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Le Prix Ernst von Siemens, une des récompenses musicales les plus renommées, a été décerné cette année à Jordi Savall. Le musicien catalan, considéré comme une autorité majeure en matière de musique ancienne, est honoré pour l’ensemble de son œuvre, son soutien aux jeunes talents et son engagement en faveur des échanges culturels.
L’an dernier, Sir Simon Rattle avait reçu le prestigieux Prix Ernst von Siemens récompensant son ouverture à divers genres musicaux et notamment à la musique baroque sur instruments d’époque. Cette année le prix a été décerné par l’Académie bavaroise des beaux-arts au nom de la Fondation von-Siemens à un autre spécialiste de la musique ancienne, le gambiste, violiste, chef de chœur et chef d’orchestre espagnol Jordi Savall.
Par cette distinction, l’institution allemande salue « l’ensemble de son œuvre en tant que musicien, chercheur et passeur de savoir. Jordi Savall a accompli un travail pionnier dans le domaine de la musique ancienne et de la pratique historique de l’interprétation (…) En tant que professeur et chef d’orchestre, il a marqué des générations de musiciens. Responsable de la musique pour le film Tous les matins du monde, son immense succès a introduit Jordi Savall et la musique baroque à un public de plusieurs millions de personnes ».
Interrogé par la station de radio allemande NDR, Jordi Savall s’est déclaré « très touché par ce prix inattendu. C’est un véritable soutien, une confirmation de tout ce que j’ai accompli jusqu’à présent. Je souhaite faire revivre un patrimoine musical ancien et immatériel. La musique du XIIIe siècle est ce que l’Europe a de plus beau à offrir ».
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À l’instar de Sir Simon Rattle, qui avait décidé l’an dernier de consacrer les 250.000 euros de dotation de ce prix à l’achat d’instruments d’époque pour sa formation baroque, le musicien catalan de 84 ans entend utiliser cette somme pour pérenniser l’activité de son programme pédagogique Youth Orchestra and Choir Professional Academies (YOCPA) et pour développer son projet humanitaire « Orphée 21 » qui soutient des musiciens réfugiés originaires de pays du Moyen-Orient, installés en Europe, à jouer dans des ensembles et à donner des concerts.
Après le grand guitariste Andrés Segovia, lauréat en 1985, Jordi Savall est le deuxième musicien espagnol distingué par le Prix Ernst von Siemens créé en 1974. La remise des prix aura lieu le 23 mai 2026 au Prinzregententheater à Munich. Deux formations créées par Jordi Savall : Hespèrion XXI (musique ancienne et baroque) et La Capella Reial de Catalunya (ensemble vocal et instrumental de musique ancienne) joueront à cette occasion sous sa direction.
À noter que les prix Ernst von Siemens d’encouragement à la composition ont été décernés cette année aux jeunes compositrices Bethan Morgan-Williams (Pays de Galles) et Kitty Xiao (Australie), et au compositeur arménien Hovik Sardaryan.
Philippe Gault
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Emmanuel Macron et Donald Trump sont alignés au moins sur un point… la Syrie. Un SMS privé du président français a été dévoilé mardi par le locataire de la Maison Blanche, dans lequel il assure que tous les deux sont « sur la même ligne au sujet de la Syrie ». Une position qui a ulcéré Franz-Olivier Giesbert dans Esprits Libres ce jeudi.
David Abiker : Emmanuel Macron et Donald Trump sont au moins d’accord pour soutenir le nouveau président syrien. Et ça, c’est quelque chose qui vous irrite.
FRANZ-OLIVIER GIESBERT : C’est dégoûtant et répugnant. Il faut dire les choses. Ils ont tous les deux fait un pari stupide et amoral. À la fin, c’est une catastrophe. La diplomatie est une chose trop importante pour être confiée aux narcisses, comme le sont les présidents Trump et Macron. Ce sont des naïfs. Ce qui se passe en Syrie était facile à prévoir. Ahmed al-Charaa, de son nom de guerre Mohammad Abu al-Joulani, a été installé à la présidence syrienne par la Turquie, qui « joue » l’État islamique depuis le début. Erdoğan s’est beaucoup servi de l’État islamique et il a envie de continuer à le faire. Pourquoi Macron a-t-il voulu être le premier à le recevoir le 7 mai dernier, avant Trump qui l’a reçu en grande pompe à la Maison Blanche ?
Parce qu’al-Charaa, qui est-ce ? C’est un djihadiste qui a coupé des têtes, qui a tout fait en matière de djihadisme. Depuis qu’il est arrivé à la présidence, parce qu’il nous a été donné par les Turcs, il n’a cessé de laisser massacrer les Druzes, les Alaouites, les chrétiens, et maintenant on passe aux Kurdes du Rojava. Les Kurdes, il ne faut pas l’oublier, sont un grand peuple que les Turcs ne peuvent pas supporter, parce que les Turcs ne peuvent supporter tous ceux qui étaient là avant eux.
Ils veulent les éradiquer, comme ils ont éradiqué les Arméniens lors de l’un des grands génocides du 20ème siècle. Depuis la chute de Constantinople en 1453 – il faut revenir à l’histoire – ils veulent en finir avec les Arméniens et avec les Kurdes. Il ne faut pas oublier que les Kurdes ont donné aux musulmans Saladin pendant les croisades.
Et là, que se passe-t-il aujourd’hui ? Le silence de la gauche sur la révolte iranienne est absolument assourdissant, tout comme sur ce qui commence à se passer aujourd’hui au Rojava, au nord-est de la Syrie. Les bombardements de Kurdes, c’est une purification ethnique, c’est une éradication, c’est atroce, en plus, par un régime de gauche, ça devrait leur plaire.
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Mais non, vous savez pourquoi ça ne les intéresse pas ? Parce qu’il n’y a pas de juifs. Tout ce qui les intéresse, c’est de pouvoir traiter les Juifs de génocidaires, les Juifs qui ont été génocidés dans les années 40 par les nazis. Il n’y a que ça qui intéresse ce parti passionnément antisémite. Et j’attends les réactions d’Aymeric Caron, de Rima Hassan, de Jean-Luc Mélenchon. Je pense qu’on pourra attendre longtemps. Ils n’ont pas dit grand-chose sur la révolution iranienne et là, je pense qu’ils ne diront rien parce que vous connaissez le slogan : No Jews, no news.
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À force de le dire de manière automatique, comme une formule de politesse pour dire « bonne journée », on oublie la vraie signification de « bon courage ». Si l’expression semble bienveillante au premier abord, son usage requiert du discernement. Découvrez quelques exemples pour ne plus commettre de maladresses.
Selon la définition du Larousse, le courage désigne « la fermeté, la force de caractère qui permet d’affronter le danger, la souffrance, les revers et les circonstances difficiles ». Ses synonymes incluent notamment l’audace, la bravoure et l’héroïsme.
Il s’agit d’un mot particulièrement puissant, rarement adapté aux échanges professionnels quotidiens. Cela étant dit, face à certains messages commençant par « sauf erreur de ma part » et se concluant par « merci d’avance », une dose de bravoure s’avère effectivement nécessaire !
Lancer un « bon courage » en quittant le travail produit un effet démotivant. Même si l’intention est bonne, cette expression s’avère inadaptée dans de nombreux contextes, parfois même blessante. Dans les supermarchés, plusieurs hôtesses de caisse m’ont confié qu’elles trouvaient démoralisant le « bon courage » prononcé par les clients, y percevant une forme de condescendance.
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Autre cas de figure, Si une personne traverse un deuil ou une rupture, mieux vaut éviter de souhaiter « du courage », ou pire, de « souhaiter » ses condoléances. On dira « je vous présente mes condoléances » ou « je vous adresse même mes condoléances ». On peut aussi dire : « je vous envoie tout mon soutien » ou « je pense bien à vous ».
Pour résumer, « bon courage » doit être utilisé dans un seul cas, quand on s’adresse à quelqu’un qui traverse une épreuve, ou lorsqu’il va passer des examens, médicaux ou universitaires.
Karine Dijoud
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Dans un contexte international marqué par la montée des tensions, notamment sous l’impulsion de Donald Trump, entre les menaces à l’égard du Groenland ou la mise en place de nouveaux droits de douane contre la France, l’avenir apparaît plus incertain que jamais. Invité de la matinale, Alain Duhamel, éditorialiste et essayiste, auteur du livre Les Politiques, Portraits et Croquis (Éditions de l’Observatoire), livre son analyse du paysage politique mondial et français.
Pour Alain Duhamel, Donald Trump incarne un bouleversement sans précédent de l’économie mondiale. « La rationalité de Donald Trump commence là où se termine son côté totalement chaotique, contradictoire, instable, imprévisible, désorganisateur. C’est le désorganisateur en chef de l’économie mondiale. Personne n’a eu, jusqu’à présent, cet impact-là. À lui tout seul, il modifie les règles commerciales du monde entier. » L’éditorialiste insiste sur la capacité du président américain à imposer ses propres règles, au mépris des accords et traités internationaux. « Ce n’est pas un accord ou un traité, c’est ce qu’il impose au monde. »
Alain Duhamel ne cache pas son exaspération face à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, qu’il juge trop « pusillanime ». « J’ai été effondré quand je l’ai vue aller s’agenouiller devant Trump sur un golf comme si c’était un vassal qui se présentait devant son suzerain. Je trouvais ça vraiment humiliant. » Malgré ses critiques sur la lenteur de la Commission, il souligne que « plus le temps passe, plus la nécessité de l’Europe s’impose ». Même le Royaume-Uni, longtemps réticent, se rapproche de l’Union européenne, non par idéologie, mais par pragmatisme : « Le seul moyen de peser réellement aujourd’hui dans le monde, c’est que l’Europe soit, sinon unie, ce qu’elle ne sera jamais, mais suffisamment solidaire et audacieuse. »
Selon l’invité, la politique extérieure demeure le dernier grand domaine d’action du président de la République. « Ce qui reste à Emmanuel Macron, c’est essentiellement la politique extérieure, c’est-à-dire bien entendu la diplomatie, mais aussi les forces armées. » Il salue la constance du président dans le renforcement de la défense française depuis 2017, une rupture avec les décennies précédentes. « Il a toujours cru à la nécessité de la dimension européenne, y compris en matière de défense, puisqu’il a été pionnier. » Alain Duhamel observe également qu’Emmanuel Macron, comme ses prédécesseurs, subit un rejet croissant en fin de mandat. « Les fins de règne, et notamment les fins de deuxième mandat, ont toujours été catastrophiques, et se sont toujours mal terminées pour tous les présidents, y compris de Gaulle. »
Interrogé sur les qualités nécessaires pour réussir en politique, l’essayiste estime que « l’opiniâtreté et la ductilité » sont essentielles : « Il faut être non seulement habile, mais intuitif, parce que l’habileté sans intuition, ça ne sert à rien. » Il assume pleinement ses critiques envers certains responsables politiques, affirmant ne pas être hypocrite quant à ses écrits : « Parmi ceux qui sont en activité, il y a ceux que je critique vraiment beaucoup et ceux dont je laisse entendre qu’ils n’ont pas le niveau. »
Alain Duhamel est préoccupé par « le retour de divisions et d’animosité entre les Français à un stade que je n’ai pas connu depuis 1981. » Il compare la situation actuelle à celle de la IVe République et même à la période révolutionnaire, soulignant une fragmentation et une hostilité rarement atteintes.
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Pour Alain Duhamel, aucun responsable ne possède aujourd’hui de capacité fédératrice. Il reste néanmoins optimiste sur la possibilité qu’une personnalité, émergée à l’occasion de la prochaine élection présidentielle, puisse jouer ce rôle. « Quand François Mitterrand a été élu, qui aurait dit qu’il pouvait avoir un rôle fédérateur ? Or, il l’a eu en politique internationale où il a entraîné les Français avec lui, y compris dans la guerre du Golfe. Il ne faut pas préjuger. Aujourd’hui, il n’y a pas de fédérateur, peut-être que le vainqueur ou la victorieuse, qui sait, sera fédérateur. »
Daphnée Cataldo
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Le Met Opera, confronté à des difficultés financières depuis quelques années, espérait beaucoup d’un accord de principe conclu avec l’Arabie Saoudite. Mais le partenariat a du mal à se concrétiser et l’institution new-yorkaise se voit obligée de prendre des mesures économiques radicales.
Au mois de septembre dernier, le Met Opera annonçait avoir conclu un accord de partenariat avec l’Arabie Saoudite. Selon cet arrangement, en échange de productions du Met données chaque hiver pendant cinq ans à l’Opéra Royal de Diriyah à Riyad, à partir de 2028, et de formation sur place de professionnels du secteur lyrique, le royaume saoudien s’engage à soutenir financièrement le Met pendant huit ans. Le chiffre de 200 millions de dollars de subventions est évoqué.
Interrogé par le New York Times, Peter Gelb admet qu’il y a certaines inquiétudes autour de cet accord, même s’il se veut rassurant. « Je comprends que les Saoudiens aient dû revoir leurs budgets en raison de leurs propres préoccupations économique (…) On m’a assuré que le projet avançait. Mais nous attendons toujours depuis un certain temps », a déclaré le directeur général du Met.
Des incertitudes suffisamment préoccupantes pour contraindre le Met Opera de New York à mettre en place dès maintenant un plan de réduction drastique de ses dépenses. À commencer par la baisse (entre 4 et 15%) des plus hauts salaires de la maison. 35 cadres, qui émargent à plus de 150.000 dollars/an sont concernés. Ce sera donc le cas pour Peter Gelb lui-même et Yannick Nézet-Séguin, l’emblématique directeur musical de l’institution, qui ont pris acte de la décote de leur rémunération.
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La direction du Met annonce également la suppression de 22 postes parmi les 284 employés administratifs de la compagnie mais aussi une réduction de la programmation dès la saison prochaine avec le report d’une des 18 productions initialement annoncées. Ce report concerne une nouvelle production de Khovanshchina, l’opéra de Modeste Moussorgski que doit diriger Esa-Pekka Salonen, dans une mise en scène de Simon McBurney.
Deux autres décisions, plus symboliques risquent de faire beaucoup parler. Tout d’abord le projet de vente des droits d’appellation du Met Opera au Lincoln Center, vraisemblablement par le biais d’une opération de naming qui consiste à associer le nom d’une marque ou d’une société marraine à une structure. Un processus que Peter Gelb avait déjà évoqué lors de l’annonce de l’accord avec l’Arabie Saoudite.
Enfin, la direction du Met a annoncé qu’elle envisage de mettre en vente les fresques, Le Triomphe de la Musique et Les Sources de la Musique, peintes en 1966 par Marc Chagall et qui ornent le hall du Gran Tier. Les deux œuvres de l’artiste, estimées à 55 millions de dollars et qui avaient déjà servi de caution de garantie pour un prêt bancaire après la crise financière de 2008, conserveraient néanmoins leur place dans le Lincoln Center, conformément aux conditions de vente prescrites.
Reste à savoir si les incertitudes qui pèsent autour des engagements de l’Arabie Saoudite remettront également en cause le contrat de coopération culturelle signé avec la Philharmonie de Paris en septembre 2025.
Philippe Gault
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A l’occasion de son prochain concert à la Philharmonie de Paris avec ses Talens lyriques, Christophe Rousset sera, ce mercredi 21 janvier à 20h, l’invité du Journal du classique.
C’est avec la toute première tragédie lyrique de Lully que Christophe Rousset achèvera son grand cycle dédié au compositeur. Il dirigera ainsi Cadmus et Hermione dimanche 25 janvier à la Philharmonie de Paris, avec ses musiciens des Talens lyriques et, parmi les solistes, Éléonore Pancrazi, Jérôme Boutillier ou encore le jeune baryton Lysandre Châlon. Il reviendra, à notre micro, sur cette grande aventure musicale qui l’occupe depuis plusieurs années et dont témoignent de remarquables publications discographiques.
L’occasion pour lui d’évoquer également quelques autres moments forts de la saison des Talens lyriques. Une saison très internationale qui le conduira, avec ses musiciens, à Vienne, Lausanne, Würzburg, Oslo, New York ou encore Los Angeles. Prochains rendez-vous à Paris : le 25 mars au Théâtre des Champs-Elysées pour une version de concert d’Ascanio in Alba de Mozart et le 21 mars à la salle Cortot pour une masterclasse suivie d’un concert autour des leçons de ténèbres de Couperin.
Laure Mézan
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Les Jeux Olympiques d’hiver de Milan-Cortina 2026 se dérouleront du 6 au 22 février. Le comité d’organisation a fait appel au ténor italien Andrea Bocelli pour chanter, au côté de Mariah Carey et Laura Pausini, lors de la cérémonie d’ouverture.
Vingt ans après sa prestation à Turin en 2006, Andrea Bocelli va de nouveau se produire lors d’une cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques d’hiver en Italie. Cette fois-ci, pour les JO 2026 de Milan-Cortina le ténor italien chantera lors de la soirée inaugurale, le vendredi 6 février, dans le célèbre stade San Siro où évoluent, l’AC Milan et l’Inter, les deux grands clubs de football de la capitale lombarde.
Pour le comité d’organisation des JO de Milan-Cortina : « Tout au long de son extraordinaire carrière, le Maestro Bocelli a su allier avec brio l’excellence technique de la grande tradition de l’opéra italien à une rare capacité à transmettre l’émotion dans un langage authentique et universel. Sa présence lors de la Cérémonie créera un lien fort entre la musique et le sport ». Dans un message publié sur Instagram, Andrea Bocelli a déclaré : « Chanter lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques est un grand honneur et une expérience profondément émouvante, surtout pour quelqu’un comme moi qui a toujours adoré le sport ».
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Il est vrai que le ténor italien est un habitué des prestations lors de grands événements sportifs. Après la cérémonie d’ouverture des JO de 2006 à Turin, on a ainsi pu le voir et l’entendre chanter surtout à l’occasion de grandes manifestations liées au football comme la Coupe du Monde 2010 en Afrique du Sud, la célébration du titre de champion d’Angleterre du club de Leicester en 2016, l’Euro 2021, le ballon d’or 2022 et, dernièrement, en décembre, pour le tirage au sort de la Coupe du Monde 2026 à Los Angeles.
Une publication partagée par Milano Cortina 2026 (@milanocortina2026)
Passionné de football, Andrea Bocelli est aussi très apprécié dans le monde du tennis. On se rappelle en 2023 les larmes de l’ancien numéro 1 mondial Roger Federer, invité à monter sur scène à l’issue d’un concert du chanteur lyrique à Zurich. L’an dernier au mois de juin, c’est avec son compatriote Janick Sinner, futur vainqueur à Wimbledon, que le ténor italien avait enregistré un morceau inédit.
Philippe Gault
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La planète est désormais entrée dans « l’ère de la faillite mondiale de l’eau », alerte un rapport de l’ONU. Il ne s’agit plus simplement d’une « crise de l’eau », mais d’une perte irréversible provoquée, notamment, par les activités agricoles et industrielles. Invité de la matinale, le philosophe et écrivain Gaspard Koenig, auteur du roman Aqua (éditions de l’Observatoire), réagit à cette déclaration choc et partage sa réflexion sur la réalité de l’eau en France et dans le monde.
« Dès qu’on commence à parler avec les hydrologues et hydrogéologues, que ce soit en France ou dans le monde, il suffit de voir qu’aujourd’hui Ankara et Téhéran sont menacées de rupture d’eau à cause de sécheresses pluriannuelles qui se répètent », rappelle Gaspard Koenig. Il soulève que la communauté scientifique n’est pas surprise par l’alerte de l’ONU : « C’est parfaitement anticipé par les scientifiques et très clairement énoncé dans les rapports du GIEC. »
En France, la prise de conscience progresse quant à la qualité de l’eau, mais la question de la quantité reste négligée. « On a toujours l’impression que c’est une ressource infinie. On ne sait plus d’où elle vient, on appuie sur le bouton du robinet ou de la douche et ça coule naturellement, on ne s’interroge même plus sur la provenance de cette eau. » Il s’étonne du manque de connaissances sur le cycle de l’eau, même chez des personnes instruites : « Des gens très érudits me demandaient si l’eau qu’on buvait était l’eau tombée du ciel. Eh bien oui, l’eau qu’on boit est de l’eau de pluie. »
Dans son roman Aqua, Gaspard Koenig a choisi de confronter ses personnages à ce naufrage en Normandie, région réputée pour ses précipitations abondantes. « Aujourd’hui, ça paraît presque naturel en Espagne ou dans les Pyrénées-Orientales, mais on ne s’attend pas à ce que ça monte au cœur de notre pays. » Il explique que ce qui inquiète les scientifiques, ce n’est pas tant la diminution du niveau global des précipitations, mais leur répartition et leur saisonnalité. « Ça perturbe complètement le cycle de l’eau et ça dépend aussi des géologies. Par exemple, dans l’ouest de la Normandie, qui est granitique, le cycle de l’eau est extrêmement court parce qu’il n’y a pas de réserve. »
L’invité de David Abiker souligne que, malgré l’oubli, de nombreux villages sont encore alimentés par des sources locales, souvent dissimulées derrière de modestes cabanons de béton. « Ce que je voulais opposer, c’est ce savoir vernaculaire qui a un sens, parce que même s’il ne peut pas s’expliciter, il vient d’une pratique empirique du territoire qui porte aussi une forme de scientificité et de solution, et auquel s’intéressent beaucoup les hydrologues aujourd’hui. »
La sécheresse de 2022 a frôlé la rupture d’eau dans certaines communautés normandes. « À quelques jours près, les réservoirs se sont à nouveau remplis. Mais il est très clair que nous allons affronter des sécheresses pluriannuelles […]. À ce moment-là, le problème va devenir patent. » Pour Gaspard Koenig, la crise peut aussi être un moment de réinvention collective : « Dans la crise, des solutions se dégagent et on réapprend à faire communauté, à faire village. »
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L’auteur partage ses propres pratiques, entre citerne de récupération d’eau de pluie, puits et traitement par UV. Mais il relativise : « Après avoir écrit ce livre, je suis devenu moins économe de mon eau. Parce que je me suis aperçu que la consommation humaine, ce n’est vraiment pas le cœur du problème. Le cœur du problème, ce sont les usages agricoles et industriels, les conflits à venir autour de ces usages. »
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Le propre cousin de Louis XVI, Philippe d’Orléans, a voté la mort du monarque déchu, exécuté le 21 janvier 1793. C’est le début d’une légende noire pour celui qu’on nomme désormais Philippe Égalité… Voici 5 anecdotes pour mieux comprendre ce moment d’histoire de France, qui continue de susciter le débat aujourd’hui.
Le 11 septembre 1792, le prince Louis Philippe d’Orléans se présente au district de son quartier Saint-Roch pour voter à l’élection des députés de la Convention. Quand on lui demande de décliner son identité, Louis-Philippe-Joseph d’Orléans découvre avec stupeur que les noms « féodaux » sont désormais interdits par la loi. L’assesseur l’inscrit donc comme « enfant trouvé ou bâtard » et lui conseille de se rendre au Conseil de la Commune pour changer de patronyme. À l’Hôtel de Ville, un fonctionnaire lui soumet une liste, sur laquelle on peut lire notamment Égalité et Publicola, en référence au consul romain Publius Valerius qui participa à la chute de la monarchie romaine. Résigné, le prince opte pour « Égalité ». Plus tard, pour imposer ce choix, il ira jusqu’à menacer ceux qui l’appelleraient Orléans, ou pire, prince ou monseigneur.
Eric Rohmer a dépeint la vie périlleuse d’une anglaise royaliste résidant en France et ses relations, tantôt tendres, tantôt orageuses, avec le duc d’Orléans, cousin de Louis XVI, mais acquis aux idées révolutionnaires. Elle parvient à le persuader de l’aider à sauver un proscrit, mais non à le dissuader de voter la mort du roi.
Louis-Philippe-Joseph d’Orléans est né en 1747, sept ans avant son cousin Louis XVI, avec lequel il a toujours entretenu des relations exécrables. Il faut dire que du temps de l’Ancien Régime, il s’est toujours tenu dans l’opposition. En 1789, il est élu de la noblesse aux Etats généraux, et c’est un des premiers aristocrates à rejoindre le Tiers État. Personnage central des débuts de la Révolution, certains le soupçonnent d’avoir financé et motivé en sous-main les pires trahisons. On a dit qu’il avait payé les émeutiers qui ont ramené la famille royale de Versailles à Paris, les 5 et 6 octobre 1789. Cette « légende noire » du complot orléaniste fait aujourd’hui toujours débat. Ce qui est certain, c’est que Philippe d’Orléans a vu dans les événements révolutionnaires l’occasion de donner une place prépondérante à la branche cadette des Orléans, longtemps tenue sous le boisseau par la branche aînée. Il s’est rêvé un temps régent du royaume, voire monarque d’une monarchie parlementaire à l’anglaise.
Raphaël d’Argent rapporte dans son ouvrage Philippe Égalité, le prince de la Révolution publié chez Tallandier : « Le 14 janvier, la Convention décida des trois questions auxquelles devaient répondre les députés. La première portait sur la culpabilité de l’ancien roi. La deuxième, sur le recours au peuple. La troisième, sur la peine. Le 15 janvier, Louis-Philippe-Joseph se rendit à la Convention et à la question « Louis est-il coupable ? », il répondit simplement « Oui ». Ce qui provoqua l’émoi de certains députés qui s’exclamèrent « Ah le monstre ! Son parent, son sang ! ». Concernant l’appel au peuple, il déclara : « Comme je ne m’occupe que de mon devoir, je dis non. » Restait la dernière question qui concernait la peine. Le prince devait voter le lendemain. Le 16 janvier dans la soirée, on procéda au vote. Lanjuinais demanda si la majorité requise pour avoir force de jugement serait des deux tiers des voix. Danton déclara que la République et la guerre avaient été décidées à la majorité et qu’il devait en être de même pour le sort du tyran. Le scrutin par appel nominal commença. Quand vint son tour Philippe Égalité monta à la tribune et expliqua son choix, ce qu’il n’était pas obligé de faire. « Uniquement occupé de mon devoir, convaincu que ceux qui ont attenté ou attenteront par la suite à la souveraineté du peuple méritent la mort, je vote la mort. » »
Cette décision stupéfie l’assemblée. On dit que Robespierre lui-même aurait déclaré comprendre qu’Égalité se fût abstenu. Son vote régicide ne lui apporte aucun gain politique : ses adversaires le trouvent odieux, tandis que ses partisans considèrent qu’il n’a fait que son devoir. Le 19 janvier, un nouveau vote est organisé pour accorder un éventuel sursis à Louis Capet. Philippe Égalité vote de nouveau « non ». Le 21 janvier 1793, il assiste de loin, depuis un cabriolet sur le pont de la Concorde, à l’exécution de son cousin.
Le 4 avril 1793, le fils de Philippe Égalité s’enfuit en pleine nuit et passe du côté des Autrichiens avec le général Dumouriez. Cette défection transforme immédiatement Égalité en suspect aux yeux des Montagnards. Trois jours plus tard, toute la famille est arrêtée et éloignée de Paris, envoyée au Fort Saint-Jean à Marseille. Philippe Égalité est ramené à Paris et incarcéré à la Conciergerie le 2 novembre 1793. Jugé par le Tribunal révolutionnaire le 6 novembre, quelques jours après l’exécution de sa cousine par alliance Marie-Antoinette, il est condamné à mort. Le jour même, il est guillotiné place de la Révolution. Le couperet qui s’abat sur sa nuque est le même que celui qui avait décapité le cousin qu’il avait contribué à faire condamner.
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Le fils de Philippe Égalité, qui devint roi des Français quarante ans plus tard (1830-1848) sous le nom de Louis-Philippe, affirma avoir vu son père en larmes le soir du 16 janvier 1793, regrettant son vote et arguant qu’il n’avait pas eu le choix. Cette anecdote, rapportée par un roi connu pour avoir « l’anecdote facile », fut probablement inventée pour défendre l’honneur paternel.
Franck Ferrand
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À l’occasion de la nouvelle production de Werther à l’Opéra-Comique, Ted Huffman sera, ce mardi 20 janvier à 20h, l’invité du Journal du classique.
C’est un début d’année particulièrement intense que vit Ted Huffman : des débuts à l’Opéra-Comique, son premier Werther et sa prise de fonction en tant que nouveau directeur général du festival d’art lyrique d’Aix-en-Provence. Le metteur en scène américain se confiera à notre micro. Il nous parlera de sa perception de l’œuvre de Massenet dont il nous livre une lecture particulièrement poignante et de son travail avec les chanteurs. Des chanteurs qui, au milieu d’un décor dépouillé, témoignent de subtils jeux d’acteurs et d’un engagement saisissant.
Ted Huffman nous racontera également son histoire avec le festival d’Aix-en-Provence qu’il a fréquenté dès 2012, en tant que membre de l’Académie et où il a signé, ces dernières années, quelques remarquables productions. Il nous éclairera, à cette occasion, sur l’esprit qu’il souhaite insuffler à la manifestation.
Laure Mézan
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