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La Philharmonie de Paris annonce que, depuis le 1er janvier, Olha Dondyk occupe le poste de cheffe assistante de l’Orchestre de Paris. Jusqu’à, la fin de la saison, la jeune cheffe d’orchestre ukrainienne assistera la plupart des chefs invités par la grande formation parisienne.
Depuis le début de l’année, Olha Dondyk, 22 ans, occupe le poste de cheffe assistante de l’Orchestre de Paris. Une fonction qu’elle assumera jusqu’à la fin de la saison. À ce titre, elle assiste la plupart des chefs invités par l’orchestre, parmi lesquels Andrés Orozco-Estrada, Paavo Järvi, Oksana Lyniv et le directeur musical de la formation Klaus Mäkelä auquel succèdera Esa-Pekka Salonen en 2027.
Fille d’une chanteuse lyrique et cheffe d’orchestre, Olha Dondyk a débuté son parcours musical à Kiev, où elle a étudié le piano et le violon avant de se spécialiser dans la direction chorale à l’Académie de musique RM Glière. En 2022, elle s’est installée en Allemagne où elle a poursuivi ses études de direction d’orchestre à la Hochschule für Musik und Tanz Köln auprès du maestro allemand Alexander Rumpf. Demi-finaliste du Concours international de direction d’orchestre La Maestra en 2024 à Paris, Olha Dondyk s’était fait remarquer quelques mois plus tôt lors de ses débuts internationaux avec l’Orchestre philharmonique de Rotterdam pour un concert de soutien à l’Ukraine.
Depuis le début de la saison 2025/2026, Olha Dondyk collabore régulièrement avec l’Orchestre de Paris, qu’elle a déjà dirigé lors de concerts pour les familles et les écoles. Cette semaine encore, elle était à la tête de l’orchestre pour un concert en famille mercredi et dirigera le même concert ce samedi à 11h dans la Grande salle Pierre Boulez avec, au programme, des œuvres de Benjamin Britten, Claude Debussy, Edvard Grieg, Arthur Honegger et Modeste Moussorgski.
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Avec Klaus Mäkelä, Olha Dondyk partagera la direction musicale de la 3e édition de l’Académie d’été de l’Orchestre de Paris 2026 qui se tiendra la première semaine de septembre. Les 45 jeunes musiciens/académiciens sélectionnés auront l’opportunité d’interpréter un programme symphonique incluant la 3e Symphonie de Camille Saint-Saëns et la 3e Symphonie d’Arthur Honegger aux côtésdles musiciens de l’Orchestre de Paris. Un concert, donné le dimanche 6 septembre dans la Grande Salle de la Philharmonie de Paris, clôturera cette session.
Une publication partagée par Orchestre de Paris (@orchestredeparis)
Dans le communiqué publié par l’Orchestre de Paris, sont également annoncées les arrivées au sein de l’ensemble de Sarah Nemtanu au poste de premier violon solo et d’Alexandra Bidi à celui de harpe solo depuis le début de l’année. Les deux musiciens retrouvent Gabriel Dambricourt (cor solo) et Claire Dassesse (cheffe d’attaque des seconds violons) qui ont intégré l’orchestre en août 2025.
Philippe Gault
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À l’occasion de la publication de son nouvel album monographique, Elise Bertrand sera, ce jeudi 12 février à 20h, l’invitée du Journal du Classique.
Elle n’a que vingt-cinq ans, mais déjà plus d’une trentaine d’œuvres à son actif. Elle est encore étudiante au CNSMD de Paris, mais mène déjà une brillante carrière de violoniste et de compositrice. Elise Bertrand nous présentera ce soir son nouvel album sorti chez NoMadMusic et intitulé Talisman, réunissant un florilège de pièces vocales et instrumentales.
Elle nous parlera ce soir de ces rencontres, de sa démarche créatrice, de ses belles amitiés avec ceux qui jouent sa musique et de ses projets à venir. Car son catalogue n’en finit pas de s’étoffer et certaines de ses œuvres font l’objet de multiples reprises, y compris sur les scènes internationales.
Laure Mézan
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Avec son partenaire Guillaume Cizeron, Laurence Beaudry Fournier a apporté ce mercredi la troisième de ses médailles d’or à la délégation française. La patineuse canadienne, fille d’un musicien professionnel, membre de l’Orchestre symphonique de Montréal, a construit sa carrière entre sport et musique.
Sur la patinoire de la Ice Skating Arena de Milan, Laurence Beaudry Fournier et Guillaume Cizeron ont enflammé la glace, le public et le jury. Pas étonnant que leurs performances, aussi bien dans le programme court que dans l’épreuve libre, leur aient rapporté le titre olympique de la danse sur glace aux JO d’hiver 2026. Le deuxième pour le patineur français après celui de 2022 à Pékin (avec Gabriella Papadakis).
Vous ne verrez rien de plus beau aujourd’hui
Guillaume Cizeron x Laurence Fournier Beaudry pic.twitter.com/7tULJSQv80
— SPORTRICOLORE (@sportricolore) February 12, 2026
En revanche, pour la patineuse de 33 ans ce titre olympique est la consécration d’une carrière débutée dans son Canada natal puis aux États-Unis avec son compagnon Nikolaj Sorensen, avec lequel elle a représenté le Canada et le Danemark dans les plus grandes compétitions internationales et aux Jeux Olympiques de 2022 (neuvième place). Un parcours sportif sinueux mais rythmé par sa passion pour le patinage et son amour de la musique.
La musique, la Québécoise l’a découverte très tôt, un peu grâce à sa mère, dirigeante d’une entreprise de développement de logiciel, mais surtout grâce à un père musicien professionnel. «À la maison, il n’y a jamais eu de silence. Toujours beaucoup de musique », déclarait Laurence Beaudry Fournier au quotidien L’Équipe. Trombone basse solo de la section cuivres de l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM) depuis près de 45 ans, Pierre Baudry a étudié au Conservatoire de Trois-Rivières ainsi qu’à celui de Montréal où il a obtenu cinq premiers prix, en solfège, en dictée musicale, en trombone, en musique de chambre et en tuba, avant d’intégrer l »OSM en 1982.
Formée très tôt à la danse et à la gymnastique, Laurence Beaudry Fournier a également étudié le piano avec assiduité dans ses jeunes années. Un environnement musical qui a certainement influé sur son orientation vers le patinage artistique et notamment la danse sur glace.
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Lors de leurs prestations à Milan Laurence Beaudry Fournier et Guillaume Cizeron n’ont pas choisi de morceaux de musique classique. Pour l’épreuve de danse rythmique, le couple a évolué sur la chanson Vogue de Madonna, qui les a félicités sur Instagram, et, pour le programme de danse libre, sur des extraits de la musique du film The Whale, réalisé en 2022 par Darren Aronoksky et dont la bande-originale est signée du compositeur américain Rob Simonsen.
Philippe Gault
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Une redondance linguistique, autrement dit pléonasme, est une formulation qui duplique une information déjà exprimée, et qui peut parfois servir d’effet rhétorique. Lorsqu’elle est utilisée consciemment, elle devient un procédé littéraire. Mais généralement, ces répétitions n’enrichissent pas notre discours et méritent d’être corrigées. Voici 8 formulations fautives très répandues.
Il convient de distinguer deux types de pléonasmes : ceux basés sur le sens (sémantiques) et ceux liés à la structure grammaticale (syntaxiques), où plusieurs éléments de fonction identique s’accumulent sans nécessité.
Cette expression devenue courante suscite régulièrement des débats. Le verbe trier implique déjà l’idée de sélection. Mieux vaudrait donc employer simplement « tri » ou opter pour « collecte sélective ».
Prenons l’exemple de « s’auto-flageller ». Le préfixe « auto-« provient du grec ancien autos signifiant « soi-même », tout comme le pronom réfléchi « s' ». Résultat : une double répétition ! La formulation correcte serait « se flageller » ou, de manière plus développée, « pratiquer l’auto-flagellation ».
Le rappeur L’amiseul a d’ailleurs composé un morceau intitulé « S’autoflageller c’est un pléonasme » où il rappe : « oui, je sais, entendre sans arrêt un mec qui se flagelle c’est pas très sympa. S’il vous plaît, arrêtez de dire qu’on s’auto-flagelle, c’est un pléonasme ». La même règle s’applique à « s’auto-proclamer » : préférez « se proclamer ».
Analysons cette phrase : « C’est de repos dont j’ai besoin ». Quel est le problème ? La préposition « de » suivie de « dont » crée une faute. Pourquoi ? Parce que « dont » équivaut déjà à « de + que », ce qui génère une répétition. Les tournures justes sont : « c’est de repos que j’ai besoin » ou « c’est le repos dont j’ai besoin ».
« Le moindre petit détail » constitue une expression fréquente, bien que « moindre » tende à disparaître de notre vocabulaire quotidien. Ce terme subsiste notamment dans la fable La Cigale et la Fourmi de Jean de La Fontaine: « c’est là son moindre défaut ». Que signifie réellement « moindre » ? Il s’agit du superlatif de « petit ». Les versions correctes sont donc « le moindre détail » ou « le plus petit détail ».
Continuons avec « voler en l’air », pléonasme plus flagrant. Cette précision sert peut-être à distinguer l’action de voler (dans les airs) du vol considéré comme infraction.
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Abordons enfin « la congère de neige », formulation particulièrement appropriée en cette saison. Une congère désigne par définition une accumulation de neige poussée par le vent. Il n’y a ni congères de sable ni congères de feuilles mortes. Pour éviter cette redondance, employez simplement « congère » ou « amas de neige ».
Concluons avec ces associations fautives : « mais cependant », « mais pourtant », « mais toutefois ». Un seul de ces connecteurs d’opposition suffit amplement. S’il est judicieux de varier les marqueurs d’opposition plutôt que d’utiliser systématiquement « mais », il reste inutile d’y adjoindre un autre adverbe, au risque de créer une redondance grammaticale.
Karine Dijoud
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François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, était l’invité de la matinale. À la tête de l’institution depuis 2015, il vient d’annoncer qu’il quittait son mandat avant terme. Un calendrier qui a donné lieu à des rumeurs, liées à une supposée volonté d’Emmanuel Macron de placer quelqu’un d’autre à ce poste. Des bruits qu’il a fermement écartés. Il a justifié cette décision « personnelle » par le projet qui lui tient à cœur : prendre la présidence de la fondation des Apprentis d’Auteuil dès le mois de juin.
C’est avec émotion et détermination que François Villeroy de Galhau a expliqué sa démission de la Banque de France, où il aura passé près de onze ans. « J’ai répondu à un appel pour une belle mission lancée par une belle personne. La mission, c’est la fondation Apprentis d’Auteuil, la plus grande fondation sociale en France dans le domaine de l’aide à l’enfance et de la formation des jeunes en difficulté. C’est une cause qui me touche beaucoup. Et la personne, c’est Jean-Marc Sauvé », insiste-t-il, rendant hommage à son prédécesseur et à l’engagement social de l’institution.
Il revendique la liberté de ce choix, mûrement réfléchi : « J’ai pris cette décision, c’est ma décision personnelle en homme libre. » Ce départ n’est pas sans émotion : « Maintenant, pour vous le dire, ça ne sera pas facile de quitter la Banque de France, c’est la plus belle mission que j’ai exercée dans ma vie de serviteur public. » Il souligne toutefois que la transition est préparée : « D’ici juin, nous aurons franchi une série d’étapes stratégiques. »
Au cœur de son analyse, François Villeroy de Galhau se veut précis et nuancé sur la situation économique nationale. « Nous faisons chaque mois une enquête de conjoncture de terrain auprès de 8 500 entrepreneurs dans tous les secteurs. Début février, c’est un peu meilleur que ce que nous attendions. » Il note que les chefs d’entreprise ont jugé le mois de janvier meilleur que prévu et anticipent une poursuite de la croissance en février. « La croissance en France est résiliente, je ne vais pas dire qu’elle est suffisante », tempère-t-il, précisant que l’industrie, notamment la défense et l’aéronautique, tire l’économie.
Pour le premier trimestre, il table sur une croissance comprise entre 0,2 et 0,3 %, confirmant la prévision d’1 % sur l’année. Si ce chiffre n’est « pas exceptionnellement brillant », il rappelle qu’« il y a un an ou 18 mois, tout le monde craignait une récession. Nous sommes nettement au-dessus de ça. » Il rend hommage au « courage des chefs d’entreprise et des Français qui travaillent », tout en reconnaissant que « l’incertitude internationale et nationale pèse sur le moral collectif des chefs d’entreprise. Mais individuellement, ça va plutôt mieux. »
La légère remontée du chômage au quatrième trimestre ne l’inquiète pas outre mesure. Pour l’expliquer, il précise : « Le taux d’emploi à 70 % est le plus élevé que nous ayons jamais eu dans notre histoire. Ce qui s’est passé, c’est qu’il y a plus de gens qui viennent sur le marché du travail, notamment plus de jeunes. » Il attire cependant l’attention sur un point : « Il y a un petit signal d’attention sur les nouvelles embauches des jeunes à regarder de près », en raison d’une baisse des contrats d’apprentissage et d’alternance, conséquence de la réduction de certaines subventions.
Sur le plan européen, François Villeroy de Galhau plaide pour une action plus rapide et plus visible, dans le sillage du rapport Draghi. « Il faut aller plus vite et plus fort. Nous le disons, les 21 gouverneurs des 21 pays. Ce signal d’unanimité est très significatif. » Il propose de fixer une date, à l’image de Jacques Delors pour le marché unique, afin de mobiliser l’ensemble des acteurs : « Je propose le 1er janvier 2028 ou dans l’année qui suit, mais en tout cas pendant les années de l’actuelle administration américaine. » Il insiste sur la nécessité de « mobiliser l’épargne privée pour les fonds propres des entreprises », rappelant que l’Europe dispose d’une ressource abondante mais encore sous-exploitée. « On a un retard de fonds propres en Europe et d’énormes besoins d’investissement : le numérique, l’énergie décarbonée ou la défense. »
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À l’approche du sommet du G7 en France, qu’il coprésidera avec Roland Lescure, François Villeroy de Galhau insiste sur l’importance de « garder un dialogue franc, exigeant, mais ouvert avec nos collègues américains ». Il mentionne les grands sujets à l’ordre du jour : « les déséquilibres mondiaux, la réglementation des cryptos ou des paiements, la lutte contre le risque cyber et, n’oublions pas, le changement climatique et les événements météorologiques extrêmes. » Il conclut avec émotion : « Pas de regret, mais une difficulté personnelle, mes émotions n’ont pas de place par rapport à l’intérêt général. Ça sera difficile de quitter les hommes et les femmes de la Banque de France. Nous avons beaucoup fait ensemble et je crois transformer cette grande institution publique. »
Daphnée Cataldo
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Le Triangle des Bermudes serait à l’origine de nombreux mystères : des navires engloutis, des avions effacés, et des silences radio sans explication. Découvrez les origines d’une histoire qui a marqué l’imagination du public pendant des décennies.
Le 5 décembre 1945, cinq avions torpilleurs décollent d’une base aéronavale au large de la Floride. Ils transportent 24 hommes participant à un vol d’entraînement. Depuis la fin de la guerre, le ton a changé dans l’aviation américaine. Le budget a été réduit, les appareils ont beaucoup donné et sont vieillissants, les missions se font désormais sans armement. Aucun des avions du vol 19 n’emporte de torpille ou de munitions. Les soutes sont vides, les mitrailleuses n’ont même pas été alimentées. C’est normal, nous sommes en paix.
Pendant près d’une heure, tout se déroule sans heurt. Les avions simulent des attaques, changent de cap, puis des messages confus commencent à parvenir à la base. Des anomalies apparaissent. Les radio-compas s’affolent, les repères se brouillent. Un pilote transmet par radio : « Mes deux compas sont hors service. Je ne sais pas où nous sommes. L’eau est verte, on dirait que nous sommes au-dessus des îles Keys mais nous ne voyons aucune terre. » D’autres voix se superposent, créant confusion et tension. « Nous sommes complètement perdus ! » lance un des jeunes pilotes.
L’équipage tente de se réorienter, mais l’incertitude grandit. Devant l’affolement des différents instruments de navigation, c’est la panique qui s’empare des hommes. Aucun ne parvient à recaler sa position. Le soleil décline, la panique monte. « Tout se ressemble. Je ne vois rien, je ne sais plus où je suis ! » crie un pilote dans son micro. L’escadrille vole à l’aveugle, les avions tournent en rond sans le savoir. Le ciel se referme comme un couvercle de plomb. Peu à peu, le silence se fait. Une dernière consigne, à peine audible à travers les crépitements : « Quand le premier aura seulement 10 gallons de carburant, nous amerrirons tous ensemble. » Puis c’est le silence radio. Le vol 19 a disparu.
Les opérations de secours commencent : deux hydravions sont mobilisés, taillés pour les recherches maritimes de nuit. Le ciel se charge, une pluie fine balaye déjà la côte. Il est 19h17 quand un des deux hydravions décolle. Il ne réapparaîtra jamais. Moins de 10 minutes après son envol, il disparaît des écrans radar sans signal, sans appel de détresse. Le vide.
Seul témoignage : celui d’un marin à bord d’un cargo dans les parages qui aperçoit soudain une gigantesque boule de feu illuminant la nuit à une dizaine de kilomètres. L’explosion est d’une intensité extraordinaire. Le marin témoignera avoir vu ce brasier rougeoyer un instant, suspendu entre ciel et mer, avant de s’éteindre comme une torche soufflée par le vent. Aucun vestige, aucun débris d’appareil ne sera retrouvé. En quelques heures, six avions et 30 hommes se sont littéralement volatilisés dans un secteur sans danger particulier, parfaitement balisé, non loin des côtes, sous des cieux a priori cléments. Cette mission d’entraînement qui aurait dû être un simple vol de santé se transforme en tragédie.
Le silence n’est pas seulement radio, c’est également un silence officiel de la part des autorités, un silence médiatique. Ni l’US Navy, ni la presse américaine ne s’étendent sur la question. Quelques articles extrêmement sobres évoquent une mission d’entraînement tragiquement interrompue. On n’en dit pas plus, on n’affole pas le public. La vérité, c’est que la perte de six appareils et de 30 hommes en temps de paix, dans de bonnes conditions, au large d’un territoire parfaitement cartographié, ne fait pas très bon effet pour l’image de l’aviation américaine.
Pendant deux décennies, l’affaire du vol 19 reste classée dans les rapports de la Navy, jusqu’à ce que quelques journalistes et chroniqueurs commencent à relier cette disparition à d’autres survenues à peu près dans la même région : des cargos perdus sans appel, des avions jamais revenus, des signaux de détresse inachevés.
Petit à petit, une forme particulière se dessine sur l’océan, un motif géométrique. Vincent Gaddis, un ancien reporter, formalise cette intuition dans un article publié en 1964 dans le magazine Argosy, puis dans un ouvrage paru deux ans plus tard : Invisible Horizons: True Mysteries at the Sea. Il désigne un périmètre maritime ayant la forme d’un triangle : le triangle des Bermudes. Les points de disparition les plus fréquents semblent indiquer une vaste zone de l’Atlantique délimitée par trois sommets : Miami au sud de la Floride, San Juan à Porto Rico et l’archipel britannique des Bermudes. Cette forme géométrique va bientôt devenir médiatique et célèbre. L’opinion s’en empare.
Gaddis compile un certain nombre d’affaires maritimes et aériennes, consacrant un chapitre entier à la fameuse escadrille de décembre 1945. Il dramatise le récit avec habileté, dans un style volontairement spectaculaire caractéristique de la presse populaire de l’après-guerre : « Ils tournaient en rond, prisonniers d’un ciel sans repères, d’une mer sans fin. Leurs instruments ne répondaient plus. La voix du commandant s’effaçait dans les grésillements. Une main invisible semblait les tirer vers un néant liquide. L’un après l’autre, ils se sont tus. Et quand les secours sont venus, il n’y avait plus rien qu’un vide immense, hostile, comme si la mer elle-même avait refermé la cicatrice. »
Les articles paraissent et sont repris. À l’époque, sans Internet ni réseaux sociaux, les publications annexes et la rumeur font néanmoins leur œuvre. Des passionnés – journalistes et amateurs éclairés – se mettent à recenser les incidents survenus dans cette fameuse zone triangulaire de l’Atlantique. Selon les estimations les plus communes, plus de 190 navires et 80 avions auraient disparu dans ce secteur en un siècle, tandis que les garde-côtes américains auraient répondu à plus de 8 000 appels de détresse.
On remonte plus loin dans le temps, cherchant des indices de dérèglements dans cette région. Une légende tenace prétend qu’en 1492, Christophe Colomb lui-même aurait noté un dérèglement de son compas dans ces parages – affirmation peu probable mais qui nourrit la légende. Le mythe prend véritablement racine avec la parution en 1974 du livre de Charles Berlitz, linguiste et écrivain, intitulé Le Triangle des Bermudes. L’ouvrage connaît un succès planétaire avec 20 millions d’exemplaires vendus.
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Pour lui, le triangle des Bermudes pourrait être un lieu d’anomalies où se combinent conditions météorologiques extrêmes, courants imprévisibles et perturbations capables de déstabiliser les instruments de navigation les plus perfectionnés. Il va plus loin encore en s’interrogeant sur l’existence possible de civilisations disparues. Le mythe de l’Atlantide vient se greffer sur celui du triangle. Cette civilisation enfouie aurait pu continuer à émettre des énergies inconnues. Berlitz imagine que ces phénomènes pourraient provoquer des déviations dans l’espace ou dans le temps – rappelons qu’à l’époque, la physique, avec Einstein et ses successeurs, modifie la vision de l’espace et du temps. Il évoque aussi la possibilité d’interventions extérieures. Nous sommes dans les années 1970, le grand sujet à la mode est celui des ovnis.
Le livre de Berlitz suscite un engouement considérable. En 1977, le film de Steven Spielberg, Rencontres du troisième type, s’ouvre sur une scène saisissante au cœur du désert américain : on retrouve soudain intactes les carcasses des avions du vol 19 disparu depuis 30 ans. Hollywood s’emparant du mythe le consacre définitivement.
Une fois la poussière retombée, qu’est-ce qui reste de ce mystère ? Certains chercheurs sont allés jusqu’à des hypothèses plus étonnantes. Les fonds marins de cette région présentent des failles avec d’anciens volcans, des dômes volcaniques sous-marins. On y trouve parfois des poches de méthane qui, en se libérant, pourraient rendre l’eau moins dense et provoquer une perte de flottabilité brutale pour certains navires. Cela paraît probable, mais n’a pas été prouvé à grande échelle ni de manière systématique.
Des analyses plus rigoureuses menées à la fin du XXe siècle par les garde-côtes américains, des assureurs maritimes et des océanographes convergent vers une conclusion claire : il n’y a en moyenne pas plus d’accidents dans le triangle des Bermudes qu’ailleurs dans le monde, à condition de comparer la région à des zones comparables – avec autant de mouvements maritimes et aériens, des conditions météorologiques similaires, des courants marins équivalents. C’est une mer capricieuse et dangereuse. Les ouragans y sont violents et fréquents, difficilement prévisibles. Les marins redoutent depuis toujours les vagues scélérates de la région, ces murs d’eau qui peuvent surgir quasiment sans prévenir. Les courants sont complexes, le ciel sévère et changeant, la visibilité trompeuse. Autant d’éléments qui peuvent expliquer les disparitions à l’intérieur de ce qui a été défini a posteriori comme un triangle maudit.
Franck Ferrand
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Les Trophées Radio Classique 2026 ont été remis ce mercredi au siège du Groupe Les Échos-Le Parisien. Présentée par Pauline Lambert et sous le parrainage de Françoise Nyssen, la cérémonie de remise des prix de cette 7e édition a distingué l’excellence musicale classique de l’année 2025.
L’auditorium du siège du Groupe Les Échos-Le Parisien a résonné ce mercredi des plus belles notes de musique classique lors de la remise des prix des Trophées Radio Classique 2026. À tout seigneur, tout honneur, c’est à Raphaël Pichon, chef d’orchestre, directeur de l’ensemble Pygmalion et directeur artistique du festival Pulsations (Bordeaux), qu’a été attribué le Grand Prix de cette 7e édition, remis par Franck Ferrand.
Pour le prix de l’Orchestre de l’année, attribué à l’Opéra Orchestre national Montpellier-Occitanie, Sophie Paolini, directrice-adjointe de la rédaction de Radio Classique, a remis le trophée à Valérie Chevalier, la directrice générale de la formation depuis 2014.
La remise du trophée de l’Opéra de l’année à la Co[opéra]tive pour Cendrillon de Pauline Viardot (1821 – 1910) a donné l’occasion au public d’écouter la soprano Apolline Raï-Westphal, accompagnée au piano par Bianca Chillemi, interpréter sur scène un extrait de l’œuvre de la compositrice française.
Autre moment émouvant avec l’interprétation au piano de la 1ère danse norvégienne d’Edvard Grieg par la jeune pianiste Valentine Bouchaud avec Jean-Baptiste Doulcet, son professeur à l’École Normale de Musique de Paris – Alfred Cortot distinguée par le trophée « Transmission Patrimoine ».
Dans la catégorie « Hommage », le trophée a été attribué à Jean-Claude Casadesus qui succède à Roberto Alagna, distingué l’an dernier. Le chef d’orchestre, toujours en activité à 90 ans, voit ainsi récompensée son immense carrière au service de la musique classique et à l’Orchestre national de Lille qu’il a fondé il y a 50 ans en 1976.
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Gérard Bekerman, président de la Fondation Long Thibaud et président de l’Afer, deux institutions partenaires actives de cette soirée des Trophées Radio Classique était présent. L’occasion de découvrir le lauréat du Prix Long-Thibaud 2025, le Sud-Coréen Saehyun Kim.
Les autres prix ont été attribués au Trio Pantoum, composé de Hugo Meder (violon), Bo-Geun Park (violoncelle) et Kojiro Okada (piano, lauréats du Trophée Jeunes Talents, au festival Un Temps pour elles, dirigé par la violoncelliste Héloïse Luzzati (Trophée du Festival) à l’Auditorium-Orchestre national de Lyon, dirigé par Nicolas Droin (Trophée Salle de concert) et au Teatro Real de Madrid, représenté par son directeur artistique Joan Matabosch (Trophée Mezzo International).
Philippe Gault
Une soirée en partenariat avec Yamaha, Qobuz, Château Lagrange, Champagne Cattier, Afer, Concours Long -Thibaud
Trophée Radio Classique du Festival de l’année : Un Temps pour Elles
Trophée Radio Classique de la Salle de concert : Auditorium de Lyon
Trophée Radio Classique de l’Opéra de l’année : la Co[opéra]tive
Trophée Radio Classique de l’Orchestre de l’année : Orchestre national de Montpellier Occitanie
Trophée Radio Classique du Jeune Talent : Trio Pantoum
Trophée Mezzo International : Le Teatro Real de Madrid
Trophée Radio Classique de la Transmission : Ecole Normale de Musique de Paris – Alfred Cortot
Grand Prix des Trophées Radio Classique : Raphaël Pichon
Lauréat Concours Long-Thibaud : Sae-hyun Kim
Hommage : Jean-Claude Casadesus
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A l’occasion de la publication du nouvel album du Trio Ernest, deux de ses membres, Natasha Roque Alsina et Clément Dami seront, ce mercredi 11 février à 20, les invités du Journal du Classique.
Elle s’appelait Amanda Maier, a vécu durant la deuxième moitié du 19ème siècle, était violoniste, violoncelliste, pianiste mais aussi compositrice et la première femme diplômée en direction musicale de Stockholm. Sa musique témoigne d’une tradition germanique transmise durant ses études à Leipzig mais est également empreinte du répertoire populaire suédois.
C’est son trio avec piano que les musiciens du trio Ernest nous invitent à découvrir dans leur album paru chez Aparté, incluant également des pages de quelques-uns de ses contemporains tels Carl Reinecke qui fut son professeur ou Robert et Clara Schumann dont elle était proche.
Un programme qu’ils donneront en concert le 15 février à la Maison de la Suède à Paris et le lendemain, lundi 16 février, salle Cortot.
Laure Mézan
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1500 personnes se sont réunies hier au Cirque d’Hiver dans le 11e arrondissement de Paris, pour soutenir « le troisième homme » dans la bataille pour l’Hôtel de Ville de Paris. Pierre-Yves Bournazel, membre de Horizons et soutenu par Renaissance, est le candidat du camp présidentiel pour la course à la mairie de Paris le 15 mars prochain.
Pierre-Yves Bournazel tenait un meeting hier avec des invités de choix : parlementaires, cadres de Renaissance et Horizons et deux anciens premiers ministres de la Macronie. Gabriel Attal et Edouard Philippe qui lui ont apporté leur soutien. Car l’enjeu est de taille : crédité entre 14 et 16 % dans les sondages, derrière le duo gauche /droite, incarné par Rachida Dati et Emmanuel Grégoire, Pierre-Yves Bournazel se croit capable de déjouer les pronostics. Et tant pis si sa rivale, Rachida Dati, l’appelle au « rassemblement » pour faire battre la gauche, Pierre-Yves Bournazel ne bouge pas d’un iota.
Le candidat du rassemblement, c’est lui, martèlent ses équipes. Preuve en est, ses soutiens sont les héritiers de deux camps politiques distincts. Gabriel Attal l’affirme sans détour : « L’alternance, ce n’est pas une question d’étiquette. Pour moi, le bilan d’Anne Hidalgo, c’est non. L’héritage de Bertrand Delanoë, c’est oui. » Édouard Philippe ne se réclame pas du même modèle : « Mon modèle à Paris, c’est plutôt Chirac. Mais et alors ? »
Toujours troisième dans les sondages, Pierre-Yves Bournazel serait le poil à gratter de la campagne de Rachida Dati, soufflent ses proches. La ministre de la Culture serait même fébrile, croient-ils. Il y a entre les deux élus parisiens une inimitié de longue date. Pourtant, hier, Pierre-Yves Bournazel a très peu égratigné Rachida Dati.
« Parfois on me dit que j’en parle trop, parfois pas assez, je ne sais pas quoi faire », concède-t-il. « Les Parisiens méritent d’avoir le choix, et ce n’est pas parce que certains font plus de bruit que ces personnes sont plus crédibles. Je pense même que les Parisiens sont en train de chercher la solution pour ne pas avoir à subir ce piège, et au fond le match du passé contre le passé. »
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Il ne faut pas insulter l’avenir, estime Jean-Paul, adhérent Horizons. « Non, il n’a pas tapé sur Rachida Dati. Je pense qu’au deuxième tour, elle soutiendra Pierre-Yves Bournazel. Donc il n’a aucune raison d’être violent avec elle. » Pierre-Yves Bournazel le répète : tout va se jouer au dernier moment. Les Parisiens n’ont pas encore fait leur choix.
Victoire Faure
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Dans un climat d’instabilité politique et de transformations à l’échelle mondiale, la population se montre de plus en plus méfiante envers ses institutions. Invité de la matinale, le philosophe et historien Marcel Gauchet analyse, au micro de Radio Classique, les causes profondes du malaise politique français et européen. Entre perte de confiance, crise des idéologies, marginalisation du modèle européen et montée des incertitudes, il appelle à repenser les institutions pour répondre aux défis du temps.
Pour Marcel Gauchet, la crise démocratique française s’explique avant tout par la perte de confiance des citoyens envers leurs représentants. Interrogé par David Abiker sur le dernier baromètre du Centre d’étude de la vie politique française, qui révèle que trois Français sur quatre jugent leur démocratie défaillante, l’intellectuel souligne : « La démocratie ne peut fonctionner qu’à la confiance des citoyens envers les détenteurs du pouvoir. C’est ça qui paralyse la démocratie française, c’est l’absence de confiance, tout simplement, dans les gens qui nous gouvernent. »
Ce malaise dépasserait les clivages politiques traditionnels. L’alternance ne suffit plus à incarner un espoir de changement, et le sentiment d’impuissance s’installe. « Nous avons l’impression d’un changement d’époque et d’un déphasage profond du personnel politique par rapport aux questions que se posent les citoyens », analyse-t-il. Les jeunes, en particulier, se détournent de la vie publique, ressentant « un décalage abyssal entre ce qu’ils vivent et la réalité du fonctionnement politique ».
Auteur de Comment pensent les démocraties (Editions Albin Michel, collection l’Atelier du Présent), Marcel Gauchet constate également l’épuisement des pensées structurantes qui ont longtemps permis aux citoyens de s’identifier à un projet collectif. « Les grandes idéologies, celles qui se formulaient comme un corps de doctrine auquel on pouvait se raccrocher intellectuellement, ont laissé place à une idéologie hégémonique, mais qui ne se présente pas comme telle : la règle de fonctionnement de nos sociétés », explique-t-il. Or, cette règle est désormais en décalage avec les nécessités contemporaines. Pour l’invité, c’est le signe que « nous allons vers un monde de réinvention idéologique, de retour d’une réflexion politique qui va probablement, à terme, changer profondément l’ambiance intellectuelle de la vie démocratique ».
L’analyse de Marcel Gauchet s’étend à l’échelle européenne. Selon lui, l’Union européenne n’est plus le laboratoire d’idées et d’innovations qu’elle a pu être. « Les institutions européennes ne sont pas propices à la réinvention. Nous avons un système globalement bureaucratique, qui n’est pas un creuset intellectuel effervescent », regrette-t-il. L’Europe, autrefois centre de la modernité, se retrouve mise à l’écart sur la scène internationale : « Nous sommes marginaux et personne ne veut de notre modèle. Les États-Unis, jadis fascinés par l’Europe, nous ignorent désormais. »
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Face à la montée de puissances comme la Chine ou l’Inde, Marcel Gauchet invite à prendre la mesure du « déphasage démographique et politique » et à repenser le projet européen. Il plaide pour une clarification : « L’Europe n’a jamais tranché la question vitale : est-ce une Europe des nations, post-nationale, ou une nation européenne ? Le moment est venu d’une vraie constitution européenne qui définirait ce que nous voulons. »
L’élection de Donald Trump, souvent perçue comme alarmant, n’inquiète pas Marcel Gauchet pour la démocratie américaine. Il estime que « l’attachement des Américains à leur liberté individuelle est puissant ». Il met en lumière une différence culturelle majeure : « Un des critères fondamentaux pour les Américains, c’est la liberté. En Europe, c’est l’égalité. »
Daphnée Cataldo
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