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  • Scala de Milan : Le chef d’orchestre Riccardo Chailly victime d’un malaise en plein concert et hospitalisé en soins intensifs

    Alors qu’il dirigeait Lady Macbeth du district de Mtsensk, le directeur musical de la Scala de Milan Riccardo Chailly, 72 ans, a été victime d’un malaise puis hospitalisé. La fin de la représentation a été annulée.

    L’opéra de Dimitri Chostakovitch, Lady Macbeth du district de Mtsensk, ouvre la saison de la Scala de Milan. Si la première représentation, donnée dimanche s’est fort bien déroulée, celle de ce mercredi a pris une tournure nettement plus dramatique. Le chef d’orchestre Riccardo Chailly a fait un malaise qui a conduit à son hospitalisation en soins intensifs dans le service cardiologie de l’hôpital Monzino de Milan, et la représentation a été annulée.

    Selon les témoignages recueillis à l’issue de la représentation, le directeur musical du Teatro alla Scala a commencé à montrer des signes de faiblesse à la fin du premier acte et l’entracte qui s’en est suivi a duré dix minutes de plus que prévu. Mais le chef d’orchestre italien a tenu à reprendre la direction de la représentation jusqu’au second entracte lorsqu’il a fallu appeler une ambulance pour l’évacuer d’urgence.

    Riccardo Chailly va-t-il remonter sur scène pour les autres représentations ?

    Après avoir un temps envisagé de confier la direction de la fin du concert au souffleur, le directeur artistique de la Scala, Paolo Gavazzeni, est venu sur la scène pour expliquer au public qu’en raison de la complexité de l’œuvre et surtout « par respect pour le maestro Chailly », le théâtre avait décidé d’annuler définitivement la fin de la soirée.

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    2025 est décidemment une mauvaise année pour Riccardo Chailly, qui quittera la direction musicale de la Scala l’an prochain après 12 ans d’exercice. Souffrant d’insuffisance cardiaque depuis de nombreuses années, le maestro italien avait déjà dû déclarer forfait en février dernier pour la tournée européenne  de l’orchestre de la Scala qui l’avait remplacé par Lorenzo Viotti.

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    Dans un message adressé à la Scala ce jeudi, Riccardo Chailly tient à rassurer sur son état de santé et estime qu’il sera « de retour sur le podium très bientôt« . Néanmoins, on voit mal comment le maestro pourrait être rétabli pour pouvoir assurer la direction des cinq autres représentations de l’opéra de Dimitri Chostakovitch programmées entre le 13 et le 30 décembre.

    Philippe Gault

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    Nathalie Stutzmann nommée directrice artistique et musicale de l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo

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  • Nathalie Stutzmann nommée directrice artistique et musicale de l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo

    La Princesse Caroline, présidente de l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo (OPMC), a annoncé ce mercredi la nomination de Nathalie Stutzmann en tant que directrice artistique et musicale de la formation monégasque. La cheffe d’orchestre française entrera en fonction à l’été 2026 pour un mandat de quatre ans.

    La belle année 2025 de Nathalie Stutzmann, 60 ans, se termine bien. Après l’annonce, en novembre, de la prolongation de son mandat à la tête Atlanta Symphony Orchestra (ASO) pour trois ans, la cheffe d’orchestre et contralto française a été nommée pour quatre ans directrice artistique et musicale de l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo.

    Le 1er septembre 2026, Nathalie Stutzmann succédera au chef d’orchestre japonais Kazuki Yamada qui occupe ces postes depuis 2016 et va rejoindre Berlin pour prendre les commandes du Deutsches Symphonie-Orchester (DSO). L’annonce de la nomination de la maestra française a été faite, lors d’une conférence de presse, par la Princesse Caroline de Hanovre, présidente du Conseil d’administration du grand orchestre monégasque créé en 1856.

    Nathalie Stutzmann sera la première femme à diriger l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo

    Déjà première cheffe d’orchestre française nommée à la tête d’un grand orchestre américain, Nathalie Stutzmann va devenir la première femme à diriger l’OPMC, succédant à 18 hommes. Dans une déclaration diffusée après l’annonce de sa nomination, Nathalie Stutzmann a rappelé : « Ma collaboration avec l’orchestre a débuté il y a déjà dix ans et, durant toutes ces années, nous avons tissé une belle complicité et partagé une immense joie de faire de la musique ensemble. J’ai hâte d’explorer de nouveaux horizons musicaux et de continuer à partager notre passion pour l’excellence avec le public monégasque et faire rayonner l’OPMC dans le monde entier ».

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    Formée, comme tant de grands chefs d’orchestre, par le célèbre professeur de direction d’orchestre finlandais Jorma Panula, Nathalie Stutzmann a débuté avec la formation monégasque en dirigeant en 2014 L’Elisir d’amore de Gaetano Donizetti à l’Auditorium Rainier III avant de revenir régulièrement y diriger des concerts symphoniques. Elle a également été élevée au rang d’officier dans l’Ordre du Mérite Culturel de la Principauté et devrait travailler avec Didier de Cottignies, le délégué artistique de l’OPMC depuis 2019.

    Philippe Gault

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  • Jorma Panula, maître de Salonen et Mäkelä, célèbre avec éclat les 160 ans de la naissance de Sibelius

    À 95 ans, Jorma Panula a dirigé le 8 décembre l’Orchestre Philharmonique d’Helsinki à l’occasion d’un concert qui célébrait le 160e anniversaire de la naissance de Sibelius. Considéré comme un des plus grands professeurs de direction d’orchestre, il a formé toute une génération de chefs d’orchestre finlandais qui brillent sur les plus grandes scènes du monde.

    Esa-Pekka Salonen, Mikko Franck, Sakari Oramo, Jukka-Pekka Saraste, Hannu Lintu, Osmo Vänskä, Susanna Mälkki, Klaus Mäkelä, Tarmo Peltokoski… Autant de grands chefs d’orchestre finlandais qui ont suivi les cours de direction d’orchestre dispensés par Jorma Panula à l’Académie Sibelius depuis 1973. Sans compter ceux qu’il a formés aux conservatoires royaux de Stockholm et de Copenhague. « Le professeur qui a formé les plus grands chefs d’orchestre », selon le New York Times.

    Lui-même élève de la prestigieuse académie d’Helsinki, Jorma Panula, né à Kauhajoki en août 1930, fut directeur artistique et chef principal de l’Orchestre philharmonique de Turku puis du Philharmonique d’Helsinki et de l’Orchestre symphonique d’Århus (Danemark) avant de se consacrer principalement à l’enseignement et à la composition. On lui doit notamment des opéras, des œuvres de musique sacrée et chorale et des concertos pour violon et trompette.

    Le plus vieux chef d’orchestre en activité après le doyen Herbert Blomstedt, 98 ans

    À 95 ans, Jorma Panula est considéré comme le plus vieux chef d’orchestre encore en activité, juste après Herbert Blomstedt, le doyen suédois des maestros qu’on a encore pu voir à la Philharmonie de Paris, en mai dernier, diriger à 97 ans l’Orchestre de Paris dans la Symphonie n° 1 de Johannes Brahms et qui entamera une série de concerts en Allemagne (Dresde et Leipzig) au premier trimestre 2026.

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    Lundi dernier, Jorma Panula a repris la baguette devant le public de la Musiikkitalo, la grande salle de concert de la capitale finlandaise, à l’occasion d’un concert qui célébrait le 160e anniversaire de la naissance de Jean Sibelius. Le maestro, toujours alerte, y a dirigé l’Orchestre Philharmonique d’Helsinki et la soprano Iris Candelaria dans une sélection d’œuvres de Sibelius et d’autres grands compositeurs finlandais.

    Comme un passage de témoin générationnel, lors de ce concert, Jorma Panula a partagé le podium avec Maximilian Fagerlund, jeune pianiste finlandais de 18 ans, qu’il forme à la direction d’orchestre depuis 2024.

    Le concert du Philharmonique d’Helsinki du 8 décembre, dirigé par Jorma Panula et Maximilian Fagerlund, peut être visionné en streaming sur la plateforme medici.tv.

    Philippe Gault

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  • Pour sa deuxième édition, le festival Classiquicime transforme Megève en véritable scène à ciel ouvert.
    Du 26 au 29 mars, plongez au cœur d’un festival de musique classique unique au coeur des Alpes.

    Plus de 200 artistes venus d’horizons variés s’y donnent rendez-vous pour quatre jours de festival et 10 concerts d’exception.

    Le festival s’ouvre sur la spectaculaire Nuit Vivaldi, où Les Quatre Saisons prennent vie entre le baroque du Concert de la Loge, la chorégraphie inventive de Mourad Merzouki et la puissance de la Compagnie Käfig.

    Suivent des journées rythmées par les leçons de musique, les concerts pédagogiques et les cafés-rencontres, avant des soirées exceptionnelles telles que : la Nuit du Piano avec Lise de la Salle et Saskia Giorgini, le Prélude à la Nuit – Miserere d’Allegri avec Le Poème Harmonique, et la majestueuse Nuit Russe où l’Orchestre des Pays de Savoie et Alex Vizorek donnent vie à Pierre et le Loup.

    Dimanche, place à un brunch musical, un Prélude quatuor, et CLASSI’KIDS – Mozart et Nous, une fantaisie joyeuse et participative pour les enfants, avant un concert de clôture familial et vibrant offert par l’Orchestre d’Harmonie de Megève.

    Un rendez-vous unique, vibrant et inspirant, à ne surtout pas manquer !

    Plus d’informations et réservations sur : https://www.classiquicime-megeve.com/

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  • Une piquante parodie du mythe de Faust pour les fêtes au Théâtre de l’Athénée

    A l’occasion de la production du Petit Faust d’Hervé au Théâtre de l’Athénée, nous nous glisserons, ce mercredi 10 décembre à 20h, dans les coulisses de ce spectacle plein de fantaisies.

    Dans le cadre de son exploration de l’opérette française du 19ème siècle, le Palazzetto Bru Zane nous invite à découvrir une œuvre d’Hervé, l’un des maîtres du genre, conçue dans l’esprit de la parodie. Il s’agit ainsi du pendant comique du Faust de Gounod, qui met en scène une Marguerite délurée et dans laquelle le personnage de Méphisto est incarné par une mezzo-soprano. A travers une partition colorée et entrainante, ponctuée de clins d’œil à Gounod, Berlioz et même Wagner.

    Le Faust version opérette et déjantée

    Un ouvrage qui fait l’objet d’une pétillante production, transposant l’action dans le monde de la télévision des années 80 et 90, présentée du 13 au 20 décembre au Théâtre de l’Athénée. Nous en découvrirons les secrets en compagnie de Sol Espeche qui en a signé la mise en scène, Sammy El Ghadab qui en assure la direction musicale à la tête des frivolités parisiennes et Mathilde Ortscheidt qui y incarne Méphisto.

    Laure Mézan

    Retrouvez le journal du classique du lundi au vendredi à 20h

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  • Vatican : À la demande du pape, le chanteur de jazz Michael Bublé a chanté l’Ave Maria de Schubert lors de la Messe des pauvres

    Invité avec d’autres artistes à chanter lors de la Messe des pauvres le 6 décembre au Vatican, Michael Bublé a interprété l’Ave Maria de Schubert à la demande expresse du pape Léon. Le crooner canado-italien, fervent catholique, a même réussi à faire fredonner quelques notes d’une de ses chansons au souverain pontife.

    La sixième édition de la Messe des pauvres, créée par le pape François en 2015 et à laquelle sont invités 3000 nécessiteux (SDF, migrants, sans-papiers, personnes en détresse psychologique et sociale…), s’est tenue le 6 décembre dans la salle Paul VI au Vatican. Une cérémonie au cours de laquelle des artistes sont invités à se produire devant le public et, pour la première fois cette année, en présence du pape qui a eu son mot à dire sur la programmation de l’événement.

    La veille de la cérémonie, le pape Léon XIV a tenu a rappeler que le chant liturgique « est destiné à élever l’âme », citant Saint-Augustin : « Vous devez chanter pour Lui… chantez bien, frères », et, sur un ton léger, a lancé à l’adresse des artistes, invités à chanter avec le Chœur du diocèse de Rome et l’Orchestre de la Fondation Nova Opera : « S’il vous plaît, chantez bien demain ! ».

    « Le plus grand moment de ma vie et de ma carrière »

    Parmi ces artistes, en invité vedette, Michael Bublé a été surpris de découvrir qu’il devrait chanter, outre des chansons de son répertoire jazzy, l’Ave Maria de Franz Schubert. Un air à propos duquel il a avoué, après avoir fredonné quelques notes en conférence de presse, ne l’avoir jamais chanté en public. Le lendemain, lors de la messe, son interprétation fut parfaite et on a même pu voir le Saint-Père susurrer quelques mots de L.O.V.E., un des tubes du crooner.

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    Félicité par le pape Léon, qui a déclaré que son italien était « merveilleux », Michael Bublé, naturalisé italien depuis 2005, a confié que ce concert fut « le plus grand moment » de sa vie et de sa carrière.

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    Le chanteur, accompagné par ses parents et son épouse lors de ce séjour romain, a écrit sur son compte Instagram : « Se tenir devant Sa Sainteté était une expérience au-delà de tout ce dont nous aurions pu rêver. Partager quelques moments avec quelqu’un dont la gentillesse, l’humilité et la compassion ont touché tant de gens était vraiment inoubliable ».

    Philippe Gault

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  • Avec l’uniforme à l’école, « les enfants ne sont pas simplement l’individu-roi, ils deviennent l’écolier » assure le sociologue Jean-Claude Kaufmann

    Uniforme scolaire, bonne ou mauvaise idée ? Le débat, relancé régulièrement depuis plusieurs décennies, continue de diviser la classe politique comme l’opinion publique. Tandis que plusieurs établissements expérimentent cette tenue commune, la question reste hautement symbolique. Invité de la matinale, le sociologue Jean-Claude Kaufmann, auteur de L’Uniforme scolaire : vêtement archaïque ou instrument de la modernité ? (Armand Colin), propose une lecture bien plus profonde que le simple clivage politique.

    « Le débat est vide, faux et d’une grande pauvreté », estime Jean-Claude Kaufmann. Selon lui, la question a été confisquée par un affrontement idéologique. « C’est un débat purement politique de clans : la gauche contre la droite. La droite s’est emparée de la question de l’uniforme scolaire dans l’idée qu’il faut restaurer de l’ordre, de la discipline et de l’autorité dans la société. » Cependant, le sociologue rappelle que l’uniforme est une idée historiquement de gauche puisque cela a été pensé comme un outil d’égalité à l’école.

    Jean-Claude Kaufmann replace aussi la France dans un cadre plus large. « L’Europe continentale est une exception », observe-t-il. Dans la majeure partie du monde, l’uniforme scolaire est la norme. Cette singularité française s’explique par une évolution profonde des sociétés occidentales depuis les années 1960, marquée par l’émergence de « l’individu-roi ». « On est passé d’une société qui était cadrée, avec des règles morales et sociales qui définissaient les individus mais les enfermaient aussi à une société du sujet qui invente sa vie complètement librement, qui décide de sa vérité, de sa morale. C’est une liberté, une émancipation extraordinaire. »

    Une tenue balançant entre identité personnelle et cadre commun

    Une liberté qu’il juge précieuse, mais qui n’est pas sans conséquences. « Est-ce qu’on peut aller partout comme ça, de manière anarchique, sans régulation ? Est-ce que l’enfant est une personne absolue, capable de décider de tout ? », interroge-t-il. Selon l’invité de David Abiker, cette injonction permanente à l’autonomie peut devenir lourde à porter pour les plus jeunes : « Le pauvre [enfant], parfois il est complètement perdu et fatigué. » C’est là que l’uniforme, loin d’être une contrainte, peut jouer un rôle structurant.

    Contrairement aux idées reçues, il est souvent bien accepté par les enfants. « Les jeunes adorent se déguiser. Et là, ils rentrent dans quel déguisement ? Dans le rôle d’écolier. Quand ils rentrent à l’école, ils ne sont pas simplement l’individu-roi, ils deviennent l’écolier. » Même la forme de l’uniforme surprend parfois les adultes. Lorsqu’on consulte les élèves sur son apparence, certains responsables imaginent une tenue moderne, proche du sweat ou du vêtement de sport. « Et alors quand les enfants sont consultés, ils disent « Non, on veut le blazer !  » », raconte le sociologue, en référence à l’univers très codifié d’Harry Potter.

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    Pour Jean-Claude Kaufmann, l’uniforme dépasse largement la question du vêtement. « L’uniforme, c’est un point de repère institutionnel. » Il matérialise l’entrée dans un cadre, avec ses règles et ses exigences. Cela revient à la notion d’« appartenance au groupe », insistant sur le fait que l’uniforme favorise l’acceptation des règles et du collectif.

    Daphnée Cataldo

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  • Les vitraux de Claire Tabouret au Grand Palais : les maquettes préparatoires pour Notre-Dame de Paris sont visibles jusqu’au 10 mars

    Les vitraux de Claire Tabouret laisseront passer la lumière, dans un an, au côté de ceux conçus par Viollet-le-Duc, dans la Cathédrale de Notre-Dame de Paris. L’artiste-peintre française, qui vit et travaille à Los Angeles, a été désignée lauréate face à des artistes comme Daniel Buren, Yan Pei-Ming et Jean-Michel Alberola. Ses maquettes sont visibles dès aujourd’hui au Grand Palais, jusqu’au 10 mars.

    Six vitraux, six palettes de couleurs. Ici les verts se mêlent aux ocres, les violets aux bruns. « Il fallait respecter la lumière blanche de Notre-Dame, ce qui veut pas dire ne pas utiliser de couleurs mais utiliser des balances de couleurs équilibrées pour ne pas dénaturer cette lumière. Et l’idée, c’était aussi non seulement de faire une œuvre figurative, mais aussi de faire une œuvre qui soit comprise par tous, sans explication. Donc vraiment de se tenir au texte et de raconter une histoire » explique Claire Tabouret.

    Crédit : Marten Elder/ADAGP Paris

    L’artiste y raconte la Pentecôte. À chaque baie de vitraux, un moment de cette histoire. Au quatrième acte, la Vierge Marie est jeune, cheveux libres, les yeux rougis de tristesse, elle regarde vers le ciel. L’exposition permet de saisir tout le travail préliminaire. On peut découvrir dans les vitrines tous les pochoirs qu’elle a découpés à la main : « la dernière baie est la seule où on échange des regards avec les personnages ».

    Chaque verre du vitrail est soufflé à la bouche et réalisé sur mesure

    En fond, des motifs géométriques, rosaces ou losanges, rappellent le travail de Viollet-le-Duc et des artistes avant elle : « Pour moi, assez rapidement, m’est venue l’envie de les citer dans mon œuvre ». Un atelier de maître verrier est actuellement en train de créer les futurs vitraux. « Chaque verre est soufflé à la bouche et est réalisé sur mesure par rapport aux peintures », décrit Claire Tabouret. Ses œuvres seront installées à Notre-Dame dans un an. En attendant, la place du Grand Palais vous permettra de voir les projets de vitraux de Claire Tabouret et les œuvres d’Eva Jospin, avec ses forêts de cartons.

    Victoire Faure

     

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  • Lise Cristiani, musicienne et voyageuse : Découvrez la vie aventureuse de la première violoncelliste professionnelle de l’histoire de la musique

    Lise Cristiani est née il y a tout juste 200 ans, dans un siècle où les musiciennes professionnelles sont rares, et le violoncelle est considéré comme inconvenant pour une femme. Retour sur la vie trépidante de la plus illustre violoncelliste de son temps, dont les tournées la conduisirent jusqu’au fin fond de la Sibérie.

    Salle des concerts Herz, 14 février 1845, en plein cœur du 9e arrondissement. Le Tout-Paris s’est donné rendez-vous pour découvrir la prodige de 16 ans qui défraie déjà la chronique, alors que personne de l’a entendue publiquement. Nombreux sont les chroniqueurs à avoir fait le déplacement. Parmi eux, le compositeur Hector Berlioz et l’écrivain Théophile Gautier.

    Notez qu’à l’époque, le violoncelle se joue sans le pique (il faudra attendre 1850 et le grand virtuose François Servais pour que l’usage s’en généralise) qui stabilise l’instrument et l’empêche de glisser au sol. Pas question, donc, de jouer en amazone : pour le tenir, les interprètes n’ont d’autre choix que de l’assujettir fermement entre les cuisses. Et s’il existe bel et bien des femmes qui pratiquent l’instrument, y compris à un niveau élevé, cela reste cantonné à la sphère privée.

    Le phénomène Lise Cristiani est né dans les salons parisiens

    Waldemar Kamer, qui consacre à Lise Christiani une biographie rédigée à 4 mains avec son confrère René de Vries, aux éditions Bleu Nuit, précise qu’« un tiers des abonnés possède une particule, ce qui laisse supposer que plus de la moitié du public appartient à la noblesse et à la haute finance. C’est bien ce public-là que doit séduire un virtuose débutant. Le seul moyen de l’attirer vers ses concerts, c’est d’abord de jouer gratuitement dans les salons de la bonne société pendant la « saison » des bals et grandes réceptions, c’est-à-dire l’automne et l’hiver. Puis d’envoyer à tout le monde pendant le carême (février-mars) des invitations pour des places d’un concert payant – les codes en vigueur prescrivent que si vous recevez quelqu’un chez vous, vous devez lui rendre la visite. »

    Lise donne donc pendant l’automne et l’hiver 1844-45 un grand nombre de concerts dans les salons parisiens. Le phénomène Lise Cristiani est né. Plutôt que de jouer dans d’autres villes de province, comme c’est l’usage après un premier succès parisien, elle décide de partir à l’étranger.

    C’est lors d’un concert au Gewandhaus de Leipzig que Lise fait la connaissance de Felix Mendelssohn en octobre 1845. Il l’esquisse de la fameuse Romance op. 109 – la seule à n’être pas écrite pour piano. Il se murmure que ce n’est pas seulement une pièce pour elle, mais également un portrait d’elle (ce qui va faire couler beaucoup d’encre). En retour, Lise doit écrire quelque chose dans le propre album de Mendelssohn. Elle s’exécute séance tenante avec un andante pour violoncelle de huit mesures et écrit avec une calligraphie exceptionnellement soignée : « Que les maîtres qui m’entourent me pardonnent d’être ici, j’y suis non par vanité mais par reconnaissance ». Il y a de quoi, car elle ajoute un nom à une liste prestigieuse de compositeurs, dont Liszt et Chopin !

    Lise Cristiani apporte un vent de féminité dans l’appréhension du violoncelle

    Elle entreprend des tournées sans fin dès 1845. Elle les organise elle-même, se charge de louer les salles, de faire sa promotion. Elle est fêtée comme une star à Vienne, Leipzig ou Berlin. Très vite, les cours du Nord la réclament. Elle apporte un vent de féminité nouveau dans l’appréhension du violoncelle, en plus d’avoir la réputation d’enchanter les convives lors des dîners princiers. Elle parle d’aventures, de voyages – elle en a tellement vu !

    A Stockholm, les musiciens de l’Orchestre royal se mobilisent pour lui offrir un poste dans leur rang. Elle aurait pu devenir la toute première femme dans un orchestre professionnel ! Naturellement, elle est trop libre. Elle refuse. De retour à Paris, elle résume son voyage : « Vous voyez que j’ai fait d’assez belles courses, un peu sauvages, pas mal dangereuses, fort glorieuses et passablement pauvres. Voilà au juste les impressions qui m’y ont assaillies. Du reste, j’ai vu d’admirables pays, j’ai été reçue très bien et je ne m’en plaindrai jamais, car je prétends qu’un vrai artiste doit quelque fois voyager pour le corps et souvent pour l’esprit. Si cette maxime ne rend pas riche, du moins elle empêche d’être aussi bête. C’est toujours cela de gagné. »

    Lise est loin d’être la seule à vouloir chercher fortune en Russie, où l’on rétribue les virtuoses deux fois plus qu’en Europe, parce qu’il n’y a pas encore de Conservatoire pour former des interprètes locaux. Elle ne le sait pas, mais elle ne retraversera plus les frontières de la Russie, où vont se dérouler les sept dernières années de sa vie. Elle pousse son périple jusqu’à Saint-Pétersbourg. Elle loue la plus grande salle, le Bolchoï, le soir où se produit dans la capitale une autre star française : Berlioz. Les 2 000 places restent en grande partie inoccupées.

    La triste fin de Lise Cristiani, emportée par la maladie à seulement 27 ans

    Puis Lise arrive gelée jusqu’aux os à Moscou après 4 jours et 4 nuits en traîneau. La vie culturelle y est quasi inexistante ; mais on moins les moscovites n’ont pas à s’inquiéter de cette maladie dont on parle beaucoup car elle fait de nombreux ravages, le choléra : le froid l’a chassé de la ville, au moins pour un temps. Lise est atteinte d’une fringale de découvertes et de voyages qu’aucune destination en semble pouvoir apaiser. La voici en Sibérie…

    Puis elle part en traîneau jusqu’au Kamchatka où il y a des températures de – 40°C ! Il n’y a pas de vraiment de vie musicale au Kamchatka et de mémoire d’homme on n’y a encore jamais donné un concert. Elle sympathise avec des décembristes, les ennemis du régime impérial.

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    En novembre, direction le Caucase. A Piatigorsk, ville thermale au pied des monts Bechtaou, elle donne un concert devant un parterre de soldats le 18 juillet ; ce sera son dernier. Dans l’assistance, un certain Léon Nicolaïevitch Tolstoï, qui n’a encore que 24 ans. Il n’est pas d’humeur à apprécier le concert et note :

    « Je suis allé au concert de la Cristiani. Mauvais ». Et il poursuit : « Pourquoi personne ne m’aime-t-il ? ». Tolstoï est manifestement préoccupé par son nombril et son avenir. Et Lise, affaiblie, n’était probablement pas à son meilleur ce soir-là. Triste fin !

    Cet extrait du Journal de Tolstoï est la seule critique connue de son dernier concert. Car le choléra est de retour dans le sud de la Russie. Malgré cela, Lise décide de poursuivre son périple. Dans ses soirées solitaires, elle rêve d’être happée par une balle perdue… Ce sera finalement le choléra, qu’elle contracte à Novotcherkassk et qui l’emporte en une journée. Elle avait 27 ans.

    Franck Ferrand

     

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  • Allemagne : Découvrez le projet retenu pour le nouveau site de l’Opéra d’État de Hambourg

    Un cabinet d’architecture danois a remporté le concours lancé par l’Opéra d’État de Hambourg pour la construction de son nouveau site. Le projet sélectionné propose un bâtiment en spirale, ouvert sur la ville à 360 degrés, sur les bords de l’Elbe.

    Le quartier de HafenCity, créé après le réaménagement d’une partie du port de Hambourg, va accueillir (théoriquement) en 2034 une nouvelle salle de concert, dix-sept ans après l’inauguration de l’Elbphilharmonie. C’est en effet à la pointe de la presqu’île de Baakenhöft, telle la proue d’un paquebot, que sera édifié le bâtiment qui abritera l’Opéra d’État de Hambourg, le Ballet de Hambourg et l’Orchestre philharmonique d’État de Hambourg qui vont donc quitter le site historique de Dammtorstraße qu’ils occupent depuis 1827.

    © Yanis Amasri Sierra/BIG

    À l’issue d’un concours lancé par la ville, l’institution musicale et la Fondation Kühne – qui s’est engagée en 2022 à financer plus de la moitié du coût du chantier – le cabinet d’architecture Bjarke Ingels Group (BIG) a été sélectionné malgré certaines interrogations, notamment sur le fait que ce bureau d’étude danois est déjà en charge de la construction du Vltava Philharmonic Hall de Prague, la capitale tchèque jumelée avec… Hambourg.

    « À la nuit tombée, le bâtiment évoquera une fleur épanouie »

    Bjarke Ingels, fondateur et directeur artistique de BIG, précise que « Le nouvel opéra se présentera comme un paysage de terrasses concentriques, émanant telles des ondes sonores d’un centre musical vibrant et se propageant dans le port comme des ondulations à la surface de la mer. Le parc tridimensionnel, ouvert au public et accessible de tous côtés, offrira des vues imprenables dans toutes les directions, sur la vieille ville et la nouvelle ».

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    Le jury, conquis par la façade et les toitures en surplomb qui créent une cascade d’élégants balcons se dit persuadé que « le bâtiment deviendra un emblème à la nuit tombée, car ses pétales déployés, illuminés par le bas, évoqueront une fleur épanouie ». 

    © Yanis Amasri Sierra/BIG

    Reste maintenant à respecter un échéancier assez serré. À commencer par la décision finale de financement qui doit être entériné d’ici à la fin du premier trimestre 2028 pour des travaux qui doivent démarrer début 2030 et une livraison du bâtiment annoncée mi-2034. Se pose également la question de l’avenir du bâtiment qu’occupe actuellement l’Opéra d’État de Hambourg, classé monument historique.

    Philippe Gault

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