La bande-originale d’un film est aussi marquante que son scénario, ses acteurs ou sa mise en scène, parfois plus ! Connaissez-vous précisément les influences classiques de Joe Hisaichi, le compositeur des studio Ghibli ? Et savez-vous que le tournage d’Amadeus aurait lui-même mérité un film ? Voici cinq anecdotes méconnues
Dracula de Tod Browning, une bande-originale qui change tout
Lors de la sortie de ce long-métrage en 1931, la place de la musique au cinéma suscite beaucoup d’interrogations au sein des studios Universal. Jusqu’en 1927 et la création du Movietone, qui a permis d’enregistrer du son sur la pellicule, les films étaient accompagnés physiquement par les musiciens. Des orchestres ou des pianistes jouaient dans les salles de cinéma, rendant plus intense une émotion ou clarifiant une situation.
Ainsi, Dracula de Tod Browning, avec dans le rôle-titre le flamboyant Bela Lugosi ne contient – générique mis à part – qu’une seule musique, les dernières mesures des Maîtres chanteurs de Nuremberg de Wagner. Pas de musique originale donc pour ce grand classique du cinéma.
En 1999, Universal décide de remettre en avant sa collection de films dédiés aux « monstres » et profite de l’occasion pour commander une musique originale au célèbre compositeur Philip Glass. Pour écouter ce que cela donne, rendez-vous ici !
Amadeus de Milos Forman, un tournage sous haute surveillance
Tourné à Prague au début des années 80, le fameux biopic sur Mozart aurait pu, lui-même, faire l’objet d’un film ! Imaginez : un parti communiste tchécoslovaque aux aguets, des espions disséminés tout autour du plateau, des figurants travaillant pour la police secrète, et le chauffeur du réalisateur chargé de le surveiller.
Malgré toutes ces précautions, une séquence aurait pu virer à l’incident diplomatique. Ce 4 juillet, jour de l’Indépendance américaine, on tourne au sein du Théâtre des Etats, où Mozart dirigea deux de ses opéras. Mais au lieu d’entendre les notes du compositeur, ce sont celles de l’hymne national américain qui retentissent sous les applaudissements de l’équipe. Toute l’équipe ? Non, ils sont une trentaine à être restés assis sur leur chaise, probablement des membres de la police secrète…
Toutes les anecdotes sur Amadeus sont à lire ici
Over the Rainbow : Et si le chef-d’œuvre du Magicien d’Oz était inspiré par l’étude pour piano d’une sympathisante nazie ?
Jerry Lee Lewis, Keith KJarrett, Beyoncé… Ces artistes ont tous repris le célébrissime air du chef-d’oeuvre de Victor Fleming, Over the rainbow, qui a même reçu l’Oscar de la meilleure chanson originale en 1940. Mâtinée d’inspirations classiques (on devine quelques notes de Rusalka de Dvorak, ou encore d’un opéra de Mascagni), cette oeuvre pourrait avoir une provenance bien plus glaçante.
La partition d’une compositrice norvégienne, datant de 1910, a été retrouvée récemment, et c’est particulièrement troublant. The Hollywood Reporter parle même de plagiat de la part du compositeur d’Over the rainbow Harold Arlen. Premier scandale. Plus embêtant, la musicienne en question, Signe Lund, figure importante de la musique norvégienne, avait une solide sympathie pour l’idéologie nazie. Le coup de grâce ?
Vous pouvez retrouver toute l’histoire ici
Au Palais des festivals, un film sur l’opéra au casting 5 étoiles
Aria est un film à sketch présenté en 1987 au Festival de Cannes. Voici la liste non exhaustive des artistes classiques qui y ont participé : Sir Georg Solti, Enrico Caruso, Leontyne Price, Sir John Eliot Gardiner et Erich Leinsdorf. Ce casting 5 étoiles met son talent au service de Puccini, Verdi, Wagner et Rameau, en bref, de la plus pure tradition lyrique.
De cette oeuvre collective, le célèbre label de disques américain RCA compte bien faire un succès public, et fait appel à de prestigieux réalisateurs, tels que Jean-Luc Godard et Robert Altman. Malheureusement, c’est un immense flop, qui a laissé complètement froid le public et la critique. Mérite-t-il un « coup d’oreille » ? La réponse ici.
Le compositeur Joe Hisaishi inspiré par la musique classique
Des mélodies enchanteresses, des sonorités culturelles diverses et un hommage rendu à la grande musique : le compositeur des films de Miyazaki bénéficie d’une reconnaissance à l’international depuis les années 80.
On peut reconnaître la célébrissime Sarabande d’Haendel dans un des airs de Nausicaä de la Vallée du Vent, et des ressemblances avec l’air de West Side Story, « Somewhere ».
Les 5 films à voir quand on est passionné de musique classique
Autre tube du classique qu’on entend dans un des films les plus connus des Studios Ghibli, Porco Rosso, la fameuse mélodie de la Pavane pour une infante défunte de Maurice Ravel. Enfin on entend La Walkyrie de Wagner dans le si attendrissant film Ponyo sur la falaise. Une bouleversante combinaison entre la culture classique occidentale et le regard typiquement japonais du beau et de la nature éphémère. Toutes les inspirations sont détaillées ici.
Clément Serrano et Béatrice Mouedine
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