🎙Po Na Biso

🎙Po Na Biso

By Ebuteli et le Groupe d'étude sur le CongoNewsNews Commentary
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🎙Po Na Biso episodes

  • Pourquoi le M23 rĂ©apparaĂźt

    À plus de 3600 mĂštres d’altitude, le sommet du Mont Sabyinyo marque le point prĂ©cis oĂč les frontiĂšres de trois pays se rencontrent : le Congo, le Rwanda et l’Ouganda. Cette semaine, de violents affrontements s’y sont dĂ©roulĂ©s entre l’armĂ©e congolaise et le Mouvement du 23 mars ou M23. Cette rĂ©bellion avait pourtant Ă©tĂ© dĂ©faite militairement en 2013. Comment expliquer sa rĂ©apparition soudaine ces derniers mois ?


    Bonjour et bienvenue dans ce nouvel Ă©pisode de Po na GEC, la capsule audio qui tente d’éclairer l’actualitĂ© de la RDC. Je suis Pierre Boisselet, coordonnateur des recherches sur la violence d’Ebuteli, le partenaire de recherche du Groupe d’étude sur le Congo de l’UniversitĂ© de New-York. Nous sommes le vendredi 25 mars et aujourd’hui nous nous intĂ©ressons Ă  la rĂ©surgence du M23.


    Dans la mĂ©moire de beaucoup de Congolais, ce nom rappelle un traumatisme : celui de la prise de la ville de Goma par ce groupe, en novembre 2012. Comme d’autres avant lui, cette rĂ©bellion avait, pour cela, reçu le soutien des gouvernements rwandais et ougandais.

    Mais contrairement Ă  ses prĂ©dĂ©cesseurs, le M23 avait Ă©tĂ© battu militairement en 2013. La victoire pouvait alors laisser espĂ©rer la fin d’un cycle de rĂ©bellions soutenues par les pays voisins. Mais Ă  partir de 2017 certains de ses anciens membres dont son chef, Sultani Makenga, ont repris position dans la zone des Virunga.


    Leur prĂ©sence est d’abord restĂ©e discrĂšte. Mais tout a changĂ© le 7 novembre dernier. Ce jour-lĂ , le M23 a attaquĂ© trois positions des FARDC. Depuis, neuf autres affrontements impliquant ce groupe ont Ă©tĂ© recensĂ©s par le BaromĂštre sĂ©curitaire du Kivu, faisant plusieurs dizaines de morts chez les FARDC et le M23 et de nombreux dĂ©placĂ©s.

    Alors, pourquoi assiste-t-on Ă  cette rĂ©surgence ? Il y a d’abord la situation des combattants du M23 eux-mĂȘmes. AprĂšs leur dĂ©faite de 2013, ils se sont rĂ©fugiĂ©s plusieurs annĂ©es au Rwanda et en Ouganda. Mais une grande partie d’entre eux n’a pas pu rentrer en RDC dans des conditions nĂ©gociĂ©es, comme cela leur avait Ă©tĂ© promis, notamment en 2013 et en 2019. Il est possible qu’ils aient repris les affrontements pour faire pression afin de l’obtenir.


    Mais le contexte rĂ©gional semble avoir aussi contribuĂ© Ă  envenimer la situation. La RDC est au centre d’une guerre d’influence que se livrent le Rwanda et l’Ouganda depuis des annĂ©es. AprĂšs avoir fait une sĂ©rie de gestes de bonne volontĂ© envers le Rwanda, en dĂ©but de mandat, le prĂ©sident congolais FĂ©lix Tshisekedi s’est sensiblement rapprochĂ© de l’Ouganda en 2021. La rĂ©habilitation de certaines routes congolaises a Ă©tĂ© confiĂ©e Ă  ce pays, dont l’axe Goma-Bunagana. Ce dernier pourrait dĂ©tourner vers l’Ouganda une partie des routes commerciales qui contribuent aujourd’hui Ă  l’économie rwandaise.

    Surtout, en novembre dernier, le prĂ©sident Tshisekedi a acceptĂ© le dĂ©ploiement de l’armĂ©e ougandaise dans l’Est du Congo pour qu’elle participe Ă  la traque du trĂšs meurtrier groupe ADF. La premiĂšre attaque du M23, le 7 novembre, a eu lieu alors que cette opĂ©ration Ă©tait en discussion. 


    En rĂ©alitĂ©, Ă  mesure que FĂ©lix Tshisekedi se rapprochait de l’Ougandais Yoweri Museveni, ses relations ont semblĂ© se tendre avec le Rwandais Paul KagamĂ©.

    Le 8 fĂ©vrier, le prĂ©sident rwandais a affirmĂ© que diffĂ©rents groupes rebelles hostiles Ă  Kigali s’étaient associĂ©s sur le territoire congolais, et qu’il serait prĂȘt Ă  agir sans concertation si nĂ©cessaire. Il n’est pas venu Ă  Kinshasa le 24 fĂ©vrier pour le sommet de l’accord cadre d’Addis-Abeba, censĂ© favoriser la coopĂ©ration rĂ©gionale, contrairement Ă  six de ses homologues de la rĂ©gion.


    Le 28 fĂ©vrier, FĂ©lix Tshisekedi a, de son cĂŽtĂ©, semblĂ© accuser le Rwanda de vouloir dĂ©stabiliser son pays, lors d’une confĂ©rence diplomatique Ă  Kinshasa. [diffuser enregistrement : « Il est irrĂ©aliste et improductif, voire suicidaire pour un pays de notre sous rĂ©gion de penser qu’il tirerait toujours des dividendes en entretenant des conflits ou des tensions avec ses voisins »]


    De nombreux responsables sĂ©curitaires congolais affirment aujourd’hui que le Rwanda est derriĂšre la rĂ©apparition du M23 observĂ©e depuis novembre. C’est possible, mĂȘme si cela n’est pas attestĂ© par des preuves Ă  ce jour. Que cette accusation s’avĂšre ou non, cette nouvelle crise a d’ores et dĂ©jĂ  pris une dimension rĂ©gionale. Le prĂ©sident Tshisekedi a d’ailleurs demandĂ© et obtenu que le contingent kĂ©nyan de la Brigade d’intervention de la Monusco soit affectĂ© Ă  la lutte contre le M23. Selon nos informations, ces troupes se prĂ©parent actuellement Ă  intervenir.


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    5 min
  • Pourquoi la santĂ© de Tshisekedi est un enjeu trĂšs politique

    Alors, comment va FĂ©lix Tshisekedi ? « Ça va.» Avant de regagner Kinshasa, le jeudi 17 mars, le chef de l’État l’a dit lui-mĂȘme au journalLe Soir, rĂ©pondant ainsi Ă  la question que tout le monde se pose depuis que les rumeurs les plus folles sur son Ă©tat de santĂ© circulent dans le pays. Officiellement, il vient de se faire soigner, Ă  Bruxelles, d’une hernie discale. Mais au-delĂ  de son aspect purement mĂ©dical, la question de la santĂ© du prĂ©sident de la RĂ©publique convoque d’autres considĂ©rations Ă©minemment politiques. 


    Bonjour, 


    Je m’appelle TrĂ©sor Kibangula. Je suis analyste et directeur du pilier politique Ă  Ebuteli, institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence. Vous Ă©coutez le troisiĂšme Ă©pisode de la saison 2 de Po Na GEC, capsule audio du Groupe d’étude sur le Congo, centre de recherche indĂ©pendant basĂ© Ă  l’UniversitĂ© de New York, et d’Ebuteli, son partenaire de recherche en RDC. Chaque semaine, ce podcast donne notre point de vue sur une question d’actualitĂ© en RDC. 

    Nous sommes le vendredi 18 mars 2022. 


    AprĂšs des spĂ©culations, voire des fake news sur son Ă©tat de santĂ©, le prĂ©sident Tshisekedi a regagnĂ© jeudi Kinshasa. Et il voulait que ça se sache. La veille, des appels de mobilisation pour aller l’accueillir ont Ă©tĂ© lancĂ©s et, dĂšs son atterrissage Ă  N’Djili, le chef de l’État a tenu Ă  se rendre, sous la pluie, sur le terrain, Ă  Matete, oĂč un dĂ©pĂŽt de carburant a pris feu mercredi. 


    DerriĂšre cet apparent rĂ©confort du prĂ©sident aux victimes, il s’agissait surtout de montrer la rĂ©silience du chef. MalgrĂ© tout, il est bien lĂ , debout et prĂ©sent. Implicitement, cette dĂ©marche vient rĂ©pondre Ă  deux questions plutĂŽt lĂ©gitimes en dĂ©mocratie. D’abord, celle relative au contrĂŽle permanent du pouvoir : est-ce que le chef est toujours celui qui dirige ? Ensuite vient la question de la pertinence du pouvoir : ce chef est-il toujours en Ă©tat d’exercer ses fonctions ? À cette double interrogation, « Fatshi bĂ©ton », comme le surnomment affectueusement ses partisans, a donnĂ© sa rĂ©ponse Ă  Matete. 


    Au Congo, comme ailleurs, voire plus qu’ailleurs, le pouvoir a horreur du vide. Le prĂ©sident le sait. C’est pourquoi, le 11 mars, lors du 44e conseil des ministres prĂ©sidĂ© en vidĂ©oconfĂ©rence par le Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde, le chef de l’État convalescent a voulu rassurer les membres du gouvernement. Depuis Bruxelles, Tshisekedi est intervenu en vidĂ©o « pour faire le point sur son sĂ©jour privĂ© en Belgique », soulignant qu’on lui a diagnostiquĂ© une « hernie discale dans la rĂ©gion cervicale » et que cela n’a pas entraĂźnĂ© une intervention chirurgicale mais juste une « prise en charge mĂ©dicamenteuse », pouvait-on lire dans le compte-rendu du conseil des ministres. 

    Cet Ă©pisode sur l’état de santĂ© de Tshisekedi laisse aussi entrevoir comment la population et la classe politique congolaise perçoivent le statut du chef de l’État. Sans ce dernier, plus rien ne tient. Ce qui en dit long sur la nature de la vie institutionnelle dans le pays et rappelle, avec force, le caractĂšre trĂšs prĂ©sidentialiste que revĂȘt, dans la pratique et dans l'imaginaire du pouvoir politique au Congo, le numĂ©ro un de l'exĂ©cutif en RDC. 


    L’AssemblĂ©e nationale, le SĂ©nat, le gouvernement et les cours et tribunaux semblent alors fragiles face Ă  l’éventualitĂ© d’une vacance du pouvoir au sommet de l’État. Peu importe si la Constitution a tout prĂ©vu. Pour rappel, en effet, selon la Loi fondamentale congolaise, c’est le prĂ©sident du SĂ©nat qui exerce « provisoirement » les fonctions de prĂ©sident de la RĂ©publique « en cas de vacance pour cause de dĂ©cĂšs, de dĂ©mission ou pour toute autre cause d’empĂȘchement dĂ©finitif ». Aujourd’hui, ce ne serait pas surprenant que le perchoir de la chambre haute, dĂ©jĂ  stratĂ©gique, le devienne encore davantage. 


    Mais un chef d’État qui va se soigner Ă  l’étranger, dans un hĂŽpital de l’ancienne puissance coloniale de surcroĂźt, pose enfin une question gĂ©opolitique : ne serait-ce pas une faiblesse pour le pays que la teneur du bulletin de santĂ© de son prĂ©sident soit connue par des mĂ©decins Ă©trangers ? Une certitude : tant que les politiques publiques ne prendront pas vĂ©ritablement en compte les besoins du systĂšme de santĂ© congolais, la donne ne changera point. 


    En attendant, rejoignez notre fil WhatsApp en envoyant « GEC » ou « Ebuteli » au +243 894 110 542 pour recevoir Po Na GEC chaque vendredi sur votre tĂ©lĂ©phone. À bientĂŽt !

    5 min
  • Droits politiques des femmes : oĂč en est la RDC ?

    Le 3 mars, Marie-Ange Lukiana, ancienne ministre du Genre, propose l’instauration d’un poste de vice-prĂ©sidence">vice-prĂ©sidence en RDC. En clair, la dĂ©putĂ©e nationale">la dĂ©putĂ©e nationale voudrait que ce poste soit exclusivement rĂ©servĂ© aux femmes pour permettre leur ascension au sein des institutions de la RĂ©publique et, ainsi, « respecter », selon elle, l’esprit de la Constitution qui prĂŽne la paritĂ©. Cette proposition fait rĂ©flĂ©chir sur  l'accĂšs des femmes aux postes de dĂ©cisions et leur reprĂ©sentativitĂ© institutionnelle en RDC.   

    Bonjour !

    Je m'appelle Ange Makadi Ngoy. Je suis chercheuse au sein d’Ebuteli, institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence. Vous Ă©coutez le deuxiĂšme Ă©pisode de la saison 2 de Po na GEC, la capsule audio du Groupe d’étude sur le Congo, centre de recherche indĂ©pendant basĂ© Ă  l'UniversitĂ© de New-York et d’Ebuteli, son partenaire de recherche en RDC, qui tente d’analyser les questions d’actualitĂ© en RDC. Nous sommes le vendredi 11 mars 2022.

    La reprĂ©sentation des femmes aux postes de dĂ©cision n’a que peu progressĂ© ces derniĂšres annĂ©es en RDC. En avril 2019, Jeanine Mabunda Lioko avait Ă©tĂ© Ă©lue ">Ă©lue prĂ©sidente de l’AssemblĂ©e nationale, premiĂšre femme Ă©lue Ă  ce poste en RDC. En juillet 2021, Malangu Kabedi Mbuyi a Ă©tĂ© nommĂ©e Ă  la tĂȘte de la Banque centrale du Congo (BCC), devenant ainsi la premiĂšre femme Ă  diriger cette institution stratĂ©gique créée en 1951. Avec l’équipe Sama Lukonde, le gouvernement a atteint pour la premiĂšre fois 27 %">27 %  de femmes (15 sur 56 membres). Certaines d'entre elles occupent des postes importants : Ève Bazaiba, vice-Premier ministre chargĂ© de l’environnement, Rose Mutombo, ministre de la Justice ou Antoinette N’Samba,  ministre des Mines.

    MalgrĂ© tout, nous constatons tout de mĂȘme la prĂ©pondĂ©rance masculine dans l’exercice du pouvoir politique. L’AssemblĂ©e nationale ne compte qu'environ 12 % d’élues femmes et les assemblĂ©es provinciales entre 10 et 12 %.  Pourtant, l’article 14 de la Constitution reconnait que la femme a droit Ă  une reprĂ©sentation Ă©quitable au sein des institutions nationales, provinciales et locales. En plus, la journĂ©e du 8 mars vient rappeler qu’il existe des droits fondamentaux des femmes qui ne sont pas respectĂ©s. Au contraire, elles sont souvent confrontĂ©es Ă  la violence sexiste et sexuelle, aux difficultĂ©s d’accĂšs Ă  l’éducation, aux inĂ©galitĂ©s salariales, Ă  la prĂ©caritĂ© menstruelle entre autres. 

     

    Revenons Ă  la proposition Lukiana. Une vice-prĂ©sidence rĂ©servĂ©e exclusivement aux femmes pourrait-elle amĂ©liorer la reprĂ©sentativitĂ© fĂ©minine au sommet de l’État  ? Il faudra d’abord dĂ©finir son rĂŽle. Aux États-Unis, par exemple, on reconnaĂźt Ă  la vice-prĂ©sidence, le pouvoir de trancher en cas d’égalitĂ© des voix au SĂ©nat, de remplacer le prĂ©sident lorsqu’il n’est pas en mesure d’assumer ses responsabilitĂ©s. Ce qui est un tremplin pour la prĂ©sidence. Mais c'est Ă©galement considĂ©rĂ© comme un poste plus ou moins sans grand pouvoir.

    Mais, lĂ -bas, ce poste n’est pas rĂ©servĂ© uniquement aux femmes. RĂ©server ce poste Ă  une femme en RDC risque de sous-entendre qu’une femme ne peut jamais gagner la prĂ©sidentielle. Aussi, instituer une vice-prĂ©sidence de la RĂ©publique ne ferait que renforcer le caractĂšre dĂ©jĂ  budgĂ©tivore des institutions. 

    Alors, comment amĂ©liorer la reprĂ©sentativitĂ© politique des femmes ? Les partis politiques dĂ©tiennent  peut-ĂȘtre la clĂ©, car ce sont eux qui recrutent et choisissent les candidats aux Ă©lections et dĂ©cident de l’agenda politique du pays. Aujourd’hui, le compte n’y est pas : moins de 20 % des mandats de dĂ©putĂ© sont exercĂ©s par des femmes. Ce qui prouve que les partis doivent faire davantage d’effort dans ce domaine et ne pas cantonner les femmes Ă  la gestion des ligues des femmes. Il est ainsi essentiel d’arriver Ă  une participation Ă©gale des femmes dans les instances des partis pour promouvoir l’égalitĂ©.

    Une autre piste pourrait venir des rĂ©formes. La prochaine modification de la loi Ă©lectorale pourrait par exemple envisager de garantir l’accĂšs Ă©gal des hommes et des femmes Ă  certains mandats Ă©lectoraux et fonctions Ă©lectives. Ceci passerait entre autres par une obligation de dĂ©poser des listes paritaires de candidatures pour certains scrutins. 

    Les pouvoirs publics devraient en outre activer le financement des partis politiques afin d’appliquer l’article 33 de la loi sur la paritĂ© qui Ă©carte du financement, les partis politiques dont les listes ne comportent pas la dimension genre. 

     

    Le gouvernement est enfin attendu dans des rĂ©formes institutionnelles favorables Ă  l’égalitĂ© des sexes. 

    En attendant ces changements profonds et espĂ©rĂ©s dans la distribution du pouvoir politique, rejoignez notre fil WhatsApp en envoyant « GEC » ou « Ebuteli » au +243 894 110 542 pour recevoir Po Na GEC chaque vendredi sur votre tĂ©lĂ©phone. À bientĂŽt !









    5 min
  • La guerre en Ukraine et la RDC : si lointaine, si proche

    Le 24 février, la Russie lance une « opération militaire spéciale » en Ukraine. Cette invasion se fait aprÚs la reconnaissance par Moscou, quelques jours plus tÎt, de deux « républiques » autonomes en Ukraine, habitées par des russophones. La guerre, qui dure maintenant depuis neuf jours, est rapidement devenue une affaire mondiale. Quelles en sont les incidences pour la RDC ?

    Bonjour !

    Je m’appelle Joshua Walker. Je suis le directeur de programme du Groupe d’étude sur le Congo, centre de recherche indĂ©pendant basĂ© Ă  l'UniversitĂ© de New York. Vous Ă©coutez le premier Ă©pisode de la saison 2 de Po na GEC, capsule audio du GEC et d’Ebuteli, son partenaire de recherche en RDC, qui tente de rĂ©sumer et d’analyser les questions d’actualitĂ© en RDC.

    L’impact de la guerre en Ukraine se fait sentir bien au-delĂ  de ses frontiĂšres. Elle crĂ©e, entre autres, plus de 1,2 millions de rĂ©fugiĂ©s">rĂ©fugiĂ©s (3 mars 2022) qui ont fui le pays. PremiĂšre prĂ©occupation liĂ©e Ă  cette guerre pour la RDC : le sort des citoyens congolais qui habitent l’Ukraine. Alors que les Ukrainiens fuyant la guerre sont vite accueillis par les pays voisins, de nombreux reportages font Ă©tat de racisme">racisme dans le traitement des Africains, Asiatiques et CaribĂ©ens, souvent bloquĂ©s aux frontiĂšres. 

    Selon une source diplomatique europĂ©enne, qui citait le ministĂšre congolais des Affaires Ă©trangĂšres, il y avait 409 citoyens congolais en Ukraine au moment du dĂ©clenchement de la guerre, dont environ 200 ont dĂ©jĂ  trouvĂ© refuge en Pologne. Jusque-lĂ , le gouvernement a sollicitĂ© l’aide de l’Organisation internationale des migrations pour ces rĂ©fugiĂ©s et a contactĂ© le gouvernement russe pour la crĂ©ation d’un « corridor humanitaire ». Cependant, aucune communication officielle du gouvernement congolais n’a encore Ă©tĂ© faite Ă  ce sujet, encore moins sur la guerre en Ukraine en gĂ©nĂ©ral.

    Autre consĂ©quence de la guerre : la hausse des prix des produits Ă©nergĂ©tiques. Un reportage">reportage diffusĂ© sur TV5 le 2 mars, par exemple, faisait Ă©tat d’une pĂ©nurie d’essence dans la ville de Bukavu, dont le carburant est importĂ© du Kenya, de la Tanzanie et, surtout, du Rwanda. Pourquoi ? Ces derniers prĂ©fĂšrent garder leurs stocks de pĂ©trole, Ă  cause de l’instabilitĂ© sur le marchĂ© mondial causĂ©e par la guerre en Ukraine. Ce qui entraĂźne un ralentissement sensible du taux d’affaires pour les importateurs de carburant de cette ville frontaliĂšre, habituĂ©s Ă  s’approvisionner Ă  partir du Rwanda. À cet effet, Ă  l’issue d’une rĂ©union du comitĂ© de conjoncture Ă©conomique, le gouvernement congolais a annoncĂ©">annoncĂ© le 2 mars, par le biais du ministre des Finances, Nicolas Kazadi, que la hausse des prix du carburant pourrait avoir des impacts « difficiles » pour l’économie congolaise. Il a prĂ©cisĂ©, cependant, que le comitĂ© avait discutĂ© des « mesures Ă  prendre en urgence » pour limiter cet impact. Pour le moment, ces mesures n’ont pas Ă©tĂ© rendues publiques.

    Mais ce qui fait le plus dĂ©bat au Congo, c’est la gĂ©opolitique. Pour les uns, la Russie n’est qu’un simple agresseur illĂ©gitime. Pour les autres, la mobilisation occidentale contre cette derniĂšre, notamment Ă  travers des sanctions, relĂšve de l’hypocrisie. Combien de fois les pays occidentaux ont-ils envahi d’autres pays comme l’Irak, l’Afghanistan ou la Libye ? Serait-ce une question de deux poids, deux mesures ?

    Le 2 mars toujours, l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations unies a adoptĂ© une rĂ©solution">rĂ©solutioncondamnant « l’agression » russe en Ukraine, tout en rĂ©affirmant « son engagement envers la souverainetĂ©, l’indĂ©pendance, l’unitĂ© et l’intĂ©gritĂ© territoriale de l’Ukraine Ă  l’intĂ©rieur de ses frontiĂšres internationalement reconnues ». Le rĂ©sultat du vote : 141 voix pour, 5 contre, 35 abstentions et 12 absents. Parmi les pays ayant votĂ© pour : la RDC. Choix logique pour un pays qui a dĂ©jĂ  subi des agressions et l’occupation des parties de son territoire par des pays voisins, notamment le Rwanda et l’Ouganda. Et qui diffĂšre de celui des pays comme le Mali ou la RĂ©publique centrafricaine, qui ont des contractants militaires russes sur leurs sols. 

    Cependant, la position prise par la RDC pourrait aussi ĂȘtre la consĂ©quence de son repositionnement sur l’échiquier politique mondial depuis l’arrivĂ©e de FĂ©lix Tshisekedi au pouvoir,qui s’est rapprochĂ© notamment des États-Unis et de l’Occident en gĂ©nĂ©ral. Ces pays ont-ils exigĂ© que la RDC adopte leur position ? Quelles pourraient en ĂȘtre les consĂ©quences pour la relation entre la RDC et la Russie ? Dans tous les cas, ce vote ne fait que renforcer le parti pris de la RDC pour ses alliĂ©s occidentaux dans la configuration gĂ©opolitique mondiale actuelle.

    En attendant de voir l’évolution de cette nouvelle guerre si lointaine, mais si proche de la RDC, vous pouvez recevoir Po na GEC chaque semaine sur votre tĂ©lĂ©phone. Pour vous abonner Ă  notre fil WhatsApp, envoyez  « GEC » ou « Ebuteli » au +243 894 110 542. À trĂšs bientĂŽt !

    5 min
  • Évaluation de l’Accord-cadre Ă  Kinshasa : peut-on espĂ©rer des avancĂ©es dans la pacification de l’Est ?

    La RDC a abritĂ© ce jeudi, 24 fĂ©vrier 2022, les travaux du dixiĂšme sommet rĂ©gional d’évaluation de la mise en Ɠuvre des engagements souscrits aux termes de  l'Accord-cadre pour la paix, la sĂ©curitĂ© et la coopĂ©ration pour la RDC et la rĂ©gion">'Accord-cadre pour la paix, la sĂ©curitĂ© et la coopĂ©ration pour la RDC et la rĂ©gion signĂ© en 2013 Ă  Addis-Abeba. Attendu depuis trois ans, ce sommet intervient dans un contexte rĂ©gional marquĂ© par l’intervention des armĂ©es ougandaise et burundaise en RDC et les menaces de celle rwandaise.


    Cet Ă©vĂ©nement qui a permis au prĂ©sident Tshisekedi de succĂ©der Ă  son homologue ougandais Ă  la tĂȘte du mĂ©canisme rĂ©gional de suivi dudit accord, peut-il rĂ©ellement contribuer Ă  amĂ©liorer la situation sĂ©curitaire dans l’est de la RDC ?


    Bonjour,

    Je suis Ange Makadi Ngoy, chercheuse au sein du Groupe d’étude sur le Congo, centre de recherche de l’UniversitĂ© de New York. Vous Ă©coutez le 52e numĂ©ro de Po Na GEC, notre capsule audio qui analyse les questions d’actualitĂ© en RDC. Nous sommes le vendredi 25 fĂ©vrier 2022. 


    Au lendemain de l’occupation de la ville de Goma par le M23, mouvement rebelle soutenu par le Rwanda, en 2012, les pays membres de la ConfĂ©rence internationale pour la rĂ©gion des grands lacs (CIRGL) s’étaient rĂ©unis sous l’égide de l’ONU Ă  Addis-Abeba afin de mettre un terme aux cycles de violence rĂ©currents en RDC. L’accord-cadre signĂ© entre ces États avait suscitĂ© de l’espoir pour la stabilitĂ© dans l’est du pays et la rĂ©gion des Grands Lacs. Mais qu’en est-il Ă  prĂ©sent prĂšs d’une dĂ©cennie aprĂšs la signature de cet accord ? 

    En 2020, le MĂ©canisme national de suivi de cet accord estimait dans son programme de pacification et de stabilisation de l’est de la RDC et de la rĂ©gion">son programme de pacification et de stabilisation de l’est de la RDC et de la rĂ©gion que « sept ans aprĂšs la signature dudit Accord-cadre, le rĂ©sultat est toujours mitigĂ©. L’insĂ©curitĂ© persiste dans l’est de la RDC ».  Deux ans aprĂšs, la situation n’a pas suffisamment Ă©voluĂ©.   


    Pour autant, le prĂ©sident FĂ©lix Tshisekedi n’a jamais cessĂ© de croire aux relations de bon voisinage. Le 25 septembre 2019 lors de la rĂ©union de Haut-niveau sur cet accord Ă  New York, il avait rappelĂ© que le Conseil de sĂ©curitĂ© de l’ONU considĂ©rait ledit accord comme un instrument appropriĂ© pour la stabilitĂ© rĂ©gionale. Fort de cette conviction, il a rĂ©activĂ© le mĂ©canisme national de suivi. Au niveau rĂ©gional, dĂšs 2019 le prĂ©sident Tshisekedi a visitĂ© 8 des 9 pays voisins de la RDC. Le gouvernement Sama Lukonde s’est, d’ailleurs dans la suite du chef de l’Etat, engagĂ© dans son programme d’actions à  « Ă©valuer constamment le niveau d’exĂ©cution de cet accord-cadre ».">Ă©valuer constamment le niveau d’exĂ©cution de cet accord-cadre ». Mais cette ouverture n’a pas rĂ©ussi Ă  redynamiser le mĂ©canisme rĂ©gional de suivi Ă  cause de l’indisponibilitĂ© des autres États et au regard de la divergence de leurs agendas et intĂ©rĂȘts.  


    Si avec ce sommet, le prĂ©sident Tshisekedi vient de gagner le pari de la tenue de cette Ă©valuation rĂ©gionale de cet accord, son attitude volontariste demeure, cependant, confrontĂ©e aux rivalitĂ©s persistantes entre le Rwanda et l’Ouganda, deux acteurs clĂ©s pour la pacification de l’est de la RDC en particulier et la rĂ©gion des Grands Lacs en gĂ©nĂ©ral. 

    Autant ces rivalitĂ©s ont mis en veilleuse la CommunautĂ© Ă©conomique des pays des grands lacs (CEPGL), autant elles rappellent que le manque d’harmonie entre les Etats de cette rĂ©gion est un frein Ă  la pacification souhaitĂ©e. L’on peut bien Ă©valuer l’accord-cadre mais l’implication rĂ©elle des acteurs majeurs est capitale. 


    Peu importe que le sommet ait finalement eu lieu, l’on notera l’absence trĂšs remarquable du prĂ©sident rwandais Paul Kagame. Probablement mĂ©content du feu vert accordĂ© Ă  l’armĂ©e ougandaise par Kinshasa pour intervenir sur le sol congolais dans la traque des ADF dans l’Est, il ne s’est pas empĂȘchĂ© rĂ©cemment d’évoquer des menaces Ă  peine voilĂ©es d’intervenir Ă  son tour en RDC sans autorisation des instances officielles">des menaces Ă  peine voilĂ©es d’intervenir Ă  son tour en RDC sans autorisation des instances officielles.

    Avec ces frustrations et boycott “poli”, l’on se demande bien comment les rĂ©solutions contraignantes ou pas de ces assises peuvent ĂȘtre appliquĂ©es par les autres parties qui affichent clairement leur dĂ©sintĂ©ressement.


    Il est donc important que l’État congolais s’avise que la stabilisation de l’est relĂšve principalement de sa responsabilitĂ©. 

    D’ici lĂ , rejoignez notre fil WhatsApp en envoyant « GEC » au +243 894 110 542 pour recevoir Po Na GEC chaque vendredi sur votre tĂ©lĂ©phone. À bientĂŽt !

    4 min
  • Propos de Paul Kagame : la RDC doit-elle craindre une nouvelle dĂ©stabilisation ?

    « Le problÚme que nous avons avec la RDC, ce sont les FDLR et ceux qui cherchent à coaliser avec les ADF contre le Rwanda. Nous avons un temps pour observer, négocier mais pour notre sécurité, nous n'avons pas besoin d'une autorisation pour intervenir »

    Ces propos du prĂ©sident rwandais Paul Kagame tenus Ă  Kigali, le 8 fĂ©vrier 2022, ont suscitĂ© beaucoup de rĂ©actions dans l’opinion publique en RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo. Mais au-delĂ  de l’indignation, jusqu’oĂč peut aller le Rwanda de Paul Kagame ? 

    Bonjour,

    Je suis Reagan Miviri, analyste au BaromĂštre sĂ©curitaire du Kivu">BaromĂštre sĂ©curitaire du Kivu. Vous Ă©coutez le 51e numĂ©ro de Po Na GEC, la capsule audio du Groupe d’étude sur le Congo, centre de recherche basĂ© Ă  l’UniversitĂ© de New York qui analyse les questions d’actualitĂ© en RDC. Nous sommes le vendredi 18 fĂ©vrier 2022. 

    À l’occasion de l’investiture du nouveau gouvernement rwandais, le prĂ©sident Paul Kagame a tenu un discours dont une partie semble s’adresser au voisin congolais. Le prĂ©sident Rwandais souligne que le problĂšme du Rwanda avec la RDC est la prĂ©sence des Forces dĂ©mocratiques pour la libĂ©ration du Rwanda (FDLR) en RDC. Il avertit aussi que le Rwanda est prĂȘt Ă  intervenir, avec ou sans l’autorisation, sur un territoire Ă©tranger contre quiconque menace sa sĂ©curitĂ©. 

    Pour plusieurs, il s’agit de propos belliqueux qui nĂ©cessitent une rĂ©action congolaise alors mĂȘme que officiellement les relations congolo-rwandaises semblaient s'amĂ©liorer depuis l'arrivĂ©e du prĂ©sident FĂ©lix Tshisekedi au pouvoir. Le dĂ©putĂ© Gratien Iracan"> Gratien Iracan, Ă©lu de Bunia, a par ailleurs adressĂ© une question orale avec dĂ©bat au premier ministre Ă  ce sujet. 

     

    En effet, le prĂ©sident rwandais a exposĂ© la doctrine militaire de son pays qui est celle d'Ă©liminer les potentielles menaces sur sa sĂ©curitĂ© Ă  partir d’autres territoires pour protĂ©ger le Rwanda qui est « un petit territoire », je le cite. 

    Au nom de cette doctrine, le Rwanda est intervenu en RDC aux cĂŽtĂ©s des rebelles de l’AFDL puis du RCD avec comme objectif affichĂ© la traque de l’ArmĂ©e de libĂ©ration du Rwanda, ancĂȘtre des FDLR qui Ă  l’époque menait des activitĂ©s de dĂ©stabilisation dirigĂ©es vers le Rwanda. Les FDLR ont aussi commis plusieurs crimes">crimes sur des populations congolaises en RDC. 

    Dans quelle mesure les FDLR demeurent-elles une menace pour le Rwanda ?

    Ces derniĂšres annĂ©es, le groupe armĂ© FDLR s’est fractionnĂ© en diffĂ©rents groupuscules et a perdu de sa vigueur notamment Ă  cause de la neutralisation des nombreux de ses chefs mais il  reste tout de mĂȘme actif dans le Nord et Sud-Kivu. Les FDLR ont tuĂ© 119 civils congolais depuis 2017 selon les chiffres du BaromĂštre sĂ©curitaire du Kivu. Pendant la mĂȘme pĂ©riode, les ADF ont fait  2238 victimes. Les FDLR deviennent de plus en plus un groupe marginal. 

    Toutefois, il est dans l'intĂ©rĂȘt de la RDC et du Rwanda que ce groupe soit dĂ©fait autant que tous les 122 groupes armĂ©s">les 122 groupes armĂ©s actifs Ă  l’Est de la RDC. 

    Il est vrai que les propos du prĂ©sident Kagame peuvent ĂȘtre analysĂ©s comme une menace contre la RDC quand on sait que le Rwanda est plusieurs fois intervenu sur le sol congolais parfois mĂȘme sans l’autorisation des autoritĂ©s congolaises. Cependant, peut-ĂȘtre qu’il ne s’agit que d’un discours destinĂ© Ă  entretenir l’image d’un pouvoir fort qui a la sĂ©curitĂ© des rwandais comme prioritĂ©. 

    Il s’agirait aussi d’une façon pour le prĂ©sident rwandais de monter les enchĂšres pour que ses intĂ©rĂȘts soient pris en compte dans la compĂ©tition autour de la RDC qui sera accueillie au sein de la CommunautĂ© des États d’Afrique de l’Est. Avec son intervention militaire en RDC et le deal de la construction des infrastructures routiĂšres au Nord-Kivu, l’Ouganda s'assure une place de choix. Ainsi, le rwandais serait aussi en train de rĂ©clamer la part qu’il croit lui revenir.

    La question qui demeure est : que gagne la RDC dans tout ça ? 

    En attendant, rejoignez notre fil WhatsApp en envoyant « GEC » au +243 894 110 542 pour recevoir Po Na GEC chaque vendredi sur votre tĂ©lĂ©phone. À bientĂŽt !

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  • L’affaire François Beya

    Le samedi 5 fĂ©vrier, François Beya, l'influent conseiller de FĂ©lix Tshisekedi en matiĂšre de sĂ©curitĂ©, est arrĂȘtĂ© Ă  Kinshasa. Cette interpellation a suscitĂ© plusieurs rumeurs, notamment celle d’une tentative de coup d'État. Le chef de l’État a dĂ» Ă©courter son sĂ©jour Ă  Addis-Abeba, oĂč il participait au sommet de l’Union africaine. Pour la prĂ©sidence de la RĂ©publique, qui n’a communiquĂ© que trois jours aprĂšs l’évĂ©nement, il s’agit d’une affaire de sĂ»retĂ© d'État. Alors, que savons-nous de cette affaire ? 

    Bonjour,

    Je suis Ange Makadi Ngoy, chercheuse au sein du Groupe d’étude sur le Congo, centre de recherche indĂ©pendant basĂ© Ă  l’UniversitĂ© de New York. Nous sommes le vendredi 11 fĂ©vrier  2022 et vous Ă©coutez le 50e numĂ©ro de Po na GEC, notre capsule audio qui analyse l’actualitĂ© en RDC. 

    À ce jour, les faits reprochĂ©s au conseiller spĂ©cial du chef de l’État en matiĂšre de sĂ©curitĂ© ne sont pas tout Ă  fait connus. Lors de son arrestation, aucune communication officielle n’est rendue publique. Ce qui, trĂšs vite, alimente la spĂ©culation autour d’une tentative de coup d'État. Le 8 fĂ©vrier, la prĂ©sidence de la RĂ©publique brise enfin le silence. Kasongo Mwema Yamba Y’amba, porte-parole de FĂ©lix Tshisekedi indique que les enquĂȘteurs disposent d’«  indices sĂ©rieux attestant d’agissements contre la sĂ©curitĂ© nationale ».  

    Dans la foulĂ©e, Jean-Claude Bukasa, jusqu’ici assistant principal du conseiller spĂ©cial du chef de l’État en matiĂšre de sĂ©curitĂ©, est dĂ©signĂ© pour assurer l'intĂ©rim Ă  la tĂȘte du Conseil national de sĂ©curitĂ© (CNS). Ce dernier est un militant de l’Union pour la dĂ©mocratie et le progrĂšs social (UDPS), parti prĂ©sidentiel. Contrairement Ă  François Beya, il n’est pas issu de l’ancien rĂ©gime de Joseph Kabila, mais fait partie des hommes de confiance du prĂ©sident.

    Cette nomination d’un proche de Tshisekedi vient confirmer la mise Ă  l’écart de François Beya qui ne disposerait plus de la confiance du prĂ©sident de la RĂ©publique. Mais d’oĂč vient sa disgrĂące ? Le contour demeure encore flou. Mais plusieurs hypothĂšses peuvent ĂȘtre Ă©mises.

    D’abord un soupçon de dĂ©loyautĂ©. Longtemps patron de la Direction gĂ©nĂ©rale de migration sous Kabila, François Beya est suspectĂ© d’ĂȘtre restĂ© loyal Ă  ce dernier. Pourtant,  lors de la fin de la coalition FCC-Cach, il a su conserver son poste qu’il occupe depuis fĂ©vrier 2019. L’homme s’était fait une place au cƓur de la prĂ©sidence congolaise.  De la nomination des juges de la Cour constitutionnelle Ă  la restructuration de l’armĂ©e, des rapports suggĂšrent que François Beya a Ă©té  au centre du dispositif de Tshisekedi. Il a Ă©tĂ© presque partout, dans toutes les rencontres
 

    Ensuite, une guerre de palais. RĂ©cemment, il a Ă©tĂ© demandĂ© Ă  François Beya de rĂ©gler une affaire d’un carrĂ© minier impliquant des personnalitĂ©s proches du prĂ©sident. Il a invitĂ© Fortunat Biselele, puissant conseiller privĂ© de Tshisekedi, Ă  se prĂ©senter pour audition au CNS. Est-ce l’heure du rĂšglement des comptes ?

    Dans cette affaire, beaucoup y voient aussi une fine stratĂ©gie de FĂ©lix Tshisekedi de se dĂ©barrasser des personnes qui semblent l’avoir aidĂ© Ă  asseoir son pouvoir. À Kinshasa, François Beya est perçu comme l’un des principaux artisans du rapprochement entre le nouveau rĂ©gime et le prĂ©cĂ©dent. Le cas de Jean-Marc Kabund-A- Kabund, premier vice-prĂ©sident de l’AssemblĂ©e nationale dĂ©sormais sommĂ© de dĂ©missionner, en est une autre illustration. 

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  • Le Burundi au Sud-Kivu : l’autre opĂ©ration Ă©trangĂšre en RDC

    Le 30 novembre dernier, l’armĂ©e ougandaise a officiellement commencĂ© une opĂ©ration militaire dans la province du Nord-Kivu, dans l’est de la RD Congo. Elle participe Ă  la traque des Forces dĂ©mocratiques alliĂ©es, les ADF, et Ă  la construction d’infrastructures routiĂšres.


    Mais, peu de temps aprÚs, une autre opération, beaucoup plus discrÚte, a commencé : celle des Forces nationales de défense du Burundi, dans la province du Sud-Kivu, contre les rebelles RED-Tabara. Celle-ci est toujours en cours.


    Bonjour. Je suis Pierre Boisselet, le Coordonnateur du BaromĂštre sĂ©curitaire du Kivu. Et Vous Ă©coutez le 49Ăšme numĂ©ro de Po na GEC, la capsule audio du Groupe d’étude sur le Congo de l’UniversitĂ© de New York sur l’actualitĂ© de la RDC. Et cette semaine nous nous intĂ©ressons Ă  l’incursion rĂ©cente de l’armĂ©e burundaise dans l’est du pays.

    La prĂ©sence de combattants burundais au Congo n’est pas radicalement nouvelle. L’est de la RDC a servi de base arriĂšre Ă  des rĂ©bellions burundaises pendant des dĂ©cennies, ce qui en fait une zone stratĂ©gique. Le CNDD-FDD, actuellement au pouvoir Ă  Gitega, y Ă©tait lui-mĂȘme prĂ©sent dans les annĂ©es 1990 et 2000. Aujourd’hui, on trouve surtout deux groupes armĂ©s burundais : les Forces nationales de libĂ©ration (FNL) et le Mouvement de la rĂ©sistance pour un État de droit (RED-Tabara).


    Selon un rapport du groupe d’experts des Nations-Unies pour la RDC">un rapport du groupe d’experts des Nations-Unies pour la RDC, ce dernier groupe a bĂ©nĂ©ficiĂ© du soutien du Rwanda, en 2015 et en 2016. Il s’est installĂ© sur les hauts-plateaux du Sud-Kivu et dans la plaine de la Ruzizi, qui sert de frontiĂšre entre la RDC et le Burundi. À partir de ces bases, il a menĂ© plusieurs actions au Burundi comme encore rĂ©cemment, en septembre 2021, avec le bombardement de l’aĂ©roport de Bujumbura">septembre 2021, avec le bombardement de l’aĂ©roport de Bujumbura. 


    Compte tenu de la prĂ©sence de ces rebelles, l’armĂ©e burundaise et ses alliĂ©s, les miliciens imbonerakure, ont pĂ©riodiquement menĂ© des incursions au Sud-Kivu pour les affaiblir. Mais Ă  la fin du mois de dĂ©cembre dernier, une expĂ©dition d’une ampleur inhabituelle a commencĂ©. Selon plusieurs sources, plusieurs centaines d’hommes, et peut-ĂȘtre mĂȘme plus d’un millier, ont traversĂ© la frontiĂšre. Ils se sont associĂ©s avec plusieurs groupes armĂ©s locaux, comme les Mai-Mai Kidjangala, Buhirwa et les Gumino, qui leur ont ouvert la voie Ă  travers la plaine de la Ruzizi et vers les hauts-plateaux du Sud-Kivu. Et ils sont trĂšs vite entrĂ©s en action. Le BaromĂštre sĂ©curitaire du Kivu a dĂ©jĂ  enregistrĂ© quatre affrontements impliquant les Forces armĂ©es burundaises en 2022, soit plus qu’aucune autre annĂ©e depuis sa crĂ©ation. Ces combats leur ont permis de dĂ©loger les RED-Tabara de certaines de leurs bases. Mais ils ont aussi provoquĂ© de trĂšs importants dĂ©placements de population">trĂšs importants dĂ©placements de population.


    Alors, pourquoi le gouvernement burundais a-t-il dĂ©cidĂ© de dĂ©clencher des opĂ©rations d’une telle envergure maintenant ?

    D’abord, le Burundi et le Rwanda ont fait des pas importants vers une rĂ©conciliation l’annĂ©e derniĂšre : en juillet, Kigali a livrĂ© 19 rebelles burundais Ă  Gitega">Kigali a livrĂ© 19 rebelles burundais Ă  Gitega, et en octobre, c’est Gitega qui a livrĂ© 11 rebelles rwandais Ă  Kigali"> c’est Gitega qui a livrĂ© 11 rebelles rwandais Ă  Kigali. Les RED-Tabara semblent aujourd’hui avoir perdu tous leurs soutiens Ă  Kigali, faisant de ce groupe une proie beaucoup plus facile pour l’armĂ©e burundaise.


    Ensuite, ces derniers temps, Kinshasa s’est montrĂ©e particuliĂšrement ouverte Ă  laisser des armĂ©es Ă©trangĂšres opĂ©rer sur son sol, voire Ă  leur sous-traiter la traque des groupes armĂ©s Ă©trangers. Comme nous l’avons dit en introduction, l’armĂ©e ougandaise est officiellement prĂ©sente en RDC depuis la fin novembre. Et selon une source diplomatique, Kinshasa aurait informĂ© les gouvernements rwandais et burundais que ce type de solution pouvait Ă©galement ĂȘtre nĂ©gociĂ©e avec eux.


    Il est possible que Gitega se soit sentie autorisĂ©e Ă  intervenir Ă  son tour sur le sol congolais. En privĂ©, certains officiels congolais reconnaissent la prĂ©sence de ces hommes, tout en affirmant qu’elle n’est pas autorisĂ©e. A ce jour, Kinshasa n’a en tout cas pas protestĂ© publiquement, ni n’est intervenu pour tenter de forcer l’armĂ©e burundaise Ă  quitter le Sud-Kivu. 


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    4 min
  • La RDC est dĂ©sormais le 11e pays le plus corrompu au monde

    Le mardi 25 janvier, l’ONG Transparency international a publiĂ© son rapport sur l’indice de perception de la corruption en 2021. C’est la premiĂšre fois, depuis l’avĂšnement du prĂ©sident FĂ©lix Tshisekedi, que la RDC gagne une place. Elle quitte de ce fait la 170e place pour la 169e, devenant ainsi  le 11e pays le plus corrompu au monde. À  l’arrivĂ©e au pouvoir de Tshisekedi, la RDC occupait la 161Ăš place.

    De quoi se poser des questions sur l’efficacitĂ© des mesures mises en place et des rĂ©elles intentions du prĂ©sident et de son gouvernement dans la lutte contre la corruption. 

    Bonjour,

    Je m’appelle Jimmy Kande, je suis chercheur en Ă©conomie politique au sein du Groupe d’étude sur le Congo, centre de recherche indĂ©pendant basĂ© Ă  l’UniversitĂ© de New York. Nous sommes le vendredi 28 janvier 2022 et vous Ă©coutez le 48e numĂ©ro de Po na GEC, notre capsule audio qui analyse l’actualitĂ© en RDC. Bienvenue Ă  ce dernier podcast du mois de janvier.

    L’indice de perception de la corruption (IPC) classe 180 pays et territoires en fonction de leur niveau perçu de corruption dans le secteur public, selon l’apprĂ©ciation de personnes expertes et du monde des affaires.

    Alors que la RDC est classĂ©e Ă  la 161e place fin 2018, annĂ©e marquant l’organisation des Ă©lections en RDC et la fin du rĂ©gime Kabila. DĂšs l’aube de son arrivĂ©e au pouvoir, le prĂ©sident Tshisekedi s’engage Ă  faire de la lutte contre la corruption un des programmes clĂ©s pour son quinquennat, voulant amĂ©liorer le climat des affaires et attirer des investisseurs, car le Congo a besoin des capitaux frais.

    Pour matĂ©rialiser cet engagement, Tshisekedi redynamise l’Inspection gĂ©nĂ©rale des finances (IGF) qui dĂ©pend de lui directement, en lui dotant de moyens consĂ©quents. Il crĂ©e aussi, en mars 2020, l’agence en charge de la prĂ©vention et de la lutte contre la corruption, la fraude, le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme en RDC (APLC). Mais, Ă  la grande surprise des experts de la bonne gouvernance, la Cour des comptes est laissĂ©e en marge.

    Si le travail de l’IGF est de plus en plus apprĂ©ciĂ© au sein de l’opinion congolaise, il souffre cependant de sa dĂ©pendance au prĂ©sident de la RĂ©publique et peut ĂȘtre utilisĂ© comme un levier pour attaquer les adversaires politiques de ce dernier. L’APLC,qui dĂ©pend Ă©galement de la prĂ©sidence de RĂ©publique, s’est illustrĂ©e elle-mĂȘme par un scandale de corruption en dĂ©cembre 2020 et ses empreintes sur le terrain  sont invisibles. L’abandon de la Cour des comptes Ă  son propre sort interroge sur les intentions de l’exĂ©cutif Ă  lutter rĂ©ellement contre la corruption, car cette cour a des compĂ©tences beaucoup plus vastes et dĂ©pend du Parlement .

    Le procĂšs dit « des 100 jours » devant marquer un tournant dĂ©cisif dans la lutte contre la corruption se rĂ©vĂšle ĂȘtre finalement un fiasco avec les libĂ©rations des personnes condamnĂ©es soit par grĂące prĂ©sidentielle  soit par libertĂ© provisoire. La libĂ©ration conditionnelle de M. Eteni, accusĂ© de dĂ©tournements des fonds de la Riposte au Covid-19, la libĂ©ration de Willy Bakonga, l’échec du projet Tshilejelu, les dĂ©passements budgĂ©taires au sein des institutions et en particulier Ă  la prĂ©sidence, les jeeps Palissade accordĂ©es aux dĂ©putĂ©s comme une sorte de rĂ©compenses Ă  leur adhĂ©sion Ă  l’Union sacrĂ©e de la nation
 Tant d'Ă©vĂ©nements qui viennent contredire la posture officielle de lutte rĂ©elle contre la corruption.

    La RDC qui a perdu 8 places dans le classement Transparency international depuis l’avĂšnement de Tshisekedi stagne et ne fait mieux que quatre pays africains (la GuinĂ©e Ă©quatoriale, la Libye, la Somalie et le Soudan du Sud). La perception de la corruption en RDC est toujours beaucoup plus grande, l’absence de rĂ©elles rĂ©formes institutionnelles et d’engagement pour lutter contre ce flĂ©au demeure une problĂ©matique Ă  rĂ©soudre si  l’on veut espĂ©rer un meilleur classement pour la RDC dans les annĂ©es avenir. 

    D’ici lĂ , rejoignez notre fil whatsapp en envoyant « GEC » au +243 894 110 542 pour recevoir Po Na GEC chaque vendredi sur votre tĂ©lĂ©phone. A bientĂŽt.

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  • Ce que rĂ©vĂšle l’affaire Kabund

    Il y a une semaine, Jean-Marc Kabund a annoncé, sur Twitter, sa démission   au poste de premier vice-président de l'Assemblée nationale. Une décision surprenante : Kabund  est l'un des acteurs les plus puissants et les plus controversés de la scÚne politique congolaise ces derniÚres années. Qu'est-ce qui a conduit à cette annonce et quelles en seront les conséquences ?

    Bonjour, je suis Jason Stearns, directeur du Groupe d'étude sur le Congo, centre de recherche de l'Université de New York. Vous écoutez le 47e numéro de Po Na GEC, notre capsule audio qui analyse les questions d'actualité en RDC. Nous sommes le vendredi 21 janvier 2022. Essayons de décortiquer l'affaire Kabund.

    Tout a commencĂ© le mardi 11 janvier. Une vidĂ©o prise par le conducteur d'une voiture a circulĂ©. Elle montre comment des policiers du service de sĂ©curitĂ© de Kabund ont attaquĂ© un membre de la garde rĂ©publicaine, une unitĂ© de l’armĂ©e affectĂ©e Ă  la protection du prĂ©sident de la RĂ©publique, qui Ă©tait assis Ă  cĂŽtĂ© du chauffeur, le soustrayant violemment de la voiture. Selon les tĂ©moins, le vĂ©hicule, qui appartiendrait Ă  une proche du prĂ©sident FĂ©lix Tshisekedi, roulait du mauvais cĂŽtĂ© de la route, apparemment pour contourner un embouteillage. En reprĂ©sailles, un jour plus tard, un grand groupe de gardes rĂ©publicains a saccagĂ© la maison de Kabund. Des images sont apparues sur Twitter et Whatsapp montrant des canapĂ©s renversĂ©s, des livres et des documents Ă©parpillĂ©s.

    Ce n'est pas la premiĂšre fois que Kabund est impliquĂ© dans une prise de bec avec un membre de la famille Tshisekedi. En septembre de l'annĂ©e derniĂšre, la mĂȘme garde de Kabund avait crevĂ© les pneus d'une voiture d'une autre membre influente de la famille prĂ©sidentielle. 

    Cette fois, Kabund semble ĂȘtre allĂ© trop loin. Deux jours plus tard, Kabund a annoncĂ© sa dĂ©mission Ă  son poste de premier vice-prĂ©sident de l'AssemblĂ©e nationale, toujours sur Twitter.  Un poste qu’il occupait Ă  nouveau depuis environ un an, aprĂšs sa destitution. Jusqu’ Ă  prĂ©sent, la lettre de cette dĂ©mission annoncĂ©e n’est toujours pas dĂ©posĂ©e au bureau de l’AssemblĂ©e nationale. Un groupe de parlementaires  UDPS pousse cependant Kabund Ă  quitter Ă©galement son poste de prĂ©sident ad interim du parti. 

    Kabund avait Ă©tĂ© un architecte clĂ© de la rupture avec le FCC de Kabila et de la crĂ©ation d'une nouvelle majoritĂ© Ă  l'AssemblĂ©e nationale. Ses tactiques musclĂ©es ont fait polĂ©mique, mais son dĂ©part, s'il est dĂ©finitif, laissera une fois de plus le parti prĂ©sidentiel dans la tourmente. Depuis des annĂ©es, le parti souffre des dĂ©fections de personnalitĂ©s de premier plan – Tshibala, Moleka, Badibanga, Kapika, Mavungu pour ne n’en mentionner que quelques-uns. Si Kabund reste prĂ©sident de l'UDPS, cette querelle trĂšs publique ne contribuera pas Ă  forger l'unitĂ© dont il a besoin pour diriger le pays. 

    Ces Ă©vĂ©nements devraient susciter enfin des questions sur le privilĂšge de l'Ă©lite. Pourquoi un membre de la famille de Tshisekedi roulait-il Ă  contresens ? Pourquoi les policiers ont-ils utilisĂ© une telle force brutale ? Et, peut-ĂȘtre le plus important, pourquoi la Garde rĂ©publicaine s'est-elle engagĂ©e dans une vendetta contre Kabund au lieu de passer par les canaux institutionnels appropriĂ©s ? 

    En attendant le dĂ©nouement de cette affaire, rejoignez notre fil WhatsApp en envoyant « GEC » au +243 894 110 542 pour recevoir Po na GEC chaque vendredi sur votre tĂ©lĂ©phone. À bientĂŽt !


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Chaque vendredi, Ebuteli et le Groupe d'Ă©tude sur le Congo (GEC) vous proposent « Po Na Biso (anciennement Po Na GEC) ». Il s’agit d’une capsule audio en format court (4 minutes maximum) qui rĂ©sume, explique et donne le point de vue du GEC et d'Ebuteli sur les questions d’actualitĂ© en RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo.

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