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  • Leonardo Garcia-Alarcon fête les 20 ans de sa Cappella Mediterranea

    A l’occasion du 20ème anniversaire de la Cappella Mediterranea, Leonardo Garcia-Alarcon sera, ce vendredi 14 novembre à 20h, l’invité du Journal du Classique.

    C’est un orchestre qui porte bien son nom tant il nous régale avec des programmes colorés depuis déjà 20 ans, mais sait aussi nous surprendre, élargir nos horizons en nous faisant découvrir des compositeurs oubliés, en mêlant musiques classiques et populaires, musiques anciennes et créations contemporaines. La riche saison anniversaire, particulièrement contrastée, de la Cappella Mediterranea, reflète justement l’éclectisme voire l’audace de son fondateur et chef Leonardo Garcia-Alarcon.

    Des créations audacieuses avec Leonardo Garcia-Alarcon

    Il sera à notre micro ce soir pour nous présenter les moments forts de cette saison ponctuée de reprises de spectacles emblématiques comme l’Atys de Lully mis en scène par le chorégraphe Angelin Preljocaj redonné en janvier à l’Opéra royal de Versailles et de nouvelles productions, à savoir un Castor et Pollux de Rameau à Genève ou encore un Ercole Amante de la compositrice Antonia Bembo à l’Opéra Bastille, sans oublier une création originale autour du thème des Dinosaures à la Cité bleue.

    A noter que sera diffué dimanche à 20h, sur radio classique, un délicieux spectacle capté le 11 octobre dernier dans les grandes écuries du château de Chantilly. Leonardo Garcia Alarcon y avait dirigé le si pastoral et sensuel Acis et Galatée de Haendel.

    Laure Mézan

    Retrouvez le journal du classique du lundi au vendredi à 20h

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    Le Festival de La Roque d’Anthéron met fin aux fonctions de René Martin

    Royaume-Uni : La statue du compositeur Benjamin Britten à 14 ans inaugurée dans sa ville natale

    Attentats du 13 novembre, 10 ans après : Le compositeur des JO de Paris Victor Le Masne dirigera la partie musicale des commémorations

    En Iran, la cheffe Paniz Faryousefi fait résonner la voix des femmes dans la musique classique

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  • « Sébastien Lecornu est présidentiable, il peut faire consensus au-delà de la droite » selon Jean-Luc Barré, biographe de De Gaulle

    La France continue de naviguer en eaux troubles. Entre crise institutionnelle et incertitudes à l’approche de la présidentielle de 2027, le climat a rarement semblé aussi instable. Invité de la matinale, Jean-Luc Barré, écrivain et éditeur, a livré une analyse de la situation politique actuelle.

    Pour Jean-Luc Barré, l’origine du chaos actuel est claire : « Tout ce que De Gaulle a combattu a été restitué le temps d’une dissolution. » Il rappelle que la Ve République repose sur un subtil équilibre : « On a un dérèglement institutionnel qui est intervenu parce qu’on a décidé de contourner les institutions, d’oublier qu’on n’est pas dans un régime présidentiel, mais parlementaire qui ne peut fonctionner que s’il y a une majorité stable. La Ve République n’est pas faite pour une majorité qui n’existe pas. » L’écrivain cite une phrase du Général, considérant qu’elle s’applique toujours aujourd’hui : « Hier les Français étaient malheureux, aujourd’hui ils sont mécontents. Il y a un progrès. »

    L’invité de David Abiker n’hésite pas à qualifier le Premier ministre de personnalité d’avenir : « Sébastien Lecornu est un homme de conviction, qui a des racines gaullistes incontestables à mes yeux. En apprenant à le connaître, j’ai découvert quelqu’un d’extrêmement cultivé […]. Il est drôle, il a beaucoup d’humour, il aime la vie, c’est quelqu’un de vivant mais en même temps quelqu’un soucieux de discrétion qui n’est pas dans l’égo, ce qui nous change beaucoup de la classe politique actuelle et qui a fait son travail admirablement de ministre des Armées. » Il va jusqu’à affirmer « qu’il est présidentiable. C’est un homme qui peut faire consensus au-delà de la droite. »

    Un parallèle entre De Gaulle et les crises contemporaines

    De Gaulle, rappelle Jean-Luc Barré, était l’homme des situations crispées, notamment lors de la guerre d’Algérie : « Les relations franco-algériennes sont empoisonnées par l’histoire parce que cette guerre a été très mal engagée. Personne n’a voulu faire un pas vers l’autre. La situation, que De Gaulle trouve en 1958, est bloquée du côté des Algériens, et du côté de la communauté française, parce que le système politique de la IVe République ne l’a pas résolu. Donc c’est autant de malentendus, autant de déceptions mutuelles. »

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    Selon l’écrivain, le Général avait anticipé les dérèglements futurs : « c’était un visionnaire. Il connaissait bien l’âme de ce pays et de ce peuple. Il savait que dans les situations les plus inquiétantes, il fallait un homme providentiel. Il a surgi en 1940 et en 1958. » De plus, il considère que cet homme faisait partie de ces figures d’exception : « De Gaulle était un stratège, un tacticien, un homme qui se fait une haute idée, non pas de lui-même mais, du personnage qu’il incarne parce qu’il a réussi. Il a surgi avec Jeanne d’Arc, Napoléon, Clémenceau, il y a un moment où le dépassement de soi fait que ces gens ne s’appartiennent plus… De Gaulle ne s’appartient pas, il appartient à une certaine idée des choses désormais. »

    Daphnée Cataldo

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  • Le Festival de La Roque d’Anthéron met fin aux fonctions de René Martin

    Trois semaines après son éviction de la direction artistique de la Folle Journée de Nantes, suite à des accusations de dérives autoritaires et sexistes, René Martin a été démis de ses fonctions par le conseil d’administration du Festival International de Piano de La Roque d’Anthéron qu’il avait co-fondé en 1981.

    C’est un bien maussade automne que traverse René Martin. Écarté, fin octobre de La Folle Journée de Nantes dont il était le fondateur et directeur artistique depuis 1995. Quelques jours plus tard, il démissionnait de ses fonctions au sein du CREA, le Centre de réalisations et d’études artistiques qu’il dirigeait, et cette semaine on a appris que le Festival International de Piano de La Roque d’Anthéron, qu’il avait co-fondé en 1981, mettait fin à ses fonctions de directeur artistique.

    Dans un communiqué, le conseil d’administration du grand festival provençal précise que « bien que René Martin bénéficie de la présomption d’innocence, il a été décidé, dans un souci de responsabilité et de sérénité de mettre fin à ses fonctions dans l’organisation du festival et de mettre en place une nouvelle direction artistique (…) Cette nouvelle direction artistique sera collégiale et composée de personnalités de premier plan du monde de la musique ».

    Plus de 2500 concerts programmés

    Le conseil d’administration exprime malgré tout sa « reconnaissance à la contribution essentielle de René Martin à la création, au développement et à la remarquable réussite du festival », mais insiste sur le fait que « le bien-être des collaborateurs, la prévention de toutes les violences ou le harcèlement sexiste et sexuel, ainsi que le respect des valeurs humaines, constituent des principes fondamentaux et intangibles pour le festival ».

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    René Martin assurait la direction artistique du Festival International de Piano de La Roque d’Anthéron qu’il avait imaginé et co-fondé en 1981 avec le maire de la ville à l’époque Paul Onoratini et son fils Bernard, tous deux passionnés de piano. Depuis bientôt 45 ans, le festival a programmé plus de 2500 concerts et permis au public d’admirer plus de 700 grands noms du piano, de Martha Argerich et Krystian Zimermann lors de la première édition, à Claire-Marie Le Guay, Saehyun Kim ou encore Alexandre Kantorow cette année.

    Philippe Gault

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  • 5 choses à savoir sur Virginia Woolf, la force fragile d’une femme libre

    Icône du féminisme et figure majeure de la littérature moderne, Virginia Woolf a transformé ses blessures intimes en chefs-d’œuvre universels. Derrière la romancière se cache une femme d’une lucidité bouleversante, à la fois brisée et visionnaire. Retour sur la vie aussi tourmentée qu’extraordinaire de cette femme pleine de ressources.

    Les Cornouailles, un échappatoire à l’autorité paternelle

    Née en 1882 à Londres, dans une famille cultivée mais rigide, Virginia Stephen grandit dans un univers dominé par la figure paternelle, Leslie Stephen, intellectuel autoritaire, et la soumission de sa mère, Julia. Ses frères sont envoyés dans les prestigieuses écoles anglaises, tandis qu’elle et ses sœurs reçoivent leur éducation à domicile. Entre contraintes domestiques et aspirations intellectuelles, la jeune Virginia forge son regard sur la condition féminine. Pourtant, c’est dans la lumière des Cornouailles, à St Ives, que naissent ses plus beaux souvenirs : le phare de Godrevy, la mer, la maison familiale… Autant de moments, entre la nostalgie de l’enfance et la dureté de la vie adulte, qui irriguent toute son écriture.

    Virginia Woolf face au mal méconnu de la bipolarité

    Fragile, hypersensible, Virginia Woolf n’a jamais caché sa fragilité mentale. Elle est suivie par une vingtaine de médecins, et souffre de crises maniaques et de dépressions sévères dès la mort de sa mère, lorsqu’elle avait 13 ans. Malgré le soutien, parfois étouffant, de son mari Leonard, elle se sent inexorablement glisser. Sa dernière lettre, adressée à celui-ci avant de se jeter dans la rivière Ouse en 1941, reste l’un des adieux les plus déchirants de la littérature : « Je sens que je vais devenir folle. […] Je ne pense pas que deux personnes pourraient être plus heureuses que nous l’avons été. » Aujourd’hui, les spécialistes la diagnostiquent comme bipolaire, un trouble autrefois méconnu.

    La lecture comme premier refuge

    Avant d’être romancière, Virginia Woolf était une insatiable lectrice. Son père lui ouvre très tôt la bibliothèque familiale, véritable sanctuaire où elle découvre les grands auteurs anglais. De cette passion naît une discipline intellectuelle sans relâche.

    Lire pour survivre, écrire pour exister

    Elle écrit pour The Guardian, puis cofonde avec Leonard la Hogarth Press en 1917, une maison d’édition indépendante où seront publiés Katherine Mansfield et Freud par exemple. L’écriture devient pour elle un combat, une forme de survie.

    Une chambre à soi, une œuvre féministe avant-gardiste

    Avec Une chambre à soi (A Room of One’s Own, publié en 1929), Virginia Woolf signe un texte fondateur du féminisme moderne. Elle y affirme qu’« une femme doit avoir de l’argent et une chambre à soi si elle veut écrire de la fiction. » Ce manifeste pose la question des conditions matérielles et sociales nécessaires à la création féminine.

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    Pour Virginia, le génie littéraire n’a pas de sexe. Elle milite ainsi pour une écriture affranchie de la domination masculine, où la femme pense et crée pour elle-même.

    Une idylle avec la poétesse Vita Sackville-West

    Virginia Woolf rejette les modèles de couple imposés par son époque. Si elle forme avec Leonard un duo intellectuel fort, son cœur s’éprend de Vita Sackville-West, également écrivaine. Leur relation, à la fois amoureuse et littéraire, inspire Orlando (1928), roman où le héros change de sexe et traverse les siècles, une célébration de la fluidité et de la liberté. Virginia refuse toute identité figée : ni épouse modèle, ni militante dogmatique, ni simple victime. Elle veut être capable d’embrasser toutes les nuances de l’âme humaine.

     

    Franck Ferrand raconte la vie de Virginia Woolf, génie de la littérature en quête de liberté, d’écriture et d’équilibre, face à ses propres ténèbres. 

    Retrouvez Le meilleur de Franck Ferrand raconte

    RÉCIT – Marcel Pagnol nous conte son enfance, la naissance inattendue d’un chef-d’œuvre

    L’affaire des poisons : 5 choses à savoir sur La Voisin, une criminelle sous le règne de Louis XIV

    Du Paris médiéval à la Ville Lumière, comment Haussmann a métamorphosé la capitale

    RÉCIT – Mohammed V, sultan et roi : Qui était le père de l’indépendance du Maroc ?

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  • Royaume-Uni : La statue du compositeur Benjamin Britten à 14 ans inaugurée dans sa ville natale

    Une statue de Benjamin Britten été inaugurée dans sa ville natale de Lowestoft, dans le Suffolk, à l’ouest de l’Angleterre. La sculpture de bronze représente le grand compositeur anglais à l’âge de quatorze ans.

    C’est sous un crachin typiquement anglais qu’a été inaugurée le 10 novembre la statue de Benjamin Britten à Lowestoft, la ville côtière dans laquelle il naquit en 1913 et vécut jusqu’à 21 ans. Le monument, érigé près du front de mer, face à sa maison natale sise au 21 Kirkley Cliff Road, a pu être réalisé grâce à une campagne de dons lancée il y a trois ans et qui a rapporté près de 120.000 livres, l’équivalent de 136.000 euros.

    La sculpture le représente à quatorze ans. C’est l’âge qu’il avait lorsque sa mère l’emmena au Festival de musique de Norfolk et Norwich, et le présenta au compositeur Frank Bridge qui devint son professeur particulier d’alto et l’encouragea à poursuivre ses études musicales. Benjamin Britten lui dédia même l’une de ses premières œuvres, Les Variations sur un thème de Frank Bridge qui furent jouées au Festival de Salzbourg en 1937

    L’artiste a réalisé l’effigie de la reine Elisabeth II sur les pièces de monnaie

    La représentation de Benjamin Britten adolescent, le regard tourné vers l’horizon, est le fruit d’une volonté des responsables du projet Britten as a Boy. Selon son vice-président Zeb Soanes « Nous avons choisi de le représenter, à l’âge de 14 ans, lorsque ses talents ont été repérés et encouragés pour la première fois, afin d’inspirer les futures générations d’enfants de Lowestoft et de leur montrer qu’ils peuvent réaliser leurs ambitions. C’est un exemple de la façon dont de grandes choses peuvent se produire si l’on a la volonté et le soutien nécessaires pour les mener à bien ».

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    La sculpture en bronze, grandeur nature, a été réalisée par le sculpteur Ian Rank-Broadley à qui l’on doit l’effigie de la reine Elisabeth II qui figure depuis 1998 sur toutes les pièces de monnaie du Royaume-Uni et du Commonwealth, et la statue de la princesse Diana, commandée par ses fils et érigée en 2021 dans le parc du palais de Kensington.

     

    Lors de la cérémonie d’inauguration, le monument a été dévoilé par le compositeur Sir John Rutter dont la chorale avait été dirigée par Benjamin Britten lors de l’enregistrement de son opéra War Requiem en 1963.

    Philippe Gault

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    Attentats du 13 novembre, 10 ans après : Le compositeur des JO de Paris Victor Le Masne dirigera la partie musicale des commémorations

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  • La nouvelle vie wagnérienne de Stanislas de Barbeyrac

    Alors qu’il chante Siegmund dans la Walkyrie de Wagner à l’Opéra Bastille, Stanislas de Barbeyrac sera, ce jeudi 13 novembre à 20h, l’invité du Journal du Classique.

    La carrière de Stanislas de Barbeyrac a pris, tout récemment, un virage wagnérien. Après avoir incarné Erik du Vaisseau fantôme à Valence et chanté son premier Siegmund en mai à Londres, le voici sur la scène de l’Opéra Bastille où il reprend ce rôle emblématique de la Walkyrie, sous la direction de Pablo Heras-Casado et dans la mise en scène de Calixto Bieito. Une nouvelle production à découvrir jusqu’au 30 novembre.

    Stanislas de Barbeyrac, un ténor à la conquête de Wagner

    Stanislas de Barbeyrac se confiera, à cette occasion, sur ces nouveaux défis wagnériens qui s’offrent à lui et qu’il relève avec tant de brio, lui qui est ovationné depuis quelques jours par le public et la presse pour sa prestation de Siegmund. Il nous perlera de ce rôle si fort tant sur le plan vocal que psychologique.

    Le grand ténor français reviendra sur la scène lyrique parisienne en novembre 2026 à l’occasion de l’intégrale de la Tétralogie qui se déclinera en deux festivals. Et la billetterie vient d’ouvrir pour cet événement !

    Laure Mézan

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    Radio Classique réussit sa rentrée avec sa nouvelle grille

    Lang Lang : « Les pianistes asiatiques dominent les compétitions mondiales grâce à leur pratique et à leur expérience »

    Paris : L’emblématique magasin d’instruments Paul Beuscher ferme après 175 ans d’existence

    Fumigènes et affrontements à la Philharmonie de Paris : Le concert de l’orchestre d’Israël perturbé par « de graves incidents »

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  • 13-Novembre : « Ce qui est nouveau dans le terrorisme, c’est la montée en puissance des très jeunes » réagit Jean-François Ricard

    Dix ans après les attentats du 13 novembre 2015, le souvenir demeure et la crainte d’un nouvel acte terroriste plane toujours. Invité de la matinale, Jean-François Ricard, magistrat et ancien procureur du parquet national antiterroriste, dresse un état des lieux de la menace actuelle en France.

    « Si l’on imagine une reproduction à l’identique, c’est-à-dire un commando projeté depuis une zone contrôlée comme l’était la Syrie ou l’Irak par Daech […] la réponse est a priori non. […] Une telle action ne pourrait plus se produire dans les mêmes conditions. » Cependant, le magistrat tempère : « il existe une autre organisation, l’Etat islamique au Khorassan, basé dans la région pakistano-afghane, a déjà montré ses capacités de projection, notamment en Russie et en Iran. » Selon lui, la menace la plus tangible aujourd’hui n’est pas celle de commandos organisés depuis l’étranger, mais d’actions commandées ou inspirées à distance : « on pense souvent à une attaque au couteau ou à la voiture-bélier, comme celle de Nice en 2026, mais des projets plus structurés existent. J’ai pu observer des individus, sans avoir de lien direct avec Daech, réussir à réunir des armes, fabriquer des explosifs, et étaient prêts à passer à l’action sans même avoir de commodité par une telle organisation. »

    Pour Jean-François Ricard, la radicalisation ne passe plus par des filières ou des hiérarchies, mais par un système idéologique diffusé en ligne : « C’est beaucoup plus simple et efficace. C’est d’ailleurs l’essence même du terrorisme djihadiste. Les grands théoriciens du djihadisme comme Al-Souri ont expliqué qu’il s’agissait de créer un système plutôt qu’une organisation, c’est-à-dire répandre une idéologie, donner des grandes lignes de conduite et ensuite à dire aux acteurs sur le terrain « débrouillez-vous, agissez avec les moyens que vous voulez et choisissez vous-même vos cibles et frappez quand vous le voulez. » » Ce modèle séduit particulièrement les plus jeunes : « depuis 2023, on observe une montée en puissance de très jeunes, des moins de 21 ans, voire des mineurs, voire de très jeunes mineurs, c’est-à-dire de moins de 16 ans, impliqués dans des projets terroristes. » Un phénomène que le magistrat explique par trois facteurs : un rajeunissement général des auteurs de violences, une génération née et élevée dans le numérique, et une propagande de Daech adaptée à leurs codes visuels et émotionnels.

    Une menace toujours liée aux tensions internationales

    Interrogé sur la possibilité d’une justice restaurative dans le cas de Salah Abdeslam, terroriste djihadiste impliquée dans les attentats du 13 novembre, Jean-François Ricard reste prudent : « Une justice restaurative exige d’abord que l’auteur des faits reconnaisse ce qu’il a fait. Puis il y a une autre grande difficulté dans le cas du terrorisme : le terrorisme n’est pas simplement une agression ou une agression meurtrière contre les victimes, c’est une agression contre la nation tout entière. » Dès lors, il continue en disant « une justice restaurative, c’est avant tout un face à face entre une victime et son auteur qui aura reconnu ce qu’il a fait. On imagine difficilement cela en matière de terrorisme. »

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    Le concert de l’orchestre d’Israël perturbé : « cela pose le problème de la sécurité de la salle » selon Thibault de Montbrial

     

    Le magistrat rappelle enfin que le terrorisme n’est jamais déconnecté des dynamiques géopolitiques : « Depuis les années 1990, chaque foyer de conflit, du GIA en Algérie à la Bosnie, puis à la zone pakistano-afghane, a eu des répercussions sur notre territoire. Ce qui se joue à des milliers de kilomètres d’ici finit toujours par nous atteindre. »

    Daphnée Cataldo

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    Une rencontre entre Salah Abdeslam et les familles de victimes « ne peut pas venir d’une demande » du terroriste selon Jean-Xavier de Lestrade

    Le concert de l’orchestre d’Israël perturbé : « cela pose le problème de la sécurité de la salle » selon Thibault de Montbrial

    IA : L’usage va se normaliser, comme « ce qu’il s’est passé avec l’écriture » rassure le sociologue Bernard Lahire

    Conseils Municipaux : « Les jeunes veulent s’engager, mais aujourd’hui le poste représente trop de contraintes », estime Benjamin Morel

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  • Radio Classique réussit sa rentrée avec sa nouvelle grille

    Radio Classique consolide sa place de première radio de musique classique en France avec une durée d’écoute en progression et des records d’audience sur le numérique. Elle s’affirme également plus que jamais avec sa Matinale comme la radio des décideurs.

    « Ces résultats confirment la solidité et la pertinence du positionnement de Radio Classique. Notre ambition est claire : offrir une information exigeante et apaisée, portée par la culture et la musique, dans un environnement médiatique souvent saturé d’agitation. Nos audiences digitales connaissent une croissance remarquable, preuve que cette exigence et cette élégance trouvent désormais leur place sur tous nos supports » déclare Pierre LOUETTE, Président Directeur Général du Groupe Les Echos – Le Parisien et Président de Radio Classique.

    Consolidation de l’audience globale sur un an
    • 1,7% de part d’audience(1)
      • Une durée d’écoute en hausse de 8 %, à 115 minutes par auditeur en moyenne chaque jour. (1)
      • Forte progression de l’audience de la Matinale sur les CSP+

        Radio Classique confirme son positionnement de radio des décideurs entre 6h et 9h avec :

        • +40% vs 1 an en part d’audience sur les CSPi+(1)
        • +25% vs 1 an en part d’audience sur les chefs d’entreprises, cadres et professions intellectuelles supérieures(1)
        • Une nouvelle programmation plébiscitée sur le numérique

          Côté numérique, cette rentrée est celle de tous les records pour Radio Classique ! Tout d’abord une progression exceptionnelle avec 4,2 millions d’écoutes actives mensuelles(2) en septembre 2025, soit + 13,5% vs septembre 2024. Et un record historique sur son application mobile, avec près de 1,6 million de visites en octobre 2025(3), soit +20% vs octobre 2024. Radio Classique renforce ainsi sa place de leader sur le numérique, largement devant son principal concurrent.

          Côté podcast, Radio Classique comptabilise près de 4 millions d’écoutes(4), en 8ème position depuis le début de l’année.

          Une nouvelle grille audacieuse, plus ouverte, plus interactive, plus jeune

          Dans la dynamique de la Matinale de Radio Classique, portée chaque jour de 6h à 9h par Stéphane Pedrazzi pour l’économie et David Abiker pour l’information générale, Radio Classique a conçu pour cette rentrée une grille résolument tournée vers de nouveaux publics. Une antenne vivante, conviviale et ancrée dans son temps, qui réinvente l’ensemble de ses programmes musicaux en journée, avec Pauline Lambert, Jean-Michel Dhuez, Élodie Fondacci et Laure Mézan.

          Sources :

          (1) Médiamétrie – EAR – National – Sept-oct 2025 – LàV 5h-24h

          (2) Source ACPM – Ecoute Radios Digitales – septembre 2025
          (3) Piano Analytics – octobre 2025
          (4) Médiamétrie – eStat Podcast – octobre 2025

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        • RÉCIT – Marcel Pagnol nous conte son enfance, la naissance inattendue d’un chef-d’œuvre

          La Gloire de mon père, Le Château de ma mère, Le Temps des secrets : De la Provence de son père aux collines du Garlaban, Marcel Pagnol livre le récit de son enfance, entre vie familiale, nature méridionale et premiers émerveillements.

          Paris, fin 1956. Un ciel généreux surplombe la capitale en ce dimanche matin sans nuages. Comme de nombreux dimanches, Paris est très calme. Dans le 16e arrondissement, une vieille Peugeot sort du square de l’avenue Foch. Au volant, Marcel Pagnol, avec à ses côtés sa femme, la célèbre Jacqueline, et sur la banquette arrière, leur fils Frédéric, âgé de 6 ans. L’enfant est né en 1950.

          Marcel tient le volant à deux mains, légèrement penché vers l’avant, concentré sur la route, l’esprit ailleurs. Son regard se pose de temps à autre sur les platanes, aux bords des avenues désertes. À ses côtés, Jacqueline feuillette un programme plié en deux. Elle ne dit rien, elle respecte le silence de cette matinée dominicale. À l’arrière, Frédéric regarde par la vitre, fasciné par les vitrines endormies, par les badauds qui font déjà la queue devant quelques boulangeries ouvertes. Marcel Pagnol sourit à l’enfant dans le rétroviseur. On le trouve un peu pensif, peut-être.

          Pagnol entre à l’Académie française en 1947

          Marcel Pagnol a 61 ans. Sa carrière est impressionnante. Il a eu beaucoup de triomphes au théâtre, mais aussi au cinéma. On a l’impression que tout ce qu’il touche se transforme en or. Il a le succès avec lui, ce Provençal monté à Paris sans le sou comme professeur d’anglais en 1914, et qui après des années difficiles, a vu s’afficher son nom sur les façades des théâtres parisiens, puis sur celles des cinémas de toute la France et même de l’Europe. Pagnol est devenu un monument. Il avait d’ailleurs revêtu l’habit vert : il est entré à l’Académie française en 1947.

          Marcel Pagnol dans son habit d’Académicien/ DALMAS/SIPA

          La vie offre désormais pour lui un cadre confortable. Sauf que, malgré tout, quelque chose est en train de changer. Depuis quelque temps, il a l’impression que l’époque lui échappe, que le public est différent. On ne lit plus autant qu’avant, on le joue un peu moins. Il a connu un échec au théâtre cette année 1956, c’était Fabien. L’année précédente, il avait fait jouer Judas, qui n’avait pas trouvé son public. Pagnol décide d’arrêter le drame, comme il avait décidé quelques années plus tôt d’arrêter le cinéma. Il se demande s’il n’appartiendrait pas un peu au passé.

          Deux ans plus tôt, il y a eu un autre drame, et celui-ci l’a anéanti : c’est la mort de la petite Estelle qui avait seulement 2 ans et demi. « Nous avons perdu le plus inutile et le plus indispensable », voilà ce qu’il a écrit au moment de ce deuil terrible. Tout semble pousser Marcel Pagnol vers la sortie.

          Le déjeuner chez les Lazareff

          En ce dimanche matin de la fin de 1956, il est invité à déjeuner chez les Lazareff, dans les Yvelines, à Louveciennes, à côté de Marly. Pierre Lazareff, à l’époque, est le grand patron de la presse et producteur d’émissions de télévision. Sa femme Hélène est une journaliste célèbre, elle a fondé en 1945 le magazine Elle. Les deux époux reçoivent des gens célèbres dans leur demeure.

          Une fois arrivés, Jacqueline, Frédéric et Marcel sont très bien reçus. À table, Hélène – ce n’est peut-être pas un hasard – se place à côté de Marcel. Voici comment Pagnol lui-même va raconter la suite :

          « Hélène Lazareff, directrice d’Elle, me dit : « Tu n’es pas gentil, tu n’as jamais rien écrit pour mon journal. Il faudrait que tu fasses quelque chose. »

          Et je lui réponds : « Mais moi, je ne sais pas écrire de la prose. Je n’ai jamais écrit que des répliques, ce n’est pas de la prose, c’est du langage parlé. »

          Elle me dit : « Mais non, si tu m’écrivais cette histoire avec ta mère là, quand vous traversiez des châteaux, tu sais, tu avais peur, elle avait peur. »

          Alors finalement, je lui réponds : « Écoute, je vais essayer. »

          Et là, mon voisin de droite me porte un coup de genou et me dit : « Ah, tu n’as pas fini. Ne t’imagine pas qu’elle va te laisser comme ça, tu as promis, c’est fini. »

          Et effectivement, elle a commencé à m’appeler tous les matins. « Alors, est-ce que tu as commencé ? »

          Au téléphone, on peut mentir, parce qu’on ne te voit pas, n’est-ce pas ? Alors je disais : « Oui, oui, ça va à peu près. »

          « Mais combien est-ce que tu en as écrit ? »

          « Oh, à peine six pages, tu penses. » En réalité, je n’avais rien écrit du tout.

          Alors elle me dit : « Bon, je t’envoie un cycliste. » Et elle raccroche.

          Puis effectivement, je vois arriver un cycliste, un cycliste à moustache qui me dit : « Monsieur Pagnol, je viens chercher les six pages. »

          Je lui dis : « Écoutez mon vieux, je n’ai rien fait du tout. »

          Il me répond : « Mais monsieur, moi j’ai une femme et des enfants, elle va me mettre à la porte si je n’apporte pas les six pages. Mais qu’est-ce que ça vous coûte à vous d’écrire six pages ? »

          « Oh, il me faut une heure et demie, deux heures. »

          Et lui me répond : « Et moi, il faut que je nettoie mon vélo. » Alors, il rentre avec son vélo dans mon jardin, il le démonte et moi je m’enferme dans mon bureau. »

          La naissance de La Gloire de mon père

          « Je suis né dans la ville d’Aubagne sous le Garlaban couronné de chèvres, au temps des derniers chevriers. »

          Vous la connaissez évidemment, cette phrase, l’un des plus célèbres incipit de la littérature française, début d’une aventure inattendue. Publié en feuilleton dès 1957 sous le titre La Gloire de mon père, le succès est considérable : dès que le livre paraît, 50 000 exemplaires sont vendus en moins de six mois.

          Le public aime cette écriture transparente de Marcel Pagnol. Lui qui était persuadé de ne pas être fait pour la prose se découvre là un nouveau talent, celui de conteur, et on se passionne pour le destin de cette petite famille.

          Augustine, Joseph, Paul, une galerie de portraits inoubliables

          La mère Augustine, tendre et timide. « L’âge d’Augustine, c’était le mien parce que ma mère, c’était moi, et je pensais dans mon enfance que nous étions nés le même jour », écrit Marcel Pagnol. Avec un amour maternel extraordinaire, elle prend soin de ses trois enfants.

          Le père, c’est l’instituteur Joseph. « Ses ennemis sont ceux de la profession : l’ignorance, l’alcool et l’Église. Il avait une foi totale dans la beauté de sa mission, une confiance radieuse dans l’avenir de la race humaine. Il méprisait l’argent et le luxe, il refusait un avancement pour laisser la place à un autre ou pour continuer la tâche commencée dans un village déshérité. »

          Mais sous la prose de Marcel Pagnol, on observe ce hussard noir dans son intimité. Il est là avec sa famille qui transporte des meubles sur une petite charrette un peu brinquebalante, qui joue aux boules, qui se chamaille sans cesse avec l’oncle Jules, qui est son beau-frère, et qui bien sûr va à la chasse. Il est évident que l’oncle Jules, pour les besoins de l’histoire, a des opinions politiques et religieuses totalement inverses à celles de Joseph.

          La Bastide Neuve

          Puis il y a le petit frère, le petit Paul, et le complice des jeux sur le Garlaban, Lili des Bellons, le grand ami, qui en vérité, dans la vraie vie, s’appelait David. Parce que sa femme se porte mal, Joseph décide de louer une maison pour les vacances, pas très loin d’Aubagne, à La Treille. Et voici le cadre des Souvenirs d’enfance, car il y aura plusieurs tomes de cette histoire racontée par Marcel Pagnol.

          Sur le tournage de La Gloire de mon père, d’Yves Robert/LABAT/TF1/SIPA

          « Alors commencèrent les plus beaux jours de ma vie. La maison s’appelait la Bastide Neuve, mais elle était neuve depuis bien longtemps. C’était une ancienne ferme en ruine, restaurée trente ans plus tôt par un monsieur de la ville qui vendait des toiles de tente, des serpillières et des balais. Mon père et mon oncle lui payaient un loyer de 80 francs par an, c’est-à-dire quatre louis d’or, que leurs femmes trouvaient un peu exagéré. Mais la maison avait l’air d’une villa et il y avait l’eau à la pile, c’est-à-dire que l’audacieux marchand de balais avait fait construire une grande citerne accolée au dos du bâtiment, aussi large et presque aussi haute que lui. Il suffisait d’ouvrir un robinet de cuivre placé au-dessus de l’évier pour voir couler une eau limpide et fraîche. »

          L’art de raconter l’enfance

          Il y a un avant-propos à ces Souvenirs d’enfance, au début du premier tome, au début de La Gloire de mon père aussi. Voici ce qu’écrit Marcel Pagnol :

          « Il est bien difficile de parler de soi. Tout le mal qu’un auteur dira de lui-même, nous le croyons de fort bon cœur ; tout le bien, nous ne l’admettons que preuves en main et nous regrettons qu’il n’ait pas laissé ce soin à d’autres. Dans ces souvenirs, je ne dirai de moi ni mal, ni bien. Ce n’est pas de moi que je parle, mais de l’enfant que je ne suis plus. C’est un petit personnage que j’ai connu et qui s’est fondu dans l’air du temps à la manière des moineaux qui disparaissent sans laisser de squelettes. D’ailleurs, il n’est pas le sujet de ce livre, mais le témoin de très petits événements. »

          On est dans l’été provençal, un été qui ne finit pas, un de ces étés d’enfance où le temps paraît suspendu et où chaque matin promet une aventure nouvelle, chaque soir un silence prometteur et chargé de rêve.

          La chasse et les bartavelles

          Marcel, petit garçon au regard curieux, découvre les collines de Provence, son royaume secret. Avec l’ami Lili des Bellons, il court dans les garrigues, les genoux écorchés, le cœur léger. Il cherche les sources cachées, les petites pierres craquent sous leurs pas. Les cigales font vibrer l’air chaud de la Provence avec cette odeur de thym qui monte par vagues au milieu des cistes.

          Et puis il y a la chasse au petit matin. Le père Joseph avance dans les fourrés comme un soldat en mission. Un jour, il abat deux bartavelles en seulement deux coups. L’oncle Jules est de mauvaise foi, il affirme que les bartavelles étaient là pour se suicider. L’esprit provençal est bien présent.

          Marcel, lui, a le souffle coupé. Il regarde son père avec de grands yeux écarquillés. C’est un héros antique qu’il a maintenant sous les yeux. Et puis après, il y a le retour avec le pain encore tiède dans la besace, les voix qui résonnent dans la grande pinède, et puis cette impression étrange que rien jamais ne pourra leur arriver.

          Le passage interdit

          Et puis plus tard, il y a cette scène presque secrète, tendre, pleine de malice. Pour raccourcir les longues marches entre la maison de vacances et Aubagne, la famille découvre un passage interdit. C’est un ancien canal de service qui a été fermé au public, bordé de figuiers, de buissons touffus. Et c’est un ancien élève du père qui entre-temps est devenu gardien qui ouvre la grille en douce. Il a le trousseau de clés.

          Et chaque fin de semaine, la petite troupe, la petite famille, se glisse dans ce passage confidentiel comme dans un tunnel magique entre deux mondes. Il faut traverser des propriétés privées pour avancer, longer des murs, se glisser entre les haies silencieuses. Quand l’instituteur républicain qui ne l’emmène pas large avance ainsi en transgressant la loi, vous imaginez que ça ne lui plaît pas beaucoup.

          La famille avance à pas feutrés, le cœur battant comme des intrus dans un monde interdit. Et bien des années plus tard, Marcel se rappellera les affres dans lesquelles cette transgression plongeait sa mère, sa mère qui était morte de peur et d’humiliation quand on a découvert leur mauvais tour.

          Marcel finira par acheter le plus grand des châteaux qui se trouve sur le passage. Le lieu du délit deviendra son lieu à lui, comme une sorte de revanche tendre sur le temps de la peur.

          La passion des mots

          La langue de Pagnol est une musique, un français limpide et sans prétention, mais bourré de tendresse et d’un accent qui ne s’impose pas. Il écrit comme on parlerait au coin d’une table, avec beaucoup de silence entre les mots, avec des sourires qui viennent broder chaque phrase. On y entend les voix de la Provence, le silence de son père instituteur, l’amour chaleureux de cette mère et les rires de l’enfance. Il glisse des mots simples, savoureux, malicieux, des mots qui évidemment, parce que c’est Pagnol, sont des mots justes. Et derrière cette apparente simplicité, cette gourmandise des mots, il y a une passion d’enfant qui n’a jamais été tout à fait perdue.

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          Voici ce qu’on peut lire dans La Gloire de mon père : « Ce que j’écoutais, ce que je guettais, c’étaient les mots. Car j’avais la passion des mots. En secret, sur un petit carnet, j’en faisais une collection comme d’autres font pour les timbres. J’adorais grenade, fumée, bourru, vermoulu, surtout manivelle. Manivelle. Je me les répétais souvent quand j’étais seul pour le plaisir de les entendre. Or, dans les discours de l’oncle Jules, il y en avait de tout nouveaux et qui étaient délicieux : damasquinée, florilège, filigrane ou grandiose, archiépiscopale, plénipotentiaire. Lorsque sur le fleuve de son discours, je voyais passer l’un de ces vaisseaux à trois ponts, je levais la main et je demandais des explications qu’il ne me refusait jamais. C’est là que j’ai compris pour la première fois que les mots qui ont un son noble contiennent toujours de belles images. »

          Franck Ferrand

           

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        • Attentats du 13 novembre, 10 ans après : Le compositeur des JO de Paris Victor Le Masne dirigera la partie musicale des commémorations

          À l’occasion des dix ans des attentats du 13 novembre 2015, Victor Le Masne, le directeur musical des cérémonies des JO de Paris l’an dernier, dirigera la partie musicale des commémorations. Le requiem qu’il a composé pour cet événement sera interprété lors de la cérémonie officielle en fin de journée.

          Victor Le Masne avait sublimé l’environnement musical des Jeux Olympiques de Paris en 2024. Le compositeur français de 43 ans a été chargé de superviser la partie musicale des commémorations des dix ans des attentats du 13-Novembre, ce jeudi à Paris. Lors de la cérémonie officielle que le chef de l’État Emmanuel Macron présidera au nouveau jardin mémoriel près de l’Hôtel de ville à partir de 18h00, sera joué le requiem que Victor Le Masne a composé pour l’occasion.

          Lors de cette cérémonie, réservée aux rescapés et aux familles des victimes (environ 2.000 personnes) mais retransmise en direct sur TF1 et France 2 et sur un écran géant Place de la République, l’orchestre de la Garde Républicaine et le Chœur de Radio France interpréteront donc le Requiem des lumières, un morceau sans paroles que Victor Le Masne décrit à l’AFP comme un « requiem laïc », avec « une recherche d’universalité », dédié aux victimes des attentats du 13 novembre 2015.

          Le choeur des survivants chantera plusieurs titres inédits lors de la cérémonie commémorative

          Lors d’un autre moment fort de cette cérémonie, un chœur des survivants, comprenant une cinquantaine de membres et créée pour l’occasion, chantera plusieurs titres inédits. Un album, « Fluctuat nec mergitur (13 novembre 2015) », réunissant dix des  morceaux créés spécifiquement pour cette cérémonie commémorative et interprétés par des artistes français et internationaux sera disponible sur les plateformes de streaming dès 20h00.

          Les bénéfices de cette opération, en association avec Universal Music France, seront reversés aux associations de victimes : Life for Paris et 13onze15 Fraternité – Vérité.

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          Leur concert a été pensé par deux artisans de la cérémonie d’ouverture des JO. Thierry Reboul, qui pilote ces commémorations et donc Victor Le Masne.

          Parmi les choristes, beaucoup étaient au Bataclan ou y ont perdu des proches. Donner un concert, 10 ans après celui qui leur a pris une partie de leur vie, c’était une manière pour eux d’envoyer un message d’espoir. Ecoutez le reportage de Servane de Pastre :

           

          Le nouvel album de Victor Le Masne, « Ravel Recomposed » (Deutsche Grammophon), sera distribué à partir du 21 novembre. Il comprendra douze morceaux réarrangés et consacrés à des œuvres du grand compositeur basque dont on célèbre cette année les 150 ans de la naissance. On y trouvera notamment un Boléro chanté par Rahim Redcar (Christine and the Queens) ou encore une Chanson Hébraïque interprétée au violoncelle par Camille Thomas.

          Philippe Gault

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