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  • Le chef d’orchestre Benjamin Levy nommé à la tête de l’Orchestre du Pays Basque

    L’Orchestre du Pays Basque annonce la nomination de Benjamin Levy au poste de directeur musical. À la fin de l’été prochain, le chef d’orchestre français de 52 ans succèdera à Benoît Fromanger qui dirigeait l’orchestre symphonique bayonnais depuis 2023.

    On savait depuis le mois d’octobre que Benjamin Levy allait quitter à la fin de la saison, après 10 ans de mandat, la direction musicale de l’Orchestre national de Cannes où il sera remplacé par la jeune cheffe d’orchestre sud-coréenne Holly Hyun Choe. On connaît désormais sa nouvelle affectation puisqu’on le retrouvera à la fin de l’été à Bayonne où il vient d’être nommé directeur musical et artistique de l’Orchestre du Pays Basque – Iparraldeko Orkestra (OSPB-IO).

    À partir du mois de septembre 2026, Benjamin Levy aura pour principale mission « d’accompagner la structure dans son développement artistique en assurant le plus haut niveau musical et une originalité dans les répertoires et les créations à venir », indique la direction de la formation basque, ajoutant : « Sa créativité et sa grande connaissance du répertoire vont permettre de faire émerger des projets transversaux et des créations nouvelles ».

    Benjamin Levy dirige ce week-end les concerts du Nouvel An proposés par l’Orchestre du Pays Basque à Bayonne

    Né à Paris en 1974, le frère de la danseuse et chorégraphe Marion Levy a été formé au Conservatoire de Lyon (percussions) avant d’étudier la direction d’orchestre au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris (CNSMDP). Fondateur de l’orchestre de chambre Pelléas, Benjamin Levy fut l’assistant de de Marc Minkowski à l’Opéra de Paris, au Festival de Salzbourg et à l’Opéra d’Amsterdam avant d’être nommé en 2016 directeur artistique et chef d’orchestre permanent de l’Orchestre national de Cannes.

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    Benjamin Levy connaît bien l’Orchestre du Pays Basque dont il fut premier chef invité de 2013 à 2016. En octobre dernier c’est lui qui a dirigé l’OSPB-IO pour le concert d’ouverture de la saison et ce week-end, à Bayonne, il sera à la tête de la formation basque pour les trois concerts du Nouvel An donnés au Palais des sports de Lauga.

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    La direction de l’Orchestre du Pays Basque promet, avec la nomination de Benjamin Levy, « des collaborations musicales inédites, des projets artistiques et transversaux originaux, l’élargissement du répertoire dès 2026 », et se dit certaine que « son sens de la transmission sera un véritable plus pour mener des projets avec les équipes et les jeunes musiciens du Conservatoire ».

    Philippe Gault

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  • Venezuela : « La drogue, d’argument, est devenue prétexte » affirme l’ancien ambassadeur français à Caracas

    L’enlèvement de Nicolas Maduro, organisé par Donald Trump dans la nuit du 2 au 3 janvier, a plongé l’Amérique latine dans une profonde incertitude politique. Les relations entre les États-Unis et les pays latino-américains se tendent davantage. Invité de la matinale, Jean-Marc Laforêt, président de la Maison de l’Amérique latine, décrypte les enjeux et les répercussions de cette intervention, qui suscite l’inquiétude sur la scène internationale.

    Interrogé sur l’intervention des États-Unis au Venezuela, Jean-Marc Laforêt se montre sans détour. À la question de David Abiker sur un retour aux méthodes des années 70-80, il répond : « La réponse est assez évidente, c’est oui. » Il précise : « Tout cela avait été annoncé par Donald Trump. L’opération a surpris, car elle a sidéré beaucoup de monde. » Selon lui, la stratégie américaine s’inscrit dans une volonté de reprendre le contrôle sur le continent latino-américain, un contrôle ébranlé depuis les attentats du 11 septembre 2001 : « Ils ont un peu desserré leur contrôle de la région et d’autres acteurs sont arrivés […]. En 25 ans, la Chine est devenue pratiquement le premier partenaire commercial de tous les pays d’Amérique du Sud. »

    Pour Jean-Marc Laforêt, l’argument de la lutte contre le narcotrafic, ayant justifié l’enlèvement de Nicolas Maduro, est devenu un écran de fumée : « La drogue, d’argument, est devenue un prétexte. D’ailleurs, c’était assez confondant de voir qu’au même moment où Donald Trump disait mener ce combat au nom de la lutte contre le narcotrafic, il libérait un ancien président hondurien condamné par la justice américaine à 45 ans de prison pour s’être rendu complice de l’importation de 400 tonnes de cocaïne aux États-Unis. Ce n’est pas très sérieux. […] Le problème, c’est le pétrole. Ce n’est ni la démocratie ni le narcotrafic. »

    Opposition vénézuélienne et calculs américains

    L’analyse de l’ancien ambassadeur du Venezuela pointe la faiblesse de l’opposition vénézuélienne : « Donald Trump a considéré que Maria Corina Machado et ses amis de l’opposition, la frange la plus radicale, qui est très trumpiste, n’a pas les moyens de contrôler l’appareil d’État […]. Ma foi, si on pouvait arriver à faire faire le travail par ceux qui sont aux manettes, c’est encore mieux. » Il s’interroge sur la viabilité de cette stratégie : « Est-ce que ça va marcher ? C’est un peu sans précédent dans l’histoire où finalement vous demandez aux gens qui sont en place de changer de politique, de vous mettre dans la main de l’agresseur et de faire sa politique à lui. »

    Parallèlement, la vice-présidente vénézuélienne, Delcy Rodriguez, apparaît comme une figure centrale : « elle connaît beaucoup de choses, […] elle a été une des responsables d’un début de redressement. » Mais son avenir à la tête du pays semble limité : « Si on respecte la constitution, Delcy Rodriguez ne peut rester que six mois. Trois mois renouvelables. »

    Une Europe sous pression

    L’avenir de Cuba préoccupe également l’invité de David Abiker : « Après le Venezuela, je pense que ce sera Cuba. C’est une obsession pour les Américains. Comment se fait-il qu’un petit pays de 10 millions d’habitants à 150 kilomètres des côtes américaines, résiste depuis 63-64 ans à un blocus ? » La situation économique de l’île pourrait se dégrader : « Donald Trump pourrait mettre dans ses exigences le fait d’arrêter d’aider Cuba. Dans ce cas, la situation deviendra très compliquée. »

    Après avoir menacé de s’en prendre au dirigeant colombien Gustavo Petro, le président américain a finalement convié ce dernier à la Maison Blanche. Cette rencontre annoncée entre les deux chefs d’Etat est saluée par Jean-Marc Laforêt : « Je pense que c’est une bonne nouvelle, cette annonce des deux présidents, cette volonté de se rencontrer et de Gustavo Petro d’aller à Washington. »

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    Le président de la Maison de l’Amérique latine évoque le rôle de l’Europe face aux grands blocs : « L’Europe va être confrontée de plus en plus à un dilemme, c’est un peu comme être une tranche de jambon dans un sandwich, coincée entre les États-Unis et la Chine. […] Il y a un intérêt objectif parce que l’Europe et l’Amérique latine s’unissent pour essayer d’offrir, non pas une voie opposée mais, une voie différente pour ne pas être soumis totalement soit à l’un soit à l’autre, et parfois aux deux même. »

    Daphnée Cataldo

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  • Langue française : La méthode infaillible pour arrêter ces 4 tics de langage que tout le monde utilise

    Parlons des expressions parasites dans notre langage. Parmi les plus répandues figure incontestablement la locution « en fait ». Les parents et les personnes en contact avec des enfants connaissent bien ces phrases qui débutent systématiquement par cette formule.

    Pour aider les jeunes à ne pas en abuser, il est essentiel de les corriger systématiquement lorsqu’ils y ont recours ! Un petit détour par l’histoire de la langue s’impose. Cette expression est parfaitement légitime, puisqu’elle est apparue dès le 13ème siècle avec pour fonction de corriger une affirmation jugée erronée. Néanmoins, depuis les années 1980, son usage s’est généralisé au point qu’elle a perdu sa signification d’origine.

    Dans cette situation, il est préférable de diversifier nos formules de transition, d’autant que les alternatives ne manquent pas. On peut opter pour « en réalité », « en vérité », « au fond », « à proprement parler » ou encore « effectivement », bien qu’il convienne, comme toujours, de ne pas en abuser.

    Une formule plus longue et moins spontanée

    Ces habitudes langagières ont un caractère contagieux, comme chacun sait. Il arrive fréquemment d’assister à un échange où le journaliste finit par adopter les « en fait » et les « du coup » de la personne interviewée, propageant à son tour ces expressions.

    Ma recommandation infaillible pour éliminer les « en fait » consiste à les substituer par « en réalité ». Cette formule étant plus longue et moins spontanée, elle devient rapidement contraignante, ce qui nous pousse naturellement à la supprimer. Je vous garantis l’efficacité de cette méthode.

    Autre exemple, le fameux « du coup », qui constitue un appui verbal, et nous apporte une certaine assurance. Quelle est la raison pour laquelle cette expression est si souvent utilisée ? Tout simplement parce que la formuler nous offre un moment pour organiser la suite de notre discours.

    L’emploi abusif de « du coup »

    Il existe tout de même une situation où l’emploi de « du coup », bien qu’irritant habituellement, se révèle parfaitement approprié. Le terme contient le mot « coup », il convient donc de l’utiliser lorsqu’un événement se produit de manière soudaine. « Un son puissant et grave a retenti. Du coup, l’ensemble des personnes présentes s’est dispersé en quelques instants ».

    En revanche, lorsqu’on utilise « du coup » pour remplacer « donc », comme c’est couramment le cas de nos jours, on commet un emploi abusif. Il suffit d’utiliser « donc » dans ces situations, ou si l’on souhaite adopter un registre plus formel, on privilégiera « de ce fait » ou encore « par conséquent ».

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    Profitons-en aussi pour éliminer un pléonasme syntaxique très courant qui peut se décliner ainsi : « mais cependant », « mais pourtant », « mais toutefois »... En réalité, l’utilisation d’un seul de ces termes est amplement suffisante. Il est judicieux de varier les expressions pour exprimer l’opposition plutôt que d’employer systématiquement « mais ». Néanmoins, lui associer d’autres adverbes ne présente aucun intérêt et conduit à la création d’une répétition syntaxique.

    Terminons par « J’ai envie de dire ». Cette formule manque véritablement de substance. On y a recours généralement par prudence verbale, afin de signaler que nos propos risquent de déranger, tout en les exprimant malgré tout. Cette tournure a fait son apparition au cours des années 2010. Lorsqu’on l’utilise, cela signifie-t-il qu’on s’abstenait jusqu’alors d’exprimer ce qui nous tenait à cœur ? Nullement, ce n’est pas le cas. Mieux vaut exprimer votre pensée sans détour.

    Karine Dijoud

     

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  • Strasbourg : L’Opéra national du Rhin déménagera au Palais des fêtes pendant cinq ans à partir de 2028

    Le Palais des fêtes de Strasbourg, bâtiment inscrit aux monuments historiques, va être aménagé pour accueillir l’Opéra national du Rhin pendant cinq ans à partir de 2028, le temps de sa rénovation, a annoncé jeudi la maire de la ville, Jeanne Barseghian.

    Le Théâtre Municipal, bâtiment qui héberge à Strasbourg l’Opéra national du Rhin, doit subir une vaste opération de rénovation et d’extension et sera donc fermé pendant les travaux qui doivent débuter à l’automne 2028 et s’achever fin 2033. Pour accueillir les spectacles « hors les murs » de l’Opéra national du Rhin pendant ces cinq ans, le Palais des fêtes, où sont pour l’instant organisés des concerts et spectacles de chœurs amateurs, va être adapté afin d’y créer notamment une fosse d’orchestre de 100 m2, un gradin et des loges.

    Le projet prévoit « des aménagements provisoires pour accueillir l’Opéra national du Rhin dans les meilleures conditions » mais aussi « des aménagements pérennes demandés par les acteurs culturels de la ville, comme des loges, des espaces de stockage, des monte-charges, autant d’éléments indispensables qui jusque-là ont très clairement freiné l’exploitation de ce lieu », a déclaré la maire.

    Le Palais des fêtes ne proposera que 660 places

    Parmi ces améliorations durables, « le monte-décors, le désenfumage, ou l’acoustique du grand foyer, des éléments qui sont vraiment structurants pour le bâtiment », a expliqué Vincent Speller, co-gérant de l’agence d’architecture Fabre/Speller, spécialisée dans les bâtiments culturels.

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    « Au niveau de la vision et de l’écoute, ce sera une meilleure salle que l’actuelle », a souligné Alain Perroux. Actuellement, près de la moitié des places de l’opéra présentent une visibilité réduite. « Seul désavantage » pointé par le directeur général de l’Opéra national du Rhin, qui quittera ses fonctions en juillet 2026, la « petite » jauge: le palais des fêtes ne proposera en effet que 660 places environ contre 1.100 pour l’opéra de Strasbourg.

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    Les travaux du Palais des fêtes, d’un montant de 11 millions d’euros, vont débuter à partir de juillet 2026. Ils doivent s’achever fin 2027 pour permettre le déménagement de l’Opéra national du Rhin à partir du premier semestre 2028.

    Philippe Gault (avec AFP)

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  • Le nouveau projet pédagogique de l’Ecole Normale de musique avec les Talens lyriques

    A l’occasion du prochain rendez-vous de la série de concerts et masterclass des Talens lyriques à la salle Cortot, Murielle Hurel, la directrice de l’Ecole Normale de musique et le baryton Lysandre Châlon seront, ce jeudi 8 janvier à 20h, les invités du Journal du classique.

    « Il était une fois… », ainsi s’intitule la nouvelle série de concerts et masterclass lancée cette saison par l’Ecole Normale de musique de Paris en collaboration avec les Talens lyriques, et cela à raison de quatre samedis par saison. Un projet qui s’inscrit dans le cadre du développement des activités de l’institution en faveur de l’accompagnement de ses élèves en voie de professionnalisation.

    Une nouvelle série pour accompagner les jeunes talents vers la musique ancienne

    Murielle Hurel, la directrice de l’Ecole Normale de musique nous éclairera sur ces différentes actions dans ce domaine et sur ce nouveau format dédié donc à la musique ancienne. Le prochain rendez-vous aura lieu samedi 10 janvier, à partir de 14h et portera sur la cantate française. Le jeune baryton Lysandre Châlon y participera aux côtés de Christophe Rousset et de ses musiciens.

    Laure Mézan

    Retrouvez le journal du classique du lundi au vendredi à 20h

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  • Concours Reine Elisabeth 2026 : Une édition anniversaire exceptionnelle, consacrée au violoncelle, avec une surprise pour le lauréat !

    Après le piano en 2025, le Concours reine Elisabeth, sera consacré au violoncelle cette année. Une édition exceptionnelle qui célébrera en mai et juin à Bruxelles trois anniversaires symboliques.

    La Belgique célèbre cette année le 150e anniversaire de la naissance de la Reine Elisabeth qui a donné son nom a un des plus prestigieux concours internationaux. La prestigieuse compétition fête également son 75e anniversaire et sera consacrée, du 4 mai au 10 juin,  au violoncelle. L’occasion pour le concours de rendre hommage à Pablo Casals, le violoncelliste et compositeur espagnol dont on célèbre aussi le 150e anniversaire de la naissance , puisqu’il est né le 29 décembre 1876.

    « Ce qui me touche dans cette année 2026, c’est le croisement de trois histoires fortes – la Reine Elisabeth, Pablo Casals et le Concours – avec une nouvelle génération de jeunes artistes », souligne Marie Vander Elst, Secrétaire Générale du Concours. « Ces anniversaires sont l’occasion de nous demander ce que nous transmettons vraiment : pas seulement un palmarès, mais aussi une façon d’écouter, de travailler, de se relier au public. C’est à cela que les candidats de 2026 vont être confrontés, bien au-delà de la notion de‬‭ concours‬‭ ».

    Le violoncelle Goffriller de Pablo Casals prêté au lauréat

    Évènement exceptionnel pour cette édition anniversaire 2026, la Fondation Pau Casals prêtera au premier lauréat du concours le violoncelle historique du maître catalan : le Goffriller « Casals » (1733), instrument qui l’accompagna pendant près de soixante ans.

     

    La souveraine belge, qui a régné de 1909 à 1934, et le célèbre musicien espagnol entretenaient une relation d’amitié et d’estime qui dépassait largement le cadre musical, partageant une conception sociale de l’art et un engagement marqué en faveur des jeunes musiciens.

    Renforcement du numérique dans la communication du concours

    Le dépôt des candidatures pour cette édition, qui déterminera qui succédera à Hayoung Choi, la violoncelliste coréenne sacrée en 2022, est clos depuis fin novembre. À partir des vidéos envoyées par les candidats, un jury international déterminera courant janvier la liste des concurrents admis pour les épreuves finales. Liste d’une soixantaine de noms qui sera rendue publique fin avril.

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    Les finalistes, âgés de 18 à 30 ans, seront réunis à partir du 4 mai au centre culturel de Flagey à Bruxelles où se dérouleront le premier tour et les demi-finales. La finale se déroulera du 25 au 30 mai au Palais des Beaux-Arts (Bozar) où auront également lieu les concerts de lauréats et le concert de clôture le 10 juin.

    Cette édition 2026 marquera également le renforcement du numérique dans la promotion et la communication de l’événement. « Captations en haute définition, diffusion en streaming, mise en valeur de nos archives et de nos lauréats en ligne et sur les réseaux sociaux. Ce sont des moyens très concrets de prolonger l’expérience du Concours, de toucher de nouveaux publics et de donner à ces jeunes musiciens les outils du rayonnement dont ils ont besoin »,  précise Marie Vander Elst.

    Philippe Gault

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  • « Emmanuel Macron est le seul à avoir une proximité avec Donald Trump et avec Xi Jinping » selon Jean-Pierre Raffarin

    Face au retour brutal du rapport de force sur la scène internationale et à l’affaiblissement du droit, notamment illustrées par l’enlèvement de Nicolas Maduro orchestré par Donald Trump et les récentes menaces américaines envers le Groenland, l’Europe se trouve confrontée à la nécessité d’un sursaut stratégique. Invité de la matinale, Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier ministre, livre une analyse préoccupée mais empreinte d’espoir de la situation géopolitique.

    Jean-Pierre Raffarin commence par alerter sur l’évolution des démocraties occidentales, confrontées selon lui à une montée simultanée du populisme et de la radicalisation. Un phénomène qu’il observe aussi bien en Europe qu’aux États-Unis. « Aujourd’hui, c’est cette course au populisme, à la radicalisation. Au fond, partout d’ailleurs en Europe et aux États-Unis, on voit que c’est le match entre ceux qui sont pour le rassemblement […] et puis la radicalisation. »

    L’ancien Premier ministre insiste sur un point central : il n’est pas nécessaire de réunir une majorité absolue pour déstabiliser un système démocratique. « On n’a pas besoin d’être 50 %. Si on a 20 % de gens très engagés, très motivés, capables d’aller prendre le capital, ça suffit pour gagner. » Dans ce contexte, il rappelle l’héritage de Jacques Chirac, qu’il oppose fermement à toute tentation extrémiste : « Jacques Chirac a toujours été très distant du Front national, a toujours dénoncé ce parti, a toujours montré qu’il ne fallait jamais s’entendre avec, qui, pour la République, portait la division et portait l’affaissement. »

    Pour Jean-Pierre Raffarin, l’une des mutations majeures de l’ordre mondial tient à l’effondrement progressif des mécanismes de régulation internationale. Il décrit un système multilatéral profondément fragilisé : « Toutes nos organisations internationales fondées après la Seconde Guerre mondiale sont aujourd’hui extrêmement fragilisées. L’ONU, son Conseil de sécurité ne fonctionne pas. L’OMC, ses arbitrages ne fonctionnent pas. » Cette évolution profiterait aux régimes autoritaires, tandis que l’Europe paie le prix de ses choix historiques. « C’est extrêmement préoccupant pour une Europe dont la force n’a pas été la priorité. La priorité a été l’entente. »

    Une Europe puissante économiquement, mais politiquement désarmée

    L’ancien Premier ministre pointe un handicap structurel de l’Union européenne : la dissociation entre pouvoir économique et pouvoir politique. « Quand on discute avec les Américains ou avec les Chinois, quelque chose qu’ils ne comprennent pas, c’est qu’en Europe, le pouvoir économique et le pouvoir politique ne sont pas dans les mêmes mains. » Il rappelle que l’Europe a privilégié la concurrence et le marché ouvert au détriment de la construction de champions industriels et stratégiques : « Nous, on n’a pas voulu de grands groupes européens, on a fait des lois pour la concurrence, contre les monopoles […] on n’a pas construit une puissance. »

    C’est en faisant ce constat que Jean-Pierre Raffarin déclare : « Le paradoxe dans cette crise, c’est que peut-être l’Ukraine va sauver l’Europe. » La guerre en Ukraine agit selon lui comme un révélateur brutal. « Si aujourd’hui on n’est pas puissant, on n’existera pas dans la dialectique entre la Russie et l’Amérique. » Il salue ainsi la montée en puissance d’une « coalition des volontaires » et la mobilisation progressive des Européens. « C’est une étape très importante. Si elle prend de la puissance, il n’y a qu’elle qui peut arrêter Poutine. »

    Réconcilier économie et politique pour exister

    Jean-Pierre Raffarin appelle à une refonte de la gouvernance européenne. « Je crois qu’on ne peut pas séparer aujourd’hui l’économie de la politique. » Il illustre cette incohérence par les relations commerciales avec la Chine : « Quand Emmanuel Macron discute avec Xi Jinping […] il n’a pas le pouvoir de le faire. Il faut que ce soit Ursula von der Leyen qui le fasse. Lui, il a le pouvoir politique et elle, le pouvoir économique. » Pour lui, la seule voie crédible passe par un axe franco-allemand renforcé, adossé au Royaume-Uni. « Quand les trois sont ensemble, on fait continent, on fait puissance. Et là, les Russes et les Américains seront obligés de compter avec nous. »

    Il estime pourtant que le président français « est sans doute le seul chef d’État capable d’avoir une relation de proximité avec Donald Trump malgré tout, en plus d’avoir une action et une capacité de proximité avec Xi Jinping. Cette possibilité-là, en tant que président du G7, donne à Emmanuel Macron une position internationale qui est beaucoup plus forte que ce qu’on dit en France. »

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    L’invité de David Abiker met en garde contre un monde régi exclusivement par la force. « La diplomatie, c’est la subtilité. Ce n’est ni l’affrontement, ni la brutalité. » Il redoute un partage du monde entre grandes puissances au mépris du droit international. « Les Amériques pour les États-Unis, l’Europe pour la Russie et l’Asie pour la Chine. C’est ça qui nous menace. » Pour lui, la solution est sans équivoque : « Il nous faut une puissance européenne. La seule logique, c’est d’éviter que l’Europe sorte de l’histoire. Puisque le droit recule, les enjeux sont la force. »

    Daphnée Cataldo

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  • Franz-Olivier Giesbert : « Les États-Unis ont déjà acheté la Louisiane, le Texas, ou encore l’Alaska. Donc pourquoi pas le Groenland ? »

    Après le Venezuela, les regards se tournent désormais vers le Groenland, également menacé par Donald Trump. Le président américain dit étudier « activement » un achat de l’île. Un geste qui ne surprend pas Franz-Olivier Giesbert, présent ce jeudi dans l’émission Esprits Libres. L’éditorialiste et écrivain revient également sur les manifestations d’ampleur qui agitent l’Iran.

    Une révolution serait en cours en Iran, avec des manifestations partout dans le pays. Est-ce que cette fois, tout de même, c’est la bonne séquence de contestation qui pourrait déboucher sur l’effondrement de ce régime ?

    FRANZ-OLIVIER GIESBERT : Ça ressemble beaucoup à ce qui s’était passé en Égypte en 2013, quand le peuple égyptien s’était soulevé comme un seul homme, partout, jusque dans les villages. C’était contre le président Mohamed Morsi, élu depuis peu, qui avait fait de la place aux Frères Musulmans, à tous les niveaux de l’État. Avec les mollahs, c’est une autre histoire parce qu’ils sont au pouvoir depuis 55 ans. Ils ont quadrillé le pays, détourné ses richesses, ils s’en sont mis plein les poches. On croyait qu’ils tenaient tout, mais on voit bien que leur pouvoir est extrêmement fragile. Ce n’est pas la première révolte qu’il y a en Iran, mais c’est vrai que ça n’avait pas pris cette ampleur. Il y a beaucoup d’opposants iraniens, ceux qui sont partis en tout cas, qui pensent que cette fois-ci, c’est la bonne.

    Il y a des tendances au sein du pouvoir iranien. C’est peut-être aussi pour ça qu’il est difficile à renverser, parce qu’entre les partisans du président de la République qui disent « Attention, il ne faut pas tirer sur la foule », qui est considéré comme un modéré, et le leader religieux Khamenei, ce n’est pas du tout la même musique.

    F.-O.G. : Oui, mais c’est quand même Khamenei qui tient le système iranien. C’est le gardien de la Révolution qui est le patron et qui s’enrichit. Il n’aura pas de problème pour se refaire s’il quitte l’Iran. Il peut se retrouver dans un beau paradis fiscal et aura de quoi tenir pendant quelques générations.

    Vous dites qu’il y a une faible mobilisation des intellectuels et des grandes consciences en faveur d’une éventuelle nouvelle révolution iranienne, d’une vraie révolution démocratique ?

    F.-O.G. : Oui, c’est un phénomène absolument fascinant. Le journal Le Monde a mis un temps fou pour se réveiller, pour constater qu’il y avait un problème. Ce n’est pas un ratage journalistique, ça relève plutôt du lapsus freudien. On est frappé par l’inversion des valeurs de cette gauche radicale et de l’intelligentsia qui ne trouve rien à redire sur l’emprisonnement de Boualem Sansal et de Christophe Guèze par le pouvoir algérien, mais qui s’indigne, à l’instar de Mélenchon, au nom du droit international, de la capture du « président Maduro ». Président de quoi ? Apparemment, [le fondateur de LFI] ne sait pas que Maduro a perdu l’élection présidentielle de 2024 et décidé de rester au pouvoir. C’est quelqu’un qui est responsable de la mort d’au moins 10 000 personnes. Dans les prochaines semaines, quand on va aller dans les écuries d’Augias, on verra ce qu’était vraiment le système du pouvoir au Venezuela.

    Franz-Olivier Giesbert : « il ne faut jamais mettre les communistes au pouvoir, parce que si vous leur donnez le Sahara, ils sont obligés d’acheter du sable »

    Est-ce que vous croyez que ce qui émeut les Américains, c’est le déficit démocratique qui sévit au Venezuela, ou c’est la sous-exploitation des ressources pétrolières ? Parce que c’est une catastrophe. Ils sont passés de 3 millions de barils il y a 20 ans à 135 000 barils aujourd’hui par jour.

    F.-O.G. : C’est la preuve qu’il ne faut jamais mettre les communistes au pouvoir, parce que si vous leur donnez le Sahara, ils sont obligés d’acheter du sable. C’est un système totalement corrompu. La personne la plus riche au Venezuela – officiellement – c’est Maria Gabriela Chávez, c’est-à-dire la fille de Chávez qui était le fondateur de ce pouvoir lamentable qui a ruiné le Venezuela. 8 millions de Vénézuéliens, c’est-à-dire un quart environ de la population, ont quitté le pays, chassés ou apeurés. L’insécurité, la violence, la torture, les escadrons de la mort : ils ont fui tout ça.

    Est-ce qu’on va trouver de la drogue ? Est-ce qu’on va trouver les preuves selon lesquelles Nicolas Maduro chapeautait ou en tout cas ne faisait rien contre le trafic de drogue de son pays vers les États-Unis ? Parce que la première accusation de Donald Trump, outre le déficit démocratique, c’était surtout une plateforme de circulation de la drogue.

    F.-O.G. : Il faut toujours se méfier de ce que dit Donald Trump. Il y a, en général, un mensonge sur deux. Mais là, si on regarde bien l’historique, cette affaire de narco-terrorisme a été lancée aux États-Unis le 26 mars 2020, c’est-à-dire à la fin du premier mandat de Donald Trump. Ça a continué sous Biden. Pour une fois, apparemment, ils étaient d’accord tous les deux.. Je pense qu’effectivement, il y a de fortes suspicions. Il y a quand même pas mal d’éléments et je ne pense pas que le pouvoir trumpiste se serait lancé dans cette affaire sans « biscuits ».

    Parlons du Groenland, acheté ou annexé militairement par les Etats-Unis : Donald Trump a envisagé toutes les hypothèses. Il y a mille façons de s’approprier le Groenland quand on est une grande puissance très riche et qu’on a un territoire autonome, certes danois, mais à la forte autonomie.

    F.-O.G. : Il y a quand même un problème pour Donald Trump, c’est qu’il est à son deuxième mandat et qu’il n’a plus que 3 ans pour le faire. C’est forcément une opération longue. Comme beaucoup de confrères, j’ai eu du mal à prendre au sérieux cette affaire d’annexion du Groenland aux États-Unis. Mais c’est sûr qu’il y a une raison objective, un mobile : le Groenland, c’est une surface immense recouverte de glace, mais dessous, il y a tous ces trésors. Les Terres rares utilisées pour l’armement, pour les batteries, mais aussi de l’or, du fer, du zinc, du nickel. C’est un mobile fort.

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    Il y a aussi le fait que c’est une zone stratégique située en Amérique du Nord. Trump le rappelle : le Groenland n’est pas sur le continent européen comme on le croit souvent ici. Mais est-ce que ça peut marcher ? C’est une colonie du Danemark de 1721 à aujourd’hui, mais il a acquis son autonomie en 1979 et il se dirige en ce moment, lentement mais sûrement, vers l’indépendance. Il a déjà son propre drapeau, une langue officielle et pour survivre, il a besoin d’argent pour se développer.

    Le Danemark ne donne pas beaucoup : l’équivalent de 500 millions d’euros par an. Il n’y a pas beaucoup d’habitants, ils sont 56 000 à peu près. C’est là que Trump propose plus d’argent au nom du vieux principe : tout s’achète. Et c’est vrai aussi que les États-Unis ont déjà acheté la Louisiane, le Texas, la Californie, l’Utah, le Nevada, l’Arizona, l’Alaska. Donc effectivement, pourquoi pas le Groenland ?

     

     

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  • La compagnie de danse de Carolyn Carlson tire sa révérence : d’ultimes représentations les 30 et 31 janvier à Paris

    La compagnie de danse de Carolyn Carlson, installée à Paris depuis 2014, a annoncé la cessation définitive de son activité. La grande danseuse et chorégraphe américaine a pris cette décision car « les conditions financières et le contexte actuel ne permettent pas de continuer ».

    Les 30 et 31 janvier, la Carolyn Carlson Company se produira une dernière fois à Paris sur scène au Théâtre des Champs-Élysées dans son spectacle The Tree (fragments of poetics on fire), une pièce pour neuf danseurs sur des musiques de Maarja Nuut, K. Friedrich Abel, Aleksi Aubry-Carlson, le fils de la chorégraphe et René Aubry, son ex-conjoint.

    Ces ultimes représentations au Théâtre des Champs-Élysées marqueront la fin de l’aventure de la compagnie que la danseuse et chorégraphe américaine, naturalisée française en 2019, avait fondée en 2014. Depuis son installation, la Carolyn Carlson Company aura produit 18 créations chorégraphiques et participé à 594 représentations en France et dans le monde, devant plus de 350 000 spectateurs. L’institution a également organisé plus de 1.100 heures de masterclasses, ateliers et actions culturelles ; 22 transmissions de répertoire et environ 70 autres événements.

    « Je pourrais écrire de la poésie, même à 100 ans ! »

    Sur son site la compagnie justifie cette décision au motif que les conditions financières et le contexte actuel obligent la structure à « tirer sa révérence ».  « Une page se tourne aujourd’hui avec émotion et gratitude, mais un nouveau chapitre reste à écrire pour la Blue Lady (le solo de danse contemporaine créé en 1983 par Carolyn Carlson, ndlr). Dans ce contexte incertain, il est plus que jamais important de propager des gestes d’union et d’empathie, et c’est pourquoi elle continuera de partager sa poésie visuelle via des projets de transmission et d’enseignement et des events », ajoute-t-elle.

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    La chorégraphe avait créé la Carolyn Carlson Company à Paris, hébergée par le Théâtre national de Chaillot jusqu’en 2016, après son départ du Centre Chorégraphique National Roubaix Nord-Pas de Calais dont elle avait assuré la direction de 2005 à 2013.

    À 82 ans, Carolyn Carlson ne danse plus depuis le début des années 2020 mais, outre ses activités de chorégraphe, elle s’investit beaucoup dans des travaux d’écriture, de poésie et de calligraphie et a publié une dizaine d’ouvrages aux éditions Actes Sud, dont les trois derniers ont été publiés en octobre : Un saut dans le bleu, Brins d’herbe et Le soi et le rien. « Nous avons besoin de poésie aujourd’hui. C’est quelque chose d’ouvert, qui vous donne un signe que vous devez écouter. Je pourrais écrire de la poésie, même à 100 ans !  Avec mes danseurs, nous partons de la poésie et, à travers elle, nous recherchons le mouvement « , déclarait-elle à l’AFP en septembre 2024.

    Décorée de l’ordre des Arts et des Lettres et de la Légion d’honneur, Carolyn Carlson siège également, depuis 2022, à l’Académie des Beaux-Arts, pour « son rôle-clef dans l’éclosion des danses contemporaines françaises et italiennes ». 

    Philippe Gault

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  • La grande aventure Haydn du Quatuor Arod

    A l’occasion de la publication de son double album dédié à l’opus 76 de Haydn, le Quatuor Arod sera, ce mercredi 7 janvier à 20h, l’invité du Journal du classique.

    « Cet enregistrement marque une étape importante de notre parcours et ouvre un nouveau chapitre de notre manière d’aborder le quatuor » écrivent les musiciens du Quatuor Arod dans la préface de leur double album, sorti chez Erato, consacré à l’intégrale du cycle opus 76 de Joseph Haydn. Un vaste cycle qu’ils donneront en concert le 15 janvier dans le cadre d’une soirée exceptionnelle à la Philharmonie de Paris qui marquera l’un des temps forts de la Biennale de quatuor à cordes.

    Haydn, sommet du quatuor

    Alexandre Vu et Jérémy Garbarg, violioniste et violoncelliste du quatuor nous éclaireront ce soir sur cette grande aventure discographique et sur l’importance de cet opus dans le répertoire de leur formation. Pour traduire au mieux l’élégance, la souplesse comme la transparence de l’écriture de Haydn, ils sont allés jusqu’à faire construire de nouveaux archets inspirés de modèles de l’époque.

    Laure Mézan

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