Le 20 mai, la Cour des comptes publiait un rapport alarmant sur l’état des écoles primaires publiques françaises. Une refonte de la gouvernance des établissements scolaires est même envisagée. Bernard Cerquiglini, invité de la matinale, dévoile sa vision en tant qu’ex-directeur des écoles au ministère de l’Éducation nationale.
« L’enseignement primaire, une organisation en décalage avec les besoins de l’élève », voilà le titre du rapport alarmant sur l’état des écoles primaires publiques. Réalisé par la Cour des comptes, il constate un déclin du système éducatif depuis les années 2000.
L’ex-directeur des écoles au ministère de l’Éducation nationale, Bernard Cerquiglini, assure que la comparaison au-delà de nos frontières n’est pas rassurante : « Toutes les études le prouvent, la France est classée d’une façon assez moyenne au plan européen. Des chercheurs ont fait passer la même dictée à des élèves de 10 ans, et le niveau baisse chez nous. »
Pour le professeur de linguistique, la raison est très claire : « Quand je dirigeais l’enseignement primaire, on était passé de 30 heures à 27 heures pour offrir le samedi matin aux professeurs et aux parents. Maintenant, on est à 24 heures, mais très souvent, c’est 22 heures en comptant les expériences pédagogiques. Au minimum, on a perdu 6 heures par semaine de cours depuis 1985. »
« Ce n’est jamais mieux avant »
Avec une semaine de 4 jours ou 4,5 selon la décision de la commune, la France est le seul pays dont l’enseignement primaire n’atteint pas 5 jours. D’après Bernard Cerquiglini, ce changement ne s’est pas fait pour le bien-être des enfants : « Ce qui s’est passé, c’est qu’on a acheté la paix sociale aux dépens des enfants. Comme on ne peut donner des salaires décents aux instituteurs, on répond à leur légitime revendication en réduisant leur nombre de travail par semaine. »
Pour autant se dire que l’ex-directeur des écoles au ministère de l’Éducation nationale ne souhaite pas un retour en arrière : « Ce n’est jamais mieux avant, c’est une nostalgie d’une école de Jules Ferry où un enfant sur dix allait à l’école. »
Le professeur de linguistique dresse quand même un point positif : « on n’a jamais autant écrit en français ! Il y a des milliards de pages sur l’internet, le vocabulaire est assez étendu ! »
Le Petit Larousse illustré revient pour son édition 2026
Cette diversité de la langue française s’observe chaque année avec le célèbre Petit Larousse illustré. « Glamping », « bader », « cécifoot » ou encore « dépathologisation » font partie des 150 mots à découvrir ce 26 mai dans l’édition 2026 du dictionnaire.
En moyenne, il y a 3000 à 5000 nouveaux mots chaque année, alors un véritable processus de sélection se met en place : « fréquence du mot, appartenance à plusieurs communautés, présence à l’écrit, présence à l’oral : ce sont nos critères. Dans l’équipe, il y a 30 lexicographes dont c’est le métier ! » explique Bernard Cerquiglini, lui-même conseiller scientifique au Larousse.
Langue française : 3 nouveaux mots à connaître pour marquer les esprits en soirée
Cette science consiste à recenser les mots, à les définir et à les illustrer, ce qui peut prendre du temps : « Certains mots ne rentrent pas du tout ou alors sont repoussés au niveau du temps. Féminicide, on l’a repoussé d’un an, car on n’était pas tout à fait sûr de sa définition. Il y est maintenant et on l’a défini comme le fait de tuer une femme en tant que femme. »
Pour conclure, le linguiste agrégé Bernard Cerquiglini dévoile son mot préféré de la langue française : « C’est baobab ! Il swingue, il est pop, et c’est le premier mot que j’ai appris à lire à l’école maternelle ! »
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Cet article Éducation : « On a perdu 6 heures de cours par semaine en primaire depuis 1985 » s’alarme Bernard Cerquiglini est apparu en premier sur Radio Classique.