. La tournĂ©e en cours serait donc un test">test politique pour savoir ce qu’il reprĂ©sente encore comme poids politique.Â
Au cours de ses meetings à Goma, Masisi et Rutshuru, il a préconisé que le gouvernement mette des moyens conséquents à la disposition des FARDC pour qu’elles reprennent Bunagana. "> préconisé que le gouvernement mette des moyens conséquents à la disposition des FARDC pour qu’elles reprennent Bunagana.  Il a aussi fustigé l’inefficacité de la Monusco face au M23.">l’inefficacité de la Monusco face au M23.
Entre-temps, Kamerhe ne semble pas proposer une nouvelle stratégie pour résoudre les conflits dans l’Est. À Bukavu, il a présenté dans des termes généraux un plan">plan avec volets militaire, politique et diplomatique pour le retour de la paix. Sans beaucoup plus de détails, il est difficile de juger de sa pertinence et d’en entrevoir les actions concrètes.
Pour celui qui doit prouver son utilitĂ© envers le prĂ©sident et faire oublier ses dĂ©boires judiciaires, l’urgence politique serait de trouver des solutions rapides Ă la question sĂ©curitaire pour espĂ©rer gagner l’électorat de l’Est pour qui ce sujet lĂ est prioritaire"> est prioritaire.Â
L'apport de Kamerhe dans la sĂ©curisation de l’Est risque d’être limitĂ© Ă©tant donnĂ© que la motivation semble ĂŞtre d’abord politique, Ă une annĂ©e des Ă©lections. En lieu et place des solutions pĂ©rennes, la stratĂ©gie risque d’être Ă court terme, limitĂ©e aux nĂ©gociations et Ă un processus DDR qui offriraient aux combattants quelques avantages en Ă©change de dĂ©poser les armes. Pourtant, l’histoire rĂ©cente a montrĂ© que ces dĂ©marches cosmĂ©tiques ne marchent que pendant un temps. Après, la violence reprend.Â
En attendant de voir les retombées de cette tournée, rejoignez notre fil WhatsApp en envoyant « GEC » ou « Ebuteli » au +243 894 110 542 pour recevoir Po Na GEC chaque vendredi sur votre téléphone. À bientôt !
Le président Félix Tshisekedi a signé, ce samedi 3 septembre, une série d’ordonnances portant nomination des présidents des conseils d’administrations, des directeurs généraux et leurs adjoints dans certaines entreprises du portefeuille de l’État et établissements publics.  Au total, 14 entités  sont concernées par cette deuxième vague de nomination après la dissolution de la coalition FCC-Cach. Que pouvons-nous donc retenir de ces nominations? Sur quelle base les nouveaux mandataires ont-ils été nommés ?
Bonjour et bienvenue dans ce 28e Ă©pisode de la saison 2 de Po Na GEC, la capsule audio qui tente d’éclairer l’actualitĂ© de la RDC. Je suis Jimmy Kande, chercheur principal en gouvernance Ă Ebuteli, partenaire du Groupe d’étude sur le Congo de l’UniversitĂ© de New York. Nous sommes le vendredi 9 septembre et cette semaine, nous nous intĂ©ressons aux rĂ©centes nominations des mandataires publics par le prĂ©sident Tshisekedi.Â
Â
Pour recevoir Po na GEC chaque vendredi sur votre téléphone, rejoignez notre fil WhatsApp en envoyant « GEC » ou « Ebuteli » au +243 894 110 542. À bientôt !
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
C’est un secret de polichinelle. Tout le monde sait depuis des années que les parlementaires congolais sont grassement payés, pourtant tout le monde semble surpris d'apprendre que la rémunération des députés nationaux dépasse la barre des 20 000 dollars mensuels. Il a suffi en effet d’un communiqué fin août de l’opposant Martin Fayulu dénonçant les 21 000 dollars mensuels que l’Assemblée nationale verserait aux élus depuis janvier. D’autres sources ont confirmé à Ebuteli et au Groupe d’étude sur le Congo (GEC) que cette enveloppe pouvait, parfois, atteindre 25 000 dollars. Et multiplier la somme près de dix fois lorsque l’on est membre du bureau. Alors, dans cette affaire, où se situe vraiment le scandale ?
Â
Bonjour,
Je suis Trésor Kibangula, coordonnateur des recherches sur la politique à Ebuteli, partenaire de recherche du GEC en RDC. Vous écoutez le 27e épisode de la saison 2 de Po Na GEC, notre capsule audio qui tente d’éclairer l’actualité congolaise. Nous allons essayer de comprendre la polémique sur la rémunération des députés en trois questions.
Â
1. Â Pourquoi maintenant ?
Â
2.  Est-ce qu’un député congolais touche vraiment 21 000 dollars par mois ?
Â
3.   Que retenir de ce scandale par rapport au système politique congolais ?
Â
Comme on le voit, le système est fait de telle sorte que les politiques s’emparent littéralement des fonds publics. Le budget de l’État paraît être l’instrument qui consacre ce système de prédation des richesses sociales à leur profit. Et, souvent, lorsqu’il s’agit de leurs intérêts, les élus parlent le même langage. Il n’y a plus d’opposition, plus de majorité, à quelques rares exceptions près.
Â
En fait, plusieurs députés consultés expliquent que la fixation de leurs rémunérations tient compte des dysfonctionnements du système politique. Un système défaillant pour répondre aux besoins sociaux primaires de la population, incapable donc de mettre en place des politiques sociales en faveur de la population Celle-ci se tourne alors vers ses élus pour qu’ils suppléent à l’absence de l’État. Ce qui entretient et institutionnalise le clientélisme.
Â
Avec cette polĂ©mique, n’est-ce pas enfin le temps de repenser tout le système de gestion et de redistribution des finances publiques ? Encore faut-il qu’il ait une bonne dose de volontĂ© politique de changement et une pression populaire rĂ©clamant plus de transparence, d’équitĂ© et de justice sociale. Ă€ court terme, le strict minimum, Ă l’instar d’autres pays en Afrique et ailleurs, serait de publier les salaires et Ă©moluments de toutes les autoritĂ©s politiques, dĂ©putĂ©s y compris.Â
Â
En attendant le prochain examen du budget à l’Assemblée nationale, n’hésitez pas à rejoindre notre fil WhatsApp en envoyant GEC ou Ebuteli au +243 894 110 542. À bientôt !
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Le 16 août, le ministre congolais de la Défense, Gilbert Kabanda Kurhenga, était à Moscou pour assister à la conférence sur la sécurité internationale aux côtés de 35 de ses homologues. Alors que son gouvernement avait voté la condamnation de l’invasion russe de l’Ukraine il y a moins de six mois à l’assemblée générale de l’ONU, le ton était cette fois beaucoup plus chaleureux. Le ministre est allé jusqu’à souhaiter « vivement » un « appui multiforme » de Moscou contre les groupes armés présents dans l’Est de la RDC, dont notamment le M23 et les ADF. Ce virage de la position congolaise peut-il annoncer un rapprochement d’ampleur avec la Russie ?
Bonjour et bienvenue dans ce 26e épisode de la saison 2 de Po Na GEC, la capsule audio qui tente d’éclairer l’actualité de la RDC. Je suis Pierre Boisselet, coordonnateur des recherches sur la violence d’Ebuteli, le partenaire du Groupe d’étude sur le Congo de l’Université de New-York. Nous sommes le vendredi 26 août, et cette semaine, nous nous intéressons au potentiel de coopération entre la Russie et la RDC.
Par certains aspects, la présence russe au Congo rappelle ce qu’elle était en Centrafrique à ses débuts. Le chargé d’affaires de l’ambassade russe à Kinshasa depuis 2021, Viktor Tokmakov, était précédemment basé à Bangui, où il a facilité l’implantation de la société militaire privée russe Wagner. Comme elle l’avait fait en Centrafrique, la Russie a pris position, au moins publiquement, contre le régime de sanctions concernant la RDC, au Conseil de sécurité de l’ONU en juin dernier. Ce régime n’empêche pas le gouvernement congolais d’acheter les armes de son choix, mais une procédure de notification des ventes de matériels et services militaires par les pays fournisseurs a été partiellement reconduit.
La Russie n’y a pas opposĂ© son vĂ©to, comme elle en a pourtant le pouvoir. NĂ©anmoins, Moscou a rĂ©ussi Ă faire passer le message, dans l’opinion et une bonne partie des autoritĂ©s, que les Nations-Unies et les Occidentaux empĂŞcheraient Kinshasa de s’armer face aux rebelles.Â
Si le régime de sanction n’en est pas responsable, il est en revanche exact que plusieurs pays occidentaux sont réticents à fournir armes et munitions à l’armée congolaise. Compte tenu des fréquentes violations des droits de l’Homme de soldats, des régulières ventes ou fournitures d’armes à des groupes armés par certains officiers, les Américains et les Européens font l’analyse que des livraisons d’armes plus massives ne sont pas la solution au problème, et que la réforme de l’armée est prioritaire. Cette situation crée toutefois des opportunités de collaboration entre la RDC et la Russie, qui est disponible pour vendre ces matériels. C’est ce que le ministre Kabanda a semblé venir chercher à Moscou">C’est ce que le ministre Kabanda a semblé venir chercher à Moscou.
Une autre opportunité vient des difficultés de la Monusco à aider efficacement à lutter contre les groupes armés dans l’Est de la RDC, et plus particulièrement le M23. La fuite d’un rapport du groupe d’experts de l’ONU, pointant le soutien du Rwanda au M23, et la visite du secrétaire d’État américain Antony Blinken à Kinshasa et Kigali, début août, avaient suscité l’espoir, à la fois du gouvernement et de l’opinion publique congolaise, de sanctions contre Kigali, ou d’un appui militaire plus conséquent. Ceci n’est pas arrivé pour le moment, et la Monusco est la cible d’un mouvement de contestation d’une ampleur inédite depuis juillet.
Cette insatisfaction pourrait permettre à la Russie de se poser en alternative à l’intervention de la communauté internationale, au moment où Kinshasa cherche tous azimuts des alliés dans ce dossier, du Kenya à l’Afrique du Sud. Les pressions occidentales pour la tenue d’élections dans les délais constitutionnels pourraient aussi inciter Kinshasa à se tourner vers d’autres partenaires.
MalgrĂ© son invasion de l’Ukraine, la Russie n’est pas majoritairement rejetĂ©e par l’opinion congolaise. Selon un sondage rĂ©alisĂ© par le GEC, Ebuteli et Berci, en avril et mai dernier, 55% des Congolaises et Congolais interrogĂ©s estimaient que ce pays jouait un rĂ´le globalement positif en RDC.Â
Maintenant, la Russie a-t-elle réellement la capacité d’aider le Congo ? On peut en douter, compte tenu des efforts considérables auxquels elle doit déjà consentir pour soutenir son effort de guerre en Ukraine. Vu la faiblesse actuelle de sa présence au Congo, comparée à celle des Européens et des Américains, un basculement représenterait un effort d’ampleur, qui reste difficile à imaginer.
Les Occidentaux ne semblent en tout cas pas y croire pour le moment. Ils rappellent que la présence russe n’a pas permis à la Centrafrique ou au Mali de sortir de l’insécurité. Les signaux de Kinshasa en direction de Moscou sont interprétés comme un bluff, un argument pour forcer les Occidentaux à appuyer plus fermement le gouvernement congolais.
Pour recevoir Po na GEC chaque vendredi sur votre téléphone, rejoignez notre fil WhatsApp en envoyant « GEC », G, E, C, ou « Ebuteli » au +243 894 110 542. A bientôt !
Le 14 aoĂ»t, FĂ©lix Tshisekedi fait une dĂ©claration ">dĂ©claration assez inhabituelle lors de son sĂ©jour au Tchad devant la communautĂ© congolaise. Le prĂ©sident de la RĂ©publique s’est dit n’avoir « aucun problème avec la critique du rĂ©gime », mais n'accepterait pas le mensonge. Et ceux qui auront Ă le traiter de « voleur » doivent se « justifier devant les juges ». Toujours devant les Congolais vivant au Tchad, il a affirmĂ© de se montrer « intolĂ©rant envers ceux qui mettront en pĂ©ril l’unitĂ© nationale » et que « les prisons seront remplies avec ces diffĂ©rentes personnes ». Avec ces propos, doit-on s'inquiĂ©ter de nouveau sur l’avenir de la libertĂ© d’expression en RDC ?Â
Bonjour, Â
Je m’appelle Ange Makadi Ngoy.">Ange Makadi Ngoy. Je suis chercheuse à Ebuteli, partenaire de recherche du Groupe d’étude sur le Congo (GEC). Vous écoutez le 25e épisode de la saison 2 de Po Na GEC, capsule audio qui donne notre point de vue sur une question d’actualité en RDC. Nous sommes le vendredi 19 août 2022.
Revenons en arrière. Le 8 août, Marie Masemi, militante de l’Ecidé, parti de l'opposition, est relâchée après trois jours d’arrestation pour des soupçons de diffamation à l’égard de l’épouse du chef de l’État. Quelques jours plus tard, c’est le tour de Jean-Marc Kabund, ancien président ad interim de l'UDPS, qui a basculé dans l’opposition contre le pouvoir en place, d’être arrêté pour avoir tenu des propos « injurieux, diffamatoires et outrageants à l’endroit du chef de l’État ». Fin juillet, Jimmy Kitenge, secrétaire national du PPRD, était, lui, « enlevé » et « détenu », selon sa famille politique, à l’Agence nationale de renseignement (ANR) pour avoir également « critiqué Félix Tshisekedi et outragé le Parlement ».
À seize mois des élections de 2023, ces arrestations sont-elles des signes inquiétants montrant non seulement la fragilité de la démocratie, mais aussi le rétrécissement progressif de l’espace des libertés publiques au Congo ? Ou est-ce que ce sont des mesures nécessaires pour discipliner des acteurs politiques devenus trop tapageurs ?
Les diffĂ©rentes arrestations soulèvent la question particulière de l’offense faite au chef de l’État, une infraction reprise dans l’ordonnance-loi n°300 de 1963 relative Ă la rĂ©pression des offenses envers le prĂ©sident de la RĂ©publique. Mais, ladite ordonnance-loi ne dĂ©finit pas les actes constitutifs d’offense envers le chef de l'État. Ainsi, il y a des risques Ă©normes d’instrumentalisation de cette infraction à des fins politiques, voire personnelles. Car, la dĂ©finition de plusieurs de ses Ă©lĂ©ments constitutifs relève de la souveraine apprĂ©ciation du juge.Â
L’administration de Tshisekedi n’est pas la seule Ă en tirer profit. Sous Joseph Kabila, en dĂ©pit de sa tolĂ©rance apparente Ă des nombreux Ă©carts de langage, quelques dĂ©putĂ©s et leaders d’opinion furent nĂ©anmoins condamnĂ©s pour cette infraction. Â
En fait, « l’infraction d’offense au chef de l’État est une survivance du crime de lèse-majesté, selon lequel, à l’antiquité, la personne du roi était intouchable et inviolable », comme le rappelle si bien Me Olivier Diansonsa">rappelle si bien Me Olivier Diansonsa. Le maintien de cette infraction anachronique est aujourd’hui injustifiée en RDC. D’autant qu’elle met en péril la liberté d’expression déjà si fragile dans le pays. Il est en effet très difficile de délimiter son contour juridique.
En tout cas, cette infraction voudrait protĂ©ger la personne du chef de l’État, sans faire la distinction entre sa vie privĂ©e et sa vie publique. Pourtant, « […] toutes les personnalitĂ©s publiques, y compris celles qui exercent des fonctions au plus haut niveau du pouvoir politique, comme les chefs d’État ou de gouvernement, sont lĂ©gitimement exposĂ©es Ă la critique et Ă l’opposition politique », selon une observation gĂ©nĂ©rale du ComitĂ© des droits de l’Homme de l’ONU.Â
Concernant des atteintes Ă leur vie privĂ©e, les autoritĂ©s, comme tous les autres citoyens qui s’estiment lĂ©sĂ©s, n’ont qu’à saisir la justice sur base des infractions de diffamation, d’imputations dommageables ou d’injures publiques. Pas besoin donc d’une incrimination spĂ©cifique.Â
D’ici là , n'hésitez pas à rejoindre notre fil WhatsApp en envoyant « GEC » ou « Ebuteli » au +243 894 110 542 pour recevoir Po Na GEC chaque vendredi sur votre téléphone. À bientôt !
Le mardi 9 aoĂ»t, le secrĂ©taire d'État amĂ©ricain Antony Blinken a entamĂ© sa visite dans la rĂ©gion des Grands Lacs, rencontrant le prĂ©sident congolais FĂ©lix Tshisekedi et ses conseillers Ă Kinshasa avant de se rendre au Rwanda le 11 aoĂ»t. Bien qu'il se concentre sur une sĂ©rie de questions - les prochaines Ă©lections congolaises, le sort du leader de l'opposition rwandaise Paul Rusesabagina et les questions de dĂ©veloppement - la rĂ©bellion du M23 a aussi Ă©tĂ© un focus majeur.Â
Bonjour !
Je suis Jason Stearns, le directeur du Groupe d'étude sur le Congo, un centre de recherche indépendant basé à l'Université de New-York qui travaille avec Ebuteli, son partenaire de recherche en RDC. Bienvenue dans ce 24e épisode de la saison 2 de Po Na GEC, notre capsule audio qui décrit et analyse chaque semaine un sujet de l'actualité congolaise.
Comment interpréter la visite de Blinken ? L'Afrique est une destination rare pour les dirigeants américains. John Kerry, le dernier secrétaire d'État américain à s'être rendu au Congo en 2014, était célèbre pour son calendrier de voyage mouvementé. Il a visité la France 34 fois, l'Arabie saoudite 17 fois, la Chine 9 fois - mais n'a visité aucun pays d'Afrique subsaharienne plus d'une fois. L'Afrique, qui ne représente qu'environ 3 % de l'économie mondiale, n'a pas été une priorité géopolitique pour les États-Unis ; les administrations précédentes ont été critiquées pour avoir laissé leur approche du continent être définie par la stratégie antiterroriste et la promotion des intérêts économiques américains, éclipsant la promotion de la démocratie et la croissance économique.
L'administration actuelle tente de changer cette approche. Ă€ la veille de la visite de M. Blinken, le dĂ©partement d'État a publiĂ© sa nouvelle stratĂ©gie pour l'Afrique, qui met l'accent sur les libertĂ©s civiles, la croissance Ă©conomique et la stabilitĂ©.Â
Qu'est-ce que cela signifie pour le Congo ? Il est clair que l'importance du pays a augmentĂ© - il est le plus grand producteur de cuivre en Afrique et de cobalt dans le monde. C'est important dans le cadre de la concurrence de plus en plus fĂ©roce que se livrent les États-Unis avec la Chine, qui –– et je cite la nouvelle stratĂ©gie amĂ©ricaine––  «considère la rĂ©gion comme une arène importante pour dĂ©fier l'ordre international fondĂ© sur des règles et promouvoir ses propres intĂ©rĂŞts commerciaux et gĂ©opolitiques Ă©troits, et avec la Russie », qui –– je cite le mĂŞme document ––  « considère la rĂ©gion comme un environnement permissif pour les entreprises paraĂ©tatiques et les sociĂ©tĂ©s militaires privĂ©es, qui fomentent souvent l'instabilitĂ© pour des avantages stratĂ©giques et financiers ». Â
Mais ce ne sont pas seulement les intĂ©rĂŞts Ă©conomiques qui ont rapprochĂ© les États-Unis du Congo. En ce qui concerne la sĂ©curitĂ© dans l'est de la RDC, la sympathie de longue date de Washington pour le gouvernement de Paul Kagame s'est Ă©moussĂ©e. MĂŞme avant la rĂ©cente fuite de la lettre du groupe d'experts de l'ONU dĂ©taillant le soutien rwandais au M23, les États-Unis de Biden Ă©taient le seul pays Ă dĂ©noncer, bien que timidement, l'implication rwandaise. Cela contrastait avec ses alliĂ©s traditionnels, qui sont restĂ©s largement silencieux - le Royaume-Uni a cĂ©lĂ©brĂ© le gouvernement de Kagame lors du sommet du Commonwealth en juin, et la France s'est rapprochĂ©e de plus en plus du Rwanda ces dernières annĂ©es.Â
Blinken a clairement abordĂ© la question du M23 avec ses homologues de Kinshasa et de Kigali.Â
Toutefois, cela pourrait ĂŞtre une tâche relativement facile par rapport aux dĂ©fis Ă long terme auxquels le Congo est confrontĂ©. Washington fermera-t-il les yeux face au trucage des Ă©lections, comme il l'a fait en 2018 et en 2011 ? Va-t-il, avec ses partenaires, sĂ©vir contre la fuite massive des capitaux et des ressources de la rĂ©gion, facilitĂ©e par les multinationales ? Pourront-ils aider Ă reconstruire l'État congolais, dont le dĂ©labrement a permis l'Ă©closion de dizaines de groupes armĂ©s ? Â
En attendant les réponses à ces questions dans les années à venir, vous pouvez recevoir Po Na GEC chaque vendredi sur votre téléphone en envoyant le mot « GEC » ou « Ebuteli » au + 243 894 110 542. À bientôt !
From the publisher's feed

34 Listeners

199 Listeners

32 Listeners