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L’idée du Medef de créer un dispositif pour lutter contre le chômage des jeunes, permettant une rupture sans motif lors des premières années, a déjà mis le feu aux poudres avant d’être rapidement écartée par le gouvernement. Invité de la matinale de Radio Classique, Gilbert Cette, professeur de politique économique à NEOMA Business School et co-auteur de Sauver la démocratie sociale (Calmann-Lévy), a exprimé ses doutes quant à l’efficacité d’une telle mesure, et appelle à prendre la proposition de l’organisation patronale « avec prudence ».
« La démocratie sociale s’est dévitalisée sur les 10-15 dernières années », observe Gilbert Cette. Autrefois génératrice de normes collectives, la France peine aujourd’hui à retrouver la dynamique du compromis « gagnant-gagnant » entre travailleurs et entreprises. Le nombre et la portée des accords nationaux interprofessionnels signés par les partenaires sociaux se sont réduits, tout comme l’ambition de ceux conclus dans les branches et les entreprises. « Cette dévitalisation fait tache quand on se compare à d’autres pays », souligne-t-il.
Interrogé sur les maux des syndicats français, trois phénomènes sont pointés : la radicalisation, la politisation et le recours fréquent à la grève. « La grève est un droit fondamental, personne ne souhaite le remettre en cause », précise-t-il. Mais il constate que la France compte huit syndicats ayant au moins 5 % des voix aux élections professionnelles, un record dans l’OCDE. Cette pluralité « pousse à la radicalisation du discours », car « les petits syndicats veulent se faire entendre » et adoptent des positions très contestataires, faute de pouvoir peser dans la négociation. Résultat : la recherche du compromis s’efface derrière la logique d’opposition. Pour Gilbert Cette, cette posture traduit un désengagement des syndicats vis-à-vis de leur mission première : la négociation.
L’exemple de la proposition du Medef d’un « CDI jeunes », contrat pouvant être rompu sans motif lors des premières années, révèle la crispation du dialogue social à la française. L’invité de David Abiker reconnaît la difficulté d’insertion professionnelle des jeunes en France, où le taux d’emploi reste faible, et salue l’efficacité, mais aussi le coût, de la réforme de l’apprentissage. Concernant la proposition du Medef, s’il admet que la mesure serait transitoire pour les jeunes, il appelle à la prudence : « Il faut proposer des choses qui marchent. Est-ce que cette proposition est basée sur des études qui montrent qu’à l’étranger, des dispositifs de ce type ont fonctionné ? […] Il ne faut pas fonctionner comme si la France était un petit village, ignorant ce qui se passe ailleurs. »
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Gilbert Cette revient également sur la réforme des retraites, qu’il estime victime d’une « politisation extrême » en France, contrairement à la plupart des pays européens. « En Italie, en Espagne, dans les pays nordiques, l’âge de départ est de 67 ans, voire 70 ans au Danemark à l’horizon 2040, sans opposition syndicale forte », rappelle-t-il. « En France, le débat a été vicié par une extrême politisation. Les partenaires sociaux y ont pris une place qu’ils n’auraient pas dû avoir, car il s’agissait d’un projet de loi relevant de l’Assemblée nationale. » Résultat : un accord national interprofessionnel signé en 2024, « vide de contenu », et un conclave qui a échoué à trouver une solution. « Les partenaires sociaux se sont montrés incapables d’aboutir sur une question aussi importante que les retraites. »
Daphnée Cataldo
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À quatre jours du début des JO d’hiver 2026 de Milan-Cortina, la 145e session du Comité Olympique International (CIO) a été ouverte ce lundi à la Scala de Milan. Une cérémonie prestigieuse ponctuée par un concert dirigé par Riccardo Chailly.
Comme le veut la tradition, à l’occasion de chaque édition des Jeux Olympiques les membres du Comité Olympique International se réunissent en session quelques jours avant le début des épreuves. Cette année, la 145e session du Comité Olympique International, qui précède les JO d’hiver 2026 de Milan-Cortina, dont la cérémonie d’ouverture aura lieu vendredi, a donc été ouverte solennellement ce lundi dans le cadre majestueux du Teatro alla Scala de Milan.
La cérémonie présidée par le président italien Sergio Mattarella et de la présidente du Comité Olympique International Kirsty Coventry, a réuni près de 2.000 convives parmi lesquels les membres du CIO, des représentants des autorités italiennes, des têtes couronnées et des artistes. L’occasion pour Sergio Mattarella de lancer un appel à une trêve olympique et à la paix mondiale, soulignant les valeurs universelles des JO. « Nous appelons à une trêve olympique, que les armes se taisent », a-t-il déclaré.
La cérémonie s’est achevée par un somptueux concert donné par l’orchestre de la Scala sous la direction de son directeur musical, le maestro italien Riccardo Chailly, bien remis de l’accident cardiaque qui avait conduit à son hospitalisation pendant un concert début décembre.
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Au programme de cette représentation des œuvres de deux des plus grandes figures de l’opéra italien : Gioachino Rossini et Giuseppe Verdi. Ont ainsi été joués des extraits de La Pie voleuse et de Guillaume Tell de Rossini ainsi que le prélude et l’aria Pietà, rispetto, onore, extraits de Macbeth de Verdi, portés par la puissante et mélodieuse voix du baryton italien Luca Salsi.
Une représentation saluée par la présidente zimbabwéenne du Comité Olympique International qui a déclaré : « Sur cette scène, des générations d’artistes, de chanteurs lyriques et de musiciens ont inspiré le public par l’excellence de leur art, par la beauté et par l’émotion qu’ils ont su transmettre. La Scala incarne l’esprit italien : un attachement profond à l’art sous toutes ses formes, à la vie et à la créativité humaine, ainsi qu’à l’alliance harmonieuse de la tradition et de l’innovation ».
VIDEO NEWS RELEASE
The 145th IOC Session opened at Teatro alla Scala in Milan, with IOC President Coventry and Italian President Mattarella highlighting the unifying role of sport ahead of #MilanoCortina2026. @Quirinale
https://t.co/TFSScOvQob pic.twitter.com/FeCPWTOr4x
— IOC MEDIA (@iocmedia) February 3, 2026
Invité à la cérémonie, le danseur étoile italien Roberto Bolle a annoncé sa participation au spectacle, intitulé La Beauté en action, qui marquera la cérémonie de clôture des JO le dimanche 22 février à Vérone. C‘est aussi dans les célèbres arènes de la cité vénitienne qu’aura lieu la cérémonie d’ouverture des Jeux Paralympiques d’hiver (6-15 mars).
Philippe Gault
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À l’occasion de la nouvelle production d’Eugène Onéguine à l’Opéra de Paris, Semyon Bychkov sera, ce mardi 3 février à 20h, l’invité du Journal du classique.
Il vient d’être nommé directeur musical de l’Opéra national de Paris et dirige actuellement la nouvelle production d’Eugène Onéguine de Tchaïkovski au Palais Garnier. Semyon Bychkov confiera ce soir son amour pour l’œuvre de Tchaïkovski ainsi que sur ses liens avec l’institution parisienne où il a laissé de grands souvenirs, au point d’avoir gagné le cœur des musiciens de l’orchestre. Car ce sont eux qui l’ont sollicité et ainsi convaincu d’accepter de devenir leur chef dans un peu moins de deux ans.
Avec une mise en scène du comédien et réalisateur Ralph Fiennes, on retrouve Ruzan Mantashyan en Tatiana, Boris Pinkhasovich en Eugène Onéguine, Bogdan Volkov en Lenski ou encore Susan Graham dans le rôle de Madame Larina.
Laure Mézan
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L’Affaire Bétharram a-t-elle jeté la suspicion sur l’ensemble de l’enseignement catholique ? L’Education nationale a lancé des inspections dans le privé pour éviter que d’autres jeunes soient victimes d’abus. Parallèlement, l’établissement des Pyrénées-Atlantiques visé par près de 250 plaintes d’anciens élèves compte fermer son site historique et déplacer les élèves dans les autres lieux rattachés à ce groupe scolaire.
Cécile Cornudet, éditorialiste aux Echos et Jean-François Colosimo, essayiste, théologien et éditeur ont débattu de ces inspections dans l’émission Esprits Libres de ce mardi.
Le Figaro titre : « L’enseignement privé dénonce une suspicion généralisée ». L’Éducation nationale a lancé des inspections dans des établissements privés pour savoir comment ça se passe, pour être sûr que ce qui s’est passé à Bétharram ne se renouvelle pas. Et évidemment le balancier penche à l’extrême avec, dénonce Le Figaro, des questionnaires précis, des élèves écoutés par les inspecteurs sans la présence d’un adulte, les cartables fouillés. Bref, c’est le retour de la querelle scolaire ?
JEAN-FRANÇOIS COLOSIMO : Oui, c’est une tentation constante qui est inscrite dans le cerveau reptilien français de l’Éducation nationale. Cet excès de républicanisme laïciste, qui fait que l’école publique va très mal, ne peut pas supporter que l’école catholique sous contrat aille très bien. C’est le fond de l’histoire.
Et pourtant c’est déclenché par Bétharram.
J-F.C. : Bétharram c’est une horreur, mais c’est une horreur qui a une histoire. C’est aussi un passé qui rejoint d’ailleurs celui des affaires de pédophilie commises par des clercs. Aujourd’hui, l’Église catholique en France, que ce soit dans ses propres institutions ou dans ses écoles qui se revendiquent de son message, est extrêmement attentive. Et là d’un coup, on voit un déchaînement de procédures qui sont quasiment inquisitoriales. Il faut le dire. On cherche des preuves d’une suspicion qui est largement affirmée. On va jusqu’à questionner sur les pratiques religieuses. Si on veut vraiment être de retour en 1793, il faut le dire !
Le ministère de l’Éducation nationale est allé jusqu’à reconnaître des comportements inacceptables et annoncer des recadrages sur le terrain. Les chefs d’établissement s’inquiètent de cette remise en cause du caractère propre de leur enseignement.
J-F.C. : Je crois que c’est une querelle qui n’a jamais été réglée, mais elle est d’autant moins réglée que aujourd’hui, malheureusement, l’Éducation nationale publique, de l’école maternelle au baccalauréat, assiste à un véritable désastre. Ce désastre joue en faveur d’une école catholique qui rappelle qu’elle est surtout catholique, elle n’est pas là simplement pour répondre à l’angoisse de parents qui voudraient des boîtes à bac et des boîtes de réussite. C’est une question de valeurs que promeut l’école catholique sous contrat, qui obéit à l’Éducation nationale. Des valeurs de solidarité et de charité, qui nous manquent cruellement aujourd’hui. Tout ça, on veut le faire disparaître de manière obstinée. Si véritablement les inspecteurs de l’Éducation nationale pensent qu’ils n’ont que ça à faire, nous sommes vraiment dans une forme de désastre moral.
CÉCILE CORNUDET : Jean-François Colosimo a raison : l’arrière-fond, c’est une jalousie. L’enseignement privé attire, l’enseignement public fait fuir et ça réveille. Ce n’est pas au niveau du ministre, il n’y a pas une volonté politique aujourd’hui – contrairement à certaines époques – de taper sur l’enseignement privé, de remettre en question les financements. Mais il y a chez les inspecteurs, imprégnés de cette culture de rivalité entre les deux systèmes, quelque chose qui peut se réveiller à l’occasion de scandales comme celui de Bétharram. Pour essayer de sortir de cette guerre franco-française, l’enseignement catholique a intérêt à la transparence, à l’ouverture, à faire remonter les cas qui ne vont pas, parce que c’est ça qui crée la suspicion et qui crée des délires chez certains inspecteurs. De l’autre côté, évidemment, l’école publique a intérêt à s’inspirer de ce qui se fait de mieux dans l’école privée, à remettre en avant le mérite.
Il y a un sujet un peu tabou en ce moment qui crée vraiment une divergence, c’est celle de l’inclusion. L’inclusion des enfants à problèmes, handicapés, même psychologiquement. C’est une politique au départ lancée par Jacques Chirac, ultra généreuse. Il y a le besoin de ne pas enfermer ces enfants dans des institutions, mais on a été trop loin, on a fermé trop d’institutions. Le privé peut les refuser, le public ne le peut pas. Il y a plein de témoignages d’enseignants, y compris de maternelle, de petites écoles de quartier qui disent : c’est ingérable, parce qu’on a parfois 3 ou 4 enfants avec de vrais cas psychologiques dans la classe.
Et il faudrait que l’enseignement catholique partage cette charge ?
C.C. : Il faut qu’on repense de façon plus équilibrée cette politique en ne mettant pas systématiquement les enfants dans les écoles. C’est un sujet qu’on ne peut pas porter politiquement. Éric Zemmour avait un peu essayé pendant la campagne 2022, il était apparu comme un affreux facho, mais il y a un sujet. Dès que vous rencontrez un enseignant du primaire ou de la maternelle, il vous en parle.
Jean-François Colosimo, qu’est-ce qui fait que des gens parfois quittent le public pour le privé, y compris d’ailleurs des gens qui ne sont pas de religion catholique et qui mettent leurs enfants, qu’ils soient de culture arabo-musulmane ou de culture juive, dans le privé catholique ? Qu’est-ce qui fait que ça marche mieux, de l’avis de certains ?
J-F.C. : Quand on dit privé, on dit un sens de la responsabilité, une défense de la marque, une forme de concentration des forces sur des objectifs, le fait qu’on a aussi un personnel qui partage certaines valeurs. Beaucoup de parents veulent savoir où est leur enfant, ne veulent pas qu’il se trouve à la rue parce qu’un professeur est absent une fois de plus. Ils veulent, quand ils téléphonent pour avoir un rendez-vous, avoir quelqu’un au bout du fil, avoir ce rendez-vous de manière rapide. C’est aussi prosaïque que ça. Il y a autre chose, c’est qu’ils savent que malgré tout, l’Église catholique depuis Vatican II est engagée dans le respect des autres traditions religieuses ou philosophiques. Ils savent très bien que leurs enfants ne vont pas être mis dans une fabrique de petits catholiques à tout prix.
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Cécile Cornudet, la rançon de cette excellence, c’est que la concentration des problèmes et la charge politique assignée à l’Éducation nationale, c’est de résoudre maintenant quasiment tous les problèmes que les parents sont incapables de résoudre. On demande à l’école publique de former les enfants à l’écologie, au respect de la personne, de faire l’éducation sexuelle, de lutter contre la violence, d’apprendre à dire merci, bonjour, au revoir. Bref, on délègue tout à l’Éducation nationale !
C.C. : Je pense qu’il n’y a pas plus difficile aujourd’hui que le métier d’enseignant dans l’Éducation nationale. Ils sont souvent débordés. Et effectivement, on sent que le parent, la famille est quasiment un adversaire. Alors que dans le privé, plus souvent, il y a une notion de contractualisation, on échange avec vous, c’est un partenaire. Alors il ne faut pas non plus être complètement angélique, il y a des dérives dans certains établissements, forcément.
J-F.C. : Absolument, et je crois que c’est l’honneur de l’enseignement catholique de s’attacher véritablement à combattre toute forme de dérive et particulièrement des dérives…
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Suite à la publication par la justice américaine d’échanges de mails avec Jeffrey Epstein, le chef d’orchestre Frédéric Chaslin dénonce des « insinuations », notamment après la mise au jour d’un courriel adressé en 2013 au criminel sexuel américain dans lequel il disait « avoir trouvé une fille formidable » à Paris.
« Il est totalement inadmissible et faux d’insinuer que j’aurais ‘trouvé une fille’ pour Jeffrey Epstein. La réalité est simple et vérifiable : il m’avait demandé de lui recommander une interprète afin de l’accompagner dans la visite de musées parisiens », a écrit Frédéric Chaslin dans un message sur Facebook en réponse à un article du média allemand VAN Magazine, qui a révélé l’existence de ces échanges.
Dans un mail du 12 septembre 2013 adressé au financier américain, ce chef d’orchestre de renommée internationale, qui a notamment dirigé l’Opéra de Santa Fe (États-Unis) au début des années 2010, avait écrit: « J’ai trouvé une fille formidable pour ton (ou votre, ndlr) prochain séjour à Paris. Étudiante en philosophie. 21 ans. Elle ressemble un peu à l’épouse actuelle de Roman Polanski ».
Dans son message de justification, Frédéric Chaslin, 63 ans, déplore les interprétations de son mail fondées, selon lui, « sur des phrases isolées, sorties de leur contexte et chargées d’intentions qu’elles n’ont jamais eues (…) Je réfute formellement ces insinuations, qui ne correspondent ni aux faits, ni à la chronologie, ni aux documents eux-mêmes », et affirme que la jeune femme évoquée dans son courriel n’avait finalement jamais rencontré Jeffrey Epstein.
« Cette affaire est donc vide de tout contenu », assure-t-il, affirmant n’avoir que très « rarement rencontré » Jeffrey Epstein entre 2013 et 2019 et exprimant sa « solidarité pleine et entière » avec ses victimes.
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Au moment de cet échange de mail avec Frédéric Chaslin, Jeffrey Epstein avait déjà eu maille à partir avec la justice. Il avait été condamné en 2008 à 18 mois de prison pour avoir recouru aux services de dizaines de prostituées mineures. Libéré en 2009, l’homme d’affaires américain avait été arrêté dix ans plus tard, en juillet 2019, accusé de trafic sexuel. Il s’est suicidé un mois plus tard en prison, selon les conclusions de l’enquête.
Freigegebene E-Mails zeigen, wie der Dirigent Frédéric Chaslin über Jahre hinweg Kontakt zu dem verurteilten Sexualstraftäter Jeffrey Epstein hielt – und ihm offenbar »private Besuche« organisierte. https://t.co/TTn9ag4oeP
— VAN Magazin (@VanMusik) February 1, 2026
Vendredi, le ministère de la Justice américain a publié quelque trois millions de nouveaux documents concernant Jeffrey Epstein, dont certains ont éclaboussé des personnalités à travers le monde, comme la princesse Mette-Marit, future reine de Norvège, ou l’ex-ministre français de la Culture Jack Lang et sa fille.
Philippe Gault (avec AFP)
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Le géant chinois, aujourd’hui, n’est pas celui auquel on s’attendait : loin d’être simplement « l’usine du monde », c’est une terre d’innovation, explique Matthieu Stefani, qui publie sur YouTube un documentaire sur la Chine. Il décrit un pays où la surveillance a changé de visage, où les travailleurs ne comptent pas leurs heures et dont les innovations sont accessibles financièrement, et donc visibles au quotidien. L’entrepreneur appelle à un sursaut des occidentaux, notamment s’agissant du travail.
Matthieu Stefani est multi-entrepreneur, créateur des podcasts Génération Do It Yourself & La Martingale. Il vient de mettre en ligne sur YouTube un documentaire intitulé « Comment la Chine est devenue imbattable ».
Vous êtes allé en Chine pour votre documentaire, vous avez rencontré des start-ups, des usines, et vous avez constaté que l’Europe était très en retard. Qu’est-ce qui vous a le plus bluffé dans cette expédition ?
MATTHIEU STEFANI : Tout le monde nous a mis en garde, l’ambassade de France nous recommande un visa J2, celui des journalistes. Nous répondons que nous sommes créateurs de contenu. Ils nous rétorquent que pour les Chinois, c’est la même chose. On part finalement sans ce visa J2. Et on se rend compte que malgré nos caméras, on entre comme dans un moulin, facilement.
Vous n’avez pas été flanqué d’un membre du Parti communiste qui vous a suivi partout ?
M.S. : C’est une bonne question. Je pense qu’en 2025, c’est beaucoup plus compliqué que ça, parce que quand on arrive en Chine, on télécharge WeChat ou Alipay car aucune application occidentale ne fonctionne. Donc le tracking n’est peut-être pas forcément physique. Cependant, quand on arrive, on prend une photo de vous et une vidéo tous les 10 mètres dans toute la Chine.
Vous constatez que Shenzhen, petite ville il y a 30 ans, est devenue une mégalopole. Tout va très vite.
M.S. : En 1980, Shenzhen, c’était grand comme Cherbourg où je suis né, 30 000 habitants. Aujourd’hui c’est 20 millions. C’est une ville futuriste avec environ 500 gratte-ciel. Quand on compare, Hong Kong apparaît comme une ville des années 2000, qui correspond à une sorte de rétro-futurisme. Shenzhen, ce n’est pas le rétro-futur, c’est le futur.
Vous dites que la Chine n’est plus un atelier, ce n’est plus seulement le lieu de la copie et de la contrefaçon, même si ça continue. C’est un lieu d’innovation aujourd’hui, et d’une innovation qui va très vite.
M.S. : On a laissé la Chine prendre tout le hardware dans le monde, donc l’électronique, les smartphones, les voitures. On voit des drones. A l’hôtel, on commande un room service, et arrive un petit robot qui vous parle, qui sonne, on ouvre et il ouvre son petit capot et on a la livraison.
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M.S. : Ce qui est assez drôle, c’est qu’on est sur une forme d’hybridation homme-machine. Dans certaines situations, à certains âges, dans certaines situations de santé physique, ce sont des choses très intéressantes et ce sont des objets accessibles. C’est ça qui nous a vraiment à chaque fois époustouflés, c’est que le premier industriel qu’on visite, c’est un fabricant de bras articulé, comme dans les usines. C’est quelque chose qui semble très cher. Les Chinois, eux, font des bras articulés pour 1 500 €, qu’on peut utiliser comme on veut. C’est vraiment quelque chose de très courant et on sent que ça va très vite.
La Chine, désormais, c’est l’autre pays de la voiture, après les Etats-Unis du 20ème siècle. Vous avez compté 100 marques de voitures en Chine. C’est plus que le nombre de marques de voitures dans le monde.
M.S. : Au-delà du volume, ce qui m’a épaté, c’est la qualité. On a toujours cette petite connotation « made in China », qui ne semble pas terrible. En fait, allez voir les voitures chinoises, Aito, Xpeng, Xiaomi, même Huawei, les constructeurs de téléphones font des voitures. En finition, ils nous ont largement dépassés et sont loin devant Stellantis, Renault, pour des voitures qui commencent à 24 000 ! Il faut que politiquement, on ait le courage de faire ce qu’ils ont fait à un moment, c’est-à-dire refermer les frontières, en tout cas, les ouvrir avec des constructions qui doivent être des assemblages faits en Europe, des joint ventures, donc des entreprises communes, et surtout des entreprises qui sont à majorité européenne, comme ils l’ont fait pendant 20 ans.
Est-ce que la Chine est encore un pays communiste ?
M.S. : C’est une bonne question. Ce que beaucoup de gens nous disent, c’est que le gouvernement travaille pour le peuple et chasse la corruption. En comparaison, on se dit qu’on est quand même en train de louper quelque chose dans nos démocraties en ce moment.
Vous dites c’est que malgré la privation de liberté, malgré le contrôle social, les Chinois ont le sentiment qu’ils ont passé un pacte avec leur gouvernement, avec une évolution du pouvoir d’achat et de la qualité de vie en contrepartie du contrôle social ?
M.S. : Exactement. Il faut faire très attention à ce que je dis, ce n’est pas que la Chine c’est mieux. Je dis juste qu’il y a des choses dont il faut s’inspirer. Ils se disent : « Vous en Europe et en Occident, vous travaillez pour les minorités. Notre gouvernement travaille pour la majorité. » C’est important de protéger les minorités. Je ne suis pas en train de dire qu’il ne faut pas protéger les minorités. Cependant, est-ce qu’ils ont complètement tort sur cet aspect-là ? Je ne suis pas certain.
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Qu’est-ce qu’il faut faire pour se préparer et pour essayer d’exister face à ce mastodonte ?
M.S. : Il y a deux grandes choses, je pense. Il y a une évolution politique, donc il faut être moins naïf. On a été très naïf. On s’est dit qu’on allait pouvoir tout externaliser là-bas, vivre comme des pachas et les laisser travailler. La deuxième chose, c’est qu’on vit dans un monde compétitif. Or on a ouvert les vannes et dit à la compétition « Venez chez nous », alors qu’ils travaillent trois fois plus que nous dans l’année. On a senti une sorte de wake-up call, de grand réveil sur le fait qu’on ne travaille pas forcément beaucoup. Là-bas, ils aiment le travail. Quant à nous, on a une vraie défiance.
On peut leur opposer aussi qu’en Europe, on veut protéger une norme sociale, mais vous dites dans le documentaire, qu’ils ont fait d’énormes progrès sur la prise en charge médicale, sur les soins, sur la recherche médicale, ils sont très en avance aussi, ils ne sont plus dans la copie des médicaments occidentaux.
M.S. : On voit que les hôpitaux qui sortent sont de plus en plus modernes. Après, quand on échange avec les Européens là-bas, on voit que tout n’est pas extraordinaire. Mais dans l’hôpital français, tout n’est pas extraordinaire non plus. C’est un empire qui est en train d’éclore, d’évoluer à toute vitesse, sur tous les aspects, sur l’écologie, sur la santé, sur l’éducation, les partenariats entre le privé et les universités.
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Donald Trump a annoncé son intention de fermer pour deux ans le Trump-Kennedy Center afin d’y effectuer d’importants travaux de rénovation. Lors de sa nomination l’an dernier à la tête de l’emblématique centre culturel de Washington, le président américain avait jugé le bâtiment « délabré ».
Le lieu, que le milliardaire a rebaptisé pour y accoler son nom, va fermer le 4 juillet prochain à l’occasion des célébrations des 250 ans des Etats-Unis, a indiqué Donald Trump sur son réseau Truth Social. « J’ai déterminé qu’arrêter ses activités de divertissement pour une durée d’environ deux ans constitue la façon la plus rapide de porter le Trump-Kennedy Center au plus haut niveau de réussite, de beauté et de grandeur », a-t-il expliqué.
Depuis son retour au pouvoir, le président américain a lancé des transformations de lieux emblématiques de Washington, à commencer par la construction d’une salle de bal de 1.000 places à la Maison Blanche, pour plusieurs centaines de millions de dollars, ainsi qu’un projet d’arche imposante près du mémorial de Lincoln. Concernant le Kennedy Center, il n’a pas précisé l’ampleur des travaux prévus, qui permettront selon lui de transformer une institution « délabrée » en un « bastion de classe mondiale des arts, de la musique et du divertissement ».
« Le financement est finalisé et entièrement en place ! », a ajouté le président milliardaire, lui-même président du conseil d’administration de la salle qui a accueilli fin janvier l’avant-première de Melania, le documentaire consacré à la Première dame.
Cette grande bâtisse blanche proposait depuis 1971 une programmation culturelle diversifiée, forte d’une longue tradition de neutralité politique. Mais Donald Trump a repris les rênes de l’institution depuis son retour à la Maison Blanche il y a un an. Il a placé ses proches à la direction, les drag shows et les événements célébrant la communauté LGBT+ ont été supprimés tandis que des conférences de la droite religieuse ont été organisées et des artistes chrétiens ont été invités.
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Désormais, la façade du mythique bâtiment affiche le nom « Trump-Kennedy Center », un changement considéré comme ultime symbole de sa reprise en main. Il a été dénoncé par la famille du président Kennedy et par l’opposition démocrate qui en conteste la légalité en l’absence de législation au Congrès. Maria Shriver, autrice et membre de la famille Kennedy, a lié sur X l’annonce de la fermeture du centre à venir au fait que « personne ne veut plus s’y produire » et que « tout le monde annule ».
Parmi les grands artistes classiques, la soprano Renee Fleming a annulé sa participation à deux concerts au mois de tandis que le compositeur Philip Glass a jugé « les valeurs du Kennedy Center aujourd’hui (…) en contradiction directe avec le message de la symphonie »« qu’il devait y présenter et qui est consacrée au président Abraham Lincoln qui a aboli l’esclavage. Le Washington National Opera a récemment annoncé qu’il allait quitter le centre, où il est basé depuis son ouverture il y a plus de 50 ans.
Translation: It has been brought to my attention that due to the name change (but nobody’s telling me it’s due to the name change), but it’s been brought to my attention that entertainers are canceling left and right, and I have determined that since the name change no one wants… https://t.co/BDsjQeOAC9
— Maria Shriver (@mariashriver) February 2, 2026
Philippe Gault (avec AFP)
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KPMG vous invite à écouter l’interview de Geoffroy Roederer, Président du Groupe Roederer et co-président du Club ETI Grand Est, représentant de la 4e génération à la tête du premier courtier en assurances indépendant du Grand Est, basé depuis 130 ans à Strasbourg, dans le Bas-Rhin.
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À l’occasion de la tournée de leur création chorégraphique autour de la 7ème symphonie de Beethoven, Marie-Claude Pietragalla et Julien Derouault seront, ce lundi 2 février à 20h, les invités du Journal du classique.
Ils ont fondé, il y a vingt ans, leur propre compagnie, le Théâtre du corps, ont imaginé ensemble des spectacles originaux, ont développé un langage singulier, une forme de narration mêlant danse, théâtre, littérature, poésie, chant… Marie-Claude Pietragalla et Julien Derouault nous raconteront ce soir leur démarche artistique, alors que plusieurs de leurs créations sont à l’affiche.
Leur chorégraphie de la 7ème symphonie de Beethoven est à découvrir du 8 au 18 février dans le cadre de la tournée de l’Orchestre national d’Île-de-France dirigé par David Greilsammer, avec une escale le 14 à la Seine Musicale. Tandis que leur spectacle en hommage à Barbara, qui vient de triompher à l’Olympia, sera repris ces prochaines semaines dans une vingtaine de villes en France et en Belgique, avant de s’installer au Théâtre Mogador en janvier 2027.
Laure Mézan
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La 68e cérémonie des Grammy Awards s’est déroulée dans la nuit de samedi à dimanche à Los Angeles. Dans les catégories dédiées à la musique classique, le violoncelliste Yo-Yo Ma et les chefs d’orchestre Gustavo Dudamel et Andris Nelsons se sont distingués.
Cette année, la cérémonie des Grammy Awards a été marquée par le nouveau sacre du rappeur Kendrick Lamar, lauréat dans 5 catégories, comme l’an dernier, et celui du chanteur portoricain Bad Bunny distingué dans la catégorie phare du « Meilleur album de l’année ». Cérémonie marquée également par les nombreuses critiques à l’encontre de la police américaine de l’immigration (ICE). Sur son réseau social, Donald Trump vexé a qualifié la cérémonie de « daube impossible à regarder !».
Dans les catégories dédiées aux production classiques, Yo-Yo Ma, absent lors de la cérémonie, a remporté un vingtième trophée, 41 ans après le premier et dans la même catégorie, celle du « Meilleur solo instrumental ». Le violoncelliste américain d’origine chinoise et né à Paris a été récompensé cette année pour son enregistrement des Concertos pour violoncelle de Dimitri Chostakovitch avec l’orchestre symphonique de Boston dirigé par Andris Nelsons.
Le chef d’orchestre letton également sacré dans la catégorie « Meilleure performance orchestrale » pour l’enregistrement de la Turangalîla-Symphonie d’Olivier Messiaen.
Dans le palmarès des Grammy Awards 2026, un autre maestro s’est distingué. Comme l’an dernier, Gustavo Dudamel a été sacré dans trois catégories : « Meilleure prestation chorale » et « Meilleur album classique » pour Yanga, l’opus de Gabriela Ortiz enregistré par le Philharmonique de Los Angeles et dans la catégorie « Meilleure composition contemporaine » pour Dzonot, un concerto pour violoncelle et orchestre issu de l’album de la compositrice mexicaine.
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Parmi les autres trophées attribués dans le secteur de la musique classique cette année aux Grammy Awards, on retiendra celui du « Meilleur enregistrement d’opéra » attribué à Intelligence, l’opéra de Jake Heggie, chanté notamment par Jamie Barton et J’Nai Bridges avec le Houston Grand Opera dirigé par Kwamé Ryan. Dans la catégorie « Meilleur album vocal solo », le prix est revenu à l’album Ino consacré aux airs d’opéra pour soprano chantés par Amanda Forsythe avec le Boston Early Music Festival Orchestra.
Steven Spielberg made history tonight, achieving EGOT status with his Grammy win for the documentary « Music by John Williams. »
We spoke with director Laurent Bouzereau about the film and his collaboration with Spielberg.
The film is streaming now on Disney+. pic.twitter.com/Vw0OicscqP
— On The Red Carpet (@OnTheRedCarpet) February 2, 2026
Un artiste français a également été récompensé. Il s’agit du réalisateur Laurent Bouzereau dans la prestigieuse catégorie du « Meilleur film musical » pour le documentaire Music by John Willams, co-produit notamment par Ron Howard et Steven Spielberg
Philippe Gault
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