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  • Avec « Purple Baton », la cheffe Marin Alsop se bat pour la carrière des femmes dans la direction d’orchestre

    À l’occasion du mois de la Femme, Marin Alsop, première femme nommée à la tête d’un grand orchestre américain, lancera en mars la deuxième campagne de #PurpleBaton. Ce mouvement mondial, diffusé sur les réseaux sociaux, vise à promouvoir la carrière des cheffes d’orchestre dans la musique classique.

    Une baguette violette (Purple Baton), c’est le symbole de la campagne #PurpleBaton lancée en 2025 par Marin Alsop pour appeler à une meilleure représentation des femmes directrices musicales et cheffes d’orchestre. L’an dernier, 114 chefs d’orchestre et organisations musicales dont Yannick Nezet-Séguin, Soo Jin Chung, Leonard Slatkin, le New York Philharmonic ou le Philadelphia Orchestra s’étaient joints au mouvement.

    Selon un rapport de la fondation Donne (mouvement mondial pour amplifier la voix des femmes dans la musique) publié en 2024, seulement 10,1% des chefs d’orchestres et directeurs musicaux étaient des femmes. Un constat d’une disparité préoccupante que Marin Alsop dénonce à travers cette campagne mais également par le biais de Taki Alsop, la bourse qu’elle a lancée et qui a déjà permis à 42 cheffes d’orchestres de pouvoir bénéficier d’un accompagnement et d’un mentorat pour faire progresser leur carrière. Actuellement 32 lauréates de cette bourse occupent des postes de directrices musicales ou de cheffes principales au sein de grands orchestres dans le monde entier.

    Marin Alsop : « œuvrer pour la construction d’un secteur plus équitable »

    Pour cette deuxième campagne, qui sera lancée début mars, toute personne souhaitant s’associer au mouvement peut commander sa baguette violette, moyennant 15 dollars sur un site dédié et est encouragée à utiliser le hashtag #PurpleBaton sur les réseaux sociaux. « le mouvement #PurpleBaton, témoigne du soutien international aux femmes cheffes d’orchestre et à celles qui occupent des postes à responsabilité dans la musique classique », explique Marin Alsop, ajoutant : « Les participant(e)s s’engagent à œuvrer activement pour un avenir riche de possibilité et la construction d’un secteur plus équitable ».

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    Très investie dans cette campagne, la cheffe d’orchestre américaine de 69 ans dirigera le dimanche 8 mars, à l ‘occasion de la Journée internationale des droits des Femmes, le Webern Symphonie Orchester au Musikverein de Vienne dans un programme consacré à des œuvres de Richard Strauss, Alban Berg et du jeune compositeur sud-coréen Ingi Kim.

    En mars on retrouvera également Marin Alsop à la tête de l’Orchestre Symphonique de la radio autrichienne (ORF) pour des concerts en Pologne, avec le Philharmonia Orchestra pour trois dates en Angleterre avant d’entamer une tournée aux Etats-Unis avec le Philhadelphia Orchestra dont elle est cheffe principale invitée jusqu’en 2028.

    Philippe Gault

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  • Festival de Pâques d’Aix-en-Provence : « Le public ne déserte pas ! » se félicite Dominique Bluzet

    Dominique Bluzet est le co-créateur du Festival de Pâques d’Aix-en-Provence, qui se déroulera cette année du 28 mars au 12 avril. Invité des Voix de L’économie, il nous détaille les enjeux de cette édition 2026, et annonce un taux de fréquentation entre 90 et 95%.

    Le festival de Pâques d’Aix-en-Provence commence le 28 mars, et va durer jusqu’au 12 avril. Comment se porte-t-il économiquement ?

    DOMINIQUE BLUZET : Il se porte plutôt bien. C’est une période compliquée pour tout le secteur culturel. Il y a des problèmes financiers dans l’ensemble des collectivités, l’État réduit ses dotations, ça impacte les collectivités territoriales. Le mécénat est à la peine mais on a la chance que les salles soient pleines. Le public est là et aujourd’hui notre meilleur socle, c’est la consommation des ménages en matière culturelle. On est sur des taux de fréquentation qui se situent entre 90 et 95 % de taux de remplissage. Donc le public ne déserte pas. Sur le reste, ça implique aussi chez nous qu’on balaye devant notre propre porte et qu’on soit capable de modifier certaines de nos habitudes qui ont été prises pendant longtemps.

    Il y a plusieurs grandes sources de revenus pour un festival. Il y a la billetterie d’un côté, le mécénat des entreprises et également aussi, vous concernant, un soutien public ?

    D.B. : Il y a un petit soutien public de la région Sud. Renaud Muselier nous a aidé à mettre en place un outil de circulation dans les villages éloignés parce que cette notion de solidarité territoriale était importante. Deuxièmement, on a un grand mécène qui est le CIC et ça, c’est une chance depuis 12 ans d’avoir un pilier comme ça qui n’a jamais varié.

    Et le mécénat vous rapporte plus que la billetterie ?

    D.B. : Le mécénat nous rapporte plus que la billetterie aujourd’hui. En gros, le mécénat représente 50 %, la billetterie, c’est 40 % et les 10 % restants proviennent de la relation aux entreprises, les locations d’espaces, et cetera. Ce qui est compliqué aussi, c’est que quand vous dirigez un festival, vous accueillez des artistes sur un territoire. Le Covid a changé beaucoup de choses pour nous, par exemple dans l’hôtellerie. Il y avait à Aix-en-Provence beaucoup d’hôtels trois étoiles qui ont fermé au moment du Covid, qui ont rouvert après travaux mais en passant en quatre étoiles, donc avec une augmentation du prix des chambres qui est conséquente et qui nous impacte très difficilement. Donc vous avez à la fois une augmentation des prix, une difficulté sur les financements, et cet effet ciseau est compliqué comme pour tout le monde.

    Dominique Bluzet : « Le concert est devenu pour certains musiciens la principale source de revenus »

    Les festivals sont en difficulté ces dernières années. Est-ce que cela a un impact également sur le cachet des artistes ?

    D.B. : Le problème c’est qu’il y a des artistes qui sont dans un déni et qui vous disent « oui mais moi comme il y a moins de festival ou qu’on joue moins, il faut que j’augmente mes cachets ». Tout le monde ne gagne plus la même chose aujourd’hui sur l’industrie du disque ou du streaming. Donc le concert est devenu pour certains musiciens la principale source de revenus, ce qui n’était pas le cas il y a 20 ans. Il y a 20 ans, c’était le disque qui était la principale source de revenus des artistes. Aujourd’hui, c’est différent. Donc toute cette économie est en plein bouleversement, on n’a pas beaucoup de visibilité, en dehors de quelques grands titres. Vous avez des très grosses stars de la musique qui remplissent des stades, et puis à côté de ça, vous avez des milliers et des milliers de jeunes artistes pour qui c’est difficile.

    Vous parlez de ces grandes stars, de ces têtes d’affiche. Il y aura cette année Renaud Capuçon qui est directeur artistique du festival, mais aussi son frère, le violoncelliste Gautier Capuçon, Bertrand Chamayou, Jordi Savall. Il faut savoir les attirer, ces grandes stars, pour pouvoir faire fonctionner un festival ?

    D.B. : Lorsqu’on a créé ce festival avec Renaud Capuçon, on se disait que l’important était à la fois d’inviter des stars mondiales, et en même temps d’accompagner une jeune génération montante, de faire en sorte qu’ils puissent éclore à Aix-en-Provence. On s’est beaucoup battu pour ce mélange intergénérationnel. Donc oui, on peut croiser Martha Argerich, Gautier Capuçon, des très grands orchestres, et des tas de jeunes musiciens. Les concerts sont pleins. Souvent, [ces jeunes] vont gagner des prix, devenir à leur tour des artistes internationaux et c’est important qu’ils aient commencé chez nous.

    Dominique Bluzet : « La musique ne peut pas être réservée à ceux qui payent leur place »

    On évoque les grands concerts, mais le festival de Pâques d’Aix-en-Provence, ce sont aussi des concerts gratuits dans la rue, dans les hôpitaux, dans les petits villages de la région. Comment vous arrivez à les financer, ces concerts-là ?

    D.B. : On a toute une partie du mécénat qui est fléchée sur « musique en partage ». Pour nous, il y a une notion de solidarité musicale. La musique ne peut pas être réservée à ceux qui payent leur place. On a une mission qui n’est pas simplement culturelle. Je pense que chaque citoyen, chaque individu doit se poser la question : dans quel monde veut-on vivre demain ? Qu’est-ce qu’on veut pour nos enfants ? La culture a comme fonction de garantir une certaine forme de démocratie en maintenant un éveil de l’intelligence. Si demain, il n’y a plus ça, on vivra dans des dictatures avec des prêt-à-penser comme on en voit dans certains pays d’Europe ou du monde. Et c’est très important que chaque décideur se dise : là où je suis, qu’est-ce que je veux pour mes enfants ? Qu’est-ce que je veux pour mes petits-enfants ? Dans quel monde je veux qu’ils vivent ? Un monde apaisé a besoin d’une culture forte, parce que les lieux culturels, ce sont les derniers lieux du vivre-ensemble. Vous réunissez dans une salle des gens venus de tous horizons qui sont là pour profiter ensemble de quelque chose et il y a de moins en moins de lieux de partage. Et il faut se battre impérativement pour que ça, on le conserve.

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    Un mot sur le prix des billets, est-ce qu’il a augmenté ces dernières années ?

    D.B. : Très peu, moins que l’inflation. On essaye qu’il y ait des places qui soient à partir de 7, 8, 9 euros. Le Festival de Pâques est encore à un prix très raisonnable et donc, je crois que les gens peuvent venir à la fois découvrir des choses qu’ils ne connaissent pas, voir l’orchestre de Munich qui va être en résidence pendant 3 ans. On avait voulu donner une dimension internationale et européenne au festival de Pâques. Le fait d’avoir en résidence comme ça un orchestre de dimension internationale avec un chef, Lahav Shani, qui est un symbole en lui-même, c’était important. Et puis à côté de ça, toutes ces stars qui seront là, tous ces jeunes, tous ces concerts qu’on fait dans la rue, dans les villages, dans les hôpitaux. Ça crée un festival solidaire, un festival à mission. C’était la mission que nous avait confiée le CIC et c’est celle qu’on essaye de remplir.

     

     

     

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    4 ans de guerre en Ukraine : des concerts à Kiev pour prouver que les Ukrainiens sont « indestructibles »

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  • Charles VII : au-delà de son lien avec Jeanne d’Arc, la destinée inouïe d’un prince fragile devenu le « Victorieux »

    Au cœur d’un royaume de France meurtri par la guerre de Cent Ans, un jeune prince fragile, bousculé par l’Histoire, va accomplir l’un des plus spectaculaires retournements de situation de la monarchie française. Entre intrigues familiales, trahisons, épopée militaire et rencontres providentielles, la trajectoire de Charles VII, d’abord moqué et rejeté, finit par s’imposer comme une aventure hors du commun. Retour sur le destin inattendu de celui que l’on surnomma le Victorieux.

    Le 22 février 1403, dans l’hôtel Saint-Paul à Paris, Charles vient au monde, onzième enfant de Charles VI et d’Isabeau de Bavière. Rien ne prédestine ce cadet à la couronne, si ce n’est une succession de drames familiaux et de bouleversements politiques. Son enfance s’écoule à l’abri des fastes royaux, entre nourrices, médecins et précepteurs, dans une atmosphère alourdie par la folie de son père et la froideur de sa mère. L’assassinat de son oncle Louis d’Orléans par Jean sans Peur, duc de Bourgogne, en 1407, précipite la France dans le chaos, alors que Charles n’est encore qu’un enfant.

    À dix ans, il est fiancé à Marie d’Anjou, sous la protection de la puissante Yolande d’Aragon, sa belle-mère, qui le soustrait à Paris pour l’élever dans sa cour. Mais le destin s’en mêle : la noblesse française est décimée à Azincourt, les Anglais gagnent du terrain, et la mort prématurée de ses frères fait de Charles, à 14 ans, le dauphin de France. Dès lors, l’adolescent se retrouve plongé au cœur de la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons, tiraillé entre les ambitions rivales et les trahisons.

    La rencontre décisive avec Jeanne d’Arc

    L’année 1419 marque un tournant dramatique. Lors d’une rencontre diplomatique sur le pont de Montereau, le duc de Bourgogne est assassiné. Charles, bien que clamant son innocence, se retrouve isolé : Philippe le Bon, nouveau duc de Bourgogne, se rapproche des Anglais. En 1420, le traité de Troyes le déshérite officiellement au profit du roi d’Angleterre. Humilié, rejeté, Charles se replie à Bourges, réduit à un roi sans couronne, surnommé avec ironie le « petit roi de Bourges ».

    Les défaites s’accumulent, la légitimité du dauphin vacille, la France aussi. Pourtant, alors que tout semble perdu, une jeune fille surgit des marches de Lorraine : Jeanne d’Arc. Animée par des voix célestes, la Pucelle rallie Charles, le convainc de sa destinée et le pousse à reprendre la lutte. Grâce à Jeanne, Orléans est libérée en 1429, la confiance renaît, les victoires s’enchaînent. L’épopée atteint son apogée avec le sacre de Charles à Reims, le 17 juillet 1429, sous le regard ému de Jeanne. Pour le peuple, l’onction sacrée efface les doutes : Charles VII devient, aux yeux de tous, le véritable roi de France.

    Jacques Cœur et Agnès Sorel : les alliés inattendus du roi Charles VII

    Le sacre n’est pourtant qu’une étape. Jeanne d’Arc, après avoir échoué à reprendre Paris, est capturée et brûlée à Rouen, sans que Charles n’intervienne. Mais la graine de la reconquête est semée. Pour restaurer l’unité du royaume, une réconciliation s’impose avec le duc de Bourgogne. En 1435, le traité d’Arras scelle la paix et permet la reprise de Paris l’année suivante. Charles VII, désormais plus assuré, s’entoure de nouveaux alliés, dont le célèbre argentier Jacques Cœur, qui réorganise les finances du royaume et soutient la modernisation de l’armée.

    Un autre soutien inattendu va jouer un rôle décisif : Agnès Sorel. Première favorite officielle de l’histoire de France, elle insuffle au roi une énergie nouvelle, le pousse à reprendre la guerre contre l’Angleterre. Selon la légende, un astrologue habilement convoqué par Agnès aurait piqué l’orgueil royal, précipitant la reprise des hostilités. Dès 1449, Charles VII lance la reconquête : la Normandie puis la Guyenne sont libérées, ne laissant aux Anglais que Calais.

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    Au crépuscule de sa vie, Charles VII peut contempler le chemin parcouru. De prince fragile, évincé et moqué, il s’est imposé comme le sauveur du royaume, réconciliant la France avec elle-même. Surnommé le Victorieux, il n’oublie pas celle qui lui avait rendu foi en sa mission : Jeanne d’Arc, dont il encouragera la réhabilitation.

    Franck Ferrand

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  • Operalia 2026 : La 33e édition du grand concours international de chant lyrique aura lieu à Shanghai

    Pour la deuxième fois après Pékin en 2012, le grand concours de chant lyrique Operalia, organisé par Plácido Domingo, se déroulera cette année en Chine. La 33e édition de la compétition aura lieu cette fois-ci à Shanghai dans la salle d’opéra réalisée par l’architecte français Christian de Portzamparc.

    Du 26 octobre au 1er novembre 2026, la quarantaine de finalistes retenus pour la 33e édition du concours international de chant lyrique Operalia, organisé par Plácido Domingo depuis 1993, s’affrontera à Shanghai pour tenter de succéder à la mezzo-soprano géorgienne Ekaterine Buachidze et au baryton roumain Mihai Damian, les deux lauréats de l’édition 2025 distingués à Sofia. Il s’agira de la cinquième édition de la compétition à se dérouler en Asie après Tokyo (1997), Pékin (2012), Astana (2017) et Bombay (2024).

    C’est précisément dans l’opéra de Shangyin, au cœur du quartier historique français au sud du centre-ville de Shanghai, que se dérouleront les épreuves finales de cette édition 2026 du concours Operalia. Le bâtiment de l’opéra de Shangyin, inauguré en 2019, a été conçu par le cabinet de l’architecte français Christian de Portzamparc à qui l’on doit également la Cité de la musique à Paris et la Philharmonie de Luxembourg . D’une superficie de 30.000 m2, l’édifice, extension du conservatoire de musique de Shanghai, abrite une salle de concert de 1.200 places et quatre salles de répétition.

    La phase de candidature en ligne est ouverte jusqu’au 12 mai

    Comme chaque année, le Concours Operalia est ouvert à des chanteuses et chanteurs lyriques âgés de 20 à 32 ans qui doivent soumettre leur candidature en ligne via un portail dédié. Les postulant(e)s ont jusqu’au 12 mai pour s’inscrire et adresser au jury des enregistrements vidéo (de moins d’un an) de deux airs de deux opéras différents de leur choix et seuls les accompagnements en direct au piano ou par orchestre seront acceptés. Plusieurs centaines de candidatures sont recensées chaque année.

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    À l’issue des deux premiers tours de compétition (quarts de finale et demi-finales), les dix finalistes sélectionnés par le jury présidé par Plácido Domingo s’affronteront lors d’une épreuve sous forme d’un concert de gala, accompagnés par un orchestre symphonique. Plusieurs catégories seront primées : 2 Premiers Prix (femme et homme), 2 Prix Birgit Nilsson (femme et homme sur des airs de Strauss et Wagner), 2 Prix Zarzuela (femme et homme), 2 Prix du public Rolex (femme et homme) et le Prix CultureArte.

    Comme c’est le cas depuis 2010, les épreuves finales du Concours Operalia seront retransmises en direct puis accessibles en replay sur la plateforme de streaming medici.tv

    Philippe Gault

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  • Grâce à ses millions de dressings fabriqués chaque année, l’ETI Alsapan contribue à gagner des mètres carrés en optimisant notre rangement

    KPMG vous invite à écouter l’interview de Cécile Cantrelle, Présidente d’Alsapan (Groupe Strub), belle ETI basée à Dinsheim-Sur-Bruche (Bas-Rhin).

    Leader européen du meuble et de l’aménagement de la maison, l’ETI est partenaire d’IKEA, Leroy Merlin, BUT et Conforama. Dans ses usines françaises, elle fabrique des meubles en kit qui équipent nos intérieurs : caissons de cuisine, chambres à coucher, plans de travail et solutions de rangement. L’ETI produit chaque année plusieurs millions de dressings, s’imposant comme le spécialiste français du dressing en gros volume.
    Face à la réduction de la taille des logements, Alsapan innove pour optimiser l’espace : rangements en hauteur, largeurs sur-mesure, solutions intelligentes qui permettent à chacun de gagner des mètres carrés précieux.

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  • L’ensemble Ouranos déploie de nouvelles palettes de couleurs à travers la transcription

    À l’occasion de la publication du nouvel album de l’ensemble Ouranos, deux de ses membres, Mathilde Calderini et Philibert Perrine, seront, ce lundi 16 février à 20h, les invités du Journal du Classique.

    Leur troisième enregistrement (premier sous le label Alpha) est placé sous le signe de la transcription. Les musiciens du quintette Ouranos nous invitent ainsi à découvrir, sous un nouvel éclairage, le Tombeau de Couperin de Ravel et le quatuor n° 8 de Chostakovitch.

    Un album qui nous permet d’apprécier leurs qualités de coloristes

    Car ils déploient ici une large palette de textures, parviennent à restituer de véritables pâtes orchestrales ou à se rapprocher du jeu des instruments à cordes. La flûtiste Mathilde Calderini et le hautboïste Philibert Perrine nous éclaireront ce soir sur ce programme qui met également à l’honneur une œuvre originale pour quintette à vent, Summer Music de Samuel Barber.

    Laure Mézan

    Retrouvez le journal du classique du lundi au vendredi à 20h

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  • 4 ans de guerre en Ukraine : des concerts à Kiev pour prouver que les Ukrainiens sont « indestructibles »

    À l’occasion du triste quatrième anniversaire du début de l’intervention russe en Ukraine (24 février 2022) et dans le cadre d’un projet de solidarité ukraino-américain, une série de concerts de musique classique est programmée tout au long du mois sur des points stratégiques de la capitale ukrainienne. Le premier a eu lieu vendredi dans la gare centrale.

    Entre deux alertes aériennes, les musiciens de l’Orchestre classique de Kiev ont offert vendredi soir dans la gare centrale de la capitale une petite heure de concert aux voyageurs en pleine guerre avec la Russie. Des morceaux des compositeurs ukrainiens Myroslav Skoryk et Semyon Goulak-Artemovsky, mais aussi des extraits d’œuvres de WA Mozart ou de George Gershwin ont résonné dans une immense salle d’attente de la gare, transformée depuis des semaines en « point d’invincibilité », du nom de ces lieux où la population peut aller se réchauffer et recharger ses téléphones.

    Très soigné dans son manteau à col de fourrure et son écharpe blanche, le chef d’orchestre Guerman Makarenko a dirigé ses neuf instrumentistes à corde devant plusieurs dizaines de personnes, souvent venues par hasard. Pour attirer les voyageurs, l’orchestre avait d’abord joué un premier morceau en haut des immenses escaliers de la gare. « La musique classique, c’est ce dont on a besoin en ce moment. Je suis tellement contente », a expliqué en souriant Zinaïda Iarmolenko, une retraitée de 76 ans, présente par hasard, attirée par les premières notes de musique.

    « Aujourd’hui, la musique est la médecine de l’âme »

    Organisé dans le cadre d’un projet de solidarité ukraino-américain « Cold Winter 2026: Kyiv and Seattle Together » (Hiver froid 2026 : Kiev et Seattle ensemble), ce concert était le premier d’une série d’autres dans les semaines à venir (annoncés au fur et à mesure sur la page Facebook de l’orchestre), a expliqué Tetiana Marozova, une des organisatrices. « Dans ces conditions si dures, sans chauffage, sans électricité, nous devons réchauffer non seulement les corps mais aussi les âmes et apporter un peu de joie », a-t-elle souligné.

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    Les bombardements russes intensifs sur les infrastructures énergétiques ukrainiennes ces derniers mois ont privé des centaines des milliers de foyers de chauffage et d’électricité, au cœur d’un hiver particulièrement glacial. « Aujourd’hui, la musique est la médecine de l’âme », a renchéri le chef d’orchestre Guerman Makarenko, assurant vouloir se battre sur « le front de la culture » et prouver que les Ukrainiens sont « indestructibles ».

    A Friday night concert in Kyiv to ‘warm souls’ https://t.co/e4yksjwji5

    — PhotoTelegram (@PhotoTelegram) February 14, 2026

    Parallèlement, d’autres concerts-hommages auront lieu dans le monde à cette occasion. Ce sera notamment le cas le 27 février à Helsinki où l’association des Ukrainiens de Finlande proposera un récital réunissant des musiciens finlandais et ukrainiens.

    Philippe Gault (avec AFP)

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  • Municipales 2026 à Mayenne : Attirer les médecins, l’enjeu numéro 1 de la campagne électorale

    Mayenne, située dans les Pays-de-La-Loire, fait partie des déserts médicaux. Un phénomène loin d’être isolé, puisqu’en France, 87% du territoire est touché par la pénurie de médecins, et que 6 millions de personnes n’ont pas de médecin traitant. 

    En campagne pour sa réélection, le maire PS de Mayenne, Jean-Pierre Le Scornet, préfère les rencontres chez l’habitant aux meetings. Ce soir-là, l’un de ses colistiers a réuni dans son salon un groupe d’une dizaine d’amis, de collègues et de connaissances. « Est-ce que vous avez des sujets particuliers à évoquer sur la question de l’accès aux soins ? », interroge l’élu. Les témoignages se succèdent, révélant l’ampleur du problème. « On habite en Mayenne depuis plus de 20 ans, et notre médecin est à Andouillé. Je trouve ça dommage : une ville de plus de 12 000 habitants, et il faut faire la route pour aller chez le médecin », déplore un habitant.

    Une autre habitante enchaîne : « Après, tu dois faire des radios, des échos… Pour tout ça, à l’hôpital de Mayenne, dans l’année, c’est foutu. Tu appelles Laval, il faut rappeler au mois de juin. » Un couple récemment installé confirme : « Nous, ça fait un an et demi qu’on est là. On est sur liste d’attente à Mayenne. Trouver un médecin traitant de proximité, c’est impossible. »

    Le maire de Mayenne Jean-Pierre Le Scornet défend son bilan

    Jean-Pierre Le Scornet, également président de la communauté de communes, défend son action. L’année dernière, un centre de santé a ouvert, rappelle-t-il. La collectivité paie aussi les charges du pôle santé de Mayenne, qui regroupe une centaine de professionnels. C’est là qu’exerce le docteur Luc Duquesnel : « J’ai 1 700 patients, alors que la moyenne nationale est de 1 100. Je suis donc déjà nettement au-dessus, tout en travaillant à mi-temps, parce que je fais aussi des gardes de régulation pour le Centre 15. » Connu comme le loup blanc à Mayenne, il est aussi le président de la branche des généralistes à la Confédération des Syndicats Médicaux Français.

    « Ça fait deux ans que je pourrais prendre ma retraite, j’ai 69 ans. Tant que mon état de santé le permet – et je suis en pleine forme –, je continue à travailler parce que j’adore mon métier. En plus, je culpabiliserais de partir. Sur le pôle de santé, on a encore perdu quatre médecins généralistes l’an dernier », confie le Dr Duquesnel. Mais une lueur d’espoir pointe : « Notre grosse attente sur notre territoire, c’est qu’on va accueillir neuf docteurs juniors à partir du 1er novembre. »

    Le pari des docteurs juniors

    Pour valider leur quatrième année d’internat, ces docteurs juniors vont venir en renfort pendant six mois à un an, voire plus longtemps, espère Luc Duquesnel. « On va les accompagner, on va les cocooner pour leur créer des conditions de vie agréables et conviviales. On va trouver un travail pour le conjoint, on met à disposition aussi éventuellement des voitures électriques. » 

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    Leur installation est entièrement prise en charge, explique le maire Jean-Pierre Le Scornet : « On leur paie le loyer, à la fois du cabinet et de leur hébergement. On a évalué le coût à 50 000 euros par an, plus, je pense, entre 25 000 et 30 000 euros le coût de l’hébergement. Ça représente évidemment un investissement important. S’il faut qu’on baisse la voilure sur d’autres sujets, on le fera. De toute façon, il n’y a pas le choix. » Sans compter ce nouvel investissement, l’élu rappelle que le budget santé de la communauté de communes est passé en six ans de 280 000 à 700 000 euros.

    Laurie-Anne Toulemont

    Liste des candidats à Mayenne :

    Jean-Pierre Le Scornet, PS

    Adrien Mottais, conseiller municipal d’opposition UDI, qui présente une liste Sans étiquette

     

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  • Municipales 2026 à Lyon : Sidérés, plusieurs candidats ont interrompu leur campagne électorale après la mort de Quentin

    À Lyon, plusieurs candidats aux municipales ont choisi d’interrompre leur campagne hier. Cela fait suite à la mort de Quentin samedi, après une agression. Le jeune homme de 23 ans, proche de la mouvance nationaliste, a été roué de coups en marge d’un meeting de la députée LFI Rima Hassan.

    Selon le collectif Nemesis, proche de l’extrême droite, le jeune homme aurait été agressé par des militants Antifa. Pour le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, c’est bien l’ultragauche qui est à la manœuvre. Une enquête a été ouverte et les réactions sont nombreuses du côté de la classe politique. Emmanuel Macron appelle au calme et à la retenue. Le ministre de la Justice Gérald Darmanin accuse LFI de créer un terreau fertile à la violence politique. Quant au leader insoumis Jean-Luc Mélenchon, il se dit sidéré. À Lyon, la sidération plane sur la campagne des municipales

    Une agression comme celle dont a été victime Quentin, en fin de semaine dernière, c’est du jamais vu dans la Capitale des Gaules, pour Thomas Rudigoz. Il se présente en tant que tête de liste dans le 5e arrondissement, pour la droite et le centre, derrière Jean-Michel Aulas. Les tensions entre identitaires et mouvances d’extrême gauche sont fortes, reconnaît-il, mais jamais ça n’est arrivé jusqu’à la mort d’un jeune homme. On ne sait pas encore qui est derrière l’agression du jeune homme, proche du collectif d’extrême droite Némésis. Mais est-ce que ce drame aura un impact sur les municipales ? Pas vraiment, prédit Thomas Rudigoz, qui estime que ce qui s’est passé concerne des mouvances, pas son parti par exemple.

    Faire la lumière sur la mort de Quentin, un souhait partagé par les candidats

    Du côté du RN, on dénonce malgré tout une violence qui remplace le débat démocratique. Le porte-parole du parti Andréa Kotarac, également président du groupe RN au conseil régionale Auvergne-Rhône-Alpes s’en remet à l’Etat pour faire la lumière sur les faits. Un besoin de clarté également relayé par la candidate LFI Anaïs Belouassa Cherifi.

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    Grégory Doucet, le maire de Lyon et candidat à sa réélection appelle quant à lui à l’apaisement. Il le rappelle. Son rôle, en tant qu’édile, c’est bien de garantir que le débat démocratique puisse se faire, sans violence. Le Parquet de Lyon doit s’exprimer sur l’avancée de l’enquête ce lundi à 15h. Il a fait état hier de « plusieurs témoignages significatifs ».

    Servane de Pastre

     

    LISTE DES CANDIDATS A LYON

    • RN/UDR : Alexandre Dupalais
    • Droite/centre : Jean-Michel Aulas
    • LFI : Anaïs Belouassa Cherifi
    • Ecolo : Grégory Doucet
    • PRG : Nathalie Perrin-Gilbert
    • Centre gauche : Georges Képénékian
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    • Loi sur l’aide à mourir : « Ce serait bien plus intéressant de faire valoir les valeurs du soin et les décliner tout au long de la vie » lance le médecin Alexis Burnod

      Alexis Burnod est chef du service de soins palliatifs à l’Institut Curie de Paris. Invité de la matinale de Radio Classique, il réagit à la proposition de loi sur l’aide à mourir, qui après le rejet du Sénat, revient aujourd’hui à l’Assemblée nationale. Auteur de Fin de vie, le cas de conscience, un défi éthique collectif, aux éditions de l’Observatoire, il plaide pour un recours à l’aide à mourir qui reste applicable au cas par cas, mettant d’abord en valeur le soin du patient. 

      On pensait qu’à l’instar des autres pays européens, à l’instar de l’époque aussi, la France adopterait sans trop d’états d’âme une loi sur l’euthanasie et le suicide assisté. Et finalement, non. Comment expliquez-vous que la France recule face à ce que certains considèrent comme l’entrée dans la modernité ?

      ALEXIS BURNOD : La France est probablement le seul pays du monde qui a autant travaillé sur la question. Nous avons une législation qui, au cours de ces 25 dernières années, est allée assez loin.

      1999 : un droit pour tous à accéder aux soins palliatifs.

      2002 : la possibilité de renoncer à un traitement.

      2005 : la possibilité de pouvoir être accompagné, de pouvoir avoir le soulagement de la douleur quoi qu’il en coûte, c’est la loi dite Leonetti.

      En 2016 : la possibilité, jusque dans les situations de fin de vie difficiles, malgré tout ce qu’on peut obtenir, de pouvoir être endormi.

      Un Conseil national d’éthique a aussi réfléchi pendant des années à tenir ce chemin difficile entre l’interdiction de l’acharnement thérapeutique et l’interdiction du faire mourir. Deux murs infranchissables pour trouver une liberté au milieu de tout ça, et peut-être éviter de dépasser des bornes qui font qu’à un moment il n’y a plus de limite. Il y a dans le monde un réseau international composé d’associations qui militent pour bien autre chose qu’une fin de vie un peu accélérée. Elles plaident pour ce qu’on appelle un droit de mourir, c’est-à-dire la possibilité de choisir le jour et l’heure de finir sa vie de manière programmée. Le Sénat l’a d’ailleurs dénoncé dans son rapport de la Commission des affaires sociales et a dit que le projet avait complètement quitté le champ de la fin de vie pour aller vers ce projet d’autodétermination alors qu’on nous avait dit complètement autre chose. Voyant qu’il y a une tromperie qui est en train d’arriver, il y a ce coup de frein très fort [de la part] des Français, du Sénat et d’associations de personnes handicapées ou fragilisées par la vie. L’association « Les Éligibles et leurs aidants » ont pour la première fois réagi en disant : « Ce n’est pas possible, cette loi va trop loin. Où va-t-on ? » Je pense que c’est un sursaut national collectif qui fait du bien et qui, j’espère, va mettre un peu de retenue dans les votes dans 10 jours.

      Plus on étudie ce sujet-là, plus on doute. Et d’ailleurs, tous les cas pratiques, plutôt les cas humains que vous signalez dans votre livre, sont des invitations à douter. On sort de là, on ne sait plus ce qu’il faut penser.

      A.B. : Absolument. L’être humain est ainsi. Penser qu’une loi qui rend quelque chose possible pour l’un ne va pas toucher l’autre, c’est complètement faux. On se compare, on se copie, il y a des effets de mode sur tout. Lorsque nous sommes traversés par la vulnérabilité, qui est due à la maladie grave, au handicap, à une épreuve du deuil, au grand âge, tout ce que je viens de dire est exacerbé. C’est-à-dire qu’on est encore plus sensible à la parole de ceux qu’on aime, on est encore plus sensible à une attention, on est encore plus sensible à une attitude, à une sollicitude qui, alors que l’on peut être un peu déprimé, un peu triste, avoir le goût de peut-être en finir, vient nous ramener à la vie parce qu’il y a du lien social.

      Alexis Burnod : « Quand vous avez mal ou que vous souffrez psychiquement, vos choix ne sont plus des choix »

      Et puis vous avez aussi l’inverse : cette visite attendue qui ne vient pas, ce mot désagréable d’un proche ou d’un soignant, cette parole dans un média qui vient dire qu’il serait peut-être temps de partir et que la façon digne de mourir, c’est de se suicider. Cela vient tout changer. Plus le temps passe, plus on rentre dans la complexité du genre humain.

      Vous racontez dans le livre un certain nombre de consultations que vous avez eues avec des gens, dont certains arrivent en disant : « Moi, je veux qu’on m’aide à mourir, je veux connaître le jour, la date et l’heure. » Et puis vous discutez avec eux, sans vouloir les dissuader, mais vous les écoutez beaucoup. Ils rentrent en service de soins palliatifs et puis là, certains vivent jusqu’au bout.

      A.B. : Absolument. En tant que médecin de soins palliatifs depuis 15 ans, je l’ai vécu des centaines de fois et mes collègues aussi. Nous faisons parfois la rencontre de quelqu’un qui est en pleine crise. Crise parce qu’il n’a pas dormi, crise parce qu’il a eu mal, crise parce qu’il ne se sent pas accompagné, soulagé, écouté. Il fait la rencontre d’une équipe qui l’écoute, qui entend et qui lui dit : « Donnons-nous quelque temps », et qui essaye de rentrer en confiance. Il peut changer d’avis parce qu’enfin il dort, parce qu’enfin il est soulagé. Quand vous avez mal ou quand vous souffrez psychiquement, vos choix ne sont plus des choix, vous n’êtes pas libre. Pour être libre, il faut avoir les conditions de cette liberté, les conditions de ce choix. Il y a beaucoup de gens qui ont peur, ne sachant pas tout ce qui est possible en termes d’accompagnement, de soins. Évidemment, nous ne faisons pas des miracles, nous ne pouvons pas ramener une famille à quelqu’un qui n’en a pas, nous ne pouvons pas faire la visite tant attendue qui ne vient pas. Mais nous pouvons contribuer à remettre la personne au cœur du soin et lui permettre d’être soulagée, accompagnée, d’être en vérité avec elle. Vous ne pouvez pas imaginer comme, même pour les personnes qui sont très limitées dans leur autonomie, la vie peut reprendre et ce sont eux qui viennent nous faire des témoignages incroyables.

      Vous avez aussi affaire à des familles qui ont décidé presque d’autorité qu’il faut en finir. Vous racontez le cas d’un médecin de 62 ans qui a un cancer incurable et il y a une pression familiale pour dire : « il faut le débrancher, c’est fini, il a assez souffert. » Et vous, en tant que médecin, avec vos équipes, vous constatez quelque chose qui est totalement différent.

      A.B. : C’est vrai, le cas d’un monsieur qui s’était exprimé pour peut-être en finir plus vite, mais qui au cours de son hospitalisation, alors qu’il avait la capacité de s’exprimer, ne le demandait plus du tout. Plusieurs fois, il a dit qu’il voulait continuer comme ça et il appréciait ce temps qu’il imaginait inutile et qui au combien a été précieux. Oui, il y avait une pression familiale, mais il faut aussi comprendre que parfois, vous avez des aidants qui pendant des années, pendant des mois ou pendant des jours, ont été au chevet et sont fatigués, n’en peuvent plus.

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      Ça dit aussi combien il est important de s’occuper des aidants. Il y a presque 10 millions d’aidants en France et ils ont une place qui est difficile parce qu’ils sont investis d’aller prendre soin de l’autre et ce n’est pas toujours facile de prendre soin de l’autre quand on a des politiques publiques qui ne prennent pas forcément soin, quand on a un regard sur la vulnérabilité qui a changé. Nous sommes tous vulnérables sur une planète vulnérable et cette vulnérabilité mériterait d’être un peu plus partagée, un peu plus nommée. Ça permet des leviers de compétences incroyables et ça permet des leviers de solidarité incroyables aussi.

      Il y a deux textes. Il y a le texte sur les soins palliatifs avec des moyens, puisqu’on a pris conscience que les soins palliatifs, ça pouvait éloigner, retarder ou peut-être annuler le fait de donner la mort. Il y a l’autre texte qui consiste à mettre en place l’euthanasie en France. Est-ce qu’une loi peut encadrer un geste qui relève d’abord d’un cas de conscience individuel, celui du malade mais aussi celui du médecin ? Est-ce que ça s’encadre ?

      A.B. : En tout cas, ces quatre lois sont toujours restées dans un même esprit du prendre soin, de soulager toujours, de ne jamais abandonner, de pouvoir endormir dans des situations exceptionnelles avec un cadre défini qui est de dire : « Je ne m’acharnerai pas de manière inutile et je ne provoquerai pas ta mort. » Là, effectivement, on change d’esprit. Est-ce qu’on peut encadrer ? Il n’y a pas un pays au monde qui peut encadrer. Encadrer, ce serait mettre quel curseur ? Comment je peux dire : « À toi, ta fin de vie, elle est exceptionnelle » ou « à toi, elle ne l’est pas » ? Chaque fin de vie est exceptionnelle.

      Vous parliez de mettre l’euthanasie. Mais vous voyez, le mot euthanasie n’est pas mis dans le texte. Le texte s’appelait « Fin de vie ». On a ensuite changé le mot, il n’y a plus du tout le mot fin de vie ni dans le titre, ni dans le texte. Ce texte vient d’être infiltré par tout un courant qui demande qu’on puisse le faire pour un maximum de gens. Si on n’a pas été capable de pouvoir nommer ce qui est, et si on n’est pas capable de tenir un cadre strict, alors même que le texte n’est pas sorti, ça veut bien dire qu’en fait, on ne peut pas l’encadrer. Il faudrait, et ce serait bien plus intéressant, d’aller faire valoir les valeurs du soin et de les décliner à toutes les étapes de la vie et de faire des conférences de consensus pour des situations très particulières de gens qui ont des maladies neurologiques et autres, et peut-être au cas par cas voir autrement. Mais faire du cas par cas en maintenant l’interdit de faire mourir, qui resterait une transgression, ce n’est pas pareil que de dire : « Maintenant c’est possible » et d’envoyer un message terrible qui est de dire : « Vous êtes éligibles et si vous voulez vous tuer ou si vous voulez qu’on vous fasse mourir, on est d’accord. » Ça envoie un message qui vient dire : « Vous êtes vulnérables, vous êtes suicidables, vous êtes euthanasiables. » Alors que toute notre démocratie devrait être l’inverse. Devrait dire : « Vous êtes vulnérables, autour de vous, on est mobilisable. »

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