
Sign up to save your podcasts
Or


Le compositeur américain Philip Glass a annoncé avoir annulé une série de concerts prévus en juin prochain au Trump-Kennedy Center, justifiant sa décision par la nouvelle direction prise par la grande institution culturelle de la capitale américaine, remodelée par Donald Trump depuis son retour au pouvoir.
« Après mûre réflexion, j’ai décidé d’annuler ma Symphonie N°15, intitulée Lincoln, prévue au Kennedy Center »,, explique dans un communiqué Philip Glass, l’un des plus influents compositeurs contemporains. Sa symphonie, qui se veut « un portrait » du président qui a aboli l’esclavage aux Etats-Unis, devait connaître sa première mondiale dans la prestigieuse salle de concerts de la capitale américaine, rebaptisée Trump-Kennedy Center depuis le mois de décembre.
Le magazine Rolling Stone explique que la nouvelle œuvre du compositeur de 88 ans est inspirée du discours du Lyceum qu’Abraham Lincoln a prononcé en 1838, bien avant qu’il ne devienne président. Dans ce discours, il mettait en garde contre les dangers de la violence des foules, citant plusieurs meurtres et lynchages récents perpétrés par des foules pro-esclavagistes
L’interprétation de Lincoln par l’Orchestre Symphonique National (NSO), prévue en juin, devait être dirigée par Karen Kamensek. La cheffe d’orchestre américaine qui a remporté un Grammy Award en 2022 pour l’enregistrement d’Akhnaten, un opéra composé par Philip Glass avec qui elle collabore régulièrement.
« Les valeurs du Kennedy Center aujourd’hui sont en contradiction directe avec le message de la symphonie », justifie Philip Glass, qui dit par conséquent se sentir « obligé » d’annuler son concert en raison de la « nouvelle direction » prise par les responsables de l’institution de Washington.
A lire aussi
L’Opéra National de Washington veut retrouver « sa pleine indépendance » et quitte le Trump-Kennedy Center
Le maître de la musique répétitive et minimaliste, trois fois nommé aux Oscars, rejoint une liste croissante d’artistes qui ont annulé des représentations au Kennedy Center depuis les réformes entreprises par l’administration Trump. La dernière en date étant la célèbre soprano américaine Renée Fleming.
Une publication partagée par Philip Glass (@philipglass)
En réaction à la décision de Philip Glass Roma Daravi, vice-présidente des relations publiques du centre, a déclaré au site américain Consequence : « La politique n’a pas sa place dans les arts, et ceux qui appellent à des boycotts pour des raisons politiques prennent la mauvaise décision », ajoutant : « Tout artiste qui annule son spectacle au Trump Kennedy Center en raison de divergences politiques n’est ni courageux ni intègre. Il est égoïste, intolérant et manque à son devoir fondamental d’artiste public : se produire pour tous ».
Philippe Gault (avec AFP)
Retrouvez l’actualité du Classique
Roumanie : Le chef d’orchestre américain Robert Treviño nommé à la tête de l’Orchestre Philharmonique George Enescu
Nouvelle défection au Trump-Kennedy Center : la soprano Renée Fleming annule sa participation à deux concerts
Van Cliburn étend son rayonnement : un concours de direction d’orchestre sera lancé dès 2028 au Texas
Oscars 2026 : Le compositeur français Alexandre Desplat en lice pour un troisième sacre
Cet article Trump-Kennedy Center : Philip Glass annule la première mondiale de sa nouvelle symphonie à cause de la « nouvelle direction » prise par l’institution est apparu en premier sur Radio Classique.
Quand on complote contre Napoléon, il faut s’attendre à un retour cinglant. Talleyrand l’apprendra au prix d’une humiliation inoubliable.
Mi-janvier 1809, Talleyrand vient de recevoir une lettre de Joseph Fouché, le ministre de la Police. Dans un message bref, Fouché l’informe que Napoléon va bientôt rentrer d’Espagne, plus tôt que prévu. Il sera à Paris autour du 22 ou du 23 janvier. C’est une information capitale puisque cela fait des semaines que les deux hommes échangent prudemment sur l’avenir du régime en cas d’absence prolongée de l’empereur. Des échanges discrets mais incontestables.
À ce moment-là, Talleyrand est encore un homme puissant. Il est vice-grand-électeur de l’Empire, grand chambellan, membre du Conseil d’État, prince de Bénévent. Il dispose d’un rang, d’un réseau, d’une autorité considérable. C’est l’un des personnages centraux du régime impérial napoléonien.
Ce qu’il ne sait pas encore, c’est que sa correspondance avec Fouché n’a pas été aussi secrète qu’il l’espérait. La police a intercepté un certain nombre de messages et les copies ont été transmises à Napoléon qui est en route pour Paris, de retour de Madrid. Le retour annoncé de l’empereur n’est pas seulement un changement de calendrier : il annonce en vérité une terrible confrontation.
Tout le monde à Paris connaît l’animosité entre Talleyrand et Fouché. Ils ne s’apprécient pas, pour mille raisons. Ils se surveillent, chacun cherche à sa manière à nuire à l’autre. Une rivalité parfaitement assumée de part et d’autre.
Pourtant, loin de les écarter, Napoléon a essayé de profiter de cette dualité et d’entretenir cette tension. C’est une méthode de gouvernement bien connue : diviser pour mieux régner. Napoléon met ses services en concurrence, persuadé qu’un équilibre conflictuel entre les grands personnages de son État pourrait garantir à la fois la loyauté qu’on lui doit et l’efficacité des différents services. Le diplomate et le policier sont donc contraints de coexister. L’empereur les a gardés près de lui, mais il les oppose.
Fouché est toujours ministre de la Police et dispose d’un pouvoir immense. C’est l’homme le plus redouté de Paris. Quant à Talleyrand, toujours maître des Relations extérieures même s’il n’est plus ministre en titre, il a cet accès direct à l’empereur avec beaucoup d’appuis à la cour et un réseau dans toutes les chancelleries d’Europe qui, pour Napoléon, est plus que précieux.
Fin 1808, Napoléon a quitté Paris pour aller mener lui-même cette campagne d’Espagne dans laquelle son frère Joseph était en train de s’enliser. Il a l’intention de régler la situation au plus vite. À Bayonne, il a fait venir le roi Charles IV et son fils Ferdinand VII pour les contraindre à abdiquer et a placé son frère Joseph sur le trône.
Militairement, Napoléon agit avec l’efficacité qu’on lui connaît. Il remporte plusieurs succès rapides, disperse les armées espagnoles régulières et oblige les troupes britanniques qui profitaient de la situation à se replier. Mais ce sont des victoires qui, pour être incontestables sur le papier, n’en sont pas moins trompeuses.
Car en vérité, l’Espagne n’est pas soumise. Ce ne sont pas des batailles rangées, mais une espèce de guérilla qui s’instaure avec une résistance diffuse et populaire, enracinée non seulement dans les villes mais aussi dans les villages, grâce à des paysans et à un clergé extrêmement remonté contre la France. Les convois sont attaqués, les soldats français isolés sont assassinés, les communications sont coupées. C’est à cette occasion que va naître d’ailleurs le terme de « guérilla ». Quand on parle de guérilla partout dans le monde aujourd’hui, c’est par référence à celle instituée contre les troupes napoléoniennes françaises en 1808 et 1809.
Napoléon est donc dans un conflit qu’il n’arrive pas à contrôler. On est loin des grandes batailles rangées sur les champs de bataille de l’Europe entière. C’est un piège, un territoire hostile où ses troupes sont exposées. Lui-même d’ailleurs est physiquement exposé puisqu’il est là, présent à la tête de ses troupes.
À Paris, on comprend que le danger n’est plus seulement militaire. Il peut y avoir une balle perdue, un attentat ou une capture. Ces Espagnols sont tellement imprévisibles. Et à ce moment-là, qu’adviendrait-il de l’Empire qui n’a plus de chef ? Il y a des règles de succession mais personne ne les respecterait, on en est convaincu. C’est donc une perspective prise très au sérieux qui intéresse au premier chef Talleyrand et Fouché. Pour une fois, ils ont l’intention de s’entendre, ces deux-là.
Depuis l’Espagne, Napoléon est informé. Il devine que des choses se préparent dans son dos. Coup d’accélérateur vers Paris. Le voilà de retour dans sa capitale. Ce qui est en train de couver, c’est l’orage du siècle.
Qu’on puisse imaginer que Napoléon ne revienne pas d’Espagne ? C’est une trahison aux yeux de l’empereur. Il rentre donc à Paris le 23 janvier 1809 et reproche d’abord à l’archichancelier de l’Empire, Cambacérès, de ne pas avoir mieux surveillé les deux hommes. Le vendredi 27, sans aucune explication, Talleyrand reçoit une lettre qui lui demande de remettre sa clé de grand chambellan et de se présenter aux Tuileries le 29 janvier pour un Conseil restreint. Monsieur de Talleyrand comprend que les choses tournent au vinaigre.
Il écrit à l’empereur dans une lettre extrêmement flatteuse, très Ancien Régime comme il sait l’être. Il dit ne pas comprendre où est sa faute. Il ignore encore que les mots qu’il a échangés avec Fouché ont été interceptés.
Autour de la table de ce Conseil restreint se trouvent Berthier, Cambacérès, Lebrun et le comte de Montesquiou. L’empereur arrive après tout le monde, salue brièvement à sa manière, s’assoit et la séance commence. La tension est palpable. Très vite, Napoléon change de ton. Il se lève, les bras dans le dos, marche entre son fauteuil et la cheminée. On sent son irritation, on sent que cela bouillonne sous son crâne. C’est une colère qui est entrée dans l’histoire.
Si l’on en croit un des témoins, Talleyrand est pâle comme la mort. Voici ce que lui dit Napoléon devant les membres du conseil :
« Vous êtes un voleur ! Vous êtes un lâche, un homme sans foi. Vous ne croyez pas en Dieu. Vous avez toute votre vie manqué à tous vos devoirs. Vous avez trompé, trahi tout le monde. Il n’y a pour vous rien de sacré. Vous vendriez votre père. Je vous ai comblé de biens et il n’y a rien dont vous ne soyez capable contre moi. Ainsi, depuis dix mois, vous avez l’impudeur, parce que vous supposez à tort et à travers que mes affaires en Espagne vont mal, vous avez l’impudeur de dire à qui veut l’entendre que vous avez toujours blâmé mon entreprise sur ce royaume, tandis que c’est vous qui m’en avez donné la première idée ! Vous qui m’y avez persévéramment poussé ! Et cet homme, ce malheureux duc d’Enghien, par qui ai-je été averti du lieu de sa résidence ? Qui m’a excité à sévir contre lui ? Quels sont donc vos projets, Talleyrand ? Que voulez-vous ? Qu’espérez-vous ? Osez le dire ! Vous mériteriez que je vous brisasse comme un verre ! J’en ai le pouvoir, vous savez, mais je vous méprise trop pour en prendre la peine. »
Et à ce moment-là, le regardant dans les yeux, il aurait donc dit devant témoin à Talleyrand : « De la merde, oui ! Vous êtes de la merde dans un bas de soie ! »
Le Souper, d’Edouard Molinaro explore la relation ambiguë entre Fouché (Claude Brasseur) et Talleyrand (Claude Rich)
Le témoin qui nous renseigne ajoute : « Voilà l’abrégé et la substance de ce que Monsieur de Talleyrand avait eu à entendre et à supporter pendant cette mortelle demi-heure qui dut être bien affreuse pour lui si l’on en juge par ce qu’elle fit souffrir aux assistants. »
Il faut imaginer en effet l’ancien ministre des Relations extérieures livide, le prince de Bénévent essayant de répliquer mais on ne lui laisse pas la parole. Il dit seulement : « C’est grand dommage qu’un si grand homme soit si mal élevé. » Voilà la seule réponse de Talleyrand qui se retire, encore un peu plus brisé que d’habitude, et rentre chez lui.
De son côté, Fouché est très inquiet. Il est impliqué exactement dans les mêmes discussions. Pourquoi Napoléon l’épargne-t-il ? Sans doute a-t-il trop besoin de lui. Fouché est au cœur du régime, c’est le maître du renseignement et le gardien de l’ordre intérieur, même si en l’occurrence il n’a pas su empêcher certains agents de le trahir lui-même pour révéler la teneur de ses communications avec Talleyrand.
A lire aussi
L’énigme Napoléon : le comte de Marbeuf est-il son père caché ? Découvrez quels étaient les liens entre Letizia Bonaparte et l’homme fort de la Corse
En attendant, l’Empire court à sa perte. Désormais, Talleyrand va mettre en œuvre tout ce qu’il a, toutes ses forces, pour s’atteler à l’organisation de la transition. De facto, lors de la première chute impériale de 1814, Talleyrand saura agir rapidement avec efficacité pour accueillir sur leur vieux trône les frères de Louis XVI et remettre Louis XVIII à sa place. Talleyrand était déjà passé à autre chose, il vivait déjà pour le nouveau régime, en attendant le suivant.
Franck Ferrand
Retrouvez Le meilleur des Grands Dossiers de l’Histoire
21 janvier 1793 : la trahison qui a envoyé Louis XVI à la guillotine, 5 choses que vous ne saviez pas
Christian Dior : Comment le couturier visionnaire a osé l’excès en 1947 pour redonner son éclat à la haute couture parisienne
L’affaire Redl de 1913, un agent double au service de la Russie : la stupéfiante trahison qui a fragilisé l’empire austro-hongrois
Explorez les mystères et trésors insoupçonnés de la cathédrale de Strasbourg, du grès rose à l’horloge astronomique
Cet article Napoléon humilie Talleyrand en public : La violente insulte infligée par l’Empereur en plein Conseil est apparu en premier sur Radio Classique.
L’actualité politique est particulièrement dense, entre les débats nationaux sur le budget 2026 et les enjeux internationaux liés au Mercosur ou à la politique américaine. Invité de la matinale, Christian Saint-Étienne, économiste, membre du Cercle des économistes, livre une analyse sans concession sur la politique migratoire, le budget de l’État et la position de l’Europe face aux enjeux mondiaux.
Interrogé sur la politique migratoire française, Christian Saint-Étienne estime qu’il y a une nécessité à repenser la composition des flux migratoires. « On peut discuter indéfiniment des flux d’immigration, mais le plus intéressant, c’est la composition de l’immigration », explique-t-il. Selon lui, la France gagnerait à attirer des talents dans des secteurs stratégiques : « Si on était en mesure d’attirer 100 000 personnes travaillant dans les biotechs, le numérique, l’espace, la réindustrialisation, il faudrait les prendre. » Or, il déplore que « 40 % des personnes immigrées sont sans qualification et vont pour l’essentiel augmenter les statistiques du chômage ».
Il regrette une intégration insuffisante, estimant que « l’immigration actuelle tente d’imposer ses propres comportements » au lieu de « se mouler dans les habitudes françaises, comme c’était le cas dans le passé ». Il continue en expliquant que le manque d’intégration serait aussi dû à une croissance française trop faible, « seulement 1 % en moyenne depuis 20 ans ». Il appelle à « mettre en place des techniques et des mécanismes permettant de réguler la nature de l’immigration », plaidant pour une « immigration choisie » plutôt que « subie ».
Christian Saint-Étienne analyse ensuite l’adoption du budget 2026, marqué par le rejet des motions de censure et le recours au 49.3. Il reconnaît que « faire passer les 6 milliards de hausse du budget de la Défense était absolument clé », mais reste critique sur l’ensemble du texte, estimant que « ce n’est pas un bon budget ». Selon lui, contrairement à ce que laisse entendre le discours politique, « la dépense publique a augmenté de 80 milliards sur deux ans » et le déficit « ne baisse que marginalement ». Il précise : « On va passer de 1 670 milliards d’euros de dépenses en 2024 à 1 750 en 2026 », tandis que le déficit devrait passer de 170 à 160 milliards d’euros sur la même période. Pour l’économiste, « l’effort qui est nécessaire n’est pas fait » : la France reste à un niveau de dette élevé, alors que « tous les économistes s’accordent sur le fait que ce n’est pas tenable » et qu’il est impératif de « ramener le déficit autour de 2 % du PIB ».
L’économiste met en lumière une spécificité française : « Nous sommes aujourd’hui la seule démocratie dans laquelle une majorité d’électeurs vit d’argent public. » Il précise : « Sur 45 millions d’électeurs inscrits, vous avez 17 millions de retraités, 6 millions de fonctionnaires avec les familles, plus tous les allocataires d’une façon ou d’une autre. » Cette situation « transforme la nature de la société » et explique, selon lui, la nécessité de « réformer l’âge de départ à la retraite et les allocations diverses ».
Christian Saint-Étienne dénonce l’absence de coordination fiscale au sein de l’Union européenne, pointant « les cinq renégats » : Irlande, Pays-Bas, Luxembourg, Chypre et Malte, qui « mènent des politiques fiscales de compétition ». Cette situation découle, selon lui, de l’unanimité imposée par le traité de Maastricht, qui « permet à ces minuscules pays de continuer la concurrence fiscale à l’intérieur de l’Union ».
A lire aussi
Dette publique : « La France ne peut pas se permettre d’avoir des budgets à l’eau tiède » alerte Philippe Dessertine
L’invité analyse également le rapport de force mondial : « Les États-Unis, c’est à peu près 23 % du PIB mondial, la Chine 20 % et l’Europe autour de 17. » Il insiste sur la dépendance européenne dans le secteur numérique : « L’Europe, malheureusement, est une colonie numérique et militaire des États-Unis. » Il voit dans cette situation le résultat de « 50 années de dérive de l’Union européenne ».
Daphnée Cataldo
Retrouvez tous les articles liés à l’actualité économique
Paris La Défense Arena racheté par Live Nation : « Nous voulons que les grands évènements ne soient pas seulement saisonniers »
Budget 2026 : La suspension de la réforme des retraites, « un immense gâchis » selon l’économiste Bertrand Martinot
« S’il n’y a pas de choc extérieur, la dette va continuer à augmenter » avertit François Ecalle
Budget 2026 : « On était déjà sur le qui-vive, désormais on est très inquiets » lance Patrick Martin, président du Medef
Cet article « L’Europe, malheureusement, est une colonie numérique et militaire des États-Unis » déplore Christian Saint-Étienne est apparu en premier sur Radio Classique.
À l’occasion de la publication de son album dédié à Debussy et Beethoven, Guilhem Fabre sera, ce mardi 27 janvier à 20h, l’invité du Journal du classique.
Il aime jouer sur les contrastes pour mieux souligner les affinités. Après avoir associé Bach et Rachmaninov, Guilhem Fabre a choisi de mettre en regard Debussy et Beethoven. Deux compositeurs aux esthétiques bien différentes, mais qui étaient animés par un même esprit de liberté les conduisant à dépasser les possibilités du piano et à faire naître de nouveaux univers sonores.
Le pianiste nous racontera ce soir la conception de ce programme qui associe les Épigraphes antiques et les deux cycles d’Images de Debussy à la dernière sonate de Beethoven.
Il nous parlera également de son projet uNopia, ce camion aménagé en salle de concerts avec lequel il sillonne la France chaque été à la rencontre du public des campagnes.
Laure Mézan
Retrouvez le journal du classique du lundi au vendredi à 20h
Retrouvez l’actualité du Classique
Nouvelle défection au Trump-Kennedy Center : la soprano Renée Fleming annule sa participation à deux concerts
Van Cliburn étend son rayonnement : un concours de direction d’orchestre sera lancé dès 2028 au Texas
Oscars 2026 : Le compositeur français Alexandre Desplat en lice pour un troisième sacre
Prix Ernst von Siemens 2026 : Jordi Savall sacré pour sa contribution à la musique ancienne
Cet article Guilhem Fabre fait dialoguer Debussy avec Beethoven est apparu en premier sur Radio Classique.
L’Orchestre Philharmonique George Enescu, plus grand orchestre de Roumanie, annonce la nomination de Robert Treviño au poste de chef principal. Le chef d’orchestre américain entrera en fonction à Bucarest à compter de la saison 2026-2027.
C’est à Londres, où il s’apprête à diriger le London Symphony Orchestra (LSO) ce jeudi dans une représentation consacrée à des œuvres d’Olivier Messiaen, Márton Illés et Serge Rachmaninov, que Robert Treviño a appris sa nomination officielle en tant que chef principal de l’Orchestre Philharmonique George Enescu de Bucarest (Filarmonica George Enescu Bucuresti). Il y succèdera au chef d’orchestre roumain Gabriel Bebeșelea qui occupe le poste depuis 2020.
Le chef d’orchestre américain de 41 ans, originaire de Forth Worth (Texas), prendra officiellement ses fonctions en octobre 2026 pour un mandat initial de quatre ans au cours desquels lui seront confiés des programmes créatifs, de vastes tournées internationales et un enregistrement avec le label Ondine Records. Par ailleurs, la prise de fonction de Robert Treviño donnera le coup d’envoi des projets ambitieux du plus grand orchestre roumain, fondé en 1868, pour son 160e anniversaire, qui sera célébré lors de la saison 2028-2029.
Dans le communiqué annonçant la nomination de Robert Treviño, le directeur général du Philharmonique George Enescu, insiste sur l’adhésion des musiciens et du public lors des débuts du maestro américain à Bucarest en novembre dernier lorsqu’il y a dirigé avec « une intensité passionnée » la Symphonie n° 3 de Gustav Mahler.
« Cette nomination marque une période de développement pour nous, tant sur le plan personnel que par celui de la collaboration avec un chef d’orchestre du calibre et du prestige de Robert Treviño. Sa nomination est tout à fait naturelle, car elle s’inscrit pleinement dans notre stratégie de développement et de rayonnement, initiée en 2022, tant au niveau national qu’international », ajoute Marin Cazacu.
A lire aussi
George Enescu, pas si génial ? Angela Gheorghiu dénonce « les fausses légendes » de la Roumanie
Pour Robert Treviño : « Le fait qu’on m’ait proposé le poste de chef d’orchestre principal immédiatement après mes débuts cette saison témoigne de cette alchimie et de notre engagement commun envers la musique (…) C’est un privilège et un grand honneur de faire partie de cet héritage et de cette histoire, et de contribuer au développement futur de l’orchestre, non seulement pour son public local à Bucarest, mais aussi sur la scène internationale ».
pic.twitter.com/GckK6PSFJt
— Robert Treviño (@MaestroTrevino) January 27, 2026
Robert Treviño retrouvera au mois d’août en Italie l’Orchestre philharmonique George Enescu qu’il dirigera lors de la 74e édition du Festival de Ravello.
Philippe Gault
Retrouvez l’actualité du Classique
Nouvelle défection au Trump-Kennedy Center : la soprano Renée Fleming annule sa participation à deux concerts
Van Cliburn étend son rayonnement : un concours de direction d’orchestre sera lancé dès 2028 au Texas
Oscars 2026 : Le compositeur français Alexandre Desplat en lice pour un troisième sacre
Prix Ernst von Siemens 2026 : Jordi Savall sacré pour sa contribution à la musique ancienne
Cet article Roumanie : Le chef d’orchestre américain Robert Treviño nommé à la tête de l’Orchestre Philharmonique George Enescu est apparu en premier sur Radio Classique.
Michel Goya, ancien colonel des troupes de marine et spécialiste de l’histoire militaire et l’analyse des conflits était l’invité de la matinale de David Abiker. Il est l’auteur de Théorie du combattant aux Éditions Perrin. Il explique que l’OTAN reste aujourd’hui un instrument de contrôle des Européens.
Votre livre commence par une évocation de l’action de la France en Afghanistan. Il est même dédié à 10 hommes courageux morts dans l’embuscade des 18 et 19 août 2008 en Afghanistan. Quand Donald Trump déclare la semaine dernière sur Fox News que la contribution des alliés de l’OTAN en Afghanistan fut négligeable, vous lui lancez un sort sur Twitter.
MICHEL GOYA : Oui, je demande que les fantômes des 1000 soldats européens et canadiens, membres de l’OTAN, qui sont morts en Afghanistan aux côtés des Américains, viennent le hanter la nuit. C’est très insultant. Surtout quand cela vient de quelqu’un qui a tout fait pour éviter de porter l’uniforme lorsqu’on l’exigeait de lui dans le passé, et qui par ailleurs a lâché les Afghans. Il faut le rappeler : c’est lui qui a négocié avec les Talibans considérant que l’Afghanistan était un poids mort. Tout cela est très maladroit par ailleurs. Quel intérêt d’insulter ses alliés ? Et qu’est-ce qu’il y a de pire que d’insulter les gens qui sont morts pour combattre aux côtés des Américains ? C’est absolument indigne.
Cette insulte aux soldats morts en opération, ça doit assez mal passer même auprès des militaires américains ?
M.G. : Bien sûr, il y a beaucoup de choses qui passent mal de la part de Trump auprès des militaires américains. Il ne faut pas oublier qu’il y a la volonté d’une reprise en main des militaires américains par le pouvoir exécutif, voire d’une intimidation. Rappelez-vous ce fameux discours devant tous les généraux et amiraux américains réunis, où Donald Trump arrive en disant en gros : « obéissez-moi sinon je vous coupe la tête ». Les officiers ont tous prêté serment de protéger la Constitution. Ils n’ont pas du tout prêté serment de fidélité au président des États-Unis, surtout pas à Trump.
Il y a de la peur au sein de l’armée américaine ?
M.G. : Oui, c’est un élément nouveau de la présidence Trump : la peur et l’intimidation imposée dans tous les instruments fédéraux, notamment les instruments de force.
Mark Rutte, le secrétaire général hollandais de l’OTAN, a lancé aux parlementaires européens : « si quelqu’un pense encore ici que l’Union européenne ou l’Europe dans son ensemble peut se défendre sans les États-Unis, continuez de rêver, vous ne le pouvez pas ». Comment interprétez-vous cet avertissement du secrétaire général de l’OTAN ?
M.G. : Donald Trump aussi dit : « Vous Européens, faites plus pour votre défense », ce en quoi il a raison. En même temps, après beaucoup d’hésitations, finalement l’OTAN reste un instrument de contrôle sur les Européens. Techniquement, les forces de l’OTAN ne peuvent pas fonctionner correctement sans les Américains. Donald Trump pense à « America First », America au sens de continent d’ailleurs. Selon sa logique, il classe les états en pays forts qu’il faut respecter et les pays faibles qu’il faut racketter. Et les Européens, représentent des pays qu’il faut racketter.
[S’agissant de la contribution européenne], il faut tout de même relativiser. L’OTAN a un budget de fonctionnement, il faut le rappeler, comme toute organisation, qui est payé au prorata du PIB. Là on ne peut rien dire, c’est juste. Chacun paye en fonction de sa richesse nationale. Et puis il y a les budgets de défense des différents États, en rappelant que les États-Unis ont fourni un effort de défense considérable, certes. Le contribuable américain moyen paie deux fois plus pour son armée que le contribuable français par exemple. Mais ce n’était pas tellement pour la défense de l’Europe. C’était pour aller combattre en Afghanistan, en Irak, c’est pour aller faire la guerre dans le monde, faire la police du monde, pour lutter contre les organisations djihadistes, ce n’est pas du tout à cause de l’Europe. Donc critiquer les pays européens en disant vous faites moins que nous, c’est quand même un petit peu injuste. Même si, pour le coup, je suis d’accord sur le fait que les pays européens et la France en particulier ont désarmé et n’ont pas assez investi dans leur défense.
Que se passe-t-il en ce moment sur le territoire américain ? On y voit des gens habillés en militaires qui mènent des opérations de police qui virent au drame, notamment à Minneapolis. Que vous inspire cette militarisation du maintien de l’ordre aux États-Unis ?
M.G. : Donald Trump serait quelqu’un qui ferait horreur aux pères fondateurs des États-Unis, incontestablement. Ils avaient tous le souvenir de la République anglaise un siècle plus tôt, qui a été tuée par le chef de l’armée Olivier Cromwell, qui s’est imposé chef de l’exécutif, qui a pris tous les pouvoirs et établi une dictature. Ils ont tout fait pour que le président des États-Unis ne devienne pas un Cromwell. Le pouvoir des États s’oppose à celui de l’État fédéral. Il n’y a pas d’armée, mais il y a des milices privées, c’est-à-dire qu’on fait plus confiance aux citoyens armés qu’à l’État armé, à cette époque.
A lire aussi
« Trump et Poutine adhèrent à la même vision du monde » analyse l’anthropologue Wiktor Stoczkowski
Vous dites que c’est dans son ADN : les États-Unis se méfient des polices fédérales.
M.G. : Ils se méfient des tyrans, et Trump est quelqu’un qui veut étendre son pouvoir, y compris son pouvoir personnel. Il a la majorité au Congrès, au Sénat et à la Chambre des représentants, mais il fait peur à tous ces élus. Il les menace d’une certaine façon, il menace la presse, et là effectivement, il utilise des forces fédérales, qui sont à sa main. Et particulièrement ce fameux ICE [Le service de l’immigration et des douanes NDR], notamment la branche de l’ICE qui est chargée de la traque des irréguliers, des clandestins, pour imposer, il emploie une force armée fédérale. On a une force armée de l’État qui arrive sur un territoire, qui fait ce qu’elle veut, qui viole au moins deux amendements de la Constitution : le fait de pénétrer dans les habitations sans mandat pour aller traquer les gens, ce n’est pas très américain ni très orthodoxe.
Retrouvez les articles liés à l’actualité internationale
Iran : « J’attends de la France qu’elle aille au-delà du soutien verbal en renvoyant les diplomates iraniens » lance Mitra Hejazipour
Franz-Olivier Giesbert : « ce qui se passe en Syrie, les bombardements des Kurdes, c’est une purification ethnique ! »
Droits de douane : « une arme un peu fragile » brandie par Trump, selon le diplomate Philippe Étienne
Crise du Groenland : « L’idée d’une menace russe ou chinoise, comme l’affirme Trump, n’a aucun sens » déplore le chercheur Thierry Garcin
Cet article Pour Donald Trump, les états européens sont des « pays faibles qu’il faut racketter », affirme l’ancien colonel Michel Goya est apparu en premier sur Radio Classique.
Le 30 janvier 1972, la ville de Londonderry, en Irlande du Nord, devient le théâtre d’un drame qui marquera à jamais l’histoire britannique et irlandaise. Une manifestation pacifique vire à la tragédie sous les balles de l’armée britannique. Retour sur une journée où tout a basculé, entre espoirs de paix et déchaînement de violence, dans une atmosphère électrique digne des plus grands récits historiques.
La deuxième cité d’Irlande du Nord après Belfast, Derry, avec ses façades de briques et son fleuve, est un bastion du nationalisme irlandais. Les républicains, majoritairement catholiques, rêvent d’une réunification avec la République d’Irlande, loin de la tutelle britannique. Depuis 1968, les émeutes se multiplient, les barricades fleurissent autour du quartier catholique de Bogside, transformé en zone autonome, interdite à la police et à l’armée britannique.
Sur les murs, des slogans rageurs s’affichent : « Brits out ! », « Vous n’entrerez pas dans Derry libre ! ». Ce jour-là, 15 000 personnes se rassemblent pour protester contre l’internement administratif sans procès, mesure répressive qui a jeté plus de 300 militants en prison. À la tête du cortège, Ivan Cooper, jeune député social-démocrate protestant devenu défenseur des droits civiques des catholiques, incarne l’espoir d’une manifestation pacifique. Il milite pour la NICRA, association non confessionnelle prônant la fin des discriminations et l’égalité des droits.
La manifestation, interdite par les autorités, s’élance dans une ambiance à la fois fraternelle et déterminée. Les manifestants entonnent « We shall overcome », hymne des droits civiques américains, tandis que de jeunes nationalistes, plus vindicatifs, gravitent autour du cortège au cri de « Brits go home ! ». L’armée, sous le commandement du général-major Robert Ford, a déployé un dispositif impressionnant : snipers sur les toits, compagnies de parachutistes en réserve, consignes de fermeté données à tous les échelons.
Ivan Cooper, conscient du risque de confrontation, modifie l’itinéraire pour éviter l’hôtel de ville, point névralgique verrouillé par l’armée. La majorité des manifestants obéit, mais une poignée de jeunes refuse de se détourner et commence à lancer des pierres sur les soldats. Les forces de l’ordre répliquent avec canons à eau, gaz lacrymogènes et balles en caoutchouc. Les parachutistes, tenus en réserve, attendent l’ordre d’intervenir, animés d’un esprit de revanche après des mois d’affrontements sanglants avec l’IRA (Armée républicaine irlandaise).
La tension atteint son paroxysme. Soudain, des coups de feu retentissent. Difficile d’en identifier l’origine : tireurs d’élite, provocateurs de l’armée ou de l’IRA ? Deux manifestants tombent, blessés. L’onde de choc libère la colère. À 16h05, le lieutenant-colonel Derek Wilford, à la tête des paras, lance la charge et autorise l’usage de balles réelles. En 25 minutes, la fusillade fait 14 morts et 28 blessés. Les victimes, pour la plupart jeunes et non armées, sont abattues alors qu’elles fuient ou tentent de secourir les blessés. Les militaires, eux, ne comptent aucune perte.
La confusion règne, les familles affluent à l’hôpital, la liste des morts s’allonge. Ivan Cooper, effondré, mesure l’ampleur du drame : la marche pacifique s’est transformée en bain de sang. Les autorités justifient l’intervention, arguant que les soldats ont riposté à des tirs nationalistes. Mais sur le terrain, journalistes et témoins s’accordent : la foule était désarmée.
Le choc de ce qui est désormais appelé le Bloody Sunday secoue l’Irlande du Nord et le monde entier. Deux jours plus tard, une enquête officielle innocente l’armée, déclenchant la colère et le désespoir des familles. L’IRA, jusque-là marginale, voit affluer de nouveaux membres, décidés à prendre les armes. Les mois suivants, la spirale de la violence s’accélère : attentats, représailles, la guerre civile s’installe pour deux décennies. Trois semaines à peine après le drame, l’IRA officielle fait exploser une bombe dans le mess des officiers parachutistes à Aldershot, tuant cinq femmes et un aumônier. À Belfast, l’IRA provisoire frappe à son tour, causant de nouveaux morts et blessés.
Face à l’ampleur de la crise, le Premier ministre britannique Edward Heath tente d’apaiser la situation : allègement de l’internement, reprise en main directe du gouvernement d’Irlande du Nord, mise à l’écart des unionistes les plus durs. Mais le mal est fait. Le conflit, désormais enraciné, ne trouvera son épilogue que bien plus tard, avec l’ouverture des pourparlers et la signature des accords du Vendredi Saint en 1998.
Il faudra attendre 1997 pour que la parole se libère. Quatre anciens soldats témoignent dans un documentaire, reconnaissant que l’armée a tiré à l’aveugle sur la foule. En 2010, après douze ans d’enquête et l’audition de 900 témoins, le rapport Saville tranche enfin : aucun militaire ne se trouvait en état de légitime défense ce jour-là, et les victimes, innocentes, ont été abattues sans sommation ni avertissement.
A lire aussi
Dans l’ntimité de Guillaume Le Conquérant : le héros normand a puisé sa force dans l’enfance tourmentée d’un « bâtard »
Ce mot, « innocent », résonne alors comme une forme de réparation pour les familles, longtemps en quête de justice. Bloody Sunday, au-delà du fait divers tragique, symbolise l’engrenage de la violence et la difficulté du chemin vers la paix en Irlande du Nord. Cinquante ans plus tard, la mémoire de cette journée demeure, rappelant à chacun la fragilité de l’équilibre et la nécessité, parfois, d’écouter les voix de la non-violence.
Franck Ferrand
Retrouvez Le meilleur des Grands Dossiers de l’Histoire
21 janvier 1793 : la trahison qui a envoyé Louis XVI à la guillotine, 5 choses que vous ne saviez pas
Christian Dior : Comment le couturier visionnaire a osé l’excès en 1947 pour redonner son éclat à la haute couture parisienne
L’affaire Redl de 1913, un agent double au service de la Russie : la stupéfiante trahison qui a fragilisé l’empire austro-hongrois
Explorez les mystères et trésors insoupçonnés de la cathédrale de Strasbourg, du grès rose à l’horloge astronomique
Cet article « Bloody Sunday » : Derrière la célèbre chanson de U2, l’histoire tragique d’une manifestation pacifique en Irlande du Nord est apparu en premier sur Radio Classique.
KPMG vous invite à écouter l’interview de Jean Bernadet, Président de NGE, belle entreprise basée à Tarascon (Bouches-du-Rhône). 4e groupe de BTP en France et acteur mondial des infrastructures essentielles, NGE conçoit et construit des tramways, des métros, des lignes ferroviaires, des pistes cyclables, des réseaux de chaleur urbains, des canalisations, des tunnels et opère également dans les télécoms et les énergies. Ce faisant, ses 26 000 collaborateurs dans le monde répondent aux grands enjeux de la transition écologique en facilitant la vie des usagers, en renforçant le lien social et en déployant les solutions indispensables aux territoires de demain….
Cet article Grâce aux infrastructures essentielles qu’il construit, NGE facilite la mobilité des usagers et renforce le lien social entre les gens est apparu en premier sur Radio Classique.
À l’occasion de la création française de La Passagère de Weinberg à l’Opéra national du Capitole de Toulouse, Mikhail Timoshenko sera, ce lundi 26 janvier à 20h, l’invité du Journal du classique.
C’est un ouvrage que Christophe Ghristi, le directeur artistique de l’Opéra national du Capitole de Toulouse, rêvait de monter depuis des années, depuis sa création mondiale en 2010 au festival de Bregenz, plus de 40 ans après sa composition. « La découverte de La Passagère a été un choc. Comme pour tous ceux qui l’ont vu, cet opéra s’est placé parmi les grands chefs-d’œuvre de l’après-guerre, au même titre que « Dialogues des carmélites » ou » Peter Grimes ». Il aborde avec une intensité vertigineuse le thème de l’horreur nazie, rare à l’opéra », confie-t-il.
Il s’agit de la reprise d’une production bouleversante créée en 2022 à Innsbruck, mise en scène par Johannes Reitmeier. L’opéra raconte la rencontre fortuite, dans les années 60, sur un paquebot traversant l’Atlantique, entre une ancienne gardienne SS du camp d’Auschwitz et l’une de ses prisonnières qu’elle croyait morte. Paniquée, elle dévoile à son mari son sinistre passé tandis que ressurgissent dans son esprit des souvenirs liés à la vie au camp, révélant ses tentatives de manipulation à l’égard de Marta et de son fiancé, Tadeusz. Mikhail Timoshenko, l’interprète de Tadeusz, se confiera ce soir sur son rôle et sur cette œuvre si poignante. Le baryton russe nous parlera également de ses liens avec l’Opéra de Toulouse où il s’épanouit depuis quelques années.
Cette production sera diffusée en direct le 29 janvier sur Medici.tv (disponible ensuite en streaming) et en différé sur Mezzo.
Laure Mézan
Retrouvez le journal du classique du lundi au vendredi à 20h
Retrouvez les articles liés à l’actualité internationale
Franz-Olivier Giesbert : « ce qui se passe en Syrie, les bombardements des Kurdes, c’est une purification ethnique ! »
Droits de douane : « une arme un peu fragile » brandie par Trump, selon le diplomate Philippe Étienne
Crise du Groenland : « L’idée d’une menace russe ou chinoise, comme l’affirme Trump, n’a aucun sens » déplore le chercheur Thierry Garcin
Répression en Iran : Un rescapé de Téhéran, témoin direct des exactions, brise le silence
Cet article Mikhail Timoshenko, bouleversant interprète de La Passagère de Weinberg à Toulouse est apparu en premier sur Radio Classique.
Mitra Hejazipour, championne d’échecs franco-iranienne, publie La joueuse d’échecsaux éditions Albin Michel. Contrainte à l’exil après avoir enlevé son hijab lors du championnat du monde à Moscou en 2019, elle a choisi de s’installer en France, « car c’est une République laïque ». Au-delà des mots, elle appelle le gouvernement français à adopter une position concrète, en reconnaissant le fils du shah, Reza Pahlavi, comme la figure principale de l’opposition iranienne.
Après les manifestations populaires et la répression sanglante par le régime des mollahd, est-ce que vous estimez que la réaction de l’Europe et de l’Occident a été à la hauteur ?
MITRA HEJAZIPOUR : Au début des protestations [fin décembre], on n’en parlait pas beaucoup, du moins dans les médias français. On n’a pas consacré assez de temps à ces moments historiques, parce que c’est un massacre inédit dans l’histoire contemporaine de l’Iran. Je pense qu’on n’a pas eu assez de soutien de la part des médias occidentaux. Moi, en tant que Française, j’attends de la France, qui est une puissance mondiale, qu’elle [aille] au-delà du soutien verbal. [J’attends d’elle qu’elle reconnaisse] Reza Pahlavi comme la figure principale de l’opposition ou [qu’elle renvoie] les diplomates iraniens, parce qu’ils font partie de ce régime criminel qui est en train de massacrer les gens.
Donald Trump avait promis que l’aide arriverait, et puis elle n’est pas arrivée. Est-ce que vous avez été déçue par l’attitude américaine ?
M.H. : Je pense qu’au début, les menaces de Trump ont eu un impact. Le régime iranien a déclaré l’arrêt temporaire des exécutions, mais leur machine de terreur ne s’arrête jamais et qu’il y a des milliers d’Iraniens en attente d’être exécutés. Je pense qu’il est très difficile de faire tomber ce régime. Nous avons besoin d’une action immédiate de la part des forces étrangères. Il faut savoir que ce régime [des mollahs] a déjà occupé l’Iran et nous, les Iraniens, pensons que ce régime est une force étrangère qui a occupé le pays. Ce sont des groupes de terroristes dont il faut se débarrasser.
Pourquoi dites-vous que ce régime est une force étrangère à l’Iran ? Les mollahs sont iraniens, ça ne les rend pas plus légitimes que d’autres, mais ils sont iraniens.
M.H. : Ils sont en train de tuer leur propre peuple. Cela fait 47 ans qu’ils essaient d’effacer l’identité nationale iranienne et de la remplacer par une identité musulmane. Ils ont utilisé les ressources naturelles et financières de l’Iran pour leur intérêt, pour propager leur idéologie. Nous pensons que ce sont des étrangers, qu’ils ne sont pas iraniens, parce que s’ils étaient iraniens, ils penseraient à leur peuple, ils penseraient à la prospérité de l’Iran.
Les échecs sont un jeu très pratiqué en Iran. Vous publiez La joueuse d’échecs aux éditions Albin Michel. Ce récit commence par un geste fondateur en décembre 2019 à Moscou : vous participez à une compétition internationale et vous décidez de jouer sans votre voile. Qu’est-ce qui vous traverse l’esprit ce jour-là ?
M.H. : Ce geste a été un tournant marquant dans ma vie. Il faut le voir comme un geste politique pour montrer mon opposition. Dans mon livre, je parle de ma découverte du jeu d’échecs. La première fois que j’ai participé au tournoi national, j’ai gagné une médaille et une valise, et j’ai rangé mes rêves dans cette valise. Je suis devenue championne, championne d’Asie et par la suite championne d’Iran, championne de France également. Ce jeu a toujours été une source d’inspiration pour moi, face à ce régime absurde qui imposait les lois.
Mais à partir de quel âge vous développez une conscience politique ? À quel moment dans votre adolescence ou dans votre jeunesse cela se cristallise ?
M.H. : Très tôt. A 6 ans, j’ai été obligée de porter le voile, puisqu’à partir du moment où on va à l’école, on doit porter le voile. C’est vraiment le moment où on perd notre enfance, où on a l’impression qu’on est en train de grandir. Mais en voyageant dans le monde entier grâce aux échecs, j’ai découvert les différentes cultures. Les échecs ont ouvert mes yeux et j’ai compris la différence entre l’Iran et les pays démocratiques.
Les échecs, c’est aussi un jeu de stratégie. Et je reviens à ma question de départ, en décembre 2019 à Moscou, vous tombez le voile. Est-ce que c’est un geste mûrement réfléchi ? Vous êtes consciente de ce que vous faites et du risque que vous prenez pour vous et peut-être aussi pour votre famille ?
M.H. : J’étais complètement consciente et j’ai mûrement réfléchi pour prendre cette décision. Ça faisait des années que j’attendais le bon moment. Lors de ce championnat important, j’étais sûre de pouvoir faire passer mon message. On a pu parler des femmes iraniennes et de notre situation en Iran, face à un régime atroce. En 2019, ce n’était pas si évident. Mais je ne peux pas dire que cet acte était courageux par rapport à ce qu’on voit aujourd’hui, le peuple iranien qui descend dans la rue, qui met en péril sa vie, je trouve que c’est ça, le courage.
Qu’est-ce qu’il vous a coûté, ce geste ?
M.H. : Ça m’a coûté toute ma carrière, tout ce que j’ai construit en Iran. J’étais une championne très connue. J’ai dû reconstruire toute ma vie, recommencer à zéro et de ne plus retourner en Iran.
Est-ce qu’il y a eu des représailles vis-à-vis de votre famille ? Est-ce qu’elle a fait l’objet de pressions, de violences de la part du régime après ce geste ?
M.H. : Effectivement, ils ont vécu des moments très difficiles. Mais heureusement, tout s’est bien passé et qu’ils m’ont soutenue malgré toutes les difficultés.
Pourquoi vous avez choisi la France ?
M.H. : J’admire la France depuis mon enfance. Pour moi, la France, c’est un symbole de liberté et d’émancipation. Je connaissais les valeurs de la France, surtout la laïcité, ce qui nous manque vraiment en Iran. [Là-bas] c’est une théocratie, la religion [s’insinue] dans tous les aspects de notre vie, dans l’État, dans le gouvernement, dans le régime.
Qu’est-ce qui se passe quand vous rejoignez l’équipe de France ? Est-ce que ça change votre relation avec votre pays d’origine ?
M.H. : Ça n’a pas changé mes relations avec mon pays natal, parce qu’une partie de moi est toujours restée en Iran, j’y suis attachée. Mais en même temps, je suis fière d’être Française, de représenter la France et d’être membre de l’équipe nationale de France. Nous avons gagné des médailles historiques. Je suis fière d’être Française également parce que j’ai été bien accueillie.
A lire aussi
Répression en Iran : Un rescapé de Téhéran, témoin direct des exactions, brise le silence
En France, il y a un débat permanent sur le port du voile dans certains services publics. Des partis politiques revendiquent pour certaines femmes le droit de porter le voile en dépit des règles de laïcité. On parle aussi de la possibilité de pouvoir jouer au football voilées ou de participer aux Jeux Olympiques avec un voile. Que vous inspirent ces débats et ces polémiques françaises ?
M.H. : On ne peut pas comparer la situation de l’Iran avec la France, parce que l’Iran est une République islamique et la France est une République laïque. Deuxième chose, je pense que personne n’est plus contre le voile que moi ! Parce qu’avec mon histoire et tout ce qu’on a vécu en Iran, je pense que porter le voile, ça dégrade la situation de la femme. Je suis personnellement contre le voile. Mais chacun est libre de choisir, il ne faut pas nier ce choix. Je pense qu’en France, le sujet du hijab est devenu un peu trop politisé et que certains politiciens l’utilisent comme une arme pour avoir plus de voix. Je pense qu’il faut le voir comme un sujet simple, culturel, le dépolitiser et désarmer les gens qui vont utiliser cet outil pour leur propre intérêt.
J’en reviens à votre livre qui est quand même consacré aux échecs. En quoi les échecs ont-ils été un moyen pour vous d’émancipation ?
M.H. : Tout d’abord, le jeu d’échecs se repose sur la logique, sur les raisonnements. Grâce [à cette discipline], j’ai beaucoup voyagé et cela m’a aidé à mieux comprendre les choses. Je jouais à fond, c’est comme si mes pièces étaient mes mains et mes pieds. J’avais l’impression de vivre sur l’échiquier et ça m’a donné une sorte de maturité. Le jeu d’échecs repose sur le fait de poser des questions, résoudre les problèmes. Se poser des questions et se douter, c’est vraiment le début de comprendre les choses, d’être curieuse.
Vous rentrerez vivre en Iran si le régime change ?
M.H. : Je ne me suis pas encore décidée, mais c’est un rêve de voir la chute du régime, de voir l’Iran libre. L’Iran sera une terre vierge pour des investissements. Je pense que je jouerai un rôle d’intermédiaire entre l’Iran et la France. Après la chute des mollahs, je pense que le Moyen-Orient sera en paix, le monde entier sera en paix. Il faut faire tomber ce régime.
Retrouvez les articles liés à l’actualité internationale
Franz-Olivier Giesbert : « ce qui se passe en Syrie, les bombardements des Kurdes, c’est une purification ethnique ! »
Droits de douane : « une arme un peu fragile » brandie par Trump, selon le diplomate Philippe Étienne
Crise du Groenland : « L’idée d’une menace russe ou chinoise, comme l’affirme Trump, n’a aucun sens » déplore le chercheur Thierry Garcin
Répression en Iran : Un rescapé de Téhéran, témoin direct des exactions, brise le silence
Cet article Iran : « J’attends de la France qu’elle aille au-delà du soutien verbal en renvoyant les diplomates iraniens » lance Mitra Hejazipour est apparu en premier sur Radio Classique.
From the publisher's feed