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Dans le cadre des soirées dominicales consacrées aux grands compositeurs, Radio Classique vous donne rendez-vous avec les plus grandes œuvres de Berlioz, et celles des compositeurs qui l’ont inspiré ou qu’il a inspiré.
C’est ainsi que vous pourrez entendre des extraits orchestraux de La Damnation de Faust, notamment la célèbre Marche hongroise, par l’Orchestre de Philadelphie dirigé par Charles Munch, le Scherzo de la reine Mab de Roméo et Juliette par l’Orchestre Philharmonique de Vienne placé sous la direction de Sir Colin Davis, La Villanelle et Le Spectre de la rose des Nuits d’été par Régine Crespin avec l’Orchestre de la Suisse Romande dirigé par Ernest Ansermet et bien sûr la Symphonie fantastique dans l’interprétation de l’Orchestre Symphonique de Boston sous la direction de Seiji Ozawa.
Au programme également le Concerto pour piano n°1 de Liszt, Une Nuit sur le Mont-Chauve de Moussorgski, Iphigénie en Tauride de Gluck et la Symphonie n°3 « Héroïque » de Beethoven. Cette soirée sera présentée par Jean-Michel Dhuez.
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Des partitions inédites d’Henry Purcell, une mélodie et des compositions pour clavier, ont été découvertes par des équipes de musicologues en Angleterre, 330 ans après la mort du grand compositeur de musique baroque.
Un an après la découverte des partitions inédites d’une valse de Frédéric Chopin et d’un trio à cordes de Wolfgang Amadeus Mozart, ce sont celles d’œuvres d’Henry Purcell que viennent de trouver une équipe de musicologues britanniques, plus de trois siècles après la mort à 36 ans en 1695 du grand compositeur anglais de musique baroque.
Dans le cadre de leurs recherches, ces équipes, qui réunissent des spécialistes de l’Université de Londres et de celle de Newcastle, ont ainsi exhumé la partition imprimée d’une chanson d’Henry Purcell jusqu’alors inconnue, ainsi que le manuscrit original de diverses compositions pour clavier, en partie écrites par le compositeur lui-même.
La partition de la chanson retrouvée dans les archives juridiques du comté de Worcestershire porte le titre de Dès que le jour commença à poindre. Elle aurait été créée pour la pièce Love for Money (L’Amour de l’Argent), écrite en 1691 par Thomas D’Urfey, collaborateur régulier d’Henry Purcell. Bien qu’incomplet, le morceau a été reconstitué par Alan Howard, président de la Purcell Society et professeur associé de musique au Selwyn College de Cambridge.
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Le manuscrit pour clavier, découvert dans le Norfolk, contient une dizaine de pièces signées Henry Purcell et John Blow. Trois d’entre elles ont été certifiées de la main du compositeur londonien, avec sa signature, et comprennent des versions anciennes de sa suite en sol mineur. Ce manuscrit pour clavier sera présenté par la station de radio BBC 3, dans le cadre de l’émission « The Song Detectorists », diffusée le 24 octobre.
If you were looking for a lost composition by England’s leading 17th-century composer, where would you start? Tucked among legal warrants? Within an index to town council records? That’s where two pieces by Henry Purcell recently surfaced. Turn every page! https://t.co/8BC15jErzd
— Manuscript Society (@ManuscriptSoc) October 8, 2025
Pour Stephen Rose, le professeur de musique de l’université de Londres qui dirige ces recherches interrogé par le Guardian : « Ces deux découvertes apportent un éclairage précieux sur le type de musique que Purcell composait durant les cinq dernières années de sa courte vie ».
Philippe Gault
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C’est le 21 septembre dernier que l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo faisait sa rentrée sous la direction de Kazuki Yamada.
Invité de ce concert le violoncelliste espagnol a interprété Don Quichotte de Richard Strauss, l’une des plus belles œuvres concertantes jamais écrite pour le violoncelle. Créée en 1898, elle est inspirée du roman éponyme de Cervantès, l’instrument soliste jouant le rôle de Don Quichotte. Camille Saint-Saëns était par ailleurs à l’honneur avec deux œuvres : le poème symphonique Phaéton et la rare Symphonie n°1, composée en 1853 à l’âge de dix-huit ans. Cette soirée sera présentée par Laure Mézan.
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A l’occasion de la nouvelle production du Cendrillon de Rossini donnée à partir de samedi à l’Opéra Royal de Versailles, Gaëtan Jarry et Gaëlle Arquez seront, ce vendredi 10 octobre à 20h, les invités du Journal du Classique.
C’est samedi, le 11 octobre, que débutera la nouvelle saison lyrique de l’Opéra royal du Château de Versailles avec une production du Cendrillon de Rossini, dans une version française, dirigée par Gaëtan Jarry et avec Gaëlle Arquez dans le rôle-titre. Ils seront, tous les deux, à notre micro ce soir pour nous éclairer sur ce spectacle particulièrement pétillant mis en scène par Julien Lubeck et Cécile Roussat, à découvrir jusqu’au 18 octobre.
Gaëlle arquez fait, à cette occasion, son grand retour à l’Opéra Royal où elle reviendra en novembre pour y faire ses débuts dans le Didon et Enée de Purcell. Gaëtan Jarry est, lui, un habitué du château où il dirigera, cette saison encore, de multiples programmes à la tête de l’orchestre de l’Opéra Royal ou de son ensemble Marguerite Louise.
Laure Mézan
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Alors que les incursions de drones russes se multiplient dans l’espace aérien européen, le conflit entre Moscou et l’Occident semble s’enliser dans une guerre hybride. Invité de la matinale, Pierre Lévy, ancien ambassadeur de France en Russie, de 2020 à 2024, et auteur d’Au cœur de la Russie en guerre (Tallandier), raconte les dessous des relations franco-russes depuis l’invasion de l’Ukraine.
Selon Pierre Lévy, le Kremlin reste déterminé à poursuivre son offensive : « le président Poutine l’a répété début octobre : les objectifs seront atteints. » Mais pour l’ancien diplomate, cette obstination traduit surtout un mauvais calcul de sa part. « Vladimir Poutine a fait une erreur historique majeure : il pouvait très bien vivre avec la situation telle qu’elle était auparavant. Il avait des moyens d’affaiblir Volodymyr Zelensky, et il a pensé que tout serait réglé comme lors de la prise de la Crimée en 2014. » Pierre Lévy considère que même si le conflit s’interrompt un jour, « la guerre [en Ukraine] se poursuivra et si la guerre s’arrête, la confrontation avec l’Occident, elle, se poursuivra parce qu’il y a des consubstantiels aux régimes de Vladimir Poutine. »
L’invité de David Abiker soulève également le fait que Donald Trump s’attribue le rôle de médiateur et a tendance à « considérer que la guerre actuelle est celle de Joe Biden, et que s’il avait été là il n’y aurait pas eu ce conflit. » De plus, il accuse les Européens d’être des « fauteurs de guerre tandis que lui veut la paix… On voit bien que c’est une sorte d’« égonomie », c’est-à-dire gérer son égo pour éviter un changement de pied de sa part. Mais la Russie maintient son cap. »
Le soutien affiché de la France à l’Ukraine a rapidement tendu les relations bilatérales. « La France a été déclarée, comme les autres pays européens, d’« État inamical » en 2022 », rappelle l’ancien ambassadeur. « Une quarantaine de mes collaborateurs ont été expulsés, ils étaient persona non grata. […] C’est la première fois que ça m’arrivait en plus de 40 ans de carrière et c’est un déchirement. » Une situation inédite depuis la fin de la guerre froide. Ces tensions se sont doublées d’un climat de grande pression psychologique.
Pierre Lévy évoque notamment les heures d’incertitude lors de la rébellion du groupe Wagner : « Je ne suis pas un grand courageux, mais c’est une pression mentale très forte. Par exemple, quand il y a eu le coup de force de Prigojine, on voyait la société militaire privée Wagner progresser vers Moscou et nous nous mettions en ordre à l’ambassade de manière à pouvoir répondre à toute situation, s’ils arrivaient le soir à Moscou. »
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Dans la Russie d’aujourd’hui, la population vit entre adhésion et résignation. « À peu près 15 % des Russes sont vraiment contre la guerre, 15 % sont des ultranationalistes qui veulent aller jusqu’au bout, et la grande majorité de la population est soumise à une propagande effrénée, persuadée que c’est l’OTAN qui attaque. » Pierre Lévy décrit un pays où la peur s’est installée, jusqu’aux détails du quotidien : « à un moment je prenais beaucoup les taxis et je me suis aperçu, soudainement, que les taxis ne parlaient plus. Quand un chauffeur ne parle plus, c’est un indice de l’ambiance générale. » Pourtant, il remarque « qu’une part croissante de la population veut une négociation de paix mais sans doute selon les conditions russes. »
Daphnée Cataldo
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E.F : Denis Olivennes, bonjour.
Vous êtes chef d’entreprise, actuel président d’Editis, et c’est dans la collection phare d’une de vos maisons, Plon, que vous publiez aujourd’hui le Dictionnaire amoureux des Juifs de France.
Dans le contexte triste que nous vivons, où il y a tant de drames, tant d’amalgames, tant de crispations, écrire un tel livre n’a évidemment rien d’anodin. Qu’est-ce que vous vouliez montrer ?
D.O : J’ai été frappé après le 7 octobre, dans les débats auxquels j’ai assisté quand on a commencé à parler de la montée de l’antisémitisme, de l’ignorance complète dans laquelle nous étions, nous Français, Juifs ou non-Juifs d’ailleurs, de la très longue et très incroyable histoire qui réunit la France et les Juifs. Il y a des Juifs sur le sol de ce qui allait devenir la France depuis 2000 ans. Et au cours de ces 2000 ans, il y a eu bien sûr des moments difficiles, mais il y a eu surtout des moments incroyables d’intégration, d’humanisme et de tolérance ! Et j’ai voulu raconter ça, non pas de manière académique, mais en faisant des portraits. Une centaine de portraits de Juifs, de gens issus de familles Juives – comme Montaigne, Proust ou d’autres -, ou même de chrétiens qui se sont particulièrement intéressés aux Juifs pour les défendre : d’Abélard à Sartre, en passant par Pascal, Racine et tant d’autres. Donc c’est une traversée de l’Histoire de France, de l’humanisme français, à travers son rapport avec les Juifs.
E.F : Vous avez choisi comme première phrase, une phrase de Charles Péguy : « Si les antisémites connaissaient les Juifs, ils cesseraient de les détester. »
D.O : Oui, c’est ça. Je pense que la connaissance est un antidote à la bêtise, à la méchanceté et à l’ignorance. Charles Péguy qui était un immense ami des Juifs – alors qu’il était nationaliste et chrétien – l’a été précisément parce qu’il considérait que c’était l’essence même de l’identité française de créer une communauté nationale qui transcendait les particularismes et qui était accueillante pour eux.
E.F : Pour ces portraits, votre choix – la plupart du temps – s’est porté sur de grands hommes, de grands Juifs de France ou de grands Français juifs : des hommes et des femmes qui, par leur talent, se sont illustrés dans le domaine des arts, des lettres, de la science ou de l’industrie, et ont contribué à faire de la France ce qu’elle est et dont nous sommes si fiers.
D.O : Il y a des philosophes (Bergson), des écrivains, (Emmanuel Berl), des industriels (Citroën), des gens de cinéma (Oury), de la chanson (Barbara), ou même des vignerons théologiens comme Rachi. Et ce sont des personnages qui, bien sûr, se sont illustrés au service de la France, au service de l’industrie, de l’art, de la pensée, comme vous l’avez dit, mais qui ont continué de confesser leur religion particulière tout en célébrant l’amour de la France (puis, à partir de 1791, l’amour de la République), du modèle français et des libertés. En fait, ce livre, c’est un éloge de la France à travers des grands portraits.
Mais dans mon livre, il n’y a pas que des Juifs.
E.F : Il n’y a pas que des Juifs, et il n’y a pas non plus que des héros ! Il y a aussi des salauds. En fait vous avez voulu montrer que les Juifs sont des Français comme les autres. Il y a aussi des ordures. J’ai découvert par exemple – parce que je l’ignorais – qu’il y avait eu des Juifs collabos.
D.O : Bien sûr. Très peu quand on compare aux Juifs de la Résistance, qui étaient extrêmement nombreux, soit dans la Résistance juive, soit dans la Résistance non-juive. Contrairement à l’idée répandue qu’ils se seraient laissé abattre sans réagir, ce n’est pas vrai. Mais il y a eu aussi des salauds, bien sûr. Il y a eu des escrocs, il y a eu des gangsters, des traîtres, il y a eu des collabos. Je décris la figure de deux ou trois d’entre eux, dont deux qui sont incroyables. Le premier, Joseph Joanovici, est un personnage extraordinaire. Il était un ferrailleur analphabète qui, d’un côté a travaillé avec la milice, et de l’autre a soutenu la résistance. J’évoque aussi Maurice Sachs, écrivain aujourd’hui révéré par un petit groupe de gens, qui, alors qu’il était Juif, a lui aussi collaboré, et a fini d’ailleurs, de manière obscure, fusillé dans un cul de basse-fosse en Allemagne.
E.F : Vous expliquez ce que les Juifs ont fait pour la France, mais aussi ce que la France a apporté aux Juifs. C’est-à-dire beaucoup. Vous affirmez que la France n’est pas antisémite. Non. Au contraire, c’est un pays qui, par rapport aux autres nations, a été formidablement accueillant.
D.O : La France est le pays le moins antisémite du monde ! Dès avant la Révolution, parce qu’elle a quand même accueilli les Juifs depuis 2000 ans. Il y a des Juifs en Provence depuis le Ier siècle, en Alsace depuis le XIe, à Bordeaux depuis le XVIe. Mais à partir de la Révolution, c’est incroyable. En 1791, c’est la France qui est le premier pays du monde à reconnaître une pleine citoyenneté aux Juifs ! En 1848, c’est le premier pays au monde qui nomme des ministres Juifs dans son gouvernement. En 1870, elle confère la nationalité française aux Juifs indigènes d’Algérie. Pendant l’affaire Dreyfus, des Français – Zola, Péguy et tant d’autres comme Jaurès – se dressent pour défendre un capitaine Juif injustement accusé. En 1936, le premier président du conseil du monde qui soit Juif, c’est Léon Blum, etc. Et même pendant la période la plus terrible de notre histoire, c’est-à-dire, la collaboration, l’Occupation, l’extermination des Juifs entre 1940 et 1945, même dans cette période-là, 75% des Juifs de France ont été sauvés. Alors que partout ailleurs en Europe occupée, c’est 75%, 80%, 95% des Juifs qui ont été exterminés. Pourquoi ? Parce qu’il y a eu résistance, défense des Juifs. Et j’en suis la preuve vivante, parce que moi je ne suis là que parce que mon père a été caché dans un sanatorium de Chamonix par un médecin catholique et toute la petite équipe du sanatorium qui ont caché au péril de leur vie des enfants Juifs. Même cette période qu’on dit noire est un extraordinaire moment de résistance, de courage, de tolérance et d’humanisme français.
E.F : Dans la période que nous traversons, qui est une autre période noire puisqu’on assiste à une résurgence très forte de l’antisémitisme, qu’est-ce qu’on peut espérer de cette France pétrie de contradictions ? Cette France qui a produit Vichy comme la plus belle des résistances ?
D.O : Je crois que l’antisémitisme dont on parle aujourd’hui est très compartimenté et ne concerne qu’un segment très particulier de la population. Dans son écrasante majorité, les enquêtes d’opinion le montrent, la France n’est pas antisémite. Mais il y a un antisémitisme nouveau qui est lié à la question du Proche-Orient, qui est une question horriblement douloureuse. Je suis tout à fait conscient de l’extraordinaire difficulté de ce qui se passe à Gaza, des morts civils, etc. Donc, ce n’est pas une situation facile. Mais cela entraîne certains sur une pente qui est, en gros, l’équation suivante : tous les Juifs sont comptables d’Israël, tout Israël est comptable de son gouvernement et comme le gouvernement est génocidaire donc tous les Juifs sont génocidaires. Et du coup, il y a un nouvel antisémitisme antisioniste qui a la beauté d’être moral. C’est ce qu’avait remarqué Jankélévitch. Puisque ces Juifs se comportent si mal, on peut moralement être antisémite. Donc cette confusion, elle existe en France sur un segment très particulier de la population. Elle est très présente – ce sont les enquêtes d’opinion qui le disent – dans une partie de la communauté arabo-musulmane. Heureusement, la majorité de la communauté arabo-musulmane n’est pas antisémite ; mais il y a une fraction de cette communauté qui est beaucoup plus antisémite que la moyenne des Français. Et puis, elle est libérée, si j’ose dire, malheureusement, par la gauche. La gauche de la gauche, dont l’antisionisme militant libère les forces antisémites. Et ça, c’est nouveau, parce que la gauche, – la grande gauche démocratique, défenseuse des droits de l’homme, à partir de l’affaire Dreyfus, celle qui était devenue l’avocate des Juifs contre les antisémites, s’est transformée. Aujourd’hui, on assiste à un retournement, depuis une quinzaine d’années, qui est dramatique parce qu’il libère l. Donc il y a deux segments de la population qui sont les vecteurs de l’antisémitisme. Il faut qu’on éduque les premiers et qu’on combatte les seconds.
E.F : On comprend très bien à travers vos différentes entrées que la nature même de l’antisémitisme a changé. Pendant des siècles, le peuple Juif, s’il était mis au banc parfois, l’était en tant que peuple déicide. C’était plutôt un antisémitisme chrétien. Aujourd’hui ce n’est plus cela.
D.O : Exactement. Même si (j’insiste dans le livre et j’en donne plein d’exemples – Abélard, le pape Clément et tant d’autres, comme Bernard de Clairvaux…), même s’il y a eu des chrétiens qui ont défendu les Juifs malgré l’antisémitisme et l’antijudaïsme chrétien. Mais c’est vrai. Historiquement, le premier antijudaïsme était l’antijudaïsme chrétien, le peuple déicide. Ensuite, il y a eu au XIXe siècle un antisémitisme socialiste : c’était les Juifs maîtres de l’argent. Il y a eu à la fin du XIXe, et au début du XXe siècle, l’antisémitisme proprement dit raciste, les Juifs race inférieure. De tout ça, on s’est débarrassé plus ou moins après la guerre. Et apparaît aujourd’hui un nouvel antisémitisme : l’antisémitisme antisioniste, qui, à propos de la question épineuse du Proche-Orient, condamne les Juifs au motif qu’ils seraient le peuple non plus déicide, mais le peuple génocidaire. Et c’est ce nouveau visage de l’antisémitisme qu’il faut combattre.
E.F : Est-ce que « les Juifs de France » sont dans l’obligation aujourd’hui d’avoir une opinion par rapport à Netanyahou ? Est-ce qu’il y a une espèce d’obligation d’union sacrée ?
D.O : Pas du tout. D’abord, j’ai appelé ça les Juifs de France parce que c’est plus euphonique pour la couverture. Mais littéralement, on devrait dire les Français juifs parce qu’ils sont d’abord Français. Ce que les historiens ont appelé le « franco-judaïsme » : cette façon si particulière d’être patriote et républicain, d’être Français avant d’être Juif. Et ça existe toujours. Mais il y a toutes les opinions. C’est pour ça que dire d’ailleurs les Juifs, c’est une blague. Ce sont des Juifs. J’essaie de montrer dans ce dictionnaire le caractère incroyablement composite de ce qu’on appelle improprement « la communauté juive ». Je montre les cinq origines différentes du judaïsme français, les différents rapports avec la religion, depuis les athées anticléricaux jusqu’aux orthodoxes, la différence des opinions politiques. Donc, je crois qu’il y a autant d’opinions que de Juifs, même si – et ça, c’est une expression d’Emmanuel Lévinas – les Juifs sont reliés à l’État d’Israël par le pacte d’Auschwitz. C’est-à-dire que les Juifs qui sont Français, qui n’ont pas d’autre patrie, qui n’iront jamais en Israël, qui ne se sentent pas Israéliens, se sentent tout de même solidaires d’une certaine manière de ce pays qui a offert aux victimes de l’Holocauste une patrie qu’ils avaient perdue.
E.F : A plusieurs reprises, vous parlez de personnalités qui se sentaient tellement Françaises, justement, qu’elles s’offusquaient de tout soupçon de double allégeance.
D.O : Oui, notamment au moment de 1967, lorsque le général de Gaulle a prononcé cette fameuse formule du « peuple sûr de lui et dominateur ». Je fais toute une entrée sur le général de Gaulle parce que j’essaie de démontrer que son rapport avec les Juifs était au contraire extrêmement aimable et positif, et même avec Israël, contrairement à ce qu’on a pu croire. Mais il y a eu toute une série de gens qui avaient été ses compagnons à Londres, Raymond Aron, René Cassin et tant d’autres qui étaient Juifs, qui l’avaient rejoint. On lui prête cette fameuse formule : « Quand je suis arrivé à Londres, j’attendais la France des cathédrales et j’ai eu celle des synagogues ». Je ne sais pas si elle n’est pas apocryphe. Mais bon, toute une série de Juifs ont été choqués parce qu’ils ont cru que le général de Gaulle les suspectait de double allégeance. C’est-à-dire d’être à la fois liés à la France et lié à l’État d’Israël. D’abord, il y a eu très peu de Juifs qui sont finalement partis vivre en Israël. La plupart des Juifs sont restés en France. La proportion de ceux qui sont partis est très faible. Et ensuite, les Juifs Français sont Français. Ça ne les empêche pas d’avoir un lien avec Israël, Aron disait, comme les catholiques ont un lien avec le Vatican. Ils ont un lien spirituel, ils ont un lien spirituel et sentimental avec l’État d’Israël, mais ils sont Français, d’abord Français.
E.F : Il y a énormément d’entrées, plus d’une centaine. Quand vous avez écrit, j’imagine que vous avez passé beaucoup de temps à vous documenter sur une question qui probablement ne vous occupait pas tant que ça pendant des années. Qui vous a le plus surpris ? Quel a été le portrait que vous avez préféré faire ?
D.O : Vous avez raison de dire que ça me concernait assez peu, finalement. Moi, je raconte que dans ma famille, on disait que le judaïsme, c’est comme les décorations, ça ne se demande pas, ça ne se refuse pas, et ça ne se porte pas. J’étais dans une famille non religieuse, patriote et républicaine, pas du tout communautaire. Donc, c’est vraiment le 7 octobre qui m’a réveillé, même si j’avais accumulé un certain nombre d’éléments que j’ai été retravailler depuis.
Il y a plein de portraits qui m’ont passionné, par exemple celui de Jules Isaac. Vous savez, c’était l’historien français, ami de Péguy et dreyfusiste, auteur du fameux manuel scolaire qui a servi de bréviaire à nos grands-parents, le Malet et Isaac. Frappé par le malheur pendant la guerre (il a perdu sa femme et sa fille), il a décidé au lendemain de la guerre d’une part de créer l’Amitié judéo-chrétienne de France et d’autre part, de combattre l’antijudaïsme de l’Église. Il a écrit plusieurs livres, il a été voir le pape, il est le moteur principal de Vatican II sur cette question, et de la rupture de l’Église avec ce qu’on a appelé « l’enseignement du mépris ». Il a donc joué un rôle décisif dans la conversion de l’Église à la lutte contre l’antisémitisme.
Il y a aussi le portrait de Bergson, le philosophe que j’ai adoré faire. Finalement, ce qui m’a le plus intéressé, ce sont les portraits de personnages qui sont Juifs et en même temps qui sont l’incarnation éminente de l’esprit français. Montaigne, d’origine juive, Bergson, dont Valéry a dit au moment de prononcer son éloge funèbre qu’il était le philosophe français par excellence. Des personnages qui sont la quintessence de l’esprit français. Cela montre cette ces noces profondes, cette adhésion profonde des Juifs à la France et surtout la capacité incroyable de notre pays – ce n’est pas seulement vrai des Juifs – à intégrer dans son creuset et à transformer les différences pour créer une communauté nationale.
E.F : Merci Denis Olivennes pour ce passionnant Dictionnaire amoureux des Juifs de France. Souhaitons effectivement qu’il accomplisse le travail que vous vouliez qu’il fasse, opposer l’ignorance à l’intelligence.
Le Dictionnaire amoureux des Juifs de France, en vente partout et sur radioclassique.fr
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Pensé par Louis XIV, construit sous Louis XV et inauguré en 1770 pour le mariage de Louis XIV et de Marie-Antoinette, l’Opéra Royal est un joyau du patrimoine français du XVIIIe siècle. Il accueille aujourd’hui plus de 130 représentations par an, avec parmi les temps forts de cette saison, pas moins de onze opéras mis en scène.
Fidèle à son histoire et à celle de Versailles, l’Opéra Royal place le répertoire baroque au cœur de sa programmation. Lully, compositeur fétiche du Roi-Soleil, y occupe une place d’honneur avec la reprise d’Atys dans la mise en scène d’Angelin Preljocaj ; Roland porté par Emiliano Gonzalez Toro et Mathilde Etienne, et Armide, par Vincent Dumestre, deux tragédies lyriques en version de concert ; ou encore le célèbre et indémodable Bourgeois gentilhomme dans la mise en scène de Denis Podalydès.
Côté opéras mis en scène, retrouvez aussi Didon et Énée de Purcell dans la mise en scène colorée et ludique de Cécile Roussat et Julien Lubek, Platée de Rameau revue par les burlesques Shirley et Dino, le passionné et virtuose Ariodante de Haendel par Nicolas Briançon, ou encore le fantasque Enlèvement du Sérail de Mozart par Michel Fau ; et les irrésistibles Cinesi de Gluck !
Le Château de Versailles est aussi dédié « À toutes les Gloires de la France », et le romantisme y a toute sa place : voici portés à la scène Cendrillon de Rossini, chantée en français, le mythique Faust de Gounod, la désopilante Vie parisienne d’Offenbach dans des costumes et une mise en scène de Christian Lacroix. Et pour les 150 ans du Festival de Bayreuth, voici la fin du fameux Ring de Wagner en concert avec la troupe du Théâtre National de la Sarre : Le Crépuscule des Dieux sous la direction de Sébastien Rouland.
L’Opéra Royal met en lumière les talents émergents à travers de nombreuses productions et récitals, où s’entremêlent toutes les générations d’artistes. Il forme la deuxième promotion de son Académie, notamment dans La Chasse du cerf de Morin ; et accueille le Jardin des Voix de William Christie pour Les Arts Florissants de Charpentier. Se succèdent ainsi sur la scène de l’Opéra Royal, les chanteurs Gaëlle Arquez, Juliette Mey, Sandrine Piau, Vannina Santoni, Mathias Vidal, Reinoud Van Mechelen, Max Emanuel Cenčić, Lea Desandre, Théo Imart, Julien Behr, Gwendoline Blondeel, Patrick Kabongo, Éléonore Pancrazi, Alex Rosen, Franco Fagioli… ; les chefs d’orchestre John Eliot Gardiner pour quatre concerts immanquables, Raphaël Pichon exaltant Brahms, Hervé Niquet brûlant le Te Deum de Charpentier.
Comme chaque saison, la Chapelle Royale propose deux thématiques sacrées chères à Versailles en concerts : « Noël à la Chapelle Royale » et la « Semaine Sainte à la Chapelle Royale », faisant résonner ce magnifique écrin de marbre avec les partitions des plus belles musiques sacrées, comme La Messe de Minuit de Charpentier, Le Messie de Haendel, les Passions de Bach ou encore les Leçons de Ténèbres de Couperin.
Acteur majeur de la saison musicale, l’Orchestre de l’Opéra Royal est à l’honneur dans son lieu de résidence avec plus de 25 productions pour plus de 57 représentations, sans compter les tournées en France et à l’étranger, souvent accompagné du Chœur de l’Opéra Royal, ils font rayonner ensemble la virtuosité de l’Opéra Royal du Château de Versailles, sous la direction de Gaétan Jarry, Stefan Plewniak, Laurent Campellone, Théotime Langlois de Swarte, Victor Jacob, Jean Baptiste Nicolas, Andrés Gabetta et Justin Taylor.
Réservations, informations
www.operaroyal-versailles.fr
01 30 83 78 89
Billetterie-boutique au 3 bis, rue des Réservoirs
Du lundi au vendredi de 11h à 18h
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Leningrad, hiver 1943. La ville est en ruines, assiégée, glacée… Dans les rues, un garçon de douze ans tente de survivre. Il s’appelle Viktor Korchnoï. Rien ne le destinait à devenir l’un des plus grands joueurs d’échecs de tous les temps, ni l’un des plus célèbres transfuges du bloc soviétique.
Très tôt, le jeune Viktor se découvre un talent exceptionnel pour le jeu d’échecs. Repéré par le système soviétique, il gravit les échelons à toute vitesse. Mais derrière les médailles et la gloire se cache une mécanique implacable : manipulations, favoritismes, chantages politiques… Korchnoï comprend vite qu’au sein de la Fédération soviétique, les échecs ne sont pas seulement un sport, mais une arme au service du régime.
Dans un monde où chaque déplacement est surveillé, où le KGB s’invite jusque dans les tournois, Korchnoï refuse de se plier aux règles du jeu. Trop libre, trop critique, il devient un homme à surveiller. Son franc-parler, son amitié avec l’Américain Bobby Fischer et ses refus répétés d’obéir aux injonctions du Parti communiste attirent la méfiance des autorités.
Lorsqu’en 1974, le jeune Anatoli Karpov, docile et idéologiquement fiable, est préféré à lui pour représenter l’URSS, Korchnoï comprend qu’il n’aura plus d’avenir dans son propre pays.
Deux ans plus tard, en plein tournoi à Amsterdam, Korchnoï saisit sa chance : il quitte la salle de jeu, se rend au commissariat le plus proche et demande l’asile politique. En un instant, il devient un traître aux yeux de Moscou, mais un héros aux yeux du monde libre.
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Son exil marque le début d’un duel historique. En 1978, aux Philippines, face à Karpov, l’enfant prodige du régime, Korchnoï incarne le transfuge, l’homme libre défiant tout un empire. Pendant trois mois, la planète entière suit ce match devenu symbole de la guerre froide : affrontement psychologique, accusations d’hypnose, querelles sur un simple yaourt… Rien ne sera épargné à ces deux hommes que tout oppose.
Dans cet épisode, Franck Ferrand retrace l’histoire fascinante de Viktor Korchnoï, survivant du siège de Leningrad, génie rebelle des échecs et symbole éclatant de résistance face à la tyrannie.
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Le plus grand concours de chant classique de Nouvelle-Zélande sera rebaptisé « Kiri Te Kanawa Song Quest » à partir de 2026. La fondation de la grande soprano néo-zélandaise sera désormais le principal partenaire de cette compétition biennale vieille de 69 ans et qui a révélé de grands noms de la scène lyrique.
Dame Malvina Major, Teddy Tahu Rhodes, Phillip Rhodes, Jonathan Lemalu, Madeleine Pierard, Amitai Pati, Benson Wilson… autant de grandes voix du Pacifique-sud qui ont été révélées après s’être imposées lors du Lexus Song Quest (ex-Mobil Song Quest). Le plus ancien concours de chant lyrique de Nouvelle-Zélande, créé en 1956, qui a également sacré Kiri Te Kanawa en 1965.
Il était donc normal que la plus grande chanteuse lyrique de Nouvelle-Zélande soit associée, à travers sa fondation, à cette compétition réputée. À partir de 2026, pour sa prochaine édition, le concours sera donc rebaptisé « Kiri Te Kanawa Song Quest ». Pour Andrew Davis, vice-président de Lexus Nouvelle-Zélande : « Ce prestigieux partenariat avec la Fondation Kiri Te Kanawa permettra au concours, qui célèbre le talent artistique, l’ambition et la quête de l’excellence, de voir émerger la prochaine génération d’étoiles ».
La cantatrice voit dans ce partenariat « un immense et passionnant honneur personnel. Le Song Quest est une institution prestigieuse et vénérable qui, au fil des ans, a été le catalyseur et le tremplin de tant de carrières exceptionnelles, dont la mienne. Ma Fondation assume désormais un rôle moteur dans la pérennisation du concours qui continue d’être accessible aux meilleurs de nos jeunes chanteur ».
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Anoblie par la reine Elisabeth en 1982, Dame Kiri Te Kanawa, 81 ans, s’est retirée de la scène en 2017 après plus de cinq décennies d’une carrière qui l’a amenée à se produire sur les plus grandes scènes du monde. En 1981, plus de 600 millions de téléspectateurs avaient pu l’admirer dans l’interprétation de Let the Bright Seraphim de GF Haendel à l’occasion du mariage du Prince Charles et de Lady Diana.
Depuis qu’elle a pris sa retraite, Kiri Te Kanawa se consacre pleinement à sa fondation qui encourage les jeunes musiciens classiques et chanteurs néo-zélandais. Ce fut notamment le cas pour les frères samoans Pene et Amitai Pati qu’elle a soutenus à leur arrivée en Europe.
La finale de la prochaine édition du désormais « Kiri Te Kanawa Song Quest » aura lieu à Wellington le 11 juillet 2026.
Philippe Gault
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Alors qu’il vient de faire sa rentrée avec l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, Kazuki Yamada sera, ce jeudi 9 octobre à 20h, l’invité du Journal du Classique.
Le 21 septembre dernier, à l’Auditorium Rainier III de Monaco, Kazuki Yamada faisait sa dernière rentrée avec l’orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, dont il a pris les rênes en tant que directeur musical en 2016 et qu’il quittera à la fin de cette saison. Trois remarquables publications discographiques du Palazzetto Bru Zane et d’Alpha nous permettent, par ailleurs, de retrouver le chef japonais et ses musiciens dans des programmes entièrement dédiés à la musique française : l’opéra l’Ancêtre de Saint-Saëns – qui avait été créé justement à Monte Carlo – les premières symphonies de Bizet, Gounod et Saint-Saëns ainsi que les concertos de Ravel avec le pianiste Nelson Goerner.
Kazuki Yamada se confiera ce soir à notre micro et reviendra sur ses presque dix années d’aventure monégasque. Tandis que son concert de rentrée, associant des œuvres symphoniques peu connues de Saint-Saëns et le Don Quichotte de Strauss, avec le violoncelliste Pablo Ferrandez en soliste, sera diffusé samedi soir sur notre antenne.
Laure Mézan
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