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A l’occasion de ses prochains concerts avec l’orchestre national de Lille, Joshua Weilerstein sera, ce jeudi 27 novembre à 20h, l’invité du Journal du Classique.
C’est un chef en itinérance avec son orchestre, mais qui a choisi d’en faire une force. Depuis la fermeture de l’Auditorium du Nouveau Siècle pour cause de travaux, Joshua Weilerstein poursuit son aventure lilloise hors les murs, investissant différents lieux de la ville et de la région, se produisant également à Paris comme à Aix-en-Provence. L’occasion pour le chef américain et ses musiciens d’aller toucher un public encore plus vaste et de renforcer ce sens de l’adaptabilité que l’Orchestre National de Lille a toujours développé.
C’est à l’Opéra de Lille qu’il retrouvera ses musiciens les 4 et 5 décembre, dans un programme dédié à la musique française, associant des œuvres de Camille Pépin, Henri Dutilleux et César Franck, avec la participation du violoncelliste Victor Julien-Laferrière.
Parmi les autres temps forts de sa saison : les concerts qu’il dirigera en mars à Lille et au festival de Pâques d’Aix-en-Provence, avec la participation de Renaud Capuçon, donnant le coup d’envoi des célébrations du 50ème anniversaire de l’orchestre, célébrations qui se poursuivront la saison prochaine lors de leur grand retour au Nouveau Siècle.
Laure Mézan
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Jean-Claude Casadesus a fondé l’Orchestre National de Lille il y a 50 ans pour partager la musique auprès de tous les publics. A bientôt 90 ans, le chef d’orchestre retourne à Lille à l’occasion de ses 60 ans de carrière, pour 3 concerts exceptionnels. Au programme, du Mozart et rien que du Mozart ! Un anniversaire en famille, puisqu’au côté du chef, se tiendra son petit-fils, le pianiste Thomas Enhco, qui sera le soliste de la soirée.
La première fois que Thomas Enhco a joué sous la direction de son grand-père, c’était en 2017 et cela s’est peu reproduit.
Alors forcément, le pianiste trépigne : « Combien de personnes peuvent se retrouver sur scène avec leur grand-père ? C’est quand même quelque chose de très très rare. On vient de terminer une répétition et il me dit une ou deux petites choses à la fin de chaque mouvement, un petit conseil : ‘est-ce que tu as pensé à ralentir un peu là’, ou ‘à faire un petit decrescendo ici’. C’est un chef d’orchestre magnifique avec une expérience énorme, de plein de répertoires différents ».
Un éclectisme qui se transmet. Pianiste de jazz et de musique classique, Thomas Enhco interprétera le Concerto pour piano numéro 21 de Mozart au côté de l’Orchestre National de Lille : « C’est un concerto absolument magnifique, dans une tonalité majeure. C’est très virevoltant, c’est très flamboyant. Mais comme toujours chez Mozart, il y a toutes les quelques mesures, une petite grimace, une larme ou une pointe d’ironie ou quelque chose qui vient assombrir un peu cette joie presque juvénile, printanière. D’un coup, on passe dans le drame. Ça fait plusieurs fois que je le joue en concert et à chaque fois je découvre des nouvelles choses ».
Et pour poursuivre cet anniversaire en famille, Jean-Claude Casadesus dirigera aussi Don Giovanni, Les Noces de Figaro et La Symphonie numéro 40 de Mozart.
Héloïse Weisz
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Maurice Ravel à l’honneur de Votre Soirée classique ce dimanche à 20 heures.
Vous pourrez entendre ses œuvres emblématiques, telles le Boléro dans l’interprétation de l’Orchestre Symphonique de Chicago dirigé par Jean Martinon en 1966, la Pavane pour une infante défunte par l’Orchestre Symphonique de Boston sous la direction de Seiji Ozawa en 1975, ainsi que le ballet Daphnis et Chloé donné en concert en 2007 par le Chœur et l’Orchestre Symphonique de Chicago dirigé par Bernard Haitink.
Au programme également de cette soirée des œuvres de Gabriel Fauré, qui a été le professeur de composition de Ravel, de Claude Debussy avec lequel Ravel a entretenu des relations complexes faites d’admiration, de rivalité et d’incompréhension, ou encore les Tableaux d’une exposition de Moussorgski dans l’orchestration de Ravel. Cette soirée sera présentée par Jean-Michel Dhuez. Vous pourrez l’écouter en qualité numérique dans de nombreuses villes de France grâce au DAB+.
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Mendelssohn, Mozart et Tchaïkovski se partageaient l’affiche de ce concert donné le 13 novembre dernier dans le cadre de la Saison musicale des Invalides, sous l’égide et avec le soutien du CIC.
Dans le cadre prestigieux de la Cathédrale Saint-Louis des Invalides, l’Orchestre Consuelo dirigé par Victor Julien-Laferrière a interprété l’ouverture Les Hébrides de Mendelssohn, le Concerto pour piano n°9 “Jeunehomme” de Mozart avec Anne Queffélec ainsi que la Suite d’orchestre n°4 “Mozartiana” de Tchaïkovski, hommage du compositeur russe à Mozart qu’il admirait.
Ce concert sera présenté par Jean-Michel Dhuez. Vous pourrez l’écouter en qualité numérique à Paris et dans de nombreuses autres villes de France grâce au DAB+.
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Salomé Zourabichvili était l’invitée exceptionnelle de la matinale de Radio Classique ce jeudi. Celle qui fut présidente de la Géorgie de 2018 à 2024 et qui estime l’être encore, en raison d’une élection présidentielle truquée, a livré son regard sur ce qui se joue avec le plan proposé par les États-Unis pour une paix entre l’Ukraine et la Russie.
Comment percevez-vous ce plan aujourd’hui ?
SALOMÉ ZOURABICHVILI : Ce plan fait partie du grand plan de la Russie qui a été d’essayer de récupérer par la voie militaire son contrôle sur l’Ukraine. C’était l’objectif militaire des premiers jours : prendre Kiev, se débarrasser du régime, « dénazifier » l’Ukraine et donc reprendre le contrôle, ce qui n’a pas très bien fonctionné et qui maintenant via des négociations essaie de fonctionner. [La Géorgie est] l’autre face de cette médaille. La tentative de reconquérir le pays militairement n’a pas tellement fonctionné. Nous avons deux régions occupées, mais malgré tout, la Géorgie a continué son cheminement vers l’Europe, rien n’a réussi à l’interrompre. Et donc maintenant, c’est la guerre hybride que la Russie expérimente en Géorgie.
J’ai entendu, mais vous allez me corriger peut-être, que le plan de paix américain fait partie du projet russe. C’est bien comme ça que vous l’avez dit ?
S.Z. : Absolument.
Est-ce que vous pouvez l’argumenter ?
S.Z. : Il y a par exemple un point, parmi beaucoup d’autres : les élections dans 100 jours, qui sont la répétition de ce que nous avons connu. On imagine combien seraient manipulées des élections 100 jours après un cessez-le-feu en Ukraine. Surtout, je demande à voir dans ce plan, quelles sont les concessions russes.
Il y en a pas pour vous ?
S.Z. : Je n’en ai pas trouvé.
Est-ce qu’il y a une ligne rouge qui ne doit pas être franchie du côté des Américains, des Européens et évidemment des Ukrainiens ? Est-ce qu’il y a un point qui fait que ce ne serait plus un accord de paix, ce serait un accord injuste, un écrasement de l’Ukraine ?
S.Z. : Pour le moment, on est devant un accord injuste qui ressemble à une capitulation demandée, exigée. Mais je pense que ça ne s’arrêtera pas là, on va voir encore beaucoup de versions différentes. Et je crois que ce qui est la ligne rouge, c’est ce qui est acceptable par un pays qui défend sa souveraineté depuis 4 ans à bout de bras.
Quand vous voyez les conditions d’élaboration de ce plan de paix américain et le rôle qu’a joué Steve Witkoff (émissaire spécial de Donald Trump), sa proximité avec Vladimir Poutine, est-ce concevable de travailler diplomatiquement comme ça ? En susurrant au conseiller diplomatique de Poutine ce qu’il doit susurrer à Trump ou ce que Poutine doit susurrer à Trump pour le circonvenir ?
S.Z. : C’est un manque d’expérience absolue face à une diplomatie russe qui manie tout ce que la propagande russe a élaboré au fil des années. C’est l’expérience très longue des Russes dans le domaine de cette propagande, de la manipulation des psychologies, de la manipulation des masses, face à quelqu’un qui débarque. À chaque fois qu’il y a une nouvelle administration, un nouveau président, et ça ne concerne pas seulement les Américains, il y a cette volonté de croire que c’est un État comme les autres, qu’on va pouvoir traiter avec eux, qu’on va pouvoir se comprendre. Et ça c’est la grande illusion avec les Russes : pour traiter, il faut les arrêter. Il faut les obliger à rester dans leurs frontières et il faut qu’ils sentent qu’en face, il y a une vraie détermination à ne pas céder.
Vous sentez cette détermination du côté européen ?
S.Z. : Je commence à la sentir. Les Européens ont beaucoup appris et ont beaucoup perdu de leurs illusions sur la capacité à influencer la Russie. On a vécu longtemps dans la détente, l’entente et la coopération. Et on est passé aujourd’hui à une vision beaucoup plus réaliste de la Russie et je crois qu’à la fois dans les opinions et dans les leaderships européens, il y a maintenant une compréhension de la nature extrêmement violente de la Russie et du fait que l’on ne peut pas traiter avec elle simplement avec des bonnes intentions.
C’est-à-dire qu’il faut l’impressionner, ça veut dire qu’il faut se réarmer, ça veut dire qu’il faut relancer un service militaire par le volontariat notamment en France. Vous pensez qu’Emmanuel Macron doit le faire ?
S.Z. : Absolument, il n’y a que la force que la Russie respecte, il n’y a rien d’autre. Combien de tanks demandait Staline au Vatican ? Et c’est exactement ça, c’est le rapport de force, ça a été le cas depuis toujours. Tant que le rapport de force n’est pas là, les Russes pensent qu’ils peuvent avancer.
J’ai souvent comparé la Russie à une pâte qui monte et qui déborde. S’il n’y a rien pour l’arrêter, elle va continuer à déborder. Aujourd’hui, la Russie commence à comprendre que les Européens ne sont pas prêts à accepter qu’elle continue d’avancer.
Vous avez j’imagine suivi l’actualité française, la semaine dernière le chef d’état-major des armées Fabien Mandon a indiqué qu’il fallait parfois « accepter de perdre ses enfants ». Alors le mot « enfant » a traumatisé une partie de l’opinion, on a entendu que l’on ne pouvait pas dire ça et cetera. Est-ce que vous avez le sentiment que les Français s’aveuglent, ou pire, qu’ils sont sourds au rappel à la réalité ?
S.Z. : Il n’y a pas que les enfants ukrainiens qui subissent et qui défendent avec leur corps la sécurité non seulement de l’Ukraine, mais celle de l’Europe. Donc sans aller jusqu’au fait de dire que demain l’Europe pourrait entrer en guerre – ce que je ne crois pas – le réarmement est indispensable, c’est-à-dire montrer que l’on est déterminé, montrer qu’on a de la force. C’est pour ça qu’on ne peut pas réduire l’armée ukrainienne de demain, comme le demandent les Russes dans leur fameux plan. Il faut garder tous les moyens à sa discrétion pour pouvoir se défendre et que l’autre sache, on est dans une guerre psychologique, il faut que l’autre sache que la détermination est égale en face d’eux. Et c’est ça le prix justement pour ne pas avoir de guerre demain.
La Géorgie a payé ce prix, elle a été en guerre avec la Russie, avec des épisodes en 2003, en 2008. D’ailleurs la France était intervenue auprès de Vladimir Poutine. Pouvez-vous nous dire, en quelques mots, ce que c’est que d’être présidente d’un pays qui est l’objet d’ingérence russe, de manipulation de scrutin, d’intoxication médiatique, qui subventionne ou qui sponsorise certains candidats aux élections présidentielles. Vous en avez pâti, est-ce qu’un épisode particulier mérite d’être rappelé ?
S.Z. : Je crois que c’est très difficile de cibler un épisode particulier parce que c’est la totale. En Géorgie, la Russie est en train d’avoir un laboratoire d’expérimentation de [la manière de capturer un Etat] via cette guerre hybride, avec un gouvernement proxy [qui permet de conduire des guerres par procuration NDR] en tout cas, certaines personnes dans ce gouvernement, dont Monsieur Ivanichvili.
Il y a aussi la propagande à outrance, les thèmes que l’on connaît partout ailleurs, mais en Géorgie utilisés à outrance et répétés. Et puis, la présence de techniciens de la manipulation électorale en Géorgie, un an avant les élections, l’utilisation de call centers pour contrôler les citoyens allant aux élections et savoir ce qu’ils font, avec 3000 call centers dans ce petit pays. Vous avez d’autres exemples à l’extérieur. Vous avez le TikTok en Roumanie, vous avez les manipulations en Moldavie.
Lorsque vous étiez présidente, vous avez eu le sentiment que l’œil de Moscou était partout autour de vous, qu’il y avait des espions, que vous étiez écoutée. Vous avez eu peur pour vous ?
S.Z. : Non, on a un gouvernement proxy qui fait le travail des Russes, ce n’est pas les Russes eux-mêmes, mais on est écouté partout. Toujours, les ambassades ont été écoutées, ça a été démontré, le patriarcat est écouté, les prêtres sont écoutés. Les conversations entre mon administration et certains membres du patriarcat étaient dans les fiches qui ont été ensuite révélées des écoutes. Donc c’est la totale. On n’est pas encore dans un régime complètement totalitaire, mais on a beaucoup des éléments d’un régime totalitaire.
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Vous vous voyez aujourd’hui comme la principale opposante à ce régime sponsorisé par les Russes en Géorgie ?
S.Z. : Je suis la principale opposante dans la mesure où les leaders de l’opposition sont tous aujourd’hui en prison. Mais « le principal opposant » ce sont les gens dans la rue. Demain, cela fera 365 jours sans interruption, mais cela fera aussi plus de 3 ans que la Géorgie manifeste contre les lois russes, contre ce régime de plus en plus russe et contre un retour dans le giron russe, pour conserver sa voie européenne.
Et vous avez peur pour votre vie ou pour votre liberté ?
S.Z. : Personne n’est indemne, et personne ne peut dire aujourd’hui qu’il n’a pas peur parce que c’est ce que le régime est en train d’essayer de vraiment généraliser, c’est la peur pour tous. Quand je vois la façon dont les jeunes résistent à cette peur et maintiennent le cap, je n’ai pas le droit d’avoir plus peur qu’eux.
Pour terminer, quel est l’avertissement que vous lancez aux Européens ? Quel est le conseil que vous leur donnez ?
S.Z. : Ce qui se passe en Géorgie aujourd’hui, si ce n’est pas arrêté, c’est ce qui se passera demain dans n’importe quel pays européen parce que cette guerre hybride, elle n’a pas besoin de frontière commune avec la Russie.
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Les Émirats Arabes Unis affichent de grandes ambitions en matière de génétique et viennent de lancer un projet fascinant : séquencer l’ADN de quasiment toute sa population, ce qui serait une grande première mondiale.
Selon l’agence de presse américaine Bloomberg, les Émirats sont désormais proches d’avoir séquencé la quasi-totalité de leurs citoyens, ce qui ferait d’eux le premier État à disposer d’une base nationale aussi complète.
L’objectif est de créer une carte génétique précise du pays afin d’anticiper les maladies génétiques, de personnaliser les traitements et d’attirer les plus grands chercheurs internationaux sur ce sujet. Mais l’enjeu va au-delà de la santé. Les Émirats veulent devenir un hub (un centre d’activité) mondial de la génomique à un moment où cette discipline est en train de redéfinir la médecine, la recherche et même certaines industries.
Un séquençage aussi massif présente trois implications majeures. Tout d’abord, il permet une meilleure prévention pour la population : avec une telle base génétique, il est possible d’identifier les prédispositions à certaines maladies, notamment dans le domaine cardiovasculaire, métabolique et dans le domaine des cancers. Il pourrait aussi donner naissance à des traitements plus personnalisés : l’accès systématique au génome permet de choisir le bon médicament au bon moment pour chaque personne malade, d’éviter des effets secondaires délétères et d’améliorer l’efficacité des thérapies, notamment pour les maladies rares ou pour les cancers.
La dernière implication est celle d’une accélération considérable de la recherche. Une base génomique de cette taille constitue un atout scientifique gigantesque. Elle permet de faire des études sur l’ensemble de la population, de réaliser des essais cliniques beaucoup plus rapides. C’est un environnement idéal pour faire émerger une nouvelle génération de sociétés biotechnologiques locales et attirer des collaborations internationales.
Ce programme comporte plusieurs enjeux stratégiques. C’est un outil de diversification économique : en misant massivement sur la génomique, les Émirats espèrent créer un secteur capable d’attirer des laboratoires, des biothèques, des data centers et d’importants investissements étrangers. Ensuite, il ne faut pas oublier qu’il y a une bataille géopolitique autour de la donnée biologique. Dans un monde où l’intelligence artificielle médicalisée et la génétique deviennent des actifs stratégiques, disposer d’une base génomique nationale est un atout comparable au fait de disposer d’immenses usines de semi-conducteurs. C’est difficile à reproduire et extrêmement précieux. Cela donne une avance dans la recherche, dans les partenariats et dans les négociations internationales.
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Enfin il y a une question de souveraineté. Les Émirats veulent éviter de dépendre uniquement des géants américains ou chinois, comme cela s’est produit dans la tech numérique. En créant leur propre infrastructure génomique, les Émirats construisent un écosystème qu’ils contrôlent, qu’ils peuvent réguler et qu’ils peuvent valoriser au nom de leurs propres priorités.
Nicolas Bouzou
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Le Prix Ratzinger, qui honore des personnalités qui se sont illustrées de manière significative dans le domaine de la théologie et de la culture chrétienne, a été attribué cette année à Riccardo Muti. Le grand chef d’orchestre italien est récompensé pour « sa compréhension culturelle et spirituelle avec le Pape Benoît XVI ».
Déjà distingué par le Prix Cavour au mois de septembre, Riccardo Muti, 84 ans, continue sa moisson de récompenses. Cette fois-ci c’est le Prix Ratzinger 2025 qu’il recevra des mains du Pape Léon XIV le vendredi 12 décembre, lors d’un concert de Noël que dirigera le maestro italien à la tête de l’Orchestre Cherubini et du Chœur de la cathédrale de Sienne dans la salle Paul VI du Vatican.
Le Prix Ratzinger, considéré comme le « Prix Nobel de Théologie » est décerné, depuis 2011, par la Fondation vaticane Joseph Ratzinger – Benoît XVI. Ce prix récompense, chaque année, deux ou trois personnalités s’étant distinguées dans le domaine de la culture et des arts d’inspiration chrétienne. La plupart des lauréats sont issus du monde de la théologie, mais des figures éminentes du droit et des arts, provenant de divers continents et confessions ont également été honorées.
Après le compositeur estonien Arvo Pärt en 2017, Riccardo Muti est seulement le deuxième musicien distingué par le Prix Ratzinger doté de 50.000 euros. Dans son communiqué, la Fondation explique que son choix du chef d’orchestre italien cette année doit être considéré « comme une reconnaissance particulière de son rôle dans la promotion de la musique comme expression de la spiritualité », et souligne que le Pape Benoît XVI admirait profondément l’art de Riccardo Muti qu’il avait rencontré à plusieurs reprises, notamment lors de concerts à Salzbourg et Munich.
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À l’annonce de cette récompense, Riccardo Muti a déclaré avoir « toujours accompagné le pape Benoît avec une profonde admiration », et que les pensées et les méditations de celui-ci étaient et restent « une source d’inspiration pour les hommes et les femmes de bonne volonté ». Le maestro ajoute que sa dernière rencontre privée avec le pape émérite « restera un souvenir plein de foi et d’espoir » pour lui et pour son épouse. À plusieurs reprises, Riccardo Muti s’était dit « très impressionné » par la compétence musicale de Benoît XVI, notamment à propos des répertoires d’Antonio Vivaldi et de Giuseppe Verdi.
Deux personnalités françaises ont été distinguées par le prestigieux Prix Ratzinger : le philosophe et ancien président de l’Académie des sciences morales et politiques Rémi Brague, en 2012, et Anne-Marie Pelletier, exégète, agrégée de lettres modernes et docteur en sciences des religions, en 2014.
Philippe Gault
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A l’occasion de la publication de son nouvel album, David Fray sera, ce mercredi 26 novembre à 20h, l’invité du Journal du Classique.
C’est son album le plus personnel, avec lequel il nous dévoile des facettes que l’on ne connaissait pas ou si peu de lui, à travers un répertoire qu’il ne fréquentait guère en public. David Fray a réuni un florilège de petites pièces du répertoire baroque, dans l’esprit de Bis. Baroque Encores tel est, justement le titre de cet album sorti chez Erato. A l’exception de Bach, il n’avait, jusqu’ici, jamais osé jouer ou enregistrer des pièces de compositeurs tels Rameau, Couperin ou Pancrace Royer qui figurent à ce programme.
Il nous racontera ce soir la naissance de cet album, de cette incursion dans un nouvel univers. Tout est parti d’un spectacle, L’enfant oublié, créé il y a deux ans avec son épouse, la comédienne et metteuse en scène Chiara Muti, évoquant le destin tragique du fils de Marie-Antoinette et Louis XVI atteint de tuberculose et mort tragiquement, à 7 ans, en pleine révolution française. Un spectacle dont l’ombre plane justement dans ce programme chargé d’une grande tendresse.
Laure Mézan
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Alors que la Cour des comptes avait proposé une réforme profonde du pacte Dutreil, les députés ont voté en première lecture un encadrement plus strict du dispositif dans le cadre du projet de loi de finances. Invité de la matinale, Renaud Dutreil, ancien ministre de la Transformation et de la Fonction publiques, estime que le pacte reste essentiel pour préserver l’indépendance des entreprises familiales françaises.
Le pacte Dutreil permet aujourd’hui d’exonérer jusqu’à 75% des droits de mutation lors de la transmission d’une entreprise. Un coût estimé à 5,5 milliards d’euros par an selon la Cour des comptes, mais un « bouclier indispensable », selon son créateur. « Ce dispositif permet de garder des entreprises de toute taille et de les enraciner dans leur territoire. S’il n’y avait pas ce bouclier, des investisseurs étrangers pourraient plus facilement racheter les plus belles entreprises françaises. »
Avant sa mise en place, les transmissions étaient souvent impossibles comme le rappelle Renaud Dutreil : « Avant, beaucoup d’entreprises, lorsqu’elles devaient passer la main, étaient confrontées à un impôt extrêmement élevé entre 40 et 45%. La plupart des entreprises et des familles qui détiennent les entreprises n’ont pas cet argent pour payer cet impôt. Donc elles vendent des titres de leur entreprise ou distribuent des dividendes de façon extrêmement importante, et perdent le contrôle. Et donc qui en bénéficie ? La plupart du temps, ce sont des fonds d’investissement ou des investisseurs étrangers. Donc ce dispositif est vraiment le pilier du capitalisme familial français. Et si on l’affaiblit, on favorise le capitalisme financier international. »
L’ancien ministre cite des exemples emblématiques : « Pernod Ricard est convoité par les deux grands géants mondiaux des vins et spiritueux. S’il n’y avait pas eu le pacte Dutreil, le pastis, que les Français aiment bien à l’apéritif, serait soit chez Diageo, soit chez Bacardi. Il ne serait plus français. […] Si demain LVMH était dirigé à Manhattan, ce ne serait pas la même histoire. » Il réagit également aux critiques visant la concentration des grandes fortunes : « Nous sommes le seul pays dans lequel les idiots utiles de la gauche considèrent qu’il faut brader les entreprises françaises au nom de la suprême égalité. A force de tout égaliser, on finit par détruire la substance même de notre économie. Cette économie repose sur des entrepreneurs qui deviennent riches, non pas parce qu’ils voulaient devenir riches mais, parce qu’ils ont réussi. Il faut les encourager, les féliciter, les remercier plutôt que les pousser à quitter le pays. »
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Renaud Dutreuil s’en prend aussi à la logique comptable de la Cour des comptes : « elle mesure un manque à gagner pour l’Etat, mais elle est incapable de mesurer ce que le dispositif rapporte au pays puisqu’elle n’a pas les statistiques qui permettraient de le faire. L’argent vient des entreprises : c’est l’Etat qui dépend des entreprises et non l’inverse. » Plus largement, l’invité de David Abiker dénonce une fracture entre le monde économique et la classe politique : « nous vivons la querelle des abeilles industrielles et des frelons politiques décrite par Saint-Simon. Les entrepreneurs et salariés sont consternés par des élus davantage préoccupés par leur survie électorale que par l’intérêt du pays. » Avant de continuer sur la philosophie même du dispositif : « Ce n’est pas mon administration qui a, un jour, mis le pacte Dutreil sur mon bureau, c’est moi qui suis allé sur le terrain. Aujourd’hui encore, nous sommes suffoqués par ces 70 000 hauts fonctionnaires, comme ceux de la Cour des comptes, qui veulent tout régenter jusqu’aux moindres détails de notre vie quotidienne. »
Daphnée Cataldo
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Les abonnés de la chaîne britannique Sky TV pourront visionner à partir du 21 décembre les cinq épisodes de la mini-série Amadeus consacrée à l’ascension fulgurante et la déchéance tragique de Wolfgang Amadeus Mozart. Les premières images de la série viennent d’être dévoilées.
Sur grand écran, Wolfgang Amadeus Mozart a évidemment été magnifié par le film Amadeus de Miloš Forman, couronné par huit Oscars en 1985. Mais à la télévision, la vie du grand compositeur autrichien n’a connu qu’une seule adaptation notable dans un téléfilm au titre homonyme réalisé par le metteur en scène roumain Radu Cernescu et diffusé à la même époque.
À partir du 21 décembre c’est sur la chaine britannique Sky TV et sur la plateforme de streaming vidéo Now que sera proposée la mini-série (5 épisodes) intitulée elle aussi Amadeus. Comme dans le film de Miloš Forman, la série télévisée anglaise évoque l’ascension fulgurante et la déchéance tragique du génie de Salzbourg à travers sa rivalité légendaire avec Antonio Salieri lors de leur séjour à Vienne et son histoire d’amour avec Constance.
Rien d’étonnant au fait que la série s’attache à cette relation houleuse entre les deux grands compositeurs puisqu’elle est inspirée de la pièce Amadeus de Peter Shaffer, l’écrivain anglais qui signa également l’adaptation portée à l’écran par le film de Forman. La série de Sky TV a été imaginée en 2022 par le scénariste Joe Barton (The Lazarus Project, Black Doves) et co-réalisée par Julian Farino et Alice Seabright. Le tournage a eu lieu à Budapest (Hongrie) entre mai et septembre 2024.
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Pour les rôles principaux ; la production a choisi Will Sharpe qui interprète celui de WA Mozart. Le jeune acteur et réalisateur anglais, d’origine japonaise, s’était fait remarquer en 2022 dans la série américaine à succès The White Lotus. Paul Bettany, qu’on a pu voir à ses débuts dans les films primés Un Homme d’Exception de Ron Howard et Dogville de Lars von Trier puis dans plusieurs opus des sagas The Avengers et Star Wars, prend les traits d’Antonio Salieri tandis que la jeune actrice galloise Gabrielle Creevy, révélée dans la série de la BBC In My Skin, interprète le rôle de Constanze Weber, l’épouse de Mozart.
Pour l’instant, aucune diffusion de la mini-série Amadeus n’est prévue en France.
Philippe Gault
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