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Tous les héros ne portent pas de cape, et certaines solutions pour changer le quotidien sont à la portée de chacun. Invité de la matinale, Raphaël Ruegger, cofondateur de la Fédération française des trucs qui marchent (FFTM) et auteur du livre éponyme publié chez Buchet Chastel avec Théo Caviezel, présente des initiatives locales qui transforment concrètement la vie des habitants.
Agir localement pour améliorer durablement le quotidien, c’est le pari de Raphaël Ruegger. Il raconte que l’idée de la FFTM est née grâce à Grégoire Bourgeois, cofondateur du cabinet Evidence et passionné d’action publique. « Il m’a dit qu’il faudrait une fédération française des trucs qui marchent, avec une mission simple : identifier et faire connaître des initiatives qui ont fait leurs preuves et qui sont duplicables partout en France. » Dès le départ, la feuille de route est claire : « pars du bureau, va sur le terrain, rencontre des élus et émerveille-toi de toutes ces initiatives qui germent dans leur esprit et qui changent leur commune et qui demain, si elles sont dupliquées, peuvent changer la France. »
Pour distinguer une action solide d’une simple idée séduisante, la FFTM s’appuie sur trois critères : le projet doit être porté par la commune et un élu ; il doit avoir démontré son efficacité ; il doit être réplicable. « On rencontre aussi les bénéficiaires. Quand on parle de transport, on monte sur le vélo ; quand on parle de bien manger, on va à la cantine avec les enfants… C’est comme ça qu’on se saisit de ces initiatives », explique Raphaël Ruegger.
Certaines expérimentations marquent les esprits. A Muttersholtz, dans le Bas-Rhin, un maire a transformé les déplacements scolaires : « il ne voyait plus de vélo dans le garage de l’école. […] Il a créé des chemins, parfois en passant par des habitations avec des droits de passage. Aujourd’hui, 99% des enfants vont à l’école à vélo. » Dans les Alpes-Maritimes, Mouans-Sartoux a misé sur une ferme municipale de six hectares : « les agriculteurs salariés produisent à peu près 25 tonnes de fruits et légumes bio qui permettent de faire 100% des repas des enfants, les 1 200 repas quotidiens pour les enfants et les centres de loisirs. » A Orly-la-Ville, des statues d’animaux ont été installées pour faire ralentir les automobilistes, une idée simple et efficace.
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Toutes ces initiatives racontent la même histoire : celle de citoyens et d’élus qui cherchent des solutions pragmatiques, adaptées à leur territoire, capables d’améliorer la vie quotidienne. Pour Raphaël Ruegger, c’est la démonstration que chacun a son rôle à jouer : « on peut agir à l’échelle de sa commune, de son quartier ou de son lotissement pour rendre la vie des gens un peu plus heureuse et la vie de nos communes un peu plus agréable. »
Daphnée Cataldo
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Selon plusieurs sources, reprises par la presse spécialisée italienne, Michele Mariotti pourrait prochainement être nommé chef principal de l’Orchestre Symphonique de la RAI. Le chef d’orchestre italien de 46 ans entrerait en fonction en février 2026.
Actuel directeur musical du Teatro dell’Opera di Roma, Michele Mariotti est fortement pressenti pour prendre la tête de l’Orchestra Sinfonica Nationale della RAI (OSN RAI), la formation qui représente le principal groupe audiovisuel public italien basée à Turin. L’information a été révélée par le blog britannique Slippedisc, alimentée par d’autres sites spécialisés et reprise par un grand nombre de journaux italiens.
Avec le titre de chef principal, Michele Mariotti succéderait à partir de 2026 à Andrés Orozco-Estrada, le chef d’orchestre colombien qui occupe ce poste à la tête de l’Orchestre Symphonique de la RAI, depuis 2023. Une nomination qui serait appuyée par le gouvernement italien, déjà accusé d’ingérence après les nominations controversées de Fortunato Ortombina comme surintendant de la Scala de Milan et de la cheffe d’orchestre Beatrice Venezi à la tête de l’orchestre de la Fenice à Venise.
Depuis 2022, Michel Mariotti est directeur musical de l’Opéra de Rome après avoir dirigé l’orchestre du Teatro Comunale di Bologna. Le maestro, natif de Pesaro et grand supporter de la Juventus, le club de football phare de la capitale piémontaise, a dirigé l’Orchestre Symphonique de la RAI régulièrement depuis 2006 et les deux concerts qu’il doit conduire à l’auditorium Arturo Toscanini de Turin début février pourraient bien marquer officiellement son entrée en fonction à la tête de l’OSN RAI.
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Les mois à venir s’annoncent donc chargés pour Michele Mariotti, déjà très attendu en fin d’année (29, 30 et 31 décembre) et surtout le 1er janvier à Venise pour les traditionnels Concerti di Capodanno del Teatro La Fenice (Concerts du Nouvel An de La Fenice) qu’il dirigera. Au programme : des airs de grands compositeurs italiens tels que Rossini, Bellini, Verdi, Mascagni, Ponchielli et Puccini chantés par la soprano italienne Rosa Feola et le ténor chilien Jonathan Tetelman.
Philippe Gault
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Depuis leurs premières représentations sur les jades et bronzes antiques jusqu’à leurs formes populaires contemporaines, en passant par les arts impériaux, découvrez les dragons d’Asie orientale à travers une sélection exceptionnelle d’objets et d’œuvres d’art.
Le dragon est une créature polymorphe aux innombrables facettes, reflet des multiples légendes qui l’entourent. Contrairement à la représentation de monstre démoniaque et cracheur de feu qui en est faite en Occident, le dragon oriental relie la terre au ciel. Il incarne le mouvement des éléments, la force et la fertilité.
Figure à la fois terrestre, aquatique et céleste, il représente la triade ciel-terre-homme, très présente dans la culture chinoise, et fait le lien entre les Hommes et le divin. Sa puissance symbolique fait de lui un motif privilégié de l’art chinois. Des bronzes antiques au symbole du pouvoir impérial, le dragon a inspiré des chefs d’œuvres de peinture, des sculptures et vases impériaux ou encore des danses.
Profondément enraciné dans la culture, le dragon a survécu à la fin de l’empire. Il reste encore aujourd’hui un puissant emblème national chinois et un motif de bon augure dans toute l’Asie orientale. Il conserve sa force, ses significations cosmologiques et mythologiques.
Réalisée avec le Musée national du Palais de Taipei, l’exposition Dragons est une invitation exceptionnelle et inédite à découvrir une centaine de pièces venues de Taïwan.
Une exposition à visiter jusqu’au 1er mars 2026 au musée du quai Branly – Jacques Chirac
Plus d’informations sur : https://www.quaibranly.fr/fr/expositions-evenements/au-musee/expositions/details-de-levenement/e/dragons
© musée du quai Branly – Jacques Chirac, photo Thibaut Chapotot
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Le sel se cache souvent dans nos aliments, tous les nutritionnistes le disent. Les linguistes eux, savent qu’il est aussi très présent dans notre vocabulaire, parfois là où on ne l’attend pas.
Le sel est un indispensable de notre cuisine, à doser avec précision pour rehausser les saveurs sans qu’il prenne le dessus pour autant. Il est aussi employé dans des expressions figurées. Je pense notamment au Sel de la vie, titre d’un ouvrage exceptionnel de Françoise Héritier, qui donne envie de savourer chaque petit plaisir qui s’offre à nous.
Pour en revenir à nos moutons, voici une liste de mots qui viennent du sel. Le premier exemple est assez inattendu, c’est le salaire. En effet, ce salaire si nécessaire est formé sur le mot sel. Il vient du latin salarium, qui veut dire ration de sel. Dans l’Antiquité, le sel était précieux : il servait certes à assaisonner les aliments, mais aussi et surtout à les conserver. Ainsi, les légionnaires romains recevaient-ils une partie de leur salaire sous forme de sel.
Il y a aussi la salade, qui vient de l’italien insalata, lui-même issu du latin salata signifiant salé. La salade désigne une composition d’aliments crus ou cuits, assaisonnés avec du sel. Ainsi, quand on parle de salade de fruits, on est face à une incohérence du point de vue du sens, à moins que certains ne salent leur salade de fruits pour rester fidèle à l’étymologie.
Une autre surprise langagière : saupoudrer signifie à l’origine couvrir d’une légère couche de sel. Le mot sau étant une variante dialectale de sel. Ainsi, si on se réfère à l’étymologie, saupoudrer de sel serait un pléonasme. Mais aujourd’hui, la définition de saupoudrer s’est élargie. Ce verbe désigne le fait d’éparpiller une substance pulvérulente sur quelque chose. On peut donc saupoudrer de sucre glace ou de farine. J’en profite pour préciser qu’on dit bien saupoudrer et non pas soupoudrer (sic).
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Le sel est aussi présent dans le salami, la sauce, les saucisses, la saumure, les salmigondis, bref, tout cela n’est pas bon pour le régime sans sel. J’avais envie de terminer avec ce mot que je trouve savoureux et dont l’étymologie est justement saugrenue. Il est composé de sau, le sel, et de grenu qui signifie en grain. Il qualifiait à l’origine une nourriture piquante et salée. Le sens actuel est devenu plus abstrait et désigne quelque chose d’inattendu et un peu ridicule. Voilà, quand vous utilisez le mot saugrenu, vous saurez que l’addition est salée d’une certaine façon.
Karine Dijoud
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En 1925, l’explorateur britannique Percy Fawcett s’enfonce dans la jungle amazonienne à la recherche d’une cité perdue qu’il appelle Z. On ne le reverra jamais. Un siècle plus tard, le mystère demeure : mythe romantique d’un aventurier disparu, ou intuition visionnaire d’un monde oublié sous la forêt ?
Dans les années 80 en Amazonie, un anthropologue américain a recueilli la parole de peuples autochtones du Mato Grosso, éloignés du monde moderne. Ils avaient gardé la mémoire du passage d’un petit groupe d’hommes blancs en 1925. Selon cette histoire transmise par voie orale, ces explorateurs ne semblaient pas agressifs, et contrairement à ceux qui étaient venus avant eux, n’étaient pas là pour les tuer.
L’homme en tête de cette colonne de 5 ou 6 personnes parlait avec douceur, et a expliqué être venu chercher quelque chose dans la forêt. Il a même offert des présents au peuple Kuikuros. Il s’agissait du colonel Percy Fawcett, aperçu pour la dernière fois avant de disparaître à jamais dans la jungle amazonienne.
Ce britannique a fait partie de l’armée des Indes avant d’intégrer la Royal Geographical Society, une institution dédiée à la formation des explorateurs de sa majesté la reine Victoria.
En 1906, à la faveur d’un conflit entre la Bolivie et le Brésil, une mission délicate lui est confiée : déterminer la frontière entre Bolivie et Brésil. Fawcett part seul avec quelques porteurs. Il fait partie de ces officiers britanniques qui supportent tout. Là où d’autres, sans doute, auraient abandonné, lui persévère. Et bientôt, il va se faire la réputation d’un explorateur infatigable.
A la demande du gouvernement britannique, il explore le bassin amazonien, devenant un des rares Occidentaux capables d’opérer là-bas. Et à mesure qu’il avance, qu’il s’enfonce dans cette forêt impénétrable, Fawcett remarque des monticules, des fragments de poterie, des talus de pierre. Bref, ce qu’on pourrait appeler nous avec notre jargon actuel, des artefacts anthropiques. Et les Indiens qui lui parlent d’anciennes cités dissimulées par les arbres.
Fawcett commence à douter de l’idée qui à l’époque dominait en Europe, que l’Amazonie n’avait jamais été habitée par aucune civilisation digne de ce nom. Non, non, se dit-il, il y a eu ici des êtres humains qui ont développé des cultures puissantes et des architectures, la preuve, on en a des vestiges.
Peu à peu, la mission scientifique va devenir pour Fawcett une sorte de quête personnelle. Le basculement a lieu en 1914, à l’occasion d’un séjour à Rio de Janeiro. Fawcett consulte les archives de la Bibliothèque nationale du Brésil, et il découvre là un document ancien, intitulé Manuscrit 512. Le texte a été rédigé par un explorateur portugais du 18e siècle, qui décrivait les ruines d’une vaste cité dotée de bâtiments monumentaux, de routes, située quelque part dans l’intérieur du Brésil.
Cette exploration a entraîné la disparition de Fawcett. Mais des rumeurs courent : des Indiens disent qu’ils l’ont vu vivant avec une princesse indienne. D’autres disent que finalement il a découvert la fameuse cité, qu’il a décidé de ne plus revenir vers la civilisation, qu’il est trop heureux d’avoir trouvé son lieu d’élection. D’autres disent qu’il serait mort sous les coups d’Indiens hostiles.
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Le mystère de la disparition de Percy Fawcett va pendant des décennies alimenter les imaginaires de toutes sortes d’aventuriers dans leur fauteuil, du personnage du professeur Challenger dans Le Monde perdu de Conan Doyle, à celui, bien sûr, d’Indiana Jones, créé par George Lucas et auquel Steven Spielberg a donné vie, en passant par l’explorateur Ridgewell dans Tintin, Eliott Corbett dans Corto Maltese, Bob Morane… Percy Fawcett a nourri un siècle de fiction, d’imaginaire. Il est en quelque sorte la quintessence même de l’archéologue explorateur, et sous ce vernis de la fiction, demeure une question. Et si malgré tout, Fawcett avait eu raison ? En 2018, des relevés satellitaires au-dessus du sud-ouest de l’Amazonie ont révélé un certain nombre de traces d’anciennes constructions, justement dans la région du Mato Grosso. Il s’agit, à l’évidence, d’un vestige précolombien, tout près de l’endroit où Percy Fawcett a justement disparu…
Franck Ferrand
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Le jeune et talentueux violoncelliste américain Sterling Elliott a surpris le public et sa fiancée lorsqu’il l’a fait monter sur scène pour faire sa demande en mariage à l’issue d’un concert en Californie.
Les Variations sur un thème rococo de Piotr Ilitch Tchaïkovski marqueront certainement le violoncelliste américain Sterling Elliott et sa future femme pour la vie. C’est en effet après visionnage de l’interprétation de ce morceau sur Instagram que la jeune femme avait « flashé » sur le jeune musicien et c’est également après l’avoir interprété au début du mois de novembre à l’issue d’un concert en Californie, qu’il lui a demandé sa main.
Une publication partagée par Sterling Elliott (@celloster)
La scène s’est déroulée le 1er novembre à Visalia, au sud de Fresno, où Sterling Eliott interprétait, comme soliste avec le Sequoia Symphony Orchestra, l’œuvre pour violoncelle et petit orchestre du compositeur russe. Après le premier rappel, le jeune homme s’est emparé du micro pour annoncer qu’il allait profiter de l’occasion pour faire partager au public un moment très important.
Le violoncelliste américain a ensuite demandé à sa fiancée Olive, présente dans la salle, de monter sur scène où, à genou comme il se doit, il l’a demandée en mariage. Sur les réseaux sociaux Sterling Eliott raconte que « La première impression qu’Olive a eue de moi, c’est grâce à une vidéo des Variations Rococo de Tchaïkovski que j’ai postée sur Instagram. Depuis, elle m’a vu interpréter ce morceau en direct en vidéo à deux reprises (…) Mais c’était la première fois qu’elle venait me voir jouer en personne. Ce morceau est vraiment devenu le symbole de tant de moments importants de notre histoire ».
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À 25 ans, ancien élève de la Juilliard School de New York, Sterling Eliott est considéré comme un des jeunes talents américains du violoncelle les plus prometteurs. Vainqueur de plusieurs concours internationaux de jeunes musiciens, il s’est déjà produit avec de grandes formations américaines telles que tels que le Philadelphia Orchestra, le New York Philharmonic, le Los Angeles Philharmonic ou encore l’Orchestre de St. Luke’s, dirigé par Louis Langrée, en décembre 2024 au Carnegie Hall.
En 2025, l’Europe lui a ouvert les portes des plus grandes salles avec des concerts donnés à Londres, Francfort, Berlin, Hambourg et Amsterdam.
Philippe Gault
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A l’occasion de la présentation de son opéra film « Ciao Casanova » le 26 novembre à la Seine musicale, Solrey sera, ce mardi 18 novembre à 20h, l’invitée du Journal du Classique.
Deux ans près sa création à la Fenice de Venise, « Ciao Casanova », l’opéra film de Solrey fera l’objet d’une représentation le 26 novembre à la Seine musicale. La musicienne et réalisatrice nous invite ici à arpenter les ruelles et les canaux de Venise à travers l’évocation de l’une de ses figures mythiques, le personnage de Casanova.
Des musiques de Vivaldi, Mozart, Nino Rota ou encore Alexandre Desplat ponctuent ce programme se voulant ouvert sur le monde et les nouveaux enjeux d’une société qui n’accepte plus les comportements abusifs d’un tel séducteur.
Solrey nous racontera ce soir sa démarche artistique, elle qui sait si bien marier la musique et l’art visuel et ainsi inventer des concepts tout à fait originaux. Et cela, avec la complicité des musiciens du Traffic Quintet qu’elle retrouvera justement à la Seine musicale, avec le harpiste Christophe Saunière et la mezzo-soprano Brenda Poupard.
Laure Mézan
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Guillaume Grallet est un des rares journalistes français à avoir rencontré les génies de la tech, de Mark Zuckerberg, PDG de META et co-créateur de Facebook, à Sam Altman, PDG d’OpenAI. Dans son livre « Pionniers, Voyage aux frontières de l’intelligence artificielle » édité chez Grasset, il propose une galerie de portraits fascinante en s’intéressant de manière anthropologique à ces patrons qui sont en train d’inventer l’IA. Il était l’invité de David Abiker ce mardi.
Vous êtes journaliste au Point, en charge des cahiers Technologie de ce magazine. Vous avez rencontré tout le panel des grands de la tech. Pourquoi avez-vous entrepris de mieux connaître ces gens ?
GUILLAUME GRALLET. Ce sont des personnes qui veulent changer le monde, qui ne se satisfont pas de l’ordre établi mais si on regarde en détail, ils n’ont pas du tout la même vision des choses. En Afrique, une entrepreneuse très intéressante, Pelonomi Moiloa imagine qu’en s’appuyant sur la diversité des langues africaines – plus de 2 000 langues, 7 000 idiomes – et une intelligence artificielle peut-être moins énergivore, on pourra inventer quelque chose de totalement différent que ChatGPT, qui est un modèle de langage. C’est une vision totalement à l’opposé d’autres entrepreneurs comme Demis Hassabis, qui a cocréé AlphaGo, le logiciel qui a permis de déstabiliser un des meilleurs joueurs de Go au monde. On a des références philosophiques, des modes de vie, des visions du monde très différents. Certains considèrent même l’intelligence artificielle comme une religion, ce qui peut faire peur.
Votre opiniâtreté vous a conduit un jour à aller chercher Mark Zuckerberg sur sa plage privée à Hawaï. Un des paradoxes de ces gens qui nous rendent addicts aux réseaux sociaux, aux technologies, c’est qu’eux se retirent de la connectivité. Ils s’offrent des plages privées pour être loin de tout…
Oui, c’est assez dingue. Mark Zuckerberg a expliqué qu’un de ses buts est de connecter nos cerveaux entre nous, pour qu’on n’ait plus besoin de s’envoyer des emails, ou des SMS. Il le voit comme un gain de temps fabuleux. Même ses gardes du corps lui disent de se calmer… On le sent habité. Certes, il a de l’ambition pour nous, mais honnêtement, il faut en parler davantage parce qu’on est tous concernés. C’est pour ça que j’ai voulu essayer de démocratiser au maximum leur pensée, leur volonté, essayer de les challenger. On voit bien qu’elle nous rattrape, cette IA, avec cette guerre entre la Chine et les États-Unis. On ne va pas pouvoir faire comme si ça n’existait pas.
Lorsque j’ai rencontré Mark Zuckerberg à Hawaï, je suis passé par une petite plage qui s’appelle Larsen Beach et je suis remonté. Je me suis retrouvé au milieu d’un chantier. Les ouvriers m’ont dit qu’il durait depuis 5-6 ans et que ça allait durer encore 5-6 ans. On voyait les pelleteuses qui s’activaient.
Il se fait construire une espèce de camp retranché à la Robinson Crusoé mais ultra protégé, avec un abri ?
Oui, il y a un bunker. Et c’est un endroit totalement autosuffisant et il le dit lui-même, il l’a partagé sur Instagram. C’est contraire à la « religion » de Facebook, de tous nous connecter, y compris la petite cousine ou le cousin, savoir ce qu’ils ont fait. Lui-même, à Palo Alto, a acheté les maisons voisines de son domicile pour être totalement tranquille.
Est-ce que ces gens sont fous ?
Ils pensent différemment. Je pense que la normalité n’existe pas. Peut-être qu’en France, en Europe, on est trop normaux, trop sages. Dario Amodei est une personnalité très intéressante : un physicien d’origine italienne, né aux États-Unis. Il faisait partie avec sa sœur Daniela de l’équipe Safety (sécurité) d’OpenAI, la maison mère de ChatGPT. Mais il ne s’entendait pas avec Sam Altman, qui selon lui allait trop vite, trop loin. Il a décidé de quitter OpenAI pour créer Anthropic et ensuite le robot conversationnel Claude, qui est un rival de ChatGPT. Dario Amodei fait partie des personnes les plus inquiètes aujourd’hui. Il dit qu’on va avoir un bain de sang chez les cols blancs, qu’il faut s’en préoccuper, qu’on ne peut pas faire comme si ça n’existait pas. C’est quelqu’un d’extrêmement intéressant à écouter.
Il y en a un autre qui est inquiet, c’est Thierry Breton. Il publie dans Les Échos aujourd’hui « Souveraineté numérique, ne nous laissons pas intimider ». En Europe, on est parfois tétanisé par la puissance de ces gens, parce qu’ils ont non seulement la créativité, des ambitions qui nous paraissent folles, mais surtout, ils ont beaucoup d’argent. Sam Altman investit dans tout un tas de start-up. Pavel Durov, qui a créé la messagerie Telegram, a 100 enfants parce qu’il a donné son sperme pour aider à la procréation.
Il a une belle petite fortune, qui est évaluée autour de 15, 17 milliards. Il dit qu’il va partager cette fortune à ses 100 enfants uniquement dans 30 ans, lorsqu’ils auront commencé à travailler.
Le fondateur de LinkedIn aussi est intéressant. Tous ces gens sont sur-occupés et soucieux de leur temps. Le fondateur du réseau social professionnel s’est créé un jumeau numérique pour pouvoir décupler ses rendez-vous. Il y a une IA qui s’occupe de donner des rendez-vous pour lui faire gagner du temps.
Reid Hoffman, qui en plus est polyglotte, vient de lancer son podcast en français, qui fonctionne super bien. C’est un peu le sage de la bande. Il a étudié la philosophie à Oxford, il faisait partie des créateurs de PayPal. Aujourd’hui, il s’oppose frontalement à Elon Musk. Je l’ai retrouvé dans la cathédrale Notre-Dame en train de suivre la relique de Jésus. Il pense qu’il faut réfléchir et se trouve un tout petit peu isolé.
Je dis un tout petit mot quand même sur les Français. Sam Altman est venu en France pour recruter les créateurs de Mistral, heureusement en vain. Mais on a d’autres cerveaux absolument fabuleux dont on ne parle peut-être pas assez, comme Gaël Varoquaux, un des papes du logiciel libre, qui est observé, admiré dans le monde entier. Il faut peut-être leur donner un peu confiance, investir, peut-être aussi leur réserver une part des achats publics, comme font les États-Unis. Ça leur permettra aussi de faire entendre notre différence. On le voit bien avec Yann LeCun qui va sans doute partir de Meta. On espère qu’il va lancer quelque chose en France. Il y a Kyutai, une fondation qui n’est pas très connue, un peu comme OpenAI à ses débuts en 2015. C’est open source, orienté vers une science ouverte, partagée.
Il y a des femmes fabuleuses aussi, Sasha Luccioni a fait une partie de ses études en France, et aide à réfléchir à l’impact énergétique de l’intelligence artificielle. C’est à ce foisonnement intellectuel où, encore une fois, tout le monde ne pense pas pareil qu’il faut s’intéresser. Il ne faut pas que cette IA se fasse sans nous, parce que sinon, on risque d’avoir ce qu’on redoute, l’apocalypse cognitive. On laisse ChatGPT penser pour nous, on dit que c’est facile, on voit la machine qui écrit pour nous, et puis là, on risque de devenir bête, tout simplement.
Justement, il y a une question que vous leur posez à chaque fois. Comment on élève les enfants aujourd’hui, sachant que l’intelligence artificielle est capable de faire les rédactions, de vous donner accès aux connaissances, qu’on peut l’emmener dans le téléphone, que peut-être bientôt on aura une puce près du cerveau ou dans le cerveau qui téléchargera toutes les œuvres de Balzac ?
Ça ne fait pas du tout consensus entre Dario Amodei, dont on a parlé, qui considère qu’il faut encore apprendre le code informatique, et Jensen Huang, le patron de Nvidia, qui pense que ça ne sert plus à rien, qu’il faut laisser la machine. Pour ma part, je suis à l’opposé de ce que pense Jensen Huang, ou encore d’Elon Musk. Il a créé une école pour ses enfants, Ad Astra. Il a entre 10 et 15 enfants, on ne sait pas vraiment, mais il a créé une école où on n’apprend pas les langues étrangères.
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Alex Wang, une autre figure qui monte dans la Silicon Valley, qui dirige le nouveau laboratoire de super-intelligence de Mark Zuckerberg, dit qu’il ne fera pas d’enfants tant que les puces Neuralink d’Elon Musk ne seront pas au point, parce qu’il veut leur greffer une puce dans le cerveau. Tout ça, je n’en veux pas du tout. J’avais une puce dans la main, je l’ai fait enlever. Il faut qu’on continue à avoir de l’esprit critique, de la culture, apprendre les langues étrangères parce qu’on apprend aussi une culture.
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En juillet 1870, Napoléon III et son fils, le prince impérial âgé de 14 ans se rendent à Metz pour combattre contre la Prusse. Eugénie, épouse de l’un et mère de l’autre, est à la fois angoissée et fière. Elle est régente, en charge de l’Etat pour tout le temps des opérations.
Eugénie a d’ailleurs tout fait pour que la France se batte, sous la pression de l’opinion, alors que le régime, à bout de souffle, entretient mal son armée. L’empereur quant à lui est un homme diminué, malade, si blême au moment de partir qu’il a été maquillé pour que son image ne soit pas trop désastreuse.
Elle se tient au courant grâce au télégraphe, apprend le demi-succès de l’armée française à Sarrebruck, et sa défaite à Wissembourg. Puis les mauvaises nouvelles vont s’enchaîner, jusqu’au 9 août, jour où elle s’oppose au retour de l’empereur à Sedan au nom de « l’honneur du régime ».
Le 2 septembre, c’est la défaite de Sedan, et la dépêche qui l’annonce est devenue célèbre. Napoléon III écrit : « L’armée est défaite. N’ayant pu me faire tuer au milieu de mes soldats, j’ai dû me constituer prisonnier pour sauver l’armée ». C’est la surprise à Paris, et l’impératrice se met en colère face à cette débâcle.
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Le dimanche 4 septembre 1870, aux Tuileries, Eugénie se lève très tôt après une nuit sans sommeil. Elle a entendu la messe, bu deux tasses de café noir et avalé un petit morceau de pain parce qu’on l’en a quasiment forcé. Il n’est pas question pour elle de quitter Paris.
Et pourtant, dans les rues, les symboles du régime sont attaqués. La place de la Concorde est noire de monde et on entend crier « République ! République ! Mort à l’Espagnole ». L’Espagnole, c’est elle, Eugénie de Montijo, née à Grenade. Elle va devoir se rendre à l’évidence, elle ne peut plus rester en France.
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Deux compositions pour orgue ont été identifiées en Allemagne et attribuées à Jean-Sébastien Bach, trois décennies après leur découverte. Les deux morceaux ont été présentés et interprétés pour la première fois en plus de trois siècles à Leipzig.
La Chaconne en ré mineur (Ciacona) numérotée BWV 1178, et la Chaconne en sol mineur BWV 1179, ont pu enfin être attribuées au grand compositeur allemand après plus de 30 ans de recherche, a expliqué Peter Wollny, le directeur des Archives Bach de Leipzig, lors d’une conférence de presse.
Ce musicologue a lui-même découvert les manuscrits d’époque dans la Bibliothèque royale de Belgique à Bruxelles, en 1992. Les deux chaconnes, genre musical en vogue à l’époque, présentaient « des caractéristiques stylistiques que l’on retrouve à cette époque dans les œuvres de Jean-Sébastien Bach, mais chez aucun autre compositeur ». a-t-il ajouté.
Pendant trois décennies, Peter Wollny a ensuite « cherché la pièce manquante pour attribuer ces compositions », à savoir « l’identification du copiste », a-t-il expliqué, car elles n’étaient ni datées ni signées. C’est l’élaboration d’un portail de recherche sur le compositeur, réalisée par l’Académie des sciences de Saxe, qui a permis d’ « affirmer avec certitude » que les copies trouvées à Bruxelles ont bien été réalisées vers 1705 par Salomon Günther John, l’élève de Jean-Sébastien Bach, a affirmé Peter Wollny.
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Selon le spécialiste, JS Bach a composé ces chaconnes aux alentours de la même année à Arnstadt, en Thuringe (centre-est de l’Allemagne), où il était organiste au début de sa carrière. Il n’avait alors que 18 ans. Les deux œuvres ont été interprétées pour la première fois en public lundi 17 novembre par l’organiste néerlandais Ton Koopman, président des Archives Bach, à l’église Saint-Thomas de Leipzig, en présence du secrétaire d’État à la Culture Wolfram Weimer. Ce dernier a salué une « sensation mondiale » et un « grand moment pour le monde de la musique ».
Philippe Gault (avec AFP)
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