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  • Le pianiste Lucas Debargue remet en cause la notion de « musique classique » et dénonce l’influence néfaste de la critique

    Lucas Debargue s’interroge sur le concept de « musique classique ». Dans un texte publié sur Facebook et sur son site, le pianiste s’en prend à la critique qui, selon lui, bride la créativité des musiciens classiques et encense certaines « légendes » au détriment de nouveaux talents qui s’écartent des normes.

    Le texte publié par Lucas Debargue sur son compte Facebook tient plus d’une réflexion personnelle sur l’évolution de la musique classique et de la manière dont elle est perçue notamment par les critiques. Le jeune pianiste français prévient d’ailleurs, en préambule de son propos, que « Ce texte est une critique en soi : il utilise à bien des égards des outils courants qu’il dénonce ici et là. C’est en quelque sorte mon propre exorcisme ».

    C’est après une série de concerts en Allemagne, à l’issue de laquelle les musiciens de l’orchestre ont été surpris de l’entendre improviser différemment chaque soir (pendant et après l’interprétation de Rhapsody in Blue de George Gershwin) que Lucas Debargue dit avoir été amené à réfléchir à l’idéologie et à la pratique de la musique classique qui est, selon lui « Un concept marketing récent qui tente désespérément de contenir des siècles de pratiques musicales diverses, dont la plupart ont un point commun essentiel : elles sont écrites ».

    Lucas Debargue : « Les interprètes ne sont plus des créateurs, mais des ingénieurs athlétiques »

    Pour Lucas Debargue : « le terme classique rebute la plupart des gens, car il évoque un ordre rigide et figé et, qu’on le veuille ou non, il est associé au préfixe intimidant de classe (…) Composer ou improviser est très éloigné de la formation habituelle de l’interprète, qui ne poursuit que deux objectifs : la maîtrise technique de l’instrument et la capacité à jouer la partition correctement. Il devient alors évident que les interprètes ne sont plus des créateurs, mais des ingénieurs athlétiques ».

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    Cette valorisation de la perfection technique est, pour le pianiste, un aspect que les critiques mettent avant tout en avant et qui leur donne donc un rôle néfaste en perpétuant une vision figée de la musique classique. Lucas Debargue dénonce également l’hypocrisie de cette critique qui glorifie « généralement aveuglément certaines légendes élues », tout en rejetant les nouveaux talents qui s’écartent des normes.

    « Entendre moi-même le rire de la musique aussi souvent que possible »

    Pour sortir de l’élitisme qu’il dénonce, Lucas Debargue prône un retour à une pratique musicale plus libre, où les musiciens pourraient se permettre d’improviser, de composer, et d’expérimenter. En conclusion de son texte, le musicien écrit : « Je ressens un fort désir de me libérer de tout ce qui relève de cette idéologie, car je perçois à quel point elle nuit à la musique. L’une des rares choses que je désire le plus est d’entendre moi-même le rire de la musique aussi souvent que possible, et de le répandre en jouant, en improvisant et en parlant partout où je le peux ».

    Une liberté de jeu dont Lucas Debargue fera profiter les spectateurs lors de ses prochaines représentations en France, le 8 janvier à L’Opéra National de Bordeaux et le 9 au Théâtre de l’Odyssée de Périgueux. Des concerts au cours desquels il interprétera (et improvisera sur) des œuvres de Maurice Ravel et George Gershwin.

    Philippe Gault

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  • « Accepter de perdre ses enfants » : Pour Sylvain Tesson, « le général Mandon parlait de ses hommes, des militaires »

    Sylvain Tesson vient de publier Le Quotidien de l’éternité aux éditions des Equateurs, un recueil d’articles, d’entretiens et d’éditoriaux de son père Philippe Tesson, une des grandes figures de Radio Classique. Il était l’invité de la matinale de David Abiker ce mardi. 

    Sylvain Tesson est revenu sur la carrière de son père, qui a montré « une forme de distance très bienveillante, une tendresse » dans ses commentaire sur l’actualité. L’auteur de La Panthère des neiges s’est lui aussi prêté au jeu du commentaire de l’actualité : il a exprimé son soulagement mêlé d’inquiétude face aux négociations en cours entre la Russie et l’Ukraine et appelle aussi au calme après les propos controversés du général Mandon.

    Les négociations entrent dans une phase décisive cette semaine pour la recherche de paix entre la Russie et l’Ukraine. Une paix voulue, imposée par les États-Unis. Mais cette paix exige-t-elle d’écraser l’Ukraine ?

    SYLVAIN TESSON : Je crois que beaucoup de vos auditeurs partageront cet écartèlement qui est le mien. Nous sommes tiraillés entre une espèce de soulagement que tout ce massacre et cette horreur, qui possède des aspects de fratricide, presque de guerre civile car il y a un cousinage très profond de ces peuples slaves qui se battent sur ces plaines tellement proches de notre petite Europe de l’Ouest. Nous sommes écartelés entre le soulagement qu’une résolution de ce conflit se profile et puis une inquiétude. Il ne faudrait pas que l’Ukraine perde son indépendance et sa souveraineté dans une espèce de paix bancale qui ne serait qu’une sorte de faux compromis.

    Est-ce que vous estimez que l’Europe est menacée par la Russie ? Il y a de nombreux débats, des sorties de généraux depuis plusieurs semaines qui disent qu’il faut que la France se prépare. Il y a eu ce discours du président de la République à Varsovie la semaine dernière qui rétablit un service militaire volontaire. Est-ce que vous faites partie de ceux qui disent attention, le son du canon n’est pas si loin ?

    S.T. : D’abord, l’agression de la part de Poutine en 2022 a d’une certaine manière réveillé l’Europe. C’est ce qu’on appelle, ce que les rhétoriciens et philosophes grecs appellent l’hétérotélie, c’est-à-dire le fait que vous voulez faire quelque chose et il se passe autre chose. Lui voulait prendre le Donbass en passant par Kiev, et soudain il réveille la conscience de l’Europe, et même de la défense européenne. L’Europe s’aperçoit que l’histoire n’est pas finie. Mais il y a une deuxième question : est-ce que l’histoire va se faire sans l’Europe ?

    Sylvain Tesson : « Le général Mandon est resté dans le cadre absolu de ses fonctions »

    On assiste à un événement très paradoxal : les Européens s’aperçoivent soudain qu’on ne peut pas uniquement rêver de l’avenir comme d’une grande plateforme de marché commun où l’on opérerait libéralement sa prospérité économique, mais que l’histoire s’est réinvitée à nos frontières. Sauf que dans le même temps, on s’aperçoit de notre espèce de faiblesse. Nous avons dégarni nos frontières. Nous nous sommes peut-être – qui suis-je pour lancer ces imprécations – mais nous nous sommes peut-être assis sur une certitude que l’histoire était finie, et puis tout à coup vient l’obligation de se réveiller. Au sujet de la phrase du général Mandon [qui a déclaré qu’il fallait « accepter de perdre ses enfants »], faisons attention de ne pas prendre le commentaire d’une phrase pour un événement.

    D’abord, de qui parlait-il ? Le général parlait de ses hommes, c’est-à-dire des gens dont il a la responsabilité, les militaires. N’exagérons rien, il n’était pas en train de dire que tous les enfants des écoles allaient devoir, au son du tambour, prendre leurs épées de bois et se masser à la frontière. Je crois qu’il faut voir avec un peu de calme ses propos. J’ai appris les propos du général Mandon quand j’étais sur un bateau, un porte-hélicoptères amphibie, invité par la marine nationale et la légion étrangère. Ce porte-hélicoptères était en train de croiser, il y a dix jours, dans le cadre de la mission Corymbe au large des côtes du Sénégal, pour essayer de maintenir un semblant de présence française en Afrique de l’Ouest. Je vous rappelle que la France est partie de toute l’Afrique de l’Ouest à la fin de l’année 2022. C’est une tentative de la France, à la demande des pays africains, de la coopération militaire, de revenir pour essayer d’imposer une certaine forme de stabilité en Afrique de l’Ouest. J’avoue que les marins et les légionnaires avaient trop de travail pour commencer à s’exciter sur des sorties d’un général qui, je crois, restait dans le cadre absolu de ses fonctions et de son discours.

    Vous publiez avec votre sœur Stéphanie Tesson Le Quotidien de l’éternité, un recueil de textes et d’interviews de votre père. Il a dû signer 20 000 articles au cours de sa vie de journaliste. C’est énorme. Vous avez essayé d’en rassembler le plus possible, les plus exemplaires de son travail et de sa carrière de journaliste. Il disait : « La guerre est restée pour moi l’interrogation majeure, incompréhensible à la fois sur le plan historique, philosophique, moral, mais aussi sur le plan humain. Ces périodes que nous vivons actuellement augmentent encore ma souffrance. » Est-ce que vous avez saisi le sens de cette sortie de votre père ?

    S.T. : Il nous en parlait souvent. Il avait 12 ans quand la guerre est arrivée, il était né en 1928. Ça a été évidemment la grande catastrophe de son enfance. Tout d’un coup, il a vu autre chose que le spectacle auquel normalement est destiné l’enfant. La trilogie de l’enfant, c’est l’insouciance, l’innocence et une forme d’insolence. Et voilà que tout d’un coup, on l’invitait à juger des affaires des hommes avec gravité et douleur. On peut bien comprendre que c’est un grand fracas, un écroulement dans une âme d’enfant. Et puis la maison était occupée, puisqu’il était né dans un petit village en Picardie. La maison familiale était occupée par des officiers allemands, comme dans le livre de Vercors, Le Silence de la mer.

    Sylvain Tesson : « Le journalisme et le théâtre, c’est un peu la même chose » 

    Il a vu des officiers dès sa tendre enfance dans sa maison, et toute la vie en a été bouleversée. Il est parti en exode avec les avions allemands qui survolaient les caravanes familiales. Il a perdu son père qui n’était pas mort au front mais emprisonné dans un oflag. Son père était officier, parti dans un oflag en Allemagne. Son enfance lui a été ravie. L’insouciance de l’enfance est toujours un dommage collatéral de la guerre. Ça l’a complètement hanté. C’est pour cela qu’il a fait de la politique ensuite et du journalisme politique avec de la distance. Et quelle est l’addition dans l’équation humaine de la distance que l’on prend avec les choses et du tourment né de la guerre ? Ça s’appelle à la fois le journalisme et le théâtre. C’est un peu la même chose. Vous êtes bien placé pour savoir qu’il y a quelque chose de la comédie et de la tragédie dans le jeu politique. Et le journaliste va au spectacle tous les jours et il rend compte de la pièce de théâtre qui s’écrit sous ses yeux. C’est ce qu’il a fait dans sa vie, il a mêlé l’art journalistique et l’art théâtral. C’est pour ça qu’à la fin de sa vie, il a dirigé un petit théâtre [le Théâtre de Poche NDR].

    Toute sa vie, pendant des décennies, il a commenté l’actualité politique [à Radio Classique] avec Guillaume Durand, et dans ses journaux, puisqu’il a été rédacteur en chef de Combat pendant 20 ans, puis il a créé Le Quotidien de Paris, et ensuite il est intervenu dans certains journaux. C’est Olivier Frébourg et les éditions des Équateurs qui ont rassemblé quelque chose comme 300, 400 articles de ses 55 ans d’intervention politique dans le champ de la Ve République. Il se dégage de cette extraordinaire énergie de commentaire de l’actualité une forme de distance très bienveillante, une tendresse, mais aussi une implacable volonté de défendre à tout prix la gaité, la légèreté et la liberté.

    Je suis tombé sur un texte intéressant. Je vous en lis quelques lignes. « Il y a dans l’époque une manière étrange de s’accoutumer au médiocre. On s’y habitue comme à une mauvaise odeur. D’abord on grimace, puis on respire un peu fort et enfin on n’y pense plus. C’est cela au fond le vrai drame, non pas la crise, non pas les tensions, non pas la cacophonie politique que nous subissons. Tout cela est ancien, presque folklorique. Ce qui est nouveau, c’est la résignation. Pourtant, je veux croire qu’il reste ici ou là des éclats de courage, des fragments de lucidité. Une nation ne meurt pas d’un seul coup, elle s’éteint faute de voix. Pour s’en inquiéter, il suffirait qu’un peu plus d’entre nous se lève, parle clair, refuse le ronron soporifique des certitudes commodes. Voilà ce qu’il faudrait, du nerf, de l’esprit et surtout cette vieille vertu française qu’on croyait perdue : la liberté de dire non et de le dire fort. » Reconnaissez-vous là votre père ?

    S.T. : Bien sûr.

    Je vous arrête. C’est l’IA qui a écrit à la façon de votre père.

    S.T. : Mais quelle horreur ! Comment pouvez-vous insulter un mort au point de convoquer cette abomination robotique ?

    Elle vous a piégé quand même.

    S.T. : Oui, mais ça veut dire qu’elle sent le cadavre, cette espèce de puce globale immonde. Elle a pillé. De toute façon, c’est ça le principe de l’IA : c’est de piller. Ce supercalculateur qui exalte les imbéciles n’est en fait qu’un immense monstre de plagiat. C’est le Frankenstein du pillage généralisé de ce que nous lui donnons.

    Je savais que vous diriez ça, mais je n’ai pas pu résister.

    S.T. : Je ne peux pas résister au fait de manifester mon abomination. La transfusion sanguine que vous venez de faire en siphonnant le contenu numérique des éditoriaux de mon père, qui donne ce pastiche, a révélé au moins un mot qui est le mot de mon père : résignation. Il détestait ça, parce que son grand combat était le combat de l’énergie. Il aimait l’énergie. Or il n’y a pas plus énergétique que la liberté et la liberté de dire.

    Philippe Tesson a été condamné 25 fois pour outrage au chef de l’Etat

    Dans Le Quotidien de l’éternité des éditions des Équateurs, qui rassemble les 60 années d’intervention politique, il se souvient de temps en temps qu’il s’est fait condamner 25 fois à la chambre correctionnelle pour outrage au chef de l’État. Sans regret, non seulement sans regret, mais presque avec fierté. Il disait : « Le rôle du journaliste, c’est d’être un poil à gratter. » Le journaliste est sur un strapontin de la fosse d’orchestre.

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    Il regarde la tragi-comédie politique avec malheureusement des hommes politiques qui sont de plus en plus médiocres dans leur verbe. Je pense que ce serait sa tristesse aujourd’hui de voir des députés qui s’écharpent mal. La comédie, la commedia dell’arte parlementaire est toujours la même, sauf qu’elle est moins bien servie. Il n’y a plus un Goldoni ou un Gozzi pour faire le texte. Ce qu’il voulait, lui, c’est que l’énergie soit là et la liberté de dire.

    Que va-t-il se passer du 1er au 12 décembre au Théâtre de Poche à Montparnasse à Paris ? Vous allez dire des extraits de votre livre Les Piliers de la mer que vous avez publié l’année dernière chez Albin Michel avec un violoniste ?

    S.T. : D’abord, c’est au Théâtre de Poche qu’avait repris mon père en 2014 et que dirige aujourd’hui ma sœur. Le théâtre étant pour lui la continuation de la politique. Il avait une phrase terrifiante : « La vie est médiocre, mais le théâtre est là pour la racheter. » C’est pour ça qu’il a toujours voulu faire une commedia dell’arte de ses journaux et toujours voulu mettre l’actualité dans le théâtre. Du 1er au 12 décembre, tous les soirs à 21h, je raconte ma dernière aventure sur les falaises maritimes. J’ai fait une aventure à la fois physique et philosophique dans les mers du monde et je suis accompagné d’un merveilleux violoniste américain qui s’appelle Ian McCamy. On fait de la musique de taverne irlandaise, de la musique celtique, et moi je raconte l’aventure sur Les Piliers de la mer. C’est tous les soirs du 1er au 12 décembre à 21h et il reste des places au Théâtre de Poche.

     

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  • L’extraordinaire destin d’une cheffe de guerre pendant l’Antiquité : Artémise, une femme amiral dans l’Empire Perse

    Reine grecque dans l’Empire perse, Artémise commande cinq vaisseaux dans la bataille de Salamine et manœuvre avec ruse. Elle parviendra à sauver sa flotte par un audacieux stratagème, en faisant croire à une trahison.. qui coûtera un certain nombre de vies !

    Les Doriens sont un peuple grec qui, au Ve siècle avant notre ère, vit au sud du Péloponnèse, dans ce qu’on appelle la Laconie, en Crète également, à Rhodes et dans le sud-ouest de l’Asie Mineure, ce qui est aujourd’hui la côte turque. C’est là que nous sommes, en l’an 485 avant notre ère, dans la pointe sud-ouest de cette Asie Mineure, dans une cité-royaume : celle d’Halicarnasse. Halicarnasse, c’est l’actuel Bodrum en Turquie. La cité d’Halicarnasse ouvre sur la mer de Crète et les Cyclades. Elle est un port commercial extrêmement animé. Il faut imaginer une sorte de chaudron constamment bouillant.

    À la tête de cette cité maritime se trouve une reine d’une quarantaine d’années qui s’appelle Artémise. Si nous connaissons aujourd’hui Artémise, c’est grâce au père de l’Histoire, l’historien antique Hérodote, auteur de la fameuse Historia. En grec, cela veut dire « l’enquête ». Il a écrit une quarantaine d’années après les faits qui nous intéressent aujourd’hui. Il a voulu rendre hommage à Artémise. Je cite le grand Hérodote : « Quant à Artémise, elle m’apparaît comme une véritable merveille. » Et quand il dit merveille, c’est au sens premier, au sens grec du terme : un être extraordinaire, une curiosité.

    Elle est donc dorienne, Artémise. Sa mère était crétoise, son père, Lygdamis, était déjà le Tyran de la cité, ce qui explique pourquoi elle se retrouve au sommet de cette cité d’Halicarnasse. Quand son propre époux est mort, Artémise a pu exercer le pouvoir parce que son fils, à l’époque, n’était pas en âge de régner : il était encore adolescent. Elle règne donc sur Halicarnasse, mais aussi sur trois autres cités voisines, ce qui montre que les femmes pouvaient, dans certaines conditions et circonstances, occuper dans cette Grèce antique une place importante.

    Artémise avait une double appartenance : grecque de naissance et perse d’appartenance politique

    Comme son père, Artémise a fait allégeance au Basileus, le grand roi de Perse Xerxès Ier, parce que l’Asie Mineure à l’époque fait partie du puissant empire perse qui s’était étendu jusqu’à couvrir la côte. Artémise appartient donc aux deux mondes. Elle est grecque de naissance et de culture, perse d’appartenance politique et de responsabilités. Cette double appartenance aura, pour la suite de notre histoire, une importance absolument cruciale.

    Le grand roi perse Xerxès Ier est jeune à l’époque. Il vient de succéder à son célèbre père, Darius Ier. Le grand roi de Perse, avec sa très longue barbe et sa grande coiffe couronne, arbore une fière allure, toujours couvert d’or et de pierres précieuses. Ce sont des rois au tempérament belliqueux. En l’occurrence, Xerxès a lutté contre son frère pour accéder au trône. Il a maté une révolte en Égypte, s’est rendu maître de Babylone qui avait tendance à bouger un peu trop, puis il a décidé, dans la foulée, dans la lignée de ce qu’avait décidé son père vingt ans plus tôt, de s’en aller envahir la Grèce.

    Le père, Darius, s’était lancé dans la première guerre médique. Pourquoi « médique » ? Parce que les Mèdes avaient pendant longtemps régné sur la Perse et que les Grecs n’ont pas mis leurs tablettes à jour, si je puis dire. Ils ont continué à appeler les Perses achéménides des Mèdes. Cette première guerre médique s’est soldée par la célèbre défaite de Marathon, l’immense plaine de Marathon au nord d’Athènes. À l’époque, les Perses ont fait demi-tour et sont rentrés chez eux.

    Hérodote affirme que l’armée perse était composée d’1,7 millions de soldats, ils étaient moins de 200 000 selon les historiens d’aujourd’hui

    Xerxès veut laver cet affront. Il veut venger la Perse, étendre l’Empire. Il va donc constituer une armée massive. Si l’on en croit Hérodote – et avec Hérodote, il faut toujours prendre les choses avec quelques pincettes – on pense qu’il y avait 1 700 000 hommes dans cette gigantesque armée. Les historiens modernes sont beaucoup plus modérés : ils affirment qu’il y avait sans doute moins de 200 000 hommes. C’est quand même une armée très massive. Xerxès a fait forger les armes, armé plus de 1 000 vaisseaux, et en 480, il lance l’invasion par mer et par terre.

    Cette fois, c’est le début de ce qu’on appelle la Seconde Guerre Médique. Il va longer les côtes du Nord, toute la Thrace. Il arrive jusqu’en Macédoine, débarque en Thessalie, et là se trouve le « bouchon » avec le défilé des Thermopyles où se sont installés les Spartiates. C’est cette bataille des Thermopyles dont on ne sait pas qui l’a gagnée, mais ce qui est sûr, c’est qu’elle a retardé les Perses qui continuent néanmoins à avancer vers Thèbes et vers Athènes, qui va être mise à sac.

    La reine d’Halicarnasse n’était pas obligée de partir en campagne pour soutenir Xerxès. Artémise aurait pu rester neutre, ou bien envoyer son fils, qui maintenant était en âge de servir, ou un de ses grands officiers pour prendre la tête de ses troupes. Mais non. Artémise a décidé, dans le cadre de la grande opération lancée par Xerxès, de livrer bataille elle-même. Hérodote nous dit qu’elle entre dans la guerre, je cite, « poussée par sa résolution et son courage, sans y être le moins du monde obligée ». Autant dire qu’Artémise, dans cette affaire, a fait preuve d’une forme d’autonomie politique.

    Artémise, cheffe de guerre, voit sa tête mise à prix : 10 000 drachmes pour sa capture

    Elle est maintenant cheffe de guerre. Elle se joint à la flotte perse de Xerxès et commande cinq vaisseaux, les plus réputés, nous dit Hérodote, après ceux des Sidoniens. Les Sidoniens sont les Phéniciens de Syrie, extraordinairement réputés pour leur grand talent de navigateurs. Les Athéniens et les Spartiates, unis dans la résistance au Perse, regardent désormais Artémise, bien que d’origine grecque, bien que dorienne, comme leur ennemi déclaré, indignés qu’une femme vînt faire la guerre à Athènes, nous dit notre historien. Thémistocle, le commandant en chef athénien, le génial Thémistocle, va considérer Artémise comme son principal adversaire. Il met sa tête à prix : 10 000 drachmes à qui capturera Artémise vivante.

    Après la chute d’Athènes, les Grecs abandonnent leur cité. C’est toute la manœuvre extraordinaire de Thémistocle : ils font remonter leur flotte jusqu’à Salamine pour attirer les Perses derrière eux. Xerxès hésite. Il se demande s’il faut les poursuivre, les affronter, mener tout de suite l’invasion jusqu’au Péloponnèse. Il consulte ses officiers, dont Artémise, qui prend la parole, rappelle son rôle et son courage dans les batailles navales précédentes, mais estime que c’est sans doute un mauvais plan d’aller suivre Thémistocle. Elle essaie de dissuader Xerxès de jeter toutes ses forces dans cette bataille navale, d’attaquer frontalement la flotte athénienne. Après tout, les Grecs sont chez eux, ce sont de vieux et excellents marins, et Thémistocle est habile.

    Voici ce que dit Artémise : « Ménage tes vaisseaux, ô grand roi. Ne livre pas de combat naval, car ces hommes sont sur mer autant supérieurs aux tiens que les hommes sont aux femmes. J’ai peur que le malheur subi par la flotte ne perde l’armée de terre. » Hérodote nous dit à ce propos : « De tous les alliés, c’est elle qui donna au roi les meilleurs avis. »

    Artémise coule un bateau ami, une manœuvre audacieuse

    Mais le général perse Mardonios estime qu’il faut attaquer en dépit des risques. C’est lui qui va convaincre le grand roi de livrer cette bataille navale le long des côtes, dans une espèce de détroit entre l’île et le continent, à Salamine. Xerxès lance ses grands navires à l’assaut de la flotte grecque. L’amiral grec Thémistocle ordonne une retraite de sa flotte. Il s’agit d’une ruse de la part de Thémistocle qui aspire littéralement la flotte perse dans ce qui est une nasse, un piège, dans ce détroit de Salamine, entre l’île et le continent. Une fois les navires perses coincés là, Thémistocle pourra lancer sa contre-offensive avec des navires beaucoup plus agiles, beaucoup plus petits, qui vont se faufiler entre les gros navires perses. Les Perses ne pourront plus manœuvrer : ce sera le début de la débâcle sous les yeux de Xerxès. Parce que pour que Xerxès puisse assister à ce qu’il pensait devoir être une grande victoire, on lui avait installé sur la côte, en surplomb, un énorme trône d’où il observe la bataille, un peu comme on serait au spectacle.

    À la tête de ses cinq vaisseaux, Artémise est prise au piège comme les autres. Bientôt, un navire athénien fonce sur son propre vaisseau. Elle ne peut plus changer de cap : pour elle, c’est trop tard si elle voulait battre en retraite. Mais Artémise a plus d’un tour dans son sac. Elle va trouver une manœuvre beaucoup plus audacieuse. Une trière athénienne commandée par le capitaine grec Ameinias est en train de prendre en chasse le navire amiral d’Artémise qui se bat pour les Perses. Artémise est sur le pont. Elle ordonne une manœuvre à la fois désespérée et stupéfiante : elle ordonne à son équipage de foncer sur un autre navire perse, donc un navire qui, en principe, est ami.

    Artémise a démontré un coup de génie tactique pour sauver son navire et son équipage

    Le Perse Damasithyme, qui commande ce navire allié, ne comprend pas ce qui se passe. Avec son éperon, le navire d’Artémise va transpercer la coque du navire allié. Damasithyme est sidéré par ce qu’il regarde comme une trahison. Il se dit qu’en fait, Artémise est en train de se retourner. Il n’a pas le temps de réagir. Son bateau est fendu, prend l’eau, coule à pic, ce qui veut dire qu’il emporte avec lui l’équipage par le fond. Il n’y aura pas de survivant dans cette affaire.

    Le capitaine grec Ameinias, qui poursuivait le navire d’Artémise, est lui aussi stupéfait par ce spectacle : un navire perse qui éperonne un autre navire perse. Il ne voit qu’une explication : Artémise a changé de camp. Du coup, il renonce à prendre son vaisseau à l’abordage, change de cap et s’en va livrer bataille plus loin. Il se dit que maintenant, il a une nouvelle alliée dans cette bataille.

    Le grand spécialiste d’Hérodote, Alexandre Tourraix, a écrit dans un article intitulé Artémise d’Halicarnasse chez Hérodote ou la figure de l’ambivalence (1990). Je le cite : « Artémise ne s’illustre pas comme chef d’escadre. Elle fait preuve de mètis. » Mètis, c’est l’intelligence rusée spécifique de la culture grecque, dans sa manière de sauver son navire amiral. « Il semble probable qu’elle en profite pour régler un compte avec ce souverain d’une cité voisine de la sienne. » Vous avez bien compris qu’on parle là du capitaine perse Damasithyme. « Il n’est toutefois pas impossible qu’elle ait préféré un risque aléatoire à un danger certain selon un calcul plein de mètis. » Il faut avoir l’esprit large et un sens très affûté de la tactique navale pour comprendre ce qu’a voulu faire Artémise dans cette situation. Elle a coulé un navire qui était son allié perse pour faire croire aux Grecs qu’elle avait changé de camp et ainsi sauver les siens, ses propres embarcations.

    Le roi perse se laisse duper par Artémise et ne comprend pas ce qu’il se passe.

    Comment réagit le roi perse Xerxès qui observe tout depuis le rivage, sur son trône, comme s’il était à une grande naumachie ? Il se laisse lui aussi duper. Dans la confusion de la débâcle, il a mal interprété la manœuvre d’Artémise. Il a bien vu qu’elle avait coulé un de ses navires, mais il a cru, dans un premier temps, quand il a vu la violence avec laquelle la reine arrivait sur l’autre bateau, que ce navire était un navire ennemi, un navire grec. Il n’a pas compris qu’on attaquait sa propre flotte. C’est ce qu’on appellerait aujourd’hui un biais cognitif. Xerxès n’a pas pu imaginer que sa propre Artémise allait couler un navire à lui. Comme il ne pouvait pas l’imaginer, il ne l’a pas vu. Et ce qui est assez extraordinaire, c’est qu’il va applaudir à l’attaque d’Artémise. On l’entend rire en voyant la scène. Les seuls qui auraient pu témoigner de la trahison tactique d’Artémise, ce sont les marins du navire qui a coulé, mais ils ont disparu. Il y a aussi les marins d’Artémise, mais eux se tairont, bien sûr.

    Hérodote a eu connaissance de cette histoire, ce qui veut dire que tout le monde, peut-être, ne s’est pas tu. Voici ce que nous dit Violaine Sebillotte Cuchet dans sa grande enquête historique, Artémise, une femme capitaine de vaisseau dans l’Antiquité grecque, paru chez Fayard. Elle souligne l’ingéniosité du récit. « Le narrateur Hérodote admire le quiproquo et la chance dont bénéficia la reine. Personne ne réchappa pour l’accuser. Artémise, suggère Hérodote, s’était ainsi jouée à la fois de Xerxès et des Athéniens. Seul Hérodote et son public savaient ou pouvaient croire savoir ce qui s’était réellement passé dans les eaux de Salamine. L’historien-poète mettait ainsi en place un ingénieux dispositif, associant à son auditoire les Athéniens, Xerxès et Artémise. Il construisait à l’intention de son public le scénario le plus sensationnel possible. En pleine déroute, une femme s’était jouée à la fois du grand roi et des futurs vainqueurs des guerres médiques, les Athéniens. »

    Artémise, une conseillère précieuse pour le roi perse Xerxès

    Xerxès désormais va regarder Artémise comme une héroïne, ce qui ne manque pas de sel lorsqu’on connaît la réalité. D’abord, il reconnaît qu’elle l’avait conseillé avec clairvoyance avant la bataille, puisqu’elle lui avait déconseillé de mener cette bataille navale. Et puis elle a combattu avec résolution. Hérodote ajoute que Xerxès aurait dit : « Mes hommes sont devenus des femmes et les femmes sont devenues des hommes. » C’est ainsi que Xerxès se serait exprimé – nous sommes dans la façon de penser du Ve siècle avant Jésus-Christ.

    Après la défaite de Salamine, Xerxès va consulter de nouveau Artémise en privé – grand honneur, d’autant plus qu’elle est la seule non-perse de tous les conseillers du grand roi. Doit-il regagner Suse, son palais dans la Perse, dans l’Iran actuel, très loin ? Ou doit-il poursuivre sa campagne par une offensive terrestre, comme l’y incite le commandant Mardonios ? Artémise comprend qu’en vérité, Xerxès est désireux de rentrer à Suse, de déléguer le commandement. Elle préconise de poursuivre l’offensive terrestre, mais de laisser Mardonios mener cette campagne sur terre. Quant à Xerxès, il peut rentrer chez lui.

    Elle voit encore juste, puisque l’armée de terre de Mardonios va perdre la célèbre bataille de Platée. Lui-même d’ailleurs perdra la vie dans cette bataille. Les dernières défaites perses mettront fin à ce qu’on appelle les Guerres Médiques, c’est la fin de la Seconde Guerre Médique, sans trop affaiblir les positions de Xerxès en Mésopotamie, puisque Xerxès, lui, était rentré, il s’était extrait de cette mêlée.

    Artémise a des responsabilités nouvelles à la suite de cette bataille

    Alexandre Tourraix souligne qu’à travers les textes d’Hérodote, Artémise paraît qualifiée pour régner à la lisière du monde iranien, car elle est dotée, tel Darius, de la sagesse et de l’énergie nécessaires à l’exercice de la souveraineté. « Opérant à la jointure de deux univers culturels, Artémise est plus qu’une curiosité pour l’historien : c’est une femme à Histoire ». Avant son départ, Xerxès a confié à Artémise des responsabilités nouvelles. Les enfants de Xerxès, qui l’ont suivi tout au long de la campagne militaire, vont devoir être conduits à travers la mer Égée jusqu’à Éphèse, ce qu’on appelle aujourd’hui Izmir, sur la côte turque, tandis que lui, de son côté, rentre en Iran à 3 000 kilomètres par voie terrestre. C’est une mission de confiance.

    Plutarque se moquera d’Artémise pour diminuer son rôle, en écrivant six siècles après : « Xerxès avait sans doute oublié d’amener de Suse avec lui des femmes, puisque ses enfants avaient besoin d’une escorte féminine », faisant preuve de misogynie ouverte. Mais c’est une mission majeure, en vérité, que le grand roi a confiée à Artémise, puisque la mer Égée, après la bataille de Salamine, n’est plus aussi sûre pour les Perses.

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    Xerxès confie donc sa descendance, il confie l’avenir de l’Empire perse à cette reine, Artémise d’Halicarnasse, preuve qu’à ses yeux, elle était loin d’être une traîtresse. Les enfants royaux vont d’ailleurs arriver à bon port, ce qui est une preuve supplémentaire de la fidélité d’Artémise à la couronne achéménide. Elle emmène les enfants du roi sains et saufs à Éphèse, comme c’était prévu, et l’héritier deviendra d’ailleurs le prochain grand roi, le Basileus, comme disent les Grecs.

    La conclusion, je vais la laisser à Violaine Sebillotte Cuchet. Je la cite : « Le personnage d’Artémise, dont l’existence constitue un véritable fait historique, ouvre une brèche dans notre vieux récit sur les cités de l’Antiquité grecque. Confrontée à l’enquête historienne, l’anecdote produite par Hérodote met en lumière la fiction historiographique de l’exclusion des femmes de la cité. En éclairant une femme si puissante qu’elle en est presque surréelle, c’est l’ensemble des femmes des cités – les riches, les pauvres, les esclaves – qui, d’un coup, prennent la pleine lumière. »

    Franck Ferrand

     

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  • Chorégies d’Orange : L’édition 2026 est réduite, le directeur Jean-Louis Grinda démissionne

    Confrontées à une situation financière précaire, les Chorégies d’Orange ont présenté une programmation réduite pour l’édition 2026 (27 juin au 18 juillet). Un seul opéra sera présenté et, dans ce contexte, le directeur du festival Jean-Louis Grinda a présenté sa démission.

    Depuis 2018 et un premier sauvetage des Chorégies d’Orange par la région PACA, le festival lyrique estival résiste à des coups de vents économiques tant bien que mal. Si le bilan s’était révélé positif en 2024 (+ 300.000 euros), le résultat de l’édition 2025 a révélé des pertes à hauteur de près de 150.000 euros. Une situation fragile qui avait conduit le festival à changer de structure juridique, passant d’une SPL (Société Publique Locale) à un EPCC (Établissement Public de Coopération Culturelle).

    Ce changement de statut s’accompagne de fait d’une réduction notable de la programmation de l’édition 2026 qui va perdre un peu plus son ADN de festival lyrique. La demande, par la municipalité d’Orange de libérer plutôt le théâtre antique, aura ainsi pour effet la programmation d’un seul opéra, La Traviata de Giuseppe Verdi le 4 juillet, sans mise en scène, mais avec Nadine Sierra dans le rôle de Violetta et Ludovic Tézier, dans celui de Giorgio Germont, dirigés par Paolo Arrivabeni à la tête de l’Orchestre Philharmonique de Marseille.

    Jean-Louis Grinda : « Je suis là depuis 10 ans, il faut se renouveler, c’est la vie ! »

    Pour cette nouvelle saison, la direction du festival a souhaité également élargir le répertoire vers des spectacles moins « classiques », comme celui du Harlem Gospel Choir qui rendra hommage aux légendes de la Motown (Marvin Gaye, Stevie Wonder, Diana Ross…), tout comme le récital « Philippe Katerine Symphonique » avec l’Orchestre National Avignon-Provence, ou encore le violoniste Renaud Capuçon, en clôture du festival le 18 juillet, mais pour interpréter de grands airs de musiques de films.

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    Une « édition light » qui a pour conséquence la démission de Jean-Louis Grinda, directeur des Chorégies depuis 2016, et de son directeur de la production Paulin Reynard. Dans la gazette locale L’Écho du Mardi, Jean-Louis Grinda confie : « Je regrette amèrement ce qui se passe. Il y avait treize propositions de spectacles cet été, il n’y en aura plus que six en 2026. J’ai fait au mieux avec mon cœur et mon savoir-faire (…) Je peux garantir la programmation mais pas les recettes », ajoutant : « De toutes manière, il n’est pas sain de rester longtemps au même poste, je suis là depuis 10 ans, il faut se renouveler, c’est la vie ! ».

    La billetterie de la saison 2026 des Chorégies d’Orange sera ouverte à partir du 15 décembre et dès le 8 décembre pour les adhérents de l’Association des Amis des Chorégies d’Orange.

    Philippe Gault

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  • Paris et Île-de-France : Les concerts de musique classique à ne pas manquer en ce début décembre

    Renaud Capuçon et Daniel Lozakovich à la Fondation Louis Vuitton, le Grand Concert de Noël Radio Classique au Théâtre des Champs-Élysées et Ariodante de Haendel à l’Opéra Royal de Versailles : découvrez la sélection Radio Classique des rendez-vous à ne pas manquer dans les prochains jours. 

    1er décembre : Renaud Capuçon et Daniel Lozakovich à la Fondation Louis Vuitton

    Le violon sera à l’honneur à l’auditorium de la Fondation Louis Vuitton avec ce concert réunissant Renaud Capuçon et Daniel Lozakovich. Ils interprèteront les Sonates pour deux violons d’Eugène Ysaÿe, de Prokofiev et de Jean-Marie Leclair, ainsi que les Etudes-Caprices de Wieniawski et les Duos pour deux violons de Bartok. Ce concert sera diffusé par Radio Classique le samedi 3 janvier à 20 heures.

    • Fondation Louis Vuitton, Paris.
    • Lundi 1er décembre à 20h30.
    • www.fondationlouisvuitton.fr
    • 6 et 7 décembre : le Grand Concert de Noël Radio Classique au Théâtre des Champs-Elysées

      C’est le rendez-vous incontournable des fêtes de fin d’années. Le Grand Concert de Noël Radio Classique est de retour avec comme invité d’honneur le flûtiste Julien Beaudiment. L’Orchestre Divertimento sera dirigé par Zahia Ziouani, tandis que le public du Théâtre des Champs-Elysées retrouvera le Chœur de l’Université PSL sous la direction de Johan Farjot. Deux œuvres seront soumises au vote des spectateurs :  la Farandole de L’Arlésienne de Bizet et le Galop de Guillaume Tell de Johann Strauss I. Ce concert sera diffusé en direct sur Radio Classique le dimanche 7 décembre à 20 heures.

      • Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
      • Samedi 6 décembre à 20 heures, dimanche 7 décembre à 15 heures et à 20 heures.
      • www.theatrechampselysees.fr
      • Jusqu’au 11 décembre : Ariodante de Haendel à l’Opéra Royal de Versailles

        Ariodante est l’un des chefs d’œuvres lyriques de Haendel. Il est à l’affiche de l’Opéra Royal de Versailles pour quatre représentations. Franco Fagioli chantera le rôle-titre, Catherine Trottmann sera Ginevra et Théo Imart interprétera Polinesso. L’Orchestre de l’Opéra Royal sera dirigé par Stefan Plewniak. La mise en scène est de Nicolas Briançon.

        • Opéra royal du Château de Versailles.
        • Du vendredi 5 au 11 décembre.
        • www.operaroyal-versailles.fr
        • Retrouvez l’actualité du Classique

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        • Sol Gabetta célèbre Lise Cristiani, grande figure oubliée du violoncelle romantique

          A l’occasion de la publication de son nouvel album, Sol Gabetta sera, ce vendredi 28 novembre à 20h, l’invité du Journal du Classique.

          Le 4 décembre 1825, il y a tout juste 200 ans, naissait l’une des grandes virtuoses du violoncelle, la première femme à jouer de cet instrument en public en France. Elle s’appelait Lise Cristiani, a connu une brève mais foisonnante carrière, a joué à travers l’Europe y compris dans quelques endroits hostiles où aucun musicien n’avait encore osé se produire, avant de mourir à seulement 27 ans. Cette musicienne à la vie romanesque a inspiré Sol Gabetta qui lui a dédié un documentaire diffusé sur Arte et un album, tout juste sorti chez Sony.

          Sol Gabetta nous éclairera ce soir sur la personnalité, le jeu et le répertoire de Lise Cristiani, une musicienne qui était particulièrement appréciée des autres violoncellistes français de son temps, tels François-Adrien Servais, Alexandre Batta et Jacques Offenbach.

          Sol Gabetta sera à la Philharmonie de Paris en février

          Elle jouera ce programme en tournée avec la Cappella Gabetta, du 6 au 13 décembre en Belgique et en Allemagne puis reviendra à la Philharmonie de Paris les 18 et 19 février pour jouer le concerto pour violoncelle d’Elgar avec Paavo Järvi et l’orchestre de Paris.

          Laure Mézan

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          Steven Spielberg et John Williams, plus de 50 ans d’amitié : le cinéaste et le compositeur vont collaborer pour la 30ème fois !

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        • Steven Spielberg et John Williams, plus de 50 ans d’amitié : le cinéaste et le compositeur vont collaborer pour la 30ème fois !

          Même fatigué et malade, John Williams n’a pu résister à l’appel de son ami Steven Spielberg et a composé la musique du nouveau film du réalisateur américain qui sortira en salle en juin 2026. C’est la trentième collaboration entre les deux géants du cinéma hollywoodien.

          Il y a plus de 50 ans, en 1974, John Williams composait la musique de Sugarland Express, le film qui révéla Steven Spielberg au grand public. En 2022, on pensait qu’Indiana Jones et le Cadran de la destinée serait la 29e et dernière collaboration entre les deux hommes. Que nenni ! Le génial réalisateur a convaincu son compositeur fétiche de sortir de sa retraite, à 93 ans, pour composer la bande-originale de son nouveau film qui sortira en salle en juin 2026.

          John Williams lui-même, usé et fatigué, ne se déplaçant plus qu’en fauteuil roulant lors de ses rares apparitions publiques, avait pourtant déclaré que sa partition sur la dernière aventure d’Indiana Jones serait sans doute son ultime composition de musique de film, avant de revenir sur ses propos fin 2023 pour confier au Times qu’il n’excluait pas la possibilité de se remettre au travail pour un film qui l’intéresserait. Le compositeur a donc succombé à l’appel de son ami Steven Spielberg avec qui il a remporté trois de ses cinq Oscars.

          Emily Blunt et Colin Firth dans les rôles principaux

          De ce nouveau film on ne sait que peu de choses. Même son titre n’est pas encore définitivement choisi. Initialement, le projet a été intitulé The Dish (La soucoupe) puis le titre Disclosure (Révélation) est devenu l’appellation de ce long-métrage lors de son tournage et dont on sait juste qu’il traitera de science-fiction et d’ovnis. Un genre que Spielberg avait déjà abordé, notamment dans Rencontres du troisième type et E.T., l’extra-terrestre, deux films dont John Williams avait signé la bande-originale.

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          C’est David Koepp, un autre fidèle de Steven Spielberg, scénariste de 2 volets de la saga Jurassik Park, La Guerre des mondes et Indiana Jones et le Royaume du crâne de cristal, qui en a signé le scénario. Au casting, on retrouve notamment l’actrice Emily Blunt, Colin Firth, Josh O’Connor et Colman Domingo et le tournage a eu lieu durant le premier semestre 2025 dans le New Jersey, l’État de New York et à Atlanta. Pour en savoir plus, rendez-vous peut-être au Festival de Cannes, pour une projection en avant-première, quelques jours avant la sortie en salle de ce film-événement très attendu.

          John Williams to Score Steven Spielberg’s UFO Movie, Marking the Duo’s 30th Film Togetherhttps://t.co/LzOXyPyhgp#ufotwitter #UFOx #uaptwitter #uapX #NHI #StevenSpielberg #JohnWilliams #Disclosure #TheDish #UFOs #UAPs

          — Dave Pritchett (@pritchett26291) November 23, 2025

          Philippe Gault

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          New York : L’opéra « Carmen » perturbé par des militants antifascistes fustigeant un mécène du Met Opera, décédé en 2019

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        • « La littérature jeunesse est un outil de soft power de la France », se félicite la présidente du Centre National du Livre

          Régine Hatchondo, la présidente du Centre National du Livre, était l’invitée de la matinale de Radio Classique à l’occasion du 41ème Salon du Livre et de la Presse jeunesse à Montreuil. Un secteur qui va bien, et s’exporte à l’étranger. C’est « une richesse incroyable » pour notre pays, souligne-t-elle. Et malgré la concurrence des écrans, qui fait plonger le temps de lecture de nos enfants, il est encore possible, selon elle, de leur redonner goût à la lecture.

          Le chiffre a été révélé l’année dernière : les enfants et les ados passent 10 fois plus de temps sur les écrans que sur des livres. Comment on en est arrivé là ?

          RÉGINE HATCHONDO : Ce sont les études du Centre National du Livre qui permettent de mesurer la relation des Français ou des jeunes avec la lecture. Je pense que la lecture est un temps long. Elle réclame du calme, de la concentration. Elle peut donner énormément de plaisir lorsqu’on a réussi à dépasser la difficulté de l’apprentissage de la langue, de la richesse des mots. Et la langue française est particulièrement difficile par rapport à d’autres langues. Je pense que l’arrivée dans les familles, dans les foyers, dans les maisons, et y compris dans les collèges et les lycées, du tout numérique, et la place non régulée du smartphone, y compris lors des repas familiaux et dans les chambres, ne crée pas les conditions idéales de cet apprentissage qui donne plus tard du plaisir.

          L’écrivain Alain Damasio a cette magnifique métaphore du doudou : le smartphone comme doudou, puisqu’il dort à côté de nous : C’est la première fenêtre que l’on caresse en se réveillant, dernière fenêtre que l’on caresse en s’endormant. Il y a la difficulté d’apprendre, parce que ce n’est pas naturel de lire, et le fait qu’on n’a pas accès au plaisir de lire lorsqu’on n’a pas dépassé cette phase d’apprentissage. On s’est habitué à scroller des petits messages d’une minute, deux minutes, des vidéos de 3 minutes, qui ne configurent pas notre cerveau à se concentrer plus longtemps.

          Y a-t-il une fatalité ? Est-ce que dans vos pires cauchemars, vous qui avez consacré votre vie professionnelle à la culture et à sa diffusion, vous vous dites : « On est en train de quitter la civilisation du livre » ?

          R.H. : La civilisation tout court, par moment. Mais je pense qu’on peut toujours agir. Je ne fais pas partie des gens qui ne sont que des lanceurs d’alerte sans imaginer des actions. On mène énormément d’actions au Centre national du Livre pour redonner le goût de la lecture, en partenariat avec l’Éducation nationale de manière centrale dans notre action. On organise un gros festival qui s’adresse aux adolescents, et on voit bien que dès l’instant où on leur propose de lire, où on les prend un peu par la main pour leur donner envie, qu’on fait en sorte qu’ils n’aient pas le sentiment que ça va être un plaisir solitaire, mais qu’il peut être partagé avec leurs copains, qu’on peut créer des clubs de lecture, on voit très vite que cette fracture peut se résoudre rapidement.

          Usage des écrans : « Les adultes doivent donner l’exemple et se réguler eux-mêmes, car les enfants sont mimétiques »

          Mais il faut agir de manière massive, à la fois pour réguler le temps sur les écrans et laisser de l’espace pour la lecture. Il se trouve qu’au Centre national du Livre, on est obsédé par le livre et la lecture, c’est bien normal. Mais je pense aussi à l’activité sportive, qui est indispensable pour l’équilibre de notre jeunesse, et aux adultes qui doivent donner l’exemple et savoir se réguler eux-mêmes, car on sait combien les enfants sont mimétiques avec leurs parents. C’est une conscience collective, et pour cela, il faut communiquer sur les risques.

          Je vais agacer les chercheurs qui considèrent que scientifiquement ça n’est pas encore prouvé, mais je pense que parfois, il faut aussi utiliser l’observation et l’empirisme pour agir. Les premières études qui ont commencé à dire que le tabac était dangereux sont parues en 1941, et la loi Evin, c’est 1991. Il ne faut pas qu’on attende 50 ans pour prendre conscience du fait que la technologie peut nous apporter beaucoup, mais qu’il faut savoir l’utiliser avec intelligence, éduquer les jeunes à utiliser l’IA, les ordinateurs et les écrans. Cela ne veut pas dire leur laisser librement les écrans et le smartphone remplacer toute vie de loisirs, d’interaction humaine.

          Quand Emmanuel Macron, il y a 15 jours, explique qu’il faut interdire les réseaux sociaux avant 15 ans, vous applaudissez ?

          R.H. : J’applaudis à deux mains. L’Australie est d’ailleurs en train de le mettre en œuvre. Certains disent ce n’est pas possible, c’est faux. Meta est même en train de refondre son application pour pouvoir veiller à ce que les moins de 16 ans n’y aient pas accès. Techniquement, tout est possible. Il suffit de savoir ce que l’on veut politiquement et ce que l’on veut pour la génération de nos enfants.

          Vous vous dites que fabriquer des citoyens, c’est aussi leur mettre des livres entre les mains ?

          R.H. : Évidemment. En France, on a une littérature magnifique, une littérature jeunesse extraordinaire, ce que démontre [le salon du livre et de la presse jeunesse de] Montreuil chaque année. D’ailleurs, plus d’un livre sur cinq se vend à l’étranger, alors qu’on pourrait penser que les univers des enfants s’arrêtent à nos frontières. Pas du tout, ce sont des livres qui voyagent beaucoup, c’est un véritable [outil de] soft power de la France, la littérature jeunesse. Donc on a vraiment une richesse incroyable, et au moins un livre pour chaque enfant. La rencontre ne peut qu’exister.

          Le métier d’écrivain, « précarisé aujourd’hui pour mille et une raisons » selon Régine Hatchondo

          Le plus grand lecteur du monde, qui avale tout, qui retient tout, qui recrache tout, c’est l’intelligence artificielle. Est-ce que ça vous effraie d’imaginer qu’aujourd’hui des tas de livres, des tas d’auteurs vivants et morts sont pillés en dépit du droit d’auteur, et qu’une intelligence artificielle peut écrire sans devoir rien à personne ?

          R.H. : Oui, bien sûr. On a d’une part la problématique du droit d’auteur, de la perception du droit d’auteur, d’un métier en plus extrêmement précarisé aujourd’hui pour mille et une raisons. Et puis il y a la question des sources qui sont opaques. C’est un véritable enjeu aujourd’hui pour les traducteurs essentiellement, mais qui le deviendra pour les auteurs. En tout cas, est-ce qu’on appellera ça de la littérature ? Aujourd’hui, Amazon vend des millions de livres en ligne qui sont des œuvres écrites intégralement par l’intelligence artificielle. Je dois vous avouer, je n’en ai pas lu. J’ai découvert la romance, la Dark Romance, les mangas depuis que je suis au CNL parce que je ne voulais pas mourir idiote et je voulais comprendre les phénomènes de mode. Je n’ai pas encore acheté directement sur Amazon des livres écrits par l’intelligence artificielle.

          Est-ce qu’il y a assez d’argent pour le livre, Régine Hatchondo ? On est en période de préparation budgétaire. L’État a dépensé environ 500 millions pour soutenir l’économie du livre en 2024, les collectivités locales environ trois fois plus. Ça fait beaucoup d’argent pour soutenir l’économie du livre. Est-ce que ça suffit ?

          R.H. : Non, ce n’est pas beaucoup d’argent parce que quand on parle d’économie du livre, on met aussi les grandes institutions comme la Bibliothèque nationale de France qui prend une partie importante du budget, mais c’est bien normal, je ne suis pas du tout en train de le critiquer.

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          Je pense que [les financements dans le secteur du] livre [ne sont] peut-être pas encore totalement à la hauteur de ses enjeux. Je dirais peut-être moins le livre en tant que tel, que l’attention portée à la lecture. C’est là qu’une politique publique doit être certainement mieux dotée, mais je suis convaincue que le président de la République en est conscient, la ministre de la Culture en est fortement consciente, c’est pourquoi les états généraux de la littérature et de la lecture pour les jeunes ont été lancés. Par ailleurs, le pays a une dette publique colossale. Il ne s’agit pas aujourd’hui de pleurer misère en demandant en permanence de l’argent supplémentaire. Je pense qu’on peut aussi, avec le livre, être inventif, car le livre est un des biens culturels les moins chers.

           

           

           

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        • Royaume-Uni : Les nouveaux rideaux de scène de Covent Garden porteront l’emblème du roi Charles III

          Le Royal Ballet and Opera (RBO) annonce que de nouveaux rideaux de scène seront installés sur la scène de la célèbre institution de Covent Garden à Londres. Les nouveaux ornements, qui prendront place en mai prochain, porteront le monogramme du roi Charles III.

          « CIIR », à savoir les initiales représentant l’appellation Charles III Rex, c’est le cypher (sigle) qui sera brodé sur les nouveaux rideaux que Le Royal Ballet and Opera accrochera en mai 2026 de part et d’autre de la scène de sa salle à Covent Garden, la célèbre institution londonienne. Ces rideaux remplaceront ceux qui avaient été installés par la Royal Opera House (l’ex-appellation du RBO) en 1999.

          © royal.uk

          Au-delà du fait qu’après 27 ans d’usage, ouverts et fermés lors de plus de 10.000 représentations, ces rideaux se révèlent usés et de moins en moins pratiques à manipuler, ils sont surtout, comme la tradition l’exige, marqués de l’emblème de la reine Elisabeth II, décédée en 2022. L’avènement au trône de son fils Charles III conduit donc le RBO à apposer le monogramme du souverain régnant sur ces nouveaux ornements.

          Les nouveaux rideaux seront composés de velours mohair

          C’est le spécialiste allemand Gerriets GmbH, leader mondial dans le domaine de l’équipement scénique, en collaboration avec la Royal School of Needlework (prestigieuse école britannique de broderie), qui a été chargé de concevoir cette paire de rideaux qui seront composés d’un tissu en velours mohair sur une hauteur de 10,80 mètres et une largeur de 9,75 mètres.

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          Pour Alex Beard, le directeur général du Royal Ballet and Opera, « Cette commande s’inscrit dans un programme essentiel de rénovation du ROB, visant à moderniser des parties du bâtiment dont la dernière rénovation remonte aux années 1990. Les nouveaux rideaux célèbrent non seulement la tradition et le savoir-faire artistique, mais constituent également un investissement indispensable pour l’avenir de notre scène. Nous sommes fiers d’honorer le patronage de Sa Majesté d’une manière aussi prestigieuse et durable ».

          Curtains (new) for Covent Garden: the Royal Ballet and Opera ⁦@rbo_org has commissioned a new pair of stage curtains, replacing the current ones that have seen 10,000 performances. Featuring the cipher of King Charles III, they will be unveiled in May 2026. pic.twitter.com/SSzTc1wC4M

          — Opera with Opera News (@operamagazine) November 26, 2025

          C’est à partir de 1956, que la Royal Opera House a été parrainée par la famille royale britannique et le roi Charles III, habitué de la salle de Covent Garden, en a été nommé officiellement « protecteur royal » en mai 2024.

          La réfection de ces rideaux va également contraindre le RBO à revoir une grande partie de sa gamme de produits dérivés qui portent toujours le monogramme d’Elisabeth II.

          Philippe Gault

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        • Joshua Weilerstein en itinérance avec l’Orchestre National de Lille

          A l’occasion de ses prochains concerts avec l’orchestre national de Lille, Joshua Weilerstein sera, ce jeudi 27 novembre à 20h, l’invité du Journal du Classique.

          C’est un chef en itinérance avec son orchestre, mais qui a choisi d’en faire une force. Depuis la fermeture de l’Auditorium du Nouveau Siècle pour cause de travaux, Joshua Weilerstein poursuit son aventure lilloise hors les murs, investissant différents lieux de la ville et de la région, se produisant également à Paris comme à Aix-en-Provence. L’occasion pour le chef américain et ses musiciens d’aller toucher un public encore plus vaste et de renforcer ce sens de l’adaptabilité que l’Orchestre National de Lille a toujours développé.

          C’est à l’Opéra de Lille qu’il retrouvera ses musiciens les 4 et 5 décembre, dans un programme dédié à la musique française, associant des œuvres de Camille Pépin, Henri Dutilleux et César Franck, avec la participation du violoncelliste Victor Julien-Laferrière.

          L’Orchestre National de Lille fête ses 50 ans

          Parmi les autres temps forts de sa saison : les concerts qu’il dirigera en mars à Lille et au festival de Pâques d’Aix-en-Provence, avec la participation de Renaud Capuçon, donnant le coup d’envoi des célébrations du 50ème anniversaire de l’orchestre, célébrations qui se poursuivront la saison prochaine lors de leur grand retour au Nouveau Siècle.

          Laure Mézan

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