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  • Messaline la maudite : Pourquoi la jeune épouse assassinée de l’empereur romain Claude a-t-elle été dépeinte comme fourbe et dépravée ?

    Son nom est devenu dans la langue française synonyme de « femme aux mœurs dissolues ». Plusieurs grands auteurs romains ont brossé un portrait très sombre de cette impératrice, qualifiée par Juvénal de « putain impériale » et par Dion Cassius de « la plus abandonnée et libidineuse de toutes les femmes ». Mais qui était vraiment Messaline, femme de Claude et mère de Britannicus, assassinée à seulement 28 ans ? 

    Sous le règne de Caligula, en l’an 38, son oncle Claude épouse la jeune Messaline. Il a 47 ans, elle en a 18, et c’est sa cousine au second degré. Claude a du mal à se tenir debout : un handicap l’empêche de bien marcher et lui vaut un certain mépris au sein de la famille. Sa mère l’a qualifié de monstre. Tibère en son temps l’a écarté du pouvoir, mais le nouvel empereur, son neveu Caligula, l’estime et il l’a donc autorisé à épouser Messaline qui est sa troisième femme. Il a répudié la première pour de « légers torts », nous dit Suétone, et la deuxième pour de honteuses débauches et sur un soupçon d’homicide, nous voilà plongés dans cette atmosphère de la Rome des Césars !

    Et voilà que 3 ans après le mariage, un tribun de la Garde Impériale assassine l’empereur Caligula. Claude, qui n’a pas une grande expérience politique, mais qui a survécu à tous les complots précédents, va saisir sa chance. Il achète les bonnes grâces de la Garde Prétorienne et se présente devant les sénateurs comme le successeur légitime, tout en rejetant la cruauté de Caligula. Au bout de deux jours, à force de manœuvre et contre toute attente, voilà que Claude est désigné empereur.

    Messaline donne naissance à Britannicus trois semaines après le couronnement de Claude

    Messaline est donc maintenant impératrice. A 21 ans, elle a déjà eu une fille, Octavie, et est enceinte. Trois semaines après le couronnement de son mari, elle met au monde l’héritier de la pourpre, Britannicus, celui qui va devenir tellement célèbre grâce à la tragédie de Racine.

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    Claude s’en va conquérir la Bretagne, c’est-à-dire la Grande-Bretagne pour nous, il rentre victorieux et Messaline participe aux célébrations de la victoire, au triomphe de son mari avec des fêtes, des jeux. On ne peut pas dire qu’elle soit impopulaire. Claude de son côté se révèle un bon empereur, réfléchi, méthodique, réformateur. Pourtant, c’est un portrait plus sombre du couple impérial qui nous est parvenu.

    Dans cet épisode inédit des Grands Dossiers de l’Histoire, Franck Ferrand vous explique pourquoi l’Histoire a retenu un portrait si noir de cette femme décrite comme une scélérate, et qui aurait sans doute à faire valoir un certain nombre de circonstances atténuantes.

     

     

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  • « Je pensais ne plus jamais pouvoir jouer » : Miraculé, un pianiste anglais gravement blessé à la main retrouve sa carrière

    Le pianiste et professeur de musique britannique Stephen Raine est un véritable miraculé. Alors que quatre doigts de sa main droite ont été sectionnés et qu’il a fallu l’amputer de l’auriculaire suite à un accident domestique, le musicien a pu rejouer sur scène et reprendre ses cours grâce à une persévérance et une détermination hors du commun.

    En janvier 2023, la carrière du jeune pianiste anglais Stephen Raine, 33 ans, a pris un tournant dramatique lorsqu’il a été victime d’un grave accident de bricolage chez lui au cours duquel quatre doigts de sa main droite ont été sectionnés par une scie circulaire. Cet accident a entraîné l’amputation de son petit doigt et la perte quasi-totale de l’usage des autres doigts de sa main.

    Le pianiste a dû subir de multiples opérations et s’astreindre à de longues séances de rééducation – parfois plus de six heures par jour – mais c’est surtout sa rencontre avec une ergothérapeute, Gaby Willis, elle-même fille d’une pianiste anglaise réputée, qui lui a permis de reprendre espoir et, surtout, de retrouver progressivement l’usage partiel mais efficient de sa main droite.

    Stephen Raine a pu donner un récital quinze mois après son accident !

    Pour parvenir à ces résultats, la thérapeute s’est appuyée sur une technique américaine (GMAO) qui consiste à appliquer régulièrement du plâtre de Paris pour immobiliser les articulations mobiles et rediriger les forces de mouvement vers les plus rigides afin d’isoler et renforcer des articulations raides spécifiques tout en favorisant le remodelage du tissu cicatriciel.

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    Quinze mois après l’accident, en avril 2024, Stephen Raine a pu reprendre ses activités d’enseignant et surtout remonter sur scène pour donner des récitals à l’université de Durham, à la Central Foundation Girls School de Londres puis dans la cathédrale de Chelmsford (Essex). Des représentations au cours desquelles il a interprété des morceaux aussi complexes que la Fantaisie n° 3 de WA Mozart, la Sonate pour piano n° 8 de Ludwig van Beethoven et la Chaconne en sol majeur de Georg Friedrich Haendel.

    «Comme j’avais perdu mon petit doigt, j’ai dû apprendre de nouveaux modèles de jeu pour les pièces que j’avais choisies, mais je n’aurais jamais pensé pouvoir jouer aussi librement et aussi bien encore et certainement pas un répertoire aussi ambitieux, alors que quelques mois plus tôt je pensais ne plus jamais pouvoir jouer », confie Stephen Raine qui se produira à nouveau en récital, en février prochain, à l’université de Durham.

    Philippe Gault

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  • Léa Hennino et Françoise Gneri préparent le 50ème congrès international de l’alto

    A l’occasion du cinquantième congrès de l’alto qui se tiendra en janvier à Paris, Léa Hennino et Françoise Gneri seront, ce jeudi 20 novembre à 20h, les invitées du Journal du Classique.

    L’alto sera à l’honneur à Paris à la rentrée puisque s’y tiendra, du 19 au 23 janvier, la 50ème édition d’un congrès international dédié à cet instrument. Un événement organisé par la Société française de l’alto sous la houlette de Léa Hennino et de Françoise Gneri, qui réunira de grands altistes internationaux, des professeurs, de luthiers mais aussi des amateurs venus du monde entier. Il sera ponctué de concerts, de masterclasses, de conférences et de multiples ateliers.

    Léa Hennino et Françoise Gneri nous éclaireront ce soir sur l’esprit de ce congrès destiné à mettre en valeur la place de l’alto dans la vie musicale d’aujourd’hui, de montrer la diversité de son répertoire et l’engouement qu’il suscite notamment auprès des compositeurs.

    Laure Mézan

    Retrouvez le journal du classique du lundi au vendredi à 20h

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  • « Les millenials soutiennent l’Europe et peuvent être un îlot de résistance par rapport au chaos du monde » déclare Monique Dagnaud

    Les propos du général Fabien Mandon, chef d’état-major des Armées françaises, affirmant devant les maires qu’« il faut accepter de perdre nos enfants » en cas de guerre avec la Russie, ont ravivé les inquiétudes d’une jeunesse déjà ébranlée par les crises successives. Invitée de la matinale, la sociologue Monique Dagnaud, spécialiste des mutations de la jeunesse et autrice de Génération Reset, décrypte le rapport de la génération Y au monde qui se transforme.

    Dès l’invasion de l’Ukraine en 2022, la première réaction des trentenaires « était un désarroi absolu » explique Monique Dagnaud. Pourtant, cette sidération a vite laissé place à un soutien clair à l’Ukraine : aide militaire, accueil des réfugiés, défense des valeurs européennes. Pour la sociologue, cette génération reste « très européenne », profondément attachée à la paix et aux libertés, après avoir grandi dans l’idée d’une stabilité presque acquise.

    Le choc des crises, Covid, guerre en Ukraine, conflit israélo-palestinien, tensions économiques et chaos politique, a bouleversé les repères d’une génération qui avait été nourrie, au début des années 2010, par l’optimisme numérique. « Facebook était associé à l’idée d’une société plus démocratique, leur donnant une grande capacité d’expression et de l’autonomie. Pendant une période, ils ont été pris dans une espèce de vent d’optimisme […]. Une quinzaine d’années après, ils sont en plein désarroi, mais aussi très critiques du monde dans lequel ils ont été éduqués et dans lequel ils doivent faire leurs preuves. »

    Une jeunesse européenne face aux crises mondiales

    Pionniers des réseaux sociaux, les millenials en sont aussi devenus les critiques les plus sévères. « Ils savent très bien contourner, déjouer les manipulations, connaissent le monde des fake news, craignent la surveillance numérique », explique l’invitée de David Abiker. Formés au numérique et experts dans leur usage professionnel, ils restent pourtant méfiants face à la logique marchande et à l’influence toxique des plateformes, particulièrement sur les plus jeunes.

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    Pour Monique Dagnaud, cette génération conjugue plusieurs traits structurants : « ils soutiennent l’Europe et peuvent être un îlot de résistance par rapport au chaos du monde, notamment au trumpisme », en plus d’avoir une sensibilité anticapitaliste alimentée par l’urgence écologique, et une prise de conscience des inégalités croissantes, notamment dans l’accès au logement. « Les générations d’avant, surtout quand elles étaient diplômées, pouvaient bien s’installer, acheter un logement, y compris dans les centres-villes où la plupart de ces jeunes travaillent. Désormais, il est difficile d’entrer dans la propriété du logement si on n’a pas un soutien familial. »

    Daphnée Cataldo

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  • Radio Classique dévoile les 7 lauréats de ses Trophées de l’Entreprise 2025
    La troisième édition des Trophées de l’Entreprise Radio Classique s’est tenue ce mercredi 19 novembre 2025 au siège du Groupe Les Echos-Le Parisien. Sept lauréats ont été récompensés lors d’une cérémonie animée par David Abiker et parrainé par Benoît Coquart, directeur général du groupe Legrand.

    Innovation, inclusion, made in France, développement durable, rayonnement international, culture et mécénat : dans le prolongement de sa Matinale, référente sur l’actualité économique, Radio Classique a souhaité mettre en lumière, pour la troisième année consécutive, les entreprises dont la démarche, les actions ou les résultats façonnent l’avenir de notre économie et notre société.

    Avec ses Trophées de l’entreprise, Radio Classique poursuit ainsi sa mission : éclairer les enjeux économiques à travers des initiatives exemplaires, en donnant la parole à celles et ceux qui entreprennent et innovent.

    Les lauréats 2025 seront ainsi également à l’honneur au micro de Stéphane Pedrazzi dans la Matinale de Radio Classique, à 7h15 dans Les Voix de l’économie, du 20 novembre au 2 décembre 2025.

    Les lauréats de la 3ème édition des Trophées de l’Entreprise Radio Classique :

    Trophée de l’innovation : GUSTAVE ROUSSY

    Intégrer les patients aux études cliniques et leur donner accès à des traitements nouveaux, c’est le modèle unique et innovant de l’institut Gustave Roussy. 1er centre français et européen de lutte contre le cancer, l’institut Gustave Roussy se hisse aujourd’hui à la 6ème place dans le classement 2026 des Meilleurs hôpitaux spécialisés au monde.

    Trophée du rayonnement international : AÉROPHILE

    La vasque olympique, mais pas seulement ! Aérophile c’est avant tout le leader mondial du ballon captif. Capable d’embarquer jusqu’à 30 passagers, ses ballons sont aussi équipés de capteurs capables de mesurer la qualité de l’air. Déjà présent dans 40 pays, Aérophile a vendu depuis les JO de Paris, des ballons au Japon, au Monténégro et en Egypte !

     

    Trophée de l’inclusion : WANDERCRAFT

    Redonner la capacité de marcher à ceux qui l’ont perdue, c’est le pari fou des co-fondateurs de Wandercraft. Partant d’expériences familiales, ils ont créé des exosquelettes motorisés qui reproduisent la marche humaine sans aucune aide et permettent à leurs utilisateurs de se déplacer debout pour aller se chercher un café… ou assurer un relais de la flamme olympique !

    Réécoute bientôt disponible

     

    Trophée du développement durable : NETZERO

    Connaissez-vous le Biochar ? Un charbon végétal miraculeux qui capture le CO2 pour plusieurs milliers d’années. C’est la spécialité de NetZéro, qui produit du biochar dans les zones tropicales à partir de résidus agricoles : café et canne à sucre, en particulier au Brésil. La start-up s’est lancée un objectif ambitieux : capturer 1 million de tonnes de CO2 chaque année d’ici à 2030, avec un doublement de sa capacité de production dès 2026, et des usines opérées en propre et franchisées.

    Réécoute bientôt disponible

     

    Trophée du Made in France : CHEOPS TECHNOLOGY

    Depuis 1998, Cheops Technology est l’ange gardien des données de ses entreprises clientes et désormais l’un des leaders du Cloud Computing en France. Cheops se différencie par son offre 100% souveraine : des données françaises stockées en France. Cheops se développe par ailleurs sur le segment de la cybersécurité avec son propre Centre Opérationnel de Sécurité, baptisé « Cyber Patriot ».

    Réécoute bientôt disponible

     

    Trophée de la culture et du mécénat : FONDATION CULTURE ET DIVERSITÉ

    La culture et l’éducation pour tous, c’est le crédo de la fondation Culture et Diversité depuis près de 20 ans. Trophées de l’impro, prix de l’audace artistique et culturelle, ateliers de préparation aux métiers d’Art : la fondation multiplie les actions pour permettre aux jeunes issus de milieux modestes d’accéder à l’art et à la culture, afin, pourquoi pas, d’en faire leur métier. Sur l’année scolaire 2024/2025, 2400 jeunes ont participé aux projets cohésion sociale de la fondation et 289 jeunes ont été préparés aux concours des grandes écoles de la Culture.

    Réécoute bientôt disponible

     

    Trophée de l’année : RENAULT GROUP

    « Des voitures à vivre » : un slogan quarantenaire qui n’a pas pris une ride, et qui peut être associé à toutes les marques du groupe Renault, de la R5 à l’Alpine. 2025 a été une E-année pour Renault, avec la commercialisation de ses mythiques R5 et 4L qui se déclinent désormais en version électriques. Twingo suivra début 2026. L’ambition du groupe : démocratiser l’accès aux véhicules propres via des prix attractifs. Enfin cette année marque aussi le grand retour de Renault sur les Champs-Elysées avec l’ouverture du « défilé Renault » un showroom unique inauguré en septembre.

    Réécoute bientôt disponible

     

     

    Le jury des Trophées de l’Entreprise Radio Classique 2025 :

    Président du jury : Benoît Coquart, directeur général du groupe Legrand

    David Abiker, animateur de la matinale de Radio Classique

    David Barroux, rédacteur en chef du journal Les Echos

    Bertrand Dermoncourt, directeur général de Radio Classique

    Hervé Gattegno, directeur de la rédaction de Radio Classique

    Nathalie Janson, économiste et animatrice de la chronique les Classiques de l’économie sur Radio Classique

    Gérald Karsenti, ancien dirigeant d’entreprise, co-auteur du podcast Grands Leaders, les leçons de l’histoire avec Franck Ferrand

    Éric Mauban, journaliste au service économique de Radio Classique

    Sophie Paolini, directrice de la rédaction de Radio Classique

    Stéphane Pedrazzi, animateur de la matinale économique de Radio Classique

    Annabel Roger, journaliste du service économique de Radio Classique

     

    Avec le soutien et de la Fédération des Aveugles de France et du Domaine Albert Morot. 

     

     

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  • Paris Opera Competition 2025 : Le baryton gallois Steffan Lloyd Owen remporte le concours

    La neuvième édition du concours de jeunes chanteurs lyriques Paris Opera Competition a rendu son verdict. Le jury a sacré le jeune baryton gallois Steffan Lloyd Owen qui s’est imposé devant une soprano russe et un contre-ténor français.

    Le Pays de Galles semble avoir trouvé le digne héritier de son célèbre baryton-basse Sir Bryn Terfel en la personne de Steffan Lloyd Owen. Le jeune chanteur gallois s’est en effet imposé ce mardi à l’issue des épreuves finales du concours Paris Opera Competition qui ont eu lieu cette année au Théâtre Marigny à Paris.

    Le baryton de 30 ans a conquis la première place du concours devant la soprano russe Elene Gvritishvili et le contre-ténor français Théo Imart qui a également remporté le Prix du public. Présidé par Julien Benhamou, le jury était composé de sommités du milieu de l’opéra parmi lesquelles Evamaria Wieser, directrice de casting du Festival de Salzbourg, Sophie Joyce, au même poste à l’Opéra de Paris ou encore Jochen Breiholtz, le directeur de la production lyrique de l’Opéra de Lyon.

    Plus de 800 candidatures pour le concours Paris Opera Compétition

    Natif de Pentre Berw, sur l’île d’Anglesey, et diplômé du Royal Northern College of Music de Manchester, Steffan Lloyd Owen a remporté de nombreux prix dès l’âge de vingt ans. Depuis ses débuts en public en 2014, le chanteur gallois s’est fait remarquer dans de grandes maisons d’opéra en Europe. L’été dernier et cet automne, il a eu notamment l’occasion de partager la scène de l’Opernhaus de Zurich avec Sonya Yoncheva, Jonas Kaufmann et…Bryn Terfel dans Tosca de Giacomo Puccini.

    En France on a pu l’écouter dans le Requiem de Wolfgang Amadeus Mozart avec l’Orchestre National de Bretagne à Rennes en 2022. Actuellement, Steffan Lloyd Owen est membre de l’International Opera Studio de l’Opéra de Zurich.

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    Fondé en 2010 par Pierre Vernes, en partenariat avec le groupe Dassault, Paris Opera Compétition est un concours international pour jeunes chanteurs d’opéra qui se déroule tous les deux ans à Paris et a pour vocation de révéler et soutenir les grands artistes lyriques de demain. Les concurrents doivent être âgés de 18 à 32 ans maximum et adresser leur dossier de candidature en ligne. Cette année, parmi plus de 800 dossiers candidatures, 44 candidats ont été sélectionnés pour participer aux épreuves finales qui se sont déroulées la semaine dernière à Paris.

    Radio Classique, partenaire de la compétition, diffusera la finale du concours Paris Opera Competition le samedi 6 décembre à 20h00.

    Philippe Gault

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  • Les mots essentiels pour parler du vin comme un expert : Aimable, agressif, bourru, quand l’œnologie pioche dans les adjectifs liés au caractère humain

    Le lexique du vin est foisonnant, et pourtant on constate un appauvrissement du vocabulaire. Les amateurs se contentent souvent de parler d’un « bon vin ». C’est regrettable, car il existe une série de mots qui peuvent enrichir vos conversations et vos dîners.

    Commençons par la question de la prononciation du mot « œnologie ». L’idéal serait de le prononcer comme « œsophage », phonétiquement é-so-phage, mais la prononciation eu-nologie est bien plus répandue et elle est admise.

    Acerbe

    Cet adjectif désigne celui qui cherche à blesser, qui critique avec méchanceté. Dans le vocabulaire de l’œnologie, ce terme désigne un vin âpre et acide, dû à de mauvais cépages ou à des raisins qui n’ont pas atteint leur maturité.

    Agressif

    À ne pas confondre avec ceux qui ont le vin agressif. Ce terme péjoratif désigne un vin trop acide.

    Aimable

    Ce terme désigne tout simplement un vin qui est agréable à boire.

    Un vin austère n’est pas encore assoupli par la vieillesse

    Amour

    Un vin a de l’amour quand il est plein de feu et de sève. Il existe d’ailleurs un vin qui s’appelle le Saint-Amour.

    Austère

    L’adjectif austère désigne celui qui se montre sévère pour lui-même, qui se prive, mais aussi ce qui est dur, rigoureux, sans plaisir. On parle alors d’une vie austère. Dans le vocabulaire de l’œnologie, cela désigne un vin qui n’est pas encore assoupli par la vieillesse.

    Bourru

    Ce terme désigne des personnes rudes, peu aimables, mais aussi des choses qui ont la rudesse et la grossièreté de la bourre. La bourre, que les propriétaires d’animaux à poils longs connaissent bien, est l’ensemble des poils fins, souples et serrés du pelage des mammifères assurant la protection contre le froid. Pour un vin, il n’est pas question de poils, heureusement, mais d’un vin à peine sorti de la cuve qui contient une grande quantité de lie et qui doit être bu jeune.

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    De la cuisse, des jambes ou des larmes

    Un vin qui a de la cuisse laisse de fines traces grasses sur les parois intérieures du verre. On peut aussi dire qu’il a des jambes ou des larmes. Ainsi, le vin peut être enjoué, distingué, élégant, grand, mince ou viril. Mais à l’image de sa dégustation, ces termes doivent être abordés avec modération !

    Karine Dijoud

    Retrouvez la chronique Et si on parlait français ? 

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  • RÉCIT – Frank Sinatra, de la gloire à la chute : comment « The Voice » a tout reconstruit pour devenir immortel

    Il a tout eu, tout perdu, puis tout reconstruit. Voici l’histoire de Frank Sinatra, un homme seul face à son époque et à ses propres excès.

    New York, octobre 1945. Une foule considérable se presse devant le Paramount Theatre, déjà plein à craquer. Sur la scène, les projecteurs sont grands ouverts. Le public hurle quand s’avance une silhouette. Frank Sinatra, 30 ans à peine, est en costume sombre, cheveux brillantinés, il s’empare du micro. Parfaitement calme, avec une voix claire et posée qui tranche sur la frénésie de la salle, il chante. Il ne crie pas, ne force rien.

    Il faut se remettre dans l’esprit de l’époque. On vient tout juste de sortir de la guerre en octobre 45. Il représente cette jeunesse qui a l’intention de tourner la page, sans oublier pour autant. Frank Sinatra, avec sa voix tendre et son air mélancolique, incarne l’élégance d’un monde blessé. Il chante I’ll Be Seeing You, cette chanson qui évoque l’absence avec tant de douceur et de mélancolie. Puis il interprète The House I Live In, pour laquelle il vient de recevoir un Oscar spécial. Elle combat l’antisémitisme et célèbre l’Amérique des différences.

    Sinatra, les débuts d’un phénomène

    Il est tout jeune encore, Sinatra, mais déjà plus que connu. C’est un phénomène quand il apparaît sur scène. On peut déjà parler de « Sinatramania ». Tout ça vient de loin pourtant. Il est né une trentaine d’années plus tôt dans une famille modeste du New Jersey, fils unique d’un ancien boxeur sicilien et d’une mère autoritaire très engagée dans la politique locale.

    Il commence dans les bals de quartier, en chantant dans les petits clubs, puis se fait repérer par tous ceux qui aiment la musique et sentent qu’il y a chez lui quelque chose de spécial, notamment l’orchestre de Tommy Dorsey. C’est dans ce cadre qu’il apprend le métier et la discipline – enfin, en apparence pour ce qui est de la discipline. Arrive la guerre, et la carrière de Frank décolle. On le voit au cinéma jouer auprès des plus grands. Son physique aide beaucoup : ce visage fin, ce regard sombre qui se marie très bien avec sa silhouette élancée. Une sorte de charme fragile, presque féminin, qui plaît beaucoup aux adolescentes et convient parfaitement aux caméras.

    L’ombre du « planqué »

    Voici ce qu’écrit Éric Pincas, rédacteur en chef d’Historia : « Dans l’Amérique en guerre, le succès phénoménal de ce bourreau des cœurs a de quoi déplaire aux GI. Exempté de service militaire en raison d’un tympan percé, le Congrès le classe parmi ceux qu’il juge nécessaires au moral et aux intérêts du pays. La presse alimente sa réputation de planqué. Lee Mortimer dénonce dans le New York Sunday Mirror ‘le crooner qui trouve la sécurité et 30 000 dollars hebdomadaires derrière son micro’. Pour redorer son image, Sinatra engage une tournée des popotes. Des images d’archives le montrent en représentation devant le personnel féminin médusé de l’US Navy. Il met aux enchères sa garde-robe, participe à des rassemblements de soutien. » Bref, il fait tout ce qu’il faut pour redresser une image ternie, tout en apportant un réconfort réel au moral des troupes.

    Au sortir de la guerre, son premier 33 tours se nomme The Voice of Frank Sinatra. C’est un succès considérable, dans une époque qui change complètement. L’Amérique n’attend personne. Dans ce métier, on peut monter très vite et redescendre aussi vite.

    En quelques années à peine, la voix de l’Amérique devient quelqu’un dont l’image est trop attachée à une période bien précise, celle de la sortie de guerre. Sinatra a l’air déjà dépassé. Il commence à lasser le public avec des styles musicaux qui changent si vite. Pendant que lui, avec ses ballades sentimentales, séduit l’Amérique traditionnelle, un autre son se fait entendre : le bebop qui arrive de Harlem, né entre les murs des clubs afro-américains. Ce jazz ultra-nerveux, très virtuose, absolument pas docile, parle une langue que l’industrie du disque a du mal à suivre. Sinatra ne va même pas essayer de comprendre. Et il ne comprendra pas non plus ce qui balaie le bebop : le rock’n’roll.  C’est sans doute une erreur.

    L’aveuglement de la gloire

    Quand on a connu la gloire extrêmement jeune, on peut se trouver aveuglé par cette réussite. Réussite fulgurante dans son cas. Frank Sinatra pense que tout lui est acquis, que rien ne peut l’atteindre, qu’il suffit qu’il arrive et chante pour que la salle se taise et que les applaudissements crépitent. C’est dans ces années qu’il croise de plus en plus régulièrement Ava Gardner.

    Frank Sinatra et Ava Gardner en 1950/REX FEATURES/SIPA

    Ils se voient sur des plateaux, mais aussi dans les grandes soirées à la mode chez des amis communs. La beauté incroyable d’Ava Gardner, avec cet aspect sauvage, est irrésistible. Cette femme tellement spontanée n’a même pas besoin de jouer pour séduire. Il suffit qu’elle entre dans une pièce pour que tous les regards se tournent vers elle. Et lui, un peu en retrait, a les yeux rivés sur cette femme. Il est littéralement fasciné.

    Comment considère-t-elle Frank ? Elle le voit comme un homme nerveux, instable, tout à fait magnétique certes, mais qui a l’air de ne jamais se poser. On ne peut pas dire que leur histoire démarre immédiatement, en tout cas pas officiellement.

    Frank Sinatra, Ava Gardner : un couple explosif

    En 1951, Sinatra divorce de son épouse Nancy Barbato. Il faut dire qu’il a été très infidèle pendant toutes ces années. Avec Ava, il forme ce couple explosif qui plaît tant à la presse et dont les moindres mouvements sont scrutés par tous les journaux. On les voit s’installer à Palm Springs dans une villa baignée de soleil et, disons-le, d’un certain nombre de tensions. Il y a quelque chose d’électrique chez eux, dans ce couple qui s’aime à en perdre la tête, mais sans que cela les empêche de s’écharper, de se détruire. Pour un mot, pour un regard, pour un demi-retard, des disputes éclatent. Ava Gardner a du mal à supporter cela. Elle fuit, revient, s’éloigne à nouveau. À l’époque, elle tourne beaucoup en Europe, ce qui facilite les choses. Frank Sinatra ne supporte pas qu’elle s’absente, qu’elle s’éloigne, ce qui fait qu’il l’appelle un grand nombre de fois par jour et par nuit. Avec le décalage horaire, cela ne facilite pas les choses.

    Frank devient assez imprévisible. Il devient un artiste capricieux, fait des colères terribles, tape dans les murs des loges, annule des dates, impose à ses producteurs des conditions absurdes. Le producteur finit par se lasser. Épuisé par les excès de sa star, il finit par le quitter. Tout cela fait les gorges chaudes dans la presse. On se régale des frasques de Sinatra. Le label Columbia commence à s’impatienter. Dans les dîners, on ne parle plus de lui comme d’un géant, mais comme d’un homme qui vieillit prématurément et ne sait pas vieillir. Ava Gardner l’aime encore, mais elle comprend qu’elle ne pourra pas faire grand-chose pour lui, qu’il ne deviendra jamais l’homme stable dont elle aurait rêvé. On sait, on sent autour d’eux que cette histoire ne finira pas bien.

    1952 : l’année de tous les naufrages

    Nous sommes en 1952 quand tout se désagrège. The Voice, cette voix qu’il avait portée si haut, commence à le trahir parce qu’il a un polype sur les cordes vocales. Cela donnera d’ailleurs une tessiture très particulière qu’on finira par adorer, mais qui dans un premier temps ne passe pas bien. Il y a quelque chose de brisé, quelque chose de fêlé. Frank Sinatra continue malgré tout à enchaîner les récitals avec ce timbre qui vacille, ces aigus qui ne tiennent plus comme avant, avec la fatigue qu’on entend maintenant passer dans le micro. Le label historique Columbia finit par le laisser tomber. On ne renouvelle pas son contrat, on le remercie avec politesse, sans fracas. Le message est clair : Sinatra n’est plus bankable, il n’est plus rentable. Ava Gardner demande le divorce en 1953. Il est au plus bas. Il vit reclus dans sa villa de Palm Springs, entouré de quelques amis loyaux. La vérité, c’est qu’à ce moment-là, au milieu des années 50, plus personne ne croit à son retour.

    Le retour triomphal de Sinatra

    Frank Sinatra veut revenir, et il a compris que cela ne viendrait pas par la musique, mais plutôt par le cinéma. Il obtient un rôle important dans Tant qu’il y aura des hommes (From Here to Eternity). L’action se passe à Hawaï quelques jours avant l’attaque de Pearl Harbor. Il y joue Maggio, ce soldat de second plan, rebelle, étonnant, insolent, loyal. Ce n’est pas son premier rôle, mais il va marquer, à travers ce personnage rapide, nerveux, c’est exactement ce qu’il peut donner encore à ce moment-là.

    Il a maigri pour le rôle, accepte les scènes les plus dures sans se plaindre. Il n’y a pas de chanson à interpréter. Juste une présence tendue, maîtrisée à assumer. Et il surprend. Ça marche.

    Le film est un très grand succès salué par la critique. Il reçoit l’Oscar du meilleur second rôle. C’est un tournant : il devient un nom qui compte à Hollywood, et sa deuxième carrière vient relancer la première. Dès cette époque, un certain nombre de questions circulent plus ou moins en cachette. On parle de ses liens avec Lucky Luciano, on se demande quel est le rôle de la mafia dans ce retour.

    Un arrangeur discret, Nelson Riddle, comprend quel est le niveau de Sinatra

    En 1954, Sinatra signe avec un label plus jeune que Columbia : Capitol Records. Il y trouve toute une équipe artistique qui va le suivre dans une direction plus exigeante que celle de sa première carrière de crooner. Il y a notamment Nelson Riddle, cet arrangeur discret, très rigoureux, qui comprend à quel niveau peut se hisser Sinatra pour peu qu’on l’aide. Ils vont redéfinir le style avec cette voix plus grave et posée qui s’éloigne des élans du jeune crooner, et des orchestrations d’une finesse et d’une ampleur extraordinaires. En 1955, avec In the Wee Small Hours, cet album mélancolique, étonnant, émouvant, on peut parler d’une véritable œuvre d’art. On ne parle plus d’une compilation de chansons, mais d’une sorte de récit, comme un film musical. Et puis avec I’ve Got You Under My Skin, morceau aux cuivres nerveux, très contrôlé où l’énergie est contenue, où l’élégance atteint des niveaux suprêmes, il devient le mythe que l’on connaît.

    Le public le suit. Ce n’est plus tout à fait le même public, les adolescentes en larmes du Paramount en 1945. Maintenant, c’est un public de cadres adultes, urbains qui vient l’écouter dans des clubs et incarne un nouveau style de vie : le côté nœud papillon et verre de whisky. On est entré dans une autre image de l’Amérique.

    Sinatra en studio

    Il faut voir ce qu’est Sinatra en studio, qui travaille avec cette concentration froide, cette grande rigueur, même s’il ne répète pas énormément. Souvent, c’est la première prise qui est la bonne, avec l’orchestre au complet debout face au micro. C’est l’homme de la nuance, Sinatra, et les arrangements de Riddle sont parfaits dans leur genre. On est en train de donner à ce genre si spécifique de la chanson des crooners ses lettres de noblesse. Il s’installe à Las Vegas où il est chez lui, où il chante, où il sort beaucoup avec ses amis : Dean Martin, Sammy Davis Jr., Peter Lawford et Joey Bishop – le Rat Pack. On les voit improviser des spectacles, comme ce qu’on appelle un bœuf. Sinatra impose son allure, cette virilité désinvolte qui est toute une époque. On continue à dire que dans les coulisses, ce qui se trame n’est peut-être pas toujours racontable. Il est vrai qu’il aime fréquenter les puissants.

    L’homme de pouvoir

    À Las Vegas comme à Hollywood, il croise des producteurs, des hommes politiques, des patrons de presse. C’est un homme de réseau à un niveau extraordinaire qui va soutenir la campagne de John Kennedy en 1960, mobiliser pour lui tout son carnet d’adresses et organiser des levées de fonds. Mais il s’intéressera à d’autres personnalités politiques pendant tout le cours de sa vie. Sinatra n’est pas seulement un mythe d’Hollywood et le plus grand de tous les crooners. Il est aussi devenu une personnalité qui, au sein des élites américaines, joue un rôle absolument essentiel. Un Sinatra qui s’attache plus aux personnalités qu’à leurs engagements ou à leurs partis.

    Sinatra est devenu une icône. Cela ne veut pas dire que les critiques l’épargnent, ni qu’il n’y a plus de passages à vide, mais jamais plus il ne retombera dans l’ornière du milieu des années 50. Il a beaucoup appris de ce qui lui est arrivé, il s’est endurci. Il est devenu cet homme ironique, distant, infiniment puissant dans le calme. Une main de fer dans un gant de velours – ou plutôt, une voix de velours.

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    La légende s’installe dans les années 60 avec Strangers in the Night, cette extraordinaire chanson de Bert Kaempfert écrite par Charles Singleton et Eddie Snyder en 1966. Avec My Way aussi, son hymne personnel qui scelle définitivement son statut d’homme seul face au monde. Il continue à se produire sur scène. Il reviendra même à plusieurs reprises après avoir annoncé sa retraite. On l’a vu à Paris dans les années 90 encore, avec des apparitions qui étaient plus la présentation d’une statue du commandeur qu’autre chose. Il mourra à Los Angeles à l’âge de 82 ans, le 14 mai 1998. Mais qu’est-ce que je dis ? Il mourra ? Non. Il ne mourra jamais. Sinatra est immortel.

    Franck Ferrand

     

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  • Adrien Perruchon et Adelaïde Ferrière célèbrent les échanges franco-américains à la Seine Musicale

    A l’occasion de leur prochain concert à la Seine musicale, Adrien Perruchon et Adelaïde Ferrière seront, ce mercredi 19 novembre à 20h, les invités du Journal du Classique.

    Adrien Perruchon retrouvera ses musiciens de l’orchestre Lamoureux le 22 novembre à la Seine Musicale pour un concert qui mettra à l’honneur les liens qui ont unis des compositeurs étrangers avec la France. Au programme : la symphonie parisienne de Mozart et Un Américain à Paris de Gershwin mais aussi le concerto pour marimba, vibraphone et orchestre de Milhaud qui, dans l’autre sens, a été composé par un français sur le sol américain. C’est Adelaïde Ferrière qui sera la soliste de ce concerto bien connu des percussionnistes mais beaucoup moins du grand public.

    Des compositeurs étrangers inspirés par la France

    Adélaïde Ferrière et Adrien Perruchon nous éclaireront ce soir sur ce concert et sur leurs autres projets à venir. Adrien Perruchon dirigera notamment les concerts de Noël de Radio classique de Bordeaux, les 18, 19 et 21 décembre à la tête de l’Orchestre national Bordeaux Aquitaine et du chœur de l’Opéra national de Bordeaux.

    Laure Mézan

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  • « On peut agir à l’échelle de sa commune, de son quartier ou de son lotissement, pour rendre la vie des gens plus heureuse » estime Raphaël Ruegger

    Tous les héros ne portent pas de cape, et certaines solutions pour changer le quotidien sont à la portée de chacun. Invité de la matinale, Raphaël Ruegger, cofondateur de la Fédération française des trucs qui marchent (FFTM) et auteur du livre éponyme publié chez Buchet Chastel avec Théo Caviezel, présente des initiatives locales qui transforment concrètement la vie des habitants.

    Agir localement pour améliorer durablement le quotidien, c’est le pari de Raphaël Ruegger. Il raconte que l’idée de la FFTM est née grâce à Grégoire Bourgeois, cofondateur du cabinet Evidence et passionné d’action publique. « Il m’a dit qu’il faudrait une fédération française des trucs qui marchent, avec une mission simple : identifier et faire connaître des initiatives qui ont fait leurs preuves et qui sont duplicables partout en France. » Dès le départ, la feuille de route est claire : « pars du bureau, va sur le terrain, rencontre des élus et émerveille-toi de toutes ces initiatives qui germent dans leur esprit et qui changent leur commune et qui demain, si elles sont dupliquées, peuvent changer la France. »

    Pour distinguer une action solide d’une simple idée séduisante, la FFTM s’appuie sur trois critères : le projet doit être porté par la commune et un élu ; il doit avoir démontré son efficacité ; il doit être réplicable. « On rencontre aussi les bénéficiaires. Quand on parle de transport, on monte sur le vélo ; quand on parle de bien manger, on va à la cantine avec les enfants… C’est comme ça qu’on se saisit de ces initiatives », explique Raphaël Ruegger.

    Des petites idées, de grands projets

    Certaines expérimentations marquent les esprits. A Muttersholtz, dans le Bas-Rhin, un maire a transformé les déplacements scolaires : « il ne voyait plus de vélo dans le garage de l’école. […] Il a créé des chemins, parfois en passant par des habitations avec des droits de passage. Aujourd’hui, 99% des enfants vont à l’école à vélo. » Dans les Alpes-Maritimes, Mouans-Sartoux a misé sur une ferme municipale de six hectares : « les agriculteurs salariés produisent à peu près 25 tonnes de fruits et légumes bio qui permettent de faire 100% des repas des enfants, les 1 200 repas quotidiens pour les enfants et les centres de loisirs. » A Orly-la-Ville, des statues d’animaux ont été installées pour faire ralentir les automobilistes, une idée simple et efficace.

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    Toutes ces initiatives racontent la même histoire : celle de citoyens et d’élus qui cherchent des solutions pragmatiques, adaptées à leur territoire, capables d’améliorer la vie quotidienne. Pour Raphaël Ruegger, c’est la démonstration que chacun a son rôle à jouer : « on peut agir à l’échelle de sa commune, de son quartier ou de son lotissement pour rendre la vie des gens un peu plus heureuse et la vie de nos communes un peu plus agréable. »

    Daphnée Cataldo

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