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Le Concert de Noël à Notre Dame de Paris, le Grand Concert de Noël Radio Classique à l’Auditorium de Bordeaux et Casse-Noisette de Tchaïkovski au Capitole de Toulouse : découvrez la sélection Radio Classique des rendez-vous à ne pas manquer dans les prochains jours
La Cathédrale Notre-Dame célèbre la Nativité, avec ce concert de la Maîtrise Notre-Dame de Paris dirigé par Henri Chalet avec Yves Castagnet à l’orgue et Thibault Fajoles au grand orgue. Ils proposeront un programme de chants de Noël particulièrement varié. Quelques exemples : Douce Nuit, Entre le bœuf et l’âne gris, Les Anges dans nos campagnes, Jingle Bells mais aussi Candlelight de John Rutter pour ne citer que ces œuvres là. Ce concert sera diffusé sur Radio Classique le dimanche 28 décembre à 20 heures.
Comme chaque année le public de l’Auditorium de Bordeaux a rendez-vous avec le Grand Concert de Noël Radio Classique. Le Chœur de l’Opéra national de Bordeaux et l’Orchestre national Bordeaux Aquitaine seront dirigés par Adrien Perruchon. Les spectateurs choisiront eux-mêmes le programme à travers une sélection d’œuvres présentées par Jean-Michel Dhuez. Ce concert sera diffusé sur Radio Classique le jeudi 25 décembre et le jeudi 1er janvier 2026 à 20 heures.
Troisième et ultime ballet de Tchaïkovski, Casse-Noisette est au programme des fêtes de fin d’années du Théâtre du Capitole dans un chorégraphie de Michel Rahn, créée à Toulouse en 2009. L’Orchestre national du Capitole sera dirigé par la cheffe polonaise Marzena Diakun.
Jean-Michel Dhuez
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Avant de devenir l’un des grands noms de l’exploration polaire, Paul-Émile Victor n’était qu’un jeune homme cherchant sa voie dans le Paris des années 1930. Fils d’industriels du Jura, il quitte sans regret la perspective d’une vie confortable pour rejoindre la capitale et suivre des cours d’ethnographie. Mais il comprend rapidement que la théorie ne suffira pas et l’ailleurs l’appelle.
Au 20e siècle, les pôles demeurent parmi les derniers territoires documentés. Paul-Émile Victor, fasciné par ces régions extrêmes et peu explorées, rêve d’une mission qui lui permettrait d’observer un peuple à peine connu : les Ammassalimmuit de la côte est du Groenland. Il contacte alors le commandant Charcot, figure majeure des expéditions polaires françaises, et obtient un rendez-vous. L’audace paie : Charcot accepte d’embarquer ce jeune ethnographe encore inexpérimenté.
En 1934, Paul-Émile Victor et trois compagnons sont déposés dans le district d’Ammassalik, où ils passeront près d’un an. L’hiver arctique met les hommes à rude épreuve. Loin de Paris, l’explorateur abandonne ses certitudes et apprend une nouvelle manière de vivre : il chasse, se nourrit de viande de phoque, manie le traîneau à chiens, découvre la solidarité qui unit les familles inuites. Il s’initie aussi à la langue locale et commence un travail ethnographique d’une ampleur inattendue : chants, récits, observations du quotidien, portraits dessinés… Son regard, encore empreint de naïveté, devient progressivement celui d’un chercheur.
Cette première expérience le transforme profondément. Ici, les gestes sont plus importants que les théories, et l’adaptation devient une question de survie. Paul-Émile Victor découvre également les ambiguïtés de la présence occidentale dans l’Arctique : fascination pour les traditions inuit mais prise de conscience d’un monde déjà fragilisé par la modernité.
À son retour en France, Paul-Émile Victor entreprend de convaincre les autorités scientifiques et les mécènes de financer une mission plus ambitieuse : traverser la calotte glaciaire du Groenland en traîneau à chiens. En 1936, avec trois compagnons, il se lance dans cette expédition qui deviendra l’un des grands récits polaires français.
Le voyage s’avère d’une violence extrême. Pendant des semaines, le groupe progresse dans un désert blanc, affrontant blizzard, froid mordant, maladies intestinales et fatigue chronique. Les chiens s’effondrent les uns après les autres. La moindre erreur peut être fatale. Pourtant, après plus de six semaines d’efforts, les hommes atteignent la côte est du Groenland. Épuisés, mais victorieux.
Cette traversée, largement médiatisée à leur retour, propulse Paul-Émile Victor sur le devant de la scène. Mais lui choisit de rester un an de plus au Groenland. Il s’installe chez une famille inuit, partage son existence et approfondit un travail scientifique devenu aussi une immersion humaine.
L’hiver suivant est particulièrement difficile. La nourriture manque, les maladies circulent. Paul-Émile Victor tombe gravement malade et apprend la nouvelle du naufrage du « Pourquoi Pas ? », qui emporte le commandant Charcot et son équipage. Lorsqu’il reprend le chemin de la France, en 1937, il n’est plus le jeune ethnographe hésitant des débuts, mais un observateur d’un monde dont il a perçu la fragilité.
La suite de sa vie sera marquée par le même mélange de passion, de rigueur scientifique et de sens du récit. Après la guerre, Paul-Émile Victor fonde les Expéditions polaires françaises, structure qui coordonnera pendant plusieurs décennies la recherche française en Arctique et en Antarctique. Il devient aussi un vulgarisateur talentueux : livres, conférences, films… Il se fait le porte-voix des pôles, mais aussi des premières alertes sur la fragilisation de l’environnement.
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Il s’éteint en 1995 à Bora-Bora, où il vivait depuis plusieurs années. Il laisse derrière lui des centaines d’articles, une soixantaine d’ouvrages et un héritage scientifique considérable. Surtout, il demeure l’une des figures qui ont contribué à faire entrer la connaissance du monde polaire dans l’imaginaire collectif français. À rappeler que la curiosité, lorsqu’elle est guidée par l’humilité, peut devenir une forme d’humanisme.
Franck Ferrand
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C’est l’événement de l’année dans le domaine du jeu vidéo. Vendu à plusieurs millions d’exemplaires, « Clair Obscur : Expedition 33 » a obtenu, à Los Angeles, neuf Game Awards (record) dont celui de la musique, co-composée par Lorien Testard et la soprano Alice Duport-Percier.
Depuis sa sortie en avril 2025, le premier jeu développé par le studio montpelliérain Sandfall Interactive bat tous les records. Un million d’exemplaires vendus en trois jours – cinq millions à ce jour – et surtout, lors de la cérémonie des Game Awards (l’équivalent des Oscars dans le domaine des jeux vidéo) à Los Angeles, récompensé par neuf trophées dont celui très convoité de « Jeu de l’année » que les membres de l’équipe du jeu sont allés récupérer sur scène vêtus de marinières et coiffés de bérets rouges.
Dans une ambiance post-apocalyptique « Clair Obscur : Expedition 33″, labellisé jeu de rôle/fantasy, plonge les joueurs dans les aventures de membres d’une expédition partie défier une entité surnaturelle menaçant Lumière, une ville imaginaire qui n’est pas sans rappeler le Paris de la Belle Époque. Le jeu est soutenu par une musique envoutante qui a obtenu le Game Award de la « Meilleure bande-son ».
Pour composer la musique du jeu Guillaume Broche, le patron du studio Sandfall Interactive, a fait appel à un compositeur inconnu du grand public, Lorien Testard, 30 ans, professeur de guitare à Valence, dans la Drôme. Pendant presque cinq ans, le jeune musicien, rejoint par la soprano Alice Duport-Percier qui a participé à la composition des morceaux chantés, s’est enfermé dans son appartement studio, avec pour défi la composition d’un morceau par semaine.
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Le résultat de ce travail d’ascètes c’est : 154 morceaux (plus de huit heures de musique) qui mélangent jazz, métal et classique avec des inspirations baroques italiennes (Monteverdi, Vivaldi) et propres à la Belle Époque (Fauré, Saint-Saëns, Massenet). Ce sont également plus de 330 millions d’écoutes de cette bande-son, toutes plateformes confondues depuis huit mois.
Ce succès d’audience a conduit Lorien Testard, accompagné par Alice Duport-Percier et l’ensemble Curieux (orchestre et chœur), à se lancer dans une grande tournée européenne de concerts. En octobre, les représentations, qui proposaient une sélection de morceaux du jeu vidéo, données à Lyon, Montpellier et à la Salle Pleyel, ont affiché complet. Ce sera le cas pour la vingtaine de concerts programmés au premier semestre 2026, notamment à la Seine Musicale les 28, 29 et 30 mai.
Philippe Gault
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Le Concerto pour piano n°27 de Mozart, ultime concerto pour piano du compositeur créé en 1791, était au programme du concert donné le 20 novembre dernier par l’Orchestre national de Lyon placé sous la direction de Nikolaj Szeps-Znaider.
Il était interprété par le pianiste autrichien Rudolf Buchbinder qui a fêté au début du mois son soixante dix-neuvième anniversaire. En seconde partie de soirée l’Orchestre national de Lyon a interprété la Symphonie n°2 de Rachmaninov créée en 1902 à Saint-Pétersbourg. Cette soirée sera présentée par Laure Mézan. Vous pourrez l’écouter en qualité numérique à Lyon et dans de nombreuses autres villes de France grâce au DAB+.
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C’est un programme de musique chorale qui a été donné le 27 novembre dernier dans la Cathédrale Saint-Louis des Invalides par le Chœur Accentus que dirigeait Christophe Grapperon.
Au programme, une sélection d’œuvres françaises et allemandes : Calme des nuits et Les Fleurs et les arbres de Camille Saint-Saëns, Des Pas sur la neige et Trois Chansons de Charles d’Orléans de Claude Debussy, les Sechs Lieder de Félix Mendelssohn, les Deutsche Volkslieder de Brahms et les Huit Chansons françaises de Poulenc. Ce concert soutenu par le CIC sera présenté par Laure Mézan. Vous pourrez l’écouter en qualité numérique à Paris et dans de nombreuses autres villes de France grâce au DAB+.
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A l’occasion de la publication de son nouvel album Mozart avec Le Concert de la Loge, Julien Chauvin sera, ce vendredi 12 décembre à 20h, l’invité du Journal du classique.
Vient de paraître, chez Alpha, le troisième et dernier volume du cycle Simply Mozart de Julien Chauvin, enregistré avec son orchestre, Le Concert de la Loge. Un cycle qui met en regard les trois dernières symphonies du compositeur avec des concertos et des ouvertures d’opéras. Au programme de cet album : la symphonie n°39, la symphonie concertante et l’ouverture de Cosi fan tutte.
Julien Chauvin nous éclairera ce soir sur cette belle aventure qui a permis de mettre en avant le formidable sens de la théâtralité de son orchestre. D’autant que ces musiciens se sont illustrés également sur scène dans des œuvres sacrées et des opéras de Mozart. Ils se retrouveront du 13 au 16 décembre à l’Opéra de Massy pour la reprise de cette production de Don Giovanni créée au Théâtre de l’Athénée, dans une mise en scène de Jean-Yves Ruf. Un spectacle qui a connu un immense succès tant auprès du public que de la presse.
Laure Mézan
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La violoniste et auteure de La voie de L’Archet aux éditions Fayard était l’invitée de David Abiker ce 12 décembre. Elle a réagi notamment à l’intrusion de militants pro-palestiniens à la Philharmonie de Paris pour perturber un concert de l’Orchestre Philharmonique d’Israël. La musicienne se dit choquée que dans le monde libre, « on puisse attaquer, censurer, canceler des artistes selon leur origine ».
Il y a quelques jours, le 6 novembre exactement, des militants pro-palestiniens ont interrompu à plusieurs reprises un concert du Philharmonique d’Israël. Vous avez pris la plume quelques jours plus tard pour dire votre désaccord. Vous avez écrit : « Face aux attaques visant l’Orchestre philharmonique d’Israël, les musiciens doivent résister. » Pourquoi avez-vous pris un tel risque ? Pourquoi vous engagez-vous sur un sujet comme ça ?
ZHANG ZHANG : Je ne pense pas que ce soit un risque. Ça ne doit pas être un risque d’exprimer librement, surtout dans un pays démocratique, surtout en France. Depuis quelques années, j’exprime mes opinions personnelles, mais je pense parler pour beaucoup de musiciens aussi, parce que j’ai souvent des collègues qui viennent me voir en privé et qui me disent qu’ils pensent la même chose que moi.
C’est triste qu’aujourd’hui, dans le monde occidental, beaucoup d’artistes, de musiciens de musique classique, n’osent plus exprimer leur vrai sentiment. Je pense qu’il y a un mouvement depuis quelques années qui, soit par l’ignorance, soit par la haine, essaie d’attaquer notre monde, notre art, qui est un des plus universels de l’humanité. La musique classique n’appartient pas à un seul peuple ou un seul pays. C’est partout dans le monde. Je trouve qu’il faut qu’en tant que musicien classique, et le public aussi, nous défendions la musique classique.
Est-ce que vous auriez pris la plume dans Le Figaro si, par exemple, un orchestre russe avec un chef russe avait été interrompu par des militants pacifistes ou des défenseurs de l’Ukraine ?
Z.Z. Je l’ai fait. J’ai écrit deux articles, un sur Le Figaro qui s’appelle « Moins de Poutine, plus de Pouchkine », à l’époque où il y avait ces boycotts mondiaux contre les artistes d’origine russe. Et aussi dans la revue universaliste Le Droit de vivre, qui s’appelle « Plus de ponts, moins de murs ». J’ai été choquée par le fait que dans le monde libre, on puisse attaquer, censurer, « canceler ». On peut tous avoir des opinions sur plein de choses, mais discriminer les artistes selon leur origine, leur nationalité ou leur croyance, c’est du racisme, de la discrimination. Et bizarrement, c’est souvent fait par les partis qui crient « pas d’amalgame », qui se disent anti-racistes, qui sont pour la paix sociale ou la justice sociale. Il y a énormément de décalage, voire de l’hypocrisie, chez les gens qui prennent la musique classique en général pour cible.
Il y a deux ou trois ans, le trompettiste Ibrahim Maalouf a dit qu’il y a beaucoup de racisme dans la musique classique, et vous avez à nouveau pris la plume dans Le Figaro en disant que les auditions dans la musique classique se passent derrière un rideau, donc on ne voit pas la couleur des gens, ni leur sexe, sauf si les femmes sont en talons. Ça illustre ce que vous venez de dire. Mais le paradoxe de tout ça, c’est qu’une femme chinoise le dit en France dans un journal « conservateur ».
Z.Z. Je suis née pendant la Révolution culturelle, qui a duré dix ans. Pour moi, c’est la plus grande « cancel culture » des temps modernes. Mes parents étaient des musiciens classiques professionnels, la première génération formée par la République populaire de Chine. Quand la Révolution a commencé, ils étaient en dernière année de conservatoire.
Ça a commencé avec Saint-Saëns, d’ailleurs, un compositeur français, parce qu’il était catholique. À l’époque en Chine, toutes les religions étaient bannies. Après, ils ont commencé à éliminer et à discuter de qui on pouvait jouer. Il y avait Beethoven, par exemple, qui était considéré comme un révolutionnaire parce que, soi-disant, il avait soutenu la Révolution française. Jusqu’au moment où quelqu’un a dit : « Attends, il n’a pas écrit un concerto qui s’appelle L’Empereur ? » Même si Beethoven ne l’a pas appelé ça lui-même. « C’est un royaliste, donc plus de Beethoven. » Jusqu’au moment où ils n’ont plus eu le droit de jouer aucun compositeur occidental.
Êtes-vous en train de dire que les modes de censure d’aujourd’hui, de ce qu’on appelle les wokistes ou les militants d’extrême-gauche, sont dignes de la Révolution culturelle ?
Z.Z. Tous ces gens qui appellent à ces censures, je les appelle « les petits gardes rouges Playmobil », parce que vis-à-vis des versions originales, ils n’ont pas encore tous ces pouvoirs, mais je vois le danger. Les gardes rouges disaient aussi tout faire pour la justice sociale, que c’était pour une bonne cause. Mais le résultat : des millions de morts, plus d’école pendant dix ans… Un désastre. Ça a vraiment détruit certaines essences de notre civilisation.
Vous n’avez pas votre langue dans votre poche, y compris quand vous parlez de votre éducation musicale. Souvent, les grands artistes, les grands solistes ont l’habitude de dire qu’ils ont été appelés par la musique, que c’est une vocation qui leur est tombée dessus comme d’autres sont touchés par la grâce. Vous, vous dites que ça a été violent, que ça a été contraint, que vous avez souffert, et d’une certaine façon, vous ne dites pas que du bien de votre éducation et de vos parents.
Z.Z. Je parle beaucoup de mon cas dans mon livre La Voie de l’archet. J’ai reçu un dressage, pas une éducation musicale. Mais ce n’est pas unique. Heureusement pour mes collègues qui ont été appelés par la grâce de la musique, tant mieux pour eux. Jusqu’à l’âge de 18 ans, j’étais formée comme violoniste. C’est à 18 ans que j’ai eu la chance de rencontrer mon maître, Sergiu Luca, et c’est là que j’ai commencé à apprendre ce que c’est que de devenir une artiste musicienne. Mais je voudrais ajouter autre chose par rapport à la première question, par rapport aux appels de censure. Je suis très choquée par ce qui est arrivé à la Philharmonie de Paris le 6 novembre.
Je trouve qu’il n’y a pas assez de condamnation de ce qui s’est passé. Comme je l’ai dit dans l’article : chacun a le droit de ne pas avoir envie d’assister à ce concert. Vous avez tout le droit de ne pas aller écouter, mais vous n’avez pas le droit de décider pour les autres citoyens qu’ils n’ont pas le droit d’écouter ces concerts. Je ne suis pas française, je ne vis pas en France, mais j’adore la France. Je trouve que vous avez un patrimoine culturel, historique magnifique. Mais aujourd’hui, je vois le danger, parce que des gens pensent : « Parce que je suis offensé par qui vous êtes ou ce que vous dites, j’ai le droit de vous détruire. » Et ça, ce n’est ni héroïque, ni juste, c’est fasciste.
J’aimerais que vous nous parliez de la Chine parce qu’en ce moment, en France, on a quelques problèmes avec l’éducation de la jeunesse. La Chine forme des musiciens extraordinaires, il y a un système éducatif où la discipline et l’autorité ont un sens, les élèves se tiennent tranquilles, ils n’abusent pas des réseaux sociaux. Est-ce que vous avez ce regard-là sur votre pays aujourd’hui ?
Z.Z. J’ai passé pas mal de temps en Chine l’année dernière et cette année. Je suis en train de faire une série documentaire sur la Route de la Soie, donc j’ai visité plusieurs régions. C’est vrai que la Chine aujourd’hui n’a rien à voir avec la Chine de mon enfance, et pourtant je ne suis pas si vieille que ça. Je pense qu’il y a deux choses. D’abord, les Chinois, depuis des milliers d’années, sont influencés par les philosophies de Confucius. Dans notre conscience collective, on a toujours admiré les gens érudits. L’étude, la connaissance, c’est considéré comme quelque chose de positif. C’est culturel. L’important, c’est d’avoir l’esprit ouvert.
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Maintenant, pour les Français, vous n’avez même pas besoin de visa pour visiter la Chine. Moi je me sens à la fois Chinoise, même si j’ai quitté la Chine avant l’âge de 10 ans, et à la fois Européenne.
Depuis l’année dernière, vous n’êtes plus premier violon au Philharmonique de Monte-Carlo, mais vous avez monté votre propre formation musicale, et votre orchestre, vous l’avez mis au service de projets de philanthropie.
Z.Z. Depuis 17 ans, j’ai créé une association qui s’appelle Zhangomusiq , où 100% des recettes de chaque concert sont reversées pour des causes humanitaires, éducatives ou écologiques. Et depuis un an, j’ai créé mon petit orchestre, Zhangomusiq, qui réunit des collègues de l’Orchestre philharmonique et de l’Orchestre symphonique d’Europe. Le projet est de créer davantage de concerts dans le monde entier. En 17 ans, on a déjà créé plus de 70 concerts pour aider des projets dans d’ONG de 40 pays. Maintenant, je vais me concentrer sur le développement de Zhangomusiq.
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Certains termes de la langue française ont malheureusement été oubliés au fil du temps, y compris ceux qui désignent des objets de tous les jours, ou des parties de notre corps parfaitement visibles. Pour réparer cette injustice, et au passage marquer les esprits en employant le mot parfait, découvrez cette liste de mots désignant avec justesse ces objets qui nous entourent.
« Ardillon », « virole » ou « crépine » : ces mots ressemblent peut-être à des insultes ou à des pathologies, mais ils désignent pourtant des accessoires méconnus. Commençons par l’ardillon, cet élément essentiel de la ceinture. Il s’agit de la tige métallique qui passe dans les perforations. Elle peut aussi s’appeler « dent ». Le terme ardillon désigne également un hameçon.
La virole est la bague métallique qui maintient la gomme sur un crayon à papier – que l’on nomme aussi crayon gris ou crayon de bois selon les régions. Et le petit morceau de papier qui reste dans un carnet après qu’on en a arraché une feuille ? Lui aussi porte un nom ! C’est le mouchon.
Quant à la crépine, il s’agit de l’élément métallique qui retient ce que nous jetons dans l’évier, indispensable pour éviter les canalisations bouchées. Avec l’industrialisation et la disparition progressive des métiers manuels, nous avons perdu l’usage de ces termes précis qui désignaient chaque partie de nos objets.
Comment désigner les différentes parties d’une cuillère ? Il y a d’un côté le manche, et de l’autre, la partie ronde et creuse, qui porte le nom de cuilleron. Les bouts de lacets se nomment les ferrets, si l’embout est en fer, ou les aglets. L’élément métallique que l’on remonte sur une fermeture éclair ? C’est le curseur. Le marteau possède une table, le côté plat, et une panne, l’autre côté de la partie métallique, généralement biseautée ou fendue pour arracher les clous.
Le monnayeur désigne l’accessoire fixé au caddie des supermarchés qui permet de recueillir les jetons ou les pièces. Un terme pragmatique qui partage, tout comme Les Faux-Monnayeurs d’André Gide, fait référence à la monnaie.
Terminons par ces parties du corps qui portent un nom, et qui pourraient vous être indispensable lors d’un rendez-vous chez le médecin. Le petit creux au-dessus de la lèvre supérieure porte le joli nom de philtrum. La légende raconte que ce creux est dû à la trace du doigt d’un ange posé sur la bouche du bébé juste après sa naissance. L’ourlet central de la lèvre supérieure, en raison de sa forme caractéristique, s’appelle l’arc de Cupidon.
Nous connaissons tous le pouce, le plus gros ; l’index, le doigt qui montre, qui indique ; le majeur, le plus grand ; l’annulaire, sur lequel on met l’anneau et l’auriculaire, le plus petit, qu’on peut insérer dans l’oreille. Mais quel est le nom de chaque orteil – et non « doigt de pied », expression encore trop souvent employée ?
Le gros orteil se nomme hallux. On parle d’ailleurs d’hallux valgus pour désigner une déformation courante. Le deuxième orteil est appelé secundus, « deuxième » en latin, ou depassus. Le troisième est le tertius (« troisième » en latin) ou centrus (qui signifie « au centre »). Le quatrième se nomme quartus ou pre-exterius (juste avant l’extérieur). Enfin, le petit orteil s’appelle quintus ou exterius. Tout est finalement assez logique.
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Karine Dijoud
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Alors qu’elle chante Mozart au Palais Garnier et s’apprête à reprendre son spectacle dédié à Julie Andrews à l’Opéra-Comique, Lea Desandre sera, ce jeudi 11 décembre à 20h, l’invitée du Journal du classique.
De Chérubin à Mélisande, de John Dowland à Mary Poppins, Lea Desandre n’en finit pas d’élargir ses horizons et de rechercher de nouvelles expressions. Elle qui s’était révélée dans le monde baroque et dans l’univers mozartien, aborde désormais des répertoires romantiques et avoue même une prédilection pour l’opéra français des 19ème et 20ème siècles. Sans pour autant délaisser ses premières amours. C’est ainsi qu’elle participe en ce moment à la reprise de la production des Noces de Figaro à Garnier, dans la mise en scène de Netia Jones. Entre deux représentations elle redonnera son spectacle Chasing Rainbows en hommage à Julie Andrews les 13 et 14 décembre à l’Opéra-Comique.
Lea Desandre nous éclairera ce soir sur ces différents univers avec lesquels elle s’épanouit aujourd’hui, sur son récent enregistrement dédié à la musique anglaise avec l’ensemble Jupiter et ses projets à venir. Elle fera notamment ses débuts dans l’opéra de Debussy, Pelléas et Mélisande au mois de février à Monte-Carlo puis chantera son premier Sesto de la Clémence de Titus de Mozart en avril à Zurich.
Laure Mézan
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C’est un texte hautement contesté, pourtant le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026 a été adopté en seconde lecture à l’Assemblée nationale et poursuit sa route vers une adoption définitive. Invité de la matinale, Thierry Martel, Directeur général de Groupama Assurances Mutuelles livre une critique sur la situation budgétaire de la France.
Dès le début, Thierry Martel ne mâche pas ses mots. Il estime que le gouvernement n’avait d’autre choix que d’avancer, mais pas dans de bonnes conditions : « sur ce PLFSS, on avait le choix entre la peste et le choléra. La peste, parce que ne pas avoir de budget aurait été une absence de visibilité très inquiétante. Le choléra, parce que ce budget est catastrophique quand on regarde les choses de près. » Le dirigeant rappelle qu’en 2019, le déficit de la Sécurité sociale était de 5 milliards d’euros, « là, il est affiché à 19, mais le déficit réel est autour de 25, parce qu’il y a des passe-passe budgétaires entre l’État et le budget de la Sécurité sociale. Au fond, on finance par de la dette de la dépense courante. En langage courant, c’est ce qu’on appelle de la cavalerie ou de la fuite en avant. »
Plus grave encore selon l’invité de David Abiker, le renoncement à la réforme des retraites, qu’il qualifie de « faute morale ». « On explique aux Français que cette réforme n’était pas si indispensable, alors que tout monde sait qu’il faut le faire. Dans une société normale, ce sont les parents qui font des efforts pour aider les enfants. Là, on demande aux enfants de serrer la ceinture pour le confort des parents. La société est très malade. »
Thierry Martel condamne également le discours politique selon lequel certaines mesures seraient financées « quoi qu’il en coûte ». Pour lui, cette logique est illusoire : « c’est toujours le citoyen qui paye. […] Ce sont les entreprises, les salariés, ceux qui créent la valeur dans ce pays. Sortir un milliard d’euros du chapeau, ça n’existe pas. » S’inspirant des fables de La Fontaine, il glisse : « à la fin de la journée, les fourmis finissent toujours par attraper les cigales. »
Pour le patron de Groupama, la France souffre d’un problème structurel majeur : « son déficit de production ». Le pays manquerait de travail, de productivité, et d’un climat propice à l’investissement : « La priorité absolue, c’est de relancer la production. Pour ça, il faut aider les entreprises plutôt que les contraindre avec des normes et avec des impôts. » Il alerte également sur l’avenir du système de retraites par répartition : « la répartition, ce n’est pas de la richesse accumulée. Ce sont les générations suivantes qui paient pour les précédentes. Or la natalité est tombée à 1,6 enfant par femme. Pour la première fois, la courbe des décès va dépasser celle des naissances. »
La capitalisation, estime-t-il, pourrait jouer un rôle complémentaire : « c’est une bonne idée parce que ça dégage des ressources financières à long terme. Mais, pour les générations qui devraient se constituer une retraite par capitalisation alors même que la charge de la retraite par répartition ne cesse d’augmenter, c’est une équation économique difficile à tenir. »
Thierry Martel identifie trois risques prioritaires : deux mondiaux, le climat et la cybersécurité, et un spécifiquement français, l’instabilité politique. Sur le climat, il estime que la prévention reste dramatiquement sous-financée : « le fonds Barnier, destiné à financer les mesures de prévention, devrait être alimenté à hauteur de 450 millions d’euros, ce qui n’est pas énorme pour adapter le territoire… L’État a considéré que 300 millions suffiraient. Ce n’est pas raisonnable. La priorité est de protéger le territoire contre ces phénomènes climatiques. » La cybersécurité est pour lui un « risque majeur » encore très mal appréhendé : « les primes d’assurance collectées, au niveau de la planète, représentent 15 milliards de dollars. Le marché français de l’assurance de demain, c’est 75 milliards d’euros. C’est très peu pour un risque qui est absolument majeur. »
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L’invité juge également la situation française préoccupante : « Les réassureurs aujourd’hui nous jugent de manière assez sévère puisqu’ils nous cotent en termes de primes comme le Nigeria ou l’Afrique du Sud en termes de risques d’instabilité politique. » Il rappelle l’enchaînement accéléré des émeutes : celles de 2005, le mouvement des Gilets Jaunes en 2018, puis les protestations à la suite de la mort de Nahel en 2023. « L’invective et la violence ont pris le pas sur le dialogue. En tant que citoyen, je suis très inquiet. »
Daphnée Cataldo
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Cet article Budget 2026 : « On avait le choix entre la peste et le choléra » fustige Thierry Martel, DG de Groupama est apparu en premier sur Radio Classique.
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