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  • La bataille du château d’Itter en mai 1945 : Quand Américains et Allemands combattaient ensemble pour libérer le gotha français

    Un scénario improbable et méconnu s’est produit en mai 1945 dans les Alpes autrichiennes. Américains et Allemands ont combattu ensemble pour sauver des personnalités françaises, prisonnières d’un château où s’est joué un des derniers combats de la Seconde Guerre mondiale. 

    En mai 1945, La guerre touche à sa fin. Hitler s’est suicidé, Berlin est tombé, l’Allemagne agonisante signe son acte de capitulation sans condition. Un cauchemar de six années va prendre fin. Pourtant, sur les routes des Alpes, des milliers de combattants se jettent encore les uns contre les autres comme si personne n’avait reçu le message. Dans ce décor de carte postale — prairies alpines, villages aux clochers pointus — un char américain, un Sherman M4, avance lentement sur une route étroite. Si les états-majors allemands et américains voyaient l’étrange colonne qui suit ce Sherman, ils n’en croiraient pas leurs yeux. Une Kübelwagen — autant dire une Jeep allemande — conduite par un officier allemand avec à son bord des GI’s américains. Et derrière, un gros camion Opel Blitz rempli de soldats de la Wehrmacht.

    Des Allemands et des Américains qui avancent ensemble : un spectacle irréel. Et pourtant, dans quelques heures, ils vont combattre côte à côte dans l’un des derniers combats de cette guerre. Tout cela pour délivrer une poignée d’hommes enfermés dans un château oublié : le château d’Itter.

    D’Édouard Daladier à la sœur du général de Gaulle, le château d’Itter abrite des prisonniers d’exception

    Perché sur un éperon rocheux qui domine la vallée de l’Inn, le château d’Itter abrite un groupe très particulier de détenus. Ce sont des Ehrenhäftlinge — des « internés d’honneur » en allemand — en l’occurrence des personnalités françaises. Le plus connu est Édouard Daladier, qui avait signé les accords de Munich en 1938. À ses côtés, Paul Reynaud, qui dirigeait le gouvernement pendant la débâcle avant de démissionner et d’être remplacé par le maréchal Pétain. Deux anciens présidents du Conseil français.

    On trouve également le général Maurice Gamelin, chef d’état-major de 1940, et Maxime Weygand, promu ministre de la Défense de Pétain neuf jours après l’invasion allemande massive, mais qui avait toujours été un ennemi farouche de l’Allemagne — au point que les nazis aient songé à le faire assassiner avant de l’interner à Itter.

    Le tennisman Jean Borotra / MARY EVANS/SIPA

    Parmi les autres personnalités : Jean Borotra, le grand tennisman sextuple vainqueur de la Coupe Davis et double lauréat de Roland-Garros et de Wimbledon, devenu commissaire général à l’Éducation et aux Sports de Vichy, renvoyé sous la pression allemande pour manque de zèle dans la nazification du sport français. Le colonel François de La Rocque, fondateur du mouvement nationaliste des Croix-de-Feu, accusé par les Allemands d’entente avec les Britanniques. Léon Jouhaux, ancien secrétaire général de la CGT. Michel Clemenceau, fils du Tigre Georges Clemenceau. Marcel Granger, parent du général Giraud, grand rival du général de Gaulle, dont la sœur aînée, Marie-Agnès Cailliau, née de Gaulle, est également incarcérée.

    Le château d’Itter est déserté par les nazis

    L’entente est d’ailleurs tout sauf cordiale, du moins au début. Weygand s’est permis de traiter Reynaud de voyou, lequel l’a accusé d’être un collaborateur pour avoir signé l’armistice. Le colonel de La Rocque, fondateur du mouvement nationaliste des Croix-de-Feu, déteste le syndicaliste Jouhaux, qui le lui rend bien. Mais ce qui réunit tout ce monde, c’est l’importance de leur rôle quasi symbolique. L’Allemagne les considère comme des otages qui pourraient, le moment venu, servir de monnaie d’échange.

    Depuis quelques semaines toutefois, à mesure que les échos de la progression alliée et de la débâcle des armées allemandes parviennent au château, l’ambiance a changé. Le commandant de ce château-prison, le SS-Hauptsturmführer Sebastian Wimmer, sombre dans l’alcoolisme. Le 4 mai, il quitte le château avec sa femme. Les derniers SS sur place ne savent plus trop à quel saint se vouer. Comprenant que tout est fini, ils se sont mis en civil et sont partis à bicyclette après avoir donné le pistolet d’un sous-officier à l’un des prisonniers.

    Voilà donc les Français seuls dans un château déserté de ses geôliers. Il faut prévenir les Alliés. Pour ce faire, les prisonniers acceptent la proposition d’Andreas Krobot, le cuisinier domestique tchèque du château, de partir avec une lettre à la rencontre des Américains. Le 4 mai, Krobot parvient à atteindre la ville de Wörgl.

    Une rencontre improbable entre un soldat du Troisième Reich et un général américain

    Il entre alors en contact avec la résistance autrichienne locale et tombe sur le major Josef Gangl. Cet officier dévoué au Reich s’est retrouvé dans le Tyrol, complètement dégoûté par la tournure des événements, et décidé à faire son propre armistice en aidant activement la résistance autrichienne et en sauvant les habitants de Wörgl des représailles des SS.

    Quelques heures après avoir reçu cette lettre, le voilà, drapeau blanc à la main, face à des éléments du 23e bataillon de chars de la 12e division blindée américaine. Conduit au QG de campagne du bataillon, il rencontre le capitaine John « Jack » Lee. Très vite, on improvise une petite force : le char Sherman, quelques GI’s et, fait absolument inédit, un détachement de soldats allemands de la Wehrmacht placé sous les ordres du major Gangl. Pour la première fois sur le front européen, on voit avancer ensemble des soldats américains et allemands.

    En fin de journée, tout ce beau monde arrive devant Itter. Le président Daladier a raconté ce moment : « Des coups de klaxon retentissent. Nous nous précipitons et découvrons un capitaine américain avec cinq ou six hommes sur un char. Apparaissent également un major allemand et quinze soldats venus volontairement nous protéger. Le capitaine Lee a un visage grossier et des manières rudes. Le major allemand Gangl, au contraire, est très poli, digne, triste. Si la politique américaine ressemble au capitaine Lee, l’Europe en verra de dures. Toast, animation. Deux jeunes Autrichiens résistants avec brassard et revolver se joignent à nous. Surprenante réunion. »

    Les SS assiègent le château d’Itter

    Impossible d’embarquer tout le monde sur le vieux Opel Blitz. On décide donc de passer la nuit sur place en attendant les renforts dépêchés depuis Innsbruck. Cette nuit va coûter cher. Le lendemain matin, vers 9 heures, une unité de la Waffen-SS arrive aux portes du château.

    Les SS ne sont pas très nombreux mais ce sont des combattants expérimentés et fanatisés, des jusqu’au-boutistes qui n’ont plus rien à perdre. Immédiatement, le combat s’engage. Dès les premiers tirs, le précieux char est littéralement pulvérisé par un canon antichar. Derrière les courtines du château, les adversaires d’hier — Borotra, Clemenceau, La Rocque, Reynaud — font feu ensemble. « Ce ne fut ni du théâtre ni de la forfanterie, mais une simple réaction de défense », dira plus tard Léon Jouhaux, qui ne voulait pas qu’on ait l’impression qu’il avait fraternisé outre mesure avec ses compagnons de captivité.

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    Après plusieurs heures de siège, les munitions s’épuisent, les défenseurs sont isolés. Chacun comprend que sans secours rapide, la chute du château n’est plus qu’une question de temps. C’est à ce moment que le plus athlétique et le plus jeune des prisonniers, Jean Borotra, se porte volontaire pour tenter l’impossible : franchir les lignes ennemies et chercher du renfort américain. Profitant d’un moment d’accalmie, il se laisse glisser dans la pente boisée et disparaît sous les tirs, courant à travers champs pour porter l’ultime appel à l’aide.

    L’arrivée miraculeuse de renforts

    Pendant ce temps, les combats continuent. Les SS sont bientôt aux portes du château quand, tout à coup, parvient aux défenseurs un grondement lointain qui résonne dans la vallée. Au début, on ne sait pas trop ce qu’on entend, puis cela devient de plus en plus net : des moteurs, des chenilles. Les renforts sont là.

    Les assaillants, pris à revers, hésitent, reculent, puis s’évanouissent dans la forêt. Ils vont se rendre. En quelques minutes, ce qui semblait voué à un massacre se transforme en déroute pour les SS. Les prisonniers du château d’Itter sont sauvés. Le major Josef Gangl, de là où il se trouve, ne voit pas cette arrivée miraculeuse. Au moment où il tentait de ramener ses compatriotes à la raison, il est abattu. Il fallait une victime à cette bataille qui n’en fut pas vraiment une.

    Quand enfin le silence revient sur Itter, les survivants réalisent l’ampleur de l’étrangeté de ce qui vient de se produire. Des soldats américains et allemands ont combattu côte à côte pour défendre un château où, quelques heures plus tôt encore, était détenu le gotha des prisonniers français.

    Franck Ferrand

     

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  • Agenda des concerts : Marseille, Bordeaux et Lyon à l’honneur dans la sélection des concerts de la semaine

    Ermione de Rossini à l’Opéra de Marseille avec Karine Deshayes et Enea Scala, le Concerto pour violon n°2 de Félix Mendelssohn à Bordeaux et le Concerto pour piano n°2 de Brahms avec Daniil Trifonov à Lyon : découvrez la sélection Radio Classique des rendez-vous à ne pas manquer dans les prochains jours

     

    22 et 24 février : Ermione de Rossini à l’Opéra de Marseille avec Karine Deshayes et Enea Scala

    L’Opéra de Marseille programme pour deux représentations en version de concert le rare Ermione, « opéra tragique » de Rossini. Karine Deshayes, l’une des plus grandes belcantistes actuelles, interprétera le rôle-titre avec à ses côtés, Enea Scala, lui aussi fin rossinien et habitué de la scène phocéenne. Le Chœur et l’Orchestre de l’Opéra de Marseille seront dirigés par Michele Spotti.

    • Opéra de Marseille.
    • Dimanche 22 février à 14h30 et mardi 24 février à 20 heures.
    • www.opera-odeon.marseille.fr
    • 26 février : Le Concerto pour violon n°2 de Félix Mendelssohn à Bordeaux

      L’Orchestre national Bordeaux Aquitaine met en avant ses solistes. C’est ainsi que Marie-Astrid Hulot, violon solo de la formation bordelaise, interprétera le Concerto pour violon n°2 de Mendelssohn, sous la direction de Joseph Swensen. Au programme également, la Symphonie n°4 de Mahler avec la soprano Michèle Bréant. Radio Classique diffusera ce concert le samedi 14 mars à 20 heures.

      • Auditorium de Bordeaux.
      • Jeudi 26 février à 20 heures.
      • www.opera-bordeaux.com
      • 27 et 28 février : Le Concerto pour piano n°2 de Brahms avec Daniil Trifonov à Lyon

        Danill Trifonov est l’invité de l’Orchestre national de Lyon. Sous la direction de Nikolaj Szeps-Znaider il jouera le Concerto pour piano n°2 de Brahms. Au programme également, l’Adagio de la Symphonie n°10 de Mahler. Ce concert sera diffusé sur Radio Classique le dimanche 15 mars à 20 heures.

        • Auditorium de Lyon.
        • Vendredi 27 février à 20 heures et samedi 28 février à 18 heures.
        • www.autitorium-lyon.com
        • Jean-Michel Dhuez

          Retrouvez l’actualité du Classique

          Italie : Le Teatro Sannazzaro de Naples ravagé par les flammes

          Jean-Baptiste Henriat nommé directeur général de l’Orchestre National de Lille

          Operalia 2026 : La 33e édition du grand concours international de chant lyrique aura lieu à Shanghai

          4 ans de guerre en Ukraine : des concerts à Kiev pour prouver que les Ukrainiens sont « indestructibles »

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        • Langue française : Tirer les marrons du feu, battre son plein, 5 expressions françaises dont vous ignorez le sens véritable

          Il arrive que les mots et expressions de la langue française perdent leur sens au fil du temps. Voici quelques exemples très parlants sur lesquels vous ne vous tromperez plus… à moins que personne ne puisse plus vous comprendre, tant la locution a été enfouie !

          Il y a péril en la demeure, une question d’urgence

          « Il y a péril en la demeure » : on pense que le terme « demeure » désigne une maison, un logement. Mais il s’agit ici d’un sens vieilli. La demeure désigne le fait de tarder, de demeurer. Ainsi, l’expression « il y a péril en la demeure » n’indique pas qu’il y a un danger chez soi, mais signifie qu’il faut agir vite, qu’il est imprudent d’attendre. On l’emploie surtout de manière négative d’ailleurs : « il n’y a pas péril en la demeure » pour indiquer que ce n’est pas urgent.

          Tirer les marrons du feu : se sacrifier pour autrui

          « Tirer les marrons du feu » : On entend parfois cette expression, de moins en moins employée, il faut le reconnaître, dans le sens de « tirer profit d’une situation délicate ». Or, elle signifie se donner de la peine pour le seul profit d’autrui. C’est le fait de prendre des risques pour les autres.

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          Langue française : Et si l’expression « mettre un bémol » ne signifiait pas ce que vous pensez ?

           

          Par exemple, dans la fable de Jean de La Fontaine, Le Singe et le Chat, le chat se met en danger pour voler des marrons afin que le singe les lui dérobe immédiatement. Précisons toutefois qu’il vaut mieux éviter d’employer cette expression car son sens originel est quasiment oublié et, résultat, on mélange un peu tout.

          Battre son plein : à son point culminant

          « Battre son plein » signifie « être à son point culminant ». Exemple : « la fête bat son plein ». Mais il y a une idée courante qui voudrait que « son » soit ici le son, comme si le son qu’on entend était plein. Or, « son » est ici un déterminant possessif et n’a rien à voir avec le son qu’on entend. On peut donc le mettre au pluriel, ce qui donne « les fêtes battent leur plein ».

          Tomber dans les pommes n’invoque aucun fruit

          « Tomber dans les pommes » est une déformation du mot pâmes, issu de l’ancien français se pâmer, signifiant perdre connaissance. On pense alors à une autre expression, plus proche du mot initial : « tomber en pâmoison », autrement dit, s’évanouir sous le coup d’une émotion.

          S’avérer faux, un non-sens total

          Enfin, ce n’est pas une expression, mais un verbe très trompeur : avérer. Il signifie « donner pour certain ». Il vient de l’adjectif latin verus qui signifie « vrai ». Aujourd’hui, on l’emploie surtout à la forme pronominale, s’avérer. En général, il est suivi d’un adjectif, notamment de l’adjectif « vrai ». Or, dire « les faits relatés se sont avérés vrais » est un pléonasme. Et dire « cela s’est avéré faux » est un non-sens, puisque avérer signifie révéler comme vrai. Si on tient à employer ce verbe, on pourra dire « les faits ont été avérés », ou « il s’est avéré que cette leçon n’était pas difficile ».

          Karine Dijoud

           

          Retrouvez la chronique Et si on parlait français ? 

          Langue française : Comment éviter ces 8 répétitions inutiles qui nous font perdre notre temps

          Des « Tontons flingueurs » au « Pacha », les insultes dans les films de Michel Audiard : quand l’art de l’injure devient poésie

          Langue française : « Bon courage », l’expression la plus démotivante, voici par quoi la remplacer

          Langue française : Vous les prononcez peut-être mal : 7 mots qui posent problème, et comment ne plus se tromper

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        • Votre soirée classique consacrée à Franz Liszt ce dimanche à 20 heures

          C’est avec Franz Liszt que Radio Classique vous propose de passer cette soirée de dimanche.

          Vous pourrez entendre ses plus grandes œuvres comme la Rhapsodie Hongroise n°2 jouée par Georges Cziffra, le Poème symphonique « Les Préludes » dans l’interprétation de l’Orchestre du Gewandhaus de Leipzig dirigé par Kurt Mazur, ainsi que des extraits des Années de Pèlerinage avec notamment Zoltan Kocsis.

          Au programme également son Concerto pour piano n°2 joué par Alexandre Kantorow avec le Tapiola Sinfonietta dirigé par Jean-Jacques Kantorow , ainsi que la Sonate en si mineur par Claudio Arrau. Cette soirée sera présentée par Jean-Michel Dhuez. Vous pourrez l’écouter en qualité numérique dans de nombreuses villes de France grâce au DAB+.

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        • Radio Classique fête le 90e anniversaire de Jean-Claude Casadesus ce samedi à 20 heures

          C’est à une soirée exceptionnelle que vous convie Radio Classique à l’occasion du 90e anniversaire de Jean-Claude Casadesus. Vous pourrez revivre le concert qu’il a dirigé le 25 janvier dernier à la tête de l’Orchestre Colonne au Théâtre des Champs-Elysées à Paris.

          Au programme, l’Ouverture de La Force du destin de Verdi, le Concerto pour piano en sol de Ravel avec Thomas Enhco et la Symphonie fantastique de Berlioz, ainsi que de nombreuses surprises en compagnie de Gautier Capuçon, de Nicolas Dautricourt et de Caroline Casadesus.

          En seconde partie de soirée Radio Classique diffusera de nombreux enregistrements que Jean-Claude Casadesus a réalisé avec l’Orchestre national de Lille, dont il a été le fondateur et directeur musical de 1975 à 2024. Cette soirée sera présentée par Laure Mézan. Vous pourrez l’écouter en qualité numérique à Paris et à Lille, ainsi que dans de nombreuses autres villes de France grâce au DAB+.

          Jean-Michel Dhuez

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        • Met Opera de New York : Une saison 2026/2027 sous le signe de l’austérité

          Le Met Opera de New York a révélé le programme de sa saison 2026/2027. Une programmation relativement modeste par rapport aux saisons précédentes avec seulement 17 productions mais avec une soirée de gala exceptionnelle pour les 60 ans de l’installation du Met au Lincoln Center.

          Dans son communiqué, la direction du Met Opera annonce un « ambitieux programme ». Force est de constater que cette ambition se retrouvera surtout dans la qualité de cette programmation plus que dans son volume car, avec seulement 17 productions, dont 5 nouvelles, il s’agit du plus faible nombre de productions proposées dans une saison depuis 60 ans.

          Même si les ventes de billets ont retrouvé leur niveau d’avant la pandémie de Covid-19 et si celles du début de la saison actuelle s’avèrent en nette augmentation (72% de réservations contre 70 % en 2024/2025), la situation financière de l’institution new-yorkaise reste fragile. Le direcetur général du Met, Peter Gelb, expliquant notamment : « Nous ne réalisons pas autant de recettes brutes car le prix moyen par billet est légèrement inférieur à ce qu’il était, du fait de notre public plus jeune et du nombre accru de billets vendus à prix réduit ».

          Macbeth de Verdi avec Lise Davidsen pour l’ouverture de la saison

          C’est une nouvelle production de Macbeth de Giuseppe Verdi qui ouvrira la prochaine saison le 22 septembre, avec la soprano norvégienne Lise Davidsen dans le rôle-titre sous la direction de Yannick Nézet-Séguin, le directeur musical du Met, et dans une mise en scène par Louisa Proske. Parmi les autres nouvelles productions, Lincoln in the Bardo, une œuvre de la compositrice Missy Mazzoli basée sur un roman de George Saunders, qui sera présentée en première mondiale le 19 octobre et mettra en vedette Christine Goerke, Stephanie Blythe, Anthony Roth Costanzo et Peter Mattei dans une mise en scène de Lileana Blain-Cruz.

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          Les trois autres nouvelles productions seront Jenůfa, un opéra de Leoš Janáček, avec Asmik Grigorian dans une mise en scène de Claus Guth (16 novembre), La Fanciulla del West de Giacomo Puccini, avec Sondra Radvanovsky et SeokJong Baek dans une mise en scène de Richard Jones (31 décembre) et la première de Silent Night de Kevin Puts, avec Elza van den Heever et Rolando Villazon dans une mise en scène de James Robinson (8 mars 2027).

          Peter Gelb, le directeur général du Met, prendra sa retraite en 2030

          Le moment le plus fort de cette nouvelle saison du Met Opera sera à coup sût la prestigieuse soirée de gala proposée le 25 mai 2027 pour célébrer les 60 ans de son installation au Lincoln Center avec certainement le plus beau plateau de chanteuses et chanteurs lyriques réunis à cette occasion. Sont notamment annoncés : Lise Davidsen, Joyce DiDonato, Renée Fleming, Sondra Radvanovsky, Nadine Sierra ou encore Sonya Yoncheva pour les femmes et Roberto Alagna, SeokJong Baek, Piotr Beczała, Freddie De Tommaso, Igor Golovatenko ou Christian van Horn pour les hommes. Excusez du peu !

          Lors de la présentation de cette nouvelle saison, Peter Gelb, 73 ans, le directeur général du Met depuis 2006, a annoncé qu’il prendra sa retraite en 2030.

          Philippe Gault

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          Italie : Le Teatro Sannazzaro de Naples ravagé par les flammes

          Mort du chanteur lyrique José Van Dam à 85 ans, l’un des plus grands barytons-basses de sa génération

          Le doyen des compositeurs, György Kurtag, fête ses 100 ans avec un nouvel opéra

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        • Le nouvel album du trio Wanderer placé sous le signe de l’art nouveau

          A l’occasion de la publication du nouvel album du trio Wanderer, deux de ses membres, Jean-Marc-Phillips-Varjabédian et Raphaël Pidoux seront, ce vendredi 20 février à 20h, les invités du Journal du Classique.

          Un trio rare de Lalo, une œuvre de jeunesse de Debussy, des pièces de Mel Bonis, mais également des œuvres majeures de Ravel… Le double album du trio Wanderer, qui vient de paraître chez Harmonia Mundi, célèbre une période charnière de l’histoire de la musique française, au tournant du 20ème siècle, marquée par les derniers feux du romantisme et le début du modernisme.

          De Debussy à Mel Bonis, le Trio Wanderer revisite la musique française

          Le violoniste Jean-Marc Phillips-Varjabédian et le violoncelliste Raphaël Pidoux nous éclaireront ce soir sur ce programme qui réunit des œuvres jusqu’ici peu présentes dans leur répertoire ainsi que des sonates et une nouvelle version du célèbre trio de Ravel.

          Laure Mézan

          Retrouvez le journal du classique du lundi au vendredi à 20h

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        • Liszt ou les chemins de l’extase : Franck Ferrand invite Roger Muraro le 2 juin à Gaveau
          Franck Ferrand invite le pianiste Roger Muraro dans l’imaginaire de Franz Liszt pour une escapade aux sommets de l’âme. 

          Depuis près de deux siècles, l’écho de Franz Liszt persiste, vibrant sous les doigts de maître de Roger Muraro. Inventeur du récital moderne, poète du clavier et voyageur infatigable, Liszt a transformé le piano en un orchestre miniature, capable de traduire les passions les plus ardentes comme les méditations les plus profondes. Si sa ferveur incandescente éblouit, son œuvre cache une quête incessante de beauté, d’absolu, dans laquelle la musique s’envole pour effleurer le divin. Un itinéraire poétique ou la virtuosité n’est plus une fin, mais un moyen d’atteindre l’ineffable.

          Conteur hors pair, Franck Ferrand raconte l’Histoire, sur scène comme sur Radio Classique, avec un enthousiasme communicatif et un talent déjà bien connu. Également mélomane passionné et fin connaisseur de la musique classique, il nous raconte au fil de ces concerts les grandes et les petites histoires des compositeurs en compagnie d’un soliste de renom.

          La Salle Gaveau vous convie au cœur du romantisme avec le pianiste Roger Muraro, le temps d’une soirée exceptionnelle. Laissez-vous transporter par Franck Ferrand dans un voyage entre ciel et terre, sur les chemins de l’extase. Des Années de Pèlerinage aux incontournables Rhapsodies, Liszt déploie une poésie musicale où chaque note est une invitation au sublime.

          | Réservez vos places dès à présent 

          Distribution : 

          Franck Ferrand | présentation

          Roger Muraro | piano

           

          Programme : 

          Sélection d’œuvres de Franz Liszt

           

          Mardi 2 juin 2026, 20h30

          Salle Gaveau, 45-47 rue La Boétie, 75008 Paris

          Informations & réservation

          Par téléphone : 01 49 53 05 07 (Salle Gaveau)
          Internet : sallegaveau.com

           

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        • 10% des Français pensent que la violence peut être légitime pour faire avancer des causes, selon Jérôme Fourquet

          La mort tragique de Quentin Deranque, étudiant de 23 ans, à Lyon en marge d’une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan, a ravivé le débat sur la violence politique en France et les responsabilités des différents partis. LFI, désormais « dans l’œil du cyclone médiatique et judiciaire », cristallise les tensions tandis que les municipales approchent. Invité de la matinale, Jérôme Fourquet, analyste politique, expert en géographie électorale, directeur du département Opinion à l’IFOP, décrypte un climat politique sous haute tension, entre stratégies électorales et dérives violentes.

          Pour mieux comprendre la situation actuelle, il est intéressant de se pencher sur les dernières expériences électorales, à commencer par les législatives de 2024 par exemple. « On peut se baser sur ce qui s’est déjà passé lors de précédents scrutins pour essayer de nous éclairer », explique Jérôme Fourquet. À l’IFOP, les taux de victoire des candidats opposés au RN ont révélé des dynamiques contrastées : « Pour les candidats du Nouveau Front Populaire, quand ils étaient socialistes, ils ont gagné dans deux tiers des duels face au RN, mais quand ils étaient insoumis, ils n’ont gagné que dans la moitié des cas. » Cette différence s’explique, selon l’invité, par la capacité de l’électorat macroniste à soutenir un socialiste contre le RN, alors que l’adhésion est bien moindre pour un candidat insoumis. « Il y avait déjà une décote qui s’était opérée », souligne-t-il, mettant en lumière les limites structurelles du front républicain.

          Pour Jean-Luc Mélenchon, la présidentielle reste l’objectif ultime. « La présentation de candidats LFI dans beaucoup de villes, ce n’est pas pour gagner les mairies, mais pour mettre la pression sur les socialistes et se compter », déclare Jérôme Fourquet. L’ambition du leader insoumis : arriver en tête de la gauche, certain qu’en cas de crise, « la gauche n’a jamais perdu sa boussole ». Mais ce pari comporte des risques : « Pour gagner au second tour, il faudrait aussi que tout l’électorat du bloc central participe à ce front républicain. Or, c’est beaucoup moins sûr aujourd’hui qu’hier », prévient-il, rappelant l’exemple de Lyon où la mécanique du front républicain semble s’essouffler.

          De l’Ordre Nouveau à l’affaire Quentin Deranque, la mutation de la violence politique

          La France a une longue histoire de violence politique. « Ce n’est pas pour minimiser ce qui se passe, mais dans les années 60-70, on avait des épisodes d’une extrême violence, avec des effectifs engagés bien supérieurs à aujourd’hui », rappelle l’invité, citant le meeting d’Ordre Nouveau à la Mutualité, marqué par des affrontements violents.

          La différence majeure réside dans la composition des mouvements : « Les organisations étaient plus structurées, avec des services d’ordre. Aujourd’hui, la violence est plus diffuse, plus anarchique. » Les réseaux sociaux exacerbent ce phénomène : « On voit une parole complètement débridée, des menaces, des adresses d’élus ou de journalistes livrées en pâture. » Selon lui, « 10% de la population adulte, soit 5 millions de personnes, estime parfois la violence légitime pour faire avancer certaines causes ».

          Le RN à la conquête des municipales, la droite en survie

          Pour le Rassemblement national, l’enjeu des municipales est double : conquérir de nouvelles villes et poursuivre la stratégie de dédiabolisation. « Gérer seulement une dizaine de villes, c’est maigre pour un parti deux fois finaliste à la présidentielle. » L’objectif est d’étendre son maillage, notamment dans les villes moyennes, et de ne plus être perçu comme un parti anti-républicain.

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          La droite traditionnelle, elle, joue sa survie : « Est-ce qu’elle parviendra à garder quelques villes ou va-t-elle être condamnée à se vendre à la découpe, soit en rejoignant le bloc central, soit en s’alliant au RN comme Éric Ciotti ? »

          Daphnée Cataldo

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        • Crue de la Seine à Paris en 1910 : 7 faits méconnus sur cet évènement climatique historique

          En janvier 1910, Paris vit l’une des plus grandes catastrophes naturelles de son histoire : la crue centennale de la Seine. Entre scènes de solidarité, paralysie urbaine et bouleversements politiques, la capitale se transforme en un étrange décor de carte postale. Retour sur cet épisode hors du commun à travers sept faits marquants.

          1 – Le Zouave du Pont de l’Alma a de l’eau jusqu’au torse

          L’année 1909 s’achève sous des trombes d’eau. Juin voit la neige tomber à Châteaudun, puis l’été s’étire en averses continues, et l’automne n’apporte aucun répit. Les nappes phréatiques saturent, la Seine et ses affluents gonflent. À partir du 15 janvier 1910, un défilé de perturbations traverse l’Europe. L’Yonne et le Loing, principaux affluents du fleuve, se transforment en torrents incontrôlables. Paris, alors dotée d’un réseau d’égouts moderne et d’un système de surveillance à la pointe, ne se doute pas encore de l’ampleur du désastre qui s’annonce.

          COLLECTION YLI/SIPA

          Le 18 janvier, le Zouave du pont de l’Alma, célèbre repère du niveau de la Seine, a les pieds dans l’eau, et les eaux monteront encore jusqu’à son torse. À 3 mètres, l’alerte est lancée, mais la ville reste confiante. Pourtant, la montée des eaux s’accélère, et la capitale bascule dans l’inédit.

          2 – Paris, ville morte, un couvre-feu est instauré

          Le 20 janvier, la navigation fluviale est interdite : les bateaux ne passent plus sous les ponts, les courants deviennent tumultueux. L’eau s’infiltre dans les galeries du métro, coupant la ligne 12 en construction et bientôt toutes les autres. La ville s’arrête. Les quais débordent, la cour de Rome devant la gare Saint-Lazare devient un lac, les rues les plus proches de la Seine se transforment en canaux. Un couvre-feu est instauré pour éviter les pillages dans les quartiers désertés.

          3 – Comme à Venise, Paris est couverte de passerelles pour circuler 

          Pour permettre la circulation des piétons, des passerelles de fortune sont dressées sur tréteaux et chaises. La presse rebaptise la capitale « Paris-Venise ». Les badauds affluent, les photographes immortalisent la scène, et les cartes postales s’impriment à la chaîne.

          Grandes inondations de 1910: l’Avenue Daumesnil. Paris, FRANCE – Crédits : COLLECTION YLI/SIPA

           

          Mais derrière l’aspect pittoresque, la paralysie s’installe : centrales à air comprimé, horloges municipales, usines à gaz, éclairage public, tramways et trains cessent de fonctionner. Même le charbon manque, alors que l’hiver s’annonce glacial.

          4 – La crue de tous les records : 50.000 soldats mobilisés, 200.000 sinistrés

          Au plus fort de la crue, le préfet de police Louis Lépine prend les commandes. Petit homme à la barbe blanche, il coordonne sapeurs-pompiers, armée et police fluviale. 75 000 chevaux sont réquisitionnés, des centaines de barques à fond plat arrivent de Brest pour livrer pain et eau. L’armée mobilise 50 000 soldats pour construire barrages, canaux d’évacuation et passerelles.

          La solidarité s’organise dans les immeubles : les habitants du rez-de-chaussée trouvent refuge à l’étage, les réfugiés affluent de banlieue. Les associations caritatives, sous la houlette de la Croix-Rouge, distribuent repas, lait, bouillon et pompes pour lutter contre les eaux. On estime à 200 000 le nombre de sinistrés.

          5 – La crue de la Seine, un coup monté ? 

          Le président Armand Fallières visite les zones sinistrées, accompagné du chef du gouvernement Aristide Briand et du ministre Alexandre Millerand. Le gouvernement débloque 2 millions de francs en urgence, puis 20 millions pour soutenir commerçants, artisans et propriétaires. L’opposition de droite s’empare de la catastrophe pour critiquer la politique laïque et la gestion des travaux publics. Des rumeurs accusent même les entreprises juives ou allemandes d’avoir provoqué la crue par la déforestation. Aristide Briand réagit vite et commande un rapport à Alfred Picard, ingénieur des ponts et chaussées, qui conclut à l’exceptionnelle saturation des sols.

          6 – Ces crues à Paris ont fait un seul mort dans la capitale, 6 en banlieue

          Le 29 janvier, la Seine atteint son pic à 8,62 mètres. La décrue s’amorce, mais deux nouvelles crues suivent en février. Il faudra attendre la mi-mars pour que le fleuve retrouve son lit. Au total, 12 arrondissements parisiens sont inondés, 720 hectares submergés, 20 000 immeubles endommagés à Paris, 30 000 maisons en banlieue, et 400 millions de francs de dégâts, l’équivalent de plusieurs milliards d’euros aujourd’hui. Le bilan humain reste limité : un mort à Paris, six en banlieue.

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          7 – Paris porte encore aujourd’hui les traces de la crue de 1910

          Pourtant, les traces de la catastrophe demeurent : sur de nombreux immeubles proches de la Seine, les marques indiquant le niveau atteint en 1910 restent visibles, rappelant que près d’un million de personnes vivent aujourd’hui en zone inondable.

          iStock

           

          Plus d’un siècle après, une question persiste et hante les esprits des Parisiens comme des experts : est-ce que cela pourrait recommencer ? Chaque hiver, ces vestiges sur les façades témoignent que la capitale n’est jamais totalement à l’abri d’un nouvel épisode d’inondation.

          Franck Ferrand

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