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  • Votre Soirée Classique sera consacrée à Chopin ce dimanche à partir de 20h

    Frédéric Chopin sera à l’honneur ce dimanche sur Radio Classique au cours d’une soirée qui lui sera consacrée, avec ses principales œuvres ainsi que celles de compositeurs qui l’ont inspiré ou qui l’ont admiré.

    Vous pourrez notamment entendre les Trois Nocturnes op 9 joués par Claudio Arrau, le Concerto pour piano n°1 par Krystian Zimmerman avec l’Orchestre Philharmonique de Los Angeles dirigé par Carlo Maria Giulini, la Valse n°1 « Grande valse brillante » et la Valse Brillante n°2 par Arthur Rubinstein, les Etudes op 10 par le jeune pianiste sud-coréen Yunchan Lim, le Scherzo n°3 par Martha Argerich, la Barcarolle jouée par Maurizio Pollini, ainsi que les Variations sur un thème de Rossini, ainsi que l’Ouverture du Barbier de Séville de Rossini par l’Orchestre de Chambre d’Europe dirigé par Claudio Abbado, ou encore la Rhapsodie espagnole de Ravel par l’Orchestre Symphonique de Chicago et la Rhapsodie sur un thème de Paganini de Rachmaninov jouée par Daniil Trifonov avec l’Orchestre de Philadelphie dirigé par Yannick Nézet-Séguin. Cette soirée sera présentée par Jean-Michel Dhuez.

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    Le Met Opera de New York expose les plus beaux costumes de scène de son histoire

    Concert annulé du chef israélien Lahav Shani : Le chancelier allemand dénonce « le poison de l’antisémitisme »

    Pablo González nommé à la direction musicale de l’Orchestre national d’Île-de-France

    Le Met Opera de New York signe un accord lucratif avec l’Arabie Saoudite

     

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  • Le Requiem de Gabriel Fauré et la Petite suite de Claude Debussy depuis la Basilique Saint-Sernin de Toulouse ce samedi à 20 heures

    C’est avec l’Orchestre national du Capitole, dirigé par Kazuki Yamada, que vous avez rendez-vous ce samedi à 20 heures.

    En première partie, vous pourrez entendre la Petite Suite de Claude Debussy. Inspirée pour l’essentiel de l’univers des Fêtes galantes de Verlaine, et « ne cherchant humblement qu’à faire plaisir » selon les propos du compositeur, elle a dans un premier temps été écrite pour piano à quatre mains, avant que Debussy n’en confie l’orchestration au compositeur toulousain Henri Büsser. Elle comporte quatre parties : En bateau, Cortège, Menuet et Ballet.

    La seconde œuvre au programme est le Requiem de Gabriel Fauré, l’un des chefs d’œuvre de la musique sacrée. « Il a été composé pour rien, pour le plaisir si j’ose dire » a expliqué Fauré. C’est une œuvre propice au recueillement. Plus de la moitié de la partition est notée piano, pianissimo et même pianississimo, traduisant ainsi la vision de la mort qu’avait Fauré : « Une délivrance heureuse, une aspiration au bonheur de l’au-delà, plutôt qu’un passage douloureux ». Ce concert enregistré à la Basilique Saint-Sernin de Toulouse en octobre 2024 sera présenté par Jean-Michel Dhuez.

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    « Ce n’est pas un détonateur, c’est juste une pédale » : Une violoncelliste déclenche involontairement une alerte rouge à l’aéroport d’Amsterdam

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  • Dette publique : « La France ne peut pas se permettre d’avoir des budgets à l’eau tiède » alerte Philippe Dessertine

    Grèves, blocages, manifestations… Dans un climat de lassitude et de défiance, le 18 septembre a été marqué par une nouvelle journée de mobilisation contre le budget 2026 du gouvernement Bayrou. Invité de la matinale, Philippe Dessertine, économiste et auteur de L’Horizon des possibles (Robert Laffont), dresse un constat accablant.

    Candidat aux élections municipales de Bordeaux en mars 2026, Philippe Dessertine reconnaît ne pas avoir un parcours politique classique. Il revendique pourtant cet atypisme comme loin d’être illégitime : « on a eu des chefs d’entreprise qui se sont présentés », rappelle-t-il en citant Bertrand Delanoë, maire de Paris de 2001 à 2014 et qui « avait une agence de communication ». Pour lui, ce type de profil illustre une rupture croissante entre les élites traditionnelles et les citoyens. L’économiste estime que « la solution ne viendra pas du sommet de la pyramide, et que les élections importantes dans les temps qui viennent ne seront pas la présidentielle, mais les municipales ».

    L’économiste relie d’ailleurs cette défiance au climat social actuel : « dans toutes les grandes démocraties aujourd’hui, on a une crise sociale et identitaire qui est énorme par rapport aux élites, aux dirigeants. Cette idée qu’il y a une rupture… en fait, vous ne vivez pas ce que nous vivons, vous ne comprenez pas ce qui se passe, ce qui est d’ailleurs quelque chose qu’on a beaucoup entendu hier dans les cortèges : « vous êtes dans le déni ». »

    La gestion de la dette publique

    Le cœur du discours de Philippe Dessertine concerne la dette publique, qu’il considère comme le véritable talon d’Achille de la France. « Depuis les élections législatives, je dis que l’Assemblée actuelle ne pourra pas voter les budgets dont a besoin la France. On l’a vu avec Michel Barnier. On retrouve exactement la même situation mais de façon plus hâtive avec François Bayrou. La France, dans l’état où elle est, ne peut pas se permettre d’avoir des budgets à l’eau tiède. » L’invité redoute une politique faite de compromis stériles, « une catastrophe pour la France si nous poursuivons cette politique. »

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    L’économiste se prononce aussi contre certaines pistes pour réduire le déficit, comme la taxe Zucman sur les grandes fortunes. A ses yeux, ce n’est pas en alourdissant la fiscalité des entreprises ou des investisseurs que l’on trouvera une sortie de crise. Il plaide plutôt pour une baisse de la Contribution sociale généralisée (CSG), « c’est typiquement l’impôt qu’on ne voit pas, il n’est d’ailleurs pas comptabilisé comme impôt puisque c’est une charge sociale. »

    Pour Philippe Dessertine, la seule voie plausible reste celle de la création de valeur par l’innovation. « L’innovation est le cœur du cœur. Nous vivons une époque de découvertes scientifiques incroyables, mais l’Europe est à la traîne, et la France encore plus. »

    Daphnée Cataldo

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  • Le Met Opera de New York expose les plus beaux costumes de scène de son histoire

    À partir du 21 septembre, le Met Opera de New York propose jusqu’au mois de juin la plus grande exposition de tenues de scène de l’histoire de la compagnie. Des vêtements mythiques seront présentés ainsi que des photographies d’archives inédites et des croquis.

    Dimanche, le Met Opera ouvrira sa saison 2025/2026 par une soirée de gala avec une représentation des Aventures étonnantes de Kavalier et Clay, l’opéra de Mason Bates que dirigera Yannick Nézet-Séguin. L’occasion pour le public de découvrir « Behind the Seams: Costuming the Met », une exposition des grandes tenues de scène qui ont marqué l’histoire de l’institution new-yorkaise depuis sa création en 1883.

    Jusqu’au 6 juin 2026, dans les galeries du Founders Hall du Lincoln Center, les spectateurs, disposant de billets pour n’importe quelle représentation du Met, pourront ainsi découvrir l’univers de la création de costumes d’opéra, retraçant l’évolution de la compagnie, depuis ses débuts, qui s’appuyait sur des costumes de stock jusqu’à la création de son département costumes.

    La robe emblématique de Birgit Nilsson en 1961 dans Turandot 

    Aux côtés d’une vingtaine de robes et costumes liés aux opéras qui seront proposés lors de la saison 2025-26, l’exposition présente des tenues mythiques de l’histoire du Met comme, par exemple, la robe emblématique créée par Cecil Beaton pour la soprano suédoise Birgit Nilsson dans la production en 1961 de Turandot, l’opéra de Giacomo Puccini dont la version de Franco Zeffirelli sera donnée au Met à partir du 24 septembre.

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    A voir également dans cette exposition, des éléments de costumes d’autres grands opéras tels que Carmen, La Fille du Régiment, La Traviata, Tristan et Isolde… Outre les tenues de scène, l’exposition présente des photographies d’archives, des croquis originaux et des images des coulisses qui illustrent le processus créatif et la maîtrise technique de la création de costumes.

    Parmi ces documents, des créations rares de la créatrice ukraino-américaine Valentina et surtout de Marc Chagall. Le peintre français qui réalisa décors et costumes de La Flûte enchantée donnée au Met en 1967 pour la première fois au Lincoln Center, dont le hall est toujours orné par deux de ses fresques.

    Une belle opportunité de découvrir, selon Maurice Wheeler, directeur des archives, « la beauté et le savoir-faire des vêtements qui ont façonné l’héritage du Met depuis plus d’un siècle ».

    Philippe Gault

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    Espagne : Un duo de chefs d’orchestre français à la tête de l’orchestre de la RTVE

    Concert annulé du chef israélien Lahav Shani : Le chancelier allemand dénonce « le poison de l’antisémitisme »

    Le compositeur et chef d’orchestre anglais George Benjamin élu à l’Académie des beaux-arts

    L’Opéra de Paris a annulé la première d’Ariodante de Haendel en raison d’un mouvement de grève

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  • Le nouvel album de La Néréide : entre dévotion et premiers émois amoureux

    A l’occasion de la publication du nouvel album de La Néréide, Camille Allérat et Julie Roset seront, ce vendredi 19 septembre à 20h, les invitées du Journal du Classique.

    Après avoir rendu hommage aux Dames de Ferrare qui formaient un fascinant trio vocal au 16ème siècle, l’ensemble la Néréide nous invite, pour son second album sorti chez Alpha, à suivre le destin imaginaire de l’une des demoiselles de Saint-Cyr à l’époque de Louis XIV. L’histoire « d’un tiraillement, d’une tension entre dévotion et passion, entre le cœur et la raison. », ponctué d’airs de cour et de pages sacrées.

    Julie Roset et Camille Allérat, deux des trois membres de l’ensemble, nous éclaireront ce soir sur ce programme et sur cette formation si particulière à trois voix égales. Trois voix qui, en s’entremêlant ou fusionnant, parviennent à créer des textures sonores d’une richesse et d’une sensualité saisissantes.

    Laure Mézan

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    Espagne : Un duo de chefs d’orchestre français à la tête de l’orchestre de la RTVE

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  • Espagne : Un duo de chefs d’orchestre français à la tête de l’orchestre de la RTVE

    La direction de la RTVE, le groupe audiovisuel public espagnol, a annoncé la nomination d’Alexandre Bloch en tant que chef principal de son orchestre et Marc Korovitch, déjà à la tête du chœur de la grande formation madrilène, en deviendra également chef invité principal. Les deux chefs d’orchestre français commenceront à travailler ensemble dès l’an prochain.

    En juin 2026, Alexandre Bloch prendra en main la baguette et les destinées de l’orchestre symphonique de la RTVE avec un mandat initial de trois ans. Le maestro angevin de 40 ans succédera au chef allemand Christoph König, en poste à Madrid depuis 2023. Dans un communiqué, publié par la RTVE, Alexandre Bloch loue l‘énergie collective des « merveilleux musiciens » de l’orchestre dont il salue « la qualité d’écoute, sa concentration et son offre musicale ».

    Depuis son départ de l’Orchestre National de Lille dont il fut le directeur musical de 2016 à 2024 et avec lequel il a été nommé aux Grammy Awards 2020, Alexandre Bloch n’a pas chômé. Il a ainsi fait des débuts remarqués avec le Bayerische Staatsoper et avec l’Utah Symphony et dirigé des concerts avec de nombreuses grandes formations dont l’Orchestre National de France. En octobre prochain il dirigera en Serbie l’Orchestre Philharmonique de Belgrade.

    Marc Korovitch est aussi directeur musical de l’Orchestre Symphonique du Monténégro et de l’Orchestre Colonne

    Chef principal du chœur de l’orchestre symphonique de la RTVE depuis l’an dernier, Marc Korovitch s’est vu reconduit pour trois ans à ce poste. Parallèlement, le chef d’orchestre de 38 ans a été nommé chef invité principal de l’orchestre espagnol où il remplacera Thomas Dausgaard à partir de juin 2026 auprès d’Alexandre Bloch.

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    Deux hautes responsabilités que Marc Korovitch devra concilier avec celles qu’il assume en tant que directeur musical de l’Orchestre Symphonique du Monténégro et de l’Orchestre Colonne. Concernant ses futures fonctions à Madrid, le maestro parisien se réjouit « de se lancer dans cette aventure artistique passionnante et de travailler en étroite collaboration avec le Chœur et l’Orchestre au sein d’une même Maison ».

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    Philippe Gault

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  • RÉCIT – L’Affaire Markovic : Parties fines, chantage, proximité avec Alain Delon… le scandale d’Etat qui a accéléré la fin du Gaullisme

    En octobre 68, Stephan Markovic, un petit truand, est retrouvé mort. Une rumeur enfle : Georges Pompidou aurait commandité son assassinat…  

    Le 1er octobre 1968, Charles de Gaulle est encore président de la République. Son mandat touche à sa fin. Un ferrailleur découvre, dans une décharge municipale des Yvelines, un sac de toile de jute à l’aspect inhabituel. En l’ouvrant, il y trouve un corps enveloppé dans une housse de matelas.

    La police identifie rapidement le cadavre : Stefan Markovic, un truand yougoslave de 31 ans, condamné à plusieurs reprises pour vol, extorsion et violence. Markovic avait d’autres facettes. Séduisant, viril, un peu playboy et même gigolo, joueur de poker et oiseau de nuit, il fréquentait les discothèques à la mode et le monde du show-business. Notamment Alain Delon, alors au sommet de sa gloire et en plein tournage du film La Piscine. Delon avait engagé Markovic comme chauffeur et garde du corps avant de le congédier en raison d’une liaison avec Nathalie Delon.

    Dès que le nom d’Alain Delon est cité, la presse s’en empare

    Le commissaire Samson est chargé de l’enquête. L’autopsie révèle que Markovic a été roué de coups et achevé d’une balle dans la nuque. Un ami témoigne l’avoir vu monter dans un taxi, le soir de sa mort, avec un homme d’une cinquantaine d’années. Le frère de Markovic fournit une lettre où ce dernier stipule : « Quoi qu’il advienne et pour tous les ennuis qui pourraient m’être causés, adressez-vous à Alain Delon, à sa femme et à son associé Marcantoni, un Corse, vrai gangster. » François Marcantoni, 49 ans, ami d’Alain Delon, nie toute implication. Le commissaire ne dispose d’aucune preuve pour le confondre.

    François Marcantoni / SIPA

    Dès que le nom d’Alain Delon est cité, la presse s’empare de l’affaire, s’intéressant de près aux relations de Markovic avec le show-business et à son carnet d’adresses. Deux semaines après la découverte du corps, Le Figaro écrit : « Repris de justice, Markovic avait cependant réussi à se faire de nombreuses relations dans les milieux de la politique, du spectacle et de la chanson. C’est ainsi que l’on évoque les noms de plusieurs actrices, de chanteuses, celui de la femme d’un ancien membre du gouvernement et ceux d’un député, de deux hauts fonctionnaires et de plusieurs vedettes. » Une semaine plus tard, Le Figaro imagine les mobiles possibles de l’assassinat : escroquerie, chantage, trafic d’influence ou règlement de comptes politique.

    « C’est la femme du Premier ministre Georges Pompidou »

    Dans les milieux du show-biz, de la politique, de la presse, la rumeur enfle. Markovic aurait organisé des parties fines et fait chanter des personnalités. Un certain Akov, Yougoslave incarcéré à Fresnes pour vol, recel et détention d’armes, alimente la rumeur. Il raconte à la police une soirée libertine avec Markovic où quelqu’un lui aurait dit : « Tu as vu la grande femme blonde qui était là-bas ? C’est la femme du Premier ministre. » À cette époque, le Premier ministre est Georges Pompidou – qui a ensuite démissionné – et la femme en question est son épouse, Claude. Akov ajoute que Markovic prenait des photos compromettantes des invités.

    Le commissaire Samson est sceptique face à ces révélations, d’autant plus qu’Akov se rétracte rapidement. La police privilégie alors la piste mafieuse. Des proches de Markovic confirment qu’il se livrait au trafic de stupéfiants et qu’il avait arnaqué un acheteur en lui vendant cinq kilos d’amidon à la place d’héroïne.

    Pendant ce temps, la rumeur enfle à Paris. Le nom de Claude Pompidou est sur toutes les lèvres. On l’accuse d’avoir participé à des parties fines et d’avoir été victime d’un chantage de Markovic, ce qui aurait motivé son élimination. Des rédactions reçoivent des photos truquées où l’on croit reconnaître Claude Pompidou. Bien que les journalistes et policiers reconnaissent des montages, les ragots se répandent. Les Pompidou, alors en famille dans le Lot pour la Toussaint, ignorent tout de ces allégations.

    Charles de Gaulle minimise l’Affaire Markovic

    Georges Pompidou, personnalité brillante, ancien secrétaire général de l’Élysée et Premier ministre de De Gaulle, a démissionné après mai 68 et est considéré comme le successeur désigné, ce qui en fait une cible. Le ministre de la Justice, René Capitant, qui a également des ambitions présidentielles, est informé des déclarations d’Akov et des rumeurs, mais se garde d’en informer Pompidou. Il en parle au Premier ministre, Maurice Couve de Murville, et le président de la République.

    Bernard Tricot, secrétaire général de l’Élysée, se rend à Colombey pour s’entretenir avec De Gaulle et lui parle de l’affaire Markovic. De Gaulle minimise l’affaire, mais critique la tendance de Pompidou et de son épouse à fréquenter la jet-set. De retour à Paris, De Gaulle organise une réunion avec Couve de Murville, Raymond Marcellin et René Capitant. Deux décisions sont prises : l’enquête judiciaire doit se poursuivre et Couve de Murville doit informer Georges Pompidou.

    Cependant, la demande de De Gaulle reste lettre morte. Personne ne prévient Pompidou. Jean-Luc Javal, un ancien conseiller de Pompidou, décide de l’alerter : « Il faut que vous sachiez quelque chose que personne n’ose vous dire. La femme d’un ancien ministre dont tout le monde parle, à propos de cette affaire Markovic, eh bien, c’est votre femme. » Pompidou est sidéré et ulcéré par ces calomnies.

    Claude Pompidou est une femme cultivée qui déteste la politique

    Dans Pour rétablir la vérité, Pompidou écrira : « Ainsi, Couve n’avait même pas le courage de me prévenir. Ainsi, ces hommes, dont plusieurs connaissaient bien mon ménage, avaient plus ou moins cru à la véracité des faits puisqu’ils jugeaient que l’enquête pouvait se poursuivre dans cette voie. Ainsi, le général lui-même, qui connaissait ma femme depuis si longtemps, n’avait pas tout balayé d’un revers de la main. Je ne pensais qu’à ma femme, j’imaginais son drame et je l’avoue, je craignais le pire. Rarement ai-je été aussi près du désespoir »

    Le couple Pompidou / DEVILLE CHRISTIAN/SIPA

     

    Georges Pompidou aime profondément son épouse Claude, femme distinguée, cultivée, chaleureuse et pétillante, qui déteste la politique et préfère la culture. Ses voyages à Venise, ses vacances à Saint-Tropez et ses soirées avec des personnalités brillantes, comme Françoise Sagan, Olivier Messiaen, Maurice Béjart et Pierre Soulages, l’exposent aux ragots. Dans L’Élan du cœur, elle écrira : « Je connus l’expérience de la mauvaise foi, de la méchanceté et même de la calomnie. Avec une double impression d’injustice et d’impuissance. »

    Le couple Pompidou résiste à la tempête

    Pompidou organise sa contre-offensive dans ses bureaux du boulevard de la Tour-Maubourg, entouré de ses fidèles. Ils tentent de démonter la machination sans ameuter l’opinion publique et soupçonnent des agents du SDEC (services de renseignement) d’alimenter les fausses pistes. Pompidou rencontre des journalistes pour plaider son innocence et rencontre De Gaulle en secret à l’Élysée.

    « Mon général, vous savez pourquoi j’ai demandé à vous voir. J’ai trois choses à vous dire. Je connais assez ma femme pour savoir qu’il est impensable qu’elle se trouve mêlée si peu que ce soit à cette affaire. On cherchera peut-être à me mettre dans le coup, nulle part on ne me trouvera. Je n’en dirai pas autant de vos ministres, ni place Vendôme chez Monsieur Capitant, ni à Matignon chez Monsieur Couve de Murville, ni à l’Élysée même. Il n’y a eu la moindre réaction d’homme d’honneur », raconte Pompidou.

    De Gaulle répond : « Mais moi, je n’ai jamais cru à tout cela. J’ai demandé qu’on vous prévienne. » Pompidou obtient de De Gaulle qu’il donne des consignes claires pour faire cesser toute enquête sur la vie du couple et se concentrer sur les assassins de Markovic.

    Pompidou obtient le soutien du général

    Le 17 janvier 1969, le général de Gaulle s’envole pour Rome où il rencontre le pape Paul VI. Le même jour, Georges et Claude Pompidou dînent à la Villa Médicis avec le peintre Balthus. Pompidou répond aux questions de journalistes et déclare que s’il y avait une élection, il serait candidat.

    Cette déclaration fait l’effet d’une secousse sismique. De Gaulle a prévu un référendum constitutionnel et la déclaration de Pompidou affaiblit la menace de sa démission en cas de non. Une semaine plus tard, De Gaulle publie un communiqué où l’on sent l’agacement : « J’ai été réélu le 19 décembre 1965 président de la République pour 7 ans par le peuple français. J’ai le devoir et l’intention de remplir son mandat jusqu’à son terme. »

    L’enquête Markovic patine. Le juge d’instruction inculpe François Marcantoni pour assassinat. Son avocat, Jacques Isorni, un anti-gaulliste célèbre pour avoir défendu le maréchal Pétain, fait diversion en utilisant une nouvelle déposition du frère de Markovic qui prétend avoir dîné avec les Pompidou chez Alain Delon. Il réclame une audition des Pompidou devant le juge, relançant les rumeurs.

    De Gaulle est contraint de démissionner

    Pompidou exige un soutien public de De Gaulle. Charles et Yvonne de Gaulle invitent officiellement les époux Pompidou à dîner à l’Élysée. Le dîner est morne, mais le soutien est là. Le garde des Sceaux, Capitant, doit faire amende honorable.

    Un mois plus tard, les Français répondent non au référendum de De Gaulle, qui démissionne. Une élection présidentielle a lieu et Pompidou l’emporte avec 58 % des suffrages. En exploitant l’affaire Markovic, les adversaires de Pompidou avaient espéré le mettre en difficulté, mais ils ont accéléré sa déclaration de candidature à Rome et ont contribué à la chute de De Gaulle.

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    Une des priorités du nouveau président est de purger le SDEC. La nomination d’Alexandre de Marenches n’est pas neutre. Il s’agit d’éviter que puisse se reproduire ce genre de manœuvre. Pompidou ne vivra pas assez longtemps pour connaître les derniers soubresauts de l’affaire, puisqu’il meurt en 1975, lorsque, faute de preuves, le juge décerne un non-lieu à Marcantoni. Si la piste mafieuse reste la plus plausible, l’affaire Markovic demeure non élucidée.

    Franck Ferrand

     

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  • Le premier album d’Iris Scialom et Antonin Bonnet placé sous le signe de la filiation

    A l’occasion de la publication de leur premier album en duo, Iris Scialom et Antonin Bonnet seront, ce jeudi 18 septembre à 20h, les invités du Journal du Classique.

    Ils sont jeunes et ont choisi de mettre à l’honneur des œuvres de jeunesse de compositeurs français dans leur album, publié par le label Scala Music et placé sous le signe de la filiation.

    Iris Scialom et Antonin Bonnet nous livrent ici leur interprétation de la première Sonate pour violon et piano de Fauré et de sonates de deux de ses élèves, Ravel et Enesco, composées alors qu’ils n’avaient qu’une petite vingtaine d’années et étaient encore étudiants au Conservatoire.

    Iris Scialom et Antonin Bonnet seront en concert le 23 septembre à la Scala Paris

    Ils nous éclaireront ce soir sur leur duo, auquel ils ont choisi de donner le titre d’Arborescence – en référence à un poème d’Aurélien Barrau – et sur ce programme dédié à la jeunesse qu’ils donneront en concert le 23 septembre à la Scala Paris.

    Laure Mézan

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  • Grève du 18 septembre : « Les Russes tirent parti depuis longtemps de nos problèmes sociaux » rappelle le général Jérôme Pellistrandi

    Vivons-nous des mouvements de grève « franco-français » ? Le mouvement de ce 18 septembre, déjà jugé réussi, et celui du 10 septembre sous le slogan « bloquons-tout » auraient des résonances internationales, comme l’a analysé ce matin le général Jérôme Pellistrandi, rédacteur en chef de la Revue Défense nationale. Il a rappelé que la Russie scrute avec attention chaque perturbation politique que connaît la France.

    « Y a-t-il un rapport entre la météo splendide du jour et le succès de la journée de mobilisation ? » La question de David Abiker n’a pas surpris le général Jérôme Pellistrandi, et pour cause : « oui, le beau temps peut inciter beaucoup de Français à manifester de façon pacifiste, mais les black blocs peuvent eux aussi être plus présents », explique l’invité de la matinale, estimant qu’un grand soleil peut même être défavorable au maintien de l’ordre.

    C’est un fait connu des forces de police, puisque, souligne-t-il, « quand il pleut, on met moins de forces de sécurité ». Logiquement, elles ont été renforcées ce jeudi.

    Affiches pro-russes, étoiles de David, Mains rouges…

    Ce nouveau mouvement social, déjà émaillé par plusieurs centaines d’actions, n’échappe pas à l’attention de la Russie, « qui tire parti depuis longtemps de nos problèmes sociaux », alerte le général Pellistrandi. Il cite les exemples les plus récents : « les étoiles de David taguées en octobre 2023 [commanditées par un réseau de désinformation russe] pour inciter à la haine et au chaos, les mains rouges apparues sur le Mémorial de la Shoah l’an dernier au mois de mai, puis en juin 2024 il y a eu ces cercueils aux pieds de la Tour Eiffel mentionnant l’Ukraine ».

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    Il constate même une accélération de ce type d’opérations, avec trois faits déjà recensés en cette mi-septembre : les affiches pro-russes collées sur l’Arc de Triomphe, les têtes de cochons déposées devant des mosquées et… le mouvement du 10 septembre. Face à l’étonnement de David Abiker, Jérôme Pellistrandi confirme : « C’est sûr, ‘Bloquons-tout’ a été initié par des réseaux pro-russes qui affirmaient qu’Emmanuel Macron allait envoyer des soldats en Ukraine ».

    Le général fait d’ailleurs le pari que les médias russes « diffuseront partout des images de débordements pour dire que la France, c’est le chaos », et vont relayer sur les réseaux sociaux les appels à la démission du président français.

    Béatrice Mouedine

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  • Concert annulé du chef israélien Lahav Shani : Le chancelier allemand dénonce « le poison de l’antisémitisme »

    Le chancelier allemand Friedrich Merz a réagi très sévèrement à la déprogrammation de l’Orchestre Philharmonique de Munich à un festival belge en raison des positions jugées ambiguës de son futur chef israélien sur l’offensive à Gaza.

    « Le chef d’orchestre israélien Lahav Shani a été désinvité en raison de questions liées à son attitude envers son pays natal, Israël », a déclaré le dirigeant allemand à Berlin. « La critique d’Israël et le renversement grossier des rôles entre victime et coupable sont de plus en plus souvent un prétexte sous lequel se répand le poison de l’antisémitisme », a affirmé Friedrich Merz dans un discours à l’occasion des 75 ans du Conseil central des Juifs en Allemagne.

    Une déclaration qui fait écho à l’annulation de la participation de l’Orchestre philharmonique de Munich au Festival de Flandre à Gand en raison de la nationalité israélienne de son chef d’orchestre, Lahav Shani. « Depuis l’attaque barbare du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, l’antisémitisme devient presque chaque jour plus fort, plus ouvert, plus insolent, plus violent », a affirmé Friedrich Merz qui s’est dit « horrifié ». « Désormais, des artistes juifs et israéliens sont soumis à des tests d’opinion et exclus uniquement en raison de leur origine, uniquement en raison de leur foi », a ajouté le chancelier allemand.

    Lahav Shani : « La direction du festival a cédé à des pressions politiques »

    Cette semaine, pour la première fois, Lahav Shani a commenté cette situation polémique. Dans un communiqué publié sur le site du Philharmonique de Munich, le chef d’orchestre israélien accuse la direction du festival d’avoir « cédé à des pressions politiques », ajoutant : « Elle a exigé que je fasse une déclaration politique malgré mon engagement de longue date et publiquement exprimé en faveur de la paix et de la réconciliation ».

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    Jugeant « bouleversants » les images et les témoignages qui parviennent de Gaza, Lahav Shani, qui prendra officiellement la direction de l’orchestre bavarois l’an prochain, a appelé à tout mettre en œuvre « pour mettre fin à la guerre dès que possible, et commencer le long processus de guérison et de reconstruction pour les deux sociétés ».

    Just attended a wonderful performance in Essen by the Münchner Philharmoniker conducted by Lahav Shani.

    Immediately after the horrific terrorist attack by Hamas, I expressed my fear that the Israeli government would allow itself to be drawn into an endless violent conflict in… pic.twitter.com/UqbAvJtzaV

    — Bart De Wever (@Bart_DeWever) September 13, 2025

    Samedi dernier, le Premier ministre belge Bart De Wever, qui a fermement condamné la déprogrammation du concert à Gand, a assisté à un concert de la formation munichoise dirigée par Lahav Shani à Essen, dans l’ouest de l’Allemagne.

    Philippe Gault (avec AFP)

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