Radio Classique

Radio Classique

By
Download on the App Store

Radio Classique episodes

  • Gaza : En France, malgré les ingérences, des responsables juifs et musulmans veulent maintenir le dialogue

    La libération des 20 otages israéliens encore en vie et celle de près de 2000 détenus gazaouis a permis une brève accalmie au Proche-Orient. Les tensions ressurgissent aujourd’hui, avec en toile de fond la remise des dépouilles des otages. Israël estime que le mouvement islamiste palestinien n’a pas rempli sa part du contrat et menace de reprendre les combats. En France, malgré les répercussions de l’actualité au Proche-Orient, des responsables juifs et musulmans veulent, coûte que coûte, continuer à dialoguer.

    Deux ans après, la déflagration de l’attaque du 7-Octobre a bouleversé le Moyen-Orient et créé des fractures toujours visibles en France. Depuis ce jour, c’est la peur sur le visage des fidèles qui marque Moché Lewin, Grand Rabbin du Raincy et conseiller du Grand Rabbin de France : « Certains se demandent s’ils peuvent encore mettre une kippa, d’autres ont peur de mettre la Mezouzah [une petite plaque apposée sur la porte d’entrée], d’autres encore disent qu’ils ne peuvent plus rester, qu’il n’y a plus d’avenir pour leurs enfants en France. Ca fait mal. Dans ma synagogue, lors de [la célébration] de Yom Kippour, on a engagé un service de sécurité en plus des services de police. Je rêve d’un temps où il y aura une journée porte ouverte pour tous les lieux de culte en France. C’est pas le cas. Malheureusement, il faut faire avec ».

    Le mois dernier, Najat Benali a, quant à elle, retrouvé une tête de cochon devant la porte de la mosquée qu’elle dirige dans le XVème arrondissement de Paris. Elle a aussi en charge la coordination des mosquées parisiennes. « Ça m’a choqué, ça m’a fait peur », raconte-t-elle, ajoutant : « neuf mosquées ont été dans le même cas, c’est quand même surprenant. À chaque office, on a cinq prières par jour, des bénévoles qui assurent la sécurité, un système de barrage, on fait ouvrir tous les sacs. C’est triste d’en arriver là ». 

    Une manipulation des religions ?

    Pour ces deux militants du dialogue interreligieux, le conflit israélo-palestinien est du ressort des responsables politiques. Moché Lewin assure qu’« ils ont manipulé les religions, et c’est vrai partout. En Russie, Poutine a pris Kirill [le chef de l’église orthodoxe] pour légitimer sa guerre. Il faut absolument que nous résistions à cette manipulation, c’est notre rôle de dire que c’est un conflit politique qui se passe à 3500 km ».

    Le Grand Rabbin du Raincy poursuit sur la situation en France : « Que certains politiques – je parle de l’extrême gauche – essaient de manipuler l’opinion des religieux, c’est quelque chose de dramatique ». Najat Benali souligne quant-à-elle qu’il y a eu « des propos politiques à l’extrême gauche mais également à l’extrême droite, des personnes qui parlent au nom des musulmans. J’ai envie de leur dire, ‘nous ne t’avons pas élu grand mufti de France, donc que chacun reste à sa place’. Je ne fais pas de politique mais je me dis que ces personnes-là ne devraient pas en faire non plus »

    « La foi ne doit pas être le support de la désunion »

    « La réalité », reprend Moché Lewin, « c’est que la France a beaucoup plus de lois adaptées à la situation que dans beaucoup de pays dans le monde. Certes, on a encore des problèmes sérieux, c’est les réseaux sociaux. Ce phénomène n’est pas lié à la France, ce mal qui est un virus à multiples facettes. Une fois c’est telle religion, une fois c’est une autre, il faut pas que la foi soit le support de la désunion ».

    A lire aussi

    Gaza : Le jeune pianiste de jazz Alon Ohel fait partie des 20 otages survivants libérés lundi

     

    Najat Benali souligne que « les actes islamophobes sont en hausse de la même manière que les actes antisémites. C’est un combat qu’on doit mener ensemble. On sera plus fort et on doit pas se battre les uns contre les autres. Moi je n’ai pas envie de me battre avec Moché. Moché c’est mon frère. » 

    Dans une période où les gouvernements se font et se défont, eux appellent à la stabilité. Moché Lewin estime qu’on peut reconstruire des choses : « Quand il y a de l’instabilité politique, la stabilité de la religion peut être une boussole ».

    Laurie-Anne Toulemont

    https://www.radioclassique.fr/wp-content/uploads/2025/10/ingerenceslat.mp3

     

    Retrouvez les articles liés à l’actualité internationale

    Guerre en Ukraine : « Vladimir Poutine a fait une erreur historique majeure » estime le diplomate Pierre Lévy

    Grève du 18 septembre : « Les Russes tirent parti depuis longtemps de nos problèmes sociaux » rappelle le général Jérôme Pellistrandi

    Antisémitisme : « La France a de vrais mécanismes, mais ce n’est pas suffisant » selon l’ambassadeur d’Israël en France

    Pascal Lamy : « le monde a changé beaucoup plus vite que l’Europe et maintenant il va falloir qu’on s’ajuste à cette nouvelle réalité »

    Cet article Gaza : En France, malgré les ingérences, des responsables juifs et musulmans veulent maintenir le dialogue est apparu en premier sur Radio Classique.

    3 min
  • La prise de pouvoir de Catherine II de Russie, un coup d’état silencieux porté par une femme redoutable

    Et si l’Empire russe avait basculé sans un cri, sans une épée tirée ? Voici l’histoire d’un coup d’État porté par une redoutable Catherine II.

    Lorsque la Tsarine Elisabeth Ière meurt en 1761, un après-midi de Noël, le pouvoir revient à son neveu Pierre, qu’elle a adopté. Il est alors âgé de 33 ans et est marié à une femme qu’elle a choisi pour lui : Catherine, issue d’une petite famille allemande.

    Elevé en partie en Prusse, Pierre a tendance à mépriser l’âme russe. Catherine, à l’inverse, a mis beaucoup d’acharnement à apprendre la langue et la religion de son nouveau pays, au point même de subir les railleries de son mari.

    Pierre III agit comme un enfant gâté

    A la mort d’Elisabeth, l’empressement de Pierre à régner est embarrassant. Il n’attend pas l’enterrement de sa tante pour convoquer la conférence et commencer à asseoir son pouvoir auprès des dignitaires russes. Il devient Pierre III. Catherine, elle, reste près de la dépouille, et observe l’étrange malaise qui s’empare de la cour. Le Te Deum résonne alors que le corps d’Elisabeth Ière n’est presque pas encore froid.  Pierre est comme un enfant gâté, qui rit, donne des ordres, et semble avoir remporté une victoire.

    A lire aussi

    Anastasia Romanov, fille du Tsar Nicolas II : a-t-elle survécu au massacre de sa famille ?

     

    Il interdit même aux femmes de porter le deuil de l’impératrice et d’apparaître en noir. Elles sont donc contraintes d’arborer des tenues colorées pour célébrer sa prise de pouvoir. Catherine comprend que tout va de travers, elle observe. Dans cette mascarade aux couleurs vives, elle mesure la distance qui la sépare de son mari et a déjà l’idée du destin qui l’attend.

    Dans cet épisode des Grands Dossiers de l’Histoire, Franck Ferrand vous raconte le basculement de l’Empire russe entre les mains de Catherine II, qui après la mort suspecte de son mari va régner 34 ans.

    Franck Ferrand

    Retrouvez Le meilleur de Franck Ferrand raconte

    Fritz Lang : Soupçonné d’un crime, le cinéaste était obsédé par le mal et la culpabilité

    La Belle Otero, idole de la Belle Epoque : courtisée par les plus grands, elle a fini ses jours dans la solitude

    Viktor Korchnoï, le dissident soviétique qui a transformé les échecs en arme politique

    RÉCIT – « L’ange de la Cordillère des Andes », l’aviateur Guillaumet a lutté sans relâche pour survivre

    Cet article La prise de pouvoir de Catherine II de Russie, un coup d’état silencieux porté par une femme redoutable est apparu en premier sur Radio Classique.

    0 min
  • Renaud Capuçon et Dominique Bluzet nous présentent la nouvelle édition du festival de Pâques d’Aix-en-Provence

    Alors que la programmation de la nouvelle édition du Festival de Pâques d’Aix-en-Provence vient d’être dévoilée, Renaud Capuçon et Dominique Bluzet seront ce mercredi 15 octobre à 20h, les invités du Journal du Classique.

    La prochaine édition du festival de Pâques d’Aix-en-Provence se tiendra du 28 mars au 12 avril. Plus de 900 artistes y participeront, de grands solistes internationaux comme de jeunes talents en devenir dans cet esprit d’échange, de partage qui fait l’ADN de la manifestation. Une édition qui sera ponctuée d’une vingtaine de concerts et d’une centaine de rendez-vous gratuits dans le cadre du volet « Musique en partage » qui s’adresse aux plus jeunes comme au public empêché et rayonne dans toute la région.

    Un rendez-vous exceptionnel entre grands noms et jeunes talents

    Parmi les temps forts de cette programmation : une journée placée sous le signe du sacré et de la mémoire, le 50ème anniversaire de l’Orchestre National de Lille, une résidence de l’Orchestre Philharmonique de Munich avec Lahav Shani, une mise en avant des compositrices… Autant d’événements que nous présenteront Renaud Capuçon et Dominique Bluzet, les deux directeurs du festival, dont la billetterie vient d’ouvrir.

    Laure Mézan

    Retrouvez le journal du classique du lundi au vendredi à 20h

    Retrouvez l’actualité du Classique

    Apprendre la musique classique : Les secrets des instruments révélés par l’Ensemble Intercontemporain

    Palais Garnier : L’Opéra de Paris et la Bibliothèque nationale de France consacrent une exposition aux 150 ans d’un théâtre mythique

    Prix Nobel de littérature : Un roman de László Krasznahorkai a inspiré deux opéras

    Mort de John Lodge, le chanteur des Moody Blues, initiateurs du rock symphonique avec leur tube « Nights in White Satin »

    Cet article Renaud Capuçon et Dominique Bluzet nous présentent la nouvelle édition du festival de Pâques d’Aix-en-Provence est apparu en premier sur Radio Classique.

    0 min
  • La réforme des retraites « est absolument nécessaire pour les Français » selon le président du Medef Patrick Martin

    Lors de sa déclaration de politique générale, Sébastien Lecornu a annoncé la suspension de la réforme des retraites de 2023. Une décision qui réjouit les membres du Parti socialiste (PS), décidant de ne pas voter la censure à l’encontre du Premier ministre reconduit, au désarroi d’autres partis politiques. Invité de la matinale, Patrick Martin, président du Medef (Mouvement des entreprises de France), partage sa vision quant à cette décision, la réforme des retraites et la place du PS dans le paysage politique.

    Pour le patron des entreprises françaises, la décision du Premier ministre illustre bien l’instabilité politique de ces derniers mois : « ça ressemble étonnamment à ce qui se passe dans certaines entreprises déstabilisées par un actionnaire très habile, et qui use de toutes les ficelles en définitive pour imposer ses vues », explique-t-il, visant sans le nommer Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste. Il poursuit : « c’est quand même assez extraordinaire que le Parti socialiste impose de détricoter, y compris une réforme, je parle de la réforme Touraine, votée en 2013 par des socialistes. On est dans un monde parallèle. »

    Derrière ces mots, une inquiétude plus large : celle du déclassement économique de la France. Patrick Martin juge que notre pays prend le chemin inverse des autres puissances économiques : « la conjoncture n’est pas bonne. La compétition internationale devient d’une brutalité incroyable et la France fait et va faire encore plus exactement l’inverse de ce que le monde entier fait. » Selon lui, la question des retraites n’est pas seulement sociale, mais avant tout économique et stratégique : « Les retraites, c’est 14 % du produit intérieur brut. Tous les pays autour de nous sont à 67 ans, voire au-delà. La France est un monde à part… J’invite nos décideurs politiques à se rendre le plus possible à l’étranger. […] Cette affaire de retraite va contribuer au déclassement du pays. On a besoin de produire de la richesse, mais on fait exactement l’inverse. »

    La réforme « idéale » à trois régimes

    Face à un système qu’il estime trop complexe et inégalitaire, Patrick Martin défend une vision plus structurée : « La réforme idéale, si elle existe, aurait trois régimes : le public, les indépendants et les salariés. » Un schéma simplifié qui, selon lui, permettrait de rendre le système plus lisible et plus soutenable à long terme.

    A lire aussi

    Crise politique : « Le premier adversaire politique pour le pays est Emmanuel Macron » constate Jérôme Jaffré

     

    Mais le président du Medef prévient, l’abandon de la réforme Touraine et de la réforme Borne aura des conséquences budgétaires considérables : « si vous bloquez ces réformes, ce seront dès 2026, et encore plus en 2027, des milliards d’euros qu’il faudra aller chercher ailleurs. […] La France va s’appauvrir. »

    Daphnée Cataldo

    Retrouvez tous les articles liés à l’actualité économique

    Dette publique : « La France ne peut pas se permettre d’avoir des budgets à l’eau tiède » alerte Philippe Dessertine

    Dette publique : « La taxe Zucman n’a aucun sens, elle risque d’affaiblir notre appareil productif » affirme Jean Peyrelevade

    Le président de la CPME souhaite que « la politique économique du nouveau gouvernement soit pro-entreprise »

    Dette publique : « Il y a une espèce de complicité générale pour que cela continue » assure Élie Cohen

     

    Cet article La réforme des retraites « est absolument nécessaire pour les Français » selon le président du Medef Patrick Martin est apparu en premier sur Radio Classique.

    0 min
  • Kandinsky à la Philharmonie de Paris : 200 œuvres pour explorer le lien entre peinture et musique

    Mondialement connu comme le « père de l’abstraction », le grand peintre russe Vassily Kandinsky était aussi un amoureux de la musique. Une exposition à la Philharmonie de Paris propose au public, à travers près de 200 œuvres et objets de son atelier, une immersion sonore et visuelle dans l’univers du peintre jusqu’en février.

    Dans la pénombre, face à de grandes toiles noires animées par des images faisant référence à la Russie, la terre natale de Vassily Kandinsky, le visiteur se laisse porter par un opéra de Richard Wagner, Lohengrin, diffusé dans un casque. Cette introduction sensorielle de l’exposition fait référence au « choc » que le peintre russe dit avoir éprouvé en 1896 à Moscou, en entendant cet opéra pour la première fois.

    « Kandinsky est sans doute l’artiste de la modernité qui a le plus étroitement lié peinture et musique, à travers plusieurs approches: intellectuelle, émotionnelle, sociale », souligne Marie-Pauline Martin, directrice du Musée de la musique et co-commissaire de l’exposition, qui est accessible jusqu’au 1er février à la Cité de la musique (Porte de La Villette à Paris).

    Des esquisses pour la mise en scène de Tableaux d’une exposition de Moussorgski

    L’exposition, rendue possible par la disponibilité de nombreuses toiles à la suite de la fermeture temporaire du centre Pompidou, montre l’évolution progressive de la peinture de Vassily Kandinsky vers l’abstraction. L’aboutissement de ce parcours est la présentation de plusieurs de ses grands chefs-d’œuvre: Jaune, rouge, bleu; Composition VIII (prêtée par le musée Guggenheim de New York); Composition IX et Composition X.

    A lire aussi

    Histoire de l’Art : Qu’est-ce qui se cache derrière les partitions peintes sur les tableaux ?

     

    Le travail autour de la musique, à l’instar de ses esquisses pour la mise en scène de Tableaux d’une exposition de Modeste Moussorgski, est expliqué tout au long de l’exposition par des encadrés, des films réalisés par la Philharmonie, ou encore par des documents du peintre. Une adaptation ludique et pédagogique du parcours sonore a été pensée pour les enfants. L’expérience se veut aussi immersive: les musiques sont entrecoupées de sons d’ambiance comme un bruit de pinceau sur une toile ou par une voix.

    Dessins préparatoires pour la mise en scène de Tableaux d’une exposition ©Centre Pompidou, Musée national d’art moderne

     

     

    Une salle est consacrée à la relation du peintre avec le compositeur allemand Arnold Schönberg, également peintre amateur, avec qui il entretint une correspondance pendant plus de dix ans, une autre présente une multitude d’objets ayant appartenu à Vassily Kandinsky et faisant référence à la musique : disques, photos, partitions, livres.

    Philippe Gault (avec AFP)

    Retrouvez l’actualité du Classique

    Apprendre la musique classique : Les secrets des instruments révélés par l’Ensemble Intercontemporain

    Gaza : Le jeune pianiste de jazz Alon Ohel fait partie des 20 otages survivants libérés lundi

    Palais Garnier : L’Opéra de Paris et la Bibliothèque nationale de France consacrent une exposition aux 150 ans d’un théâtre mythique

    Prix Nobel de littérature : Un roman de László Krasznahorkai a inspiré deux opéras

    Cet article Kandinsky à la Philharmonie de Paris : 200 œuvres pour explorer le lien entre peinture et musique est apparu en premier sur Radio Classique.

    0 min
  • RÉCIT – La princesse Noor contre les nazis : une jeune indienne musulmane a été un des piliers de la Résistance parisienne

    Une des principales chevilles ouvrières de la résistance parisienne, dans les années 1943 et 1944, était une jeune princesse indienne musulmane : l’inoubliable Noor Inayat Khan.   

    En février 1922, la famille princière indienne Inayat Khan, est contrainte de quitter le territoire britannique. Le gouvernement de Londres surveille de près ceux qu’il soupçonne de soutenir l’indépendance indienne et, plus largement, celle des colonies de l’Empire britannique. Pourtant, le père, Hazrat Inayat Khan, s’oppose à la violence. Avec son épouse, il appartient au courant soufiste, un courant musulman qui prône avant tout la non-violence et la paix. Mais la surveillance anglaise devient trop oppressante, et la famille choisit de s’installer en France.

    La fille aînée, Noor, qui signifie lumière en arabe, est une enfant à l’époque, elle a huit ans. Déjà, elle impressionne par sa maturité et sa générosité remarquables. Ses parents veillent de près sur son éducation, car elle devra plus tard tenir son rang de jeune princesse. La famille s’installe à Suresnes, dans la banlieue ouest de Paris. Le père de Noor fait du domicile familial le point central du soufisme en région parisienne.

    Noor joue de la harpe et du piano

    En 1927, le drame frappe : Hazrat, le père, retourne un temps en Inde et y meurt au début du mois de février. Sa veuve se retrouve alors cheffe de famille, mais elle sombre dans la dépression. C’est la jeune Noor, âgée de seulement 13 ans, qui va devoir porter sa famille à bout de bras.

    Elle se détend le soir en jouant de la harpe, et excelle également au piano. À 17 ans, elle entre à l’École normale supérieure de musique de Paris, tout en s’inscrivant en psychologie enfantine à la Sorbonne. En 1938, elle est embauchée à Radio Paris, où elle écrit des textes pour enfants. Elle a alors 24 ans, juste avant la guerre. Elle travaille à la radio et pour Le Figaro Dimanche, écrivant notamment des contes pour enfants inspirés des contes indiens.

    La Royal Air Force engage Noor

    Comme l’ensemble du continent européen, Nour est bientôt entraînée dans la Seconde Guerre mondiale. La famille possède toujours la nationalité anglaise, et son avenir est incertain. Noor prend les choses en main. Le 19 juin 1940, elle part pour Saint-Nazaire et embarque pour l’Angleterre. Dès qu’elle pose le pied à Londres, elle n’a qu’une idée en tête : mettre de côté les préceptes de non-violence de son père pour s’engager dans une armée combattante. Elle écrit à l’armée anglaise, mais reste sans réponse pendant des semaines. Alors que les raids aériens transforment Londres en brasier, Noor s’impatiente.

    L’armée britannique se méfie de cette princesse indienne musulmane. Mais devant son insistance, la Royal Air Force l’engage finalement pour être formée comme assistante de pilote. À la mi-décembre 1940, on aperçoit Noor en Écosse, fière d’arborer l’uniforme des forces spéciales britanniques. Son dossier témoigne d’une progression rapide, notamment dans les transmissions, le codage et le morse.

    En juin 1941, elle termine sa formation et est mutée à Abingdon, au centre des bombardiers de la RAF, où elle est chargée de la liaison avec les bombardiers en vol. Elle excelle dans ce domaine avec une rapidité surprenante, attribuant ses compétences à sa pratique du piano et de la harpe.

    Noor devient agent secret, en mission en France

    Marie-Laure Buisson écrit dans son livre, Femmes Combattantes, que dès le premier jour de son engagement, les services secrets britanniques ont repéré Noor, observé ses progrès fulgurants dans les transmissions et décidé d’en faire un agent secret. Le très confidentiel Special Operations Executive compte bien la sortir de la Royal Air Force et l’envoyer en mission en France.

    Statue de Noor à Gordon Square, Londres/ Crédits Jeff Blackler / Rex Fea/REX/SIPA

    En octobre 1942, elle est convoquée à l’hôtel Victoria à Londres, où on lui propose d’intégrer les services clandestins en France. Elle devra suivre une formation d’agent de terrain. Noor accepte. On lui précise que c’est la première fois qu’une femme pourrait être formée pour cette mission, qu’elle n’a qu’une chance sur trois de revenir, et que la durée de vie moyenne d’un opérateur radio est de six semaines. Noor ne veut rien entendre, elle est déterminée à suivre cette voie.

    Commence alors l’entraînement le plus intense pour la princesse indienne, une formation rude au sein des services secrets britanniques. On lui donne une nouvelle identité, un nouveau passé, une nouvelle histoire. Elle s’appellera désormais Jeanne-Marie Régnier, nourrice de profession, et son nom d’agent sera Madeleine. Elle reçoit une dernière formation intense de transmission, où elle impressionne par sa rapidité.

    Elle travaille pour le réseau Prosper, l’un des plus grands de France

    Au soir du 16 juin 1943, Noor monte dans l’avion qui va la conduire dans la France occupée. Les choses sérieuses commencent. Au petit matin du 17 juin 1943, nous sommes au-dessus d’Angers. L’avion de Noor entame sa descente. Au milieu d’un champ, des résistants s’agitent. Des lampes de poche balisent le terrain. Un homme jaillit d’une haie et envoie un code en morse avec sa torche. L’avion atterrit. Les passagers descendent et laissent leur place à des agents qui rentrent à Londres. Deux résistants tendent un vélo à Noor en lui indiquant la direction de la gare la plus proche, où elle prendra le premier train pour Paris.

    Elle arrive à la gare Montparnasse en début d’après-midi et se rend rue Erlanger, où elle doit recevoir sa feuille de route. Henri Garry, un résistant français, l’attend. Ils vont travailler ensemble pour le réseau Prosper, l’un des plus grands de France, qui s’étend à tout l’Ouest du pays. Leur mission : préparer un débarquement allié. Noor devra passer son temps entre Le Mans et Paris pour gérer les transmissions avec Londres et les services de la France Libre.

    Londres lui ordonne de ne pas bouger, malgré les risques

    Mais la théorie ne correspond jamais à la pratique. Un agent double, infiltré parmi les résistants en Sarthe, accumule les noms et les adresses de ses comparses parisiens et s’apprête à les livrer à la Gestapo. Moins d’une semaine après l’arrivée de Noor à Paris, les Allemands lancent un vaste coup de filet au sein du réseau. Elle passe entre les mailles du filet et conserve sa radio.

    Anthony Cave-Brown écrit dans La Guerre Secrète : « Noor arrivait à Paris à un très mauvais moment, le réseau Prosper s’étant effondré. Il lui fallait trouver un nouveau logement, mais elle garda son poste émetteur au même endroit. » Elle apprend par Henri Garry l’arrestation des lieutenants du réseau et signale à Londres l’ampleur du désastre. On lui ordonne de ne pas bouger.

    Mais son inexpérience et son insouciance reprennent vite le dessus. Avec une écharpe bleu marine autour de la tête, accentuant sa physionomie indienne, elle effectue un « pèlerinage sentimental » à son ancien appartement des années 30 et rend visite à des amis en cours de route. Elle parvient ainsi à reprendre contact avec d’autres agents. Il faut tout recréer. Noor est la dernière opératrice radio du réseau à Paris, sa présence est donc essentielle.

    Rester en France, c’est signer son arrêt de mort

    Pendant ce temps, les Allemands poursuivent les arrestations. Lors d’un coup de filet dans un appartement parisien, ils réquisitionnent une radio et un carnet permettant de déchiffrer et d’envoyer des messages à Londres en se faisant passer pour le réseau de Résistance. Ils peuvent ainsi passer des commandes de livraison d’armes et même se faire envoyer de nouveaux agents, qui sont aussitôt arrêtés. Noor ignore tout cela.

    À la fin du mois de juillet, on lui propose de rentrer à Londres. Elle refuse et veut poursuivre sa mission. On lui indique que ses chances de survie sont minimes, que rester en France, c’est signer son arrêt de mort. Voici sa réponse : « Je ne suis pas venue en France pour capituler. Je reste ici à Paris, où ma présence est vitale pour les opposants à l’occupant nazi. »

    Il faut refonder le réseau Prosper. Nour et les quelques résistants encore en liberté doivent tout modifier, les planques, les méthodes, en communication avec Londres, où se trouve le siège de la France Libre. Noor est une pièce centrale du dispositif. Tous les membres restants sont traqués. Elle doit chercher une planque avec un jardin pour pouvoir déployer une antenne de 15 mètres et faire fonctionner sa radio. À Londres, le chef du Special Operations Executive écrit : « Son poste est actuellement le plus important et le plus dangereux en France. » Elle sait qu’elle est en grand danger.

    Il faut élire le successeur de Jean Moulin

    Tous les jours, des résistants du réseau se font arrêter. Londres demande à Noor de communiquer avec le moins de personnes possible. Les Allemands ont trouvé dans un appartement des hommes en train de préparer de faux papiers avec les photos des résistants. La Gestapo a le portrait de la quasi-totalité des membres du réseau. Noor doit se teindre les cheveux toutes les semaines, parfois bouclés, parfois lisses. Elle parcourt la capitale avec sa valise de 15 kilos contenant la radio.

    Fin août 1943, toujours très isolée, elle accomplit un travail normalement dévolu à six opérateurs. Ses compétences ne servent plus seulement le renseignement anglais, mais également la résistance gaulliste. Le 30 août, dans l’arrière-cuisine d’un appartement du 8e arrondissement, à deux pas du pont de l’Alma, elle assiste à une réunion aussi cruciale que secrète du Conseil national de la Résistance. L’enjeu : élire le successeur de Jean Moulin, arrêté par la Gestapo à Caluire. À Londres, le général de Gaulle et ses compagnons attendent l’issue du vote. C’est Noor qui, depuis l’arrière-cuisine, leur envoie la nouvelle : Georges Bidault prendra désormais la tête des opérations.

    Noor obtient par hasard l’aide d’un Allemand pour installer une antenne radio

    Un jour de septembre, elle doit installer son antenne pour écouter la BBC à 19h30 et 21h15, les heures de diffusion des codes pour la Résistance. Mais ce soir-là, elle n’a pas eu le temps de trouver un nouveau lieu d’écoute. Elle décide d’écouter la radio depuis son studio de Neuilly et jette sa longue antenne sur les arbres en face de la fenêtre. Elle attend. Soudain, elle perçoit des bruits, une voix à l’accent allemand : « Vous voulez de l’aide, Mademoiselle ? » Elle est pétrifiée. Elle regarde en dessous de son balcon et voit un soldat allemand. Poliment, elle accepte son aide en disant qu’elle souhaite capter la musique. L’Allemand, naïf, monte et l’aide à installer son antenne.

    A lire aussi

    Alois Hudal, évêque et nazi : les exfiltrations mystérieuses du Vatican

     

     

    Elle travaille jour et nuit, la fatigue se lit sur son visage. Mais son travail est essentiel. Au début d’octobre 1943, cela fait trois mois et demi qu’elle assure seule la liaison en région parisienne. Elle ignore qu’elle échappe de peu à plusieurs rafles allemandes. Londres la prévient que sa mission prendra fin le 14 octobre. Cette fois, elle ne pourra pas refuser. Elle devra être exfiltrée. Mais elle voudrait poursuivre sa mission jusqu’au bout.

    Noor est arrêtée dans son appartement de Neuilly

    Le 13 octobre 1943, à un jour de son exfiltration, elle est arrêtée alors qu’elle rentre à son appartement. La Gestapo était à ses trousses. Elle est interrogée violemment, internée dans les cellules de la Gestapo pendant près d’un mois. Elle tente de s’évader à deux reprises, mais des agents la reconnaissent, la rattrapent et la remettent au cachot.

    À la fin du mois de novembre 1943, estimant qu’ils ne pourront rien obtenir d’elle, les Allemands la transfèrent à la prison de Pforzheim, dans le Bade-Wurtemberg, où elle restera enfermée pendant dix mois. En octobre 1944, alors que l’Europe est en train d’être libérée, Nour est transférée à Dachau. Dans son dossier, on précise que cette prisonnière particulièrement dangereuse doit être traitée selon le règlement « Nuit et Brouillard ». Elle arrive à Dachau le 12 septembre 1944.

    Le lendemain, le mercredi 13, elle est passée à tabac, au point que l’officier SS qui la bat est lui-même épuisé. Il sort alors son revolver et lui demande de prononcer un dernier mot. Ce sera « Liberté ».

    Franck Ferrand

     

    Retrouvez Le meilleur de Franck Ferrand raconte

    Fritz Lang : Soupçonné d’un crime, le cinéaste était obsédé par le mal et la culpabilité

    La Belle Otero, idole de la Belle Epoque : courtisée par les plus grands, elle a fini ses jours dans la solitude

    Viktor Korchnoï, le dissident soviétique qui a transformé les échecs en arme politique

    RÉCIT – « L’ange de la Cordillère des Andes », l’aviateur Guillaumet a lutté sans relâche pour survivre

    Cet article RÉCIT – La princesse Noor contre les nazis : une jeune indienne musulmane a été un des piliers de la Résistance parisienne est apparu en premier sur Radio Classique.

    0 min
  • Apprendre la musique classique : Les secrets des instruments révélés par l’Ensemble Intercontemporain

    L’ensemble Intercontemporain a lancé un site internet inédit qui répertorie les principaux « modes de jeu » d’instruments sélectionnés et présentés par les solistes eux-mêmes au moyen de vidéos explicatives.

    Quelles sont les capacités de sons d’une trompette, d’un hautbois, d’une harpe… ? Les possibilités d’un instrument pour imaginer de nouvelles sonorités sont beaucoup plus étendues qu’on ne le pense. À cet effet, l’Ensemble Intercontemporain (EIC) a développé un site internet, modesdejeu-intercontemporain.com, véritable outil multimédia qui s’adresse à tous les musiciens désirant découvrir la large étendue des modes de jeu, pour les intégrer à leur composition ou en perfectionner la pratique.

     

    C’est grâce aux techniques particulières des solistes de l’Ensemble intercontemporain, qu’ils continuent de développer au contact des compositeurs et des compositrices d’aujourd’hui, que ces « tutos » sont désormais accessibles à tous. Les modes de jeu de huit instruments sont déjà proposés : flûte, hautbois, clarinette, basson, trompette, trombone, harpe, alto et bientôt le cor. Une liste qui n’a pas pour but d’être exhaustive et sera enrichie au fur et à mesure.

    Pour tout savoir sur le potentiel multiphonique des instruments

    Concrètement, pour la flûte traversière par exemple, les deux flûtistes de l’EIC, Sophie Cherrier et Emmanuelle Ophèle, à travers sept vidéos sous-titrées en anglais, détaillent notamment quelles sont les modulations de leur instrument, ses timbres, ses tons, les sons percussifs qu’il peut émettre et son potentiel multiphonique. À chaque fois énoncé de manière didactique et illustré par des exemples sonores explicites.

    A lire aussi

    Qui est Marcin, le phénomène de la guitare classique qui joue aussi bien Bach que Nirvana ?

     

     

    Fruit de nombreuses heures de tournage avec les solistes de l’EIC, qui ont eux-mêmes recensé, sélectionné et illustré les modes de jeu par des extraits d’œuvres du répertoire contemporain, cette base de données vise à offrir aux musiciens une large connaissance des possibilités techniques actuelles, ainsi qu’une notation idéale, standardisée, pour chaque mode de jeu.

    Philippe Gault

    Retrouvez l’actualité du Classique

    Gaza : Le jeune pianiste de jazz Alon Ohel fait partie des 20 otages survivants libérés lundi

    Palais Garnier : L’Opéra de Paris et la Bibliothèque nationale de France consacrent une exposition aux 150 ans d’un théâtre mythique

    Prix Nobel de littérature : Un roman de László Krasznahorkai a inspiré deux opéras

    Mort de John Lodge, le chanteur des Moody Blues, initiateurs du rock symphonique avec leur tube « Nights in White Satin »

    Cet article Apprendre la musique classique : Les secrets des instruments révélés par l’Ensemble Intercontemporain est apparu en premier sur Radio Classique.

    0 min
  • Camille Pépin, compositrice qui joue avec la lumière

    Alors que sa nouvelle œuvre orchestrale, « la nuit n’est jamais complète », sera créée le 23 octobre au Grand Théâtre de Provence sous la direction de Renaud Capuçon, Camille Pépin sera, ce mardi 14 octobre à 20h, l’invitée du Journal du Classique.

    Après avoir créé son concerto pour violon il y a deux ans, Renaud Capuçon dirigera le 23 octobre au Grand Théâtre de Provence une nouvelle œuvre de Camille Pépin, symphonique cette fois-ci, inspirée également par un poème de Paul Eluard. « La nuit n’est jamais complète », tel est le nom de cette pièce qui forme ainsi avec le concerto « un cycle porteur d’un message commun : la possibilité d’une lumière au cœur de la nuit » nous dit la compositrice.

    Camille Pepin nous présentera cette nouvelle composition qui, comme la plupart de ses œuvres, est traversée par la lumière, élément essentiel de son langage, avec lequel elle parvient à créer de fascinantes textures sonores. En témoignent également son Cycle de l’Eau composé pour le corniste Alexandre Collard et le pianiste Nicolas Royez ainsi que son triptyque « Avant, pendant et pourtant » pour les Percussions de Strasbourg. Deux œuvres qui viennent de faire l’objet de publications discographiques.

    Laure Mézan

    Retrouvez le journal du classique du lundi au vendredi à 20h

    Retrouvez l’actualité du Classique

    Palais Garnier : L’Opéra de Paris et la Bibliothèque nationale de France consacrent une exposition aux 150 ans d’un théâtre mythique

    Prix Nobel de littérature : Un roman de László Krasznahorkai a inspiré deux opéras

    Mort de John Lodge, le chanteur des Moody Blues, initiateurs du rock symphonique avec leur tube « Nights in White Satin »

    Musique classique : Des morceaux inédits d’Henry Purcell découverts en Angleterre

    Cet article Camille Pépin, compositrice qui joue avec la lumière est apparu en premier sur Radio Classique.

    0 min
  • Gaza : Le jeune pianiste de jazz Alon Ohel fait partie des 20 otages survivants libérés lundi

    Après deux ans de détention, le pianiste de jazz Alon Ohel a été remis aux autorités israéliennes avec les 19 autres otages vivants libérés par le Hamas. Selon sa famille, le jeune musicien a pu enfin remettre les mains sur un piano mais souffre d’une altération de la vision d’un œil.

    En septembre dernier, la famille d’Alon Ohel avait repris espoir après la diffusion d’une vidéo dans laquelle le jeune homme de 24 ans s’adressait à Benyamin Netanyahou, l’exhortant à obtenir la libération de tous les otages encore détenus à Gaza. Un signe de vie qui s’est transformé en heureuse réalité ce lundi lorsque ses proches ont appris qu’il faisait partie des vingt otages vivants libérés dans le cadre de l’accord de paix conclu entre le Hamas et Israël.

    Alon Ohel before and after. Gazan terrorists severely damaged his eyesight and starved him.

    I’m so glad he’s home hopefully now the healing can start. Prayers to him and his family pic.twitter.com/n9B3rdR4Bv

    — Kosher (@koshercockney) October 13, 2025

    Pianiste de jazz d’origine serbe, Alon Ohel devait commencer à l’automne 2023 des études de musique dans une école du kibboutz de Rimon (Basse Galilée) près de Lavon où il réside. Mais le 7 octobre, alors qu’il assistait au festival de musique Supernova à Re’im près de la bande de Gaza, le jeune homme a été fait prisonnier lors de l’attaque terroriste du Hamas.

    Martha Argerich avait dédié un de ses récitals à Alon Ohel

    Pendant toute la durée de sa trop longue détention, Alon Ohel a pu compter sur le soutien indéfectible de sa famille, de ses proches et de la communauté des musiciens. Sa maman est ainsi venue régulièrement avec son petit piano jaune sur la place des otages de Tel Aviv et c’est à l’initiative de son frère Ronen, lui aussi musicien, que le célèbre contrebassiste et compositeur de jazz israélien Avishai Cohen est venu enregistrer au domicile de la famille une chanson inédite Shuvi Elay (Reviens-moi) dédiée à Alon Ohel.

    A lire aussi

    Gaza : Un chef d’orchestre israélien, militant pacifiste, arrêté à la frontière

     

    De grands noms de la musique classique se sont également émus de sa situation. Ce fut encore le cas cette année au mois de mars à Tel-Aviv lorsque la pianiste Martha Argerich décida de lui dédier un des récitals qu’elle donnait avec le baryton Matthias Goerne sous la direction du chef d’orchestre israélien Lahav Shani.

    President and First Lady Herzog speak with Alon Ohel upon his return from Hamas captivity.

    *”The piano at the President’s Residence is waiting for you!”

    (Alon Ohel is a pianist whose piano became the symbol of his captivity.) pic.twitter.com/IYHUb1tCmH

    — Jennifer Griffin (@JenGriffinFNC) October 13, 2025

    Interviewée par la chaine de télévision Channel 12, sa maman a confié que, peu après sa libération lundi et alors qu’il était pris en charge à l’hôpital Beilinson à Tel Aviv (notamment pour une sévère altération de la vision de son œil droit), Alon Ohel a joué quelques notes sur le piano installé dans sa chambre. Les premières après 727 jours sans toucher un clavier.

    Philippe Gault

    Retrouvez l’actualité du Classique

    Palais Garnier : L’Opéra de Paris et la Bibliothèque nationale de France consacrent une exposition aux 150 ans d’un théâtre mythique

    Prix Nobel de littérature : Un roman de László Krasznahorkai a inspiré deux opéras

    Mort de John Lodge, le chanteur des Moody Blues, initiateurs du rock symphonique avec leur tube « Nights in White Satin »

    Musique classique : Des morceaux inédits d’Henry Purcell découverts en Angleterre

    Cet article Gaza : Le jeune pianiste de jazz Alon Ohel fait partie des 20 otages survivants libérés lundi est apparu en premier sur Radio Classique.

    0 min
  • Journée spéciale dédiée à la saison musicale des Invalides 2025-2026 sur Radio Classique
    Ce jeudi 16 octobre, Radio Classique consacre sa journée au lancement de la nouvelle saison musicale des Invalides, véritable invitation au voyage.

    La 32ᵉ Saison Musicale, soutenue par son grand mécène le CIC, vous convie à un voyage exceptionnel au cœur du prestigieux site des Invalides. De talentueux artistes, animés par la passion, vous offriront des instants rares où la musique dialogue avec l’Histoire.

    Dans la continuité de la précédente, cette saison s’articulera autour de 40 concerts et deux grands cycles en résonance avec les expositions du Musée : À armes égales ? et Tout un monde lointain.

    Le premier cycle met à l’honneur les femmes qui ont su s’imposer et faire reconnaître leur talent, ces compositrices et interprètes qui, sortant de la sphère privée, ont affirmé la pleine mesure de leurs compétences. Ce programme rend également hommage au 80ᵉ anniversaire des élections du 21 octobre 1945, qui virent pour la première fois 33 femmes élues députées aux côtés de leurs homologues masculins : À armes égales ?

    En prélude à l’exposition du printemps 2026 consacrée aux explorations militaires, le cycle Tout un monde lointain, inspiré par l’œuvre d’Henri Dutilleux, mettra en lumière de grandes figures de la musique classique. Il explorera l’aspiration au voyage et la quête d’un ailleurs, invitant à des escales musicales telles que L’Égyptien de Saint-Saëns ou Shéhérazade de Ravel.

    La saison musicale est organisée avec le généreux soutien du grand mécène le CIC. 

     

    Le programme de votre Journée Spéciale Invalides sur Radio Classique : 

    Ce jeudi 16 octobre 2025, Radio Classique vous propose de découvrir les temps forts de cette nouvelle saison musicale aux Invalides au fil d’une programmation musicale spécialement dédiée et de rencontres à réécouter ci-dessous, avant la diffusion en direct du concert inaugural à la Cathédrale Saint-Louis des Invalides :

     

    10H : Sylvie Leluc

    Sylvie Leluc est la directrice de la conservation au musée de l’Armée.

    Comme chaque année, la Saison Musicale des Invalides s’appuie sur le patrimoine dont dispose le musée de l’Armée et c’est ce qui fait sa particularité. La 32e saison musicale des Invalides, c’est 38 concerts tout au long de l’année.

    https://www.radioclassique.fr/wp-content/uploads/2025/10/js_invalides_sylvieleluc-esv2-90p-bg-10p.wav

     

    12H : Franck Moulai

    Franck Moulai est le directeur du développement et des publics du musée de l’Armée.

    L’attractivité de la saison musicale des Invalides en termes de tarifs, c’est une priorité pour le musée.

    https://www.radioclassique.fr/wp-content/uploads/2025/10/js_invalides_franckmoulai-esv2-90p-bg-10p.wav

     

    14H : Guillaume Lecoester

    Guillaume Lecoester est le directeur artistique de la saison musicale des Invalides.

    Il détaille une programmation particulièrement riche et dense. Le dernier concert de la saison aura lieu le 15 juin : « Pérégrinations instrumentales », avec des œuvres de Beethoven, Moussorgski et Dvorak.

    https://www.radioclassique.fr/wp-content/uploads/2025/10/js_invalides_guillaumelecoester-esv2-90p-bg-10p.wav

     

    16H : Claire Gibault

    En ouverture de la saison musicale des Invalides, retrouvez ce soir le concert du Paris Mozart Orchestra, dirigé par Claire Gibault. Il s’intitule « Fraternita », un terme qui résonne aux oreilles de la chef d’orchestre.

    https://www.radioclassique.fr/wp-content/uploads/2025/10/js_invalides_clairegibault-esv2-90p-bg-10p.wav

     

    20H : Concert inaugural –  Paris Mozart Orchestra

    Fraternita , le concert inaugural de la saison musicale des Invalides, est retransmis en direct à 20h sur l’antenne de Radio Classique.

    L’interview croisée du Général Gravêthe, directeur du Musée de l’Armée, et de Daniel Baal, président du CIC, sera diffusée avant la retransmission du concert. 

    https://www.radioclassique.fr/wp-content/uploads/2025/10/itw-invalides-gravethe-baal.mp3

     

    Programme :

    • Mozart, Symphonie concertante en mi bémol majeur, pour hautbois, clarinette, cor, basson et orchestre
    • Mozart, Symphonie en mi bémol majeur, pour violon, alto et orchestre
    • Plateau artistique : 

      • Claire Gibault, direction 
      • Eric Lacrouts, violon
      • Benjamin Lévy, alto 
      • Guillaume Pierlot, hautbois
      • Carjez Gerretsen, clarinette 
      • Camille Lebréquier, cor
      • Médéric Debacq, basson
      • Radio Classique, partenaire de la Saison Musicales des Invalides 2025-2026, captera et diffusera sur son antenne une sélection de concerts de cette saison.

         

        Plus d’informations sur www.musee-armee.fr

        Cet article Journée spéciale dédiée à la saison musicale des Invalides 2025-2026 sur Radio Classique est apparu en premier sur Radio Classique.

        1 min

      About Radio Classique

      From the publisher's feed

      Radioclassique.fr est le site de votre Radio préférée. Écoutez le direct, retrouvez un morceau, téléchargez les podcasts et suivez toute l'actualité du classique