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  • « Je ne serais pas ce que je suis sans lui » — Dictionnaire amoureux d’André Malraux d’Hervé Gaymard

    Depuis son adolescence, André Malraux accompagne Hervé Gaymard comme un « fraternel compagnon de vie ». Dans son Dictionnaire amoureux d’André Malraux, publié chez Plon, l’ancien ministre et président du conseil départemental de la Savoie revient sur cette relation intellectuelle et personnelle qui a profondément marqué son parcours.

    Tout commence dans un internat d’Albertville, lorsque le jeune Hervé Gaymard découvre par hasard Les Noyers de l’Altenburg à la bibliothèque de son lycée. De cette première lecture naît une fascination durable pour un homme qui lui transmet une certaine attitude face à l’existence, le goût de la littérature et des arts, l’ouverture au monde et aux civilisations, mais aussi le sens de l’engagement.

    À travers les entrées de ce dictionnaire, Hervé Gaymard explore les multiples facettes de Malraux : l’écrivain, l’aventurier, l’homme politique, l’amoureux des arts et l’homme d’amitiés fidèles. Il revient notamment sur son enfance populaire à Bondy, ses engagements et sa relation exceptionnelle avec le général de Gaulle, faite d’admiration, de respect et de fidélité.

    Loin d’un portrait hagiographique, Hervé Gaymard revendique une affection qui n’empêche ni la lucidité ni l’esprit critique. Car si Malraux est aujourd’hui « trop oublié », il demeure, à ses yeux, profondément moderne par sa vision de la culture, de l’engagement et de l’homme.

    Chloé Juhel s’est entretenue avec Hervé Gaymard.

    Chloé Juhel : Hervé Gaymard, bonjour.

    Hervé Gaymard : Bonjour.

    Chloé Juhel : Vous êtes un homme politique français, actuellement président du conseil départemental de la Savoie, et vous publiez le Dictionnaire amoureux d’André Malraux chez Plon. Malraux a guidé vos choix dès l’adolescence, vous évoquez un fraternel compagnon de vie. Racontez-nous ce moment où vous avez plongé dans l’œuvre de Malraux.

    Hervé Gaymard : Écoutez, j’étais à l’internat au lycée Jean-Moulin à Albertville. Je m’ennuyais et j’ai trouvé un livre à la bibliothèque qui s’appelle Les Noyers de l’Altenburg. Cet homme, pour moi, était important parce qu’à la fois, il m’a donné une morale de l’existence, l’ouverture sur la littérature, les arts, les pays, les civilisations, les voyages, et puis enfin aussi le sens de l’engagement. Donc, j’ai pas toujours été d’accord avec tout ce qu’il a dit, bien sûr, c’est pas mon Dieu. Je ne serais pas ce que je suis sans lui, voilà, pour résumer.

    CJ : Voilà, il a forgé votre sensibilité, vous l’avez dit, votre engagement politique et votre goût pour l’art. Vous lui devez beaucoup, même si vous ne lui devez pas tout.

    HG : Ouais, exactement. C’est exactement ça. Donc pour moi, ça a été un fraternel compagnon. Il avait le sens de la fraternité virile, voilà, qu’il avait trouvée en Espagne et dans la brigade d’Alsace-Lorraine, et il ne laissait pas tomber ses amis. Tous ses potes, ses copains d’enfance, l’ont suivi toute sa vie parce que tout jeune il était à Bondy, sa mère était épicière à Bondy, donc c’était une enfance un peu étriquée, pauvre. Et notamment, il s’est fait trois copains dans ces années-là qui l’ont suivi jusqu’à sa mort. C’est quelque chose d’assez extraordinaire et je trouve ça très touchant.

    CJ : Cette enfance à Bondy dans le 93 que vous évoquez, Hervé Gaymard, c’est une enfance dont il avait honte ? Est-ce qu’on peut dire ça comme ça ?

    HG : Je suis pas sûr qu’il en avait honte puisqu’il a gardé des liens étroits avec sa mère jusqu’à sa mort, il ne l’a jamais reniée. Disons qu’il l’a sans doute cachée. C’était un esprit fuligineux, donc il a quitté le foyer, si je puis dire familial. Ses parents avaient divorcé, son père s’était suicidé quelques années auparavant. Donc, il vivait avec sa mère, sa tante, et sa grand-mère. Alors, est-ce que on dirait aujourd’hui que c’est un transfuge de classe ? Je ne crois pas pour autant, mais en tout cas, il n’a jamais renié ses origines populaires, mais son inventivité l’a amené ailleurs.

    CJ : Comment parler d’André Malraux sans évoquer Charles de Gaulle ? Vous écrivez : « C’est l’amitié, l’admiration, le respect et la fidélité qui unira les deux hommes jusqu’à la fin de leur vie commune, Hervé Gaymard. »

    HG : Oui, c’est incroyable. D’ailleurs, Florence Malraux, la fille que André a eu avec Clara, dira un jour : « De Gaulle, c’est la seule femme que mon père ait vraiment aimée. » Et la première rencontre n’a lieu qu’en juillet 45. Et c’est un coup de foudre, et dès lors, de juillet 45 jusqu’à la mort du général en novembre 70, ce sera une amitié teintée de respect indéfectible.

    CJ : Hervé Gaymard, merci. Je rappelle donc la sortie de ce Dictionnaire amoureux d’André Malraux chez Plon.

     

    Le Dictionnaire amoureux d’André Malraux par Hervé Gaymard – Editions PLON

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  • Le Palazzetto Bru Zane célèbre l’art de Clémence de Grandval à Venise

    A l’occasion du festival du Palazzetto Bru Zane consacré à Clémence de Grandval, Alexandre Dratwicki, Ilyes Boufadden et Marie-Andrée Bouchard-Lesieur seront, ce vendredi 9 octobre à 20h, les invités du Journal du classique.

     

    Elle fait partie de ces compositrices dont le nom ne nous était, jusqu’ici, guère familier, mais que le Palazzetto Bru Zane s’est fixé comme mission de réhabiliter. Clémence de Grandval est à l’honneur du nouveau festival du centre de musique romantique française qui se tient tout au long du mois d’octobre à Venise.

    Sa musique sera également au programme de grands concerts cette saison sur des scènes internationales et fait l’objet de publications discographiques. C’est ainsi que son opéra Mazeppa est à découvrir au sein d’un superbe livre-disque paru récemment.

    Clémence de Grandval, formée par Chopin et amie de Saint-Saëns

    Nous évoquerons ce soir l’art de cette compositrice formée entre autres par Chopin et amie de Saint-Saëns en compagnie d’Alexandre Dratwicki, le directeur artistique du Palazzetto Bru Zane ainsi que du hautboïste Ilyes Boufadden et de la mezzo-soprano Marie-Andrée Bouchard-Lesieur, qui ont participé au premier week-end du festival Vénitien.

    Laure Mézan

    Retrouvez le journal du classique du lundi au vendredi à 20h

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    Pianiste professionnel et concierge, le parcours hors norme d’Audric de Oliveira, en concert à la Salle Cortot

    Gramophone Awards 2026 : Jean Rondeau doublement récompensé

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    Le Royal Ballet and Opera de Londres choisit L’Oréal pour devenir son premier partenaire beauté officiel

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  • Le Grand Concert du dimanche soir avec l’Orchestre national de Lille dirigé par Jean-Claude Casadesus, Alexandre Bloch et Joshua Weilerstein pour le Gala des trois chefs

    A l’occasion du cinquantième anniversaire de sa création, l’Orchestre national de Lille a donné le 24 septembre dernier un concert exceptionnel : Le Gala des trois chefs.

    Cette soirée réunissait les trois chefs d’orchestre qui se sont succédés depuis 1976 : Jean-Claude Casadeus, le fondateur de l’ONL, son successeur Alexandre Bloch et l’actuel directeur musical, Joshua Weilerstein.

    Vous pourrez entendre l’Ouverture de fête de Dimitri Chostakovitch et le Boléro de Maurice Ravel dirigés par Jean-Claude Casadesus, Le Chevalier à la rose, suite de Richard Strauss dirigé par Alexandre Bloch, et Poème de l’extase d’Alexandre Scriabine sous la direction de Joshua Weilerstein.

    Cette soirée enregistrée au Nouveau Siècle de Lille, qui fêtait sa réouverture, sera présentée par Laure Mézan. Vous pourrez l’écouter en qualité numérique à Lille et dans de nombreuses autres villes de France grâce au DAB+.

    Jean-Michel Dhuez

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  • Le Grand Concert du samedi soir à la Cathédrale Saint-Louis-des-Invalides pour l’ouverture de la Saison musicale des Invalides avec Ludmila Berlinskaya, Arthur Ancelle et l’Orchestre de chambre de Paris dirigé par Swann Van Rechem

    Radio Classique vous emmène, ce samedi à 20 heures, à la Cathédrale Saint-Louis-des-Invalides pour le concert d’ouverture de la Saison musicale des Invalides donné le jeudi 8 octobre.

    Cette soirée, consacrée à Felix Mendelssohn, s’ouvrait avec une œuvre de jeunesse composée à quatorze ans et rarement jouée : le Concerto pour deux pianos en mi majeur interprété par Ludmila Berlinskaya et Arthur Ancelle avec l’Orchestre de Chambre de Paris dirigé par Swann Van Rechem.

    Puis vous pourrez entendre la Symphonie n°4 « Italienne », souvenir musical d’un voyage que Mendelssohn a effectué en Italie quand il avait une vingtaine d’années.

    Ce concert, soutenu par le CIC, sera présenté par Jean-Michel Dhuez. Vous pourrez l’écouter en qualité numérique à Paris et dans de nombreuses autres villes de France grâce au DAB+.

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    Pianiste professionnel et concierge, le parcours hors norme d’Audric de Oliveira, en concert à la Salle Cortot

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  • Pianiste professionnel et concierge, le parcours hors norme d’Audric de Oliveira, en concert à la Salle Cortot

    En concert ce samedi Salle Cortot, Audric de Oliveira a connu un parcours très singulier. Concierge le jour dans un immeuble parisien, le jeune pianiste franc-comtois répète, compose et enregistre la nuit sur son temps libre.

    C’est un musicien attachant au parcours inédit que vont découvrir les spectateurs de la Salle Cortot (Paris 17e) ce samedi à 20h00. Audric de Oliveira y jouera les morceaux qu’il a composés pour son quatrième album qui devrait sortir prochainement.

    Un récital intitulé « D’une loge à l’autre », titre inspiré de la vie quotidienne du jeune pianiste et compositeur de 33 ans, qui exerce dans la journée la profession de concierge.

    C’est d’ailleurs dans la loge qu’il occupe dans un immeuble du XVIe arrondissement qu’Audric de Oliveira, grâce à du matériel prêté par des amis, a enregistré en 2025 son troisième album, La loge du Pianiste, qui mêlait ses propres compositions avec des morceaux de Yann Tiersen, Ludovico Einaudi ou encore de Philip Glass. « J’ai enregistré la plupart des musiques entre 23 heures et 4 heures du matin“, a-t-il confié au Parisien.

    « Il y a eu un avant et un après Chopin. C’était comme un appel »

    Natif de Charcenne (Haute-Saône), Audric de Oliveira n’a vraiment commencé la musique qu’à l’âge de 12 ans et surtout le piano après avoir découvert le répertoire de Frédéric Chopin. Dans le quotidien La Nouvelle République, il révélait : « Il y a eu un avant et un après. À partir de là, moi qui avais aussi commencé quelques cours de synthé avec de la pop et de la variété, je n’ai voulu jouer que de la musique classique. C’était comme un appel ».

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    Le jeune pianiste se forme ensuite au Conservatoire de musique de Besançon d’où il sort diplômé avant de poursuivre sa formation à la Haute École de musique de Genève, puis à Berlin et New-York. De retour en France en 2020, Audric de Oliveira s’installe à Paris où il se rapproche de Jean-Marc Luisada, pianiste réputé, qui enseigne à l’École Normale de musique Alfred Cortot de Paris.

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    Résidant à l’époque dans le 19e arrondissement de Paris, Audric de Oliveira compose et publie deux albums : 12 préludes pour piano en 2021 et Bagatelle en 2023. C’est en 2024 qu’il accepte un poste de concierge dans le 16e arrondissement. Un emploi qui lui permet de subvenir à ses besoins tout en continuant à composer, se produire et donner des cours de piano.

    Philippe Gault

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  • Pierre Arditi dans « Le Père » de Florian Zeller : « dans cette pièce, je me promène avec mon père et ma mère »

    Le comédien Pierre Arditi reprend le rôle principal dans la pièce Le Père de Florian Zeller, jouée au théâtre Edouard VII aux côtés, notamment, d’Isabelle Carré. Il succède à Robert Hirsch qui avait créé le rôle en 2012, et à Anthony Hopkins qui l’a interprété dans l’adaptation cinématographique The Father en 2020, un film également réalisé par Florian Zeller. Il était l’invité de la matinale de Radio Classique ce vendredi pour en parler.

     

    Quand on lui demande de résumer la pièce, Pierre Arditi brosse un portrait de son personnage empreint de bienveillance : « Le père en question est un homme qui perd lentement sa lucidité, sa mémoire ; il se promène dans un monde qui n’est plus tout à fait le sien, qui traverse ce qui lui reste de vie avec sa fille, avec une autre fille qui n’est plus là, et un certain nombre d’autres gens qu’il perçoit différemment de ceux qui existent vraiment. Et puis ce qui doit arriver arrive : l’heure dite, il s’éteint en appelant sa mère et s’en va comme nous nous en irons tous. »

    Qu’on ne s’y méprenne pas, l’œuvre n’a pas l’air gaie, et pourtant le public rit par moment, car cet homme, André, a des côtés « hurluberlu » et traverse « des choses plus bouleversantes » rassure-t-il.

    Si Pierre Arditi tenait à jouer cette pièce, c’est d’abord parce qu’il l’a vue au théâtre, jouée par Robert Hirsch, l’une de ses idoles d’adolescence : « il était absolument merveilleux. En sortant j’étais très bouleversé. Florian Zeller était là et je lui ai interdit de remonter cette pièce sans moi. Nous avons attendu 14 ans pour qu’il m’attribue le rôle. » se souvient le comédien qui se tenait prêt toutes ces années à incarner cet homme.

    Pierre Arditi : un rôle qu’il nourrit par sa propre histoire

    Le comédien souligne l’étrangeté de cette pièce qui l’émeut aux larmes bien malgré lui : « en fait, je promène dans mes valises mon père et ma mère, dans cette pièce. »

    David Abiker, gentiment provocateur, interroge le comédien sur les pensées qui le traversent lorsqu’il joue un homme sénile chaque soir sur scène alors qu’il a lui-même 81 ans : « il est poétique aussi ! Il a des emportements comme mon père en a eu, et je retrouve dans une phase plus émouvante, ma mère. Puisque je les convoque chaque soir, j’ai la chance de me dire qu’ils ne sont pas partis très loin. Et quand j’ai fini de jouer je les remets dans ma poche » lui répond Pierre Arditi, qui projette plus volontiers ses propres parents dans le rôle d’André, que lui-même.

    La mise en scène immersive de Florian Zeller

    Les trous de mémoire sont évidemment mis en scène et les séquences d’une scène à l’autre sont illustrées par un immense blackout.

    De fait, le spectateur ne retrouve guère ses repères dans la scène suivante. « Les trous de mémoire sont contagieux. André est un architecte d’un imaginaire qui finit par nous faire croire que ce monde est le nôtre, c’est en cela que la pièce est bouleversante » explique-t-il.

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    Dans la pièce, le rôle des gendres a ceci de particulier qu’il illustre la violence de la société vis-à-vis des personnes qui perdent la tête. Chose que Pierre Arditi a constatée lui-même dans son entourage : « j’ai vu cette cruauté d’un entourage qui, au fond, ne supporte pas ces gens qui sont à la fois là et ne le sont plus, alors même qu’un jour, eux aussi en arriveront peut-être là ».

    Pierre Arditi et son rapport à la mort

    Au détour d’une anecdote qui prête à sourire, Pierre Arditi se revendique comme athée. Aussi, il fait part de sa difficulté à se représenter le néant que la mort suppose. « Un jour j’ai demandé à ma mère « c’est quoi la mort ? ». Elle m’a répondu « c’est rien, c’est comme quand tu dors mais tu ne rêves plus ». Cette femme magnifique a pensé que ça me rassurerait ; ça m’a terrorisé pour le restant de mes jours ! » partage-t-il.

    Quant à la possibilité d’être ressuscité après sa mort au cinéma par l’intelligence artificielle, il s’y oppose catégoriquement : « ça ne me plaît pas comme idée. L’IA peut servir à la médecine, mais confier à cette chose étrangère ce que l’on est soi-même, je ne suis pas client ».

    Pauline Adad

     

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  • Quelle est l’histoire de La Belle au bois dormant de Tchaïkovski ? Le récit détaillé du ballet classique entre féerie, malédiction et amour

    La Belle au bois dormant est l’un des plus grands ballets du répertoire classique. Créé en 1890 à Saint-Pétersbourg, il marque la première collaboration entre Piotr Ilitch Tchaïkovski et le chorégraphe Marius Petipa. Le ballet reprend le conte de Charles Perrault dans toute sa dimension féerique : une princesse maudite, un sommeil de cent ans, une forêt enchantée, un prince sauveur. Mais derrière la magie du récit, l’œuvre est souvent vue comme l’un des accomplissements les plus parfaits du ballet académique, conçu comme un hommage à la France de l’Ancien Régime.

    Joyeuse agitation au palais du roi Florestan XIV autour d’un berceau : la princesse Aurore est née, et son baptême, placé sous la protection de sept fées des plus douées, enchante le royaume. Menée par la Fée des Lilas, chacune vient offrir à l’enfant un don : beauté, bonté, grâce, musique, danse… De quoi laisser présager un avenir sans fausse note à la princesse.

    La cérémonie bascule avec l’arrivée de la Fée Carabosse

    Seulement, quand vient le tour de la septième fée de se pencher sur le berceau, la voilà interrompue par la Fée Carabosse qui fait une entrée remarquée au Palais, furieuse de n’avoir pas été conviée, pense-t-elle, aux festivités.

    Mal en a pris au majordome Catalabutte, qui a manqué à tous ses devoirs en oubliant de l’y inviter ! Il n’en fallait pas davantage pour provoquer les foudres de la méchante fée qui décide ni plus ni moins d’affubler la petite Aurore d’un mauvais sort : à ses 16 ans, elle se piquera le bout du doigt avec une aiguille et en mourra.

    La Fée des Lilas, reprenant où elle en était, en profite pour atténuer la malédiction : la princesse vivra, toutefois elle sera plongée dans un sommeil long de cent ans. Seul un prince charmant, d’un baiser, pourra l’en tirer. Dès lors, le roi honnit quiconque oserait user d’un objet pointu.

    Seize années ont passé, le palais se prépare à célébrer cette fois l’anniversaire d’Aurore. Pour l’occasion, ses parents, le roi et la reine, organisent une grande fête et envisagent de lui trouver un prétendant en différents princes invités à briguer la main de la jeune princesse.

    Dans le même temps, la Fée Carabosse, rancunière comme un pou, ne renonce guère à sa vengeance et profite de cet évènement pour tenter de mettre sa malédiction à exécution en envoyant trois femmes en train de tricoter au beau milieu de la foule malgré l’interdiction du roi. Le grand maître de cérémonie Catalabutte s’empresse de les arrêter mais arrive trop tard : les tricoteuses malintentionnées déguerpissent sans plus tarder, laissant derrière elles leur matériel de tricot donnant lieu à un quiproquo fort fâcheux.

    Trois villageoises à proximité, bien qu’innocentes, seront accusées à tort en lieu et place des tricoteuses. Le roi, courroucé de cette transgression criminelle, s’apprête à les condamner à mort, avant que l’intervention suppliante de la reine et des princes ne le fasse fléchir, lequel leur accorde sa grâce, pile avant le début officiel de la fête.

    La princesse Aurore se pique le doigt et plonge dans un profond sommeil

    Les quatre princes venus des plus riches pays voisins, déploient leurs trésors destinés à charmer la princesse, qui, n’étant que pureté et désintéressement, n’en a que faire : une simple fleur reçue de leur main, la touche bien davantage. C’est le moment mythique du « grand adagio à la rose », sommet technique de la danse classique où Aurore enchaine de longs équilibres en recevant successivement une rose de chaque prince.

    Forte de cette observation, la Fée Carabosse adapte son piège. Profitant de la liesse générale, elle ruse pour entrer discrètement dans la cour, grimée en vieille femme, pour ainsi offrir un superbe bouquet de fleurs à Aurore, dans lequel se cache une aiguille. Aurore s’en empare avec allégresse, commence à danser avec jusqu’à ce que son doigt ne soit piqué. Elle s’effondre, partie pour un somme de cent ans.

    Les quatre princes submergés par l’effroi et la colère, se ruent sans une hésitation, munis de leurs seules épées, sur Carabosse, et l’encerclent, lames pointées vers elle. Une entreprise bien vaine des vaillants princes face à la magie : Carabosse se rit de leur vengeance et les repousse d’un geste puis disparaît triomphante.

    La Fée des Lilas endort tous ceux qui vivent dans le château

    La Fée des Lilas apparaît pour rassurer le royaume : Aurore est juste endormie. Les parents, inquiets qu’elle se retrouve bien seule à son réveil, acceptent la suggestion de la fée de plonger l’ensemble du palais dans ce long sommeil. S’ensuit une lente marche quasi funèbre où parents et prétendants, portent Aurore vers ses appartements avant que le château ne soit plongé lui aussi dans ce sommeil séculaire, protégé d’une forêt enchantée que la fée des Lilas fait bientôt surgir.

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    La Bayadère, de Marius Petipa à Rudolf Noureev

    Cent ans plus tard, le prince Désiré — ou Florimond, selon les versions — prend part à une partie de chasse. Mais ni les divertissements de la cour ni la compagnie des jeunes femmes qui l’entourent ne parviennent à dissiper sa mélancolie. En quête d’un idéal insaisissable, il s’éloigne seul dans la forêt.

    La Fée des Lilas lui apparaît alors et pour lui redonner espoir fait apparaître d’un coup de baguette, l’esprit d’Aurore devant lui. Le prince, aussitôt séduit par cette apparition, danse avec elle, jusqu’à ce que la vision ne s’évanouisse. Bouleversé, il supplie la fée de le conduire jusqu’à la princesse. À bord de sa barque enchantée, la Fée des Lilas l’emmène à travers la forêt jusqu’au château endormi, sur la musique du célèbre « Panorama ».

    Noureev accentue la dimension psychologique du prince

    Lorsqu’ils atteignent le château endormi, reste un dernier obstacle : Carabosse est là sur le seuil et se garde bien de les laisser entrer.

    Un ultime affrontement a lieu, que des metteurs en scène comme Noureev ou Grigorovich ont transformé au fil du temps en de véritables duels physiques et magiques d’une rare intensité. Mais c’était sans compter sur la Fée des Lilas qui parvient à triompher des maléfices de la sorcière.

    La voie est libre pour le prince qui découvre enfin, au cœur du poussiéreux château, Aurore endormie. Saisi par sa beauté, il lui donne un baiser – moment clef qui, selon les chorégraphes, change totalement de visage : là où la version originelle de Marius Petipa faisait la part belle à une élégance sage, celle de Rudolf Noureev transforme le rôle du prince en une prestation athlétique extrêmement exigeante, où la virtuosité physique le dispute à la tourmente psychologique -, la princesse s’éveille alors, et avec elle tout le royaume.

    Place à la danse et à la magnificence ! L’intrigue résolue, le dernier acte n’est plus que pur divertissement et déploiement de faste et de virtuosité autour du mariage d’Aurore et du prince.

    Autour des jeunes époux, plusieurs personnages des contes de fées de Charles Perrault sont conviés : le Chat botté, l’Oiseau bleu, le Petit Chaperon rouge, le Petit Poucet, etc… une idée d’Ivan Vsevolojsky, le directeur des théâtres impériaux et Marius Petipa. Cette galerie féerique donne lieu à une succession de danses exécutées par chaque couple, avant l’apothéose finale : le fameux grand pas de deux d’Aurore et de son prince, suivi de la bénédiction de la Fée des Lilas sur une marche majestueuse.

    Pauline Adad

     

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  • Marie-Antoinette et Gluck : en 1774, elle a tenu tête à la cour de France pour imposer le compositeur

    Alors qu’elle subit les médisances de la cour, la future reine Marie-Antoinette s’affirme face aux critiques en volant au secours de son ancien maître de musique, le compositeur Christoph Willibald Gluck.

    Ecoutez l’épisode des Grands dossiers de l’Histoire en intégralité :

     

    Au printemps 1774, le château de Versailles bruisse de rumeurs et de tensions. La jeune dauphine Marie-Antoinette, de plus en plus seule dans une cour hostile où le roi Louis XV se meurt, a fait venir de Vienne son ancien maître de musique : le compositeur Christoph Willibald Gluck. Son objectif ? Imposer à l’Académie royale son nouvel opéra, Iphigénie en Aulide, que les musiciens français estiment trop difficile à jouer

    Gluck est sans pitié lors des répétitions. Il s’en prend aux musiciens et fait pleurer les cantatrices adulées. La tension atteint son paroxysme quelques jours avant la première représentation, qui doit avoir lieu le 13 avril. Un chanteur, souffrant, doit se faire porter pâle. Mais Gluck s’oppose farouchement à toute idée de le remplacer.

    Gluck va se plaindre de la Cour à Marie-Antoinette

    La cour, qui a déjà commandé ses carrosses et retenu ses places, exige que le spectacle ait lieu coûte que coûte.

    Gluck assure qu’il aimerait mieux brûler la partition plutôt que de voir son œuvre mal interprétée, et court se plaindre directement à Marie-Antoinette.

    Riant sous cape, la dauphine, loyale envers son compatriote, lui apporte son soutien. Au grand dam des princes, elle fait décommander les carrosses de la cour et reporte la première au 19 avril.

    Une complicité intime née dans les salons viennois

    Mieux encore : pour protéger le musicien de la vengeance des nobles, elle demande au lieutenant de police d’empêcher les huées le soir de la première. Le 19 avril, le rideau se lève enfin. C’est un choc absolu et un triomphe monumental, qui marquera l’histoire de la musique et assoira l’autorité artistique de la future reine de France.

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    Madame de Tourzel dans la Révolution française : l’histoire méconnue de la gouvernante qui a protégé jusqu’au bout les enfants de Marie-Antoinette

     

    Découvrez, en écoutant l’intégralité de ce podcast, comment cette complicité intime née dans les salons viennois s’est transformée en une véritable arme politique au sommet de l’État.

    Cet article est tiré de l’émission « Gluck, compositeur protégé de Marie-Antoinette : quand une reine défend son maître de musique contre toute l’Europe ». Ce résumé a été rédigé à l’aide de l’intelligence artificielle puis relu, édité et validé par un journaliste.

    Ecoutez l’intégralité de l’émission des « Grands dossiers de l’histoire par Franck Ferrand » en podcast sur notre site ou application.

     

    Retrouvez Le meilleur des Grands Dossiers de l’Histoire

    Léopoldine, l’enfant chérie : Victor Hugo a appris la mort de sa fille en lisant le journal

    Edouard VIII et Wallis Simpson : Le jour où l’Angleterre a dû compter avec la sulfureuse compagne du roi

    Charlotte Corday : la révolutionnaire qui a assassiné Marat descend d’un très célèbre dramaturge

    Le « Cuisinier français », le livre de cuisine du XVIIe siècle qui a révolutionné notre façon de manger

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  • Gramophone Awards 2026 : Jean Rondeau doublement récompensé

    Trois solistes français ont été distingués lors de l’édition 2026 des Classical Music Awards de Gramophone : la mezzo-soprano Adèle Charvet, le pianiste Bertrand Chamayou et surtout le claveciniste Jean Rondeau, lauréat dans deux catégories prestigieuses.

    Beaucoup d’appelés français et peu d’élus finalement dans le palmarès des Classical Music Awards de Gramophone révélé ce mercredi sur la scène du De Vere Grand Connaught Rooms à Londres. 25 musiciens français concourraient pourtant dans les 11 catégories présentées et finalement seuls trois d’entre eux, trois solistes, ont eu l’honneur d’être distingués.

    In this special edition of the Gramophone Podcast, we explore the full list of winners from this year’s Gramophone Classical Music Awards! Listen wherever you get your podcasts! https://t.co/EjC6tWkgle

    — Gramophone (@GramophoneMag) October 8, 2026

    Honneur aux dames avec la jeune mezzo-soprano Adèle Charvet qui s’est imposée dans la catégorie “Chanson“, accompagnée du pianiste Florian Caroubi, pour l’album Belle Époque ! (Alpha)

    Déjà titré en 2019 dans la catégorie « Enregistrement de l’année » pour son album consacré aux concertos pour piano n° 2 et n° 5 de Camille Saint-Saëns, Bertrand Chamayou a été sacré cette année dans la catégorie « Piano » pour l’album Schubert: Four Hands (Erato) qu’il a enregistré avec le pianiste norvégien Leif Ove Andsnes

    Jean Rondeau distingué pour son intégrale des œuvres de Louis Couperin

    Dans cette prestigieuse catégorie « Enregistrement de l’année », c’est Jean Rondeau qui s’est imposé cette année pour son vaste projet consacré à l’œuvre de Louis Couperin. Un coffret de 10 CD et un DVD dédiés au répertoire du neveu de François Couperin, figure majeure de la musique baroque au XVIIe siècle.

    C’est également pour cet enregistrement, Louis Couperin The Complete Works, que le jeune claveciniste parisien de 35 ans a été honoré dans la catégorie « Instrumental ». Le magazine britannique Gramophone, à l’initiative de ces récompenses annuelles, voit en Jean Rondeau « un magicien, faisant tourbillonner le temps et le toucher pour donner… le sentiment d’assister à une naissance ». La maison de disque Erato, également éditrice de ce coffret, a reçu le prix du « Label de l’année ».

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    Parmi les autres lauréats de cette édition des Classical Music Awards de Gramophone, on retiendra le nom de la violoniste allemande Isabelle Faust, sacrée elle aussi dans deux catégories : « Artiste de l’année » et « Concerto ». À 24 ans, le pianiste russe Alexander Malofeev a été désigné « Jeune artiste de l’année » tandis que le chef d’orchestre finlandais Esa-Pekka Salonen, à la tête du San Francisco Symphony, s’est imposé dans la catégorie « Opéra » Enfin, le Bamberger Symphoniker (Allemagne) a été désigné « Orchestre de l’année ».

    Philippe Gault

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  • Les premiers pas d’Alizé Léhon à l’Opéra National de Paris

    A l’occasion de ses débuts à l’Opéra de Paris, Alizé Léhon sera, ce jeudi 8 octobre à 20h, l’invitée du Journal du classique.

     

    C’est l’une des nouvelles figures de la direction, distinguée la saison dernière par une Victoire de la Musique et un 3è prix au concours La Maestra.

    Alizé Léhon est actuellement assistante auprès de Case Scaglione à l’Orchestre National d’Ile-de-France mais également, depuis la rentrée, cheffe principale des orchestres ADO de l’Opéra National de Paris qui réunissent de jeunes musiciens en apprentissage. Elle les dirigera pour la première fois le 10 octobre au Palais Garnier dans le cadre du grand gala de la danse.

    Alizé Léhon : Joyaux de Balanchine et grands débuts à l’Opéra de Paris

    Alizé Léhon se confiera ce soir sur ses liens avec le monde de l’art lyrique et de la danse ainsi que sur les nouvelles perspectives qui s’offrent à elle à l’Opéra de Paris, où elle dirigera également le ballet Joyaux de Balanchine au printemps prochain.

     

    Laure Mézan

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    Une bourse Esa-Pekka Salonen pour soutenir et accompagner les jeunes chefs d’orchestre

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