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Alors que le nom de Mohandas Gandhi est universellement connu, celui de son épouse, Kasturba, reste souvent dans l’ombre. Et pourtant, cette femme au caractère fort, à la fois épouse, militante et figure spirituelle, a été la première à incarner les idéaux de résistance pacifique et non-violence. Retour sur le parcours d’une pionnière, à la fois discrète et essentielle.
Mariée à 13 ans à Mohandas Gandhi
Kasturba Makhanji, née en 1869 dans le Gujarat, est promise dès ses 7 ans à un garçon de son âge : Mohandas Karamchand Gandhi. Le mariage, célébré alors qu’ils ont tous les deux 13 ans, obéit aux traditions hindoues et le jeune Gandhi, jaloux et autoritaire, impose sa volonté. Plus tard, il reconnaîtra que Kasturba, par sa patience et sa dignité, lui a appris la tolérance et le respect. Ce couple, formé dans la contrainte, deviendra un véritable duo spirituel et politique.
Une rebelle au sein du foyer
Loin d’être soumise, Kasturba résiste à son mari et affirme son indépendance. Elle sort sans son autorisation, apprend à lire et à écrire seule, et défie les règles patriarcales. Cette résistance marque Mohandas, qui en tire les principes de Satyagraha (résistance pacifique) et d’Ahimsa (non-violence).
Sans s’en rendre compte, Kasturba devient la première disciple et la première inspiratrice du Mahatma.
De l’épouse au symbole
Lorsque Mohandas part en Afrique du Sud, Kasturba le rejoint et découvre les injustices du colonialisme. Elle endure les mêmes humiliations que son mari et s’engage à ses côtés dans la lutte contre les lois discriminatoires.
En 1913, elle participe à une grande manifestation de femmes indiennes contre la décision britannique de rendre illégaux les mariages non chrétiens. Arrêtée et condamnée à trois mois de travaux forcés, elle tombe malade mais devient la première femme du mouvement indien à être incarcérée pour une cause politique.
L’âme de l’ashram et la voix des femmes
De retour en Inde, Kasturba vit avec Mohandas dans l’ashram du Sabarmati, symbole de simplicité et de partage. Bien qu’attachée aux traditions hindoues, elle encourage les femmes à s’instruire, à participer aux mouvements politiques et à sortir de la sphère domestique.
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Pendant la Marche du sel et les campagnes de désobéissance civile, elle encourage les femmes à s’engager, leur montrant que la liberté de l’Inde passait aussi par l’émancipation féminine.
La fin d’une vie de dévouement
En 1942, lors du mouvement Quit India, Kasturba et Mohandas sont arrêtés et emprisonnés. Fragilisée par la maladie, elle meurt le 22 février 1944, à 74 ans, la tête posée sur les genoux de son mari. Mohandas dira d’elle qu’elle était partie comme une véritable « satyagrahi », fidèle jusqu’au bout à la vérité et à la non-violence.
Franck Ferrand raconte la vie tumultueuse de cette femme discrète et forte, influence du Mahatma et témoin de l’éveil d’une Inde en marche vers son indépendance.
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Strasbourg, 1518 : une femme se met à danser et entraîne avec elle des centaines de personnes qui danseront sans s’arrêter, jusqu’à l’épuisement ou la mort. De la foi médiévale à la psychiatrie moderne en passant par le pain de seigle, retour sur les danses de Saint Guy.
Cette histoire se passe à Strasbourg, qui à cette époque fait partie du Saint-Empire romain germanique. Le 12 juillet 1518, une femme, Frau Troffea, sort de chez elle et se met à danser dans la rue. Rien de bien extraordinaire en apparence – on danse beaucoup au Moyen Âge – sauf que cette fois, elle ne s’arrête pas.
Le terme « danse » est d’ailleurs impropre : il s’agit plutôt d’une agitation frénétique. Frau Troffea a des gestes brusques, saccadés, comme guidée par une force invisible. Une journée passe, puis une deuxième, puis une troisième. La malheureuse continue de danser. Ses pieds sont en sang. Elle semble enivrée d’une mélodie que seul entend son esprit. Cette transe lui laisse à peine quelque répit pour le sommeil, et même alors, on la voit s’agiter.
Quelques jours plus tard, la scène attire les curieux. La contagion se propage. Plusieurs personnes, hommes et femmes, rejoignent la danse. Bientôt, ce sont des dizaines d’habitants qui s’agitent ainsi. Dans les rues et sur les places, Strasbourg semble prise de folie, jour et nuit. Ces corps se cambrent, sautillent, prisonniers d’un rythme implacable. Ce qui pourrait passer pour joyeux est en vérité un cauchemar. Les traits des visages se contractent, se raidissent. Certains appellent à l’aide, incapables de s’arrêter. Les plus fragiles s’écroulent, terrassés par l’épuisement. Ils meurent d’arrêt du cœur.
On ne sait pas combien sont morts, mais au plus fort de l’épidémie, ce sont des centaines de personnes qui s’agitent ainsi jusqu’à la chute. La Chronique de Strasbourg du XVIe siècle rapporte : « Beaucoup de centaines de gens à Strasbourg se sont mis à danser et à sauter, hommes et femmes, en plein marché et dans les rues, jour et nuit. Ils ne mangeaient plus jusqu’à ce que leur rage passa. Ce fléau s’appelait la danse de Saint Guy. » Shakespeare parlera de « peste dansante ».
Si l’épidémie de Strasbourg a tellement marqué les mémoires, c’est d’abord parce qu’elle est très bien documentée : notes de médecins de l’époque, sermons, chroniques et billets émis par le Conseil municipal, totalement débordé par la situation. Mais ce n’est pas un accident isolé. Depuis le Moyen Âge, les chroniques évoquent, par vagues successives, des populations entières saisies d’une étrange compulsion dansante. Au total, une vingtaine d’épisodes similaires ont été recensés entre 1200 et 1600.
En 1374, une épidémie de danse dans la région d’Aix-la-Chapelle marque les contemporains. On voit des foules bondir, chanter, hurler dans les rues. Les chroniqueurs décrivent des visages convulsés, tordus, des hallucinations de rivières de sang, des corps épuisés jusqu’à la mort. Le père Herenthal, témoin du phénomène, écrit : « Les danseurs formèrent des processions de plus en plus importantes, allant d’une ville à l’autre : Cologne, Francfort, Zurich. Ils se propagèrent en direction de l’ouest, vers la Moselle et la Wallonie, Luxembourg, Metz, Maastricht, Tongres et jusqu’à Liège qui fut atteinte en septembre. Partout, ils trouvèrent des spectateurs qui, saisis par l’imitation, se joignirent à eux et les suivirent. »
D’autres crises plus locales sont signalées jusqu’au XVIIe siècle. Mais l’épidémie de Strasbourg en 1518 est la plus spectaculaire, l’acmé du phénomène. La question demeure : qu’est-ce qui a poussé ces centaines de personnes à danser malgré elles, jusqu’à la mort ?
Que ce soit à Aix-la-Chapelle au XIVe siècle ou à Strasbourg au XVIe, nul à l’époque ne doute que ces épisodes ne soient l’œuvre d’une puissance surnaturelle, voire du diable. Comme tout ce qui relève de la maladie, ces crises de convulsion, ces danses frénétiques sont placées sous le signe du sacré. Un nom s’impose : celui de Saint Guy.
Ce jeune martyr sicilien du IVe siècle a résisté à des tortures atroces imposées par l’empereur Dioclétien. Au Moyen Âge, il est compté parmi les quatorze saints auxiliateurs, considérés comme très secourables pour peu qu’ils soient invoqués dans les prières. On prie Saint Guy contre les morsures, contre la folie et contre l’épilepsie. On le prie aussi lorsque les personnes sont sujettes à des crises convulsives ou à des danses infernales.
Ce culte est très répandu dans les pays germaniques, avec des processions annuelles en Saxe, en Bavière et en Alsace. Le saint a deux visages : d’un côté, il peut guérir ; de l’autre, il peut aussi infliger le mal. On le prie mais on le craint également. Il est la manifestation ambivalente d’un phénomène indésirable.
C’est cette ambivalence que les autorités religieuses mobilisent pour lutter contre la crise. En 1518, à Strasbourg, on est persuadé que la seule issue pour ces malheureux danseurs est de se rendre en pèlerinage jusqu’à l’église Saint Guy de Saverne, une chapelle creusée dans la roche. Là, il s’agit de déposer des offrandes, d’implorer le saint. Selon la tradition, beaucoup sortent de cette église troglodyte apaisés, libérés du mal. Preuve, pense-t-on, que la transe n’a pas d’origine physique ou médicale – on n’y songe même pas vraiment à l’époque – mais bien une origine spirituelle ou surnaturelle.
Ces pratiques relèvent autant de la foi que d’une tentative d’organisation publique. Dans une société où la médecine n’est pas efficace, l’Église est le recours. Quand on est malade, quand les choses vont mal, la gestion du corps et de la peur se fait dans un cadre religieux. Il s’agit d’encadrer le rituel, de le reconnaître, de l’intégrer. C’est un moyen pour les autorités religieuses et les élites d’écarter une transgression inquiétante et potentiellement dangereuse. La normalisation de ces processions dansantes permet de les contenir. En leur donnant une dimension religieuse, on les apprivoise, on les rend acceptables pour la société.
À côté du religieux, les médecins essaient de trouver des causes et d’expliquer le phénomène. Dans la logique de la théorie des humeurs de Galien, certains affirment qu’il s’agit d’une fièvre causée par un échauffement du sang, un problème du tempérament sanguin. Quel est le traitement ? Il n’y en a pas vraiment. Il faut laisser danser, laisser transpirer, suer jusqu’à l’épuisement pour évacuer le mal. Certains supportent la crise, d’autres disparaissent en route.
Pour essayer d’endiguer l’épidémie à Strasbourg, le Conseil municipal décide de faire dresser une estrade sur la place du marché et d’y regrouper les danseurs. Ils sont escortés par des gardes, des surveillants. Des musiciens sont engagés pour encadrer les choses, les faire transpirer davantage. On soigne le mal par le mal. Évidemment, cela ne fait qu’encourager et attiser la contagion.
D’autres prescriptions circulent : décoctions d’orge, interdiction totale du vin et des boissons alcoolisées, bannissement des cymbales, fifres et tambours. La médecine tâtonne, incapable de soigner ce mal qui terrorise les puissants mais frappe surtout les pauvres.
L’épidémie finit par passer. Une fois les choses retombées, on tente de comprendre ce mal de Saint Guy. Dès 1526, le précurseur de la médecine moderne, Paracelse, s’intéresse au sujet. Il arrive à Strasbourg et appelle la maladie « la danse lascive ». Il avance une thèse surprenante : la danse qui s’est emparée de Frau Troffea ne serait ni un mal céleste, ni un désordre médical, mais une manière d’exprimer une révolte contre la domination conjugale. Paracelse écrit : « Rien n’irrite plus un homme qu’une femme qui danse. Et pour que l’affaire parût suffisamment sérieuse et pour confirmer l’apparence de la maladie, elle se mit à sauter, à faire des bonds, chantant, fredonnant, s’effondrant par terre, la danse finie, tremblant un moment, puis s’endormant, ce qui déplut au mari et l’inquiéta fortement. Sans rien dire et prétextant cette maladie, elle berna son mari. Or, d’autres femmes se comportèrent de la même manière, l’une instruisit l’autre et tout le monde finit par considérer que la maladie était un châtiment du ciel. »
Quatre siècles plus tard, la médecine moderne reprend le dossier et arrive à une conclusion quasiment diamétralement opposée : il s’agirait d’un empoisonnement. Le pain de seigle, consommé couramment au Moyen Âge, peut être infesté par un champignon, l’ergot de seigle, dont un dérivé donnera plus tard le LSD. On connaît l’ergotisme, appelé aussi « feu de Saint-Antoine ». L’une des formes de l’ergotisme, la forme gangreneuse, la plus redoutée, provoque des brûlures internes, des nécroses, des gangrènes des extrémités. Mais il existe aussi une forme convulsive qui provoque des convulsions plus ou moins régulières, des mouvements involontaires, des hallucinations.
Certains ont donc émis l’hypothèse que les danseurs de Strasbourg aient ingéré du pain contaminé, déclenchant des épisodes d’hallucinations et de transes. Pour ceux qui, lors du pèlerinage vers la chapelle de Saint Guy, cessaient de consommer ce pain infecté, le retour progressif à une alimentation normale était perçu comme un miracle, effet salutaire du sevrage.
C’est une explication rationnelle mais pas intégralement convaincante. D’autres spécialistes ont rapproché la danse de Saint-Guy de certaines affections neurologiques : la chorée de Sydenham, la maladie de Huntington, le syndrome de Gilles de la Tourette, des troubles qui provoquent des mouvements involontaires ou des sorties verbales inattendues. L’hypothèse est qu’un certain nombre d’individus atteints de ces pathologies isolées auraient pu rejoindre la vague de danse collective, provoquant une contagion cette fois non plus biologique mais comportementale.
Il y aurait donc peut-être à l’origine un phénomène naturel lié à l’ergot de seigle, relativement contagieux puisqu’il suffisait d’ingérer le pain contaminé pour être pris de convulsions. Ces convulsions seraient venues déclencher chez les personnes déséquilibrées sur le plan neurologique des comportements qui paraissaient diaboliques.
L’ampleur des phénomènes qui ont frappé des villes comme Aix ou Strasbourg demeure difficile à expliquer. C’est pourquoi certains historiens ont parlé d’un phénomène de stress collectif. John Waller, historien de la médecine, explique le phénomène de Strasbourg par le contexte : « Strasbourg en 1518, c’est trois ans de famine, des épidémies, une méfiance croissante envers le clergé et la noblesse. » N’oublions pas qu’on est dans la période où Luther vient de publier ses 95 thèses, avec une agitation qui gagne les villes rhénanes et beaucoup d’anxiété qui se répand dans la population.
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Jean Teulé, l’écrivain disparu il y a quelques années, a popularisé cette histoire dans son livre Entrez dans la danse. Pour lui, c’est le désespoir qui poussait les gens à danser, une danse de désespérance. Ils étaient complètement perdus. Il n’y avait plus qu’à danser, danser à en crever.
C’est peut-être là que réside le fond du mystère de la danse de Saint Guy : non pas dans la maladie, non pas dans la foi, mais dans l’homme lui-même et dans le besoin ancestral qu’il a longtemps nourri de transformer la douleur en mouvement. Quand tout vacille, on danse malgré tout.
Franck Ferrand
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Le jeune pianiste Saehyun Kim en récital à la Fondation Vuitton, Les Pêcheurs de Perles de Bizet à l’Opéra de Massy et un doublé Charpentier avec Les Arts Florissants et La Descente d’Orphée aux Enfers à l’Opéra Royal de Versailles : découvrez la sélection Radio Classique des rendez-vous à ne pas manquer dans les prochains jours
C’est le pianiste sud-coréen Saehyun Kim qui inaugurera la nouvelle saison des récitals Piano Nouvelle Génération à la Fondation Louis Vuitton. Le vainqueur du Concours Long-Thibaud au printemps dernier interprétera trois œuvres de Fauré : la Barcarolle op.26 n°1, l’Impromptu op.31 n°2 et la Valse-Caprice op.30 n°1, ainsi que Gaspard de la nuit de Ravel et les 12 Etudes op.25 de Chopin. Ce concert sera diffusé par Radio Classique le samedi 22 novembre à 20 heures.
Les Pêcheurs de Perles de Bizet sont à l’affiche de l’Opéra de Massy pour deux représentations. Erminie Blondel chante Leïla, Sahy Ratia Nadir, Jérôme Boutillier Zurga et Patrick Bolleire Nourabad. L’Orchestre national de France, le chœur Fiat Cantus, l’Atelier Lyrique de l’Opéra de Massy et la Compagnie par Terre sont dirigés par Robert Tuohy. La mise en scène est signée Eric Perez.
Marc-Antoine Charpentier sera à l’honneur de ce concert des Arts Florissants. William Christie dirigera le court opéra Les Arts Florissants qui a donné son nom à son ensemble. Au programme également la cantate La Descente d’Orphée aux Enfers. Ce sera aussi l’occasion de découvrir ou de redécouvrir les lauréats de la 12eme édition du Jardin des Voix.
Jean-Michel Duhez
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Toute ressemblance avec des évènements actuels, etc. Retour sur le plus grand cambriolage de tous les temps, le vol des joyaux de la Couronne de France, en septembre 1792.
En septembre 1792, alors que la France révolutionnaire vacille au bord du gouffre, un événement extraordinaire vient stupéfier la toute jeune Convention Nationale. Le 17 au matin, le ministre de l’Intérieur Roland de la Platière monte à la tribune et annonce d’une voix blanche l’impensable : le Garde-Meuble de la Couronne a été forcé et pillé. Les joyaux ont disparu.
Mais de quels joyaux parle-t-on exactement ? Contrairement à une idée reçue, le plus fabuleux trésor royal d’Europe ne se trouvait pas à la Tour de Londres, mais bien en France. Une accumulation unique et vertigineuse de merveilles : 9 500 très grands diamants, plus de 500 perles de très grosse taille, 230 rubis spinelle, 150 émeraudes, 130 saphirs… Sans compter les pièces d’orfèvrerie extraordinaires et les objets liturgiques à couper le souffle. À la Révolution, on estime l’ensemble à 30 millions de livres, soit l’équivalent de bien plus d’un milliard d’euros actuels. Le seul diamant « Le Régent », le plus gros du monde à l’époque, vaut à lui seul 12 millions de livres.
Cette collection inestimable a été constituée au fil des siècles, depuis François Ier qui la rendit inaliénable après sa défaite de Pavie. Louis XIV l’enrichit considérablement grâce aux fabuleux Mazarin et aux expéditions de Jean-Baptiste Tavernier. Le Régent ajoutera le célèbre diamant qui porte son nom. Sous Louis XVI, on retaille nombre de pierres selon les nouvelles techniques, leur donnant un éclat inédit.
Ce trésor national est conservé au Garde-Meuble de la Couronne, place Louis XV (future place de la Concorde), dans l’actuel Hôtel de la Marine. Son directeur, Thierry de Ville d’Avray, proche du roi, veille jalousement sur ces merveilles. En 1791, les députés méfiants exigent un inventaire complet, établi par une commission d’experts.
Mais en ce mois de septembre 1792, la France traverse l’une des passes les plus terribles de son histoire. La monarchie vient d’être suspendue le 10 août. Les troupes prussiennes envahissent l’est du pays, Longwy est tombée. À l’intérieur, c’est l’anarchie : Girondins et Montagnards se déchirent, et dans les prisons, des éléments incontrôlables massacrent les détenus royalistes. Ce sont les sinistres « massacres de septembre ». Thierry de Ville d’Avray lui-même est égorgé le 6 septembre.
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C’est dans ce chaos absolu que survient le cambriolage. Et ce qu’il y a d’incroyable dans cette affaire, c’est que les voleurs ne sont pas venus une seule fois : ils sont revenus quatre nuits consécutives, sans être dérangés ! On retrouvera même dans les caniveaux des joyaux que les malfrats n’ont pas pris la peine de ramasser dans leur fuite…
Mais qui a commandité ce casse historique ? Danton et les Montagnards, qui auraient utilisé le butin pour acheter la victoire de Valmy ? Des serviteurs royalistes cherchant à sauver le trésor ? Et que sont devenus ces joyaux extraordinaires ? Franck Ferrand vous dit tout…
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Dans un communiqué, la CGT-Spectacle exige que la Philharmonie de Paris avertisse le public à l’occasion d’un concert de l’Orchestre Philharmonique d’Israël le 6 novembre. Le syndicat estime que le choix de cette programmation « peut avoir des implications politiques et diplomatiques importantes ».
Malgré le cessez-le-feu en vigueur depuis le 10 octobre à Gaza, la polémique perdure autour des représentations d’artistes ou de formations israéliennes en Europe. Après des incidents en Grande Bretagne et, surtout, un mois et demi après la controverse qu’avait soulevée l’annulation du concert que devait donner en Belgique l’Orchestre Philharmonique de Munich, dirigé par le chef d’orchestre israélien Lahav Shani, c’est désormais en France que le débat s’exporte.
Cette fois-ci, c’est la CGT-Spectacle qui monte au créneau pour exiger, dans un communiqué publié le 29 octobre, que la Philharmonie de Paris avertisse le public à l’occasion du concert de l’Orchestre Philharmonique d’Israël programmé le jeudi 6 novembre. Au programme de ce concert : le Concerto pour piano n° 5 de Ludwig van Beethoven avec Sir András Schiff au piano et la Symphonie n° 5 de Piotr Ilitch Tchaïkovski que dirigera… Lahav Shani, directeur musical de l’orchestre israélien.
Dans son communiqué, la CGT-Spectacle estime que ce concert est « compris comme une entreprise de normalisation de l’État d’Israël alors même qu’il est responsable d’un génocide (sic) contre le peuple palestinien » et précise que « la liberté de création et la liberté de diffusion ne peut signifier que les programmateurs, d’autant plus dans des structures de service public comme la Philharmonie, n’ont pas d’obligations vis-à-vis du public lorsque leurs choix peuvent avoir des implications politiques et diplomatiques importantes ».
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Dans un communiqué, la Philharmonie de Paris rappelle que, en tant qu’établissement public, l’institution a pour mission « d’accueillir de façon ouverte les artistes et les formations du monde, sans considérations de nationalité, d’orientation politique ou de religion » et qu’elle « a accueilli et accueillera encore aussi bien des artistes israéliens que palestiniens ».
Pour rappel, mi-septembre, Lahav Shani avait dirigé l’Orchestre Philharmonique de Munich au Théâtre des Champs-Élysées. Une prestation marquée par une brève interpellation d’un spectateur pro-israélien en début de représentation mais ovationnée par le public debout à l’issue du concert.
Philippe Gault
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C’est en Norvège que Radio Classique vous emmène ce dimanche pour une soirée consacrée à Edvard Grieg.
Né à Bergen en 1843, et décédé dans cette même ville en 1907, Grieg, dont la musique est intimement liée à la culture folklorique norvégienne, a joué un rôle majeur dans la construction d’une culture musicale nationale. Vous pourrez notamment écouter ses œuvres les plus populaires : la Suite n°1 de Peer Gynt par l’Orchestre Philharmonique de Berlin dirigé par Herbert von Karajan, son Concerto pour piano interprété par Alice-Sara Ott avec l’Orchestre Symphonique de la Radio Bavaroise placé sous la direction d’Esa-Pekka Salonen, la suite Au temps de Holberg par l’Academy of St. Martin-in-the-Fields dirigé par Sir Neuville Marriner, ainsi que plusieurs Pièces lyriques jouées par Alice-Sarah Ott.
Au programme également, sa Sonate pour violoncelle et piano interprétée par Mischa Maisky et Martha Argerich, le 3e mouvement de la Symphonie n°3 de Brahms qui figurait parmi les amis de Grieg, ainsi que la Suite orchestrale de La Belle au bois dormant de Tchaïkovski, qui a un jour s’est exclamé : « J’aime Grieg, j’adore Grieg ! ». Cette soirée sera présentée par Jean-Michel Dhuez. Vous pourrez l’écouter en qualité numérique grâce au DAB+ dans de nombreuses villes de France.
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L’Orchestre national de Lille fêtait le mois dernier le cent cinquantième anniversaire de la naissance de Ravel.
Sous la direction de Joshua Weilerstein il a interprété son œuvre emblématique : le Boléro dont le compositeur disait « je n’ai écrit qu’un seul chef d’œuvre, malheureusement il ne contient pas de musique ». Ce concert donné le 14 octobre au Théâtre Sébastopol de Lille proposait deux autres œuvres de Ravel : le Concerto pour piano en sol majeur joué par Nikolaï Luganski, et la Pavane pour une Infante défunte ainsi que la Petite suite pour orchestre de Germaine Tailleferre et Antar de Rimski-Korsakov avec Charles Berling. Cette soirée sera présentée par Laure Mézan. Vous pourrez l’écouter en qualité numérique grâce au DAB+ à Lille et dans de nombreuses autres villes de France.
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Place à la jeunesse ce soir. La violoniste Camille Théveneau, qui lance un nouveau festival à Paris et les frères Léo et Luka Ispir dont le premier album est paru tout récemment seront, ce vendredi 31 octobre à 20h, les invités du Journal du Classique.
Ils sont les représentants d’une nouvelle génération de musiciens désireux donner un sens à leur carrière, voire de briser les codes. Camille Théveneau est, ainsi, à l’initiative d’un nouveau festival de musique classique élargie Sido&Co qui se déroulera dans le 10ème arrondissement de Paris du 6 au 9 novembre. Il se déclinera en sept performances artistiques privilégiant la transversalité, mêlant concert, théâtre, photographie et déambulations dans quelques salles atypiques pour la musique. Quant aux frères, Léo et Luka Ispir, ils viennent de s’illustrer au disque, grâce au soutien de la Fondation Gautier Capuçon, dans un programme associant des œuvres originales pour violon et violoncelle, comme la sonate de Ravel et la passacaille d’Halvorsen, des transcriptions de pièces de Mozart et de Bach ainsi qu’une création de Fazil Say.
Ils se confieront ce soir sur leur envie d’inventer de nouveaux projets artistiques, d’aller à la rencontre d’un large public, de se produire dans des lieux décalés et de développer des actions à caractère social. Car les dimensions sociétales et environnementales leur sont, finalement, aussi essentielles, que la musique.
Laure Mézan
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Alors que le budget 2026 doit bientôt être voté, la taxe Zucman révèle la complexité du débat public sur la réduction de la dette et semble être un frein au statut d’entrepreneur. Invité de la matinale, Nicolas Dufourcq, directeur général de BPI France, a livré une analyse sans détour sur l’état économique et social du pays.
Nicolas Dufourcq condamne fermement la taxe Zucman, visant à prélever davantage sur les grandes fortunes et le capital. Selon lui, « l’entrepreneur prend tellement de risques personnels pour lui et sa famille. […] Créer une boîte, c’est extrêmement difficile, vous manquez de mourir dix fois… Et si vous avez un patrimoine de plus de 100 millions d’euros, quelqu’un vous prend 2 % tous les ans… Comment voulez-vous que la personne ait envie de créer sa boîte en France ? » Il rappelle que le taux moyen de taxation de la valeur ajoutée entrepreneuriale est déjà l’un des plus élevés d’Europe : « 21 % en France contre 12% en Allemagne. » Un différentiel qui, selon lui, pèse lourdement sur la compétitivité et sur la psychologie des dirigeants : « l’entrepreneur est d’abord une machine émotionnelle et psychologique. Si la bulle d’encouragement dans laquelle il évolue crève, parce qu’elle est attaquée de toutes part, il s’arrête. »
Pour le directeur général de BPI France, la France vit au-dessus de ses moyens. « La protection sociale française, la plus généreuse d’Europe, est allée un peu trop loin par rapport à ce que l’économie peut produire. » Il dénonce le fait que des dépenses sociales courantes soient financées par la dette, ce qu’il juge « moralement inadmissible » : « On ne peut pas payer la baguette de la semaine avec la dette que rembourseront nos petits-enfants. C’est honteux. » Selon lui, l’Etat-providence fonctionne « comme un cheval dopé à la dette », galopant devant l’économie réelle : « l’économie a sa rège d’or, une entreprise qui dépense plus qu’elle ne gagne, meurt. L’Etat-providence, lui, n’a pas de règle d’or. »
L’invité de David Abiker évoque une crise morale et psychologique profonde au sein de la société : « on a mis les Français dans une sorte de maison du désespoir. » Il distingue plusieurs formes de découragement : la première, celle des jeunes, est la peur de ne jamais avoir de retraite ; la seconde, chez les plus âgés, est le sentiment d’avoir assez donné et de mériter un départ anticipé. Or, le constat est implacable : la démographie s’effondre. « En 2029, il y aura 600 000 élèves de moins dans le primaire qu’en 2024. L’effondrement démographique a commencé. »
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Face à cette transformation structurelle, Nicolas Dufourcq appelle à une « révolution anthropologique » : « en 2035, un Français sur six aura plus de 75 ans. Donc le cadre intellectuel, moral, mental, philosophique de l’Etat-providence français doit complétement changer. » Il plaide pour une société qui valorise davantage le travail des seniors : « il faut permettre aux Français, en pleine possession de leurs moyens, entre 60 et 65 ans, de continuer à travailler. »
Daphnée Cataldo
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Hors de question de la passer en pantoufles ou devant la télévision : la retraite, c’est une nouvelle vie qui commence ! Et dans ce Dictionnaire amoureux de la retraite « heureuse », – car tout est là -, Jean-Loup Chiflet a bien l’intention de nous donner de A à Z les 1000 façons de la mettre à profit.
Elodie Fondacci s’est entretenue avec Jean-Loup Chiflet.
E.F : Jean-Loup Chiflet, bonjour. Vous êtes écrivain, vous êtes éditeur, bien connu des lecteurs pour votre espièglerie, mais ce n’est pas cette casquette-là qui nous intéresse aujourd’hui. Non. Vous êtes surtout un retraité heureux, et c’est en tant que tel que vous avez pris la plume pour écrire chez Plon ce Dictionnaire amoureux de la retraite heureuse. Est-ce que vous me le confirmez ? Vous êtes un retraité heureux ?
J-L.C : Oui, absolument, je suis un retraité heureux et un retraité depuis très longtemps !
C’est très important que vous souligniez le côté heureux. Quand un ami m’a suggéré de faire un « Dictionnaire amoureux de la retraite », j’ai d’abord pensé : « C’est une bonne idée ». J’avais déjà fait deux Dictionnaires amoureux, celui de l’humour et de la langue française, et puis mes camarades de Plon avaient l’air d’estimer que cela pourrait marcher. Et puis, je me suis mis à réfléchir et à travailler. Et au bout de 15 jours, je suis revenu voir l’éditeur, un peu piteux, en disant : « Le Dictionnaire amoureux de la retraite, c’est difficile, qu’est-ce que je peux dire ? » Alors, on a changé le titre pour Dictionnaire amoureux de la retraite heureuse. Et comme mon fonds de commerce, c’est quand même la langue et surtout l’humour, je me suis fait plaisir. Donc c’est un livre qui est a priori drôle et grâce auquel j’ai découvert beaucoup de choses. A commencer par le fait que j’étais un retraité heureux. Et je l’explique.
E.F : Alors pourquoi êtes-vous si heureux ?
J-L.C : Parce qu’après m’être beaucoup penché sur le problème, j’ai assumé de donner un grand coup de pied dans les clichés habituels du retraité. Les pantoufles, la télé, les petits enfants, jouer aux boules, ce n’est pas mon truc. J’ai trouvé une phrase très intéressante d’un humoriste anglais qui disait : « This is the first day of the rest of your life ». « C’est le premier jour du reste de ta vie ». Et c’est vrai ! J’ai découvert que la retraite, c’était une nouvelle vie. On n’est ni jeunes ni vieux. On n’est pas des survivants. On a maintenant, depuis 1900, trente ans d’espérance de vie en plus ! Force est de constater, pour reprendre le mot de mon camarade Pasacal Bruckner qui a beaucoup écrit sur la vieillesse, que la retraite c’est un véritable « été indien ». Et le but de ce livre, c’est d’expliquer comment on peut le vivre au mieux. D’ailleurs, les Espagnols ont un très joli mot pour caractériser la retraite, ils l’appellent la « jubilación ». En français, la jubilation. Tout est dit ! Donc j’ai voulu expliquer comment on peut se concentrer sur ces années gagnées, expliquer que tout était à nouveau possible.
Qu’on ne s’y trompe pas, ce n’est pas un livre technique.
Ce n’est surtout pas un livre technique, parce qu’en ce moment, expliquer comment fonctionne la retraite, c’est impossible, ça change tous les jours ! Moi j’ai surtout insisté sur le fait que la retraite c’était une revanche. Une revanche sur toutes ces années de travail sans RTT, toutes ces vacances qui n’en étaient pas, tous ces voyages qu’on n’a pas pu faire, etc. Alors je me suis fait vraiment plaisir. J’ai abordé tout ce qui était possible. Comment apprendre l’anglais, l’aquagym. Les voyages, les ateliers d’écriture, les petits boulots possibles, la main verte. Comment faire attention aux arnaques Comment voyager, comment s’acheter un camping-car ?
Et je parle aussi, bien sûr, de sujets sérieux.
Une entrée traite par exemple de la « Silver économie ». J’ai beaucoup lu Serge Guérin, le sociologue qui a inventé ce terme dans un livre qui s’appelle Les Quincados. Silver économie, c’est un jeu de mots où on joue en même temps avec le côté « argenté » des cheveux gris, et le côté « argent » en tant que revenus. Il explique que les retraités c’est un nouveau marché que tout le monde voudrait exploiter.
Il y a un autre article qui s’appelle « Centenaire », parce que j’ai découvert quelque part qu’actuellement, un enfant sur cinq qui naît sera centenaire. Donc, il faut s’y préparer.
E.F : Si on n’est pas encore concerné par la retraite, en effet, on finira tous par l’être ! Finalement, ce livre, c’est une liste exhaustive d’activités possibles que l’on peut faire et de loisirs à découvrir.
J-L.C : Exactement. Alors je dis : apprenez à cueillir des champignons, allez à la chasse, achetez-vous un chat si vous n’en avez pas, ou un chien. Faites de la chirurgie esthétique, pourquoi pas, mais faites attention ! Je propose aussi de s’inscrire dans une chorale, ou dans les nombreux clubs des anciens. De faire des dictées, de partir en croisière… J’ai pensé bien sûr au bricolage, au jardinage. Je n’ai pas la main verte, mais je me suis fait conseiller. J’ai fait un grand article sur les discours : le discours d’adieu par exemple, quand vous allez partir à la retraite, on va vous offrir un tas de cadeaux inutiles. Comment répondre ? Comme je vous le disais, c’est la retraite heureuse et c’est aussi la retraite humoristique !
EF : Il y a même des conseils sur la vie amoureuse.
Je fais en effet des allusions aussi à « la vie affectueuse », parce que la retraite, ce n’est pas du tout la fin de la vie amoureuse. On se souvient tous de la belle chanson de Serge Reggiani, « La femme qui est dans mon lit n’a plus vingt ans ». Donc je parle beaucoup de la sexualité parce que c’est une chose qui m’intéresse beaucoup. Et j’ai même trouvé un texte de Benjamin Franklin qui est très amusant, que j’ai mis à l’article « Maîtresse ». Je ne connaissais pas son côté aussi drôle et humoristique. Dans les années 1700 et quelques, il écrit une lettre à un ami, en lui conseillant de prendre des maîtresses d’un certain âge, parce qu’elles n’ont plus d’exigence et qu’elles sont sympas ! J’espère que les enfants n’écoutent pas !!
Et puis, il n’y a pas que des choses forcément heureuses. J’ai fait un article qui évoque le « divorce gris ». Ça s’appelle, paraît-il, les « divorces gris », parce que la retraite est une période, et ceci explique cela, où les divorces sont assez fréquents, parce que l’homme et la femme se retrouvent seuls. J’ai même des chiffres. Il y avait 17% de divorces de retraités en 1996. Je crois que maintenant, en 2016, en 2017, on avait atteint 38%. Alors, je donne des conseils. Effectivement, quand on se retrouve avec sa chérie ou son chéri tous les matins, à ne pas savoir que faire, il faut en parler. Tous les psys le disent : il faut analyser. Vous voyez que ce n’est pas seulement un livre rigolo. Il y a un article sur l’ennui, parce que l’ennui peut être bénéfique. Un sur la solitude aussi, qu’il faut regarder en face.
Mais rassurez-vous, dans l’ensemble c’est un livre quand même très réjouissant, léger, drôle, a priori, et d’après ce que l’on m’a expliqué chez Plon… à un prix relativement abordable ! Donc je pense que c’est vraiment le cadeau idéal pour celui ou celle qui part à la retraite !
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