Après avoir passé sa jeunesse dans un petit village de Toscane, c’est à seulement 14 ans que Léonard de Vinci va rentrer dans le célèbre atelier de son maître, Verrocchio. Moment déterminant qui marque le début de sa carrière de peintre, mais aussi des problèmes dans sa vie personnelle.
En plein été 1451, un certain Pierrot Da Vinci descend dans une auberge d’un village de Toscane. Il y rencontre une jeune servante, Katarina. Pierrot, un notaire de 25 ans, repart le lendemain sans savoir que Katarina, à peine âgée de 16 ans, est tombée enceinte. Il doit arranger la situation et trouve alors un mari pour Katarina. Quelques mois après la naissance de l’enfant, son grand-père, Antonio da Vinci, vient chercher le nourrisson. Il ne verra que très peu sa mère le restant de sa vie.
Pierrot ne tenant pas à se charger de son nouveau-né, c’est Antonio qui va prendre la décision de le baptiser. C’est alors que, le 15 avril 1452, l’enfant devient Léonardo da Vinci. Son père étant à Florence pour son travail, c’est son grand-père qui se charge aussi de son éducation.
« Po l’occhio ! » lui répétait sans cesse Antonio, alors c’est ce que fit Léonard, il « ouvrit l’œil ». Le jeune garçon aime se balader dans la nature avec son grand-père et observer les choses comme s’il voyait pour la première fois : chaque arbre, chaque animal, chaque vallon de la campagne toscane. C’est quelque chose qu’il gardera toujours en lui.
Un apprentissage hors des sentiers battus
Son grand-père perçoit chez lui une grande intelligence et tient à ce qu’il reçoive une bonne éducation. C’est à l’âge de 10 ans que le jeune Léonard de Vinci va aller à la scuola d’abaco, une école d’arithmétique. Il se découvre gaucher et, au lieu d’écrire de droite à gauche, il va tout simplement se mettre à écrire de gauche à droite pour se simplifier les choses. C’est cette écriture atypique que l’on retrouve dans ses célèbres carnets qui, une fois reliés, ont donné le Codex Atlanticus.
À seulement 14 ans, Léonard quitte son petit village pour rejoindre Florence, la cité bouillonnante de la Renaissance. Son père découvre l’immense talent artistique de son fils et décide de l’intégrer à la meilleure bottega (atelier) de la ville, celle d’Andrea del Verrocchio. Ce dernier n’est pas qu’un simple peintre : il est sculpteur, orfèvre, ingénieur — un véritable artiste complet. Dans ce milieu où l’on touche à tout, Léonard s’initie aux multiples techniques artistiques : peinture à l’huile, sculpture sur marbre, fonte du bronze, et même architecture.
L’effervescence de l’atelier, où collaborent les meilleurs jeunes artistes de Florence, nourrit sa soif de savoir. Léonard y développe une approche rigoureuse et scientifique de l’art. Une légende célèbre rapporte qu’il aurait peint un ange dans Le Baptême du Christ si supérieur à celui de Verrocchio que ce dernier aurait abandonné la peinture. Légende ou non, il est clair qu’à 20 ans, Léonard a déjà dépassé son maître.
Le prodige poussé à l’exil
Malgré son talent reconnu, Léonard peine à s’épanouir à Florence. Son statut d’enfant illégitime, une affaire judiciaire qui a dégradé son image, et les rivalités d’ateliers pèsent lourdement sur lui. En 1482, il décide de quitter la cité des Médicis pour Milan, ville plus vaste, plus militaire, gouvernée alors par Ludovic Sforza. Mais au lieu de se présenter comme peintre, il adresse au duc une lettre audacieuse dans laquelle il se vend comme ingénieur militaire, capable de construire ponts mobiles, machines de guerre et fortifications.
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Ce tournant marque le début d’une nouvelle vie : à Milan, Léonard obtient des commandes prestigieuses, notamment La Cène, et peut enfin concilier art, science et technique. Il y trouve aussi la liberté de penser et de créer selon ses propres règles. Cet exil, loin de Florence, met un terme à sa jeunesse tourmentée : Léonard entre dans l’âge de la maturité, celle des grandes œuvres et des grandes inventions.
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Cet article Leonard de Vinci, un fils illégitime à l’audace folle : découvrez les jeunes années du peintre est apparu en premier sur Radio Classique.