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  • Incidents à la Philharmonie : Quatre suspects ont été mis en examen

    Lors du concert donné par l’Orchestre Philharmonique d’Israël ce jeudi à la Philharmonie de Paris, des spectateurs ont tenté d’interrompre violemment la représentation, dont deux fois en faisant usage de fumigènes. Les quatre suspects ont été mis en examen ce dimanche.

    « La Cité de la musique – Philharmonie de Paris déplore et condamne fermement les graves incidents survenus dans la Grande salle Pierre Boulez durant le concert donné par l’Israel Philharmonic Orchestra sous la direction de Lahav Shani avec le pianiste Sir András Schiff », a annoncé l’établissement dans un communiqué. « L’établissement a porté plainte », a-t-il ajouté.

    Fumigènes et affrontements à la Philharmonie de Paris : Le concert de l’orchestre d’Israël perturbé par « de graves incidents » Vidéo #radioclassique pic.twitter.com/esRCmIAqOE

    — Radio Classique (@radioclassique) November 7, 2025

    La Philharmonie a précisé que « à trois reprises, des spectateurs en possession d’un billet ont tenté de diverses manières d’interrompre le concert, dont deux fois avec l’usage de fumigènes. Des spectateurs se sont interposés et des affrontements ont eu lieu ». « Les fauteurs de troubles ont été évacués et le concert, qui avait dû s’interrompre, a repris et s’est achevé dans le calme », a poursuivi la Philharmonie.

    Rachida Dati : « la liberté de programmation et de création est un droit fondamental de notre République ! »

    Ces derniers jours, la polémique avait enflé sur la tenue de ce concert, des militants pro-palestiniens demandant son annulation tandis que la CGT-Spectacle réclamait que la Philharmonie « rappelle à son public les accusations gravissimes qui pèsent contre les dirigeants » d’Israël, notamment dans la guerre à Gaza. Le dispositif de sécurité autour du concert avait été renforcé.

    Pour la Cité de la musique, « rien ne peut justifier » les actes survenus jeudi soir. « La Philharmonie a démontré qu’elle était à l’écoute en répondant aux diverses interpellations reçues ces derniers jours au sujet de ce concert. Mais la violence n’est pas un débat. Et la faire entrer dans une salle de concert est très grave », a-t-elle estimé dans le communiqué.

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    Dans un message, posté sur X, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a « condamné fermement ces agissements. Rien ne peut les justifier », tandis que Joshua Zarka, ambassadeur d‘Israël en France présent dans la salle, a déclaré : « Les Français en ont assez » de l’instrumentalisation du conflit israélo-palestinien à des fins politiques », tandis que Rachida Dati, ministre de la Culture a insisté, dans un message, sur le fait que « la liberté de programmation et de création est un droit fondamental de notre République ! ».

    Je condamne fermement les agissements commis hier soir lors d’un concert à la Philharmonie de Paris. Rien ne peut les justifier.

    Je remercie les effectifs de la @prefpolice qui ont permis l’interpellation rapide de plusieurs auteurs de troubles graves à l’intérieur de la salle… https://t.co/ZTieOuaaXU

    — Laurent Nuñez (@NunezLaurent) November 7, 2025

    La députée européenne LFI Manon Aubry sur CNews a refusé elle de condamner ces incidents, estimant que « ce n’était pas n’importe quel artiste. Ce sont des artistes qui représentent l’État israélien ». Les quatre suspects, trois hommes et une femme, ont été mis en examen ce dimanche et placés sous contrôle judiciaire. Parmi les infractions retenues : la mise en danger d’autrui, dégradation du bien d’autrui par un moyen dangereux pour les personnes, et organisation d’une manifestation sur la voie publique sans déclaration. Ils ont l’interdiction de paraître à Paris et dans les salles de spectacles. 

    Philippe Gault (avec AFP)

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  • Langue française : Améliorez vos prises de parole en utilisant le mot juste, voici 4 exemples concrets

    La langue française dispose de termes subtils qu’on peut avoir tendance à confondre. Il s’agit des fameux paronymes, ces mots presque homonymes qui peuvent être employés à mauvais escient. Aujourd’hui, j’ai envie de rappeler les disparités de sens qui existent entre certains d’entre eux.

    Commençons avec « comportement » et « conduite », ce n’est pas tout à fait la même chose. Le comportement désigne l’ensemble des attitudes et des réactions observables d’un être vivant au sein de son milieu. Par extension, dans la langue courante, il s’agit de la manière d’être ou d’agir d’une personne. Le comportement se limite à ce qui est observable de l’extérieur sans tenir compte des données psychiques de la personne ou des animaux observés. On parlera donc du comportement des tortues qui retournent pondre dans le sable. En revanche, c’est un abus de sens que d’employer le terme comportement pour désigner une chose, une planète, une rivière. Ses synonymes dans les dictionnaires sont l’allure, l’attitude, le genre et la conduite.

    Il y a donc une différence avec conduite : on parlera pas de la conduite ou de l’inconduite d’un chien ou d’une tortue. C’est la notion d’intention qui les distingue. Le comportement se comprend par une observation intérieure, tandis que la conduite est liée à l’intention qui l’anime. On parle donc d’une bonne conduite à adopter, en sous-entendant la conscience concrète de ses actes. Cela signifie donc que le terme conduite peut s’appliquer seulement à un être humain. Pour résumer, le comportement concerne les animaux et les êtres humains. Ce terme désigne leur manière d’être ou d’agir vue de l’extérieur. La conduite quant à elle, n’est employée que pour les êtres humains et se distingue du comportement car on met en avant les notions de conscience et d’intention.

    Quelle est la différence entre impavide et impassible ?

    Une autre différence existe entre « bêtise » et « sottise ». Ces deux noms semblent être synonymes puisqu’ils désignent tous deux le fait de manquer d’esprit et pourtant, il existe une différence. Quand la sottise s’applique à un individu, elle désigne un esprit laissé vide, sans instruction et sans sagesse. La bêtise quant à elle, désigne non pas un vide, mais un trop plein d’idées préconçues ou de préjugés par exemple.

    Parlons à présent de l’adjectif « impavide ». Quand on lui cherche des synonymes, c’est « impassible » qui apparaît en premier, c’est son paronyme. Impavide est un terme littéraire qu’on rencontre souvent dans les romans, mais qu’on entend peu dans la vie quotidienne. Il signifie : « qui n’éprouve ou ne montre aucune crainte » et par métonymie, il traduit l’indifférence. Exemple : « elle présenta au monde un visage impavide, plus rien ne l’affectait ». Il vient du latin impavidus, inaccessible à la peur, calme et intrépide. Impassible quant à lui, signifie « qui n’éprouve ou ne trahit aucune émotion, aucun sentiment ». Il est formé du préfixe négatif latin in et de passibilis susceptible de souffrance, lui-même dérivé du verbe patio qui signifie souffrir. On retrouve ce dernier dans les mots compassion et passion, quand il désigne la souffrance.

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    Il y a aussi collision et collusion. La collision désigne au sens propre le choc de deux corps qui se rencontrent. On parle surtout de collision entre véhicules. Au sens figuré, il s’agit d’une opposition profonde entre des intérêts ou des idées. On parle alors de collision d’intérêt. La collusion est une entente secrète au préjudice d’un tiers. Ce mot vient du latin collusio signifiant entente frauduleuse. On peut aussi parler de collusion d’intérêt, ce qui contribue à semer la confusion entre ces deux paronymes. Mais pour ne plus les confondre, retenons que la collision est un choc, tandis que la collusion est une entente frauduleuse.

    Karine Dijoud

     

     

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  • L’Opéra de Lille propose une version musicale rajeunie de « L’Écume des Jours » de Boris Vian

    Coup de jeune, ambiance Mai 68, perspective moins masculine… l’Opéra de Lille recrée pour la première fois depuis 1986 L’Écume des Jours, une œuvre saugrenue et éclectique du compositeur russe Edison Denisov, basée sur le roman éponyme de Boris Vian.

    L’Opéra de Lille, où l’œuvre est jouée jusqu’au 15 novembre, espère qu’elle sera ensuite reprise dans d’autres opéras. Le roman écrit par le poète français Boris Vian dans les années 1940 raconte comment le jeune Colin, noceur et fan de jazz, inventeur du fameux « pianocktail », se ruine pour sauver Chloé, en achetant des fleurs qui échouent à empêcher le nénuphar grignotant sa poitrine de progresser.

    La musique du compositeur russe Edison Denisov, composée en 1981, accompagne les extravagances poétiques du récit par un enchaînement parfois abrupt de styles divers, d’un jazz fringant à des chœurs inspirés de la liturgie russe, pour s’achever sur un tonnerre de percussions quasiment expérimental. Ainsi, la belle histoire du début, qu’on suit comme une comédie romantique, s’effiloche jusqu’à un absurde inquiétant.

    Une partition, très technique, servie par une virtuosité exigeante

    L’imaginaire fantastique du roman, partiellement évacué du livret, revient dans la mise en scène et la chorégraphie, avec de mystérieux personnages muets sur scène, qui semblent incarner par leurs mouvements et transformations l’évolution intérieure des protagonistes et de la société.

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    La metteuse en scène franco-polonaise Anna Smolar, dont c’est le premier opéra, a transposé pour l’Opéra de Lille l’histoire dans une ambiance de mai-68, s’appuyant sur sa description quasiment prémonitoire d’une jeunesse plus libre. Par un stratagème de prologue vidéo, elle ajoute une mise en abyme qui transforme le récit de Colin, marqué à l’origine par un regard très masculin sur les « jolies filles », en un fruit de l’imagination de Chloé, en fin de vie. Cette dernière n’est plus seulement un personnage passif, épousée puis malade, car c’est elle qui tient les rênes du récit.

    La partition, très technique, est servie par la virtuosité exigeante qu’exige le foisonnement dissonant de la musique, et le rythme soutenu du récit. Ces choix sont servis par la performance des interprètes, notamment la soprano allemande Josefin Feiler (Chloé), qui agonise en direct et en gros plan durant toute la troisième partie en regardant silencieusement tout son petit monde s’écrouler.

    Philippe Gault (avec AFP)

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  • Un voyage en Amérique latine avec le pianiste Vittorio Forte

    A l’occasion de la publication de son nouvel album, Volver, Vittorio Forte sera, ce jeudi 6 novembre à 20h, l’invité du Journal du Classique.

    Son nouvel album, sorti chez Mirare, est conçu comme un voyage, gorgé de lumière, à travers l’Amérique latine, de l’Argentine au Mexique en passant par le Chili ou encore le Brésil. Des pays dont Vittorio Forte connait bien l’âme profonde lui qui, dans sa Calabre natale, a découvert sa vocation de pianiste grâce à un professeur argentin. Ainsi a-t-il été initié très jeune aux tangos, aux rythmes et aux couleurs propres à ce répertoire, ainsi qu’à la nostalgie qui en émane.

    Le pianiste italien a ainsi réuni un florilège de pièces de musiciens célèbres tels Carlos Gardel, Heitor Villa-Lobos ou Astor Piazzolla ainsi que des œuvres de compositeurs bien plus confidentiels dont certains avaient noué des liens avec l’Europe et notamment la France où ils étaient venus étudier.

    Vittorio Forte jouera ce programme en concert le 17 novembre à Paris, au Lavoir moderne ainsi que le 7 décembre au théâtre de Passy.

    Laure Mézan

    Retrouvez le journal du classique du lundi au vendredi à 20h

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  • « Donald Trump essaie de faire tomber les contrepoids que Tocqueville jugeait essentiels à la survie de la démocratie américaine » constate Françoise Mélonio

    Depuis sa réélection, Donald Trump multiplie les annonces et les réformes suscitant de vifs débats, tant sur la scène nationale qu’internationale. Invitée de la matinale, Françoise Mélonio, historienne et spécialiste d’Alexis de Tocqueville, rapporte la vision de l’un des plus grands penseurs de la démocratie sur notre monde actuel.

    Issu d’une famille aristocratique, Alexis de Tocqueville s’est très tôt interrogé sur le passage d’un monde ancien, fondé sur les privilèges, à un monde nouveau : celui de la démocratie. Pour ce faire, il est parti aux Etats-Unis. De ce voyage naît De la démocratie en Amérique, ouvrage visionnaire devenu un « best-seller européen » comme le qualifie Françoise Mélonio. « Il voulait savoir si une démocratie pouvait vivre sans révolution, sans convention, sans guillotine. D’où le choix de partir aux États-Unis. »

    Lors de son séjour, Tocqueville rencontre le président Andrew Jackson, figure populiste qu’admire le président des Etats-Unis actuel : « C’est le président dont Donald Trump a choisi de mettre le portrait dans le Bureau ovale. […] Andrew Jackson était hostile au pouvoir fédéral, ce qui n’est pas sans rapport avec ce que fait Donald Trump. Il était hostile à la Banque des États-Unis au motif qu’elle était aristocratique, ce qui n’est pas plus étranger à l’attitude de Donald Trump. Et il a été le premier président à ne pas tenir compte d’une décision de la Cour suprême, ce qui a été cité par le vice-président comme modèle possible. » Des éléments inquiétants puisque « Donald Trump essaie de faire tomber tous les contrepoids que Tocqueville jugeait essentiels à la survie de la démocratie américaine », tentant alors de suivre les pas de son prédécesseur Andrew Jackson.

    Un penseur toujours d’actualité

    Françoise Mélonio explique que Tocqueville avait prédit des dérives : « la tyrannie des assemblées », l’affaiblissement des institutions, la montée d’un Etat-providence étouffant l’initiative. « Il dénonçait déjà le cancer de l’assistanat, […] mais n’incitait pas à se désintéresser du sort des classes populaires […]. Il voulait une montée en puissance des collectivités territoriales de façon à ce qu’on puisse faire accéder à l’autonomie les classes populaires à travers tout un système d’incitation. » Surtout, Tocqueville défendait le « temps de la réflexion », la lenteur des institutions : « Il est très sensible à la nécessité du temps de la réflexion. Les contre-pouvoirs, leur mérite, est précisément le temps de la réflexion. »

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    Visionnaire mais concret, Françoise Mélonio raconte que Tocqueville pensait la démocratie comme un équilibre fragile entre liberté et égalité. Il entrevoyait déjà un monde bipolaire dominé par les Etats-Unis et la Russie, intuition impressionnante pour son époque. « C’est un visionnaire mais en même temps, ce n’est pas un esprit abstrait, c’est-à-dire que c’est quelqu’un qui réfléchit toujours à partir de l’enquête et d’une pratique politique. » Face aux excès du trumpisme, sa pensée résonne comme un avertissement : la démocratie ne tient pas à la force d’un homme, mais à la solidité des institutions.

    Daphnée Cataldo

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  • Nathalie Stutzmann reconduite à la tête de l’Orchestre Symphonique d’Atlanta

    Directrice musicale du Atlanta Symphony Orchestra (ASO) depuis 2022, la cheffe d’orchestre française Nathalie Stutzmann a été reconduite à son poste pour trois années supplémentaires, jusqu’en 2029.

    Première cheffe d’orchestre française nommée directrice musicale d’un grand orchestre aux Etats-Unis en 2022 à Atlanta en Géorgie, Nathalie Stutzmann, 60 ans, a convaincu non seulement le public américain mais également ses employeurs, qui ont décidé de prolonger de trois ans, jusqu’en 2029, son mandat à la tête de l’Orchestre Symphonique d’Atlanta.

    Pour Jennifer Barlament, directrice générale de l’ASO, « l’influence de Nathalie sur l’orchestre est déjà considérable. Son rayonnement international a permis de faire connaître l’Orchestre Symphonique d’Atlanta dans le monde entier, et son approche expressive a donné lieu à des interprétations dynamiques qui enthousiasment notre public ».

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    Suite à l’annonce de cette prolongation, Nathalie Stutzmann a déclaré : « Prolonger mon engagement auprès de l’Orchestre symphonique d’Atlanta est pour moi une immense joie et une source d’inspiration (…) Le son et l’expressivité de l’orchestre évoluent magnifiquement et, ensemble, nous allons continuer à repousser les limites artistiques, à insuffler une énergie nouvelle au grand répertoire et à partager l’esprit d’Atlanta à travers notre musique ».

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    La maestra française, par ailleurs contralto réputée, a également permis le recrutement de 17 nouveaux musiciens lors de ses trois premières années à la tête de l’ASO et poursuit sa politique de programmation de grands événements. C’est le cas en ce moment avec le « Projet Beethoven » que propose l’Atlanta Symphony Orchestra. Ce jeudi et vendredi elle dirigera ainsi l’orchestre américain dans le concerto pour piano n° 1 de Ludwig van Beethoven, avec le pianiste suisse Francesco Piemontesi, et pour la Symphonie n° 8 de Dmitri Chostakovitch. Un programme Beethoven qui se poursuivra la semaine prochaine, les 13, 15 et 16 novembre, avec la Symphonie n° 9 du maître de Bonn.

    Philippe Gault

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  • « Le Famous Project, une source d’inspiration pour l’égalité et le leadership chez Sopra Steria »

    Écoutez Fabienne Lengrand, Directrice des Ressources Humaines de Sopra Steria France, nous parler de ce que représente le Famous Project CIC pour l’entreprise.

    Un équipage 100 % féminin, lancé à la conquête du Trophée Jules Verne : un défi qui fait écho à la culture de Sopra Steria. Concrètement, Sopra Steria agit pour faire progresser la place des femmes dans la tech et dans le leadership. Cela passe par l’identification des talents féminins, leur accompagnement dans leurs parcours, et la mise en avant de rôles modèles qui donnent envie d’oser.

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  • RÉCIT – Mohammed V, sultan et roi : Qui était le père de l’indépendance du Maroc ?

    De l’exil à la gloire, Mohammed V a incarné le passage d’un royaume sous tutelle à une nation souveraine. Père de l’indépendance marocaine, il a fait de la monarchie l’âme d’un pays en renaissance.

    À Rabat, le 16 novembre 1955, et depuis l’aube, une rumeur parcourt la ville. Les rues sont noires de monde, les terrasses et les toits regorgent d’hommes, de femmes et d’enfants qui attendent, les yeux levés vers le ciel. Quelque chose doit arriver. On ne sait encore quand, mais on sait que ce sera pour aujourd’hui. Personne ne voudrait manquer ce moment dont on parle depuis des semaines à voix basse, parfois avec une forme d’incrédulité. On dit qu’il revient.

    Un bruit sourd se met à monter. D’abord lointain, un peu indistinct, puis les visages se tournent vers l’horizon. Au-dessus de la mer, un escadron de chasseurs apparaît, provoquant comme un éclat métallique dans le ciel. C’est assez spectaculaire. La rumeur enfle encore. La foule s’impatiente. L’avion se montre enfin, descend et disparaît derrière un nuage de poussière ocre. Sur le tarmac de l’aérodrome militaire de Salé, le résident général du Maroc, représentant de la France, André Dubois, attend sous escorte. Autour de lui, le service d’ordre essaie de contenir cette marée humaine de plus en plus pressante, dans un vacarme assourdissant.

    La porte de l’avion s’ouvre. Apparaît alors, en djellaba colorée et tarbouche rouge, un homme debout dans la lumière qui s’avance sur la passerelle. Solennel, il déclenche des acclamations. Sur les six kilomètres entre l’aéroport et le palais, quelque 600 000 Marocains, qu’on a le plus grand mal à contenir, font à leur seigneur retrouvé une ovation frénétique. Après deux ans d’exil, leur sultan est de retour. On le connaîtra bientôt sous le nom de Mohammed V.

    L’absence de Mohammed V a soudé le Maroc

    Le cortège arrive sur la place du Mechouar où plusieurs dizaines de milliers de Marocains se pressent de nouveau. Une joie extraordinaire règne dans l’air. On a dressé une estrade sur laquelle les autorités religieuses et les notables ont pris place. Sidi Mohammed ben Youssef s’avance, salue longuement, puis prononce quelques mots simples, presque comme un prêche. La voix est calme, dans un registre religieux, comme s’il s’agissait de panser des plaies, de refermer une blessure.

    Deux ans plus tôt, ce sultan avait été déposé et un autre prince installé à sa place. Côté français, on avait cru que l’exil finirait par éteindre la contestation. Mais ce qui s’est produit est exactement l’inverse. L’absence a soudé le pays, transformant le souverain en symbole, au point qu’il a fallu négocier son retour. Sinon, c’était l’impasse.

    Ce 16 novembre 1955 ne marque pas encore l’indépendance, mais l’image est fixée : celle d’un souverain revenu non pour régler ses comptes, mais pour rassembler et reconstruire.

    Un prince improbable

    Pourtant, rien, ou presque, dans le destin de ce jeune prince discret et pieux, n’aurait pu laisser présager qu’un jour il deviendrait, non plus sultan, mais le premier roi du Maroc, le père de la nation marocaine. Sidi Mohammed ben Youssef est né au palais royal de Fès en 1909, dans cette ville extraordinaire au cœur d’un Maroc encore indépendant. Fils du sultan Moulay Youssef, il a grandi dans le luxe du palais de Rabat, centre du pouvoir de son père.

    Alors qu’il n’a que trois ans, le Maroc devient, par le traité de Fès en 1912, protectorat français. Le pouvoir se déplace à Paris et à Rabat s’installe désormais un résident général de France. Le sultan n’est plus qu’un garant religieux, un symbole utile pour donner à la colonisation l’apparence de la continuité. Sous l’œil du maréchal Lyautey, premier résident général de ce protectorat français, on fait des enfants du sultan Moulay des princes évolués, formés à la culture française comme à l’enseignement coranique, puisqu’ils sont descendants du prophète.

    Mohammed est élevé avec ses grands frères, mais il n’a pas été destiné à régner. Il ne bénéficie donc pas des mêmes privilèges que d’autres. C’est Idriss, l’aîné, le prince héritier, qui reçoit les grands égards.

    La France choisit Mohammed, qu’elle imagine facile à contrôler

    Le 18 novembre 1927 dans la cour du palais de Fès, les trois jeunes princes attendent sous la pluie. Leur père, le sultan, est mort la veille. Soudain, l’ancien vizir de la justice sort, se dirige vers Mohammed et l’informe de son élection au trône. Le jeune prince fond en larmes, complètement abasourdi. La foule à qui on annonce son nom à l’extérieur du palais est tout aussi stupéfaite.

    Pourquoi lui ? Pourquoi les Français l’ont-ils choisi ? Parce qu’ils voient dans ce jeune prince discret, pieux et francophone la possibilité d’une forme de docilité. Ce sera un souverain facile à contrôler. À 18 ans, Mohammed devient sultan du Maroc sous le regard satisfait du résident général. Personne n’imagine qu’un jour ce jeune homme timide et réservé deviendra le champion de l’indépendance de son royaume.

    L’apprentissage du pouvoir pour Mohammed V

    Les premières années du règne de Mohammed ben Youssef s’inscrivent dans la continuité du système mis en place par le maréchal Lyautey : un pouvoir bicéphale où le sultan conserve le prestige religieux, tandis que la résidence générale détient l’autorité politique. Les différents résidents – Lucien Saint, puis Ponsot, puis Noguès – veillent à tout : nominations, finances, questions commerciales, relations étrangères.

    Le jeune souverain est contraint de se conformer aux usages français. Il signe les décrets qu’on lui présente, participe de bonne grâce aux cérémonies officielles. En apparence, tout fonctionne. Les Français, à commencer par Lyautey, ont veillé à ne pas modifier le protocole du sultanat pour ne pas donner au peuple et aux élites marocaines le sentiment d’une trop grosse rupture. Dans l’entre-deux-guerres, le Maroc connaît une ère de stabilité. C’est la période des grands travaux. La résidence générale se félicite d’avoir trouvé en Mohammed le sultan loyal et raisonnable que ceux qui l’ont choisi avaient su détecter.

    En réalité, le jeune Mohammed ben Youssef apprend à composer avec la tutelle française. Courtois et discret, il se montre attentif aux évolutions du pays. Dans les années 1930, ce jeune souverain commence à s’entourer de gens bien informés : des lettrés qui se déclarent réformistes. Sans s’y compromettre, il entretient avec les premiers cercles nationalistes des relations chaleureuses. Le monde change, le système colonial est de plus en plus remis en cause et, dans l’ombre du protectorat, le sultan, jusqu’alors parfaitement docile, commence à comprendre que l’extraordinaire autorité spirituelle que lui confère son ascendance pourrait un jour devenir une arme politique.

    Mohammed V s’oppose aux lois antisémites

    La défaite de 1940 change tout pour l’ensemble du système colonial français. Le résident général Noguès choisit de prêter serment au maréchal Pétain. Mohammed reste beaucoup plus prudent : il ne rompt pas avec le régime de Vichy, mais ne veut pas non plus en devenir le relais. Par exemple, quand les lois antisémites sont étendues au Maroc, il s’y oppose fermement, affirmant que les Juifs du Maroc sont ses sujets et qu’il ne saurait admettre de distinction entre eux et les autres Marocains. Les Juifs du Maroc, les Juifs en général, n’oublieront jamais ce geste du sultan.

    En janvier 1943, après la reconquête du Maroc par les Alliés, en marge de la conférence de Casablanca, Mohammed rencontre notamment le président Roosevelt. L’entretien, assez discret, dure près d’une heure. Roosevelt est impressionné par la dignité et la réserve de ce monarque. Il lui confie son souhait de voir le Maroc accéder un jour à l’indépendance. Cela ne fait qu’affermir et renforcer la conviction déjà forte du souverain : il a compris que le système colonial français touche à sa fin.

    L’année suivante, le 11 janvier 1944, un groupe de nationalistes du parti de l’Istiqlal, en lien étroit avec le sultan, publie le fameux manifeste de l’indépendance, qui réclame la fin du protectorat et la restauration d’un État marocain souverain, tout en renouvelant l’allégeance à Mohammed. Les signataires sont arrêtés par les Français, de nombreux résistants sont condamnés à mort. Paris exige du sultan qu’il condamne fermement ce manifeste, mais désormais, dans l’inconscient collectif, le nom du sultan paraît lié à celui de l’indépendance.

    Un discours historique à Tanger

    Après la guerre, l’opposition se fait de plus en plus vive. En 1947, Mohammed choisit Tanger pour prononcer un discours qui entrera dans l’histoire. Face à la presse internationale, il évoque l’unité du monde arabe, la dignité du peuple marocain, la nécessité d’une évolution politique. Il déclare : « Le peuple qui s’éveille enfin prend conscience de ses droits. »

    À Paris, cela fait des remous. On accuse le sultan de jouer un double jeu. Pour le neutraliser, Paris nomme un héros de la Libération comme résident général avec pour mission de restaurer l’autorité du protectorat : le général Juin en personne, qui sera remplacé l’année suivante par le général Guillaume, poursuivant la même politique intransigeante.

    L’exil et le mythe

    Les émeutes de Casablanca en décembre 1952 offrent à la France le prétexte qu’elle attendait. Le 20 août 1953, les blindés français encerclent le palais royal de Rabat. Le sultan et ses deux fils sont arrêtés, conduits à l’aéroport sous escorte. Le jour même, ils embarquent pour la Corse, d’où ils seront transférés à Madagascar.

    Ce départ forcé n’a pas calmé les troubles. La population refuse de reconnaître le nouveau sultan, Mohammed ben Arafa, cousin du précédent. En croyant briser le nationalisme marocain, la France ne fait que le sacraliser. Dans tout le pays, le nom même de Mohammed ben Youssef devient synonyme de résistance. Avec l’apparition d’une contestation armée et le développement de la répression, le gouvernement français s’inquiète de se faire déborder par ces événements – d’autant que la guerre d’Algérie a éclaté à la Toussaint 1954.

    À peine deux ans après le départ en exil de Mohammed, le gouvernement décide d’ouvrir les négociations avec les nationalistes marocains de l’Istiqlal. Au début de 1955, le général Catroux rencontre le sultan dans son lointain exil malgache. En novembre, Mohammed, de retour en France, signe les accords de La Celle-Saint-Cloud qui reconnaissent « un État indépendant uni à la France par les liens permanents d’une interdépendance librement consentie et définie ». Le 16 novembre, c’est le grand retour triomphal à Rabat. En mars 1956, la France signe les accords qui officiellement mettent fin au protectorat. Quelques semaines plus tard, l’Espagne en fera autant pour ses possessions marocaines. Le Maroc redevient un État souverain.

    Le roi bâtisseur

    De retour sur son trône, Mohammed se met au travail. Il nomme un gouvernement, réorganise l’administration, lance les premières réformes avec l’arabisation contre l’enseignement français jusqu’alors dispensé, et la formation de cadres nationaux. Il affirme la souveraineté du Maroc tout en préservant avec la France un lien privilégié. Il soutient les différentes indépendances africaines, accueille à Tanger et à Casablanca les leaders du tiers-monde. Il fait partie de ceux qui prônent le non-alignement.

    ECLAIR MONDIAL/SIPA -Mohammed V et ses deux fils Hassan et Abdallah en1956

     

    En août 1957, il officialise une des décisions les plus importantes de son règne : la transformation de l’Empire chérifien en royaume du Maroc et l’abandon du terme de sultan au profit du titre de roi. Comme l’écrit Benjamin Badier dans sa biographie parue en août dernier, Mohammed V : « Ce passage de l’Empire chérifien au royaume du Maroc signifie qu’une page a été tournée. L’indépendance doit signifier un nouveau mode de gouvernement pour diriger une société transformée. Le Maroc n’est plus pensé comme un empire fait de communautés d’identités diverses aux contours mouvants, il s’agit désormais d’une nation, d’un peuple avec des frontières claires, avec son roi, clé de voûte de cet ensemble politique envers qui l’allégeance fonde l’identité nationale. »

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    Voilà comment Mohammed V est devenu ce roi pieux, figure de l’unité et de la modernisation, lui qui a toujours cherché un équilibre entre tradition et ouverture. Son autorité morale maintient la cohésion de ce Maroc encore fragile.

    Seulement, le 26 février 1961, alors qu’il n’a que 51 ans, le roi meurt. Mort brutale qui prend le pays par surprise. « Il se fit dans tout le Maroc un grand silence », écrit l’envoyé spécial du journal Le Monde. La transition a lieu paisiblement avec son fils, le nouveau roi Hassan II. En six ans d’indépendance, Mohammed V avait donné au Maroc un destin : il en avait fait une nation libre, un État. Charge désormais à Hassan II d’en faire un État puissant.

    Franck Ferrand

     

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  • « L’IA, un allié stratégique pour l’équipage »

    Écoutez Yves Nicolas, Directeur du programme IA chez Sopra Steria, parler du rôle de l’intelligence artificielle dans le Famous Project CIC.

    L’IA aide à prendre de meilleures décisions, plus vite et plus sûrement. Elle veille d’abord à la sécurité de l’équipage, en repérant les objets flottants ou en anticipant les pannes.
    Elle contribue aussi à la performance en optimisant la route du bateau grâce aux données météo et de navigation, pour permettre à l’équipage de se concentrer sur l’essentiel : la manœuvre et le défi.

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  • La dette comme une « grâce divine » de l’Etat, l’analyse du théologien Jean-François Colosimo

    C’est une analyse audacieuse qu’a livrée le spécialiste des religions Jean-François Colosimo dans l’émission Esprits Libres de ce mardi 4 novembre. Il est revenu sur les origines philosophiques de notre système de protection sociale, et y voit une substitution de l’Etat à Dieu.

    Jean-François Colosimo décrit le basculement fondamental qui naît au 17ème siècle, l’entrée dans la modernité : « L’État prend la place de Dieu. Il est omnipotent comme Dieu, il peut tout, il est omniscient comme Dieu, il sait tout », explique-t-il. Loin d’être une simple organisation administrative, il prend une place considérable dans l’esprit des citoyens français. L’Etat est « providentiel, et assure votre perpétuation ».

    Le théologien poursuit sur la notion de dette, en pointant un paradoxe linguistique révélateur : « On a inventé en France ce terme de prestation sociale. Mais en fait en bon français, une prestation, c’est quoi ? C’est un service contre un paiement. » Or, les prestations sociales françaises relèvent, selon lui, de « la pure gratuité », un « don de Dieu » transposé dans le cadre républicain.

    L’Etat-Dieu dispense sa grâce

    Jean-François Colosimo estime que cette gratuité rappelle la grâce divine dans la tradition catholique, que Dieu « dispense sur tout le monde », contrairement à la conception protestante d’une grâce réservée aux élus. La France, « fille aînée de l’Eglise », aurait ainsi infusé dans sa République « ce sentiment du peuple » hérité de son essence catholique.

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    Et si la véritable solidarité consistait à « donner aux gens les moyens de leur autonomie » ? C’est ce que suggère Jean-François Colosimo, qui déplore que le système actuel « crée véritablement des gens dépendants » et une dépense publique « devenue comme une drogue ».

    Béatrice Mouedine

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