
Sign up to save your podcasts
Or


Honoré pour avoir aboli la peine de mort en 1981, Robert Badinter entre ce jeudi 9 octobre au Panthéon. Invité de la matinale, Jean Garrigues, politologue et historien, lui rend hommage à travers son ouvrage Les avocats de la République (Odile Jacob), dans lequel il célèbre des figures ayant défendu des valeurs de la République.
« Robert Badinter était un des derniers grands hommes. Son discours sur l’abolition de la peine de mort, l’incarnation de l’humanisme républicain qu’il représentait, font de lui quelqu’un qui méritait sa place dans cette sorte de Panthéon littéraire que j’ai voulu écrire », confie Jean Garrigues. Ministre de la Justice sous François Mitterrand, avocat au barreau de Paris, Robert Badinter a consacré sa vie à défendre la dignité humaine. Pour l’historien, il incarne des valeurs humanistes et universalistes aujourd’hui fragilisées : « on peine à retrouver des hommes politiques capables d’incarner, par les mots, par le discours et même par leurs actions, ce continuum républicain que nous avons connu depuis la Révolution française. On a aujourd’hui une classe politique de technocrates, de gestionnaires et des gens qui ne sont plus à la hauteur de la mythologie républicaine. »
Outre l’abolition de la peine de mort, Robert Badinter a lutté contre l’antisémitisme, le négationnisme et l’homophobie. Il a également œuvré pour l’amélioration des conditions de détention et la création d’une justice internationale après la guerre de l’ex-Yougoslavie. Son engagement trouve ses racines dans son histoire personnelle, marquée par la déportation de son père pendant la Shoah. « Ce traumatisme a fait de lui un champion de la lutte contre l’antisémitisme », rappelle l’historien. « C’était un combat constant, qu’il considérait comme une gangrène pour nos sociétés. »
Robert Badinter portait une conviction : les valeurs de la République doivent être défendues et adaptées sans jamais être trahies. « Il croyait à un universalisme républicain, et défendait l’idée de s’y accrocher fermement, en même temps que les adapter, les moderniser selon l’évolution des sociétés », souligne l’invité de David Abiker.
A lire aussi
Crise politique : « Le premier adversaire politique pour le pays est Emmanuel Macron » constate Jérôme Jaffré
Mais qu’en reste-t-il aujourd’hui ? Pour Jean Garrigues, la question se pose : « Comment raccorder Robert Badinter à ce qui se passe aujourd’hui ? Justement, en se rappelant de son attachement à la liberté, l’égalité, la fraternité et la laïcité qui sont des fils conducteurs de notre histoire. Quand un président de la République n’incarne plus ses valeurs, le rôle de père de la patrie, c’est beaucoup plus difficile de se raccrocher à cette incarnation qu’était Robert Badinter. » Jean Garrigues rappelle ce que l’ancien garde des Sceaux symbolisait avant tout : la force des mots et la puissance de l’art oratoire au service de la République. « Ces hommes, formés à l’éloquence du barreau, ont su défendre la République et lui donner une voix. Robert Badinter était de ceux-là. »
Daphnée Cataldo
Retrouvez tous les articles liés à la politique
Crise politique : « Le premier adversaire politique pour le pays est Emmanuel Macron » constate Jérôme Jaffré
« Les Français ne sont pas dupes, ils soutiennent de moins en moins LFI » déclare Omar Youssef Souleimane
« On a tellement pris l’habitude de vivre en démocratie qu’on ne jouit même pas de cette faveur-là » déplore Roland Cayrol
« La France a des atouts tout à fait considérables pour assurer son indépendance » affirme Alain Juppé
Cet article Robert Badinter au Panthéon : « Il était un des derniers grands hommes » salue l’historien Jean Garrigues est apparu en premier sur Radio Classique.
La nouvelle directrice générale et artistique de l’Opéra de Dijon est entrée en fonction le 1er octobre. Antonella Zedda succède à ce poste à Dominique Pitoiset qui avait démissionné en février.
Nommée en juillet par Nathalie Koenders, maire de Dijon, à l’issue d’une procédure de recrutement associant l’État, la Région Bourgogne-Franche-Comté, la Ville et des personnalités qualifiées, Antonella Zedda a pris ses fonctions de directrice générale et artistique de l’Opéra de Dijon au début du mois.
À ce poste, elle sera assistée jusqu’à la fin de l’année par Olivier Lombardie qui a assuré la transition après le départ anticipé de Dominique Pitoiset en février. Dans un communiqué de l’institution bourguignonne, Antonella Zedda s’est réjouie de sa nomination à la tête de cette « magnifique institution qui bénéficie d’un rayonnement remarquable grâce à une équipe passionnée, impliquée et très professionnelle ».
Antonella Zedda bénéficie d’une solide expérience en France et à l’international qui l’a conduite à occuper des postes à responsabilité avec l’Orchestre du Théâtre des Champs-Élysées, à la Salle Pleyel et à la Philharmonie de Paris dont elle fut directrice adjointe puis directrice de la production. Administratrice générale de la fondation Palazzetto Bru Zane à Venise jusqu’à 2024, elle a ensuite créé sa propre structure de conseil artistique.
A lire aussi
Elisabetta Riva nommée à la tête du Teatro Comunale de Bologne
Pour l’Opéra de Dijon, la nouvelle directrice a pour ambition d’y mettre notamment en place une programmation lyrique et pluridisciplinaire audacieuse. Ce projet, baptisé « Le cœur battant », se veut « ouvert à la création, aux esthétiques multiples et à la rencontre avec tous les publics. Une vision nourrie d’un dialogue avec les équipes de l’Opéra qui place l’institution au cœur de la vie culturelle et artistique du territoire ».
Parmi les moments forts proposés par l’Opéra de Dijon cet automne, trois représentations (5, 7 et 9 octobre) des deux opéras de Pietro Mascagni et Ruggero Leoncavallo : Cavalleria rusticana et Pagliacci que dirigera Debora Waldman, cheffe d’orchestre associée de l’Opéra de Dijon depuis 2022.
Philippe Gault
Retrouvez l’actualité du Classique
Robert Badinter au Panthéon : grand mélomane, il a écrit le livret d’un opéra !
Renée Fleming déclare forfait pour les trois concerts de sa tournée européenne en décembre
Le grand chanteur géorgien Paata Burchuladze arrêté lors d’une manifestation à Tbilissi
L’ancien danseur étoile et chorégraphe Patrice Bart est mort à 80 ans
Cet article Qui est Antonella Zedda, la nouvelle directrice générale de l’Opéra de Dijon ? est apparu en premier sur Radio Classique.
A Robert Badinter, la patrie reconnaissante… L’artisan de l’abolition de la peine de mort entre au Panthéon ce soir. La Nation rend hommage à cette figure majeure de la Vème République : avocat, Garde des Sceaux, président du Conseil constitutionnel, Robert Badinter décédé le 9 février 2024, rejoint les grands hommes.
L’homme de justice et d’universalisme était aussi un mentor pour toute une génération d’avocats. François Binet le considérait même comme « son deuxième papa ». Il l’a rencontré pour la première fois alors qu’il était étudiant en droit à la faculté de Besançon. Robert Badinter, alors avocat parisien reconnu, y donnait des cours. Quelques années plus tard, son professeur le prend sous son aile au sein de son cabinet.
« Je lui ai préparé tous les dossiers dits de ‘peine de mort », se souvient-il. « Il a défendu tous ces gens-là, y compris Patrick Henry, gratuitement. Chaque fois, lors des procès, on sentait l’envie d’abattre l’avocat parisien, d’en terminer avec lui. Il m’a dit un jour quelque chose de très important, venu de son intimité et du souvenir de la mort de son père : ‘chaque fois qu’un avocat général se lève pour demander la peine de mort, j’ai l’impression que c’est ma peine de mort qu’on demande’ »
Depuis la tribune de l’Assemblée nationale, François Binet est là, ce jour de septembre 1981, pour assister au discours historique de Robert Badinter, Garde des Sceaux. « Ce discours pour l’abolition, c’était fougueux et passionné. Jusqu’ici il s’exprimait comme ministre, et là, il retrouvait ses accents d’avocat ». Il poursuit : « je n’ai jamais vu Robert Badinter comme un homme politique. Je l’ai vu comme un ministre, mais ça n’en fait pas un politique. François Mitterrand souhaitait qu’il prenne de la hauteur politique. Il avait répondu ‘on n’élira jamais un juif président de la République’ ».
François Binet observe que Robert Badinter était « tellement détesté à cette époque-là, et maintenant tellement aimé et respecté, que ça en devient presque risible ». Pour lui, l’émotion est vive de voir son ami entrer au Panthéon.
« Tout le monde garde cette image de lui comme grand seigneur. C’est un grand seigneur, mais c’était un homme profondément attendrissant, profondément généreux, très fusionnel avec les gens qu’il aimait, très bienveillant. C’était un sacré bonhomme » souffle-t-il.
Il estime que l’hommage célèbre l’ultime parcours d’un héros judiciaire. « Pour moi ce n’est pas la même chose », explique-t-il, « je vois la dernière page de 50 ans d’amitié qui voudraient bien ne jamais se tourner. Il me manque beaucoup ».
Ecoutez le reportage de Laurie-Anne Toulemont :
Robert Badinter fut aussi un conseiller officieux des politiques. C’est ce que raconte l’un de ses proches, Maître Jean-Yves Dupeux : « Je suis arrivé au cabinet le 2 ou le 3 janvier 1976. Il avait beaucoup de tendresse et d’humanité à l’égard du jeune sorti de l’université et du service militaire que j’étais. J’ai ressenti un attachement envers cet homme. Je ne savais pas que cet attachement allait durer jusqu’à quelques jours avant sa mort ».
Jean-Yves Dupeux a été l’un des derniers à déjeuner avec l’ancien ministre de la Justice rue Guynemer : « Ses déjeuners étaient quelque chose de très important dans la vie d’un avocat, dans la vie d’un ministre, et on restait assez longtemps à table. On l’écoutait, il parlait. On se sentait plus intelligent après qu’avant ».
Il souligne qu’Emmanuel Macron l’a consulté souvent, surtout « pendant le premier quinquennat », mais l’actuel président ne suivait pas toujours ses conseils : Robert Badinter « n’était pas très satisfait quand il avait noté qu’un avis n’était pas écouté ».
« C’était un homme qui professait beaucoup de stabilité, de volonté d’avoir une République, une nation apaisée. Je pense que le spectacle de ces quelques derniers jours ne lui aurait pas plu du tout. Ce qui prédominait chez lui, c’était cette volonté d’éviter une crise qui serait susceptible de favoriser les extrêmes. Ça, c’était les souvenirs malheureux de l’avant Seconde Guerre mondiale dont vous savez qu’elle a été terrible pour sa famille ».
A lire aussi
Robert Badinter au Panthéon : grand mélomane, il a écrit le livret d’un opéra !
Jean-Yves Dupeux se réjouit que Robert Badinter entre au Panthéon : il considère « que s’il y a un homme d’État et un homme tout court qui mérite d’entrer au Panthéon, c’est bien lui ».
Le témoignage de Jean-Yves Dupeux :
Laurie-Anne-Toulemont
Retrouvez toute l’actualité Société
IA : L’usage va se normaliser, comme « ce qu’il s’est passé avec l’écriture » rassure le sociologue Bernard Lahire
Conseils Municipaux : « Les jeunes veulent s’engager, mais aujourd’hui le poste représente trop de contraintes », estime Benjamin Morel
« Les incendies s’étendent désormais avant et après l’été, et le risque concerne toute la France » alerte Christophe Chantepy
Ultra violet, une enquête sur le bronzage : « le publicitaire Jacques Séguéla a raconté que pour obtenir la signature d’un contrat, il allait faire une séance d’UV avant ! »
Cet article RÉCIT – Détesté hier, admiré aujourd’hui : le parcours de Robert Badinter vu par ses proches est apparu en premier sur Radio Classique.
En juin 1930, au cœur de la cordillère des Andes, le pilote de l’Aéropostale Henri Guillaumet atterrit en catastrophe au bord d’un lac et doit poursuivre sa route à pied. En plein hiver austral, les chances de survie sont infimes.
Le 13 juin 1930, au Chili, près de Santiago, la journée est sombre et glaciale. L’hiver austral s’abat sur la Cordillère des Andes. Henri Guillaumet, un jeune pilote de 28 ans, s’installe à bord de son Potez 25 Lorraine, un biplan. Il vole depuis l’âge de 19 ans et fait partie de la prestigieuse Aéropostale, le service de courrier aérien. Tel Jean Mermoz, l’audacieux, ou Antoine de Saint-Exupéry, l’universel, Guillaumet est connu pour sa ténacité.
Il assure la liaison entre Santiago du Chili et Buenos Aires. D’autres pilotes prendront ensuite le relais jusqu’à Rio, Recife, puis le Cap-Vert, le Sénégal, le Maroc, l’Espagne et enfin la France. Cette ligne, créée en 1927 par l’industriel français Marcel Bouilloux-Lafont après le rachat des lignes Latécoère, dessert désormais une vingtaine de pays européens, africains et sud-américains. L’Aéropostale réduit considérablement les délais d’acheminement du courrier, auparavant assurés par voie maritime.
Guillaumet s’est spécialisé dans la traversée de la Cordillère des Andes, une muraille de sommets culminant à plus de 6 500 mètres. Ce matin, il doit franchir cette chaîne montagneuse pour rejoindre Mendoza, de l’autre côté. Malgré les risques, il a déjà effectué cette traversée à de nombreuses reprises. La veille, il avait dû faire demi-tour en raison des conditions climatiques désastreuses. Mais la règle d’or de l’Aéropostale est claire : le courrier doit passer. Estimant que la tempête s’affaiblit, Guillaumet décolle à bord de son Potez 25.
Après avoir franchi la crête chilienne, le moteur commence à peiner. Le pilote est exposé au froid et au manque d’oxygène, car la cabine n’est pas pressurisée. Soudain, un violent courant descendant plaque l’avion vers le sol. L’appareil est ballotté et dégringole. Guillaumet lutte pour redresser l’appareil et aperçoit un lac. Il parvient à virer dans sa direction et à sortir du courant descendant. Il vole alors en rond au-dessus du lac, incapable de reprendre de l’altitude. La panne d’essence est inévitable. Guillaumet tente d’amerrir sur les rives du lac. L’avion touche le sol, rebondit, retombe, pique du nez et s’immobilise à l’envers dans la neige, à 3 200 mètres d’altitude.
Miraculeusement, Guillaumet est vivant. Il s’extirpe de l’appareil et se réfugie dans la carlingue retournée pour se protéger de la tempête. Il se blottit entre les sacs de courrier et les quelques provisions. Il espère que la tempête finira par se calmer. Mais elle dure deux jours et deux nuits ! Un matin, il parvient à sortir de son abri de fortune et découvre la Laguna del Diamante, un lac de 7 km de long et 70 mètres de profondeur, au pied du volcan Maipo, qui culmine à 5 250 mètres.
Le paysage est magnifique, mais hostile. Même les Andins évitent de s’y aventurer en hiver. Sans secours en vue, Guillaumet décide de tenter le tout pour le tout. Il se lance dans une marche désespérée vers l’est, en direction de Mendoza. Il suit le cours d’un torrent, remonte un col, puis un autre, et finit par atteindre un sentier et un hameau. Il a conscience que cette traversée à pied est bien différente de ce qu’il connaît en avion. Sans provisions ni équipement d’alpiniste, ses chances de survie sont minimes.
Sur une aile de son avion, il grave un message : « N’ayant pas été repéré, je pars vers l’Est, adieu à tous, ma dernière pensée sera pour ma femme. » Pendant ce temps, à Mendoza, on apprend la disparition de Guillaumet dans les Andes. La nouvelle parvient aux autres pilotes, dont Saint-Exupéry en Patagonie, dont il avait été l’instructeur. L’écrivain évoque cette tragédie dans son œuvre Terre des hommes.
Le 17 juin 1930, cela fait quatre jours que Guillaumet s’est abîmé dans la Cordillère des Andes. Il a passé deux jours sous l’abri de son avion transformé en igloo, et marché deux jours pour tenter de trouver une issue. Il arrive à un col et doit choisir une direction. Après plusieurs tentatives infructueuses, il se retrouve face à des obstacles insurmontables. Chaque jour qui passe est une épreuve, et les nuits sont glaciales.
Saint-Exupéry décrit cette marche infernale : « Marchant sans piolet, sans corde, sans vivres, escaladant des cols de 4 500 mètres ou progressant le long de parois verticales, saignant des pieds, des genoux et des mains par -40 degrés … ». Guillaumet avance avec acharnement, luttant contre le froid, la faim et la fatigue. Il marche pour sa femme, Noëlle, et pour ses camarades qui croient en lui. Il résiste à la tentation du sommeil, sachant qu’il ne se relèvera pas.
Pour occuper son esprit, il se remémore des lectures et des films. Mais la souffrance finit par le submerger. Une fois, il renonce à se relever après une chute. Mais il pense à Noëlle et se dit que si sa police d’assurance lui permettra au moins de vivre quelques temps, l’argent pourrait mettre des années à être versé. Il se relève et reprend sa marche avec un mental d’acier.
Après trois jours sans manger, son corps lâche et son cœur fatigue. Accroché à une paroi verticale, son cœur s’arrête, puis repart. Il souffre d’arythmie. Son cerveau flanche également : il perd la mémoire et oublie des objets essentiels dans la neige, comme un gant, une montre, une boussole, un canif… Il est épuisé et démuni, mais il continue à se traîner le long d’une rivière.
Soudain, il aperçoit une silhouette : un enfant, un petit berger nommé Juan. Ce dernier va chercher de l’aide. Il revient avec sa mère et un cheval. Ils conduisent Guillaumet à leur maison, lui font du feu et lui donnent un peu de bouillon. Le père part prévenir les secours.
Saint-Exupéry est prévenu et décolle pour San Carlos, où Guillaumet a été transporté. Les retrouvailles sont émouvantes. Guillaumet confie : « Ce que j’ai fait, je te le jure, jamais aucune bête ne l’aurait fait. » Saint-Exupéry le décrit comme « calciné, racorni, rapetissé comme une vieille ».
Le soir même, Saint-Exupéry ramène Guillaumet à Mendoza. Ce dernier mettra du temps à se remettre de son calvaire. Il racontera que ce qui l’a sauvé, c’est de faire un pas, et encore un pas, toujours le même pas.
Au printemps, l’Aéropostale récupérera les sacs de courrier au bord du lac de Diamant et livrera les lettres à leurs destinataires avec la mention « retard dû au service ». Une fois rétabli, Guillaumet reprendra son service sur la même ligne. On l’appellera désormais « l’ange de la Cordillère ».
A lire aussi
Bessie Coleman : Découvrez le parcours de la première aviatrice afro-américaine, de sa conquête des airs à sa fin tragique
Saint-Exupéry a immortalisé l’aventure de son ami. Il écrit : « Si on lui parlait de son courage, Guillaumet hausserait les épaules. Il sait qu’une fois pris dans l’événement, les hommes ne s’en effraient plus. Seul l’inconnu épouvante les hommes… Le courage de Guillaumet avant tout est un effet de sa droiture. »
Franck Ferrand
Retrouvez Le meilleur de Franck Ferrand raconte
5 choses à savoir sur Louis Bonaparte, le frère oublié de Napoléon
L’Atlantide, un mythe éternel ou une réalité disparue ?
RÉCIT – 1816, l’année sans été : l’éruption d’un volcan indonésien a plongé le monde dans un chaos climatique
Louis XIII, mal considéré et mal compris : le fils d’Henri IV a dû asseoir son règne dans la douleur
Cet article RÉCIT – « L’ange de la Cordillère des Andes », l’aviateur Guillaumet a lutté sans relâche pour survivre est apparu en premier sur Radio Classique.
Un hommage national sera rendu aujourd’hui à Robert Badinter, qui entrera solennellement au Panthéon vingt mois après son décès en février 2024. L’ancien avocat, Garde des Sceaux et président du Conseil Constitutionnel était également un grand mélomane. Il a aussi été librettiste.
L’entrée au Panthéon de Robert Badinter ce 9 octobre ne doit rien au hasard : il s’agit de la date anniversaire de la promulgation, le 9 octobre 1981, de la loi sur l’abolition de la peine de mort qu’il avait portée alors qu’il était Garde des Sceaux.
On sait que Julien Clerc chantera, lors de cette cérémonie, sa chanson L’Assassin assassiné (paroles de Jean-Loup Dabadie) pour laquelle Robert Badinter l’avait chaleureusement félicité. On peut imaginer que la musique classique sera également très présente lors de cet hommage national, tant l’ancien homme d’État et de justice était un mélomane averti.
Parmi ses grandes passions musicales, Robert Badinter revenait souvent sur Jean-Sébastien Bach et surtout ses Variations Goldberg interprétées par Glenn Gould dont il admirait le style « dépouillé » sur certains passages et qu’il écoutait fréquemment. Passion également pour l’œuvre opératique de Wolfgang Amadeus Mozart dont il appréciait particulièrement l’interprétation de Cosi fan tutte en 1962 par Elisabeth Schwarzkopf et Alfredo Kraus sous la direction de Karl Böhm.
Au site Diapason, Robert Badinter avait déclaré : « Tout dans le théâtre mozartien me touche profondément, mais l’ironie amère, la tendresse distanciée de Così en sont pour moi la quintessence, particulièrement dans les duos entre Fiordiligi et Ferrando ».
A lire aussi
Cosi fan tutte de Mozart, l’opéra des liaisons dangereuses
L’art lyrique, qu’il avait découvert avec son père à Lyon, alors en zone libre en 1942, à l’occasion d’une représentation de La Belle Hélène de Jacques Offenbach, était pour lui « une véritable histoire d’amour qui ne s’est jamais démentie ». « L’expression la plus complète de l’art », confiait-il.
Un amour tel qu’à la demande de la Biennale de musique contemporaine, il rédigea un livret pour l’opéra Claude, sur une musique de Thierry Escaich. Un œuvre inspirée par la nouvelle Claude Gueux, écrite par Victor Hugo en 1834. Cet opéra a été dirigé par Jérémie Rhorer dans une mise en scène d’Olivier Py en mars 2013 à… Lyon.
Philippe Gault
Retrouvez l’actualité du Classique
Renée Fleming déclare forfait pour les trois concerts de sa tournée européenne en décembre
Le grand chanteur géorgien Paata Burchuladze arrêté lors d’une manifestation à Tbilissi
L’ancien danseur étoile et chorégraphe Patrice Bart est mort à 80 ans
Des îles Samoa aux plus grandes scènes lyriques, un documentaire retrace le parcours des frères Pene et Amitai Pati
Cet article Robert Badinter au Panthéon : grand mélomane, il a écrit le livret d’un opéra ! est apparu en premier sur Radio Classique.
A l’occasion de la publication de son roman, Passion brève, Elsa Fottorino sera, ce mercredi 8 octobre à 20h, l’invitée du Journal du Classique.
Son nouveau roman, Passion brève, publié aux éditions Mercure de France, est tout imprégné de musique. Il met en scène une jeune universitaire et un pianiste de quarante ans son ainé qui vivent une intense histoire d’amour et dont les sentiments se confondent parfois avec la musique, celle de Mendelssohn, de Schumann, de Dvorak, de Mozart ou de Liszt. Car le récit d’Elsa Fottorino est ponctué de descriptions d’œuvres musicales qui, avec une grande fluidité, entrent en résonance avec la narration.
Pour la première fois, l’autrice, qui est aussi journaliste spécialisée dans la musique classique, mêle ses deux passions au sein d’une fiction et nous apporte un touchant éclairage sur le monde musical en soulignant la vulnérabilité de l’artiste. Un artiste ici en fin de carrière confronté aux doutes, à la perte de ses moyens comme à la mutation de la société.
Laure Mézan
Retrouvez le journal du classique du lundi au vendredi à 20h
Retrouvez l’actualité du Classique
Renée Fleming déclare forfait pour les trois concerts de sa tournée européenne en décembre
Le grand chanteur géorgien Paata Burchuladze arrêté lors d’une manifestation à Tbilissi
L’ancien danseur étoile et chorégraphe Patrice Bart est mort à 80 ans
Des îles Samoa aux plus grandes scènes lyriques, un documentaire retrace le parcours des frères Pene et Amitai Pati
Cet article Le nouveau roman d’Elsa Fottorino : une déclaration d’amour à la musique est apparu en premier sur Radio Classique.
Un mois après sa nomination, Sébastien Lecornu a présenté sa démission de Matignon au lendemain de la formation d’un nouveau gouvernement. Un événement qui enracine davantage la crise politique en France. Invité de la matinale, Jérôme Jaffré, politologue, livre une analyse de la situation.
Pour l’invité de David Abiker, le pays traverse une impasse politique d’une gravité inédite depuis 1958 : « c’est d’abord une crise du régime avant d’être une crise de régime. La Ve République repose sur trois principes : les Français votent pour choisir un gouvernement, ils lui donnent les moyens d’agir et, par ce biais, ils assurent la stabilité politique. Or, aucun de ces trois points n’est respecté. » Selon lui, Emmanuel Macron est au cœur de cette paralysie institutionnelle : « il est la cible, le gêneur, le bouc émissaire du pays mais il reste le décideur. »
Jérôme Jaffré note également l’étonnement provoqué par les prises de position contre le chef de l’Etat : « Jean-Luc Mélenchon qui déclare qu’Emmanuel Macron doit s’en aller, ce n’est pas une surprise… Quand c’est Édouard Philippe, c’est une stupéfaction absolue ! » Il soulève également le fait que la situation actuelle n’est pas comparable à du général de Gaulle en 1969 : « si Emmanuel Macron devait partir, ce serait une démission forcée, non choisie, contrairement à celle du général. »
Pour le politologue, le Rassemblement national (RN) et La France Insoumise (LFI) tirent tous deux profit de cette désagrégation du système : « Le RN est le grand profiteur de la crise politique, et LFI le grand organisateur de la crise politique. Désormais, le RN se donne le luxe de se tourner vers les Républicains. » Il estime qu’Emmanuel Macron pourrait, dans une éventuelle nouvelle dissolution, tenter un dernier geste politique : « Nommer, même pour une période courte, une personnalité de gauche comme Premier ministre, serait une manière de montrer qu’il a tout essayé, et de désamorcer le reproche de ne pas avoir donné sa chance à la gauche depuis le résultat des législatives de 2024. »
Cette crise politique serait révélatrice d’un renversement des tendances : « quand la vie politique fonctionne bien, elle est un ordre de préférence : on soutient d’abord un parti, puis on en préfère un autre en second. Aujourd’hui, tout est inversé, elle repose sur une hiérarchie des adversaires. […] En 2024, l’adversaire principal était le Rassemblement national. Aujourd’hui, le premier adversaire politique pour le pays est Emmanuel Macron. En second, LFI. Et en troisième seulement, le RN. » Cette évolution, ajoute-t-il, change le sens même du « barrage républicain » : si Emmanuel Macron devient la première cible, l’idée de faire bloc contre le RN perd sa force mobilisatrice.
A lire aussi
Crise politique : « Le problème n’est ni à Matignon, ni à l’Assemblée nationale, il ne peut qu’être à l’Élysée » déclare Benjamin Morel
Pour Jérôme Jaffré, le retour aux urnes reste la voie logique, conformément à l’esprit des institutions : « le recours au peuple, c’est la règle en démocratie. C’est l’esprit des institutions et la position qu’avait le général de Gaulle en cas de crise majeure : le peuple doit trancher. » Mais il prévient : une dissolution comporte deux dangers majeurs pour Emmanuel Macron : un blocage aggravé, qui le pousserait tôt ou tard à la démission, ou la victoire du RN, seul ou allié à une partie de la droite. Mais la finalité semble évidente pour le politologue : « dans le bilan macroniste, il y aurait la dissolution de 2024 et l’arrivée au pouvoir du RN. »
Daphnée Cataldo
Retrouvez tous les articles liés à la politique
« Les Français ne sont pas dupes, ils soutiennent de moins en moins LFI » déclare Omar Youssef Souleimane
« On a tellement pris l’habitude de vivre en démocratie qu’on ne jouit même pas de cette faveur-là » déplore Roland Cayrol
« La France a des atouts tout à fait considérables pour assurer son indépendance » affirme Alain Juppé
Nicolas Sarkozy condamné : « les juges jouent aussi politique » estime le politologue Pascal Perrineau
Cet article Crise politique : « Le premier adversaire politique pour le pays est Emmanuel Macron » constate Jérôme Jaffré est apparu en premier sur Radio Classique.
Contrainte de subir une intervention chirurgicale Renée Flemming a dû renoncer aux trois concerts qu’elle devait donner en décembre à Londres, Berlin et Barcelone. La soprano américaine sera de retour sur scène en janvier et bien présente en février à l’Opéra Bastille.
Actuellement en tournée aux Etats-Unis jusqu’à la fin du mois, Renée Fleming a annoncé qu’elle doit renoncer à la mini-tournée européenne qu’elle devait effectuer en décembre, en raison d’une opération au genou programmée courant novembre. Cette tournée devait emmener la soprano américaine à Londres, Berlin et Barcelone.
Si la représentation du 8 décembre au Barbican de Londres est purement et simplement annulée, pour les deux autres concerts, en Allemagne (8 décembre) et en Espagne (12 décembre), des programmes de haute qualité et des remplaçantes prestigieuses ont été requis mais la date du concert en Catalogne a été déplacée.
Au Staatsoper Unter den Linden, le lundi 8 décembre, les dirigeants de l’institution berlinoise ont fait appel à la grande Anna Netrebko qui interprétera, avec la mezzo-soprano Serena Malfi et le pianiste Pavel Nebolsin, des airs de Tchaïkovski, Rachmaninov, Rimski-Korsakov, Strauss, Delibes et Offenbach. Dans un communiqué, la soprano germano-russe a déclaré : « C’est avec une immense joie que je ferai, contre toute attente, mes débuts en récital sur la scène du Staatsoper de Berlin (…) Je souhaite à Renée Fleming, l’une de mes chanteuses préférées, un prompt rétablissement ».
A lire aussi
La soprano américaine Renée Fleming se lance dans la mise en scène d’opéras
Le récital programmé le 12 décembre à Barcelone est donc déplacé au 18 février 2026. Renée Fleming y sera remplacée par un magnifique duo. La soprano américaine Nadine Sierra et le baryton français Ludovic Tézier, excusez du peu, accompagnés par la pianiste Véronique Werklé, chanteront des airs et des duos du répertoire Bel Canto et de Giuseppe Verdi ainsi que du répertoire français.
AVÍS | Renée Fleming cancel·la tota la seva gira europea, inclòs el concert previst el 12 de desembre al Liceu, per una operació de genoll.
Les entrades seran vàlides pel recital excepcional del 18 de febrer de 2026 amb Nadine Sierra i Ludovic Tézier, acompanyats de la…
— Gran Teatre del Liceu (@Liceu_cat) October 2, 2025
De retour sur scène, aux Etats-Unis, à partir du 9 janvier, Renée Fleming sera bien présente à Paris à l’Opéra Bastille du 24 février au 20 mars pour huit représentations de Nixon in China, l’opéra de John Adams. Comme au printemps 2023, la cantatrice y interprétera le rôle de Pat Nixon aux côtés du baryton américain Thomas Hampson et l’orchestre de l’Opéra national de Paris sera dirigé par Kent Nagano.
Philippe Gault
Retrouvez l’actualité du Classique
Le grand chanteur géorgien Paata Burchuladze arrêté lors d’une manifestation à Tbilissi
L’ancien danseur étoile et chorégraphe Patrice Bart est mort à 80 ans
Des îles Samoa aux plus grandes scènes lyriques, un documentaire retrace le parcours des frères Pene et Amitai Pati
Concours Frédéric-Chopin : deux pianistes françaises parmi les finalistes
Cet article Renée Fleming déclare forfait pour les trois concerts de sa tournée européenne en décembre est apparu en premier sur Radio Classique.
Et si l’un des plus grands écrivains français avait connu un amour si dévorant qu’il en avait perdu la raison ? Une calèche, un déguisement, une femme insaisissable… voici l’histoire secrète du cœur de Stendhal.
Henri Beyle – le vrai nom de Stendhal – a déjà 35 ans lorsque l’amour le foudroie. Il fait la connaissance en Italie d’une certaine Matilde Viscontini Dembowski, pour laquelle il va rapidement développer une obsession.
Il écrit qu’il ne s’aperçoit pas tout de suite de l’impact qu’aura sur lui cette rencontre qui date du 4 mars 1818. Mais peu à peu, il ne peut plus travailler, ne pense qu’à elle, qu’à cette rencontre, soupèse chaque mot échangé. Matilde a pris possession de son esprit.
La jeune femme, qui vit séparée de son mari, est disposée à le revoir, lui témoigne de la bienveillance, mais elle est loin d’imaginer l’ampleur des sentiments de Stendhal à son égard. Le moindre mot, le moindre battement de cil est surinterprété. Il rêve debout et il souffre, cet amour passion est à la fois sa plus grande félicité et sa plus grande infortune.
Lorsqu’il part pour la rejoindre à Volterra, en Toscane, sans en avertir personne, il est tendu, fiévreux. Matilde lui lance un regard noir et le reçoit avec une froideur terrible. Elle lui adresse une lettre si glaciale qu’il en perd la raison, et pense mettre fin à ses jours.
A lire aussi
Le premier amour de Voltaire, une histoire à la Marivaux
Cet épisode va lui inspirer un de ses traités les plus célèbres, De L’amour, qui décrit le phénomène de la cristallisation, c’est-à-dire vivre l’illusion de l’amour plutôt qu’éprouver les sentiments eux-mêmes.
Dans ce podcast inédit des Grands Dossiers de l’Histoire, Franck Ferrand vous raconte ce chagrin d’amour qui a marqué la littérature française
Retrouvez Le meilleur de Franck Ferrand raconte
5 choses à savoir sur Louis Bonaparte, le frère oublié de Napoléon
L’Atlantide, un mythe éternel ou une réalité disparue ?
RÉCIT – 1816, l’année sans été : l’éruption d’un volcan indonésien a plongé le monde dans un chaos climatique
Louis XIII, mal considéré et mal compris : le fils d’Henri IV a dû asseoir son règne dans la douleur
Cet article Un chagrin d’amour de Stendhal : à 35 ans, il a failli perdre la raison pour l’Italienne Matilde est apparu en premier sur Radio Classique.
Paata Burchuladze, 70 ans, basse réputée dans le monde entier, a été interpellé samedi à Tbilissi (Géorgie) alors qu’il participait à une manifestation contre le pouvoir en place qui a dégénéré. Le chanteur géorgien risque jusqu’à 9 ans de prison.
Après la victoire contestée du parti prorusse au pouvoir en Géorgie lors d’élections locales, une grande manifestation rassemblant les principaux mouvements d’opposition s’est déroulée samedi dans la capitale Tbilissi. Parmi ces mouvements contestataires, « Avenue Rustaveli » dont le leader est le chanteur Paata Burchuladze qui a fait un discours en début de rassemblement sur la place de la Liberté.
Malheureusement, la manifestation a dégénéré en fin de journée lorsque des activistes virulents ont tenté de pénétrer dans le palais présidentiel. Les forces de l’ordre sont alors intervenues pour repousser les assaillants, notamment en usant de gaz lacrymogènes. Indisposé par ces produits irritants, Paata Burchuladze a dû être brièvement hospitalisé et c’est à l’issue de cette hospitalisation qu’il a été arrêté puis placé en détention
Dans un message, Jean-Louis Grinda, le directeur des Chorégies d’Orange proche du chanteur, invite « tous ceux qui, dans le monde entier, ont travaillé avec lui et apprécié sa grande humanité à s’indigner et à exiger sa libération immédiate », précisant que selon la législation Paata Burchuladze risque jusqu’à neuf ans de prison.
A lire aussi
« Une menace pour la liberté artistique » : La politique culturelle de Trump dénoncée par le patron du Met Opera
Désormais installé en Allemagne, Paata Burchuladze, né en 1955 à Tbilissi, a étudié à l’école du Bolchoï à Moscou avant de débuter sa carrière d’artiste lyrique en 1976. Pendant plus de trois décennies, le chanteur géorgien a fait entendre sa profonde voix de basse sur les plus grandes scènes du monde de Salzbourg à la Scala de Milan en passant par le Met Opera ou l’Opéra de Paris où on a pu l’entendre notamment dans Boris Godounov, Faust, Nabucco, Le Barbier de Séville ou Don Giovanni.
Après sa retraite de la scène en 2016, Paata Burchuladze a créé la même année une fondation qui s’est transformée en parti politique « L’État pour le peuple » mais qui fut largement battu lors des élections législatives. Une parenthèse politique qu’il a rouverte samedi à Tbilissi pour appeler à renverser les dirigeants en place et à « la restitution du pouvoir au peuple géorgien ».
Philippe Gault
Retrouvez l’actualité du Classique
L’ancien danseur étoile et chorégraphe Patrice Bart est mort à 80 ans
Des îles Samoa aux plus grandes scènes lyriques, un documentaire retrace le parcours des frères Pene et Amitai Pati
Concours Frédéric-Chopin : deux pianistes françaises parmi les finalistes
Une enquête ouverte après la mort du musicien Denis Raisin Dadre, spécialiste de musique ancienne
Cet article Le grand chanteur géorgien Paata Burchuladze arrêté lors d’une manifestation à Tbilissi est apparu en premier sur Radio Classique.
From the publisher's feed