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A l’occasion de la nouvelle production d’Orphée et Eurydice de Gluck d’Angers Nantes Opéra, Lorraine de Sagazan et Alphonse Cemin seront, ce mercredi 14 octobre à 20h, les invités du Journal du classique.
C’est une histoire d’amour mythique qu’Alexandra Lacroix a choisie pour ouvrir sa première saison en tant que directrice d’Angers Nantes Opéra. L’Orphée et Eurydice de Gluck est ainsi à l’affiche du Théâtre Graslin jusqu’au 18 octobre et fera ensuite l’objet de deux représentations au Grand Théâtre d’Angers les 3 et 4 novembre, avant une reprise en juin à l’Opéra de Rennes puis, la saison prochaine, à l’Opéra du Rhin.
Il s’agit de la première mise en scène d’opéra de Lorraine de Sagazan qui, à cette occasion, nous racontera sa démarche, sa conception de ce mythe dont elle a repensé la dramaturgie. Nous échangerons également avec Alphonse Cemin qui dirige cette production à la tête de l’Orchestre national des Pays de la Loire, avec Sahy Ratia, Jenny Daviet et Mariamielle Lamagat dans les rôles d’Orphée, Eurydice et Amour.
Laure Mézan
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Giuliano da Empoli, l’auteur du Mage du Kremlin paru il y a quatre ans, s’empare de nouveau du motif du pouvoir avec son nouveau roman, Le Fondateur, publié chez Gallimard, en s’intéressant cette fois-ci à une autre forme de puissance : celle qui entoure l’informatique. Il en a parlé ce mercredi au micro de David Abiker dans la matinale de Radio Classique.
Lorsqu’on lui demande de dresser le portrait d’Alexander Zimmer, le protagoniste central, Giuliano da Empoli le décrit comme un génie de la Silicon Valley à la tête de l’entreprise Panoptik qui a la particularité de n’avoir qu’une poignée d’usagers, mais pas n’importe lesquels.
« Son entreprise d’intégration de données fournit des services d’information et aide à gérer leurs données aux services de renseignement d’une bonne partie de la planète, à commencer par la CIA, qui a pratiquement cofondé l’entreprise au tout début, l’armée américaine, l’armée israélienne, ICE aux États-Unis, des polices un peu partout, et quelques grandes entreprises, des banques, des compagnies pétrolières. Le but de cette entreprise, est de siphonner toutes les données disponibles dans tous les formats possibles et les mettre dans une seule banque de données qui permet de croiser toutes les informations pour cibler de façon très précise chaque situation ou personne » explique-t-il.
Giuliano da Empoli ne s’en cache pas, Panoptik est directement inspiré de Palantir, fondée au lendemain du 11-Septembre de manière à anticiper les prochaines menaces terroristes, dans la mesure où cette attaque-ci aurait pu être anticipée grâce aux informations disponibles.
« On savait que des choses bizarres se passaient en Afghanistan, qu’Al-Qaïda préparait quelque chose, que des individus un peu curieux s’étaient inscrits à des écoles de vol en Floride, mais ces différentes informations n’ont pas été croisées, donc les attentats n’ont pas été anticipés. » rappelle l’écrivain.
Avant d’être l’objet d’une ambition privée, c’était au départ l’Etat qui avait tenté ce croisement de données par le biais d’un programme visionnaire rapidement jugulé par le Congrès. « C’était un programme orwellien ».
Conseiller d’un homme politique italien, comme l’a été Giuliano da Empoli avec Matteo Renzi en son temps, le narrateur se met au service du seigneur de l’informatique qui, d’une certaine manière, domine le monde en travaillant pour des services et des États dans le monde entier, dans le domaine de la sécurité et de l’analyse des données.
Un pouvoir aussi séduisant qu’inquiétant que s’emploie à montrer l’écrivain dans ce roman : « On voit d’un côté, la force immense de ces personnages qui ont quand même compris avant les autres les entreprises qu’ils pouvaient lancer. Ils sont aujourd’hui presque comme des dieux de l’Olympe qui se livrent une bataille acharnée pour les attributs du divin. Et parallèlement, ils restent des humains avec des faiblesses. Mon Zimmer peut insérer tout le monde dans sa matrice, mais est incapable de s’adresser à la femme qu’il aime ».
Dans le roman, Zimmer évoque le vieux Salazar, l’ancien dictateur portugais plongé dans le coma, qui à son réveil a été remplacé : le président a nommé un nouveau Premier ministre.
Pour ne pas risquer de provoquer un choc, son entourage a organisé une mise en scène continue pour le maintenir dans l’illusion de diriger le pays. Un exemple qui illustre, selon Giuliano da Empoli, la condition des politiques aujourd’hui. « Ils restent très visibles et paraissent au centre des choses, mais ils déterminent beaucoup moins le cours de nos vies et de notre futur que ces fondateurs de la tech. » analyse-t-il.
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Pour Giuliano da Empoli, les politiques ont leur part de responsabilité dans ce constat : « La politique aurait encore un rôle essentiel à jouer pour justement enrayer ce pouvoir et décider de la trajectoire que ces technologies doivent prendre. » pense-t-il, opposant la faiblesse de la France à la Chine.
« Ce n’est pas le cas des Chinois, qui ont repris le contrôle de la technologie de façon très brutale, constatant bien que le pouvoir de la tech se développait, or ils n’ont pas voulu perdre le contrôle » conclut-il.
Pauline Adad
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Le projet annoncé par Donald Trump d’importer du diesel russe provoque beaucoup de remous en Europe. Mais justement, en Europe, on continue d’acheter du pétrole aux Russes. Comment est-ce possible ?
Les Russes viennent d’appliquer, comme souvent, une tactique visant à diviser les Européens et à installer le doute et la cacophonie entre eux. Dans ce cadre, les autorités russes ont voulu faire savoir, tambour battant, que les pays européens (en réalité, certains plus que d’autres) restaient fortement dépendants des livraisons de pétrole et de gaz russes.
C’est le vice-Premier ministre russe, Alexandre Novak, qui a déclaré que les pays de l’Union européenne avaient acheté plus de 320 milliards de dollars d’hydrocarbures russes depuis 2022, c’est-à-dire depuis l’invasion de l’Ukraine, dont 21 milliards au cours des neuf premiers mois de l’année 2026.
Cela sème le trouble au sein de la famille européenne, qui affirme depuis des mois qu’elle ne veut plus rien avoir à faire avec la Russie. Mais cette lecture ne tient pas compte de la baisse considérable des importations de pétrole et de gaz russes réalisée par l’Union européenne.
Hier, lors d’une réunion avec ses homologues de l’Union européenne à Strasbourg, alors qu’elle plaidait pour l’utilisation des avoirs russes gelés dans l’UE afin de soutenir l’Ukraine, la ministre suédoise des Affaires étrangères, Maria Malmer Stenergard, a levé le voile. Elle a dénoncé l’achat de produits russes par les pays de l’Union européenne pour un montant supérieur à l’aide apportée à l’Ukraine. En clair, depuis 2022, l’UE a versé plus d’argent à la Russie qu’à l’Ukraine. C’est une contradiction majeure.
Alors, où est la vérité ? D’abord, il y a les cas de la Hongrie et de la Slovaquie, deux pays à part, qui bénéficient de tarifs préférentiels sur le gaz russe. Ils ne peuvent pas facilement renoncer à cet avantage dans la mesure où ils sont alimentés par un oléoduc direct appelé Druzhba. En russe, Druzhba signifie « amitié ». La Hongrie et la Slovaquie ont donc bénéficié d’une dérogation.
Ensuite, il y a le raffinage indirect. Des pays tiers, non soumis aux sanctions, en particulier la Turquie, mais aussi l’Inde ou la Chine, achètent une partie du pétrole russe, procèdent au raffinage ou à la transformation, puis réexportent ces hydrocarbures vers l’Europe sous forme de produits raffinés, comme le diesel.
Il y a aussi le gaz. L’Union européenne continue effectivement d’acheter du GNL, du gaz naturel liquéfié russe, car les interdictions totales ne sont pas encore toutes pleinement effectives. C’est le cas, par exemple, de la France, elles doivent l’être à la fin de l’année 2026.
Tout cela s’explique par le fait que l’Union européenne applique un plan progressif pour se défaire des importations russes. Le 18 mai 2022, la Commission européenne a adopté une feuille de route baptisée REPowerEU, dont l’objectif est de se passer complètement des énergies fossiles en provenance de Russie d’ici à 2027.
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Entre-temps, les pays européens ont fortement réduit leur dépendance au gaz et au pétrole russes. L’UE est ainsi passée de 45 % d’importations de gaz russe en 2021 à 12 % en 2025, et de 27 % d’importations de pétrole à moins de 2 % aujourd’hui. Il est prévu que l’Union européenne élimine toutes les importations de gaz naturel liquéfié d’ici à la fin de 2026, puis toutes les importations de gaz par gazoduc d’ici à l’automne 2027.
Mais il faut reconnaître que, depuis le conflit déclenché le 28 février de cette année au Moyen-Orient par Donald Trump, le calendrier européen de sortie du pétrole et du gaz russes risque de subir quelques retards.
Christian Makarian
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Aujourd’hui, évoquons une figure de rhétorique qui a beaucoup fait parler d’elle : le rythme ternaire. Il s’agit de trois éléments qui se répondent. Tous trois sont à peu près de la même longueur, ce qui crée un effet d’emphase et favorise la mémorisation. Les orateurs de l’Antiquité lui avaient donné un nom : le tricolon.
Le plus célèbre exemple, cité dès les premiers cours de latin, est Veni, vidi, vici, la célèbre formule de Jules César : « Je suis venu, j’ai vu, j’ai vaincu. » César l’aurait écrite dans sa correspondance après avoir vaincu le roi Pharnace, en 47 avant Jésus-Christ.
Le fait que les trois verbes aient la même terminaison, parce qu’ils sont conjugués à la première personne du parfait, un temps du passé en latin, rend la phrase encore plus mémorable.
Et cette formule a perduré. Citons Abraham Lincoln, en 1863 : « Le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple. » Ou Tony Blair, en 1996 : « Éducation, éducation, éducation. » Un rythme ternaire redondant, mais efficace. Citons aussi notre devise française : « Liberté, égalité, fraternité », qui relève elle aussi du rythme ternaire.
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Pourquoi ce rythme ternaire a-t-il tant de succès ? Parce qu’avec deux éléments seulement, on obtient une simple balance. Avec quatre, on se met à compter et la tension se dilue. Trois, c’est parfait. Aristote consacre une partie du livre III de sa Rhétorique au rythme du discours. Ce rythme est essentiel pour capter l’attention de l’auditeur et l’aider à se laisser convaincre.
Faut-il l’éviter ? Surtout pas : cela reste une tournure très efficace. Il faut simplement l’employer avec parcimonie.
Karine Dijoud
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Depuis des années, la descendance de Jules-Eugène Lenepveu demande en vain que l’œuvre du peintre, réalisée en 1872 pour le plafond du Palais Garnier puis recouverte en 1964 par celle de Marc Chagall, ne soit plus invisibilisée. Un cabinet d’avocats vient d’être mandaté afin de porter l’affaire devant les tribunaux.
Au début des années 1870, l’architecte Charles Garnier, chargé d’imaginer et de construire le bâtiment qui porte son nom place de l’Opéra, avait demandé à son ami Jules-Eugène Lenepveu, peintre renommé à l’époque, de décorer le plafond de la grande salle de spectacle lyrique et chorégraphique. Intitulée « Les Muses et les Heures du jour et de la nuit » et peinte à l’huile directement sur les plaques de cuivre de la coupole, son œuvre a été classée monument historique en 1923.
Mais en 1964, sur demande du ministre de la Culture André Malraux, la fresque initiale fut recouverte par les vingt-quatre éclatantes toiles monumentales (220 m2) commandées à Marc Chagall. Ces triangles narratifs et colorés, inspirés de grands compositeurs et d’œuvres lyriques mythiques, ont été disposés sur des panneaux de résine de polyester amovibles afin de ne pas abîmer l’œuvre de Jules-Eugène Lenepveu.
Mais, si depuis 62 ans le public du Palais Garnier peut admirer le chef d’œuvre du peintre d’origine russe, personne n’a pu voir, in situ, celui qui se cache en dessous.
C’est une des raisons pour lesquelles les ayants droit de Jules-Eugène Lenepveu, représentés par Arnaud Carayon, descendant du peintre et président de l’association des Amis de Lenepveu, se mobilisent depuis 2023.
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Ils souhaitent faire reconnaître et sortir de l’oubli l’œuvre de leur aïeul mais surtout obtenir une alternance entre les deux œuvres en profitant notamment de la fermeture du Palais Garnier pour travaux (de 2027 à 2032) pour réexaminer la situation afin de rendre le plafond de Lenepveu à nouveau visible.
Arnaud Carayon a toujours admis que « Marc Chagall a réalisé un chef d’œuvre », mais, avait-il déclaré au Podcast Journal : « Ce n’est pas pour autant que celui de Lenepveu doit être invisibilisé ».
Des rencontres avec la direction de l’Opéra de Paris (OnP) n’ayant rien donné, Arnaud Carayon s’est résolu à interpeller par courrier Emmanuel Macron et Catherine Pégard, ministre de la Culture, sur le sujet mais n’a obtenu que des réponses polies.
Il a également reçu une fin de non-recevoir de la part de Meret Meyer, la petite-fille de Marc Chagall, représentante de sa succession, qu’il avait contactée.
Autant de démarches vaines et de portes closes qui ont conduit Arnaud Carayon à envisager une procédure juridique, rapporte The Guardian. À cet effet, il a mandaté Me Daphné Bes de Berc, du cabinet d’avocats BGB et associés, mais indique ne pas privilégier pour le moment un recours devant le tribunal administratif en espérant voir aboutir une action « plus simple ».
Philippe Gault
Le reportage de Laurie-Anne Toulemont dans la matinale :
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A l’occasion du lancement de la nouvelle saison de Piano à Lyon, Jérôme Chabannes et Dang Thaï Son seront, ce mardi 13 octobre à 20h, les invités du Journal du classique.
C’est jeudi, le 15 octobre, que débutera la nouvelle saison de Piano à Lyon, avec un récital de la jeune Arielle Beck. Une programmation musicale qui rayonne entre la salle Molière, l’Opéra de Lyon et le musée Couty, et accueille aussi bien les plus grands noms du piano que les talents émergents.
C’est ainsi que le public lyonnais pourra applaudir Bertrand Chamayou, Elisabeth Leonskaja, Alexandre Tharaud, Martha Argerich, Khatia Buniatishvili ou encore Nikolaï Luganski, mais aussi découvrir des représentants de la nouvelle génération révélés, pour certains, dans le cadre de grands concours internationaux.
Jérôme Chabannes, le fondateur et directeur de Piano à Lyon nous en présentera les moments forts. Nous échangerons également avec le grand pianiste et pédagogue Dang Thaï Son, qui s’y produira tout comme deux de ses anciens élèves, Saehyun Kim et Eric Lu.
Laure Mézan
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À l’occasion de ce qui aurait dû être cette année le centenaire de René Goscinny disparu prématurément, Anne Goscinny co-signe avec Jean-Philippe Arrou-Vignod et Fursy Teyssier, Le Petit Nicolas, je reviens ! aux éditions Imav, ainsi qu’un ouvrage pensé comme un album de famille, René Goscinny dans l’intimité d’un scénariste de génie, chez Flammarion. Inspiré de l’œuvre de Goscinny et Sempé, c’est une version modernisée du Petit Nicolas que nous offre leurs auteurs. Anne Goscinny était l’invitée de la matinale de Radio Classique ce mardi pour en parler.
Anne Goscinny n’avait que 9 ans quand son père est mort. Il lui a laissé le souvenir d’un travailleur acharné qui s’enfermait à son bureau, lui consacrant peu de son temps, ce qui ne l’a pas empêché de transmettre à sa fille son sens de l’humour : « Il avait une obsession dans la vie : faire rire. J’avais souvent des otites et, pour me consoler, il s’asseyait au pied de mon lit et me racontait par exemple sa version du Petit Chaperon rouge : le méchant loup avait l’accent belge de sa belle-mère, la gentille grand-mère avait l’accent yiddish de sa propre mère. Et à la fin il y avait tout d’un coup une cour autour de mon lit, des gens qui rigolaient de la façon dont mon père racontait des histoires. » se souvient-elle.
Elle ne s’imaginait pas, en 2026, écrire des histoires qui auraient pris place dans une école de garçons, où peineraient à s’identifier les enfants d’aujourd’hui. L’adage est bien connu, « adapter c’est trahir », cependant Anne Goscinny nuance : « il y a la trahison fertile, c’est-à-dire celle qui enrichit l’œuvre, et la trahison stérile, qui vient juste nourrir l’égo de celui qui adapte. Je me suis penchée plutôt du côté de la première ».
Elle ajoute : « celui qui est le meilleur adaptateur de l’œuvre de mon père, c’est Alain Chabat. Quand dans Mission Cléopâtre, il crée ce personnage d’Itinéris on est dans la trahison fertile ; voilà un personnage que mon père aurait pu inventer s’il avait connu l’ère des téléphones portables. » observe-t-elle.
De là à imaginer le Petit Nicolas en train de bloquer son établissement scolaire et faisant brûler des poubelles, il n’en est pas question : Anne Goscinny s’est contentée d’un bond de 10 ans suffisant à justifier quelques changements : « On est dans les années 70, l’école est mixte, la mère de Nicolas a des velléités d’indépendance pour ne plus dépendre de son mari et va donc travailler. » annonce-t-elle. A partir de quoi les cartes du foyer vont être rebattus ; Le père va devoir se mettre à faire la cuisine et la mère va se rendre compte qu’elle n’était pas indispensable. Toutes sources possibles de comédie sont explorées par les auteurs.
Si Anne Goscinny n’a pas de petits frères de chair et de sang, elle en a de papier, ce qui n’est pas bien différent à ses yeux : « Si mon père m’avait laissé des petits frères humains, j’aurais eu le devoir de les mener jusqu’à l’âge adulte. Ça n’aurait pas été un droit. Pour cette raison, je pense qu’il serait urgent de modifier le terme d’ayant-droit. Veiller sur cette œuvre est un devoir. » affirme-t-elle.
Pour ce faire, Anne Goscinny n’a nul besoin de recourir à l’intelligence artificielle : « C’est une œuvre que je connais par cœur. J’ai l’oreille absolue de cette œuvre. Quand mon père est mort, j’ai assez vite compris que désormais, pour entendre sa voix, il faudrait que je tourne les pages d’un livre. Or, Le Petit Nicolas est le seul texte littéraire de mon père » précise-t-elle.
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Quand David Abiker interroge en quoi son œuvre demeure aussi actuelle, Anne Goscinny évoque au travers d’Astérix le concept de résistance : « On est tous résistants, à titre individuel ou collectif, c’est pour ça qu’Astérix, traduit en 120 langues et dialectes, parle à tant de gens. »
Or, la résistance caractérise, de fait, l’histoire de ce père ashkénaze dont la famille issue d’Ukraine et de Pologne a fui les pogroms pensant qu’en France, il ne pouvait rien leur arriver. « Ils ont été déportés par le premier convoi, en décembre 1941. Je pense que mon père a construit une œuvre d’humour, une œuvre qui a fait rire la planète, sans doute pour cacher ses larmes » analyse-t-elle. De l’humour juif, en somme.
Pauline Adad
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Un vent de jeunesse souffle sur la 22ème saison de Piano à Lyon, qui s’annonce riche en découvertes! Si vous ne connaissez pas le talent protéiforme de la « nouvelle star » du piano, Hayato Sumino, laissez-vous surprendre! Révélation du dernier « Concert de Paris » devant la Tour Eiffel, le japonais peut se targuer d’avoir fédéré des milliers de followers sous le peudonyme « Cateen ». Virtuose, improvisateur et transcripteur hors-pair, il galvanise les foules à chacune de ses apparitions (le 8 janvier salle Molière). Arielle Beck, à 17 ans, est déjà l’une de nos gloires nationales.
www.pianoalyon.com
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Les Misérables, de Victor Hugo, fait l’objet d’une nouvelle adaptation au cinéma, avec la sortie ce mercredi 14 octobre du film éponyme de Fred Cavayé, avec Vincent Lindon, Tahar Rahim, Camille Cottin et Noémie Merlant. C’est l’occasion de répondre à une question simple en apparence : lorsque le titre d’un journal ou d’une œuvre est au pluriel, comment doit-on accorder le verbe qui l’accompagne ?
Dans la plupart des cas, l’accord se fait au singulier, car on sous-entend le nom générique — le journal, le roman — avant le titre proprement dit. On dira donc « Les Misérables a été adapté au cinéma ».
Pour éviter toute confusion ou tout accord qui sonne mal à l’oreille, il est conseillé d’exprimer explicitement ce nom générique. Ainsi, on écrira de préférence : « Le prix du pétrole augmente, écrit le journal Les Échos ».
La même logique s’applique aux titres de romans : « le roman Les Misérables de Victor Hugo a été adapté avec succès au cinéma ».
Il reste toutefois possible d’accorder le verbe avec le nom du titre lui-même, bien que cette tournure soit moins répandue : « Les Misérables ont été adaptés en film ».
La règle change lorsque le titre commence par un nom commun qui désigne un genre. C’est le cas, par exemple, des Dernières Nouvelles d’Alsace : le mot nouvelles ouvre le titre et en constitue le premier élément significatif. Dans cette configuration, l’Office québécois de la langue française préconise d’accorder le verbe avec ce nom.
On écrira donc : « Les Dernières Nouvelles d’Alsace ont publié les chiffres du dernier marché de Noël ».
Ce principe s’applique également aux titres sans déterminant. Ainsi, pour Mémoires d’une jeune fille rangée de Simone de Beauvoir, on écrira : « Les Mémoires d’une jeune fille rangée ont été publiés en 1958 ».
À noter : publiés s’écrit ici avec un é et un s, car mémoires est un nom masculin pluriel, il désigne la mise à l’écrit des événements dont une personne, un mémorialiste, a été témoin, à l’image des Mémoires de Chateaubriand ou de Saint-Simon.
La question du genre peut également se poser, comme avec le journal L’Humanité. Plusieurs solutions sont ici acceptables.
On peut aussi accorder avec le nom générique sous-entendu, en conservant le masculin. Enfin, si le titre est un nom commun précédé d’un déterminant, ce qui est le cas ici, il est fréquent d’accorder directement avec ce nom : « L’Humanité est distribuée dans tous les points de presse ».
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En résumé, si la règle générale privilégie l’accord au singulier avec le nom générique sous-entendu, plusieurs cas particuliers invitent à accorder le verbe avec le nom qui compose le titre. La clé reste la clarté : exprimer le nom générique (comme le journal ou le roman) demeure, dans la plupart des situations, la solution la plus élégante et la plus sûre.
Karine Dijoud
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Le mouvement de protestation des lycéens a entamé sa troisième semaine d’actions. Il a été rejoint la semaine dernière par des étudiants, entraînant le blocage de plusieurs établissements d’enseignement supérieur, y compris le Conservatoire de musique de Lyon et désormais le Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris (CNSMDP).
Dans un communiqué assez abscons, rédigé sur le compte Facebook « Luttes invisibles » (émanation de la CGT), des étudiants du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris à l’origine du blocage de l’établissement de l’avenue Jean Jaurès à Paris (19e) depuis ce lundi, détaillent les raisons pour lesquels ils soutiennent le mouvement lycéen dont ils souhaitent « servir de caisse de résonance ».
Mais leurs revendications débordent du cadre de celles des lycées. Concernant leur propre établissement, ils citent l’état général du bâtiment et notamment la présence d’amiante dans certaines salles, les suppressions de postes et la situation des pianistes accompagnateurs « à qui on refuse les mêmes droits que leurs collègues professeurs ». Ils exigent également le droit au repas à 1 euro pour tous les étudiants du Conservatoire.
Les étudiants protestataires, qui dénoncent « un système austéritaire », pointent aussi la précarité étudiante et soulèvent la question d’une récupération potentielle de l’institution par l’établissement public expérimental Paris Sciences et Lettres (PSL).
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Au-delà de la situation du CNSMDP et de revendications purement catégorielles, ces étudiants critiquent avec virulence la politique culturelle et les rapports sociaux dans le milieu artistique. Ils souhaitent, entres autres, « transformer nos mentalités individualistes en mentalités collectives (…) assainir le milieu rongé par les abus de pouvoir et les violences de classe, patriarcales et racistes“ et affirment leur volonté “de voir le gouvernement démissionner. Ce même gouvernement qui préfère donner aux armées qu’aux services d’éducation, de santé et de culture ».
À l’heure actuelle, la direction du CNSMDP et les ministères concernés (Enseignement Supérieur et Culture) n’ont pas encore réagi.
Philippe Gault
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