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  • Où écouter du jazz à Paris pendant les fêtes de Noël : Le guide des meilleurs concerts dans les clubs mythiques

    Classiques Disney revisités, hommages aux icônes du genre et artistes en vogue : pour vivre le jazz en cette fin d’année, Radio Classique vous présente les plus beaux concerts à Paris pendant les fêtes. 

    Jacky Terrasson Trio : Laissez-vous transporter par le musicien de jazz français le plus écouté sur les plateformes

    En 1994, il était présenté par le New York Times comme « l’un des trente artistes susceptibles de changer la culture américaine dans les trente prochaines années ». Le compositeur franco-américain n’aura pas fait mentir The Gray Lady, surnom du prestigieux journal, puisque, trente ans plus tard, il est le musicien de jazz français le plus écouté sur les plateformes numériques

    Fidèles auditeurs et autres amateurs du genre, c’est l’événement idéal pour profiter de sa musique en direct. Accompagné par le contrebassiste Sylvain Romano et le batteur Lukmil Perez, c’est un moment de bonheur jazzy assuré !

    • Sunset & Sunside Jazz Club Paris
    • Du 26 au 28 décembre
    • Billetterie
    • Jazz & goûter fête Walt Disney, prolongez la magie de Noël avec vos plus petits !

      C’est la dernière de l’année pour le concept qui cartonne chaque dimanche. Pour cette ultime édition de 2025, il rend hommage à l’univers des plus grands classiques de Walt Disney avec un réarrangement jazz atypique, dont lui seul a le secret !

      Un moment festif où parents et enfants pourront déguster cakes et bonbons, accompagnés par la mélodie du saxophone et du piano.

      • Sunset & Sunside Jazz Club Paris
      • 28 décembre
      • Billetterie
      • Un concert inédit pour boucler 2025 en beauté dans le club de tous les jazz

        Hugh Coltman et Thomas Naïm, le duo de jazzmen est de retour

        Le plus français des chanteurs de jazz britanniques, Hugh Coltman, et son complice de toujours, le guitariste Thomas Naïm, reviennent avec un spectacle porté par un univers musical entièrement tourné vers les États-Unis. Au programme : blues, folk, country, rock’n’roll et R’n’B, tout y est.

        • Sunset & Sunside Jazz Club Paris
        • 29 décembre
        • Billetterie
        • China Moses  – 2e édition de la Funky New Year’s Celebration

          Pour cette seconde édition, la chanteuse américaine à la voix de diva interprétera un répertoire de classiques jazz et soul concocté sur mesure : Chet Baker, Stevie Wonder, Billie Holiday, Etta James ou encore Donna Summer. La fille de l’icône du jazz Dee Dee Bridgewater, sera accompagnée de Bastien Brison au piano, d’Emmanuel Sunee à la contrebasse et à la basse électrique, et de Faniry Andrianarisoa à la batterie.

          Après le succès de Funky New Year’s 2024, China Moses est de retour pour un nouvel an haut en couleur

          Ce menu jazz raffiné en cache un autre plus gourmet, puisque la cheffe Camille Le Breton de La Perrière sera aussi de la partie. Formée durant douze ans chez le traiteur haut de gamme Fleur de Mets, elle vous proposera une cuisine à son image : franco caribéenne et généreuse.

          Un réveillon pour démarrer 2026 porté par le rythme, avec le ventre bien rempli, que demander de plus !

          • Le Duc des Lombards
          • 31 décembre
          • Billetterie
          • Etienne Mbappé & The Prophets : deux concerts de jazz universaliste pour clôturer votre année musicale en vibrant dans le top des clubs en matière de musique métissée

            Artiste majeur de la scène jazz fusion internationale, le bassiste aux mains gantées de soie noire a su se distinguer à travers le monde par son jeu unique, à la fois fluide, mélodieux et puissamment rythmique. Avec The Prophets, l’as de la basse réunit, dans un projet ambitieux, des musiciens d’exception, de futurs grands noms (guitariste, pianiste, saxophonistes, trompettiste et batteur), pour un jazz singulier, riche en textures et empreint d’influences africaines.

            Etienne Mbappé vous invite à plonger au cœur d’un groupe de jazz ouvert sur le monde, pour une expérience musicale profonde, festive et inspirante, axée sur le partage.

            • Baiser Salé Jazz Club
            • 31 décembre
            • Billetterie
            • Sara Lazarus Quartet – De Sarah Vaughan à Abbey Lincoln, un hymne à la joie du jazz

              Connue pour son énergie débordante et son style unique, l’Américaine Sara Lazarus vous donne rendez-vous pour un véritable appel au plaisir. Toujours enclin à faire revivre les standards du jazz, le concert rend hommage à plusieurs grands artistes du genre, de Sarah Vaughan à Abbey Lincoln.

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              À la demande du pape, le chanteur de jazz Michael Bublé a chanté l’Ave Maria de Schubert lors de la Messe des pauvres

               

              Voix swing, phrasé hors du commun et vibrations vocales de la grande Sara sauront toucher au plus haut point votre sensibilité musicale. Accompagnée par Alain Jean-Marie au piano, Gilles Naturel à la contrebasse et Philippe Soirat à la batterie, la chanteuse donnera le ton pour votre premier samedi soir de l’année : au son du jazz, rien que du jazz !

              • Sunset & Sunside Jazz Club Paris
              • 03 janvier
              • Billetterie
              • Anatole Daigremont

                 

                Retrouvez l’actualité du Classique

                90 ans de Zubin Mehta : Le chef d’orchestre va célébrer son anniversaire en musique en janvier chez lui à Bombay

                Londres : Le Barbican Center fermera ses portes pendant 1 an pour une rénovation majeure, juste avant ses 50 ans

                Salzbourg : Douze manuscrits originaux de la famille Mozart donnés à la Fondation Mozarteum

                Un jeu français triomphe aux Game Awards et décroche la meilleure bande-son, composée par un professeur de guitare et une soprano

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              • La vie retrouvée de la cathédrale Notre-Dame de Paris

                A l’occasion de notre journée spéciale consacrée à Notre-Dame de Paris, Robert Le Blanc, le vice-Président de la Fondation Notre-Dame et Henri Chalet, le directeur de la Maîtrise seront, ce mardi 16 décembre à 20h, les invités du Journal du classique.

                Le 7 décembre de l’année dernière, la cathédrale Notre-Dame de Paris rouvrait ses portes et nous révélait sa splendeur retrouvée. Un an après, 11 millions de personnes l’ont visitée, des touristes comme des pèlerins venus du monde entier. La musique également y a repris ses droits à un rythme soutenu d’un concert tous les mardis soir.

                Nous évoquerons ce soir, avec Henri Chalet, les temps forts de cette saison musicale ponctuée de plusieurs créations, tandis que vient de paraître l’enregistrement du Te Deum pour Notre-Dame composé par Thierry Escaich et donné en juin dernier dans la cathédrale.

                Une campagne pour trouver 6 millions d’euros

                Robert Le Blanc nous éclairera sur les missions de la Fondation Notre-Dame qui vient de lancer une compagne destinée à collecter 6 millions d’euros afin de financer l’achèvement des travaux de rénovation extérieure et d’accompagner les créations artistiques ainsi que aménagements favorisant la vie de la cathédrale.

                Laure Mézan

                Retrouvez le journal du classique du lundi au vendredi à 20h

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                Un jeu français triomphe aux Game Awards et décroche la meilleure bande-son, composée par un professeur de guitare et une soprano

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              • « Devenir bâtisseur Notre-Dame 2030 à nos côtés »
                Notre-Dame de Paris : un an de vie retrouvée et un nouvel élan pour bâtir l’avenir

                Un an après sa réouverture au culte et à la visite, Notre-Dame de Paris célèbre une année marquée par la prière, l’accueil et la beauté retrouvée.

                Plus de 11 millions de visiteurs ont franchi ses portes, venant du monde entier pour y trouver recueillement, paix et émerveillement.

                Lieu de prière pleinement vivant, la cathédrale a accueilli cette année plus de 1 600 célébrations et plus de 650 pèlerinages. Les prochains mois prolongent cet élan : présentation hebdomadaire de la Couronne d’épines, inauguration de la chapelle Saint-Guillaume, nouveaux aménagements du trésor, grande saison musicale de la Maîtrise Notre-Dame tous les mardis et les prochaines conférences de Carême.

                Ce premier anniversaire marque aussi l’ouverture d’une nouvelle étape : la Fondation Notre Dame lance le programme « Notre-Dame 2030 », destiné à réunir 6 millions d’euros supplémentaires pour participer à parachever la restauration extérieure – élévations, sacristie, presbytère, grandes roses – et soutenir les projets artistiques et d’accueil développés depuis la réouverture. Chacun peut participer à ces projets en se rendant sur https://revivre-notre-dame.fr/.

                Un an après sa renaissance, Notre-Dame continue d’accomplir sa mission : offrir la beauté et la foi au monde entier, et construire l’avenir d’un sanctuaire désormais pleinement rendu à la prière et à la vie.

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              • Dermatose nodulaire : « Ce sont les déplacements illicites qui sont à l’origine de l’extension de la maladie » selon la spécialiste de la santé animale Jeanne Brugère-Picoux

                La dermatose nodulaire contagieuse est au cœur d’une réunion ce mardi matin à Matignon, alors que la gestion de cette nouvelle crise agricole par le gouvernement est sous le feu des critiques. Faut-il abattre tout un troupeau de vaches pour un individu malade ? Jeanne Brugère-Picoux, professeure honoraire de l’Académie Vétérinaire de France et spécialiste de la pathologie du bétail, nous éclaire sur l’enjeu majeur de ce « dépeuplement massif » : rester en zone indemne et garantir nos exportations de viande bovine. 

                Jeanne Brugère-Picoux était l’invitée de la matinale de David Abiker. Au micro de Radio Classique, une de nos meilleures spécialistes des pathologies du bétail s’est exprimée sur ce qui arrive à ces éleveurs et à nos troupeaux.

                La ministre de l’Agriculture Annie Genevard a annoncé hier l’extension de la zone de vaccination du bétail susceptible d’être infecté par la dermatose, et elle a rappelé que l’éradication des foyers de contagion était la seule réponse efficace à l’épidémie. Est-ce que vous confirmez ?

                JEANNE BRUGÈRE-PICOUX : Tout à fait. L’extension est justifiée parce qu’on ne peut pas faire confiance aux marchands de bestiaux. Il y a eu d’autres départements touchés de manière ponctuelle, ce qui montre que des animaux infectés sont partis dans des régions qui étaient indemnes.

                Pourquoi dites-vous qu’on ne peut pas faire confiance aux marchands de bestiaux ?

                J.B-P. : On a eu les premiers cas en Savoie, ils venaient d’Italie. On ne peut pas en vouloir aux marchands de bestiaux, ils ne savaient pas qu’il y avait de la dermatose en Italie, on ne l’a su qu’après. Mais cela montre comment, sur de longues distances, cette maladie se transmet par le déplacement d’animaux infectés. Sur de courtes distances, elle se transmet par des insectes : des mouches d’étables ou des taons.

                Vacciner et immuniser prend du temps. Il faut 21 jours pour que le vaccin immunise la bête. La contagion ne va-t-elle pas plus vite ?

                J.B-P. : Oui et non. Regardez en Savoie et Haute-Savoie, on a vacciné à partir du 18 juillet alors que la maladie a été déclarée le 29 juin. Je suis Savoyarde, de la région où la maladie est apparue, et je l’ai dit fin juillet : fin août, on serait tranquille. Effectivement, le dernier cas savoyard date du 21 août. Le problème, c’est qu’il y a eu des déplacements d’animaux vers l’Ain, le Rhône, et même jusqu’en Catalogne. C’est toujours la même souche, la souche savoyarde, identique à la souche italienne et à celle trouvée en Catalogne. Ce sont les déplacements illicites qui sont à l’origine de l’extension de la maladie.

                Jeanne Brugère-Picoux : La Confédération paysanne et la Coordination rurale « jettent de l’huile sur le feu »

                Comment expliquez-vous ces déplacements illicites ? C’est l’appât du gain, l’inconscience, l’ignorance ? 

                J.B-P. : C’est l’ignorance. Regardez ce que disent la Confédération Paysanne ou la Coordination rurale. Ils disent qu’il ne faut pas abattre les animaux. Certains disent même qu’il ne faut pas les déclarer. Or, c’est une maladie extrêmement contagieuse qui va se diffuser. Ils ne respectent pas du tout les méthodes de biosécurité nécessaires pour les autres éleveurs. Ils jettent de l’huile sur le feu.

                En vertu de quoi la Confédération Paysanne ou la Coordination rurale affirment qu’il ne faut pas déclarer un animal malade alors que c’est la loi ?

                J.B-P. : Ils sont politiques, pas scientifiques, et quand on est en face d’eux, ils ne vous croient pas. En tant que professeur, c’est une constatation d’échec de ne pas arriver à leur faire comprendre que c’est stupide de vouloir arrêter le dépeuplement massif pour une maladie très contagieuse.

                Pourquoi appelle-t-on ça « dépeuplement massif » ?

                J.B-P. : Parce que c’est mieux que de dire abattage.

                C’est de la novlangue ministérielle. On ne peut pas appeler un abattage « un abattage », même si c’est un crève-cœur de tuer ses bêtes ?

                J.B-P. : Non, parce que l’abattage, c’est à l’abattoir. On abat au niveau de l’exploitation pour éviter la diffusion du virus. On ne peut pas transporter des animaux vivants. Quand ils sont morts, ils ne sont plus piqués par les mouches ou les taons.

                Des élus, notamment en Ariège, qui demandent à ce qu’on révise le dogme de l’abattage total quand il y a une bête infectée dans un troupeau. C’est du pragmatisme ou de la démagogie ?

                J.B-P. : C’est de la démagogie parce que la ministre le souligne et c’est la réglementation européenne : il faut éviter la diffusion du virus. Si on laisse des animaux infectés, on aura un problème de diffusion du virus. C’est très contagieux. On a l’habitude de le faire avec la fièvre aphteuse. Pourquoi on ne le fait pas ? Parce qu’on ne connaît pas la maladie. On a beau l’expliquer, certains le comprennent, mais certains syndicats ne le comprennent pas.

                La dermatose nodulaire entraîne moins de 10% de mortalité, mais sa propagation peut empêcher l’exportation de la viande française

                Justement, on ne connaît pas la maladie. C’est peut-être l’occasion de faire un rappel. Si on ne prend pas les mesures requises, si on laisse le virus s’installer et contaminer, qu’est-ce qui se passe exactement ? Les bêtes meurent ou elles survivent ?

                J.B-P. : Elles ne meurent pas. Cette maladie représente moins de 10 % de mortalité. Mais le problème, c’est [la propagation]. C’était une maladie africaine, et ce virus est sorti de l’Afrique vers 2010. Il est parti vers les Balkans et a gagné l’Est, la Russie, jusqu’en Chine – j’ai même été invitée à une conférence sur le sujet à l’université de Guizhou il y a un mois. C’est arrivé au Japon en 2025. Ils n’ont pas réussi [à l’enrayer], c’est désormais endémique. Par contre, du côté de l’Ouest, ça s’est arrêté parce qu’on a vacciné. Et dans une zone indemne, il faut rester indemne. Donc, c’est ce dépeuplement massif qui est nécessaire.

                Certains font courir la rumeur, notamment sur internet ou les réseaux sociaux, qu’une bête peut être malade et qu’elle s’en remet.

                J.B-P. : Elle peut s’en remettre, bien entendu, comme pour la fièvre aphteuse, puisque c’est moins de 10 % de mortalité.

                Est-ce que cela explique la résistance de certains paysans qui disent : « on ne va pas tuer tout un troupeau pour une vache qui est malade et qui est susceptible de guérir » ?

                J.B-P. : C’est ce qu’on fait depuis longtemps pour la tuberculose, pour la brucellose, pour la fièvre aphteuse. C’est oublier que nos grandes prophylaxies nous ont permis d’avoir des maladies qui ont disparu. Certes, ces maladies étaient transmissibles à l’homme. Celle-là ne l’est pas, mais on a un risque économique. On sera endémique et on ne pourra plus rien exporter.

                Pendant la période de vaccination et quand on a un troupeau malade, on ne peut plus exporter. Et les cours de la viande bovine sont assez élevés en ce moment.

                J.B-P. : [Certains agriculteurs] demandent la vaccination, ils demandent qu’on les aide. Mais [on a l’exemple de] la fièvre catarrhale ovine. Ce qui s’est passé cet été est dramatique. [les éleveurs] ont eu les vaccins, même gratuitement. Certains n’ont pas vacciné !

                En ce moment, des vétérinaires sur le terrain reçoivent des menaces de certains éleveurs. On marche sur la tête. C’est trop passionnel ?

                J.B-P. : Oui, parce que c’est la première fois que je vois ça. La première fois que je me fais insulter sur un plateau télé par quelqu’un de la Coordination rurale. C’est la première fois que je vois des vétérinaires se faire insulter, menacer de mort. C’est terrible de voir ça. Avant, quand je communiquais sur la vache folle ou la grippe aviaire, les éleveurs me remerciaient. Là, c’est l’inverse. Il y a quelque chose qui cloche.

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                Comment comprenez-vous ce fossé qui se creuse à l’occasion de cette crise entre certains éleveurs, une minorité heureusement, et la profession ?

                J.B-P. : Je le comprends parce que vous avez des syndicats qui sont politiques, qui font le buzz, qui donnent des fake news, et ça crée une incompréhension. Malheureusement, moi, scientifique, je n’arrive plus à leur faire comprendre qu’ils sont mal informés. On attaque la ministre, mais elle fait ce qu’il faut. Je ne la connais pas [personnellement], mais je suis tout à fait d’accord avec elle.

                Ces maladies du bétail qu’on connaît peu, est-ce que leur circulation est liée à des mutations des virus, aux changements climatiques ? Comment expliquez-vous leur arrivée sous nos cieux ?

                J.B-P. : C’est le commerce, le changement climatique, il y a beaucoup de facteurs. Je vais vous dire, en 2010, j’ai parlé de ces maladies exotiques qui nous menacent. À l’époque, la dengue n’était pas encore arrivée en France. Dès qu’une maladie va jusqu’au Maghreb, on a des risques qu’elle arrive en France. On l’a vu avec la fièvre catarrhale ovine, on l’a vu avec la fièvre de Crimée-Congo qui est arrivée en Espagne. Toutes ces maladies exotiques nous menacent maintenant. Il faut savoir se prémunir.

                 

                 

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              • 90 ans de Zubin Mehta : Le chef d’orchestre va célébrer son anniversaire en musique en janvier chez lui à Bombay

                C’est en avril prochain que Zubin Mehta fêtera ses 90 ans. Un anniversaire symbolique qui sera célébré toute l’année à travers le monde entier. À commencer, en janvier, par Bombay (Mumbai), la ville natale du légendaire maestro indien, qui y dirigera en fort belle compagnie l’un de ses orchestres fétiches.

                Bombay, la métropole indienne dans laquelle Zubin Mehta vit le jour le 29 avril 1936, sera la première grande ville dans le monde à célébrer les 90 ans du maestro. À l’invitation de la Fondation Mehli Mehta qui, depuis sa création en 1995, a formé à la musique des milliers d’enfants issus de communautés et d’écoles défavorisées, Zubin Mehta y dirigera deux concerts les 15 et 16 janvier dans la grande salle du Centre national des arts du spectacle.

                Au programme de ces deux représentations : le Concerto pour piano n° 5 « Empereur » de Ludwig van Beethoven qu’interprétera le pianiste chinois Lang Lang, le Concerto pour violon n° 5 de Wolfgang Amadeus Mozart que jouera le violoniste israélien Pinchas Zukerman et les Symphonies n° 3 et n° 7 de Beethoven par l’Orchestre Philharmonique de Belgrade qui se produira, à cette occasion pour la première fois de son histoire en Inde.

                Le Philharmonique de Belgrade fut, en 1958, l’un des premiers grands orchestres que Zubin Mehta dirigea

                L’orchestre serbe avec lequel Zubin Mehta a un attachement affectif particulier. C’est effet à la tête de cette formation qu’il dirigea l’un de ses premiers grands concerts (après Vienne où il étudiait) en 1958 alors qu’il venait de remporter, à 22 ans, le grand concours international de chefs d’orchestre de Liverpool. Le maestro indien se souvient qu’il y avait été envoyé (en train) par les Jeunesses Musicales de Vienne dans le cadre d’un échange et y avait dirigé la Symphonie fantastique d’Hector Berlioz et le Prélude à l’Après-midi d’un faune de Claude Debussy.

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                Depuis cette année 1958, Zubin Mehta est retourné diriger l’Orchestre Philharmonique de Belgrade à une quinzaine de reprises. La dernière fois en octobre 2024 pour deux concerts consacrés à des œuvres de Mozart et Schubert à l’issue desquels il a déclaré : « J’ai dirigé des orchestres partout dans le monde et je peux dire que le Philharmonique de Belgrade est l’un des meilleurs ».

                Au fil des ans, l’orchestre serbe et Zubin Mehta ont tissé des liens privilégiés. En 2005, le chef indien a créé un fonds pour reconstituer le parc instrumental de la formation. En 2010, il a été nommé président d’honneur de la fondation qui porte son nom : la Fondation Zubin Mehta de l’Orchestre philharmonique de Belgrade. Et c’est en toute légitimité qu’il a été invité, en juin 2023,  à diriger le concert d’ouverture de la saison du centenaire du plus grand orchestre de la capitale serbe.

                Philippe Gault

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              • Grâce à sa porcelaine, l’ETI Bernardaud contribue à faire rayonner depuis Limoges les arts de la table à la Française dans 130 payss musculo-squelettiques des manutentionnaires

                KPMG vous invite à écouter l’interview de Charles Bernardaud, Directeur général de Bernardaud et Haviland, belle ETI basée à Limoges (Haute-Vienne).

                Spécialisée dans les arts de la table, la décoration et l’architecture d’intérieur, les deux fleurons limougeauds réunis Bernardaud et Haviland font rayonner les arts de la table à la française dans 130 pays.
                Ses 4 sites de production en Haute-Vienne façonnent une porcelaine d’exception pour le détail, l’hôtellerie-restauration, les œuvres d’art et la sous-traitance pour les marques de luxe, comme Groupe Sothys avec qui ils ont créé un pot pour les cosmétiques.
                L’enjeu de Bernardaud : préserver des savoir-faire traditionnels irremplaçables, tout en investissant dans les nouvelles technologies, véritables leviers de créativité et de qualité.

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              • La voix de Sandrine Piau et les cordes du quatuor Psophos en osmose pour célébrer Franz Schubert

                A l’occasion de la publication de leur album « Schubert, quintette imaginaire » Sandrine Piau, Cécile Grassi et Guillaume Martigné seront, ce lundi 15 décembre à 20h, les invités du Journal du classique.

                Une voix de soprano et un quatuor à cordes qui s’entremêlent, se fondent pour créer un quintette, vibrer de la même façon : c’est l’alchimie magique à laquelle sont parvenus Sandrine Piau et les musiciens du quatuor Psophos dans un superbe album dédié à Schubert. Ainsi nous offrent-ils un florilège de lieder de Schubert arrangés pour voix et quatuor dans un esprit de musique de chambre. « Entre crin des archets et grain de la voix, nos instruments se fondent en un quintette de Schubert imaginaire » nous disent-ils ».

                Sandrine Piau et deux membres du quatuor Psophos, l’altiste Cécile Grassi et le violoncelliste Guillaume Martigné, seront à notre micro ce soir pour nous raconter leur démarche.

                La danseuse étoile Amandine Albisson sera Esmeralda dans Notre-Dame de Paris à l’Opéra Bastille

                Nous passerons également un petit moment avec la danseuse étoile Amandine Albisson qui interprète Esmeralda dans le spectacle Notre-Dame de Paris à l’affiche jusqu’au 31 décembre de l’Opéra Bastille.

                Crédit : Yonathan Kellerman – OnP

                Un ballet de Roland Petit sur une musique de Maurice Jarre et des costumes d’Yves Saint Laurent aussi colorés que les vitraux d’une cathédrale.

                Laure Mézan

                Retrouvez le journal du classique du lundi au vendredi à 20h

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                Londres : Le Barbican Center fermera ses portes pendant 1 an pour une rénovation majeure, juste avant ses 50 ans

                Salzbourg : Douze manuscrits originaux de la famille Mozart donnés à la Fondation Mozarteum

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              • Londres : Le Barbican Center fermera ses portes pendant 1 an pour une rénovation majeure, juste avant ses 50 ans

                Le Barbican Center de Londres annonce qu’il fermera ses portes pendant un an à partir de juin 2028. En travaux pour plus de cinq ans, l’un des plus grands centres des arts du spectacle d’Europe se refait une beauté pour célébrer dignement ses cinquante ans en 2032.

                Annoncé au début de l’année, le projet de rénovation du Barbican Center entre dans sa phase active. La direction de l’institution a annoncé que la première phase de travaux, pour un coût de 191 millions de livres (220 millions d’euros) en grande partie financés par la City of London (80%), débutera en 2027 pour un achèvement prévu en 2030. La phase suivante s’étalera jusqu’à 2032, année au cours de laquelle l’immense centre culturel du nord de Londres célébrera ses cinquante ans.

                Projection 2030

                Le bâtiment, qui abrite notamment le London Symphony Orchestra (LSO), la Guildhall School of Music & Drama ou encore la Royal Shakespeare Company, s’est considérablement détérioré depuis son inauguration en 1982 et nécessite donc des travaux de rénovation et de réfection très importants (couverture, installations électriques, désamiantage, climatisation…). Travaux qui auront pour conséquence la fermeture du centre, y compris pour ses employés, de juin 2028 à juin 2029.

                Le London Symphony Orchestra se produira à l’église St Luke’s pendant la fermeture du Barbican

                Pour Philippa Simpson, la directrice des bâtiments et de la rénovation du Barbican, ces travaux ne peuvent pas être achevés si le site reste ouvert car « cela serait trop dangereux, alors qu’ils sont essentiels pour assurer l’avenir du site ». « Le Barbican s’est élevé, il y a près de 50 ans, sur les ruines d’un site ravagé par les bombardements. C’est avec cette même ambition et ce même esprit d’optimisme, renouvelés, revitalisés, que nous œuvrons pour l’avenir ». a-t-elle précisé.

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                Pendant cette année de fermeture du Barbican, le London Symphony Orchestra s’engage à proposer une saison « complète ». Le LSO assurera donc l’intégralité de sa saison 2028/29 à Londres et en tournée. Dans la capitale, la formation symphonique sera basée à l’église St Luke’s (quartier d’Islington) qui abrite déjà le centre d’éducation musicale du LSO.

                Barbican announces year-long closure for £191m revamp – #BarbicanCentre @BarbicanCentre #Barbican

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                — Music-News.com (@MusicNewsWeb) December 14, 2025

                « LSO St Luke’s restera ouvert tout au long de la fermeture du Barbican, devenant le centre de nos opérations avec un programme élargi de concerts, d’enregistrements et d’émissions soutenus par des installations numériques améliorées », a indiqué Dame Kathryn McDowell, la directrice générale du LSO.

                Philippe Gault

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                Salzbourg : Douze manuscrits originaux de la famille Mozart donnés à la Fondation Mozarteum

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              • Salzbourg : Douze manuscrits originaux de la famille Mozart donnés à la Fondation Mozarteum

                Les héritiers d’un grands collectionneur allemands ont fait don fin novembre à la fondation Mozarteum de Salzbourg de douze manuscrits originaux de la famille Mozart. Parmi ces document exceptionnels, la partition du Miserere, recopié par Leopold Mozart, et des lettres écrites par le grand compositeur autrichien.

                Deux lettres de Wolfgang Amadeus Mozart : l’une, écrite à sa sœur en 1787, relative à la succession de leur père ; l’autre, datant de 1778, dans laquelle il évoque pour la première fois Aloisia Weber, son premier grand amour. Ce sont quelques-uns des douze documents admirables que la Fondation Mozarteum de Salzbourg a reçus des héritiers d’un grand collectionneur allemand.

                Outre d’autres lettres manuscrites rédigées par des membres de la famille du compositeur, ont été léguées des partitions autographes d’œuvres du génie autrichien dont un document inestimable : la copie, signée Leopold Mozart, de la partition originale du Miserere KV 85, composée par Mozart en 1770 à Bologne, alors qu’il n’était âgé que de quatorze ans.

                Crédit : Fondation Mozarteum

                Pour, le président de la fondation, Johannes Honsig-Erlenburg, « Ce legs rappelle également l’importance d’empêcher que de tels documents inestimables ne soient vendus aux enchères sur le marché de l’art à des prix exorbitants. Nous devons au contraire tout mettre en œuvre pour que ce patrimoine, qui appartient à l’humanité entière, reste accessible à la postérité dans son intégralité ».

                Hans Joachim Eggers avait constitué la plus importante collection privée de documents autographes de Mozart

                Ce don est le plus important reçu par la Fondation Mozarteum depuis les legs des deux fils de Wolfgang Amadeus Mozart, Carl Thomas et Franz Xaver Wolfgang, au cours du XIXe siècle. Il provient des héritiers du grand collectionneur allemand Hans Joachim Eggers, qui avait indiqué peu avant sa mort en 2016, son intention de léguer certaines pièces de son inestimable collection au Mozarteum de Salzbourg.

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                Virologue mondialement reconnu et mélomane passionné, Hans Joachim Eggers, s’était mis en tête de collectionner des manuscrits originaux de la famille Mozart. De 1975 au début des années 2000, grâce à ses acquisitions dans des ventes aux enchères, notamment en Angleterre, Allemagne et Autriche, le chercheur était parvenu à constituer la plus importante collection privée de documents autographes de WA Mozart rassemblés après la Seconde Guerre mondiale.

                Proche de la Fondation Mozarteum, le discret Hans Joachim Eggers, qui tenait sa collection à l’abri des regards, venait régulièrement assister à la Semaine Mozart. Seize pièces exceptionnelles issues de sa collection, dont les douze léguées au Mozarteum, sont visibles à Salzbourg dans le cadre de l’exposition « Magnificent Première : Les autographes de Mozart de la collection Eggers », proposée au public jusqu’au 1er février 2026.

                Philippe Gault

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                Jorma Panula, maître de Salonen et Mäkelä, célèbre avec éclat les 160 ans de la naissance de Sibelius

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              • La disparition mystérieuse de De Gaulle en plein mai 68 : les coulisses du voyage secret du général vers une destination improbable

                En plein chaos social et politique, le général de Gaulle quitte l’Élysée et disparaît. Retour sur six longues heures au cours desquelles la France s’est retrouvée sans son chef.

                Depuis des semaines, la France vacille : dix millions de grévistes, les universités occupées scandant les slogans de Mai 68, les usines à l’arrêt, le pays au bord de l’asphyxie. Le 27 mai, deux jours plus tôt, le Premier ministre Georges Pompidou a négocié les fameux accords de Grenelle prévoyant d’importantes hausses de salaires. Mais les leviers du pouvoir semblent cassés. Malgré ces concessions majeures obtenues par le patronat sous l’égide des pouvoirs publics, la contestation se poursuit.

                À l’Élysée, l’ambiance est étrange, étouffée. Le 24 mai, le général de Gaulle a annoncé un référendum sur la participation, précisant que s’il était battu, il partirait. Pourtant, rien n’a changé. Le Général paraît dépassé par les événements – lui, l’homme du 18 juin 1940, celui qui a toujours réponse à tout. Visiblement fatigué, il ne comprend pas cette jeunesse qui réclame la fin d’un monde dont, avec son épouse Yvonne, il est devenu le symbole : celui d’une France conservatrice, peut-être trop rigide.

                « Où est le Président ? Avez-vous vu le Général ? »

                Ce matin du 29 mai, le Président doit présider le Conseil des ministres prévu à 10 heures – à l’époque, le Conseil des ministres se tenait le matin. En arrivant, les ministres trouvent un palais désert. À 11 heures, toujours rien. Les questions fusent : « Où est le Président ? Avez-vous vu le Général ? »

                Dans son bureau, de Gaulle est assis, silencieux. Ses collaborateurs le trouvent grave, distant – mais après tout, le Général est distant par nature. Il semble perdu dans un dialogue intérieur. Jamais depuis 1958 le pouvoir n’avait paru si fragile. La veille, le mardi 28 mai, le préfet de police Maurice Grimaud lui-même a averti : des émeutiers pourraient s’en prendre à l’Hôtel de Ville, voire à l’Élysée. Certains seraient armés, selon les Renseignements généraux.

                À Matignon, Pompidou, épuisé par ce marathon de négociations, tente de sauver le régime en obtenant la reprise du travail après les accords de Grenelle. Il voudrait que le Général s’adresse au pays, reprenne les choses en main. Mais non, de Gaulle semble ailleurs.

                Les spéculations vont bon train : le général est-il à Colombey, Versailles ou Brégançon ?

                Les deux hommes se sont parlé au téléphone le 28 mai, et le Général a laissé entendre au Premier ministre qu’il avait l’intention de « prendre du champ ». Pompidou en est resté interloqué. Une journée plus tard, le Président tient des propos inhabituels : « Je suis vieux, vous êtes jeune, c’est vous qui êtes l’avenir. Allez, au revoir, je vous embrasse. » Venant du général de Gaulle, ce « je vous embrasse » laisse ses collaborateurs stupéfaits.

                Ce mercredi 29, Pompidou sait qu’un hélicoptère a décollé peu avant midi. Le pilote a reçu un ordre discret : cap à l’est. Vers 14 heures, le secrétaire général de l’Élysée, Bernard Tricot, entre comme une flèche dans le bureau du Premier ministre : « De Gaulle a disparu, Monsieur le Premier ministre. »

                Dans les couloirs de l’Élysée, de Matignon et des ministères, c’est l’effervescence. Les spéculations vont bon train : Versailles ? Brégançon ? À Taverny, le PC de la force de dissuasion ? Le ministre des Armées, Pierre Messmer, est mieux informé : il sait que le Général est parti vers l’est, en direction de Metz ou Nancy. Mais l’avion a disparu des radars au moment même où il franchissait la frontière.

                Un appel indiquant l’arrivée imminente du général de Gaulle dans sa résidence à Baden-Baden

                Pompidou est seul à la barre. Il ordonne à ses ministres de rester à leur poste et, faute de nouvelles du chef de l’État, décide d’assurer la continuité de l’État. En vérité, dès le milieu de l’après-midi, les ministre des Armées Pierre Messmer a reçu un appel du commandant en chef des troupes françaises en Allemagne l’informant de l’arrivée imminente du général de Gaulle dans sa résidence à Baden-Baden. Ce commandant en chef n’est autre que le général Massu, personnalité célèbre depuis les affaires algériennes.

                Massu communique l’information à Messmer, qui la répercute à Pompidou. Celui-ci la reçoit avec froideur et amertume : le Premier ministre n’a pas été consulté par le chef de l’État. C’est comme si la confiance était brisée, surtout après la tension qui, depuis des semaines, oppose ces deux personnalités analysant très différemment la crise. De Gaulle voulait une réponse de fermeté – si on l’avait écouté, Mai 68 aurait été vite endigué. Le Premier ministre a privilégié la négociation et la compréhension de cette société nouvelle à l’œuvre.

                Une rencontre entre de Gaulle et le général Massu

                Vers 15 heures ce 29 mai, le général Massu est prévenu que l’hélicoptère présidentiel, l’Alouette II, avec Charles et Yvonne de Gaulle à bord, va se poser dans sa résidence de Baden-Baden. À la sortie de l’hélicoptère, de Gaulle marche vers Massu, lève les bras et dit : « Massu, tout est foutu. Les communistes ont tout bloqué, je ne commande plus rien, donc je me retire. Comme je me sens menacé en France ainsi que les miens, je viens chercher refuge chez vous afin de déterminer que faire. » C’est ce que rapporte le général Massu lui-même.

                Un long contentieux existe entre ces deux hommes depuis la crise algérienne. Massu était partisan de l’Algérie française, il en était même l’incarnation. Il n’avait pas bien vécu le tournant de 1959 et la politique d’autodétermination. Cela n’empêche pas une fidélité de guerre : de Gaulle a toujours reconnu la très grande valeur de soldat de Massu, auquel il a donné sa cinquième étoile. Mais Massu mesure le découragement du chef de la France Libre. Il lui faudra tout son courage de militaire pour s’adresser à celui qu’il considère toujours comme son chef. « M’armant de tout mon courage, dit-il, je me décide à entamer avec lui le match le plus difficile de toute ma carrière, celui que je suis le plus fier d’avoir gagné. »

                La parution des Mémoires de Massu a suscité une énorme polémique, de nombreux gaullistes lui reprochant de s’être donné le beau rôle. On ne sait pas exactement ce qui s’est passé dans son bureau. L’entretien a duré une heure. Aucun témoin, en dehors du domestique venu apporter un plateau-repas – que de Gaulle n’a pas touché.

                De Gaulle se sent humilié par une société française qu’il ne comprend plus

                Le Général était abattu, c’est certain. Il aurait confié à Massu qu’il avait l’impression d’assister au suicide d’un pays pourtant en pleine prospérité : en 1968, la France allait extrêmement bien. Il se sent humilié d’être traité ainsi par cette société qu’il ne comprend plus. « Tout le monde veut me voir partir, Massu, même les meilleurs », et il n’épargne pas le Premier ministre Pompidou qui « a peut-être eu tort de composer avec les étudiants, mais a été très bien par la suite », selon ce que rapporte Massu.

                Pendant une heure, le général qui commande les forces françaises en Allemagne use d’arguments pour convaincre le Président de ne pas abandonner. Massu sait à quel point les questions d’honneur, de prestige et le sens de l’histoire sont importants pour de Gaulle. Il vient de gagner son match. Une heure et demie après l’arrivée du Président, il peut téléphoner à Messmer : « Le chef de l’État vient de redécoller, direction Colombey. »

                Le soir du 29, de Gaulle est à Colombey. Le 30 au matin, on le voit rentrer à l’Élysée où il préside, comme il aurait dû le faire la veille, le Conseil des ministres. L’émotion est grande : les journaux annonçaient sa démission, qu’on croyait imminente. De Gaulle, regonflé par son échange avec Massu, paraît inflexible.

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                À 16h30, il prononce sa fameuse allocution radiodiffusée de moins de cinq minutes. Il n’a pas voulu la téléviser, renouant ainsi avec l’appel du 18 juin. L’émission est enregistrée à l’Élysée. « J’ai pris mes résolutions », déclare-t-il. Il annonce qu’il reste, maintient Pompidou, dissout l’Assemblée nationale.

                Quelques heures plus tard, à l’appel des grands barons et notamment d’André Malraux, une marée tricolore envahit les Champs-Élysées. Cinq cent mille personnes, peut-être davantage, scandent « De Gaulle ! De Gaulle ! » Le Général a repris la main. Un mois plus tard, les élections législatives du 30 juin donnent au parti gaulliste une majorité écrasante : 367 députés, 108 de plus qu’aux élections précédentes, un chiffre qui aujourd’hui nous paraît miraculeux.

                Le 7 juin, de Gaulle donne une interview apaisée à l’Élysée : « Oui, le 29 mai, j’ai eu la tentation de me retirer. Et puis, j’ai pensé que si je partais, la subversion menaçante allait déferler et emporter la République. Alors une fois de plus, je me suis résolu. Vous savez, depuis quelque chose comme trente ans, j’ai affaire à l’Histoire. Il m’est arrivé quelquefois de me demander si je ne devais pas la quitter. »

                Franck Ferrand

                 

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