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Œuvre monumentale, en cinq mouvements, représentant environ quatre-vingts minutes de musique, la Symphonie n°7 de Mahler était à l’affiche du concert que l’Orchestre national de Lyon a donné le 22 janvier dernier à l’Auditorium de Lyon, sous la direction de Nikolaj Szeps-Znaider.
Créée à Prague en septembre 1908, la Symphonie n°7 de Mahler est sous-titrée “Chant de la nuit”. Elle alterne entre romantisme et modernité. Avant la diffusion de ce concert à 22 heures, Radio Classique vous proposera une sélection d’enregistrements des prédécesseurs de Nikolaj Szeps-Znaider. Vous pourrez notamment entendre la Symphonie n°6 « Pastorale » de Beethoven dirigé par Jun Märkl, l’Ouverture « Le Corsaire » de Berlioz sous la direction de Leonard Slatkin, le Concerto pour violoncelle n°1 de Saint-Saëns avec Anne Gastinel et Emmanuel Krivine, ou encore un extrait du Stabat Mater de Poulenc chanté par Michèle Lagrange sous la direction de Serge Baudo.
Cette soirée sera présentée par Jean-Michel Dhuez. Vous pourrez l’écouter en qualité numérique à Lyon et dans de nombreuses autres villes de France grâce au DAB+.
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Plus de 90 députés sur 577 sont candidats aux prochaines élections municipales. C’est bien plus qu’en 2020 où ils n’étaient que 63. Comment expliquer cette envie d’ailleurs ? Parce qu’entre les blocages politiques et les discussions interminables, certains ont le sentiment qu’ils seraient plus utiles en mairie.
« Être député aujourd’hui, c’est une humiliation. » Ces mots forts sont prononcés par Harold Huwart, député Liot depuis 2024, un mandat qu’il a toujours vu comme temporaire. Il se représente à la mairie de Nogent-le-Rotrou dans l’Eure-et-Loir. Il ne se sent pas assez utile à l’Assemblée. « Compte tenu de la distribution des forces et de l’état d’esprit d’un certain nombre de chefs de parti, cette législature est déjà largement ratée. Être maire, c’est être capable de régler de très nombreux problèmes pour les citoyens tous les jours. Je n’ai pas d’états d’âme. »
Quitter le Palais Bourbon, ce sera plus dur pour Céline Hervieu, députée PS, candidate dans le 6ème arrondissement de Paris. « On peut se sentir impuissant par la composition de l’Assemblée telle qu’elle est. Mais c’est une démarche sincère de dire : voilà, on a un ancrage local. On peut entrer dans une nouvelle partie de la vie politique en devenant maire. Ce n’est pas par rejet de l’Assemblée nationale, c’est simplement un autre engagement. »
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Cela aurait été plus simple si le cumul des mandats était encore autorisé, estime Fabien Di Filippo, député LR, candidat à Sarrebourg en Moselle. « Plus je me projette dans cette fonction de maire, plus je touche du doigt certains sujets fiscaux, de sécurité, normatifs, et je me dis : ce serait très bien qu’on puisse avoir des maires dans l’hémicycle pour porter ces sujets. » D’après l’élu, seules les élections législatives pourront redonner vie au mandat de député.
Lucie Dupressoir
Candidats à Nogent-le-Rotrou (Eure-et-Loir)
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Jonathan Siksou est écrivain et essayiste, spécialisé en gastronomie. Il est l’auteur de l’ouvrage Triompher en Festins – Une histoire de France en vingt repas, publié aux Éditions Perrin, où il explore les grands moments de l’histoire française par le prisme des tables et des festins qui les ont accompagnés. De la table médiévale aux banquets républicains, en passant par les déjeuners diplomatiques du général de Gaulle, il raconte, au micro de David Abiker, comment festoyer était, et est toujours, un acte politique et symbolique.
Pour Jonathan Siksou, l’histoire du pouvoir s’écrit aussi à table. « Il y a toujours eu des chroniqueurs, des observateurs, soit officieux soit officiels, qui ont permis d’écrire l’histoire au sens le plus large du terme », explique-t-il. Dès le Moyen Âge, la magnificence des banquets royaux fascine, même si les chroniqueurs s’attardent plus sur la richesse des décors que sur le contenu des assiettes.
L’un des épisodes les plus marquants est celui du Camp du Drap d’Or, en juin 1520, où François Ier et Henri VIII d’Angleterre rivalisent de splendeur près de Calais. « C’est un banquet de dupe finalement », raconte l’invité, « puisqu’à l’issue de ces agapes somptuaires, Henri VIII scellera un accord avec Charles Quint et non pas avec François Ier. » Mais au-delà de la politique, le spectacle est total : tentes brodées d’or, vaisselle précieuse exposée comme des trophées, et une profusion de mets. « Montrer, démontrer sa richesse, c’est démontrer également sa puissance », souligne-t-il.
Côté menu, la table de François Ier reste encore très médiévale, dominée par les viandes rôties, les poissons en pâté, et une abondance de plats, dont le « gâchis symbolique » n’est qu’apparent : « L’idée est de servir bien plus de nourriture qu’il n’en faut… et ensuite, les plats repartent à l’office pour nourrir tous les échelons inférieurs de la cour. »
Parmi les événements notables, mêlant histoire et gastronomie, il y a 1900, quand la République célèbre sa grandeur lors de l’Exposition universelle à Paris avec le plus grand repas assis jamais organisé. « La France se présente comme le phare de l’humanité occidentale », rappelle Jonathan Siksou. 23 000 maires sont conviés à un banquet monumental dans le jardin des Tuileries, orchestré par la maison Potel et Chabot. « Il faut imaginer 500 mètres de tables dressées, des couverts, des serviettes, des nappes, une armée de serveurs… », détaille-t-il.
Le menu, servi froid, n’en reste pas moins sophistiqué : ballotines de faisan, saumons à la parisienne, pâtés en tout genre. « Ce sont des jours et des jours de préparation », explique le spécialiste en gastronomie, qui évoque aussi la joyeuse confusion de la fin du repas, lorsque les maires préfèrent suivre le président Loubet à l’Élysée plutôt que de visiter l’exposition.
La gastronomie demeure un outil diplomatique de premier ordre sous la Ve République. Le général de Gaulle, conscient de la portée symbolique de la table, attache une importance particulière à la représentation de la France à travers ses repas officiels. Comme le souligne Jonathan Siksou : « Le général de Gaulle a conscience de l’importance de la table et de la représentation de la table française. Quand il reçoit à l’Élysée, le général de Gaulle ne compte pas, alors même qu’il est attentif aux finances de l’État. Lorsqu’il reçoit avec son épouse à l’Élysée, c’est la France qui reçoit et là, on peut tout se permettre dans la mesure du raisonnable. »
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Pour certains rendez-vous majeurs, il préfère la convivialité de sa résidence familiale à l’apparat de l’Élysée. « Quand on lui propose un déjeuner officiel à l’Élysée, il répond : « on, ce sera à la Boisserie, parce que ça aura plus de ragoût » », raconte l’essayiste. À la table du général, les plats sont simples, authentiques, mais toujours français : blanquette de veau, ragoûts, fromages, vins choisis… tout un art de recevoir qui scelle les alliances et marque les esprits.
Pour Jonathan Siksou, le lien entre pouvoir et gastronomie est indissociable. « Les hommes et les femmes ont toujours aimé boire et manger, et il a toujours fallu marquer un événement par un repas qui sort de l’ordinaire », explique-t-il. Car ce qui reste, des siècles plus tard, ce sont ces moments partagés autour de la table, symboles de puissance, de convivialité, et de mémoire collective.
Daphnée Cataldo
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La formation du Cercle de l’Harmonie a été victime d’un vol d’instruments ce jeudi. Les instruments dérobés appartiennent à des membres de l’ensemble. Une plainte a été déposée mais tout témoignage sera utile aux enquêteurs.
Le Cercle de l’Harmonie a été victime d’un vol d’instruments ce jeudi 05 février, vers 9h, à la Salle Colonne, situé 94 boulevard Auguste Blanqui dans le 13e arrondissement de Paris. Les musiciens de la formation y répétaient le concert qu’il doivent donner ce vendredi à Aix-en-Provence. Au Grand Théâtre de Provence, l’orchestre proposera l’ouverture Léonore III (extrait de Fidelio), la Symphonie n°4 et le Concerto pour violon de Ludwig van Beethoven qu’interprétera la violoniste japonaise Sayaka Shoji.
Dans le détail, les quatre instruments dérobés sont : un violoncelle Amati Magenot (1920) dans son étui en toile rigide bordeaux, une clarinette si bémol en buis 5 clés à 430Hz, copie Lotz d’Agnès Guéroult (2020) dans un étui en tissu à motifs bleu (placée dans un sac à dos beige), un archet de violoncelle classique, modèle Meauchand (1775) et un autre archet de violoncelle baroque, modèle Tartini.
« Au-delà de la valeur matérielle, ces instruments représentent des outils de travail irremplaçables pour les artistes concerné », précise l’ensemble. Les signalements peuvent être adressés aux services de police du 13e arrondissement de Paris (téléphone 3430).
Le Cercle de l’Harmonie est un des plus grands orchestre réunissant des musiciens indépendants. Créé et dirigé depuis 2005 par le chef d’orchestre Jérémie Rhorer, l’ensemble, qui joue sur des instruments d’époque, explore la filiation entre répertoire classique et romantique, de Rossini à Brahms, sans oublier l’aube du romantisme incarné par Cherubini ou Spontini. Après avoir été l’invité pendant dix ans du Théâtre des Champs-Élysées à Paris, l’orchestre est en résidence au Grand Théâtre de Provence depuis 2018.
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D’ici l’été, Le Cercle de l’Harmonie se produira le 30 mars à la Philharmonie de Paris pour une représentation de Rigoletto de Giuseppe Verdi en version concert. L’orchestre participera ensuite au festival de Saint-Denis (93) où sera jouée la Messe en ut mineur de WA Mozart. Enfin, le 19 juin, Jérémie Rhorer dirigera sa formation dans le Requiem de Verdi à la Halle aux Grains de Toulouse.
Philippe Gault
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A l’occasion de la publication de son nouvel album, Dana Ciocarlie sera, ce jeudi 5 février à 20h, l’invitée du Journal du classique.
Son nom est un dérivé du mot « ciocârlia » qui signifie « l’alouette » en roumain et qui est aussi le titre de l’un des thèmes populaires les plus célèbres du folklore de son pays natal. Dana Ciocarlie célèbre justement ses racines au disque, dans un album particulièrement chatoyant sorti chez La Dolce Volta. Un programme mêlant des musiques traditionnelles arrangées pour le piano et des pièces de compositeurs qui se sont nourris du folklore, tels Bartok, Enescu ou Constantinescu.
Dana Ciocarlie nous éclairera ce soir sur cet album et sur ses liens avec la Roumanie dont elle nous invite à découvrir la campagne profonde, nous faisant entendre à travers son piano des violoneux, des paysans qui chantent, font la fête, des cloches comme des chants d’oiseaux.
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Elle jouera ces pièces en concert le 16 février au théâtre de l‘Européen à Paris en compagnie d’Isabelle Georges, qui ponctuera ce programme de lectures de poèmes roumains.
Laure Mézan
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Le chef d’orchestre finlandais Esa-Pekka Salonen a été nommé directeur de l’édition 2026 du festival de musique contemporaine de Tanglewood, dans le Massachusetts. Dans cette fonction, il succède à la compositrice mexicaine Gabriela Ortiz.
Période faste pour le chef d’orchestre finlandais de 67 ans. Nommé en septembre dernier chef principal de l’Orchestre de Paris mais également titulaire de la chaire Création et innovation de la Philharmonie de Paris à partir de 2027 et directeur de la création du Los Angeles Philharmonic dès la saison prochaine, Esa-Pekka Salonen vient d’être choisi pour diriger l’édition 2026 du réputé festival de musique contemporaine de Tanglewood qui se déroulera du 23 au 27 juillet.
À ce titre, Esa-Pekka Salonen a été chargé de programmer les cinq concerts présentés cette année. La soirée d’ouverture du 23 juillet, dédiée à « ceux que nous avons perdus trop tôt », proposera dans la salle Seiji Ozawa une série d’œuvres de compositeurs récemment disparus, dont un hommage à Kaija Saariaho, et des méditations musicales sur la vie et la mort.
Le vendredi 24 juillet, une soirée Meta Music : Musique sur d’autres musiques proposera un dialogue entre des compositeurs contemporains et des œuvres couvrant l’histoire de la musique du Moyen Âge à nos jours. Y seront ainsi mêlés des œuvres de Pérotin, Byrd, Purcell, Bach avec celles de Salonen lui-même, Nico Muhly ou encore Peter Maxwell Davies.
Le programme du 25 juillet, intitulé « La Nouvelle Génération », mettra en lumière quatre compositrices de la génération Y (nées entre 1981 et 1996) : Alisson Kruusmaa, Gabriella Smith, Anna Bergt Lisa Streich. La programmation intergénérationnelle se poursuivra le lendemain avec une série d’oeuvres de compositeurs de la génération Z (nés entre 1997 et 2012), associées à des œuvres de Witold Lutosławski et de György Ligeti.
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La soirée de clôture, dédiée aux « Nordic Boomers », mettra en valeur des compositeurs scandinaves confirmés tels que Hans Abrahamsen (Danemark), Anders Hillborg (Suède), Esa-Pekka Salonen évidemment et son compatriote Magnus Lindberg dont des œuvres seront interprétées par l’orchestre du Tanglewood Music Center (TMC).
Esa-Pekka Salonen has been named director of the Boston Symphony Orchestra’s 2026 Tanglewood Festival of Contemporary Music. https://t.co/Y9PabmMtn8
— San Francisco Chronicle (@sfchronicle) February 2, 2026
Outre ces prestations dans le cadre du festival de musique contemporaine, le maestro finlandais dirigera deux concerts à Tanglewood. Le 31 juillet à la tête du Boston Symphony Orchestra, avec notamment le Concerto pour piano n° 5, dit « Empereur » de Ludwig van Beethoven qu’interprétera Yefim Bronfman. Enfin, le jeudi 5 août, Esa-Pekka Salonen encadrera deux jeunes chefs boursiers du TMC lors d’un concert consacré à des œuvres de Ravel, Debussy et Bartók.
Philippe Gault
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Le refus d’obtempérer est une infraction qui se répète ces derniers temps, avec des exemples à Chartres, dans les Yvelines et à Bayonne.. À Nantes, trois policiers ont été blessés après une collision frontale avec leur véhicule. L’éditorialiste Franz-Olivier Giesbert a longuement évoqué ce triste phénomène ce jeudi dans Esprits Libres sur Radio Classique.
Les refus d’obtempérer plus nombreux en France qu’aux États-Unis, qu’est-ce que cela dit de la société française, selon vous ?
FRANZ-OLIVIER GIESBERT : Ça en dit long sur l’affaissement du pays. Vous connaissez le nombre de refus d’obtempérer par jour en France ? 77 ! 77 refus d’obtempérer par jour et par nuit, parce que ça se passe souvent la nuit. C’est dément et personne ne fait rien, ni ne propose rien.
Mais la police essaye de faire quelque chose, elle est là ?
F.-O.G. : Oui, la pauvre police est un peu abandonnée par tout le monde, y compris par les politiques. Mais ça en dit long sur le laisser-aller qui règne à peu près à tous les étages et la déconnexion de la classe politique par rapport à une partie du pays qui n’en peut plus. Ces refus d’obtempérer donnent une espèce d’hubris à une catégorie de la population qu’on peut considérer comme dangereuse. C’est devenu un sport national. Dans ce domaine-là, on fait mieux que les États-Unis. Pour une population cinq fois moins importante ! Il y a 28 000 refus d’obtempérer en France, contre 20 000 aux États-Unis. On est en droit de penser que les sanctions ne sont pas assez fortes, mais quand on regarde de près, l’arsenal répressif a été durci en 2022 : 2 ans d’emprisonnement et 15 000 € d’amende. Ça peut même aller, s’il y a des blessés, jusqu’à 15 ans d’emprisonnement et 75 000 € d’amende. Tout ça sans résultat. Si ce n’est pas assez, je pense qu’il faut peut-être en rajouter : retirer le permis, confisquer la voiture…
Mais souvent le permis et l’assurance sont déjà retirés ou il n’y a pas d’assurance…
F.-O.G. : Les députés ont l’air de penser que la cause est entendue parce qu’il n’y a jamais de proposition de loi sur cette question. Depuis 2022, il n’y a plus rien. Cette affaire est symbolique de ce qui se passe en France parce que même si les politiques condamnent les refus d’obtempérer, on peut dire qu’ils ont moralement démissionné, ils ont lâché l’affaire. Il n’y a pourtant aucune raison. 28 000 refus d’obtempérer par jour et par nuit, des policiers blessés à Nantes. Dans les Yvelines, la nuit d’avant, un policier blessé lors d’un refus d’obtempérer. C’est ça le problème.
Il y a deux facteurs. Le premier, c’est que souvent ce type de délinquance est filmé et diffusé sur les réseaux sociaux. Voir ça pour les Français, c’est absolument insupportable. L’autre aspect, c’est que la peur du gendarme a disparu !
F.-O.G. : C’est ça le problème. Aux États-Unis, il y a la peur du gendarme.
En France, ceux qui ont peur du gendarme n’ont généralement rien à se reprocher, mais les délinquants et les criminels eux, ne craignent pas les forces de l’ordre…
F.-O.G. : Oui, parce qu’ils pensent qu’ils vont s’en sortir, que ce n’est pas grave. Vous avez quand même un président de la République qui a fièrement arboré un t-shirt contre les violences policières [lors du festival d’Angoulême de 2020, il a tenu un t-shirt offert par le dessinateur Jul montrant un fauve éborgné, sous lequel était inscrit « LBD 2020 » NDR]. Mais c’est ça la France aussi. Il n’y a pas l’idée qu’il faut sécuriser la police, la protéger.
Quand vous dites protéger la police, qu’est-ce que ça veut dire ? Ségolène Royal en 2007 proposait de mettre un policier derrière les policiers pour les raccompagner chez eux.
F.-O.G. : Non, ça c’est totalement idiot. Il faut protéger moralement la police. C’est la même chose qui se passe avec les professeurs. Il faut les remettre au centre du village, au centre de la discussion.
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Est-ce que les médias ont un rôle à jouer là-dedans ? Parce qu’à chaque fois qu’il y a des affaires comme ça, c’est un partout, balle au centre. Personne ne s’engage. Les policiers peuvent être soupçonnés…
F.-O.G. : Non, on s’engage. Regardez l’histoire de Nahel : tout de suite le policier est condamné avant même qu’on connaisse les circonstances de l’accident, y compris par le président lui-même.
Est-ce que la gauche est coupable ?
F.-O.G. : Évidemment. Pas toute la gauche, mais la campagne permanente de LFI contre la police, ça a des effets. Tous ces délinquants se croient protégés par une force supérieure. Il faut en finir avec ça. Sinon, les Français deviennent fous.
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La question iranienne est au cœur des préoccupations internationales. Face à l’impasse sur le programme nucléaire, une intervention militaire américaine est-elle envisageable ? Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires étrangères et invité de la matinale de Radio Classique ce jeudi, estime que cette option, bien que risquée, n’est pas impossible.
Donald Trump, face à l’Iran, se trouve à un carrefour décisif. Selon Hubert Védrine, l’ancien président américain vise soit un « engagement viable des Iraniens sur l’arrêt du programme nucléaire militaire », soit une action militaire ciblée. L’ancien ministre des Affaires étrangères souligne qu’en l’absence d’un accord sérieux, une frappe militaire deviendrait inévitable, mais serait « ponctuelle et sans rapport avec ce que demandent tous les manifestants ».
L’hypothèse d’un changement de régime en Iran est écartée par l’ancien ministre et co-auteur, avec Maurice Godelier, de l’ouvrage Après l’Occident (Perrin/Robert Laffont), et l’Atlas des Crises et des Conflits avec Pascal Boniface (Éditions Armand Colin). Il estime que cela mènerait à une « gigantesque guerre civile ». Les alliés arabes des États-Unis craignent le chaos et préfèrent un régime affaibli mais stable. Il ajoute que Donald Trump n’est « pas complètement aligné sur la rhétorique israélienne » et à relancer les Accords d’Abraham. Il estime que le milliardaire républicain est « très habile à présenter n’importe quel résultat comme un succès géant. »
Interrogé sur la fin des accords New START et le risque d’une nouvelle course aux armements, Hubert Védrine affirme que cette course est déjà d’actualité. Il y voit une conséquence du « ratage tragique de la relation avec la Russie après la fin de l’URSS », un point de vue partagé par des figures réalistes de la diplomatie américaine.
Abordant le sujet de la guerre en Ukraine, Hubert Védrine analyse l’avertissement du président Zelensky. Il souligne l’incapacité de Poutine à conquérir l’ensemble du Donbass après quatre ans de guerre. La question centrale des prochaines semaines sera de savoir si Volodymyr Zelensky est prêt à abandonner le Donbass, une décision qui dépendra des « garanties que les Américains donneraient à la coalition des volontaires » en cas de cessez-le-feu.
Concernant une paix russo-ukrainienne en 2026, il se montre sceptique quant à un « vrai accord signé », en raison d’un « désaccord trop grand » et de la position russe sur les russophones hors de ses frontières. Il imagine un « arrêt des combats » et un cessez-le-feu, potentiellement avec un système de garantie, mais ne voit pas comment un accord fondamental pourrait être atteint.
Lors d’un échange avec l’anthropologue Maurice Godelier, Hubert Védrine a dressé un constat sur l’avenir de l’Occident : leur analyse révèle que « l’Occident ne peut plus imposer ses valeurs. » Ils soulignent que l’approche « prosélyte » qui a longtemps caractérisé les sociétés occidentales, une volonté constante d’évangéliser, de coloniser, puis de « droit-de-l’hommiser tout le monde », a atteint ses limites. L’ancien ministre explique que cette incapacité à dicter les normes ne tient pas seulement à une résistance des nations non-occidentales, qui « ne veulent plus » se soumettre à cette influence, mais aussi à un affaiblissement intrinsèque de l’Occident, qui n’a « plus les moyens » d’exercer sa prépondérance d’antan. Ce constat cinglant appelle l’Europe à redéfinir son identité et son rôle dans un monde multipolaire en pleine mutation.
L’Europe est également confrontée à un choix crucial. Soit elle subit une « trumpisation », où « Trump réussit à imposer sa vision » sur les questions d’immigration et de « wokisme », ce qui pourrait mener à une Europe « ultra-conservatrice ». Soit l’Europe opère une « révolution des mentalités », devenant un « Danemark du monde, avec des valeurs positives, de l’écologie, une oasis ».
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Hubert Védrine imagine une Europe « redressée, offensive, optimiste, rayonnante par son exemple, mais pas prosélyte ». Il évoque également un scénario où il n’y aurait « plus d’Occident géopolitique », l’Amérique et l’Europe menant des vies séparées. Enfin, la désunion de l’Europe est une possibilité, des voix en Allemagne remettant en question la pérennité du système européen.
Daphnée Cataldo
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Alors qu’elle devait se produire en duo avec Renaud Capuçon lors d’un récital ce jeudi aux Sommets Musicaux de Gstaad, la pianiste Hélène Grimaud, souffrante, a dû déclarer forfait. Pour le plus grand bonheur du public de la station huppée suisse, elle sera remplacée par Martha Argerich.
Pour sa dixième saison en tant que directeur artistique du festival des Sommets Musicaux de Gstaad, Renaud Capuçon se faisait un plaisir de jouer en duo ce jeudi soir avec Hélène Grimaud. Malheureusement, la pianiste française de 56 ans a été contrainte d’annuler sa participation pour des raisons de santé, dont la nature exacte n’a pas été communiquée.
Mais Renaud Capuçon a de la ressource et un beau carnet d’adresses et a ainsi pu compter sur la disponibilité de sa grande amie Martha Argerich qui réside à Genève. La pianiste argentine (naturalisée suisse) a accepté spontanément de remplacer Hélène Grimaud au pied levé. Le programme reste inchangé et le duo interprétera donc à partir de 19h30, dans le cadre chaleureux de l’église de Saanen, Frates pour violon et piano d’Arvo Pärt, Fantasiesstücke op. 73 et la Sonate pour violon et piano n° 1 en la mineur, op. 105, deux œuvres de Robert Schumann, et la Sonate n° 2 pour violon et piano en sol majeur de Maurice Ravel.
Cette année, pour la 26e édition des Sommets Musicaux de Gstaad qui a débuté le 30 janvier et s’achèvera le 7 février, Renaud Capuçon a imaginé un programme qui met en vedette… le violon avec, notamment, Vadim Repin comme mentor de sept jeunes violonistes prometteurs qui auront donné chacun un récital. La programmation fait aussi la part belle à des musiciens confirmés tels que Emmanuel Pahud (flûte), Mao Fujita (piano), Kian Soltani (violoncelle) ou encore le ténor samoan Pene Pati, ainsi qu’à des ensembles réputés comme la Camerata Bern, la Camerata Salzburg, le Chamber Orchestra of Europe et l’orchestre Les Siècles.
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Pour les deux derniers concerts du festival, le public aura l’occasion d’assister vendredi au concert donné par Kian Soltani, accompagné par la Camerata de Salzbourg sous la direction du jeune chef d’orchestre et violoniste français Baptiste Lopez, avec laquelle il interprétera des œuvres de Mozart et Boccherini. Le concert de clôture samedi mettra en vedette Pene Pati qui chantera des extraits d’œuvres de Ravel, Stravinsky, Duparc et Bizet avec l’ensemble Les Siècles dirigé par Harry Ogg.
A noter que ces deux concerts seront diffusés à partir de 20h00 le dimanche 15 février sur la plateforme de streaming medici.tv
Philippe Gault
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A l’occasion de la nouvelle édition des Sommets Musicaux de Gstaad, Renaud Capuçon, Gabriel Durliat et Iris Scialom seront, ce mercredi 4 février à 20h, les invités du Journal du classique.
Si les plus grandes étoiles de la musique se pressent chaque hiver aux Sommets Musicaux de Gstaad, le festival est aussi un formidable tremplin pour la jeunesse. Renaud Capuçon, son directeur artistique dont on connait l’engagement auprès de la nouvelle génération, invite chaque année de jeunes talents, dans la cadre d’une formidable série de concerts et master classes qui se tient tout au long de la semaine et à l’issue de laquelle sera décerné, samedi, le prix Thierry Schertz.
Il sera ce soir à notre micro pour nous parler justement de la jeunesse et de la transmission. Nous échangerons également avec le pianiste Gabriel Durliat et la violoniste Iris Scialom qui ont illuminé le premier week-end du festival. Deux brillants représentants d’une nouvelle génération particulièrement curieuse, inventive et désireuse d’élargir ses champs d’expression.
Laure Mézan
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