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  • Italie : Le Teatro Sannazzaro de Naples ravagé par les flammes

    Petit bijou architectural du XIXe siècle, le théâtre Sannazzaro de Naples a été détruit par un incendie qui s’est déclaré le 17 février dans un bâtiment voisin. Le parquet a ouvert une enquête pour incendie criminel.

    « Il ne reste presque plus rien du théâtre », a déclaré aux journalistes Giuseppe Paduano, commandant des pompiers de Naples pendant l’intervention menée pour tenter de circonscrire l’incendie qui a ravagé Le Teatro Sannazzaro mardi au petit matin. Selon les premiers éléments de l’enquête, le feu s’est déclaré dans un immeuble d’appartements voisin du quartier de Chiaia et s’est rapidement propagé au théâtre.

    Il Teatro Sannazaro ferito dalle fiamme è una ferita a Napoli intera. Prima di cercare “matrici” e nemici comodi, rispettiamo il dolore e i fatti. Il teatro non si brucia: si protegge. È bene comune. #Sannazaro #Napoli #Teatro pic.twitter.com/fCJcOVRUno

    — Lazzaro Felice (@GianniMartone) February 18, 2026

    D’après l’agence italienne ANSA, les flammes ont notamment détruit le dôme du théâtre ainsi qu’une grande partie de la salle et des structures internes. Une soixantaine de riverains ont dû être évacués par précaution en raison de l’épaisse fumée qui s’était répandue dans le quartier. Quatre personnes ont été prises en charge pour inhalation de fumée, mais heureusement aucune blessure grave n’a été signalée. Et même si les premières indications laisient penser que l’incendie est d’origine accidentelle le parquet napolitain a ouvert une enquête pour incendie criminel.

    Un incendie criminel avait détruit la Fenice de Venise en 1996

    Inauguré en décembre 1847, la « Bomboniera di via Chiaia « , le surnom du Teatro Sannazaro, est avant tout une salle dédiée au théâtre qui a accueilli les plus grandes compagnies italiennes, des dramaturges et des comédiens de renom, s’inscrivant profondément dans la grande tradition du théâtre napolitain. Mais depuis les années 70, sa programmation mêle concerts et récitals de musique classique et spectacles d’artistes invités.

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    Arrivé tôt sur les lieux, le maire de Naples, Gaetano Manfredi a qualifié la perte du théâtre de « grand chagrin et de profonde blessure » et a évoqué une perte « catastrophique » pour le patrimoine culturel de la ville. La question de la reconstruction est déjà évoquée, mais l’ampleur des travaux à venir s’annonce considérable. Entre enquête sur les causes de l’incendie et projets de reconstruction, Naples devra désormais faire face à la disparition temporaire d’un lieu emblématique de son identité artistique.

    La destruction du Teatro Sannazaro est un nouveau coup dur pour le patrimoine culturel italien. En 1836, la Fenice de Venise avait été détruit par les flammes avant d’être à nouveau ravagé par un incendie criminel en janvier 1996. L’emblématique salle vénitienne n’avait rouvert qu’en 2003. C’est également un acte criminel qui avait provoqué, en 1991, l’incendie qui avait décimé le Teatro Petruzzelli de Bari, dans le sud du pays.

    Philippe Gault

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    Mort du chanteur lyrique José Van Dam à 85 ans, l’un des plus grands barytons-basses de sa génération

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  • Adriana González et Iñaki Encina Oyón célèbrent la Ferrarese

    A l’occasion de la publication de la publication de leur album « Rondos for Adriana », Adriana González et Iñaki Encina Oyón seront, ce jeudi 19 février à 20h, les invités du Journal du Classique.

    C’est à une grande cantatrice du 18ème siècle, dont elle porte le même prénom, que la soprano Adriana González rend hommage dans un album tout juste sorti chez Audax records. Avec Iñaki Encina Oyón placé à la tête de l’ensemble Diderot, elle repend ainsi une partie du répertoire d’Adriana Ferrarese qu’elle associe au sien dans un programme conçu autour de l’air de la comtesse des Noces de Figaro avec lequel la chanteuse d’origine guatémaltèque brille aujourd’hui  sur les plus grandes scènes internationales.

    Quand Adriana rencontre Adriana, un dialogue musical à travers les siècles

    Adriana González et Iñaki Encina Oyón nous éclaireront ce soir sur celle qu’on appelait la Ferrarese, sur sa prestigieuse carrière entre sa Venise natale et la cour de Vienne où elle collabora avec plusieurs compositeurs dont Mozart. C’est elle qui fut ainsi la créatrice du rôle de Fiordiligi dans Cosi fan tutte. Une chanteuse qui avait d’impressionnantes possibilités vocales, une capacité notamment à passer avec aisance du grave profond aux aigus stratosphériques, agilité que possède également Adriana González.

    Laure Mézan

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  • Mort du chanteur lyrique José Van Dam à 85 ans, l’un des plus grands barytons-basses de sa génération

    José Van Dam, le plus grand chanteur lyrique belge, est mort mardi 17 février à l’âge de 85 ans. Considéré comme l’un des plus grands barytons-basses de sa génération, il s’était retiré de la scène en 2010 après des adieux mémorables à Bruxelles, sa ville natale.

    C’est au Théâtre Royal de la Monnaie de Munt à Bruxelles que José Van Dam s’était produit pour la dernière fois en mai 2010, à la veille de ses 70 ans, pour une série de représentations du Don Quichotte de Jules Massenet où il incarnait le chevalier à la triste figure sous la direction de Marc Minkowski. Son nom sera à jamais associé à la grande institution d’art lyrique de la capitale belge qui a annoncé sa disparition.

    José van Dam a été l’une des voix les plus applaudies de cette salle d’opéra, surtout à partir des années 1980. Philippe II dans Don Carlos de Giuseppe Verdi, Falstaff dans une autre œuvre du compositeur italien mais aussi Golaud dans Pelléas et Mélisande de Claude Debussy, ses plus brillantes interprétations ont eu lieu sur cette grande scène bruxelloise durant ses cinquante ans de carrière qui l’ont vu se produire sur les plus grandes salles d’opéra du monde.

    José Van Dam commença sa carrière dans la troupe de l’Opéra de Paris

    Né Joseph Van Damme à Ixelles, quartier de Bruxelles le 25 août 1940, ce fils d’ébéniste est dès l’âge de 11 ans soliste dans une église, puis il se met à l’apprentissage du solfège. C’est sa professeure de piano qui le présente au grand ténor belge Frédéric Anspach. La rencontre s’avère déterminante. Anspach, son mentor, le convainc d’étudier le chant sous sa direction au conservatoire de Bruxelles, d’où le jeune artiste sort diplômé en art lyrique.

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    Vient l’époque des concours, qui lui permet de collectionner les récompenses et de passer les frontières. Il commence sa carrière en 1961 dans la troupe de l’Opéra de Paris avant de rejoindre Genève, puis Berlin, où il travaille jusqu’en 1973 avec le chef d’orchestre Herbert von Karajan et se fait remarquer notamment dans rôle de Leporello du Don Giovanni de WA Mozart. Le début d’une longue carrière internationale qui lui permit de se produire sur les plus grandes scènes du monde, du festival de Salzbourg au Metropolitan Opera de New York en passant notamment par Covent Garden à Londres ou la Scala de Milan.

    « La voix est le miroir de l’âme »

    Célébré comme l’un des meilleurs barytons-basses de son temps, José van Dam a été récompensé de nombreuses distinctions et anobli en 1998 par le roi des Belges Albert II. « On est là pour servir la musique », avait coutume de dire le chanteur à l’aise dans tous les répertoires qui confiait également « La voix est le miroir de l’âme, cela va de pair avec la simplicité, la liberté et le naturel ».

    En cinquante ans de carrière, José van Dam a inscrit son nom sur une longue liste de rôles titres de grands opéras: outre Falstaff, ce fut le cas pour Boris Godounov, Wozzeck, Don Giovanni etc. Il a aussi été pendant une vingtaine d’années l’interprète du Saint François d’Assise d’Olivier Messiaen. Au cinéma, il a incarné Le Maître de musique, le film de Gérard Corbiau pour lequel il avait été nominé aux Oscars en 1989.

    Humble et plein d’humour, il avait déclaré à propos de son métier : « La plupart des chanteurs ont un don sinon ils seraient employés de bureau ou chauffeurs de poids lourds, mais sans générosité ils n’iront nulle part ».

    Philippe Gault (avec AFP)

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  • Mort de Quentin : « Où est passée la réflexion de la gauche sur la violence ? » lance la philosophe Hélène L’Heuillet

    Hélène L’Heuillet est philosophe et psychanalyste. Elle est l’auteure de plusieurs ouvrages, dont Tu haïras ton prochain comme toi-même et Le vide qui est en nous, parus aux éditions Albin Michel. Au sujet de la mort de Quentin Deranque, militant d’extrême droite lynché au cours d’une bagarre avec des jeunes d’extrême gauche, elle l’assure : « Un homme à terre n’est plus un militant, on a passé un cap terrifiant ».

    Quand vous apprenez la mort de Quentin Deranque à Lyon, les conditions de cette mort qui ont été filmées, que ressent la philosophe que vous êtes ?

    HÉLÈNE L’HEUILLET: Comme personne, comme sujet humain, j’ai ressenti de la sidération. Je crois que tout le monde dans ce pays l’a partagée. Il y a quelque chose dans ce modus operandi qu’on a vu sur la vidéo. Ce lynchage est particulièrement insupportable et étonnant. Il faut souligner les jeux de miroir entre la gauche et la droite aujourd’hui [alors que c’est] normalement plutôt représentatif des méthodes de l’ultra-droite. L’enquête n’est pas terminée, mais il semble qu’il y ait de grandes présomptions autour des militants d’extrême gauche. C’est absolument sidérant. Où est passée la réflexion de gauche sur la violence, y compris de l’ultra-gauche ?

    J’avais exploré ça dans mon livre sur le terrorisme. Il y a eu une violence politique à gauche, mais elle n’a pas pris cette forme du lynchage. Je pense par exemple aux anarchistes russes du milieu du XIXe siècle que tout le monde connaît notamment par Les Justes de Camus : les attentats à la bombe, mais on épargne les enfants. On pense aux méthodes d’Action directe qui théorisaient la violence, mais qui n’ont jamais frappé un homme à terre. Il y avait Clément Méric en 2013 [militant antifasciste mort lors d’une rixe entre un groupe d’extrême-gauche et des skinheads NDR], et aujourd’hui il y a Quentin Deranque.

    Il y a quelque chose de sidérant et qui fait très peur dans cette tentative de démolir un corps. Normalement, l’adversaire politique, on le respecte encore comme corps. Et là, on voit s’acharner sur un homme à terre. Un homme à terre, ce n’est plus un militant. Quentin Deranque était un militant d’extrême droite, et même d’ultra-droite, à droite du Rassemblement National. Néanmoins, c’était un homme à terre. Et un homme à terre, ce n’est plus un soldat, ce n’est plus un militant, c’est un corps, c’est un homme. Quand on cherche à démolir, on a passé un cap. Et ça, ça m’a terrifiée.

    Hélène L’Heuillet : « Le contexte lyonnais est très inflammable »

    Il y a un paradoxe : ce qui s’est passé à Lyon, où il y a une tradition d’affrontement entre des groupes d’extrême-gauche et des groupes d’extrême-droite, s’est déroulé en marge d’une conférence, en marge d’un lieu de débat, en marge de l’université. Comment expliquez-vous que les mots ne suffisent plus et que le débat d’idées s’accompagne désormais de combats de rue potentiels ?

    H.L. : C’est absolument inquiétant. Vous avez raison de rappeler le contexte lyonnais. C’est là qu’à la toute fin du XIXe siècle, l’Action Française a été créée, anti-républicaine par définition et contre Dreyfus. C’est là que les affaires de négationnisme à l’université Lyon 3 ont déjà enflammé l’université et ont conduit à la suspension de Bruno Gollnisch, qui tenait des propos négationnistes. Le contexte lyonnais est très inflammable, avec une centaine d’actes de l’ultra-droite violents dans les quinze dernières années, particulièrement autour de l’université. On ne peut pas imaginer, surtout dans les sciences sociales et humaines, que le savoir universitaire qui se dispense, tout scientifique qu’il soit – et j’ai enseigné plus de vingt ans à l’université, je sais de quoi je parle – on doit évidemment être aussi neutre que possible en philosophie politique quand on enseigne à l’université.

    On doit dispenser des éléments de connaissance, mais il est impossible que ceci soit tout à fait en dehors du débat public. Si l’université ne peut plus, en marge des cours, accueillir des conférences engagées qui font réfléchir et qui font appliquer le savoir qu’on reçoit à l’université, qui remonte en philosophie à l’Antiquité, à Platon, si on ne peut pas l’appliquer dans des conférences aujourd’hui, c’est très grave. Effectivement, vous avez raison : se généralise aujourd’hui qu’à une conférence correspond aussitôt une manifestation contre cette conférence.

    Hélène L’Heuillet : « Sur les réseaux sociaux, l’autre n’est pas là, donc il peut être déshumanisé »

    Y a-t-il d’après vous un continuum entre la violence qui a émergé sur les réseaux sociaux ?

    H.L. : Je pense qu’il faut faire attention avec le terme de continuum et avec en général toutes les relations simples de cause à effet. [Revenons au philosophe ] Raymond Aron – les choses sont toujours pluricausales, plurifactorielles. Néanmoins, je pense qu’effectivement les réseaux sociaux ont flatté notre sens de la simplification. Il faut aller vite, dire des choses compréhensibles, ne pas entrer dans la nuance parce que ça va fatiguer les auditeurs, les lecteurs. Seulement, simplification = polarisation. Et la polarisation induit la haine, parce que pour que je sois sûr de penser ce que je pense, il faut diaboliser l’autre. Il faut dire que l’autre est en dessous de tout.

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    Quand l’autre est là, présent, je l’épargne en principe. Quoi que je ressente pour lui, je suis retenue. Tandis que sur les réseaux sociaux, l’autre n’est pas là. Donc j’y vais et je le sors de l’humanité. Le passage à l’acte est toujours précédé d’une déshumanisation de l’autre.

     

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  • Les quatuors Ebène et Belcea unis en octuor pour célébrer Mendelssohn et Enescu

    A l’occasion de la publication de l’enregistrement en octuor des quatuors Ebène et Belcea, le violoniste Pierre Colombet sera, ce mercredi 18 février à 20h, l’invité du Journal du Classique.

    L’octuor à cordes est une formation singulière, à mi-chemin entre la musique de chambre et l’orchestre, dont le répertoire est assez restreint mais comprend des chefs d’œuvre majeurs signés Mendelssohn et Enescu.

    Pour servir ces partitions, les musiciens des quatuors Ebène et Belcea ont choisi d’unir leurs forces le temps d’une vaste tournée qui s’est achevée récemment à Paris et d’un enregistrement tout juste sorti chez Erato.

    Une aventure à travers le monde pour les quatuors Ebène et Belcea

    Pierre Colombet, le premier violon du quatuor Ebène nous racontera ce soir cette grande aventure à huit qui les a conduits à travers le monde. Il nous éclairera sur le travail et la réflexion nécessaires pour parvenir à créer, non pas un double quatuor, mais une vraie entité.

    Laure Mézan

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  • Le doyen des compositeurs, György Kurtag, fête ses 100 ans avec un nouvel opéra

    Né le 19 février 1926, le compositeur hongrois György Kurtag, figure majeure et farouchement discrète de la musique contemporaine, fête ses 100 ans ce jeudi. Pour l’occasion, le doyen des compositeurs offrira au public son deuxième opéra, qui sera créé à la fin de la semaine à Budapest.

    Celui qui confiait dans une rare interview à un hebdomadaire hongrois en 2017 que le travail de composition pouvait s’avérer « pénible » se déplace désormais en fauteuil roulant. Mais il n’a rien perdu de sa vivacité d’esprit ni de sa passion pour la musique, selon son entourage. « Il n’entend plus très bien. Mais en contrepartie, il ressent encore davantage, il perçoit encore plus le monde et la musique », s’émerveille Andras Keller, chef d’orchestre et directeur de Concerto Budapest, lors d’une répétition début février du nouvel opéra en un acte de György Kurtag, Die Stechardin.

    Cette nouvelle œuvre, le deuxième opéra du compositeur hongrois, conte l’histoire d’amour entre une marchande de fleurs, Maria Dorothea Stechard, et le philosophe et physicien allemand Georg Christoph Lichtenberg au XVIIIe siècle. En quelque sorte un message à Marta, l’épouse de György Kurtag, pianiste et interprète clé de son oeuvre, décédée en 2019. Pour rendre hommage au centenaire, qui a un fils également compositeur, György Kurtag Jr., Budapest accueille une série de célébrations – concerts, projection de documentaires, création audiovisuelle – qui entendent dessiner le portrait d’un artiste dont l’œuvre exigeante a marqué la musique européenne des dernières décennies.

    Les pianistes Andras Schiff et Zoltan Kocsis furent ses élèves

    Né le 19 février 1926 à Lugoj en Roumanie mais d’origine magyare, György Kurtag a commencé à apprendre le piano enfant, et étudié à Timisoara, avant de rejoindre Budapest après la guerre, où il est admis à l’Académie Franz-Liszt (Zeneakadémia) en 1946. Il y suit des cours de piano – notamment avec Pal Kadosa -, de composition – avec Sandor Veress et Ferenc Farkas- et de musique de chambre – avec Leo Weiner. Diplômé en piano et musique de chambre en 1951, puis en composition, il reçoit rapidement des distinctions nationales, avant un séjour déterminant à Paris en 1957-1958, où il travaille avec Marianne Stein et fréquente les classes de Darius Milhaud et Olivier Messiaen.

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    De retour en Hongrie, il est répétiteur de la Société philharmonique de Budapest à partir de 1960, puis enseigne à la Zeneakadémia le piano et la musique de chambre. Parmi ses élèves figurent plusieurs interprètes devenus incontournables, dont Andras Schiff et Zoltan Kocsis. Héritier d’un autre célèbre compositeur hongrois, Béla Bartók, proche par certains aspects de l’austérité et de la tension de l’Autrichien Anton Webern. Installé près de Bordeaux, en France, à partir de 1993, il était retourné en Hongrie en 2015.

    « Nombre de ses pièces ne saisissent que quelques minutes, voire moins, d’un fragment d’éternité»

    György Kurtag s’est illustré par ses compositions de forme brève et fragmentée, et son goût pour les mélodies populaires. Il a fait de la miniature un territoire majeur, notamment avec la série Jatekok (Jeux) pour piano, à la fois laboratoire, carnet intime et matériau pédagogique. Son univers est aussi profondément littéraire: il met en musique poètes et écrivains (Janos Pilinszky, Jozsef Attila, Franz Kafka, Samuel Beckett…), et devient célèbre à l’international avec des œuvres vocales et chambristes, dont Les Messages de feu la demoiselle R. V. Troussova, créés en 1981.

    Pour Gergely Fazeakas, historien de la musique, « la musique de György Kurtag rayonne d’intensité, même dans ses moments les plus silencieux et raffinés (…) Il est souvent qualifié de maître des formes miniatures. Il est vrai que nombre de ses pièces ne saisissent que quelques minutes, voire moins, d’un fragment d’éternité ».

    Le nouvel opéra de György Kurtag, Die Stechardin, sera joué par le Concerto Budapest ce vendredi en première mondiale dans la capitale hongroise dans la salle Béla Bartók.

    Philippe Gault (avec AFP)

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  • « La criminalité en France est très importante, mais ce n’est pas un système mafieux » estime la magistrate Vanessa Perrée

    Vanessa Perrée est procureure nationale du Parquet national anticriminalité organisée (PNACO). Cette toute nouvelle juridiction, entrée en fonction le 5 janvier dernier, vise à mieux lutter contre la criminalité organisée, alors que le narcotrafic concerne désormais des villes de taille réduite, épargnées jusque-là. Elle rejette les termes de « mexicanisation » ou « narco-État » pour parler de l’évolution du crime organisé en France.

    Nommée à la tête du tout nouveau parquet national contre le crime organisé, Vanessa Perrée incarne la volonté de l’État d’apporter une réponse coordonnée et musclée à la montée des réseaux criminels. « Il existe déjà un parquet national antiterroriste et un parquet national financier, spécialisés pour être plus dynamiques sur certaines infractions. Le PNACO répond à la même logique : il s’agit d’une force de frappe nationale spécialisée dans la grande criminalité organisée », explique la magistrate.

    Ce nouveau parquet se veut complémentaire des juridictions interrégionales déjà existantes. Il apporte un appui, coordonne et renforce l’action contre des réseaux qui ne connaissent pas les frontières administratives. « L’objectif est d’apporter un soutien, de coordonner et de renforcer l’action de ces juridictions régionales », précise-t-elle.

    Vanessa Perrée : « La corruption commence à apparaître, nous devons lutter sans relâche »

    Lors d’une conférence à l’université Paris Panthéon-Assas, en présence de Roberto Saviano, auteur de Gomorra, la question de la comparaison entre la France et l’Italie a été posée. Pour Vanessa Perrée, la situation française n’est pas celle d’un système mafieux : « En France, la criminalité organisée vise principalement le gain, sans idéologie, et elle est moins structurée qu’en Italie. » Elle nuance toutefois : « On a un crime organisé qui est très important en France, mais je ne pense pas et je ne veux pas croire pour le moment qu’on en soit à un système mafieux, même si les groupes criminels s’organisent, évoluent, se diversifient et diversifient bien sûr leurs activités. »

    La magistrate insiste sur l’importance de suivre les flux financiers pour contrer l’infiltration du crime organisé dans l’économie légale : « Il est essentiel de savoir d’où vient l’argent, où il va, y compris à l’étranger, pour éviter qu’il soit réinjecté dans l’économie et réutilisé pour d’autres trafics. » Elle rappelle que la corruption émerge, et que la vigilance doit être de mise : « Il faut être attentif face à la corruption, qui commence à apparaître et contre laquelle nous devons lutter. »

    DZ Mafia, une nouvelle forme de criminalité

    La coopération internationale, notamment au sein de l’Union européenne, a connu des avancées significatives ces dernières années. Les dispositifs tels que le mandat d’arrêt européen facilitent désormais l’arrestation et le transfert de suspects d’un pays à l’autre, rendant la traque des réseaux criminels transfrontaliers plus efficace. Vanessa Perrée souligne également les progrès réalisés avec certains États tiers, en particulier les Émirats arabes unis, qui étaient auparavant réputés pour leur faible collaboration sur ces sujets. « La coopération s’est nettement améliorée depuis un an et demi avec des extraditions et des saisies qui ont pu être menées à bien », explique-t-elle, insistant sur l’importance de poursuivre ces efforts avec d’autres pays clés, comme la Colombie, pour entraver les routes du trafic de drogue.

    Dans ce contexte de mondialisation des échanges et des trafics, la procureure observe aussi l’émergence de nouveaux phénomènes sur la scène criminelle française. Certains groupes, à l’image de la DZ Mafia, n’hésitent plus à s’afficher ouvertement sur les réseaux sociaux, revendiquant leur identité et leur territoire. « C’est un phénomène nouveau, qui traduit une évolution du crime organisé », analyse Vanessa Perrée. Là où la discrétion était autrefois la règle, l’ère numérique offre à ces organisations une vitrine inédite, contribuant à leur notoriété mais aussi à leur attractivité auprès des plus jeunes. Face à ces mutations, la justice doit adapter ses méthodes et redoubler de vigilance pour contrer cette criminalité qui se réinvente sans cesse.

    Vanessa Perrée : « Les jeunes croient à ce rêve, mais il s’agit d’une catastrophe »

    Vanessa Perrée insiste sur l’importance de la prévention auprès des jeunes attirés par les réseaux criminels. Elle met en garde contre les illusions véhiculées par la culture populaire : « Cette vie, ce n’est ni les jeux vidéo, ni un rêve. Ils pensent peut-être qu’ils vont gagner beaucoup d’argent, qu’ils vont être comme dans une série télé avec des armes, de l’argent, une vie facile à l’étranger. » Pour la procureure, la réalité est tout autre : s’engager dans la criminalité organisée, c’est s’exposer à la dépendance, à une violence extrême, à des menaces qui peuvent peser sur la famille, et cela concerne souvent des jeunes déscolarisés, en situation de précarité ou mal encadrés. « Ils croient à ce rêve, mais il s’agit d’une catastrophe, et la prévention est importante pour leur dire attention, vous rentrez dans quelque chose qui n’est pas un rêve, mais une impasse, avec un crime organisé qui ne va faire que vous utiliser », alerte-t-elle. Elle rappelle également la fermeté de la justice face à ces délits, soulignant que les peines prononcées sont lourdes et que la répression reste une priorité pour les magistrats français.

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    Interrogée sur les risques et menaces auxquelles elle ou d’autres magistrats peuvent être exposés, Vanessa Perrée affirme : « Je fais mon métier, qui consiste en une lutte judiciaire. Il ne s’agit pas d’une guerre contre le crime organisé, mais d’un engagement collectif mené avec de nombreux magistrats spécialisés. »

    Daphnée Cataldo

     

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  • Langue française : De la « cuisse de nymphe émue » au « caca dauphin », découvrez les noms de ces couleurs oubliées

    Au XVIIIe siècle, la palette chromatique française était d’une richesse insoupçonnée. Tandis que les classes populaires portaient des couleurs sombres, moins salissantes, la cour du roi s’enflammait pour une véritable explosion de teintes, avec une prédilection marquée pour les roses et les violets. Ces couleurs portaient des noms aussi poétiques qu’inattendus, témoignant d’une époque où chaque nuance racontait une histoire.

    « La cuisse de nymphe émue », hommage à la mythologie grecque

    Cette couleur a remporté un succès considérable au XVIIIe siècle. Il s’agit d’un rose pâle tirant sur le blanc, dont le nom vient d’une variété de rose blanche légèrement rosée. L’appellation fait référence aux nymphes, ces créatures de la mythologie grecque qui peuplent les eaux et les forêts.

    Wayne Tippetts/REX Shut/SIPA

    Un nom qui ne manque pas d’évoquer l’esprit libertin de l’époque.

    « L’Opéra brûlé » rappelle un terrible évènement du XVIIIe siècle

    Cette teinte trouve son origine dans un événement tragique : l’incendie de l’Opéra du Palais-Royal en 1781, causé par l’embrasement d’un décor. De cet événement sont nées plusieurs nuances de gris : « Feu d’Opéra », « Opéra Tison » ou encore « Fumée d’Opéra », immortalisant ainsi cette catastrophe dans la mode de l’époque.

    Le « caca dauphin » pour célébrer la naissance d’un fils de Louis XVI

    Aussi surprenant que son nom puisse paraître, cette couleur apparaît en 1781 à l’occasion de la naissance de Louis-Joseph, fils de Marie-Antoinette et de Louis XVI. Il s’agit d’une nuance proche du caca d’oie, tirant davantage sur le jaune, qui fait effectivement référence à la couleur des selles du nouveau-né royal.

    La famille des puces, inventée par Rose Bertin, couturière de Marie-Antoinette

    Toute une déclinaison chromatique s’est développée autour des puces : vieille puce, ventre de puce, cuisse de puce. Cette mode est née le jour où Marie-Antoinette arbora une robe en taffetas violet brunâtre. Louis XVI se serait alors écrié en la découvrant : « C’est la couleur des puces ! » Rose Bertin, la célèbre couturière de la reine, déclina ensuite cette teinte en plusieurs variantes. La « vieille puce » était un marron clair tirant sur l’ocre, le « ventre de puce » se caractérisait par un brun-rouge, tandis que la « cuisse de puce » affichait un marron clair.

    Ces appellations colorées témoignent d’une époque où la mode et le langage se mêlaient avec créativité et audace, transformant les événements du quotidien en références chromatiques pérennes.

    Profitons-en pour clarifier l’accord des adjectifs de couleur. S’il y a une chose à retenir, c’est que les adjectifs de couleur s’accordent rarement. Ils ne s’accordent que s’ils ne correspondent pas à un nom, c’est-à-dire s’ils sont uniquement adjectifs. Voici des exemples de mots qui correspondent à des noms et qui ne s’accordent pas :

    • Des pulls marron (au singulier, sous-entendu : de la couleur du marron)
    • Des robes orange (au singulier, sous-entendu : de la couleur de l’orange)
    • Les six exceptions

      Il existe toutefois six adjectifs qui correspondent à des noms mais qui s’accordent : écarlate, mauve, pourpre, incarnat, fauve et rose.

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      Ces règles d’accord, bien que complexes, témoignent de la richesse et de la précision de la langue française. Et pour répondre à la question : oui, quand Maxime Le Forestier parle d’une « maison bleue » dans sa chanson San Francisco, bleu s’écrit bien avec un « e » final. Là, on est tranquille.

      Karine Dijoud

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    • Jean-Baptiste Henriat nommé directeur général de l’Orchestre National de Lille

      Le conseil d’administration de l’Orchestre National de Lille a annoncé la nomination de Jean-Baptiste Henriat à la direction générale de l’institution lilloise. Il entrera en fonction en mai prochain.  

      Alors qu’il célèbre cette année les 50 ans de sa création par Jean-Claude Casadesus, honoré ma semaine dernière par les Trophées radio Classique, l’Orchestre National de Lille a nommé Jean-Baptiste Henriat au poste de directeur général. Une nomination avalisée par la ministre de la Culture, Rachida Dati, et et en plein accord avec la Région des Hauts-de-France, la Métropole européenne de Lille et la Ville de Lille. Le nouveau dirigeant succède à François Bou qui a quitté l’Orchestre National de Lille en février 2025 après dix ans d’exercice à ce poste.

      À 38 ans, Jean-Baptiste Henriat a suivi un cursus au croisement de la musique, du management culturel et des politiques publiques. Diplômé de Sciences Po Paris, il a suivi parallèlement une formation musicale (piano, violon, direction d’orchestre et chant lyrique) et a travaillé plusieurs années au sein d’ensembles vocaux spécialisés. Depuis 2017, il travaillait à Radio France. D’abord comme chef de cabinet à la direction de la musique puis, depuis 2017, en tant que délégué général du chœur du groupe radiophonique public.

      « Amplifier l’action de l’ONL en faveur de l’enfance et la jeunesse, ainsi qu’à un public familial »

      En étroite collaboration avec Joshua Weilerstein, directeur musical de l’Orchestre national de Lille depuis septembre 2024 , et en lien avec François Decoster, président du conseil d’administration, Jean-Baptiste Henriat conduira, selon le communiqué du ministère de la Culture, « un projet d’excellence musicale et de partage, fidèle aux ambitions fondatrices de l’orchestre (…) Il accordera une attention particulière au développement d’une programmation valorisant le patrimoine musical comme la création sous ses différentes esthétiques ».

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      «Je me réjouis de la confiance qui m’est accordée par l’ensemble des partenaires de l’Orchestre national de Lille, représentés au sein de son conseil d’administration. Nous partageons une conviction : celle du rôle indispensable de l’Orchestre National de Lille comme outil puissant d’une politique culturelle qui se met au service des habitants, d’un territoire et d’un vaste répertoire symphonique dans lequel se croisent les formats et les esthétiques », a réagi Jean-Baptiste Henriat.

      Le nouveau directeur général de l’Orchestre National de Lille entend par ailleurs « amplifier l’action de l’orchestre en faveur de l’enfance et la jeunesse, ainsi que son adresse à un public familial, dans une démarche pleinement engagée en faveur de l’accessibilité, la diversité, l’égalité entre les femmes et les hommes et la transition écologique ».

      Jean-Baptiste Henriat prendra ses fonctions début mai 2026 et sera présenté lors de la conférence de presse des 50 ans de l’Orchestre National de Lille le jeudi 26 mars.

      Philippe Gault

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    • Gwendoline Blondeel célèbre l’amour à travers l’art si touchant de la monodie

      À l’occasion de la publication de son album « Amor eterno », Gwendoline Blondeel sera, ce mardi 17 février à 20h, l’invitée du Journal du Classique.

      C’est le genre si intime, si expressif et si simple de la monodie que Gwendoline Blondeel a choisi de mettre en avant dans un superbe album sorti chez Harmonia Mundi, enregistré avec Quito Gato et quelques autres complices. La monodie, c’est cet art du chant à une seule voix qui a remplacé la polyphonie à la Renaissance pour mettre en avant les mots, le texte, et qui sera ainsi à la source de l’opéra.

      Nous nous plongerons, avec son interprète, dans ce délicieux album construit autour du sentiment amoureux, dans toute sa tendresse comme sa passion ou ses douleurs, tel qu’il a été exprimé aux XVIe et XVIIe siècles. Et cela à travers un florilège de canzonette, airs de cour, brunettes, villanelles et autres madrigaux français, italiens ou espagnols.

      Laure Mézan

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