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La célèbre soprano américaine Renée Fleming a annoncé qu’elle renonce à sa participation à deux concerts programmés au mois de mai au Trump-Kennedy Center. Un problème d’agenda est officiellement avancé mais ce forfait pourrait être lié au changement d’orientation politique du grand centre culturel de Washington.
Une nouvelle artiste classique a annoncé qu’elle renonce à se produire au Trump-Kennedy Center. Cette fois-ci ce forfait revêt une portée symbolique majeure puisqu’il s’agit de Renée Fleming, une des plus grande chanteuses lyriques dont la renommée dépasse largement les frontières des Etats-Unis. Officiellement, selon la direction du grand centre culturel de Washington, c’est « en raison d’un souci d’agenda » que la soprano a été contrainte de déclarer forfait.
Renée Flemmng devait se produire au Trump-Kennedy Center lors de deux représentations les 29 et 30 mai prochains consacrées à des œuvres de grands compositeurs américains parmi lesquels Aaron Copland et Charles Ives. À cette occasion, Jammes Gaffigan devait diriger le National Symphony Orchestra, la dernière formation classique en résidence au Trump-Kennedy Center après l’annonce du départ de l’Opéra national de Washington il y a quelques jours.
Selon le site du Trump-Kennedy Center « Renée Fleming regrette qu’en raison d’un problème d’agenda, elle doive se retirer de ses concerts de mai 2026 avec le National Symphony Orchestra. Un nouveau soliste et un nouveau répertoire seront annoncés à une date ultérieure, et le reste du programme reste inchangé ». Reste à savoir si cette version officielle est la vraie raison du forfait de la cantatrice américaine.
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La chanteuse avait pourtant un lien très fort avec le centre culturel de Washington qui l’a distinguée en 2023 d’un Kennedy Center Honor. Mais, en février 2025, Renée Fleming avait démissionné du poste de conseillère artistique du Kennedy Center, qu’elle occupait depuis 2016, suite à la réorganisation de l’institution après que Donald Trump en a pris la présidence. Un différend « politique » qui pourrait être à l’origine du forfait de la soprano considérée comme proche de Joe Biden pour lequel elle avait chanté le matin de son investiture en janvier 2021 lors d’une cérémonie religieuse privée donnée dans la Cathédrale St. Matthew, en présence de la famille de l’ex-président démocrate.
La veille, Renée Fleming avait également participé, auprès d’autres grands artistes lyriques tels que Lawrence Brownlee, J’Nai Bridges et Soloman Howard, accompagnés par le Washington National Opéra, à un concert célébrant l’investiture de Joe Biden. Un concert produit par… le Kennedy Center.
À l’heure actuelle Renée Fleming n’a pas encore commenté sa décision. Peut-être va-t-elle le faire à l’occasion de sa venue à Paris pour les huit représentations de Nixon in China, l’opéra de John Adams, auxquelles elle participera du 24 février au 20 mars à l’Opéra Bastille
Philippe Gault
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La Missa solemnis de Beethoven à La Philharmonie de Paris, La Passagère de Mieczyslaw Weinberg à Toulouse et Le Vaisseau fantôme de Wagner à Rouen : découvrez la sélection Radio Classique des rendez-vous à ne pas manquer dans les prochains jours
C’est l’un des chefs d’œuvre de la musique sacrée. La Missa solemnis de Beethoven est à l’affiche des prochains concerts de l’Orchestre de Paris dirigé par Klaus Mäkelä. Elle sera interprétée par la soprano Chen Reiss, la mezzo-soprano Wiebke Lehmkuhl, le ténor Andrew Staples et le baryton Gerald Finley avec le Chœur de l’Orchestre de Paris.
C’est la première fois que l’opéra La Passagère du compositeur polonais Mieczyslaw Weinberg est joué en France. Composée en 1968 et créée en version de concert en 2006 La Passagère raconte la rencontre, pendant une croisière, d’une survivante d’Auschwitz et d’une ancienne gardienne du camp. Comme toujours à Toulouse la distribution met en avant les chanteurs français avec par exemple Anaïk Morel dans le rôle de l’ancienne gardienne Lisa. L’Orchestre national du Capitole et le Chœur de l’Opéra national du Capitole sont dirigés par Francesco Angelico dans une mise en scène de Johannes Reitmeier.
Œuvre monumentale et majestueuse, Le Vaisseau fantôme de Wagner est à l’affiche du Théâtre des Arts de Rouen pour trois représentations avec Alexandre Duhamel dans le rôle-titre. A ses côtés le ténor Grigory Shkarupa chante Daland et la soprano Silja Aalto Senta. L’Orchestre de l’Opéra Normandie Rouen et le Chœur Accentus sont dirigés par Ben Glassberg dans une mise en scène de Marie-Eve Signeyrole.
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La fondation américaine Van Cliburn, qui organise un prestigieux concours de piano, va proposer, à partir de 2028, une compétition réservée aux jeunes chefs d’orchestre. Il s’agira du premier grand concours international de direction d’orchestre organisé en Amérique du Nord.
On connaît le célèbre concours international de piano Van Cliburn organisé tous les quatre ans à Houston, au Texas, depuis 1962. Une compétition qui a déjà distingué de grands pianistes tels que Radu Lupu en 1966, Olga Kern en 2001, Yunchan Lim en 2022 ou encore Aristo Cham, le lauréat de l’édition 2025. Dans deux ans c’est à la direction d’orchestre que la fondation américaine consacrera un nouveau concours international.
Jacques Marquis, le PDG du concours van Cliburn, justifie la création de cette nouvelle épreuve par le fait que « les chefs d’orchestre comptent parmi les figures les plus importantes de la musique classique et ont besoin d’occasions de mettre en valeur leur art (…) Nous sommes idéalement placés, de par notre expérience et notre rayonnement, pour lancer le premier grand concours de direction d’orchestre en Amérique du Nord ».
Comme pour le piano, la compétition se déroulera à Houston. Douze jeunes chefs d’orchestre, âgés de 21 à 35 ans, s’affronteront lors des épreuves finales au mois de juin 2028 à la tête de l’orchestre symphonique de Houston pour la première édition. À l’issue de la phase d’inscription, dont la clôture est fixée à novembre 2027, vingt-cinq candidats sélectionnés participeront au début de l’année 2028 à un « tournoi de projections », organisé par la Shepherd School of Music de l’Université Rice, qui déterminera les noms des douze finalistes.
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On sait déjà que le jury sera présidé par Marin Alsop, la cheffe d’orchestre américaine qui a dirigé les finales des deux dernières éditions du Concours international de piano Van Cliburn en 2022 et 2025. La compétition sera supervisée par un comité artistique consultatif qui donnera son avis sur l’organisation des épreuves, le répertoire proposé aux concurrents et les moyens de soutenir les jeunes chefs d’orchestre. Dans ce comité, outre Marin Alsop, on retrouve de grands noms de la direction d’orchestre tels que Kent Nagano, Robert Spano ou encore la cheffe d’orchestre Xian Zhang.
Le vainqueur du premier prix empochera la somme de 50.000 dollars (42.600 euros) et se verra offrir des opportunités de concerts ainsi que des aides à sa promotion. La dotation pour chacun des finalistes sera de 20.000 dollars (17.000 euros).
Dans le même temps, la direction de la fondation Van Cliburn a annoncé renoncer à poursuivre le concours de piano réservé aux amateurs, qu’elle organisait depuis 1999. Cette compétition était réservée « aux musiciens de 35 ans et plus qui ne se produisent pas, n’enseignent pas ou ne composent pas pour piano à titre professionnel ». Sa dernière édition a eu lieu en 2022. Le Français Xavier Aymonod, directeur marketing dans un groupe de transports publics, y avait remporté le 3e prix.
Philippe Gault
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« Ce que les hommes ne peuvent me donner, la musique me les donne. Tous les hauts sentiments que je ne puis traduire, le piano les dit pour moi. » Cette confidence est celle que Robert Schumann a faite un jour à sa mère. Elle traduit la personnalité de ce compositeur, mort à seulement 46 ans, et qui a été un poète s’exprimant par les sons.
Au cours de cette soirée qui lui est consacrée, vous pourrez écouter ses plus grands œuvres, comme les Scènes d’enfants, dans l’interprétation de Martha Argerich, ou encore les Kreisleriana enregistrés par Vladimir Horowitz en 1969, ains que les Scènes de la forêt jouées par Andras Schiff.
Au programme également son Concerto pour violoncelle par Jacqueline du Pré avec l’Orchestre philharmonique de New-York dirigé par Leonard Bernstein, sa Symphonie n°4 par le Philharmonia Orchestra placé sous la direction d’Otto Klemperer, ou encore son Quintette pour piano et cordes avec Maria Joao Pires. Nous croiserons également Beethoven et Schubert auxquels Schumann vouait une grande admiration, ainsi que Mendelssohn, Liszt, Brahms et bien sûr Clara Schumann. Cette soirée sera présentée par Jean-Michel Dhuez. Vous pourrez la suivre en qualité numérique dans de nombreuses villes de France grâce au DAB+.
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C’est avec Mozart et Rossini que l’Orchestre national du Capitole de Toulouse, dirigé par le chef italien Enrico Onofri, a fêté la nouvelle année.
Au cours de ce concert, donné le 1er janvier dernier à La Halle aux Grains, vous pourrez entendre quelques pages emblématiques de ces deux compositeurs : la Marche n°1 et la Symphonie n°40 de Mozart, ainsi que les ouvertures du Barbier de Séville, de L’Italienne à Alger et de Guillaume Tell de Rossini.
Au programme également l’air de concert “Voi avete un cor fedele” de Mozart et l’air “Bel raggio lusinghier” extrait de Semiramide de Rossini chantés par la soprano australienne Siobhan Stagg. Cette soirée sera présentée par Jean-Michel Dhuez. Vous pourrez l’écouter en qualité numérique à Toulouse et dans de nombreuses autres villes de France grâce au DAB+.
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A l’occasion de son grand concert anniversaire au Théâtre des Champs-Elysées, Jean-Claude Casadesus sera, ce vendredi 23 janvier à 20h, l’invité du Journal du classique.
Il vient de fêter, le 7 décembre dernier, ses 90 ans mais son agenda de concerts demeure particulièrement rempli. Jean-Claude Casadesus n’est pas près de reposer sa baguette. L’envie de jouer, de partager la scène et même de parcourir le monde est toujours aussi vive. Il sera dimanche au Théâtre des Champs-Elysées à la tête de l’orchestre Colonne, celui avec lequel il avait fait ses débuts de timbalier puis de chef il y a quelques six décennies. Et il retrouvera, à cette occasion, son petit-fils Thomas Enhco, pour interpréter le concerto en sol de Ravel. Un concert capté par les micros de radio classique et diffusé le samedi 21 février à 20h.
Jean-Claude Casadesus reviendra ce soir, à notre micro, sur quelques moments forts de sa longue et intense carrière, aux côtés notamment de l’orchestre national de Lille qui fête ses 50 ans et dont il demeure le chef fondateur. Un entretien ponctué de témoignages de quelques-uns de ses fidèles compagnons, le violoniste Augustin Dumay et le compositeur Thierry Escaich ainsi que de son petit-fils, le pianiste Thomas Enhco.
Laure Mézan
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Jean-Claude Casadesus célèbre ses 90 ans lors d’un concert exceptionnel au Théâtre des Champs-Élysées le dimanche 25 janvier. Invité de la matinale, le chef d’orchestre revient sur une vie et une carrière flamboyantes dédiées à la musique et à sa transmission.
Pour Jean-Claude Casadesus, la musique n’est jamais acquise : « La musique, c’est une conquête permanente. Il faut être digne de la servir et nous sommes avant tout des serviteurs. » Il voit dans son art une dimension quasi religieuse, « l’une des voies les plus pures vers la spiritualité la plus élevée ». Il considère que « chaque artiste est porteur d’une parole d’amour. Plus on transmet, plus on va mieux. » Ce partage, qui permet aussi de mieux se connaître soi-même, est au cœur de sa vision du métier de chef d’orchestre.
À l’occasion de son concert anniversaire, Jean-Claude Casadesus a choisi de mettre à l’honneur trois grands compositeurs : Verdi, Ravel et Berlioz. « L’ouverture de La Force du Destin de Verdi, tout est dit dans le titre : le destin, j’y suis confronté. Je fais du rab en ce moment. » Il évoque avec émotion la transmission familiale, notamment avec son petit-fils, pianiste de jazz devenu pianiste classique, qui jouera le Concerto en sol de Ravel à ses côtés. L’invité de David Abiker voit dans cette complicité musicale le symbole d’un passage de relais entre générations. Quant à Berlioz, il salue « le plus jeune compositeur novateur », créateur du grand orchestre symphonique moderne, dont la musique offre « une vision spatialisée et cinématographique ». Ce choix de programme reflète à la fois son attachement à la tradition et son goût pour l’innovation.
Depuis plus d’un demi-siècle, Jean-Claude Casadesus poursuit le même objectif : rendre la musique accessible à tous. Pour lui, « les artistes, plus ils sont grands, plus ils ont de talent, doivent aller vers les gens ». Il revendique ainsi « l’élite du cœur », loin de tout élitisme social. Son engagement auprès des enfants, notamment dans les quartiers difficiles, témoigne de cette volonté : « Je les ai placés à côté de mes musiciens pour qu’ils comprennent que la pédagogie de l’erreur, qu’on leur enseigne à l’école, nous l’appliquons au quotidien. » Pour Jean-Claude Casadesus, la rigueur est essentielle : « Elle devient volupté pour l’accomplissement du désir. » Il insiste sur le fait que la musique, par sa discipline et sa passion, peut transformer des vies et offrir aux jeunes une voie vers l’épanouissement et la réussite, loin des dérives sociales.
Jean-Claude Casadesus a parcouru le monde et vécu des expériences marquantes qui ont forgé sa vision de la musique comme vecteur universel de fraternité. Interrogé sur son passage en Iran, où il a joué en tant que percussionniste avant de devenir chef d’orchestre, il exprime une profonde admiration : « C’est un peuple extraordinaire, avec une histoire classique fantastique, des poètes, des musiciens, et un désir absolu de liberté et de transmission. » Sans s’avancer sur le terrain politique, il confie sa solidarité avec les Iraniens : « Le peuple souffre énormément et je souffre avec eux, car il est effrayant de ne pas vivre dans la liberté d’expression. »
Parmi ses souvenirs marquants, il évoque aussi sa participation à l’accueil du pape au Maroc, à l’invitation du roi, où il dirigea Ave Maria de Caccini interprété par un imam, une chanteuse juive et une chanteuse chrétienne, sa propre fille. Il se souvient du privilège d’avoir « dirigé dans 45 pays », d’avoir été « le premier à franchir le mur en 1989 à Berlin », ou encore d’avoir joué la Neuvième de Beethoven dans le cimetière de Notre-Dame à Arras, « où plus de 100 000 Français et Allemands se sont massacrés ». Pour lui, la musique demeure « un formidable vecteur de fraternité œcuménique », capable de réunir les peuples au-delà des frontières et des conflits.
Jean-Claude Casadesus confie sa préférence pour le concert vivant : « Le CD est parfois un peu froid. […] Je suis un fou du live. » Il estime que rien ne remplace l’intensité et la vérité du concert : « Il ne faut pas truquer la musique, il faut la vivre et la transmettre dans son authenticité. » Cette passion du direct s’accompagne d’une exigence constante, qu’il considère essentielle dans la direction d’orchestre comme dans le management : « La psychologie, l’exigence envers soi-même d’abord, et la transmission de cette exigence. Tous les enfants dont je me suis occupé comprennent que pour réaliser un désir, seule la rigueur convient, et la rigueur, c’est le chemin vers la liberté. La liberté sans rigueur, c’est l’anarchie. »
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Il rappelle les valeurs qui ont guidé sa carrière : « D’abord, l’éthique. J’ai deux ou trois devises qui m’ont inspiré : un projet, une éthique, la durée. Le projet doit permettre le développement de tous, l’éthique implique le respect des fonds publics, et la durée est la valeur qui garantit la pérennité des deux premiers paramètres. »
Daphnée Cataldo
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L’élection présidentielle française de 1981 marque un tournant majeur dans l’histoire politique du pays. Entre dîners secrets, slogans percutants, scandales médiatiques et débats mémorables, les principaux acteurs de la scène politique, François Mitterrand, Valéry Giscard d’Estaing, Jacques Chirac et Georges Marchais, se livrent à une bataille intense et pleine de rebondissements. Retour sur une campagne haute en couleur, où stratégies, rivalités et petites phrases ont façonné l’arrivée de la gauche au pouvoir.
À l’automne 1980, dans un appartement discret des Champs-Élysées, se joue une scène digne d’un roman d’espionnage politique. Édith Cresson, fidèle de François Mitterrand, reçoit deux invités de marque : Jacques Chirac, maire de Paris et chef du RPR (Rassemblement pour la République), et François Mitterrand, premier secrétaire du Parti socialiste. L’atmosphère est feutrée, la tension palpable. La raison de cette rencontre ? La présidentielle qui approche à grands pas. Selon la version rapportée par Mitterrand, Chirac aurait indiqué : « Il faut nous débarrasser de Giscard, je suis convaincu qu’il est un danger pour la France. » L’alliance entre la droite gaulliste et la droite giscardienne vacille.
Les semaines qui suivent voient Jacques Chirac multiplier les attaques contre le président sortant, Valéry Giscard d’Estaing. Le climat politique s’échauffe, les petites phrases fusent, et Giscard convoque Chirac à l’Élysée pour une confrontation directe. Chirac dévoile sa candidature en février 1981 avec le slogan « Chirac, maintenant ! », clin d’œil à « Reagan Now » de l’autre côté de l’Atlantique.
Mais un autre candidat, Georges Marchais, secrétaire général du Parti communiste, occupe déjà le terrain. Ancien ouvrier métallurgiste, Marchais affiche un style tonitruant, un accent prolétaire et une présence médiatique remarquée. Son programme : plafonner les hauts salaires, soutenir l’expulsion des immigrés pour lutter contre le chômage, et défendre l’intervention soviétique en Afghanistan. L’alliance socialo-communiste n’est plus d’actualité. Les communistes ont rompu le pacte, voyant leur influence décliner au profit des socialistes.
François Mitterrand, stratège patient, est déjà en lice en janvier. Grâce à un congrès habilement mené, Michel Rocard est écarté, l’image du candidat socialiste rajeunie. L’agence Séguéla propose « La force tranquille » comme slogan, qui deviendra emblématique. Mitterrand présente alors ses fameuses 110 propositions : retraite à 60 ans, cinquième semaine de congés payés, hausse du SMIC, création massive d’emplois publics, impôt sur les grandes fortunes, nationalisation des grands groupes industriels et de 39 banques. Un programme ambitieux, presque révolutionnaire pour l’époque.
En février 1981, Giscard arrive en tête des sondages, avec plus de 53 % des intentions de vote face à un Mitterrand à la peine. Mais un grain de sable vient enrayer la mécanique giscardienne : l’affaire des diamants. Le Canard enchaîné révèle que Giscard aurait reçu des pierres précieuses de l’empereur centrafricain Bokassa. La presse s’emballe, la réputation du président sortant vacille, l’ambiance se tend.
Giscard tarde à entrer officiellement en campagne, préférant occuper le terrain présidentiel avec inaugurations et discours. Ce n’est que le 2 mars qu’il annonce sa candidature, axant son programme sur l’emploi des jeunes et misant sur la stabilité, sans grande nouveauté. Les affiches fleurissent, mais le slogan « Il faut un président pour la France » semble paradoxal pour un sortant. Les militants s’amusent à détourner les affiches en collant des diamants sur les yeux de Giscard, clin d’œil grinçant à l’affaire Bokassa.
Le premier tour du 24 avril 1981 réserve son lot de surprises : Giscard obtient 28,3 %, Mitterrand 25,8 %, Chirac réalise une percée à 18 %, révélant la force de la droite non-giscardienne, Marchais, lui, chute à 15,3 %, bien en deçà des scores du Parti communiste aux législatives. Les écologistes et l’extrême gauche complètent le tableau, offrant à Mitterrand de précieuses réserves de voix.
Les consignes de vote se font attendre. Chirac, après trois jours de réflexion, se résout à soutenir Giscard sans enthousiasme, tandis que le RPR reste silencieux. Certains gaullistes appellent même à voter Mitterrand, jugeant le « danger communiste » écarté. À gauche, Georges Marchais rechigne à soutenir le candidat socialiste, mais le comité central du PC finit par appeler à voter Mitterrand, du bout des lèvres.
Le débat d’entre-deux-tours du 5 mai 1981 devient légendaire. Giscard, technocrate, tente de piéger Mitterrand sur l’économie, mais le socialiste esquive avec une réplique cinglante : « Je ne suis pas votre élève. »
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Le 10 mai 1981, la France retient son souffle. Les rumeurs circulent, les résultats tombent : François Mitterrand l’emporte. Une moitié du pays célèbre l’alternance, l’autre s’inquiète de l’avenir. L’élection de 1981 marque un tournant majeur, une page se tourne. Mitterrand, après plusieurs tentatives, accède enfin à l’Élysée, ouvrant une ère nouvelle dans la vie politique française. Jacques Chirac, stratège, prépare déjà sa revanche, qui viendra quelques années plus tard.
Franck Ferrand
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L’Académie des arts et des sciences du cinéma a annoncé ce jeudi les noms des finalistes nommés dans les 24 catégories représentées à la 98e cérémonie des Oscars le 15 mars à Los Angeles. Pour la statuette qui sera remise au compositeur de la meilleure musique de films, Alexandre Desplat aura fort à faire face à trois concurrents britanniques et un Suédois.
Alexandre Desplat repart à l’assaut des Oscars. Le compositeur français de 64 ans a déjà été deux fois sacré dans la catégorie « Meilleure musique de film ». En 2015 pour la bande-originale de The Grand Budapest Hotel, le film de Wes Anderson et en 2018 pour celle de The Shape of Water de Guillermo del Toro. Nommé également huit fois depuis 2007, il concourt cette année avec la musique qu’il a composée pour Frankenstein, le nouveau film du réalisateur mexicain, nommé dans 9 catégories.
Face à lui, le compositeur de la musique d’habillage de Radio Classique, retrouvera un autre habitué du Dolby Theatre at Ovation d’Hollywood, le jeune compositeur suédois Ludwig Göransson, doublement oscarisé lui aussi et qui part favori cette année avec son Golden Globe obtenu mi-janvier pour la musique de Sinners, le film événement de Ryan Coogler sélectionné dans 16 catégories (record de nominations aux Oscars).
Pour succéder à Daniel Blumberg, sacré l’an dernier pour la BO de The Brutalist, il faudra également compter sur Max Richter. Le compositeur britannique d’origine allemande n’a jamais été nommé aux Oscars mais était en lice aux Golden Globes pour la musique du film Hamnet de Chloé Zhao nommé dans huit catégories.
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Deux autres compositeurs anglais complètent cette liste. À commencer par Jonny Greenwood, l’arrangeur et multi-instrumentiste du célèbre groupe de rock Radiohead. Lui aussi a déjà été nommé deux fois aux Oscars (2018 et 2022) et a participé aux Golden Globes cette année pour le film de Paul Thomas Anderson One Battle After Another (13 nominations). Enfin, le benjamin de ce quintette, Jerskin Fendrix, 31 ans, a été retenu pour la musique composée pour Bugonia (4 nominations), le long métrage du réalisateur grec Yórgos Lánthimos avec lequel le jeune compositeur avait été nommé aux Oscars en 2024 pour son film Poor Things.
Congrats to this year’s Original Score nominees… #Oscars pic.twitter.com/8C9o7iRK7z
— The Academy (@TheAcademy) January 22, 2026
La musique classique sera évoquée cette année aux Oscars avec le morceau Sweet Dreams of Joy extrait du film-documentaire Viva Verdi ! qui a été retenu dans la catégorie « Meilleure chanson originale ». La chanson de Nicholas Pike pourrait ainsi succéder à celle de Camille et Clément Ducol extraite d’Emilia Pérez, le film de Jacques Audiard et sacrée l’an dernier.
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À l’occasion de la publication de leur album de mélodies françaises, Julie Roset et Susan Manoff seront, ce jeudi 22 janvier à 20h, les invitées du Journal du classique.
C’est une belle rencontre entre l’une des nouvelles étoiles de la scène lyrique et l’une des pianistes les plus aimées des chanteurs. Julie Roset et Susan Manoff sont réunies, pour la première fois, dans un superbe album intitulé « M’a dit amour » sorti chez Alpha. Un album gorgé de lumière associant un florilège de mélodies, assez rares pour la plupart, signées Debussy, Koechlin, Rosenthal, Reynaldo Hahn ou encore Francis Poulenc sans oublier Isabelle Aboulker, compositrice d’aujourd’hui, dont elles ont choisi quelques pages d’une grande drôlerie.
Les deux interprètes seront à notre micro ce soir pour nous raconter leur passionnante exploration de ce répertoire et leur perception de ce genre qu’elles servent avec autant de finesse que de fantaisie. Un programme qu’elles donneront en tournée au mois de mai. Elles seront le 5 à l’Opéra-Comique, le 7 aux Sables d’Olonne, le 11 à Prague, le 13 à Barcelone et puis le 30 juin à Évian.
En ce moment, Julie Roset brille dans le rôle de Sophie du Werther de Massenet présenté jusqu’au 29 janvier à l’Opéra-Comique dans la mise en scène de Ted Huffman. Et elle retrouvera le 30 janvier ses complices de l’ensemble La Néréide pour un concert au Temple du Foyer de l’âme à Paris.
Laure Mézan
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