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  • Soulagement pour les luthiers européens : le Brésil revoit sa position sur le pernambouc, ce bois rare qui sert à fabriquer les archets

    C’est la fin de plusieurs mois d’angoisse pour les archetiers, violonistes, violoncellistes et autres utilisateurs d’archets. Le Brésil, qui comptait interdire le commerce du pernambouc, un bois rare qui sert à fabriquer les archets, accepte finalement d’assouplir sa position.

    Pour Fanny Reyre-Ménard, luthière à Nantes et Présidente de la Chambre syndicale de la facture instrumentale C’est un immense soulagement : « C’est le fruit de mois et de mois de travail ». Tout s’est accéléré ces derniers jours à la COP20, à Samarcande en Ouzbékistan, dédiée aux espèces sauvages. Elle avait pourtant mal débuté.

    « Le Brésil est arrivé en demandant de passer le pernambouc sous un régime de protection maximum, un principe d’interdiction totale du commerce. C’était, de fait, la fin de l’activité d’archetier pour fabriquer des archets neufs », explique Fanny Reyre-Ménard

    Le pernambouc sera commercialisé, mais avec des contrôles renforcés

    Le Brésil a finalement plié [grâce à un appel d’Emmanuel Macron au président Lula, selon nos confrères du Point]. Ce bois rare pourra être commercialisé, les archetiers devront malgré tout se soumettre à des contrôles renforcés pour éviter les trafics notamment.

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    « Pour nous, ça va être un peu plus de contraintes administratives, mais franchement, on l’accepte bien volontiers », souligne la luthière, qui ajoute que « les archetiers français et européens travaillent avec des stocks légaux déjà enregistrés depuis 2007. Ça ne va que aller dans le sens de ce qu’on fait déjà, mais de façon renforcée ». Le texte doit encore être soumis au vote des 183 États qui participent à la COP, ce sera ce jeudi.

    Servane de Pastre

     

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  • « La santé mentale n’est pas juste un problème médical, c’est un problème social » insiste Maria Melchior

    Au rythme des campagnes de prévention, des dispositifs de sensibilisation et des conférences dédiées, la santé mentale s’impose de plus en plus dans le débat public. Invitée de la matinale, Maria Melchior, épidémiologiste, souligne l’ampleur et la complexité d’un sujet devenu central dans notre société.

    L’« épidémiologie psychiatrique » demeure peu connue en France indique Maria Melchior. Pourtant, cette discipline permet d’observer la santé mentale à l’échelle de la population, et les chiffres sont sans appel : « Une personne sur cinq a un trouble de la santé mentale plus ou moins sévère. C’est la première dépense de l’Assurance maladie. Les maladies mentales, qu’elles soient passagères ou chroniques, sont avec nous et font partie vraiment du paysage médical. »

    Pour la chercheuse, l’enjeu dépasse largement le domaine médical. « La santé mentale n’est pas juste un problème médical, c’est un problème social », insiste-t-elle. Les troubles psychiques ont des conséquences profondes sur la vie quotidienne : isolement, difficultés professionnelles, ruptures relationnelles, perte de repères… Ils alimentent également craintes, préjugés et discriminations. « Les personnes qui ont des problèmes de santé mentale, ont une maladie du cerveau. Ce n’est ni une question de volonté, ni une question de se prendre en main et se bouger pour aller mieux… Ce sont des maladies. Il faut que ce regard sur les personnes ayant des maladies psychiques change et qu’il y ait moins de discrimination, moins d’exclusion. »

    1 Français sur 5 concerné par une maladie mentale

    Maria Melchior rappelle l’importance d’une éducation précoce aux émotions, et ce « dès l’enfance », désormais intégrée aux programmes scolaires : apprendre à identifier son mal-être, comprendre celui des autres, savoir désamorcer les conflits avant qu’ils ne deviennent des crises. Les données montrent également que l’environnement influence fortement la santé mentale : « depuis le 19e siècle, on sait qu’il y a plus de personnes avec des troubles psychiques dans les villes qu’à la campagne. […] La prévention est très largement en dehors du système de santé, ce qui rend les réponses politiques et sociales complexes. Il faudrait que toutes les politiques publiques soient évaluées à l’aune de la santé, de leur impact potentiel sur la santé. »

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    Daphnée Cataldo

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  • Mystère autour de l’assassinat de Pasolini : qu’est-il arrivé au cinéaste italien, une des voix les plus controversées de son époque ?

    L’assassinat de Pasolini a choqué l’Italie et l’Europe toute entière. Il faut dire que le cinéaste, qui a divisé par ses prises de position aussi courageuses que controversées a été tué dans des conditions effroyables. Son corps a été retrouvé sur une plage d’Ostie, le visage totalement tuméfié, méconnaissable, les vêtements en lambeaux.

    2 novembre 1975. Il est 6h30 du matin et comme chaque dimanche, une femme se rend avec sa famille à la plage d’Ostie. Elle remarque quelque chose sur l’esplanade, un endroit assez glauque entouré de cabanes illégales. Elle se dit que ça doit être des déchets que quelqu’un aura abandonné au sol, sauf qu’elle s’approche et découvre bientôt qu’il s’agit du cadavre d’un homme. Un corps si horriblement malmené, torturé, qu’elle le prend dans un premier temps pour un tas d’ordures.

    Immédiatement, cette femme se rend au commissariat avec son mari. Une patrouille de police arrive sur place à 6h45. Les carabiniers arrivent par la suite, et on va identifier la victime. Il s’agit du poète, romancier, journaliste et cinéaste Pier Paolo Pasolini, mondialement célèbre. Il n’avait que 53 ans.

    Pasolini, c’est une des voix les plus fortes, les plus controversées de l’Italie de l’époque, farouche opposant à la société de consommation, qu’il accuse d’accorder une tolérance aussi large que fausse. Il divise l’Italie. Il faut vous dire qu’on est en 75, on est au cœur des Années de Plomb. « L’assassinat de Pasolini est l’événement qui coupe en deux d’un trait sanglant les années 70 en Italie », nous dit un proche du maître, l’universitaire Maurizio De Benedictis. Son assassinat a été d’une incroyable brutalité, il va choquer tout le pays et l’Europe entière.

    L’écrivain Alberto Moravia rend hommage à Pasolini, « parmi les rares poètes de ce siècle »

    Un dernier adieu public est organisé le 5 novembre au Campo dei Fiori. Une foule de milliers de personnes se rassemble autour de l’estrade sur laquelle repose la dépouille. Les discours émouvants vont se succéder, d’hommes politiques, d’écrivains, d’intellectuels, notamment Alberto Moravia qui va prononcer à cette occasion des paroles très intenses : « Nous avons perdu avant tout un poète, et il n’y a pas beaucoup de poètes dans le monde. Il n’en est que trois ou quatre par siècle. Quand ce siècle s’achèvera, Pasolini sera parmi les rares poètes. Le poète devrait être sacré. »

    RUDLING/SIPA

     

     

    La vérité c’est qu’une grande partie de la classe dirigeante italienne ne prend même pas la peine de s’émouvoir de ce meurtre sordide. Le président de la République de l’époque, c’est Giovanni Leone, ne sort pas de son silence, ne vient pas saluer la dépouille. Certains dirigeants de la droite catholique laissent même clairement entendre que la mort en question est liée à des ragazzis, aux fréquentations pour le moins douteuses de ces adolescents des faubourgs que Pasolini n’avait cessé de célébrer dans son œuvre.

    Pasolini, décadent, anticonformiste, se serait « suicidé » selon une partie de la gauche

    Un journaliste de l’Avvenire, qui est un des journaux de l’Eglise en Italie, écrit même quelques jours après l’assassinat : « Le vice ne paye pas. » Quant au patron de la démocratie chrétienne, le célèbre Giulio Andreotti, il n’est pas beaucoup plus charitable en disant qu’ « en toute honnêteté, Pasolini l’a bien cherché ». Une partie de la gauche, embarrassée par cet écrivain qui a souvent critiqué le Parti communiste et qui a beaucoup critiqué l’hypocrisie du pseudo combat antifasciste, préfère le silence. On va parler d’un « suicide » à gauche.

    Certains se plaisent à souligner le décadentisme de ce poète anticonformiste. L’homme politique Eduardo Sanguinetti écrit le lendemain de l’assassinat : « Aujourd’hui, il semble impossible de nier à cette mort les traits d’un suicide minutieusement préparé, comme s’il s’agissait de l’accomplissement d’une persécution longtemps déplorée et en même temps, d’un long projet de confusion entre art et vie, littérature et existence. » 

    À l’étranger, il y a des journaux pour souligner le caractère politique de ce qui s’apparente quand même bien à un meurtre. Aux États-Unis, plusieurs revues universitaires évoquent le sort de cet intellectuel qui aurait été victime de son courage. Le débat médiatique se mue en procès posthume, la vérité judiciaire disparaît derrière ce qu’il faut bien appeler une bataille idéologique. Et c’est vrai que depuis on a du mal à éclaircir cette disparition. Les zones d’ombre restent très très nombreuses. Nous sommes en face de ce qu’on pourrait qualifier de polaire politique bourré d’obscurité, bourré de doutes qui sont au demeurant assez passionnants.

    L’enquête et l’arrestation de Pelosi : un témoignage qui ne tient pas

    Le corps de Pasolini a été battu à coups de planches et de barre de fer, ensuite il a été écrasé par la propre voiture Alfa Romeo du cinéaste. L’autopsie va relever plus de 50 fractures. Les policiers comprennent qu’il ne s’agit pas d’une simple bagarre.

    Il est assez facile d’imaginer qu’il y a eu crime sexuel. La presse du lendemain qui cherche le sensationnalisme va reprendre le récit officiel, montrer des images du cadavre. Le meurtre est circonscrit dans un scénario qui est tout écrit, celui d’une rencontre homosexuelle vraisemblablement tarifée qui aurait mal tourné. Et la police aussitôt va arrêter un des ragazzis de la gare Termini, qui est le haut lieu de la prostitution masculine à l’époque. Il s’appelle Giuseppe, surnommé Pino Pelosi, il a 17 ans et dit qu’il a passé la soirée avec Pasolini. Ensuite il y a eu une dispute, un coup… et dans la panique Pelosi dit qu’il aurait roulé avec la voiture de Pasolini sur son corps, version qui fait plaisir aux autorités et qui arrange tout le monde. Mais très vite, on se rend compte que c’est un témoignage qui tient pas debout. Il y a trop de détails qui ne collent pas.

    Pino Pelosi en 1975 / Wikimedia commons

     

    Pelosi parle d’une lutte physique violente, sauf que si les blessures et les taches de sang sont nombreuses sur le corps et sur les vêtements de Pasolini, elles sont totalement absentes de Pelosi au moment où il est arrêté. Il se justifie en disant qu’il s’était arrêté à une fontaine pour se rincer, c’est la raison pour laquelle il y a pas du tout de traces de sang. Les lésions graves et profondes constatées sur le corps de Pasolini sont difficilement compatibles avec les « armes » retrouvées sur place, notamment ces planches de bois pourri que Pelosi prétend avoir utilisé pour le frapper. Pelosi soutient en outre qu’il ne s’est pas rendu compte qu’il avait roulé sur le corps.

    Roberto Carnero dans son livre « Pasolini mourir pour des idées », publié aux Cherche-Midi, indique que « même s’il était mineur, il était déjà un bon conducteur comme beaucoup de jeunes de son âge […] ainsi qu’un voleur de voiture récidiviste. Le tracé des pneus sur le sol montre que le véhicule s’est dirigé avec une détermination lucide vers Pasolini, étendu par terre et que le conducteur avait toute la marge de manœuvre nécessaire pour l’éviter. La voiture est passée sur le corps de l’écrivain peut-être deux fois, ou plus ».

    Pelosi revient sur ses aveux, en affirmant qu’il n’était pas seul

    Les blessures sont bien trop nombreuses pour un seul agresseur, des témoins parlent de plusieurs véhicules. Pelosi, des années plus tard, reviendra sur ses aveux en disant qu’il n’a pas été seul dans cette affaire, qu’il n’a pas tué seul, qu’on lui a fait porter la responsabilité et qu’il était extrêmement menacé. Il n’avait pas le choix dans les déclarations qu’il a pu faire. Évidemment, on sait pas à quoi s’en tenir avec lui puisqu’il change d’avis constamment, il change de version, il n’est pas du tout crédible.

    La justice va donc en rester à la première explication. Le procès condamne l’adolescent, mais laisse ouvertes toutes les questions qui se posaient, dont la piste politique bien entendu. Il faut savoir que Pasolini recevait des menaces de mort, des appels anonymes, il savait le risque et il persistait à écrire, il persistait à proclamer ce qu’il considérait comme une vérité.

    La dernière soirée de Pasolini, un rendez-vous discret devant la gare Termini

    La veille de la disparition de Pasolini, le 1er novembre au soir, le maître a dîné avec un certain nombre d’amis dans le quartier de San Lorenzo à Rome. Il parle de son film en cours, d’un roman qu’il est en train d’écrire et quand même, il a l’air assez soucieux. Après ce dîner, il se rend à un rendez-vous plus discret où il va retrouver des jeunes devant la gare Termini. Jusque-là, on est assez proche du scénario officiel. On ne sait pas s’il a prévu de voir Pelosi ou s’il l’a choisi par hasard après le refus d’un autre. En tout cas, le garçon monte dans la voiture de Pasolini qui démarre. Ils vont aller s’installer dans un autre restaurant qui donne sur le Tibre. Pelosi qui n’a pas dîné prend des spaghettis au poulet. Pasolini qui lui a donc déjà dîné, se contentera d’une banane et d’une bière et puis ils repartent.

    La patronne du restaurant n’a pas reconnu Pelosi mais elle prétend que Pasolini était avec un garçon blond. Or Pelosi est brun, très typé. C’est une énigme puisque Pasolini n’est pas avec Pelosi. Est-ce qu’il y a une mise en scène qui a été orchestrée pour piéger l’écrivain ? La suite, on la connaît, c’est la direction d’Ostie, c’est l’arrivée à Ostie et le meurtre.

    La piste politique, le dernier roman inachevé de Pasolini écrit à partir de documents compromettants

    Pasolini travaille à ce moment-là à l’écriture de Pétrole, son dernier roman qui restera donc un roman inachevé. Il a sans doute eu en sa possession un certain nombre de documents compromettants pour des gens en place. On est en droit de se demander s’il n’aurait pas découvert un certain nombre de vérités dangereuses, de vérités brûlantes qui auraient mis sa vie en péril. Il a indiqué les noms des mandataires de l’assassinat de Mattei dans un chapitre de son roman, la mystérieuse note 21 manquante, consacrée au géant pétrolier italien, vous savez le fameux ENI. Enrico Mattei était le président de ce consortium, il est mort dans un accident d’avion en 1962. Il y a eu à l’époque de très lourds soupçons, et son successeur, Eugenio Cefis, était une figure assez trouble des milieux politico-financiers de l’époque.

    Pour beaucoup, cette piste est centrale. Pasolini aurait mis le doigt sur un secret trop lourd, il se serait d’une certaine manière approché du soleil. Pour d’autres, il s’agirait au contraire d’une légende. On ne va pas tuer pour quelques pages, surtout quand elles sont signées de Pasolini qui était extrêmement habitué à tous les scandales possibles. L’enquête montre en tout cas, qu’au moment de sa mort, Pasolini fouillait des zones extrêmement opaques et visqueuses, qui touchent de très près au pouvoir italien.

    Le procès du meurtre de Pasolini et ses suites

    Après la condamnation de ce jeune prostitué Pelosi, de nombreux observateurs vont dénoncer un procès qui a été quand même un peu expédié. Des témoins n’ont pas été entendus, des incohérences ont été ignorées. La famille de Pasolini, ses amis, les journalistes persistent et notamment la journaliste Oriana Fallaci, vous savez la célèbre Fallaci qui va mener une contre-enquête assez étonnante. Un adolescent aussi frêle que Pelosi ne peut pas avoir agi seul, démontre-t-elle. L’ombre de la Banda della Magliana plane sur l’assassinat. Il s’agit de cette organisation criminelle qui ensuite agira en sous-main pour une partie déviante des services secrets. Il semble que le fameux garçon blond du témoignage de la tenancière du restaurant faisait partie de la bande, et contrôlait Ostie. C’est une piste nettement plus vraisemblable que l’hypothèse d’un meurtre pour un roman.

    En 2005, c’est le maire de Rome, Walter Veltroni, qui a demandé la réouverture du dossier, pour le 30e anniversaire de la mort de Pasolini. Veltroni rappelle que les Années de Plomb étaient des années bâtardes où se confondaient crime politique et crime commun. Malgré les appels, la justice italienne néanmoins va refuser de rouvrir le dossier et ça veut dire que le mystère s’enkyste, qu’il s’installe. La vérité dans cette affaire ne paraît pas atteignable. Pasolini avait écrit cette phrase prémonitoire : « Écrire, c’est parfois signer son arrêt de mort. »

    En 2013 sort le film La vérité cachée de Federico Bruno qui sera suivi de deux autres films qui parlent eux aussi du mystère de la mort de l’écrivain, Pasolini d’Abel Ferrara, en 20 14 et puis L’affaire Pasolini de David Grieco, en 2016. Trois films qui renvoient chacun à sa manière à la thèse d’une conspiration débouchant sur un assassinat.

     

     

    Roberto Carnero, recense plusieurs interprétations de la mort du maître, dont celle du peintre Giuseppe Zigaina, qui était lié à Pasolini par une très profonde amitié. Zigaina pense que la mort violente de Pasolini a été réalisée comme une sorte de montage du film de sa vie par Pasolini lui-même.

    Pasolini, l’artisan de l’extraordinaire mise en scène de sa propre mort ?

    Dans sa biographie romancée de Pasolini qui s’appelle Dans la main de l’ange, paru en 1982, Dominique Fernandez qui nous dit que « lorsque l’occasion s’est offerte à lui de parfaire le châtiment qu’il cherchait obscurément depuis tant d’années, Pier Paolo ne s’est pas dérobé ». Autrement dit, il serait l’artisan de l’extraordinaire mise en scène de sa propre mort.

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    L’écrivain français fait le lien entre le choix de Pasolini de succomber à son bourreau et son homosexualité. Fernandez interprète tout ça comme une tentative d’échapper à une société qui décidément avait beaucoup trop dégoûté Pasolini : « Il n’est pas de pire déconvenue en effet, de pire mortification pour celui qui a grandi dans l’excitation de la clandestinité que de se retrouver dans un monde où tout est permis. Pier Paolo saluant son assassin l’ange de la délivrance, celui qui le sauve des dégoûtantes facilités de l’après 68. »

    Franck Ferrand

     

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  • « Inadmissible ! » Polémique autour de la statue de Luciano Pavarotti encerclée par la glace à Pesaro

    Quelle drôle d’idée que celle de la municipalité italienne de Pesaro d’avoir installé une patinoire pour les fêtes de fin d’année sur la place où a été érigée une statue de Luciano Pavarotti ! Résultat : désormais, seul le buste du grand ténor italien dépasse de la glace. Sa veuve, très en colère, estime que la ville « ridiculise » la mémoire de son défunt mari.

    La statue de bronze de Luciano Pavarotti, inaugurée en avril 2024 faisait la fierté de la station balnéaire de la côte adriatique, où Luciano Pavarotti possédait une propriété dans laquelle il passait régulièrement des vacances, et dont il avait été fait citoyen d’honneur en 1986. Mais, depuis le 29 novembre, l’édifice fait l’objet d’une polémique suite à une idée saugrenue de la municipalité en vue des fêtes de fin d’année.

    Questa è la grandissima idea della Giunta comunale di #Pesaro che ha deciso di ridicolizzare la figura di #Pavarotti davanti al Teatro Rossini inserendo la sua statua in una pista di pattinaggio.

    Maestro Pavarotti abbia pazienza: in Comune non sanno quello che fanno. pic.twitter.com/2Fn94WCqUZ

    — Nardelli (@Massi_Nardelli) November 29, 2025

    La mairie de Pesaro a en effet installé une patinoire provisoire sur la Piazzale Lazzarini, non loin du Teatro Rossini, où trône la statue du grand ténor italien qui, désormais, a les jambes enfoncées jusqu’à mi-cuisses dans la glace artificielle. Le maire, Andrea Biancini, avait même partagé sur les réseaux sociaux, avant l’inauguration de l’installation, une photo retouchée où l’on voyait la statue jouer au hockey sur glace. Il a aussi suggéré aux patineurs de lui « taper dans la main ».

    « Pesaro a aimé Luciano, l’aime et l’aimera toujours »

    Une initiative et une mise en scène qui ont profondément choqué la veuve du légendaire chanteur décédé en 2007. Dans une interview, accordée au Il Resto del Carlino, Nicoletta Mantovani, déclare regretter que « la ville ait laissé faire une chose pareille, car cela nuit à l’image de Luciano et au respect qu’il mérite. C’est tout simplement inadmissible », ajoutant : « je suis stupéfaite qu’une municipalité puisse traiter ainsi la mémoire de quelqu’un qui a fait la renommée mondiale de l’Italie ».

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    Face aux critiques et à l’indignation, le conseil municipal a tenté de faire baisser la pression. Le maire, reconnaissant une « erreur de jugement » (les concepteurs avaient été contraints de modifier les plans d’installation de la patinoire), a déclaré qu’il n’y avait aucune intention « malveillante » vis-à-vis de la mémoire de Luciano Pavarotti. Il a néanmoins indiqué qu’il serait trop risqué et onéreux de déplacer cette patinoire installée pour l’hiver, mais a insisté sur le fait que cela « ne se reproduira plus ».

    Pesaro, pista di pattinaggio attorno alla statua di Pavarotti: spunta un cartello contro Nicoletta Mantovani. #lapresse #pavarotti

    Leggi la notizia : https://t.co/rGNSFE5XV0 pic.twitter.com/XqCFoAe5ur

    — LaPresse (@LaPresse_news) November 27, 2025

    Les patineurs eux ne semblent pas troublés par cette polémique. Sur un message anonyme, accroché à la statue, on pouvait lire : « Chère Nicoletta, aucun manque de respect. Le maestro serait simplement heureux d’être entouré d’enfants qui s’amusent. Pesaro a aimé Luciano, l’aime et l’aimera toujours ».

    Philippe Gault

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  • Thomas Hengelbrock, un chef curieux et avide de découvertes

    A l’occasion de son concert de noël avec l’Orchestre de Chambre de Paris, Thomas Hengelbrock sera, ce mardi 2 décembre à 20h, l’invité du Journal du Classique.

    Thomas Hengelbrock poursuit sa deuxième saison en tant que directeur musical de l’Orchestre de Chambre de Paris et retrouvera ses musiciens jeudi 4 décembre au Théâtre des Champs-Elysées.

    Il dirigera la première symphonie de Gounod ainsi que l’Oratorio de noël de Camille Saint-Saëns, une œuvre assez rarement donnée en France mais que le chef allemand connait bien et apprécie tout particulièrement.

    Thomas Hengelbrock en concert au TCE, au Musée d’Orsay et à Notre-Dame de Paris

    Thomas Hengelbrock nous éclairera ce soir sur le programme de ce concert et les autres moments forts de sa saison parisienne. Parmi les œuvres qu’il donnera à Paris en 2026, le rare Polyptyque de Frank Martin une création de Thierry Escaich inspirée de tableaux de Renoir et de Van Gogh ou encore l’oratorio La Création de Haydn. Des concerts qui le conduiront au Théâtre des Champs-Elysées, dans la Nef du musée d’Orsay mais aussi dans la cathédrale Notre-Dame de Paris.

    Laure Mézan

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  • Opéra de Paris : Les inscriptions aux auditions du chœur d’enfants ADO 2026 sont ouvertes, le guide pour postuler

    Depuis le 1er décembre, les inscriptions aux auditions d’ADO, le nouveau chœur d’enfants créé par l’Opéra national de Paris (OnP), sont ouvertes en ligne. Elles sont réservées aux jeunes, à partir de 11 ans, désireux de se former aux arts de la scène lyrique.

    En mai 2025, l’Opéra national de Paris annonçait la création, au sein de son académie, d’une maîtrise de jeunes chanteurs lyriques baptisée ADO – Apprentissage de l’Opéra/Maîtrise de l’Opéra de Paris. Un mois plus tard, l’OnP révélait le nom du futur chef de chœur de cette nouvelle entité, Morgan Jourdain, ancien directeur musical adjoint de la Maîtrise de Radio France, qui avait pour priorité la définition des modalités et du calendrier de recrutement des jeunes chanteuses et chanteurs admissibles.

    Six mois plus tard, le processus d’inscription pour la rentrée scolaire 2026 est enfin lancé. Depuis le 1er décembre, les jeunes gens (à partir de 11 ans et pas 12, comme initialement annoncé) intéressés peuvent donc s’inscrire en ligne sur le site internet de l’OnP. Cette opportunité concerne tous les jeunes, filles et garçons, soprano ou alto, entrant en classes de 6e, 5e, 4e, 3e et 2nde à la rentrée scolaire 2026/2027, et désireux de se former aux arts de la scène lyrique grâce à une pratique vocale et musicale intensive. Il s’agira d’un mi-temps pédagogique : cours au collège  le matin, puis pratique artistique l’après-midi à l’Opéra de Paris.

    Trois phases pour la sélection finale

    Les candidat(e)s intéressé(e)s doivent adresser en ligne, un enregistrement audio ou vidéo d’un morceau à choisir dans une liste proposée, l’enregistrement d’un monologue (pour la partie théâtre) à choisir parmi une liste de textes également disponible sur le site, une vidéo ou lettre de motivation et une fiche de renseignements. Cette campagne d’inscription est ouverte jusqu’au 21 janvier 2026.

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    Une deuxième phase sera organisée en présentiel, à l’Opéra Bastille, à la Réunion et au Conservatoire de Musique, Danse et Théâtre de Guyane à Cayenne, en février et mars 2026. Les connaissances musicales des concurrents retenus seront évaluées. Ils devront interpréter un morceau, accompagnés par un pianiste de l’OnP, déclamer le monologue choisi lors de l’inscription et participer à une séance collective de théâtre et d’expression corporelle.

    L’épreuve finale, qui permettra de sélectionner la cinquantaine d’élèves qui composera la première promotion de cette nouvelle formation, gratuite, se déroulera également en présentiel le 11 avril 2026 à l’Opéra Bastille. Les modalités de la finale pour les candidates et candidats résidants en Guyane ou à La Réunion seront précisées ultérieurement.

    Philippe Gault

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  • « La nuance est une position plus juste intellectuellement et plus efficace politiquement » assure l’essayiste Jean Birnbaum

    La nuance et le mot juste ont-ils encore une place dans le débat public ? Dans une société de plus en plus polarisée, l’essayiste Jean Birnbaum, directeur du Monde des Livres, veut partager sa conviction : « dire les choses comme elles sont » vous met en position de force. Invité de David Abiker dans la matinale de Radio Classique, il est venu parler de son dernier livre, La Force d’être juste, publié aux éditions Flammarion.

    Emmanuel Macron attend des médias qu’ils vérifient leurs informations et évoque la possibilité d’une certification. Immédiatement, il est accusé ici et là de vouloir rétablir l’ORTF. C’est ça la polarisation, la défaite de la nuance ?

    JEAN BIRNBAUM : Quand on accuse l’État de vouloir établir un ministère de la Vérité [comme le fait une partie de la droite et l’extrême droite NDR], on fait référence à Georges Orwell, qui est un des héros de mon livre. Journaliste lui-même, Orwell était très attentif à ces questions. Pour lui, la force d’un journal, c’était justement la capacité à dire des choses que les lecteurs n’ont pas envie d’entendre, à dire des choses que soi-même parfois en tant que journaliste, on n’a pas envie d’entendre. Orwell disait : « le problème, c’est que souvent la vérité quand elle sort de la bouche d’un adversaire ou d’un ennemi, elle se transforme en mensonge ».

    Il y a une grosse confusion entre information, désinformation, opinion. Il faut veiller à [maintenir] des règles de l’information juste, fiable, vérifiée. En même temps, tous les médias ont pu se tromper, donc désigner des gens qui seraient ou non labélisés comme journaliste, c’est compliqué. Nous-mêmes au Monde, on a régulièrement admis plusieurs années plus tard qu’on s’était trompé sur tel ou tel sujet, on a eu la force de le reconnaître. Mais sur le moment, c’est pas toujours si facile. Qui, à tel ou tel moment va pouvoir se faire le gardien de la vérité, c’est toujours une question délicate.

    Aujourd’hui pour être entendu et écouté dans l’espace public, il faut intervenir sur un registre émotionnel, faut crier, surjouer la colère, être simple et schématique, c’est la condition pour exister. On l’a vu dans certaines campagnes aux États-Unis, on a vu Donald Trump cliver à dessein. Comment on sort de cette spirale qui conduit chacun à la radicalisation ?

    J.B. : Récemment le chef d’état-major des armées a parlé de la force d’âme, il a choqué beaucoup de monde avec son vocabulaire. Il faut pour essayer de se soustraire à cette logique de meute, pour essayer de dire les choses comme elles sont, de décrire le réel dans sa complexité, dans ses contradictions, dans ses nuances. Ça demande beaucoup de force, surtout dans un moment comme le nôtre où on est sommé d’être rivé à un camp, d’être assigné à résidence idéologiquement.

    Jean Birnbaum : « la mauvaise foi prolifère, et pas seulement sur les réseaux sociaux »

    Depuis que j’ai publié Le Courage de la nuance, j’ai pu vérifier qu’il y a plein de gens qui ne se sentent pas toujours très représentés politiquement et pas toujours non plus médiatiquement. Ils sont souvent solidaires mais isolés et en ont marre de cette ambiance où la haine fait écho à la haine, où la mauvaise foi prolifère, et pas seulement sur les réseaux sociaux. Il faut arriver à s’arracher à ça, à nommer les choses comme elles sont, à refuser d’écrire le monde en noir et blanc, quitte à se mettre à dos les fanatiques de toutes les couleurs. C’est vraiment mon obsession.

    Prenons un cas pratique. Il y a des tendances quand on observe les réseaux sociaux aujourd’hui ou certains débats ou certaines tribunes. Si vous discutez avec des gens de droite et que vous leur dites, sur un plan économique, la France a peut-être besoin de travailleurs immigrés, ils vous disent : mais vous êtes dans le déni. Inversement, si vous dites à des gens de gauche ou d’extrême gauche qu’il faut absolument réguler l’immigration parce que les Français ne comprennent pas qu’il n’y ait pas de contrôle sur qui entre et sort de leur territoire, ils vous répondront : tu fais le jeu de l’extrême droite. Comment on sort de ça ?

    J.B. : Le problème, c’est qu’on a tous besoin – c’est presque animal – d’être installé dans un petit collectif unanime, d’avoir son petit confort, le confort du conformisme. À un moment donné, il faut se dire que ça n’est pas juste, mais aussi que ça n’est pas efficace, c’est quelque chose de très important. Quand j’ai publié Le Courage de la nuance, beaucoup de gens m’ont dit : oui, mais la nuance c’est un truc de bourgeois, de tiède.

    Un truc d’expert, aussi. Parce que les experts sont très contestés aujourd’hui

    J.B. : Oui, mais les experts aussi peuvent parfois manquer de nuance. Tout mon objet, c’est de montrer que la nuance n’est pas affaire d’expert, affaire d’intellectuels, affaire de bourgeois, de tiède, de gens qui démissionnent, qui ne s’engagent pas. La nuance, non seulement c’est souvent une position qui est plus juste intellectuellement, mais c’est aussi une position qui est plus efficace politiquement ou dans l’action, quel que soit le type d’action qu’on mène.

    Être nuancé, c’est lutter contre sa propre bêtise, son propre dogmatisme, selon Jean Birnbaum

    Ça peut être dans une entreprise, dans un syndicat, en politique. Je suis convaincu qu’une position nuancée, qui décrit le réel dans sa complexité et qui accepte de voir les choses comme elles sont, c’est une position non seulement plus juste, mais plus forte.

    Est-ce qu’on peut être d’extrême droite et être nuancé, et d’extrême gauche et être nuancé ?

    J.B. : C’est une très bonne question. Dans mon livre, [je parle de] héros sont des gens qui étaient engagés. George Orwell s’est engagé les armes à la main pendant la guerre d’Espagne. Simplement, on peut être nuancé, c’est-à-dire lutter contre sa propre bêtise, contre son propre dogmatisme. George Orwell se battait contre le fascisme en Espagne et contre le franquisme, mais il le faisait en toute lucidité. Il disait : je veux bien me battre, mais je ne veux pas le faire en mentant, je ne veux pas cautionner les crimes et les mensonges de mon propre camp quand mes camarades assassinent des prêtres ou mettent le feu à une église, je veux que ça soit dit parce que c’est la vérité.

    On reparle de la nuance parce que c’est l’époque des réseaux sociaux et de leurs excès, mais se traiter de facho, se traiter de stalinien, ça existe depuis pas mal de temps !

    J.B. : Oui, parce qu’on a besoin d’être installé dans une petite meute, mais d’en exclure tous ceux qui viennent exercer leur esprit critique. On voit des Insoumis qui défilent dans les meetings de François Ruffin et qui disent : « Ruffin n’est pas un camarade ». Quiconque n’est plus dans la ligne, quiconque mord la ligne, se voit exclu de la meute, se voit désigné comme traître ou parfois comme fasciste et on lui dit : « tu fais le jeu de l’ennemi, tu fais le jeu de l’extrême droite ». L’anathème est consubstantiel à la politique, à ces phénomènes de meute, mais la politique juste, la politique forte, la politique qui est efficace, si on tient vraiment à ses idées, si on tient vraiment à son idéal, c’est une politique qui vient lutter contre ce genre de mauvais réflexe.

    Je voudrais votre avis, Jean Birnbaum, sur ce qui s’est passé au sein de l’université française ou de certaines universités aux États-Unis. C’est le lieu du débat, on apprend par les livres, ça devrait se passer calmement dans le pluralisme. En fait, on y tolère depuis de nombreuses années des blocages ou l’envahissement des amphithéâtres, notamment par l’extrême gauche. On hésite à y maintenir des signatures ou des conférences du bord opposé. Bref, on a le sentiment que le gauchisme contrôle la vie intellectuelle dans certaines universités. Est-ce que c’est votre sentiment ?

    J.B. : Non, je ne pense pas que le gauchisme contrôle les universités. Par contre, je pense qu’il faut avoir le courage de la nuance et la force d’être juste, c’est-à-dire qu’il faut pouvoir nommer les choses comme elles sont. J’ai des amis universitaires, très à gauche, qui savent très bien que telle ou telle fac est radicalement orientée. Ils ne vont pas le dire, justement parce qu’ils ne veulent pas faire le jeu du pouvoir ou le jeu de l’extrême droite ou le jeu de telle ou telle force adverse. Ça, c’est un gros problème.

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    Je connais même des profs de fac américains qui à la fois sont totalement effrayés par Trump et par sa politique et par les arrestations de migrants dans les rues de façon extrêmement violente, et qui en même temps disent qu’ils sont secrètement heureux que les campus américains ne soient plus dans l’état où ils étaient il y a quelques mois.  Parce que la force d’être juste, ce n’est pas le refus d’un engagement, d’une lutte pour des idées d’émancipation ou de justice, c’est simplement le fait que ces idées ne deviennent pas écraser les autres et ne viennent pas étouffer la liberté d’expression.

    Vous dirigez Le Monde des livres. Les Français lisent de moins en moins et c’est quand même par la lecture, par le temps de la lecture et de la concentration qu’on accepte de se confronter à l’idée d’un autre auteur. Avec cette baisse de la lecture, est-ce que vous redoutez un affaissement de la pensée critique, du débat démocratique et de ce rôle de la nuance que vous appelez de vos vœux ?

    J.B. : Je ferai une réponse nuancée. D’abord oui, d’un certain côté, je pense que la nuance se réfugie dans les livres, elle se réfugie dans les textes, dans le regard critique sur les textes. En même temps, je pense qu’il y a beaucoup de gens qui sont payés pour lire des livres, qui sont payés pour s’instruire, il y a beaucoup de gens qu’on appelle les intellectuels et qui ont prouvé au 20ᵉ siècle qu’ils étaient tout sauf nuancés. Les intellectuels au 20ᵉ siècle ont souvent non seulement pas été du côté de la nuance, mais étaient à l’avant-garde du pire. Donc on peut être bardé de diplômes, avoir des bibliothèques qui débordent et ne pas du tout être nuancé, verser dans le pire.

     

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  • Grâce à sa présence dans 20.000 instituts et spas, l’ETI Sothys fait rayonner la cosmétique corrézienne partout dans le monde

    KPMG vous invite à écouter l’interview de Christian Mas, Co-Président de

    Groupe Sothys, belle ETI basée à Brive-la-Gaillarde (Corrèze).

    Spécialisée dans la cosmétique avec ses produits pour le visage et le

    corps, Sothys Paris est présente dans 20 000 instituts et spas à travers
    le monde. Malgré deux tiers de son chiffre d’affaires à l’export, l’ETI
    maintient un ancrage territorial total : usine de Meyssac, jardins
    botaniques d’Auriac employant 20 personnes et collaboration avec des
    agriculteurs locaux pour développer des actifs végétaux innovants.

    Au-delà de ses innovations cosmétiques, Sothys s’engage pour son

    territoire en sponsorisant le Brive Festival et une cinquantaine
    d’associations locales.

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  • Nouveau service militaire : « ceux qui auraient besoin d’être recadrés par l’armée n’iront pas dans ce service volontaire » déplore Luc Ferry

    Luc Ferry est revenu ce lundi sur le dispositif annoncé par Emmanuel Macron la semaine dernière : la création d’un nouveau service national pour les 18-25 ans. Dès 2026, sur la base du volontariat, des jeunes pourront s’engager dans l’armée pendant 10 mois, comprenant un mois de formation militaire initiale. Visant 3000 jeunes au départ et 50.000 en 2035, cela augure d’un modèle d’armée « hybride ». 

    L’ancien ministre de l’Education et de la jeunesse avait remis à Nicolas Sarkozy, lorsqu’il était président, un rapport sur cette question, qui s’appelait « Pour un service civique ». Aujourd’hui il commente l’initiative lancée par Emmanuel Macron.

    Quel regard portez-vous sur le rétablissement de ce service militaire volontaire et non pas obligatoire, vous qui êtes d’une certaine façon le père du service civique ?

    LUC FERRY : C’était mon idée, et grâce à Nicolas Sarkozy, elle s’est transformée en réalité. Je suis à fond pour le service civique parce que je pense qu’il faut proposer aux jeunes des engagements dans la cité qui sont valorisants pour eux et qui montrent qu’ils peuvent être utiles à la collectivité de manière désintéressée, parce que c’est très peu payé. Sur le service militaire, pour bien comprendre ce qui se passe, il faut d’abord expliquer ce qu’était que le service militaire obligatoire. De mon temps, il avait deux finalités. L’idée était qu’on avait besoin d’une armée de conscription, d’une armée populaire. C’était toute une classe d’âge qui, sauf exceptions, allait faire son service militaire. C’est un héritage de la Révolution, des armées napoléoniennes.

    Jacques Chirac y a mis fin, ce qui est très intéressant. Il faut comprendre pourquoi, car Chirac était fana mili, il aimait vraiment les militaires. Il y a mis fin parce que les militaires n’en voulaient plus. Cela les embêtait et coûtait extrêmement cher. Ils voulaient une armée de métier solide avec des professionnels très formés et surtout avec de l’argent suffisant pour avoir une armée moderne, technologique. C’est ce que défendait encore Pierre de Villiers quand il s’est fait virer par Macron. La deuxième finalité du service militaire, qui était en fait tout aussi importante sinon plus, c’était de compléter l’éducation des parents et l’éducation par l’école avec l’idée de recadrer les jeunes qui en auraient besoin. C’est ce qu’on appelle le creuset républicain.

    Un brassage social lors du service militaire

    L.F. : On rencontre toutes les classes sociales au service militaire. Dans sa chambrée, on voit tout le monde, on est mélangé. Et puis on apprend à obéir, à respecter l’autorité, à se lever le matin à l’heure, à respecter les valeurs de la nation, de la patrie. L’uniforme fait qu’on est tous à égalité, on est tous membres du groupe, on est frères d’armes. Et puis il y avait quelques avantages : on passait le permis de conduire, camions, motos, voitures.

    Vous aviez aussi un bilan de santé ?

    L.F. : On faisait un bilan de santé et un bilan scolaire, puisque c’est là aussi qu’on voyait, hélas, monter l’illettrisme. Aujourd’hui, il faut avoir les chiffres en tête : le service volontaire, [concernera au départ] 3 000 jeunes, une classe d’âge, c’est 800 000. Donc on se moque du monde. On ne va pas recoller toute la jeunesse de France aux valeurs de la patrie. On ne va pas recadrer ceux qui auraient besoin éventuellement de l’être. Est-ce que vous croyez que les jeunes qui font fonctionner le narcotrafic, toutes les enquêtes le montrent, ceux qui se radicalisent dans l’islamisme, vont se précipiter au service volontaire ? Donc ceux qui auraient éventuellement besoin, pardon de parler un peu brutalement mais on a peu de temps, d’être recadrés par l’armée, n’iront jamais dans ce service volontaire.

    Luc Ferry : Le nouveau service national « n’a aucun rapport avec l’idée de sacrifice pour la patrie qui était celle du service obligatoire »

    Il faut dire la vérité. C’est un service volontaire. Il est payé 800 euros par mois. Il a des avantages en nature : on va passer par exemple gratuitement le permis de conduire, on aura 75 % de réduction sur les transports, on aura la possibilité de s’engager après. Et ceux qui ne s’engageront pas dans l’armée seront accompagnés au bout de 10 mois pour trouver un emploi, donc il y a des avantages considérables. Ça n’a aucun rapport avec l’idée de sacrifice pour la patrie qui était celle du service obligatoire, où on donnait un an de sa vie à la patrie. On était recadré, on n’était pas payé. Tout ça n’a absolument aucun rapport.

    Il y avait une solde, elle était maigre mais il y avait une solde.

    L.F. : Elle était dérisoire. Je n’ai jamais été payé quand j’ai fait mon service militaire.

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    Ça comptait pour la retraite.

    L.F. : Je sais que c’est symbolique, mais le symbole n’est pas bon. L’idée de donner sa vie pour la patrie, comme au temps de Napoléon, l’armée de conscription, ça disparaît. Et l’idée de recadrer les jeunes qui auraient besoin éventuellement de l’être disparaît aussi. Donc les deux idées qui fondaient le service militaire obligatoire disparaissent. Des jeunes  vont s’engager, ils seront payés, ils auront quelques avantages. L’idée, c’est en 2035 d’arriver à 50 000, c’est à peine l’épaisseur du trait d’une classe d’âge.

    D.A. : Emmanuel Macron a déclaré : « Nos jeunes du service national commenceront par une formation initiale d’un mois où ils apprendront ensemble les rudiments de la vie militaire. Ils acquerront l’esprit de discipline, se formeront au maniement des armes, à la marche au pas, au chant, à l’ensemble des rituels qui nourrissent la fraternité de nos armées. » Est-ce qu’on a besoin de savoir marcher au pas ?

    L.F. : Les gens se disent : « ah, on rétablit le service militaire, c’est bien », mais ça n’a aucun rapport. Je voudrais que les gens ne se laissent pas abuser par un coup de com’ qui ne correspond absolument à rien par rapport à ce qu’était le service obligatoire.

     

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  • Dans les coulisses de la pétillante production de Cendrillon

    A l’occasion de la nouvelle production de la Co[opéra]tive, David Lescot, Apolline Raï-Westphal et Caroline Simpson-Smith seront, ce lundi 1er décembre à 20h, les invités du Journal du Classique.

    Nous nous glisserons ce soir dans les coulisses de l’une des plus pétillantes productions lyriques de cette saison, l’opéra de chambre Cendrillon de Pauline Viardot, sur un livret adapté par David Lescot et une musique arrangée par Jérémie Arcache. Un spectacle qui revisite avec beaucoup de fantaisie le célèbre conte de fée et saura séduire un très large public. C’est la nouvelle production de la Co [opéra]tive, ce collectif de théâtres qui mutualise ses forces pour monter, chaque année, une production à l’intention de ceux qui n’ont pas forcément accès aux grandes institutions lyriques.

    Nous en parlerons ce soir avec Apolline Raï-Westphal qui incarne ici le rôle-titre, David Lescot, auteur du livret revisité et de la mise en scène ainsi que Caroline Simpson-Smith la directrice du Théâtre Sénart où ce spectacle a été créé le 5 novembre dernier.

    Cendrillon : plus de 70 représentations sont prévues

    Il sera donné en décembre à Vannes, Grenoble, Quimper et Rennes puis, d’ici le printemps à Morlaix, au Havre, à Angers, Créteil, Besançon, Nantes, Paris, Le Mans et Dunkerque. Plus de 70 représentations sont ainsi prévues !

    Laure Mézan

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