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  • OPER! Awards : « Hotel Metamorphosis », donné au Festival de Pentecôte de Salzbourg, grand gagnant de l’édition 2026

    La cérémonie de remise des prix des OPER! Awards 2026 s’est déroulée à Ratisbonne, dans le sud-est de Allemagne. Quatre prix ont été décernés au spectacle Hotel Metamorphosis présenté lors du dernier festival de Pentecôte de Salzbourg.

    Comme chaque année depuis sa création en 2019, la cérémonie de remise des OPER! Awards s’est déroulée dans la salle de la « Meilleure maison d’opéra de l’année ». En l’occurrence, cette année, c’est dans le Theater Regensburg de Ratisbonne (Bavière) qu’ont été remis les vingt trophées décernés lors de cette édition 2026.

    Avec quatre prix, le spectacle Hotel Metamorphosis, donné au festival de Pentecôte de Salzbourg en mai et juin 2025, sort grand vainqueur des OPER! Awards. Sacré « Meilleure représentation de l’année », ce spectacle, imaginé et monté par Barrie Kosky, qui a reçu le prix de la « Meilleure mise en scène », revisite cinq mythes des Métamorphoses d’Ovide, ponctués de poèmes de Rilke, sur des extraits d’œuvres d’Antonio Vivaldi.

    La Staatskapelle de Berlin désignée « Meilleur orchestre de l’année »

    Hotel Metamorphosis a également permis au chef d’orchestre Gianluca Capuano, à la tête de l’orchestre Les Musiciens du Prince – Monaco, de recevoir le prix du « Meilleur chef d’orchestre » et à la jeune mezzo-soprano russe Nadezhda Karyazina d’être désignée « Révélation de l’année ».

    Pour Cecilia Bartoli, la directrice artistique du festival de Pentecôte de Salzbourg qui chantait également dans le spectacle, « Cela illustre qu’un projet de théâtre musical ne peut réussir que grâce à la collaboration et à l’engagement de tous, animés par la même passion et le même esprit de partage (…) De plus, j’ai été particulièrement heureuse de partager la scène avec plusieurs générations de musiciens exceptionnels dans cette production ».

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    Parmi les autres prix remis lors de ces OPER! Awards, on retiendra celui du « Meilleur orchestre » attribué à la Staatskapelle de Berlin, du « Meilleur chœur » remis au Coro del Teatro alla Scala. Le prix de la « Meilleure chanteuse » est revenu à la soprano finlandaise Miina-Liisa Värelä et son équivalent masculin au ténor chilien Jonathan Tetelman.

    La France a également été distinguée grâce à la Franco-Britannique Cécile Trémolières qui a reçu le prix du « Meilleur designer de costumes ». Enfin, le metteur en scène, décorateur, styliste et dramaturge allemand Jürgen Rose s’est vu décerné un prix d’honneur pour l’ensemble de sa carrière.

    Philippe Gault 

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  • Napoléon III : naissance scandaleuse, caractère émotif, choc de la mort de son frère, 6 choses à savoir sur sa jeunesse

    Neveu d’empereur et petit-fils d’impératrice, Louis-Napoléon Bonaparte – futur Napoléon III – est encore enfant lorsque s’effondre l’Empire. Sa jeunesse sera tributaire des vicissitudes de la vie en exil de sa mère, la reine Hortense.   

    1 – Napoléon III : une naissance difficile entourée de rumeurs et une reconnaissance paternelle tardive

    Louis-Napoléon Bonaparte voit le jour dans des circonstances pour le moins surprenantes. Hortense de Beauharnais, reine de Hollande et belle-fille de Napoléon, ressent les premières contractions vers 10 heures du soir, en pleine fête dans un hôtel particulier parisien, alors que des danseurs de corde accompagnés de singes évoluent au-dessus des invités.

    L’accouchement est difficile et Hortense frôle la mort. Le nouveau-né, si faible qu’on le croit mourant, doit être réchauffé dans des serviettes chaudes. Une dame d’honneur lui souffle dans la bouche, le baigne dans du vin et l’enveloppe de coton. Après quelques heures, le bébé semble vouloir vivre.

    Aussitôt, la rumeur court dans Paris : Louis Bonaparte, resté à Amsterdam et prétextant des soucis de santé, ne serait pas le père biologique. La précocité de la naissance, survenue alors qu’Hortense et Louis ne se trouvaient pas ensemble au moment de la conception supposée, alimente les doutes. Louis ne rencontrera d’ailleurs son fils qu’en novembre 1809, lorsque l’enfant aura 1 an et demi. Il finira par le reconnaître, voyant une ressemblance physique, notamment une bosse caractéristique sur le haut du nez.

    2 – Napoléon III, timide et émotif, se rêve vendeur de fleurs

    Le jeune Louis-Napoléon se révèle être un enfant particulier, constamment en quête d’attention, mais également timide et très émotif. Une anecdote révèle sa personnalité singulière : un jour, Hortense demande à ses fils ce qu’ils feraient s’ils ne possédaient rien au monde pour gagner leur vie. Le frère aîné répond fièrement : « Je me ferai soldat. » Louis-Napoléon, lui, déclare : « Je vendrai des bouquets de violettes comme le petit garçon qui est à la porte des Tuileries. » Une réponse bien peu martiale qui fait tache dans la famille impériale.

    L’enfant est très proche de sa grand-mère Joséphine, divorcée de Napoléon, qui a désormais beaucoup de temps à consacrer à ses petits-enfants et vient souvent dans son domaine de la Malmaison depuis son château de Navarre.

    3 – La chute de l’Empire entraîne des années d’exil pour le futur Napoléon III

    La chute de l’Empire bouleverse l’existence du jeune garçon. En avril 1814, à 6 ans, il ne saisit pas encore la catastrophe qui se prépare. Après l’abdication de Napoléon, Hortense et ses fils quittent Paris, errent de château en château avant de revenir à la Malmaison. C’est là qu’Hortense tente d’expliquer la situation : « Mes enfants, vous n’êtes plus rien. Plus de royauté, de principauté, plus de duché, vous en vaudrez peut-être mieux, mais il faudra pour cela être bien obéissant et bien travailler. »

    Hortense négocie habilement sa reconversion avec le nouveau régime. Le Tsar Alexandre Ier voue une dévotion à Joséphine et se rend plusieurs fois à la Malmaison. Louis XVIII accorde à Hortense le titre de duchesse de Saint-Leu avec un apanage de 400 000 francs.

    Hortense de Beauharnais – ABECASIS/SIPA

    Mais le retour de Napoléon de l’île d’Elbe le 5 mars 1815 change tout. Hortense retourne auprès de l’Empereur et joue le rôle de maîtresse de maison aux Tuileries puis à l’Élysée. C’est lors des Cent-Jours que Louis-Napoléon, âgé de 7 ans, prend nettement conscience que sa destinée n’est pas celle du commun. Napoléon aurait dit de lui qu’il était « l’espoir de sa race » et l’aurait porté un jour à la fenêtre des Tuileries pour lui montrer la parade de ses troupes au Carrousel.

    Après Waterloo, la monarchie restaurée ne pardonne pas à Hortense. Elle prend le chemin de l’exil vers la Suisse alémanique. En route, un envoyé de Louis Bonaparte vient se saisir du frère aîné de Louis-Napoléon pour l’éduquer à Rome. Les adieux entre les deux frères sont déchirants. Louis-Napoléon contracte la jaunisse et d’autres maladies qui l’affaiblissent dans ce moment terrible. En 1816, une loi interdit à tout Bonaparte de revenir en France, sous peine de mort.

    4 – Hortense, la mère de Napoléon III, fréquente en exil Chateaubriand et Alexandre Dumas

    En 1817, la situation s’améliore. Hortense hérite de sa mère et achète le château d’Arenenberg, sur la rive suisse du lac de Constance. La famille y passe les beaux mois de l’année et rejoint en hiver Eugène, le frère d’Hortense, à Augsbourg.

    En 1820, Louis-Napoléon, âgé de 12 ans, se voit attribuer un précepteur, Philippe Le Bas, qui instaure une discipline stricte : lever à 6h30, coucher à 9h, une heure pour les repas, deux pour les récréations, le reste consacré au travail, avec une nourriture saine et frugale. De 1820 à 1823, il est inscrit au Gymnasium d’Augsbourg. Le directeur du lycée écrit : « J’ai trouvé avec le plus vif plaisir, en ce noble jeune homme qui donne à tous égards les meilleures espérances, de nombreux signes de rare sensibilité et d’un esprit enthousiaste pour tout ce qui est bon et vrai »

    Pendant ce temps, Hortense reçoit de prestigieux visiteurs français à Arenenberg, dont Chateaubriand et Alexandre Dumas. Le bonapartisme pourrait triompher un jour et l’Empire se rétablir en France. Dans ce cas, il faudrait être prêt.

    5 – Napoléon III est élevé dans le culte de Napoléon

    Chaque été, Louis-Napoléon se dirige vers l’Italie pour de longs séjours. À Rome, les Bonaparte entretiennent le culte de Napoléon. Louis-Napoléon retrouve son frère, élevé par leur père Louis, et les jeunes gens commencent à parler politique et à imaginer leur rôle dans l’Europe cadenassée par le Congrès de Vienne. Leurs premiers rêves d’action se tournent vers l’Italie souffrante, sous les jougs combinés du pape, des vieilles principautés et de l’Autriche.

    En 1823, la publication du Mémorial de Sainte-Hélène de Las Cases marque un tournant. La légende napoléonienne s’accroît, ainsi que le principe de souveraineté populaire et le principe des nationalités. Ces idées passionnent le jeune Louis-Napoléon. Hortense joue un rôle important dans son éveil politique, lui racontant d’où il vient et qui il est.

    En 1830, la révolution de Juillet chasse Charles X du pouvoir. Sur les barricades, certains crient le nom de Napoléon II. Les Bonaparte pensent le moment venu, mais Louis-Philippe accède au pouvoir. Au même moment, Louis-Napoléon, âgé de 22 ans, effectue son service militaire dans l’artillerie suisse.

    En novembre 1830, à la mort du Pape Pie VIII, les deux frères lèvent des partisans pour tenter de prendre des points stratégiques à Rome et faire éclater la révolte contre les États pontificaux. Trahis et expulsés de la Ville Éternelle, ils poursuivent leur engagement ailleurs, tentant de soulever Modène, Bologne et Parme. Le grand frère meurt le 19 mars 1831. Pour Louis-Napoléon, c’est un choc terrible. À partir de là, ce n’est plus seulement une question de conscience politique, mais d’action politique.

    6 – La mort de Napoléon II le pousse vers le trône impérial

    Hortense, inquiète pour son dernier fils, le prend à ses côtés et entreprend un grand voyage en France en se faisant passer pour une aristocrate anglaise. Louis-Napoléon l’accompagne déguisé en valet. Louis-Philippe, qui sait très bien de qui il s’agit, les reçoit mais finit par leur demander de quitter le royaume. Hortense et Louis-Napoléon arrivent alors à Londres.

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    C’est là que Louis-Napoléon apprend la mort à Vienne de celui qui était Napoléon II, fils de Napoléon et de sa seconde épouse Marie-Louise d’Autriche, que plus tard Edmond Rostand surnommera l’Aiglon. À partir de ce moment, si l’on observe l’arbre généalogique de la famille Bonaparte, le prétendant au trône impérial, c’est lui, c’est Louis-Napoléon. Il a été formé, forgé pour ce rôle. On lui a fait prendre très tôt conscience de ce qu’il serait un jour. Un prince est né et bientôt, un empereur.

    Franck Ferrand

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  • Concours Reine Elisabeth 2026: Deux violoncellistes français parmi les finalistes

    Le comité de sélection du célèbres Concours Reine Elisabeth, consacré cette année au violoncelle, a révélé les noms des finalistes. Parmi les 66 candidats retenus, qui s’affronteront à partir du 4 mai à Bruxelles, figurent deux jeunes violoncellistes français.

    185 violoncellistes âgés de 18 à 30 ans, originaires du monde entier, ont soumis leur candidature à l’édition 2026 du Concours Reine Elisabeth. Une augmentation de 20% par rapport à la dernière édition consacrée à cet instrument en 2022. Dans le cadre de cette présélection, les candidats étaient invités à soumettre des enregistrements vidéo comprenant une œuvre du compositeur belge François, les Variations concertantes op. 17 de Felix Mendelssohn, la Sonate pour violoncelle seul d’Eugène Ysaÿe, ainsi qu’une œuvre au choix – pour violoncelle seul ou avec accompagnement de piano – composée après 1950.

    À l’issue de cette présélection, 66 candidats ont été retenus pour participer aux trois tours, qui se dérouleront du lundi 4 au samedi 30 mai au centre culturel de Flagey et au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles. Parmi les 45 candidats masculins (pour 21 jeunes femmes), deux violoncelliste français : Gabriel Guignier, 20 ans à peine, élève de Jérôme Pernoo puis d’Edgar Moreau au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris (CNSMDP) et Léo Ispir, Rouennais de 23 ans, artiste en résidence à la Chapelle musicale Reine Elisabeth, lauréat de la Fondation Gautier Capuçon avec son frère violoniste Luka en 2023 et nommé dans la catégorie « Révélation Soliste instrumentale » aux Victoires de la Musique 2026.

    Au premier tour, les concurrents joueront une sonate et une pièce avec accompagnement de piano

    Lors du premier tour de l’édition 2026 du Concours Reine Elisabeth (4 au 9 mai) à Flagey, chaque candidat interprétera une sonate de Luigi Boccherini, avec accompagnement de violoncelle, une pièce avec accompagnement de piano, choisie parmi Meditation de Nikolai Roslavets, Ballade op. 3 de Josef Suk, 3 Pièces de Nadia Boulanger, et Lullaby pour violoncelle seul de Kaija Saariaho.

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    En demi-finale, les 24 concurrents restants s’affronteront lors d’un récital avec accompagnement de piano et l’exécution d’un concerto de Michael Haydn (frère cadet de Joseph), Leopold Hofmann ou Anton Kraft, avec l’Orchestre Royal de Chambre de Wallonie, dirigé par Vahan Mardirossian.

    Le lauréat se verra prêter le violoncelle Goffriller de Pablo Casals

    Les 12 meilleurs candidats retenus pour la finale joueront au Palais des Beaux-Arts, à raison de deux chaque soir du 25 au 30 mai, une œuvre imposée, écrite spécialement pour la finale de l’épreuve, et un concerto de leur choix avec le Belgian National Orchestra, dirigé par Antony Hermus.

    Cette année, la prestigieuse compétition fêtera son 75e anniversaire et célébrera également le 150e anniversaire de la naissance de la Reine Elisabeth et le 150e anniversaire de Pablo Casals. Pour cette occasion, le lauréat de la compétition aura même le privilège de se voir prêter le violoncelle historique du maître catalan : le Goffriller « Casals » (1733).

    Philippe Gault

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    4 ans de guerre en Ukraine : les musiciens font de la résistance

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  • 4 ans de guerre en Ukraine : les musiciens font de la résistance

    Le 24 février 2022 débutait l’invasion militaire russe en Ukraine. Quatre ans plus tard le conflit perdure et la résistance ukrainienne est toujours aussi vigoureuse. Dans la presse française des musiciennes classiques, en Ukraine ou exilées en France, témoignent.

    Depuis 1461 jours l’Ukraine tient tête aux forces armées russes et malgré les bombardements, les destructions urbaines massives et les pertes humaines, la résistance du peuple ukrainien ne faiblit pas. Parmi ces vaillants insoumis, de nombreux musiciens et musiciennes, sur place ou en exil alertent, soutiennent et encouragent leurs compatriotes.

    Libération consacre un portrait à la chanteuse lyrique et professeure de chant Vira Revenko, que le quotidien, dans son édition de ce mardi, surnomme « La diva d’Odessa », la ville du sud de l’Ukraine dans laquelle elle est née et où elle continue de se produire, à l’opéra de la ville, qui n’a pas été détruit mais également dans d’autre lieux symboliques comme l’hôpital militaire où elle a emmené ses étudiants interpréter des airs de son pays pour soutenir de nombreux militaires blessés ou mutilés.

    « Notre arme, c’est notre voix »

    En dernière page de Libération, la soprano confie : « Un artiste ne peut pas prendre les armes, il ne sait pas s’en servir. Mais notre arme, c’est notre voix». Vira Revenko révèle également qu’à l’opéra d’Odessa, le répertoire a changé. Les compositeurs russes sont proscrits. « Nous avons bien sûr perdu Tchaïkovski et Rachmaninov (…) mais la guerre a révélé et nous a fait découvrir tant de compositeurs ukrainiens incroyables que nous ne connaissions pas auparavant. Et puis restent toujours les répertoires italiens, allemands, et français », précise-t-elle.

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    Le quotidien rappelle que l’Opéra d’Odessa a aussi a payé un lourd tribut à la guerre. En avril 2023, un mois avant son 32e anniversaire, le danseur de ballet Rostislav Yanchishen, engagé volontaire, avait trouvé la mort sur le front. Pour célébrer ses soixante ans et ses adieux à la scène, Vira Revenko indique qu’elle organisera en septembre un grand gala à Odessa

    « La musique est un acte de résistance »

    La Voix du Nord s’est intéressée à deux musiciennes ukrainiennes séparées par la guerre: Khrystyna Grytsyuk, violoniste avec son mari Benjamin Boursier au sein de l’Orchestre national de Lille depuis 2004, et sa sœur Nadia, qui poursuit sa carrière de pianiste et chanteuse lyrique dans l’ouest de l’Ukraine. Pour les deux sœurs « La musique est un acte de résistance », même si elles estiment avec regret que leur culture musicale est menacée.

    Le Journal de Saône-et-Loire met en avant un événement plus tragique de cette guerre. La mort au combat, depuis le début du conflit, de deux musiciens du Military Band of the 194th Separate Pontoon-Bridge Brigade, un orchestre militaire ukrainien de Samar, à l’est du pays, qui se produit régulièrement – encore le week-end dernier – au Carnaval de Chalon-sur-Saône.

    Philippe Gault

    Cela fait désormais quatre ans que la famille Kostenko a fui la ville de Kharkhiv, à l’est de l’Ukraine. Depuis ils habitent à Nantes, et ce week-end, leurs deux filles se produisaient à Brest dans le cadre du 27e concours international de piano de Brest, organisé par l’association D’Une musique à l’autre. Parmi elles, Nora, 11 ans. Elle est arrivée première dans la catégorie des 7-14 ans. Elle a aussi remporté le concours de piano de gare de la SNCF l’année dernière. Ecoutez le reportage de Servane de Pastre :

    https://www.radioclassique.fr/wp-content/uploads/2026/02/enro-ukraine.mp3

     

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  • Municipales 2026 : Le guide pour ne pas faire de fautes de français quand on parle politique

    A l’approche des élections municipales, faisons le point sur les erreurs les plus courantes dans le vocabulaire politique, celles que l’on entend régulièrement lors des interventions des journalistes ou des experts politiques.

    Faut-il dire l’élection présidentielle ou les élections présidentielle ?

    Employer le pluriel constitue une erreur. Il faut dire « l’élection présidentielle » au singulier. Il y a un seul président de la République à élire, pas plusieurs. En revanche, on parle bien des « élections législatives » ou « municipales » car plusieurs scrutins sont organisés dans plusieurs circonscriptions pour plusieurs élus. Il est donc logique d’employer le pluriel.

    Dire « il se présente aux présidentielles » est donc incorrect. Quant au mot « présidentielle » tout seul, c’est un raccourci paresseux et faux, surtout lorsqu’il est au pluriel. Il faut dire, pour être exact : « il se présente à l’élection présidentielle ». De même, déclarer « elle se présente aux municipales » est considéré comme paresseux, mais pas incorrect quant à l’emploi du pluriel. Autant expliciter les choses et dire « aux élections municipales ».

    Le verbe « élire une loi » : attention à l’usage

    Le verbe « élire » est lui aussi souvent malmené, notamment lorsqu’on entend « ils ont élu cette loi » ou « ils ont élu cette idée ». Pourquoi est-ce incorrect ? Tout simplement parce qu’on élit quelqu’un tandis qu’on vote pour quelque chose. On élit un représentant et on vote pour une loi.

    Autre question : faut-il écrire l’entre-deux-tours ou l’entre deux tours ?

    C’est simple, clair, net, précis et pourtant pas souvent respecté : avec trait d’union. On parle de la période de « l’entre-deux-tours ».

    La pséphologie, un terme rare mais indispensable en politique

    Il s’agit de l’étude et de l’analyse scientifique des élections. Ce terme, plutôt utilisé en anglais, arrive aujourd’hui en français. Il vient du grec psephos, qui désigne les petits cailloux, les galets. Ils étaient utilisés par les Grecs comme bulletin de vote. Un spécialiste des sondages électoraux peut donc être appelé « pséphologue ».

    Lors des périodes électorales, les métaphores journalistiques pleuvent, mais ne sont pas toujours très variées. Ces tournures guerrières reviennent systématiquement dès que les esprits s’échauffent.

    Tirer à boulets rouges, une expression autant politique que journalistique

    On est en plein dans la marine d’Ancien Régime. Les boulets rouges sont les boulets chauffés au rouge vif, prêts à incendier les navires adverses. Aujourd’hui, cette expression signifie descendre quelqu’un en règle, mais par les mots qui font office de missiles.

    Le torchon brûle entre les partis politiques

    C’est l’expression parfaite pour décrire un couple qui se déchire, mais aussi une alliance politique qui se délite. Pourquoi cette image ? Parce que le torchon est l’objet qu’on attrape pour éteindre un début d’incendie. Ainsi, quand il brûle, c’est que la situation dégénère. Ça flambe.

    La levée de boucliers à l’Assemblée nationale

    Cette métaphore très attendue remonte à l’Antiquité. Pour manifester leur mécontentement face aux ordres d’un chef, les soldats romains levaient leurs boucliers. D’après l’historien romain Tacite, cette habitude est héritée des mœurs des Germains. Une scène digne d’Astérix. Aujourd’hui, cette expression indique que tout le monde proteste contre une mesure.

    Franchir la ligne rouge, une expression d’abord utilisée à l’ONU !

    Cette ligne rouge représente la limite morale, politique ou diplomatique qu’il ne faudrait pas dépasser. Cette image vient du Red Line Agreement, accord conclu en 1928 entre les plus grandes compagnies pétrolières britanniques, américaines et françaises sur les reliques de l’Empire ottoman.

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    On raconte qu’au moment de la signature de cet accord, personne ne connaissait vraiment les limites de cet empire avant qu’il ne s’écroule. Un homme d’affaires arménien se serait alors saisi d’un crayon rouge pour en tracer les frontières arbitraires. Cette expression s’est ensuite popularisée. Elle a d’abord été employée par les fondateurs de l’ONU, puis par les Anglo-Saxons et enfin par le monde entier, sauf les francophones qui disent « franchir la ligne jaune ».

    Karine Dijoud

     

     

     

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  • Grâce à ses algorithmes, l’ETI Gys fournit à l’industrie automobile des machines capables de reconnaître automatiquement 140 nuances d’acier

    KPMG vous invite à écouter l’interview de Bruno Bouygues, Président-directeur général de Gys, belle ETI basée à Saint-Berthevin (Mayenne).

    Cette ETI est l’un des leaders mondiaux dans la conception et la fabrication d’équipements de soudage, de chargeurs de batteries et de systèmes de réparation carrosserie.
    Fondée en 1964 par « Guy-Yves Stephany », l’entreprise « GYS » a été rachetée en 1988 par le père de Bruno Bouygues. La petite PME d’alors (environ 4 millions d’euros de CA en 1988) est aujourd’hui devenue une ETI qui réalise une chiffre d’affaires de 150 millions d’euros, compte près de 1000 collaborateurs, dispose de 2 sites de production (un en Mayenne de 53.000m2, l’autre en Chine), 4 filiales en Europe et vend ses produits dans 130 pays.
    Le secret de cette croissance : savoir se réinventer à la vitesse des évolutions technologiques. D’un fabricant de matériel électromécanique pour transformateurs, GYS est passé d’abord à l’électronique, puis à l’électronique connectée, et aujourd’hui à l’industrie des données, intégrant intelligence logicielle et objets connectés dans ses équipements pour les industriels de l’automobile (Renault Group, Groupe PSA, Tesla…) ou des transports (Alstom, Airbus…).

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  • « On manque de respect à Verdi » : Le chef d’orchestre Riccardo Muti défend la profondeur du compositeur italien

    Alors qu’il dirige Macbeth à Turin, Riccardo Muti a redit lors d’une conférence de presse tout son amour pour l’opéra italien. Le grand maestro italien a insisté sur l’œuvre de Giuseppe Verdi, trop souvent réduite, selon lui, à « une banale virtuosité ».

    Du 24 février au 7 mars, Riccardo Muti va diriger au Teatro Regio de Turin Macbeth de Giuseppe Verdi avec le baryton Luca Micheletti dans le rôle-titre et dans une mise scène de sa fille Chiara Muti. Un véritable événement pour la cité piémontaise dans laquelle le maestro italien de 84 ans ne s’était plus produit depuis des années, alors qu’il se consacre plutôt désormais à la direction d’orchestres de prestige à travers le monde.

    C’est donc dans une salle bondée qu’a été donnée le 19 février une conférence de presse pour présenter cette production. Comme souvent Riccardo Muti a fait le spectacle, alternant humour et ironie, comme lorsqu’il déclare qu’il est heureux d’être de retour à Turin « même si on y mange trop de chocolat », et gravité quand il prend la défense de l’opéra italien qu’il juge « menacé » et pour lequel il lutte afin qu’il soit considéré « non comme un simple divertissement, mais comme un art de la plus haute qualité ».

    Riccardo Muti : « Verdi est bien plus profond. Il s’adresse à l’être humain par la musique »

    Riccardo Muti s’est surtout longuement attardé sur l’ensemble de l’œuvre de Giuseppe Verdi qu’il juge dévalorisée. « Lorsqu’il va écouter Wagner ou même Mozart, le public adopte une approche culturelle. En revanche, lorsqu’on va écouter Verdi, on s’attarde souvent sur la durée des notes aiguës. On lui manque presque de respect, réduisant tout à une banale virtuosité », a-t-il dénoncé, ajoutant avec véhémence : « Rien n’est plus faux. Verdi est bien plus profond. Il s’adresse à l’être humain par la musique, avec une adhésion absolue du texte à la musique grâce à une attention au détail qui semble parfois presque impossible à atteindre ».

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    Dans sa démonstration, le maestro Muti a rappelé qu’il a consacré une grande partie de sa carrière à l’étude et à l’interprétation des répertoires de Verdi et Mozart et a relevé « des points communs entre les deux musiciens dans leur approche des récitatifs. Il n’y aurait pas de récitatif de Verdi sans celui de Mozart », ajoutant : « Ignorer tout cela est, à mon sens, un grave affront à notre culture. Je ne prétends pas détenir la vérité absolue, mais je me suis toujours efforcé de faire en sorte que ce répertoire soit interprété avec plus de respect. C’est un engagement de toute une vie ».

    « La musique ne doit pas être un simple divertissement, mais un moyen d’élévation » souligne Riccardo Muti

    Lors de cette conférence de presse le chef d’orchestre italien a interpelé les nombreux jeunes gens présents dans la salle auxquels il a rappelé que « le public d’aujourd’hui sera, on l’espère, le public de demain », et que « la musique ne devait pas être un simple divertissement, mais un moyen d’élévation, capable de conduire à l’harmonie et à la Beauté avec un grand B, rempart contre l’agression et la violence ».

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    Également interrogé sur la polémique qui secoue le milieu culturel italien à propos de la nomination de Beatrice Venezi à la Fenice de Venise, Riccardo Muti a déclaré « Je ne l’ai jamais vue diriger, je ne peux donc pas me prononcer. Qu’elle dirige, et ensuite les différents orchestres et chœurs décideront ! ».

    Philippe Gault

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  • Municipales 2026 à Nîmes : une élection très ouverte à trois semaines du scrutin

    Pour la première fois, la gauche pourrait l’emporter à Nîmes, dirigée par la droite depuis 25 ans, et dernière ville Les Républicains de plus de 100 000 habitants. Un grand débat était organisé avec les six candidats par le journal quotidien régional Midi Libre au CHU de Nîmes cette semaine. Un sondage IFOP publié le matin même du débat donnait la gauche largement en tête des élections lors d’une quadrangulaire

    Au bar-tabac du Cygne, à deux pas de la majestueuse Maison Carrée, ils sont quelques-uns à se retrouver après le travail pour refaire le monde. En ce moment, le sujet de discussion principal, c’est la possible arrivée de la gauche à la mairie.

    « Moi, je vais voter RN », annonce Régis, Nîmois de toujours qui habite le centre-ville. Même s’il reconnaît de belles réalisations de la majorité, c’est l’insécurité qui le pousse à porter son choix sur le candidat du Rassemblement national. « J’ai pas envie que les problèmes traînent davantage. Si vous avez vu Nîmes le week-end à 23 heures, c’est une catastrophe », déplore-t-il.

    La sécurité, le thème principal de la campagne à Nîmes

    C’est tout sauf la gauche aussi pour Jacques, 76 ans, qui votera pour l’ancien premier adjoint Julien Plantier, dissident à droite. « Dans six ans, il faudra que la droite revienne pour récupérer toutes les conneries qu’aura faites la gauche pendant six ans », estime-t-il.

    Un éparpillement des voix à droite qui profite à la liste unifiée de la gauche, hors LFI. Dominique, 76 ans, se réjouit d’une possible alternance, notamment sur le thème de la sécurité. « Moi, je suis plutôt contente de voir la gauche arriver, parce que justement, il faut s’occuper de ces quartiers périphériques et je pense que la gauche est plus apte à s’en occuper », affirme-t-elle.

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    La bataille pour garder la mairie sera rude. Franck Proust, le candidat de la majorité, le sait, lui qui a été soutenu il y a quelques jours seulement par Bruno Retailleau. « Effectivement, je n’y suis pas insensible. On n’a pas réussi à faire l’union avec mon collègue Julien Plantier. On est un peu à la croisée des chemins. C’est une élection très ouverte », reconnaît-il.

    Les candidats ont encore un peu plus de trois semaines pour convaincre les électeurs

    Estelle Henry

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    Liste des candidats à Nîmes :

    • Vincent Bouget, (Union de la gauche sauf LFI)
    • Pascal Dupretz (LFI)
    • Le binôme Julien Plantier (Nîmes Avenir) / Valérie Rouverand (Renaissance)
    • Jean-Marc Philibert (Liste citoyenne, VIVONS Nîmes)
    • Franck Proust (Les Républicains, Horizons, UDI, Parti radical)
    • Julien Sanchez (Rassemblement national)
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    • Mort de Quentin Deranque: « les anti fascistes proclamés se comportent comme d’authentiques fascistes » estime Aquilino Morelle

      « Ce qui s’est passé à Lyon est un tournant ». Aquilino Morelle, ancien conseiller politique de François Hollande a réagi ce lundi à la mort de Quentin Deranque le 14 février, après un affrontement avec l’extrême gauche. L’essayiste décrit deux gauches désormais irréconciliables.

      Aquilino Morelle est l’auteur de l’ouvrage La France au miroir de l’Amérique. Quand les progressistes font triompher le populisme, paru aux éditions Grasset. Il pointe le déni de réalité des Démocrates américains, qui ne se sont pas interrogés sur les raisons de la première élection de Donald Trump, comptant aveuglément sur un vote des minorités, supposées être de leur côté.

      J’aimerais avoir votre regard sur les conséquences pour la gauche de ce qui s’est passé à Lyon, la mort de Quentin Deranque. Pensez-vous que désormais, à cause de ce lynchage, les deux gauches sont définitivement irréconciliables ?

      AQUILINO MORELLE : C’est probable. Et en tout cas, ce qui est certain, c’est que ce qui s’est passé à Lyon est d’une très grande gravité, c’est une forme de tournant. Parce que contrairement à ce qu’a dit Jean-Luc Mélenchon, ce n’est pas une bataille de rue qui aurait mal tourné. C’est, pour utiliser un vocable qui nous vient précisément des États-Unis d’Amérique, un lynchage. On peut comprendre que des jeunes gens s’affrontent, c’est dans la nature humaine et dans la nature de la politique qui est une forme de violence contenue. Mais lorsqu’un homme tombe à terre, qu’il est sans défense, lui administrer la mort de manière sauvage, ignominieuse, en le piétinant, en le massacrant, ce n’est pas une rixe ou une bataille de rue, c’est un lynchage. Et c’est se comporter comme ce que ces gens prétendent combattre, c’est-à-dire comme un fasciste. On arrive dans la situation où les antifascistes se comportent comme d’authentiques fascistes. Et c’est ça qui est très grave.

      Vous estimez qu’il y a une certaine désinvolture chez Jean-Luc Mélenchon à expliquer qu’en 2027, on se souviendra de cet événement comme d’une bataille de rue.

      A.M. : Je pense que Jean-Luc Mélenchon ne fait jamais preuve de désinvolture. Il fait preuve d’analyse, de calcul, de stratégie, de cynisme si vous voulez, mais certainement pas de désinvolture. Il fait le pari qu’en le disant, cela se produira et que les gens en seront convaincus. Ma conviction, c’est l’inverse.

      Le socialiste Jérôme Guedj a déclaré que Jean-Luc Mélenchon et Jordan Bardella étaient qualifiés pour le 2nd tour de la présidentielle, il voterait pour Jean-Luc Mélenchon. Ce qui veut dire que la gauche va se retrouver, quoi qu’il arrive, soit dans des deuxièmes tours aux municipales, soit dans un hypothétique deuxième tour à l’élection présidentielle, s’il y a une personnalité de gauche. Ça invalide l’idée qu’on puisse mettre à l’écart la France Insoumise.

      A.M. : Oui, mais là vous parlez d’un responsable politique, et vous parlez de la gauche qui est la gauche des partis. Mais ce qui compte c’est d’abord la gauche des électeurs, s’il en reste. Il n’en reste plus beaucoup. Et cette gauche-là, qui est la plus importante, celle des citoyens, je ne pense pas qu’elle se laissera abuser par ces slogans, ces mots d’ordre ou ces analyses très hâtives.

      Aquilino Morelle : « Les Démocrates américains ont fait preuve d’un racisme de l’intelligence »

      Dans votre livre, La France au miroir de l’Amérique, vous revenez longuement sur les causes de la deuxième victoire de Donald Trump. Vous les imputez en partie au renoncement des démocrates qui n’ont pas su parler au peuple américain et qui n’ont pas su parler aux électeurs qui leur étaient traditionnellement acquis, les électeurs du peuple, les travailleurs. Dites-nous pourquoi.

      A.M. : C’est une forme d’aveuglement, de déni de réalité, puis de folie idéologique qui a saisi les démocrates progressivement. Donald Trump a été élu une première fois en 2016. Lorsqu’il est arrivé à la Maison Blanche, on a considéré que c’était une anomalie démocratique, une chose qui ne se reproduirait plus jamais. Il a été battu en 2020 par Joe Biden, mais il a effectué un improbable come-back en 2024, contre tout le système, contre l’avis de tous les sondages, de toute la classe politique, notamment de gauche, les démocrates américains. Il a réussi cette performance invraisemblable.

      Mais pendant 8 ans, qu’ont fait les démocrates ? Ont-ils essayé de comprendre les raisons qui avaient conduit à la première élection de Trump ? Et ont-ils essayé de saisir leurs erreurs, ce qu’ils auraient pu changer dans leur approche de la politique, ce qu’ils devaient entendre de la part des électeurs traditionnels qui étaient les leurs, les ouvriers, les travailleurs manuels, blancs ou noirs, la working class. Non. Ils ont progressivement, à partir de 2016, à partir de la campagne d’Hillary Clinton, dérivé vers un wokisme radicalisé, selon lequel chacun est assigné à résidence dans son identité. Si vous êtes noir, vous voterez démocrate parce que vous êtes noir. Si vous êtes homosexuel, idem. Si vous êtes latino, pareil. Si vous êtes trans, c’est la même chose. Vous voterez pour nous parce que vous êtes une minorité et que nous, nous protégeons les minorités. Tout ça s’est effondré.

       

      Mais qu’est-ce qui leur a pris ? Qu’est-ce qui leur a pris non seulement de faire ce pari des minorités, mais de toute l’idéologie qui va avec, jusqu’à irriguer les administrations, les entreprises et à nous déverser ça en Europe aussi ?

      A.M. : Parce que ce mouvement, qu’Hillary Clinton a porté à son paroxysme et qu’elle a injecté dans le Parti Démocrate, vient d’un peu plus loin, des années 70, où la classe intellectuelle américaine, les grands professeurs d’université, se sont détournés du peuple, des classes populaires considérées de plus en plus comme des masses ignares et dangereuses pour leur privilégier ce qu’ils appelaient la classe professionnelle, c’est-à-dire la classe des Américains ayant obtenu un diplôme à l’université, en disant « seuls ceux-là ont les compétences qui les rendent capables d’exercer la démocratie ».

      Or, la démocratie, c’est la compétence de ceux qui n’ont pas de compétences. Et ils ont fait preuve de ce que Bourdieu appelait un racisme de l’intelligence. Ils confondent allègrement niveau de diplôme et intelligence, il y a bien des gens qui sont très intelligents et qui n’ont fait aucune étude pour des raisons tenant à leur vie. Ils ont proclamé et fait passer l’idée qu’il fallait se méfier des masses populaires et que seuls les gens qui avaient un diplôme étaient en mesure d’exercer le pouvoir démocratique et qu’il fallait qu’ils s’intéressent aux minorités, c’est-à-dire aux personnes supposées être ou qui sont dominées, oppressées. On est passé – et ça c’est un mouvement qui n’est pas qu’américain – d’une gauche qui se bat pour les classes laborieuses, à une gauche qui s’est rabattue sur les nouveaux opprimés.

       

      « Trump s’est saisi du parti républicain pour le transformer en MAGA », analyse Aquilino Morelle

       

      Et ça n’a pas suffi pour faire élire Kamala Harris en 2024. Pendant que les démocrates se fourvoyaient, vous expliquez dans le livre que Trump a su s’inspirer d’une figure politique de gauche, charismatique, ancienne, à savoir Franklin Delano Roosevelt !

      A.M. : Naomi Klein, la sociologue canadienne, qui est l’icône de la gauche mondiale, a écrit très justement : le trumpisme est le miroir déformé des idées qui furent autrefois centrales de la gauche américaine. Trump n’a pas été élu comme un républicain ordinaire. Ce n’est pas Bush, Romney, ou Cheney. Il n’appartient pas à cette élite du parti républicain. Il s’est saisi du parti républicain pour le transformer en autre chose, en MAGA, Make America Great Again, et ça il l’a fait en se saisissant de toutes les idées populistes : défense du travail, du pouvoir d’achat, maîtrise de l’immigration, lutte contre Wall Street, en disant c’est à moi, et je le porte désormais puisque les démocrates me l’ont abandonné.

      Lorsqu’il entre en scène avec It’s a Man’s Man’s Man’s World de James Brown, que disent les démocrates ? C’est un masculiniste ! Mais en fait, il adresse un message aux hommes noirs en leur disant : « moi j’écoute James Brown, j’aime James Brown et je suis comme vous ». Et d’ailleurs, électoralement, sans faire des résultats mirobolants, il a progressé dans l’électorat noir masculin.

      Et il n’a fait que progresser d’une élection à l’autre, en 2016, en 2024, il prend des millions de voix. Alors, quelle leçon la gauche française peut tirer du parcours de Trump et de la déconfiture des démocrates ?

      A.M. : La situation en France n’est pas aussi grave, aussi prononcée qu’elle l’est aux États-Unis. Mais il existe une tentation réelle dans la gauche française d’abandonner les classes populaires – ça, c’est déjà fait, malheureusement, et ça explique les déboires politiques, moraux et électoraux de la gauche française – mais aussi de s’adresser de plus en plus vers une addition de minorités. Mais si la gauche française succombait à cette tentation mortifère, elle connaîtrait le sort des démocrates. C’est-à-dire qu’elle serait battue. Elle l’est déjà d’ailleurs, puisqu’elle n’est plus en situation d’approcher le pouvoir depuis très longtemps, mais elle serait définitivement marginalisée ou cantonnée dans un rôle qu’elle semble apprécier, de présider des régions, présider des départements, diriger des grandes communes peuplées de gens qui vivent bien et qui n’ont pas beaucoup de difficultés. Or, la seule chose qui compte en politique, c’est d’exercer le pouvoir d’État pour pouvoir transformer la réalité dans le sens qui est le vôtre.

      Est-ce que tout cela vient de la fameuse note de Terra Nova, le think tank de gauche, qui avait dit maintenant, il faut se focaliser sur les électeurs de la diversité, les minorités. La classe ouvrière est morte. C’était un résumé un peu succinct, mais il y avait de ça.

      A.M. : C’est un très bon résumé. Cette note du 10 mai 2011 a été produite parce qu’une délégation de Terra Nova a été envoyée par le Parti Socialiste s’inspirer de ce qui se passait aux États-Unis. On a formalisé cette coalition formée de l’addition de minorités, ce qu’on appelait la coalition Obama. Mais en réalité, Obama, lorsqu’il a été élu en 2008 et en 2012, s’est bien gardé d’appliquer cette théorie ou cette doctrine. Il s’est adressé très classiquement à tout l’électorat ouvrier, toute la working class, qu’elle soit noire ou blanche, obtenant d’ailleurs des résultats énormes dans toute la Rust Belt et toutes les zones traditionnelles ouvrières. Il ne s’est pas du tout comporté comme un wokiste, il s’est comporté comme un populiste.

      « Barack Obama a appliqué un programme populiste et expulsé 3 millions de clandestins »

      On a eu un regard un peu déformé sur Obama, nous, les Européens. On s’est dit il est noir, il va être wokiste, et sa femme fait pousser des légumes à la Maison Blanche, elle est wokiste et végane. On a fait des raccourcis.

      A.M. : Il est devenu une icône progressiste parce qu’il a été le premier président noir, ce qui était en soi un résultat magnifique. En oubliant qu’il s’est fait élire sur un programme populiste et qu’il a appliqué un programme populiste. Et en oubliant aussi un point central : durant ces 8 années de présidence, Barack Obama a expulsé hors des États-Unis 3 millions de clandestins. Et il ne les appelait pas des sans-papiers, il les appelait des travailleurs clandestins.

      Trump a fait moins pour l’instant, mais il n’a pas encore 8 années de mandat à son compteur. Mais si vous prenez celui qui l’a précédé, c’est-à-dire Joe Biden, le président démocrate, qui avait abandonné cette théorie de maîtrise de l’immigration pour protéger les emplois américains, leur niveau de salaire et leur qualité. Qu’est-ce qu’a fait Biden ? Pendant les trois premières années de son mandat, puisque la quatrième année il a tenté de faire marche arrière, il était trop tard, il a laissé entrer aux États-Unis 9 millions d’immigrants. 6 illégaux, 3 légaux. Et tout en le faisant, les démocrates ont nié. Et ça a été un des moteurs les plus puissants du vote Trump.

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      A.M. : Elle les a abandonnées, et donc le Rassemblement national s’en est saisi. Ce qui est une forme de perversion, mais la politique est faite aussi de cela. Le Rassemblement national n’a pas eu à arracher les thèmes de l’emploi, de la sécurité sociale, de la laïcité, de la République, de la maîtrise de l’immigration. La gauche, singulièrement le PS, les lui a abandonnés. Il s’en est saisi parce que comme Trump, le RN a compris que pour gagner en France, il faut être capable de traiter les deux plaies du pays, qui sont certes la question identitaire, mais qui sont d’abord et avant tout la question sociale. Et seul quelqu’un qui serait capable de traiter les deux questions en même temps, de les embrasser et d’amener avec lui l’ensemble des citoyens, bref, un nouveau Roosevelt !

       

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    • La dernière reine de France : Marie-Amélie, entre grandeur et crépuscule d’une souveraine oubliée

      Dans la tourmente de la Monarchie de Juillet, Marie-Amélie s’impose par sa discrétion, sa résilience et son attachement à la famille royale. Dernière reine des Français, elle incarne une force tranquille et un sens aigu du devoir, loin de l’image de la souveraine effacée. Devenue reine aux côtés de Louis-Philippe après les Trois Glorieuses, elle voit son destin bouleversé par la mort de son fils aîné en 1842, un drame qui marque le début du déclin de la dynastie et jette une ombre sur la fin du règne. Portrait d’une femme dont le courage et la lucidité ont marqué les ultimes heures de la royauté en France.

      Le 16 avril 1846, de retour d’une promenade en forêt de Fontainebleau, la famille royale est la cible d’un attentat. Pierre Lecomte, ancien garde général des forêts, tire sur le char à bancs royal. La bourre de son fusil atterrit sur les genoux de la reine, sans faire de blessé. Marie-Amélie, réputée craintive lors de simples feux d’artifice ou de traversées de ponts, fait alors preuve d’un sang-froid sidérant. Le calme de la reine contraste avec la panique ambiante. Elle étonne son entourage par sa maîtrise de soi, alors que le roi a été visé à bout portant.

      Cet épisode n’est pas isolé. Quelques mois plus tard, lors des festivités de la Révolution de 1830, un certain Joseph Henry tire à son tour sur le balcon où se trouve la famille royale. Marie-Amélie se précipite pour protéger Louis-Philippe. Encore une fois, les balles manquent leur cible. La reine, d’ordinaire effacée et discrète, se révèle d’une solidité à toute épreuve, comme le souligne l’historien Raphaël Dargent. À mesure que la monarchie s’enlise dans la crise, sa stature morale s’affirme.

      Adélaïde d’Orléans, la perte du pilier de Louis-Philippe

      À partir de 1846, la France traverse une succession de tempêtes. L’évasion de Louis-Napoléon Bonaparte de la prison de Ham, une crise économique déclenchée par de mauvaises récoltes, la hausse des prix, la spéculation, le chômage et les émeutes frumentaires plongent le pays dans la tourmente. Les libéraux, frustrés par l’interdiction des réunions politiques, organisent une campagne de banquets à travers la France. L’esprit républicain gagne du terrain, tandis que la famille royale tente de préserver l’unité. Louis-Philippe, vieillissant, s’enferme dans ses certitudes. Marie-Amélie, pivot familial, tente de maintenir la cohésion, mais la mort de Madame Adélaïde, sœur et confidente du roi, en décembre 1847, isole davantage le souverain.

      Le prince de Joinville, fils du couple royal, perçoit le danger. Il écrit à son frère son inquiétude face à l’entêtement du roi et à l’accumulation des crises. Le pouvoir se délite, la monarchie vacille.

      Marie-Amélie part en exil

      Le début de l’année 1848 est marqué par le Printemps des peuples en Europe. À Paris, la tension atteint son paroxysme. La campagne des banquets doit s’achever par un grand rassemblement le 22 février, mais le président du Conseil, François Guizot, l’interdit. Les étudiants, ouvriers et gardes nationaux dressent des barricades, la capitale s’embrase. Marie-Amélie, lucide, conseille au roi de renvoyer Guizot. Dès le lendemain, un incident devant le ministère des Affaires étrangères fait une vingtaine de morts. Les barricades se multiplient, la Garde nationale fraternise avec les insurgés.

      Marie-Amélie pousse Louis-Philippe à affronter la crise, mais le roi, désemparé, hésite. Adolphe Thiers, nouveau président du Conseil, l’incite à abdiquer. La reine s’y oppose, plaidant pour la résistance : « Il faut mourir ici. » Mais la décision d’abdiquer est prise. Le 24 février, Louis-Philippe cède la couronne à son petit-fils, le comte de Paris. Marie-Amélie lance aux nouveaux maîtres du pays : « Messieurs, vous l’avez, vous vous en repentirez. »

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      Avec la chute de la Monarchie de Juillet, la France tourne la page de la royauté. Marie-Amélie, dernière reine, laisse le souvenir d’une femme de devoir, d’une mère attentive et d’une conseillère politique lucide. Dans la tempête, elle aura incarné la dignité et la fidélité à ses principes, jusqu’à l’exil.

      Franck Ferrand

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