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  • Votre soirée classique consacrée à Rossini ce dimanche à 20h

    C’est en compagnie de Rossini que Radio Classique vous propose de passer cette soirée de dimanche.

    L’auteur du Barbier de Séville et de La Cenerentola est l’un des grands-maîtres du belcanto. Mais derrière ces deux opéras-bouffe qui ont assuré la notoriété de Rossini, se cachent d’autres chef d’œuvres : des opéras séria, de la musique sacrée et des pièces pour piano, sans oublier des sonates pour vents écrites à l’âge de douze ans.

    Tout au long de la soirée vous pourrez écouter les plus grandes œuvres de celui que l’on surnomme le Cygne de Pesaro, en référence à sa ville natale. Vous aurez aussi rendez-vous avec ceux qu’il a inspiré : Chopin, Paganini, Liszt ou encore Schubert.

    Cette soirée sera présentée par Jean-Michel Dhuez. Vous pourrez l’écouter en qualité numérique dans de nombreuses villes de France grâce au DAB+.

    Jean-Michel Dhuez

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    L’Orchestre national du Capitole de Toulouse accueille des patients en psychiatrie lors de ses répétitions et inspire d’autres ensembles

    Christophe Leribault, nouveau président du Louvre, historien de l’art et passionné de musique

    OPER! Awards : « Hotel Metamorphosis », donné au Festival de Pentecôte de Salzbourg, grand gagnant de l’édition 2026

    Concours Reine Elisabeth 2026: Deux violoncellistes français parmi les finalistes

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  • Le Concerto pour piano n°1 de Tchaïkovski par Kirill Gerstein et l’Orchestre de Paris dirigé par Semyon Bychkov ce samedi à 20h

    Radio Classique vous propose de revivre ce samedi à 20 heures le concert que l’Orchestre de Paris a donné les 4 et 5 février dernier à la Philharmonie de Paris sous la direction de Semyon Bychkov.

    Au programme le Concerto pour piano n°1 de Tchaïkovski joué par le pianiste américain Kirill Gerstein. Créé à Boston en 1875 il est le plus célèbre des trois concertos pour piano de Tchaïkovski grâce notamment à l’introduction de son premier mouvement. La seconde œuvre au programme de cette soirée était Une Symphonie alpestre de Richard Strauss.

    Tchaïkovski et Strauss à l’honneur avec l’Orchestre de Paris

    Créée en 1915 à la Philharmonie de Berlin par la Chapelle royale de Dresde placée sous la direction du compositeur, elle évoque une journée dans les Alpes bavaroises que Strauss connaissait bien et affectionnait tout particulièrement.

    Cette soirée sera présentée par Jean-Michel Dhuez. Vous pourrez l’écouter en qualité numérique grâce au DAB+ à Paris et dans de nombreuses autres villes de France.

    Jean-Michel Dhuez

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  • Les 9 meilleurs films sur le jazz : notre sélection de chefs-d’œuvre à voir au moins une fois dans sa vie

    De Michael Curtiz à Clint Eastwood en passant par Spike Lee, le jazz a toujours inspiré le cinéma. Biopics d’artistes, réalisations sur des clubs mythiques et musiciens torturés : découvrez la sélection Radio Classique de films qui célèbrent cet héritage musical.

    1 – The Glenn Miller Story, la vie romanesque du roi du swing, un biopic signé Hollywood

    Dix ans après la mort du leader du big band et du swing, on ne pouvait rêver meilleur hommage que The Glenn Miller Story. Succès fulgurant, il est en quelque sorte le père de tous les biopics qui suivront, en ayant créé les codes du genre.

    Anthony Mann est au sommet de son art. Après avoir excellé dans le western avec The Naked Spur ou encore Bend of The River, le cinéaste se plonge dans un exercice épineux en racontant la vie d’un des chefs d’orchestre américains les plus prestigieux. Pour incarner Miller, il choisit celui qui excelle dans son art au même titre que le musicien : James Stewart. En plus de son étonnante ressemblance physique avec le jazzman, l’acteur se révèle très convaincant, trombone à la bouche.

    James Stewart dans The Glenn Miller Story / REX FEATURES/SIPA

    On note en particulier les performances mémorables portées par Louis Armstrong et le batteur Gene Krupa. La direction musicale remportera même l’Oscar du « Meilleur mixage de son » en 1955.

    2 – Bird de Clint Eastwood, la descente aux enfers du génie Charlie Parker

    Forest Whitaker incarne à la perfection le mystérieux Parker et obtient au passage l’un de ses rôles les plus marquants. Il reçoit d’ailleurs le prix d’interprétation masculine du Festival de Cannes en 1988. Avec une bande-son des solos réenregistrés de Charlie Parker, Clint Eastwood réalise avec ce film atypique ce que certains considèrent comme son chef-d’œuvre ultime.

    Bird alterne entre trois périodes de la vie du saxophoniste : l’ascension, la gloire et le déclin sans jamais être chronologique. Une manière d’immerger le spectateur dans une improvisation très jazzistique.

    3 – Autour de minuit de Bertrand Tavernier : le film qui capture l’âme mélancolique du jazz

    Le jazz a appris au cinéaste français, Bertrand Tavernier « la liberté de narration, la faculté d’improviser ». Inspiré d’une histoire vraie, le film nous plonge dans le Paris de la fin des années 50. Dale Turner, un saxophoniste new-yorkais pour qui les beaux jours ne sont plus qu’un vague souvenir, décide de s’installer dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés, en quête d’un nouveau départ. Un changement de vie qui lui vaudra de rencontrer Francis Borier, jeune dessinateur avec qui il se lie d’amitié.

    Pour jouer le rôle de Turner, Tavernier est inflexible : il veut un vrai jazzman. Le réalisateur mise alors sur Dexter Gordon, saxophoniste et figure majeure du be-bop qui n’est jamais passé devant la caméra. Et pourtant, la magie opère.

    Gordon est métamorphosé, le film captant à la perfection sa musique et son interprétation singulière.

    À ses côtés, un casting franco-américain de rêve avec Martin Scorsese, François Cluzet, Philippe Noiret ou encore Eddy Mitchell. Accompagné par la bande-son d’Herbie Hancock, pour laquelle il reçoit l’Oscar de la meilleure musique originale en 1987, Autour de minuit est un cocktail jazzy à savourer.

    4 – Cotton Club : l’âge d’or du jazz entre musique et gangsters

    Casting haut de gamme, décors et costumes sur mesure : après le Parrain, Francis Ford Coppola nous replonge, cette fois en musique, au cœur de la mafia new-yorkaise pendant la ségrégation. Dans le célèbre cabaret Cotton Club, des musiciens noirs jouent pour les plus grands politiciens, stars et gangsters blancs.

    Diane Lane et Richard Gere dans Cotton Club / RONALDGRANT/MARY EVANS/SIPA

    Ici, en pleine prohibition, le gangstérisme se mêle au jazz. Une homogénéité propice aux scènes les plus obscures dans lesquelles les balles qui pleuvent sont harmonisées par les claquettes et la trompette. Entre guerre d’égos mal placés et passions amoureuses, Cotton Club est un spectacle remuant en plein Harlem nocturne.

    Malgré la présence à l’écran des comédiens Richard Gere et Diane Lane, l’œuvre de Coppola, sortie en 1984, n’est pas un grand succès public.

    5 – Mo’Better Blues de Spike Lee, la passion et les rivalités dans le New York du jazz

    Après le succès, un an plus tôt, de Do The Right Thing, Spike Lee revient en 1990 avec un autre film engagé, sur les injustices qui gangrènent l’Amérique. Le réalisateur s’intéresse aux racines de la musique noire jusqu’ici majoritairement filmée par des réalisateurs blancs. Pour porter le film, le jeune Denzel Washington endosse le premier rôle, offrant une de ses performances les plus mémorables.

    A Brooklyn, Bleek Gilliam, trompettiste depuis son plus jeune âge, joue au sein d’un quintet avec son meilleur ami Giant. Artiste tourmenté, Bleek va peu à peu perdre pied, jusqu’à devoir faire face au danger en raison des endettements de Giant…

    La bande originale, écrite et interprétée par Branford Marsalis et Terence Blanchard, saura ravir tous les amateurs de jazz.

    6 – Kansas City de Robert Altman, une plongée hypnotique dans le jazz des années 1930

    En 1934, au cœur du Missouri, Blondie, jeune femme dont la vie semble dénuée de sens, décide de kidnapper Carolyn Stilton, la femme du gouverneur. Avec cet enlèvement, elle souhaite que le mari de son otage fasse libérer son petit ami Johnny, un vulgaire malfrat qui, capturé par la mafia noire, risque d’être exécuté.

    Kansas city / RONALDGRANT/MARY EVANS/SIPA

    Appelons un chat un chat : Kansas City ne restera pas gravé dans les mémoires pour son scénario renversant. Cependant, les performances jazzistiques le font passer d’un simple film de gangster à une œuvre digne des plus envoûtantes comédies musicales. D’ailleurs, l’aspect criminel de l’intrigue laisse place très rapidement à la relation entre les deux femmes, au rythme de la mélodie.

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    Altman le dit lui-même : « J’ai essayé d’écrire ce film comme du jazz et j’ai essayé de le tourner de cette manière… j’ai laissé les acteurs improviser leurs propres riffs, comme ils font dans la musique », tout en capturant par la suite au montage « une correspondance entre les rythmes musicaux et les émotions des personnages ».

    7 – Miles Ahead, le portrait électrique de Miles Davis au crépuscule de sa vie

    Pour sa première réalisation, Don Cheadle n’a pas froid aux yeux : il incarne lui-même l’un des plus grands noms du jazz de la seconde moitié du XXe siècle, le trompettiste afro-américain Miles Davis. En 1979, cela fait maintenant quatre ans que sa carrière est à l’arrêt. Confronté à la dépression, la drogue et les problèmes de santé, la vie du compositeur est une lutte ardue quotidienne.

    En partant de cette période d’ombre, Cheadle fait renaître en 2015 la légende du musicien à l’écran. Entre fiction et réalité, Don Cheadle nous livre sa représentation personnelle du jazzman aux multiples facettes. En revanche, la bande originale de Miles Ahead est bel et bien authentique. C’est le compositeur Herbie Hancock, partenaire et ami proche de la légende en personne, qui supervise la musique du film en tant que producteur exécutif. Un choix judicieux qui perfectionne l’œuvre au rythme de ce monument de la « Social Music » comme il aimait l’appeler.

    8 – Young Man with a Horn de Michael Curtiz : l’ascension tourmentée d’un trompettiste prodige

    Hollywood s’empare d’une figure légendaire du jazz des années 20 : Bix Beiderbecke. Le film, largement romancé, présente un casting de renom avec Kirk Douglas et Doris Day.

    Orphelin dès son plus jeune âge, Martin est élevé par sa grande sœur dans une grande précarité. Petit, attiré par la mélodie qui sort d’une église, il y entre, curieux de savoir ce qui s’y joue. Il en sort transformé et décide de devenir musicien.

    Kirk Douglas dans Young man with a horn / : REX FEATURES/SIPA

    Doublé par le célèbre trompettiste Harry James, Kirk Douglas est métamorphosé par son personnage de musicien torturé, pour qui l’ascension vers la gloire ne sera que de courte durée. Young Man with a Horn ( La Femme aux chimères en français), sorti en 1950, met en lumière la face sombre de la vie d’artiste, dont les sacrifices pour réussir ne se comptent plus, accompagné d’une bande originale dont les instruments se fondent parfaitement dans l’ambiance du récit.

    9 – Diana Ross dans la peau de la magnifique Billie Holiday avec Lady Sings the blues

    Voix féminine iconique du jazz, la vie de celle qu’on surnommait « Lady Day » n’a pas été de tout repos. Le film retrace l’existence mouvementée de la chanteuse de blues américaine, de son ascension jusqu’à sa chute violente.

     

    C’est à l’époque la jeune Diana Ross qui, pour son premier rôle au cinéma, a la lourde tâche de jouer Holiday et d’interpréter ses chansons. Une performance qui lui vaudra d’être nommée à l’Oscar de la meilleure actrice et au Golden Globe du meilleur espoir en 1973.

    Si vous voulez en savoir plus sur Billie Holiday, plongez dans la biographie signée Radio Classique de l’iconique chanteuse de Strange Fruit : à retrouver ici

    Anatole Daigremont

     

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  • Municipales 2026 à Menton : Louis Sarkozy face aux Rassemblement national

    Louis Sarkozy, 28 ans, fils de l’ancien président de la République, se frotte pour la première fois au suffrage universel à Menton, dans les Alpes-Maritimes. Une ville d’un peu plus de 30 000 habitants, ancrée à droite. Les Mentonnais votent à droite aux municipales… depuis 1953.

    6 listes sont à départager cette année ; dont 5 à droite où à l’extrême droite.. Le Rassemblement National est donné grand favori, à Menton pour le premier tour le 15 mars prochain. En visite dans une maison de retraite au jardin florissant, Louis Sarkozy, volubile, se présente aux résidents. « Si je connaissais votre nom, ça irait mieux », lance l’une d’entre eux. « Je m’appelle Louis », répond-il.

    Il a même convié sa mère, Cécilia Attias, ancienne première dame, rodée à l’exercice. « Ça a été effectivement ce que j’ai fait pendant 25 ans. C’est un homme politique dans le sang, je l’ai dit il y a très, très longtemps. Il a ça en lui », confie-t-elle. Tractage, réunions : Louis Sarkozy ne touche pas terre pour se défaire de l’image du parachuté.

    « Je veux montrer aux gens que ma femme est là, que ma mère nous rend visite, pour dissocier cette image du parachuté qui va partir et qui va redécoller dès qu’on gagne ou perd l’élection », explique-t-il.

    Louis Sarkozy assume son positionnement à droite

    Soutenu par le camp présidentiel et Les Républicains, il assume son positionnement : « L’extrême droite me dit que je suis macroniste, les macronistes me disent que je suis d’extrême droite. Ça s’appelle être de droite. »

    Chloé, Mentonnaise de 28 ans, a voté pour Alexandra Masson du RN aux dernières législatives. « Je la trouve présente. Elle est là. Ce n’est pas juste un nom comme ça et dont on n’entend plus parler après pendant cinq à six ans », témoigne-t-elle.

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    Municipales 2026 à Nîmes : une élection très ouverte à trois semaines du scrutin

     

    La députée se présente aujourd’hui à la mairie. Alexandra Masson défend son bilan : « On a fait un énorme travail depuis 2021. J’étais déjà tête de liste aux régionales en 2021. On avait fait d’excellents scores. C’est une opportunité pour les Mentonnais d’avoir une nouvelle ère et une nouvelle manière surtout de gouverner, très transparente, dans la compétence. » Ici, le Rassemblement national a clairement le vent dans le dos. Jordan Bardella se rendra à Menton la semaine prochaine.

    Victoire Faure

     

    Liste des candidats à Menton :

    Alexandra Masson (RN, UDR)

    Laurent Lanquar-Castiel (EELV, PS, PC, Place publique, LFI)

    Sandra Paire (Divers Droite)

    Louis Sarkozy (LR, Horizons, Renaissance)

    Florent Champion (Divers Droite)

    Émilie Ria (Reconquête)

     

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  • Éric-Emmanuel Schmitt : « Mozart a idéalisé son père avant de le tuer symboliquement en l’éloignant »

    « Sans Léopold, pas de Wolfgang Amadeus Mozart ». Éric-Emmanuel Schmitt ne parle pas d’un point de vue biologique, mais bien musical, saluant la capacité du père à encourager les talents du fils et à oser passer la main en constatant sa propre médiocrité. Invité de la matinale, et devenu père récemment, il a parlé de son dernier livre, dédié à la relation entre les Mozart, père et fils.

    Éric-Emmanuel Schmitt est dramaturge, romancier, nouvelliste, essayiste, cinéaste. Traduit en 45 langues et joué dans plus de 50 pays, il publie Juste après Dieu, il y a Papa aux éditions Albin Michel.

    Ce n’est pas la première fois que le personnage de Mozart vous inspire. Vous lui avez consacré un Ma vie avec Mozart et même un spectacle musical il y a quelques années, mais cette fois, c’est la relation entre le père et le fils qui vous a inspiré. Pourquoi ?

    ÉRIC-EMMANUEL SCHMITT : J’avais envie de parler de la relation père-fils parce que, évidemment, j’ai été un fils et puis, depuis deux ans, je suis un père. Je vois tous les angles morts, toutes les complexités de cette relation que j’avais moi-même vécue avec une certaine difficulté en tant que fils. Il me semblait que ce qui rendait le sujet complètement universel, c’était de l’accrocher à ce père-là et à ce fils-là, à Léopold Mozart et à Wolfgang Amadeus Mozart.

    Il y a deux enfants qui sont vraiment au centre du livre, Nannerl et Wolfgang. Quand on devient père, est-ce qu’on regarde les personnages différemment ?

    E.-E. S. : Être un père, c’est une vocation. Être un fils, c’est un fait. Un vrai père, je ne dis pas un père par accident, c’est quelqu’un qui s’engage, c’est quelqu’un qui a autant de devoirs que d’amour, c’est quelqu’un qui veut que son fils pousse droit, avec de bonnes valeurs, qu’il le fasse tenir solide dans l’existence. Quand on est un fils, on reçoit, on ne s’engage à rien et on va souvent reprocher au père tout ce qui ne fonctionne pas. Depuis que je suis père, je vois la dissymétrie totale du rôle père-fils.

    Éric-Emmanuel Schmitt : « Léopold a révélé cet enfant à lui même, Wolfgang s’est emparé de la musique »

    Non seulement je suis père, mais je suis orphelin. J’ai perdu mon père et, en fait, depuis, il ne m’a jamais quitté. Je crois que nos parents ne meurent jamais, puisqu’en nous, ils continuent à nous faire des surprises, à nous faire découvrir des points de vue qu’on n’avait pas, peut-être à faire apparaître la personne qu’ils étaient indépendamment du rôle de père ou de mère. C’est un dialogue continu, c’est une vie intime qui se perpétue en nous. J’avoue qu’aujourd’hui, j’ai un regard complètement différent sur mon père que celui que j’avais lors de son vivant ou même au moment de sa mort. Je mesure à quel point il a été un bon père et à quel point j’ai été un mauvais fils. Ça ne m’apparaissait pas du tout lorsque nous nous aimions et nous affrontions parce que c’était les deux. Mon regard s’est véritablement enrichi et c’est toute cette ambivalence qu’il y a dans le rôle du père et dans le rôle du fils. Un fils doit tuer son père.

    C’est ce que Mozart a fait ?

    E.-E. S. : C’est ce que Mozart a fait. Il n’y aurait pas eu de Wolfgang Amadeus Mozart sans Léopold Mozart. Parce qu’il a révélé cet enfant à lui-même, il lui a offert mille choses, l’histoire, la géographie, les langues, mais aussi la musique, et le gamin s’est emparé de la musique de la façon qu’on sait. Non seulement il lui a offert la musique, mais lorsqu’il s’est rendu compte, quand Mozart avait 10 ans, que lui, Léopold Mozart, ne pouvait plus rien lui apprendre en musique, il a eu l’humilité de se dire : « Je ne suis plus au niveau, il faut que je le présente à des êtres qui vont encore lui apprendre quelque chose. »

    « Mozart est un musicien génial, mais il n’a pas le génie des relations publiques »

    Il prend le risque de donner les moyens à Mozart de se rendre compte du niveau de son père, de l’éventuelle médiocrité qu’il a comme compositeur. Ce que bien sûr va faire Mozart. Vous savez, excès d’honneur, excès d’indignité. Il a idéalisé son père, c’est le titre du livre Juste après Dieu, il y a papa, une phrase qu’il écrit dans une de ses lettres. Et puis après, il va le tuer d’une façon aussi cruelle qu’il avait adoré son père et va l’éloigner. Le père va vouloir évidemment garder son rôle de père parce que si Mozart est un musicien génial, il n’a pas le génie des relations publiques, il n’a aucun entregent, il pense qu’il est l’égal de tout le monde, il n’a pas compris son siècle. Il a au fond des idéaux de liberté qui viennent des Lumières mais qui n’existent pas encore.

    Mozart aurait été plus heureux en affaires s’il avait laissé son père gérer la petite entreprise mozartienne ?

    E.-E. S. : Il aurait croupi. Il aurait croupi s’il avait été uniquement le valet d’un prince ou d’un prince-archevêque ou d’un duc ou d’un comte. Non, parce qu’il lui fallait tout : il lui fallait écrire des opéras, de la musique de chambre, des œuvres symphoniques, des concertos pour instruments et orchestre. Il y avait une telle ampleur de son génie musical qu’elle n’aurait pu être assumée dans aucun poste qui aurait forcément réduit ses ambitions. C’est pour ça qu’il a quitté Salzbourg, parce que le prince-archevêque Colloredo ne lui faisait écrire que de la musique religieuse.

    Et Léopold rêvait pour son fils d’un emploi stable, comme tous les parents aujourd’hui

    E.-E. S. : On ne se rend plus compte aujourd’hui que c’était l’unique façon pour un musicien de vivre jusqu’à Mozart. On était affilié à une maison. Mozart a été le premier à rompre les amarres, à se faire freelance, comme on dit aujourd’hui, et à rechercher des commandes et à vivre commercialement de son art. Par la suite, tous les compositeurs se sont engouffrés dans la brèche.

    Enseigner la musique à un petit garçon de trois, quatre ans si tôt à l’époque, qu’est-ce que ça voulait dire en termes pratiques et concrets ?

    E.-E. S. : Je crois que Léopold a proposé la musique à Wolfgang, mais que Wolfgang s’en est emparé. C’est-à-dire qu’il en demandait toujours plus. Ce n’était pas son père qui exigeait toujours plus, c’était l’enfant lui-même. Il avait compris que c’était son domaine et qu’il devait devenir le roi de ce domaine.

    Le petit Mozart copie de mémoire la partitition du morceau secret qu’est le Miserere d’Allegri

    Wolfgang entend des choses que son père n’entend pas.

    E.-E. S. : Oui. Je pense que c’est une expérience très cruelle que je raconte dans le livre. Je mets surtout cette expérience lorsqu’ils sont à Rome et qu’ils vont au Vatican et qu’ils entendent le Miserere d’Allegri. C’est une œuvre secrète qui n’a pas le droit d’être jouée en dehors et pas le droit d’être recopiée. Le petit dit : « Il y a deux chœurs, il y a neuf voix. » Là, le père se dit qu’il reste totalement sur la berge et qu’il y demeurera jusqu’à la fin de ses jours car il n’entend pas tout ça. Quand ils vont déjeuner dans une taverne, le gamin copie sur des feuilles, de mémoire, le Miserere d’Allegri. Ce sont des capacités monstrueuses, et parfois Léopold se demande s’il n’a pas enfanté un monstre.

    Il y a un autre enfant, c’est un peu l’angle mort de ce qu’on sait de Mozart. Même si elle est connue, même s’il y a eu des livres, c’est quand même un personnage qu’on découvre un peu plus dans votre roman. C’est Nannerl, la sœur de Mozart, qui va survivre 38 ans à son frère. Elle meurt en 1829, à 78 ans. C’est une vie de prof de musique et surtout une femme qui est victime de sa condition de femme.

    E.-E. S. : Complètement. C’est d’autant plus cruel que son père avait entrouvert la porte pour qu’elle soit autre chose. Léopold Mozart, en homme des Lumières, avait décidé qu’il instruirait sa fille autant que son fils. Elle est devenue une musicienne virtuose. Mais elle n’avait pas le génie de la composition comme Wolfgang. En plus, elle souffrait d’être ce qu’on appelle aujourd’hui une enfant de l’ombre, c’est-à-dire dans l’ombre de son frère qui était plus jeune et plus brillant. Mais elle ne lui en voulait pas car elle avait conscience de sa valeur et de la valeur de son frère. Quand les relations se sont distendues, elle a pris le parti du père, que Wolfgang l’avait totalement délaissé.

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    Il n’est même pas allé à l’enterrement de son père. Ensuite, comme Wolfgang est mort très jeune, elle s’est disputé avec Constance Mozart le statut de « veuve Mozart », en quelque sorte. Elles se sont détestées cordialement jusqu’à la fin de leurs jours. Mais il faut bien voir qu’il y a une partie de vie sacrifiée chez Nannerl. Elle est dans l’ombre du frère, elle a le sens du devoir familial beaucoup plus que son frère, elle va se donner à son père. Il la garde égoïstement pour lui et ne la marie qu’à 38 ans. Évidemment, elle épouse un homme qui est veuf deux fois, qui a plusieurs enfants, elle aura juste le temps de faire un fils qu’elle va appeler, évidemment, Léopold. Léopold, le grand-père, va s’en occuper comme il s’était occupé de Wolfgang, en pensant que peut-être, de nouveau, il va y avoir un génie. Il n’y en a pas. Elle va gagner sa vie en étant professeur et non pas en étant une artiste virtuose comme elle aurait pu.

     

     

     

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  • L’Orchestre national du Capitole de Toulouse accueille des patients en psychiatrie lors de ses répétitions et inspire d’autres ensembles

    Pour rompre le cercle vicieux de l’isolement et de l’autostigmatisation, une vingtaine de patients en psychiatrie, atteints de dépression ou de troubles bipolaires, schizophréniques ou de la personnalité, assistent aux répétitions de l’orchestre de Toulouse dans le cadre du projet Résonance(s) qui, après trois années, essaime dans toute la France.

    Le projet est né en 2023 d’un partenariat entre l’Orchestre national du Capitole de Toulouse (ONCT) et plusieurs institutions de santé mentale de la région. Son objectif, face à des pathologies susceptibles d’enfermer les malades dans un regard négatif sur eux-mêmes, est de leur permettre d’assister à quatre répétitions par an pour enclencher une dynamique de retour vers l’autre et de favoriser leur rétablissement.

    Ainsi le 10 février, environ 25 patients de cliniques et hôpitaux de jour, accompagnés de leurs soignants, ont été accueillis par petits groupes dans la spectaculaire salle de concert toulousaine de la Halle aux grains. Face à eux, les musiciens s’apprêtent à travailler trois mouvements de la Symphonie fantastique d’Hector Berlioz et des morceaux de Giuseppe Verdi et Ottorino Respighi, sous la, direction de Michele Spotti.

    Le choix d’assister aux répétitions plutôt qu’aux concerts n’est pas un hasard: voir les musiciens vêtus de T-shirts et sweats à capuche, comme eux, aide les patients à s’identifier. Pendant deux heures, les malades, adultes de tous âges, ont écouté attentivement, prenant parfois des notes.

    « je suis arrivée très tendue à la répétition. J’ai été emportée par l’émotion »

    Après la répétition, le protocole prévoit un temps d’échange avec des membres de l’orchestre. Patients comme soignants ont montré beaucoup de curiosité à l’égard des musiciens présents, l’altiste Claire Pélissier et le hautboïste Serge Krichewsky. Puis la discussion s’est attardée sur le troisième mouvement de la Symphonie fantastique, qui s’ouvre sur un dialogue plein de mélancolie entre hautbois et cor anglais.

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    « A partir du moment où vous avez joué le troisième mouvement, j’ai beaucoup pleuré », a confié une patiente aux instrumentistes. « Ça m’a permis de lâcher beaucoup d’émotions, je suis arrivée très tendue (à la répétition). J’ai été emportée par l’émotion ».

    Rompre avec l’isolement

    La psychiatre Nathalie Bounhoure, à l’origine du projet, spécialiste de réhabilitation psychosociale, a voulu inscrire le projet Résonance(s) dans ce champ de la psychiatrie, qui tente d’aider les patients « à se décaler du fardeau du diagnostic » et « se retrouver en tant que personnes ». « Les personnes malades sont très isolées dans ce qu’elles éprouvent », déplore la thérapeute. Or « c’est très important de pouvoir éprouver la même chose que l’autre ». Participer à un projet de groupe dans un domaine, la musique, porteur d’un grand potentiel de « synchronicité émotionnelle », peut donc « les aider à se reconnecter dans la relation à autrui ». souligne-t-elle.

    Le succès des premières sessions a conduit plusieurs orchestres, de la Philharmonie de Paris, de Limoges et de Rouen, à rallier le projet en janvier 2026, et d’autres ensembles musicaux à Caen, Metz et Bordeaux, ainsi que celui de Radio France, doivent se lancer en septembre, indique Nathalie Bounhoure.

    Philippe Gault (avec AFP)

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  • Victor Hugo : enfant traumatisé par la peine de mort et chrétien opposé à l’Eglise, 6 faits surprenants sur l’auteur des Misérables

    Victor Hugo est l’un des plus grands écrivains français, le plus grandiose en tous cas. Les Italiens ont Dante, les Anglais ont Shakespeare, les Espagnols ont Cervantes, les Allemands ont Goethe et nous, Français, avons l’Homme-siècle, Victor Hugo. Entré de son vivant dans la légende, voici 6 choses que vous ne savez peut-être pas sur l’écrivain. 

    1 – Victor Hugo, pionnier de la protection du patrimoine, au-delà des frontières

    Dès les années 1820, Victor Hugo mène un combat visionnaire contre la destruction du patrimoine français. Dans son ouvrage Guerre aux démolisseurs, republié en 1832, il dénonce avec virulence la destruction systématique des monuments historiques : « Il faut le dire et le dire haut, cette démolition de la vieille France que nous avons dénoncée plusieurs fois sous la Restauration se continue avec plus d’acharnement et de barbarie que jamais. »

    Anthony Quinn dans Notre-Dame de Paris, l’adaptation du roman de Victor Hugo/ MARY EVANS/SIPA

    Son chef-d’œuvre Notre-Dame de Paris, publié dès 1831, participe à ce combat en attirant l’attention sur le sort de la cathédrale. Ce militantisme patrimonial le poursuivra toute sa vie : en novembre 1861, depuis son exil à Hauteville House, il dénonce avec force le Sac du Palais d’été en Chine par les troupes franco-anglaises. Dans une lettre célèbre, il condamne sans appel cette destruction : « Un jour, deux bandits sont entrés dans le Palais d’été. L’un l’a pillé, l’autre l’a incendié. […] L’un des deux s’appellera la France, l’autre s’appellera l’Angleterre. » Il conclut en espérant qu’« un jour viendra où la France délivrée et nettoyée renverra ce butin à la Chine spoliée. »

    2 – Un traumatisme d’enfance fondateur pour le jeune Victor Hugo

    C’est à l’âge de 10 ans, en 1812 à Burgos en Espagne, que Victor Hugo assiste à un spectacle qui le marquera à vie. Accompagné de son frère Eugène et de sa mère Sophie, il voit un échafaud entouré d’une foule et un homme attaché, « l’air hébété de terreur », à qui l’on tend un crucifix. Ce traumatisme sera à l’origine de son combat acharné contre la peine de mort. Dans Les Misérables, il écrira : « L’échafaud n’est pas une charpente, l’échafaud n’est pas une machine, l’échafaud n’est pas une mécanique inerte faite de bois, de fer et de cordes. Il semble que ce soit une sorte d’être à je ne sais quelle sombre initiative, il dévore, il mange de la chair, il boit du sang. »

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    Hugo consacrera deux ouvrages majeurs à cette lutte : Le Dernier Jour d’un condamné en 1829 et Claude Gueux en 1834. Même depuis son exil à Guernesey, il mènera campagne pour la commutation de la peine du criminel John Tapner, écrivant directement à Lord Palmerston, sans succès.

    3 – Victor Hugo organisait régulièrement des dîners pour les enfants pauvres

    Bien avant Jules Ferry, Victor Hugo défend sous la Deuxième République l’instruction gratuite et obligatoire. Lors d’une discussion parlementaire, il déclare : « L’instruction gratuite et obligatoire. Obligatoire au premier degré seulement, gratuite à tous les degrés. L’enseignement primaire obligatoire, c’est le droit de l’enfant qui se confond avec le droit de l’État. » Au-delà de l’éducation, il fait de l’enfance une cause majeure.

    Hauteville House, la maison de Victor Hugo à Guernesey/ MARY EVANS/SIPA

     

    En décembre 1869, depuis Hauteville House, il écrit : « Aidons le progrès par l’assistance à l’enfance. Si l’enfant a la santé, l’avenir se portera bien. Si l’enfant est honnête, l’avenir sera bon. » À Guernesey, il met ses convictions en pratique en organisant chaque mardi des dîners pour 15 enfants pauvres de l’île, qu’il sert lui-même avec sa famille : « Je tâche par là de faire comprendre l’égalité et la fraternité. »

    4 – Son combat contre la misère, un défi qui résonne encore aujourd’hui

    Pour Victor Hugo, la lutte contre la pauvreté n’est pas une option, mais une obligation morale. Le 20 juin 1848, dans son discours sur les ateliers nationaux, il prononce ces mots restés célèbres : « La misère est une maladie du corps social comme la lèpre était une maladie du corps humain. La misère peut disparaître comme la lèpre a disparu. Détruire la misère, oui, cela est possible. Les législateurs et les gouvernants doivent y songer sans cesse, car en pareille matière, tant que le possible n’est pas fait, le devoir n’est pas rempli. » Cette dernière formule résonne encore aujourd’hui comme un défi lancé aux responsables politiques de toutes les époques.

    5 – Victor Hugo, même très âgé, n’a jamais renoncé à ses engagements

    Agnès Sandras écrit dans Victor Hugo, le forçat des lettres : « Même avec l’âge, Hugo ne renonce à aucun de ses engagements. En février 1875, il publie une lettre pour défendre un soldat condamné à mort pour avoir souffleté son supérieur ». Dans la brochure Pour un soldat, « il prend l’exemple du maréchal François-Achille Bazaine, gracié malgré son commandement catastrophique à Metz en 1870 » et demande pourquoi un obscur conscrit devrait être traité plus durement.

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    « La peine est commuée en 10 ans de prison, ce qui fait bondir les journaux conservateurs. Paul de Cassagnac s’indigne : ‘Va-t-on laisser ce vieillard affreux dont les cheveux blancs balaient les faubourgs s’ériger en apôtre des soldats justement condamnés ?' » Mais Hugo, au-dessus des critiques, poursuit inlassablement ses combats.

    6 – La spiritualité paradoxale de Victor Hugo, chrétien anticlérical

    « Je refuse l’oraison de toutes les Églises », écrit Hugo dans ses dernières volontés, « mais je demande une prière à toutes les âmes. » Cette déclaration résume le paradoxe spirituel du grand homme : anticlérical convaincu, il reprochait à l’Église de ne pas servir Dieu convenablement, sans pour autant se considérer athée. « Oh, que l’athéisme est pauvre et qu’il est petit, qu’il est absurde », affirmait-il. « Dieu est. Je suis plus sûr de son existence que de la mienne. Il est l’auteur de tout, mais il n’est pas vrai de dire qu’il a créé le monde, car il crée éternellement. Il est le moi de l’infini. » Et peu avant sa mort : « Je suis vieux, je vais mourir, je verrai Dieu. Oh, voir Dieu et lui parler, quelle grande chose. Que lui dirai-je ? J’y pense souvent. Je m’y prépare. »

    Franck Ferrand 

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  • « Laissez faire les acteurs privés, ça marche toujours mieux » : le plaidoyer d’Alexandre Bompard, PDG de Carrefour

    Alors que les négociations dans la grande distribution se terminent ce week-end, le PDG de Carrefour Alexandre Bompard était l’invité de la matinale. Il s’interroge sur « l’opprobre » jetée sur le secteur et estime que la grande distribution est « le bouc émissaire parfait » des politiques. Il dénonce le poids législatif (20 lois en 30 ans) et les tentatives d’intervention politique dans un domaine qui selon lui se porte mieux lorsqu’il a les mains libres.

    Comment expliquez-vous que d’année en année, vous passiez du temps à répondre aux questions des parlementaires sur le secteur de la distribution, ce qui est quelque chose d’assez unique au monde ? Il n’y a que la France qui demande des comptes à la distribution.

    ALEXANDRE BOMPARD : Oui, on a dû faire 20 lois en 25 ans pour réguler les relations commerciales. Pour vous donner un ordre d’idée, comme [Carrefour est présent dans une] quarantaine de pays, en général, dans les 39 autres, il y a eu entre 0 et 1 loi. Est-ce que ça va mieux dans ces pays ? Oui. Est-ce que les relations commerciales sont plus apaisées ? Oui. Est-ce que les agriculteurs vont mieux ? Oui.Je vais intervenir le 25 mars lors d’une 8ème commission en 8 ans. Comme je l’ai dit hier aux parlementaires, je suis toujours très heureux de venir dialoguer avec eux. Ce que je trouve toujours un peu confondant, et d’ailleurs j’ai utilisé le terme hier, c’est cette opprobre jetée sur la grande distribution.

    Vous avez une explication ? Est-ce qu’à un moment donné le secteur n’a pas péché ?

    A.B. : Vous avez raison. Quand vous avez une situation comme ça, vous avez toujours historiquement une responsabilité. Je pense qu’on a mal expliqué notre rôle, qu’on n’a pas assez communiqué sur ce qu’on faisait dans les territoires, sur la manière dont on travaillait avec le monde agricole. Mea culpa collectif de long terme.

    Alexandre Bompard : « La grande distribution n’est pas au cœur du mécontentement des agriculteurs »

    Mais je pense que la grande distribution, c’est le bouc émissaire parfait. Vous avez une agriculture qui est en difficulté dans plein de filières : excès de normes, excès de coûts, excès de lois. Nous avons 30 000 partenaires dans le monde agricole. Je ne vous dis pas que la relation est toujours facile, mais la réalité, c’est qu’on est un partenaire de long terme. Quand vous écoutez les agriculteurs en ce moment, ils ne vous parlent pas de la grande distribution. En réalité, ils vous parlent des normes, des coûts, des lois, du Mercosur, de tous ces sujets-là.

    De temps en temps, ils vont dans un magasin Carrefour ou un autre d’ailleurs et ils manifestent d’une façon toujours pittoresque leur mécontentement. Ça peut arriver.

    A.B. : Ça peut arriver mais ce n’est pas le cœur de leur mécontentement. Leur crise, ce n’est vraiment pas celle-là. Et donc en effet, c’est le bouc émissaire parfait.

    Je disais hier à la présidente et au rapporteur de la commission : je discute avec des groupes internationaux : Coca-Cola, PepsiCo, Henkel, Procter & Gamble. Ces gens-là se demandent pourquoi les pouvoirs publics français prennent systématiquement leur parti contre des acteurs qui, eux, sont français.

    C’est la régulation à la française ?

    A.B. : C’est la sur-réglementation à la française. Carrefour, c’est français, Leclerc, c’est français, Intermarché, c’est français. Le commerce est une activité de liberté. Liberté de faire un assortiment, liberté de fixer un prix, liberté de négocier. Il n’y a qu’en France et dans d’autres contrées dont je ne crois pas qu’on ait envie de ressembler, qu’on a cette envie de tout réguler.

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    Au fond, de temps en temps, quand j’écoute quelques parlementaires, j’ai l’impression qu’ils voudraient fixer les prix eux-mêmes. Mais le prix administré, ça ne fonctionne pas. Il y a un seul pays qui le met en place, vraiment avec beaucoup d’attention, c’est le Venezuela. Il y a 91 % de gens qui vivent en dessous du seuil de pauvreté. Je ne crois pas que c’est ça qu’on veuille pour notre pays.

     

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  • Langue française : « Monsieur », « femme »… 7 mots qui refusent de se prononcer comme ils s’écrivent

    Le français adore nous piéger. Certains mots donnent l’impression d’être tranquilles, bien écrits, mais au moment de les prononcer, ils nous mettent en difficulté. Explications.

    1 – Le cas de « monsieur », une évolution historique

    À l’écrit, on lit « monsieur », mais à l’oral, cela donne « meusieur ». Pourquoi ? Monsieur est un mot proclitique, c’est-à-dire que sa prononciation dépend du mot qui le suit. Son orthographe comme sa prononciation ont évolué au fil du temps. Le « mon » a laissé la place à « mo » (« môssieu »), puis à « meu » (« meusieur »). Il s’agissait aussi de casser les codes de l’Ancien Régime. Sa prononciation résulte donc d’une évolution phonétique, mais l’orthographe n’a pas suivi.

    2 – Le mystère du mot « femme », un glissement phonétique

    Pourquoi prononce-t-on « femme » avec le son « a » et non le son « è », comme dans « flemme » par exemple ? Il s’agit d’une évolution linguistique séculaire, façonnée par l’usage populaire, mais aussi par les transformations phonétiques et la tradition écrite.

    Ce mot vient du latin femina. Il se prononçait d’abord « fé-ème » et s’écrivait feme ou femme. Le « è » long s’est progressivement transformé en un son nasal, ce qui donne « fan-m » – comme à Toulouse. Puis il est devenu le « a » clair que nous connaissons aujourd’hui : « famme ». C’est un glissement phonétique que l’on observe souvent en français.

    Mais l’orthographe est restée inchangée. La population était majoritairement illettrée. Les érudits, quant à eux, ont conservé l’orthographe traditionnelle et défendu la graphie héritée du latin. C’est donc un symbole supplémentaire de la tension entre tradition écrite et modernité orale.

    3 – Almanach : avec ou sans le « ch » final ?

    Poursuivons avec quelques erreurs de prononciation fréquentes. Rappelons toutefois que lorsqu’une erreur devient trop récurrente et qu’elle est partagée par tous, elle finit par devenir la norme.

    Un almanach, c’est toujours pratique. Il accompagne en général nos résolutions de début d’année. Il s’agit d’un annuaire, d’une publication ayant plus ou moins pour base le calendrier. Vous connaissez donc l’almanach Vermot, mais il existe aussi Quatre Saisons, une année de langue française, ouvrage que j’ai écrit et qui vous permet de vous accompagner chaque jour en vous faisant découvrir les merveilles du français. En tout cas : almanach est censé se prononcer sans le « ch » final.

    4 – Antienne : attention au piège du « t »

    Le terme « antienne » s’écrit avec un « t », mais il doit se prononcer comme le mot « antenne ». Sinon, on risquerait une confusion avec l’adjectif féminin « ancienne ». Une antienne est, dans le vocabulaire religieux, un refrain liturgique repris par le chœur entre chaque verset d’un psaume. C’est aussi, au sens figuré, une chose que l’on répète, que l’on ressasse.

    5 – Quasi et quasiment : pas de « couasi »

    On doit dire « quasi » et « quasiment », et non pas « couasi » comme on peut l’entendre parfois.

    6 – Ratiociner : un « t » qui se prononce « ss »

    Le verbe « ratiociner » signifie se perdre en raisonnements trop subtils et interminables. Le « t » se prononce comme s’il y avait deux « s ». Cela vient du mot latin ratio, la raison, mais en français, on ne prononce pas le « t » comme en latin. C’est pourquoi on parle d’un « ratio » (rassio) en mathématiques ou en finance.

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    7 – Pétiole : le « t » se prononce comme dans ratio, les botanistes le savent

    En botanique, le pétiole est la partie rétrécie de certaines feuilles vers la tige, ce qui relie la feuille à la tige en somme. Il se prononce avec le son « ss », ce qui donne « péssiole ».

    Enfin, sachez qu’on ne prononce pas le « s » dans « tandis que » !

    Karine Dijoud

     

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  • Christophe Leribault, nouveau président du Louvre, historien de l’art et passionné de musique

    Suite à la démission de Laurence des Cars, Emmanuel Macron a nommé, en conseil des ministres, Christophe Leribault président-directeur de l’Etablissement public du musée du Louvre. Actuellement à la tête du Château de Versailles, cet historien de l’art de 62 ans est également un mélomane averti.

    Historien d’art expérimenté Christophe Leribault va passer de la présidence du château de Versailles à celle du Louvre où il va prendre la tête d’un musée en crise depuis le cambriolage du 19 octobre et où il devra mettre à profit son savoir-faire dans la gestion des institutions culturelles. Il y a été nommé, sur proposition de Rachida Dati, ministre de la Culture, en remplacement de Laurence des Cars, à qui il avait déjà succédé fin 2021 à la tête du musée d’Orsay.

    Conservateur général du patrimoine, docteur en histoire de l’art et spécialiste du XVIIIe siècle, le natif du Val d’Oise a été pensionnaire de la Villa Médicis et a débuté sa carrière en 1989 au musée Carnavalet en tant que conservateur chargé des peintures et des dessins. En 2006, il rejoint le musée du Louvre comme adjoint au chef du département des arts graphiques et directeur du musée national Eugène Delacroix. En 2012, il devient directeur du musée du Petit-Palais, musée des beaux-arts de la Ville de Paris, avant de prendre la tête, en 2021, du musée d’Orsay et de l’Orangerie avant d’être nommé en février 2024 à Versailles.

    En tant que président du Château de Versailles, Christophe Leribault supervisait l’activité de l’Opéra Royal

    Président de l’֤Établissement public du château, du musée et du domaine national de Versailles, Christophe Leribault y avait fait l’unanimité. Le maire de la ville, François de Mazières (divers droite) le voit partir « avec regrets », louant ses qualités « humaines et professionnelles (…) C’est quelqu’un de très apprécié, au caractère chaleureux, et c’est aussi un grand conservateur », et les représentants du personnel saluent « la qualité du dialogue social » qu’il avait instauré.

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    Au titre de président du Château de Versailles, il supervisait également l’activité du prestigieux Opéra Royal. Passionné de musique, Christophe Leribault, aime faire référence à une citation de Nietzsche qui avait écrit : « Sans la musique, la vie serait une erreur ». Dans le préambule du programme de la saison 2025/2026 de l’institution, il détaillait les nombreux concerts que l’orchestre de l’Opéra Royal donne cette saison à Versailles mais également en tournée en France et à l’étranger, insistant. notamment sur le Faust de Charles Gounod qui sera donné à l’Opéra Royal du 22 au 30 mars sous la direction de Laurent Campellone.

    Après Orsay et Versailles, Christophe Leribault prend la tête du Musée du Louvre https://t.co/DIhBabng6o

    — La Tribune de l’Art (@ltdla) February 25, 2026

     

    Christophe Leribault y remercie également Laurent Brunner, le directeur de l’institution « qui depuis 16 ans a réveillé l’Opéra du Château de Versailles, longtemps resté une belle endormie ».

    Philippe Gault (avec AFP)

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