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Dirigée par le jeune normalien italien de 35 ans, Gilles Gressani, Le Grand Continent est la nouvelle revue géopolitique de référence à laquelle les Editions Gallimard se sont associées pour éditer un format papier. Au micro de David Abiker, l’intellectuel esquisse dans la matinale de Radio Classique, la ligne éditoriale de sa revue, qui accueille des plumes de tous bords.
Alors que les ministres de la Défense européens sont, depuis hier, réunis à Bruxelles pour essayer de trouver une riposte adaptée aux provocations russes, Le Grand Continent travaille à un observatoire dont le lancement est prévu pour ce vendredi, qui permettra de traquer ces attaques de manière systématique et quotidienne. Un sujet que Gilles Gressani ne prend pas à la légère : « On se rend compte que ce à quoi nous sommes confrontés ne ressemble déjà plus du tout à une simple guerre hybride qui ciblerait le cyber uniquement. Non. On parle-là de choses très concrètes : d’incendies, d’attaques, d’assassinats ciblés. » alerte-t-il.
Pour identifier ces possibles actions d’ingérence externes, l’observatoire ambitionne d’analyser l’intégralité de la presse des 27 Etats membres de l’Union européenne.
Reste un versant plus inquiétant aux yeux du jeune normalien : cette étonnante convergence entre Moscou et Washington pour la première fois dans l’histoire européenne, qui soutiennent ensemble l’extrême droite, par exemple, en Allemagne.
« Il y a aujourd’hui cette idée très simple à comprendre : la France et l’Europe sont les derniers endroits au monde où des forces politiques visent à résister à la transformation impériale du pouvoir. Cibler cet espace est donc l’intérêt objectif de ceux qui essaient de transformer leur système politique en empire comme l’administration Trump, ou de ceux qui ont réussi tout à fait à le faire comme Vladimir Poutine. » détaille-t-il.
Dans ce moment géopolitique, Gilles Gressani est frappé que ceux-là même qui visent à transformer leur pouvoir en empire se nourrissent du religieux : « C’est évident avec Erdogan, qui réislamise Sainte-Sophie ; avec Cyrille, le patriarche de Moscou et de toutes les Russies, qui va jusqu’à proclamer la guerre en Ukraine comme une guerre sainte ; c’est vrai surtout pour J. D. Vance, le vice-président américain, qui a fait de sa conversion au catholicisme, une des marques de sa trajectoire. » illustre-t-il.
Selon le cofondateur du Grand Continent, c’est justement ce qui explique cette nouvelle rencontre entre la République et l’Église, donnée à voir par la ferveur suscitée par la récente visite papale à Paris. « Ce n’est pas du tout un pape laïque, c’est un pape (il l’a dit d’ailleurs, il en fait une visite apostolique) qui est venu pour convertir les Français. Mais ce qui est très intéressant, c’est qu’il revendique son autonomie. Et aujourd’hui, le geste premier de tout empire, potentiel ou revendiqué, c’est d’empêcher qu’il y ait cette autonomie » souligne-t-il.
Lorsque David Abiker interroge la présence, dans sa revue, d’auteurs issus de la nouvelle droite italienne, Gilles Gressani s’en explique par l’importance de s’intéresser aussi aux idées qui sont en train de refaçonner la composition géopolitique, pour comprendre ce que nous vivons actuellement. « Nous construisons des dispositifs qui permettent de commenter, de mettre à distance, parce que l’on croit à la force de la démocratie et de la République. Quand les citoyens se font une idée par eux-mêmes, et qu’à partir de cette idée ils décident comment se positionner, nous construisons au fond un système beaucoup plus fort que toute tentative d’ingérence externe. »
Quant à l’élection présidentielle française, Gilles Gressani précise que Le Grand Continent n’a pas vocation à se prononcer. La revue s’en tient à contribuer à la compréhension des grandes dynamiques du monde et à interroger les candidats pour qu’ils prennent position sur ces dynamiques mêmes, car « cela va être une élection dans laquelle la géopolitique sera présente comme jamais. » assure-t-il.
A l’affaire Thélyson Orélien, qui agite la rentrée littéraire française, Gilles Gressani apporte de la nuance en partageant sa propre expérience de l’IA au sein de sa rédaction : « il y a un an et demi, nous avions fait le test d’un faux auteur, un dispositif qui s’appelait Jianwei Xun, un faux philosophe de Hong Kong presque intégralement construit par l’interaction entre un philosophe italien et l’IA. » explique-t-il.
Si cela inspire un canular destiné à duper ses lecteurs, le directeur du Grand Continent s’en défend fermement, ajoutant qu’ « il faut désormais admettre que l’écriture est aussi une imbrication entre l’humain et la machine, et évidemment, par la suite, il faut mettre des limites. »
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Pour l’heure, l’écriture reste toujours humaine dans la rédaction du Grand Continent, mais une charte sur l’IA est en cours d’élaboration. Après quoi, la revue accueillera volontiers de nouvelles expériences plus théoriques et littéraires. « Je pense que c’est très important de s’en saisir parce que nous sommes entrés dans un nouveau monde, et il faut le prendre comme tel. » consent-il.
Pauline Adad
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Jordi Savall, le grand spécialiste de la musique baroque, a annoncé lundi le lancement fin 2027 ou début 2028 d’une plateforme en ligne pour les musiques classiques, jazz et traditionnelles, destinée à « rémunérer équitablement leurs créateurs ».
Nommée Aevum (Le temps éternel en latin) cette plateforme, présentée lundi à la Station F , « fonctionnera sur des systèmes complètement différents » de ceux sur lesquels reposent les géants du streaming, a affirmé le gambiste espagnol de 85 ans, qui s’était révélé au grand public en interprétant la musique du film d’Alain Corneau Tous les matins du monde (1991).
Selon Jordi Savall, « depuis 20 ans, le système streaming favorise la musique pop » et se révèle « néfaste pour la musique classique », laquelle est inégalement rémunérée. Par exemple, pour l’écoute de la Symphonie n°3 de Ludwig van Beethoven qui dure 45 minutes, le producteur de contenu musical est rémunéré « pour les 4 mouvements 4 fois 2 minutes » seulement, a-t-il expliqué.
Avec Aevum, le producteur sera rémunéré pour les 45 minutes, « soit le temps d’écoute réel ». Les labels, les musiciens producteurs de contenus classiques, jazz et musiques du monde auront donc un « retour sur investissement décent » et pourront continuer à produire des enregistrements.
En outre, il sera possible, via cette plateforme d’acheter des disques et d’avoir un lien direct avec celui qui produit, selon Jordi Savall.
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Développée pendant un an et demi par une équipe de Français, elle se positionnera en parallèle des plateformes généralistes et non pas « contre ». L’abonnement ne sera « pas plus cher » que les autres mais le service sera « plus spécialisé », a-t-il insisté. « C’est un projet qui peut défendre notre patrimoine européen », a également plaidé Jordi Savall, qui œuvre depuis longtemps en faveur de la transmission du patrimoine culturel.
Chantre de la musique baroque, celui qui est aussi chef d’orchestre a injecté dans ce projet une partie du Prix Ernst von Siemens qu’il a reçu en 2026 et qui est doté de 250.000 euros. Pour finaliser cette plateforme, qui ambitionne « d’accueillir plus de 300.000 albums » (4 millions de pistes), le musicien espagnol a indiqué que l’année 2027 serait consacrée à la recherche de mécènes et d’investisseurs, tandis que les discussions avec les artistes et producteurs démarrent « maintenant ».
Philippe Gault (avec AFP)
Retrouvez le sujet d’Augustin Lefebvre dans le journal de 8h :
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Spécialisé en fiscalité des entreprises, Julien MONSENEGO évoque la réforme des management packages, visant à encadrer la cession des actions par les salariés ayant accès au capital de l’entreprise et qui pourront bénéficier, sous certaines conditions, d’un régime fiscal plus favorable ; la cession pourra être considérée soit comme un salaire ou une plus-value ; mais il reste encore des incertitudes notamment quant au statut du fondateur selon qu’il agit en qualité d’actionnaire ou de salarié, ainsi que la question des PEA-PME …
Rencontre avec Julien MONSENEGO du cabinet DELSOL Avocats.
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Le mouvement de blocage des lycées prend de l’ampleur, seulement quatre semaines après la rentrée. Cécile Cornudet, éditorialiste aux Echos et Jean-François Colosimo, éditeur, philosophe, théologien, ont débattu de ce sujet ce matin dans Esprits Libres avec en toile de fond cette question : cette mobilisation a-t-elle été téléguidée ?
Bloquer les lycées pour dénoncer l’absence des professeurs et les classes submergées : c’est la revendication de la principale organisation des lycéens, l’USL, qui a appelé au blocus de lycées en ce mardi, jour de grève des fonctionnaires.
Le mouvement, qui dure depuis une semaine, prend de l’ampleur et a été émaillé de violences, avec l’interpellation de 164 personnes selon le ministère de l’Intérieur, et une enquête de l’IGPN pour le tir d’un projectile ayant blessé un lycéen au visage, ce lundi.
Colère spontanée ou mobilisation poussée par l’extrême-gauche ? Pour Cécile Cornudet, c’est le résultat d’une « manipulation évidente, et d’ailleurs La France insoumise ne se cache même pas. Clémence Guetté qui va dans un blocus, Louis Boyard qui va dans un blocus… Quand vous regardez les tracts qui sont distribués dans les lycées de France, ce sont tous les mêmes. Evidemment, ils ne sont pas siglés LFI, mais c’est comme si c’était organisé ».
L’éditorialiste soupçonne LFI de vouloir chercher le chaos, et de mettre de l’huile sur le feu justement en ce jour de mobilisation « pour espérer avoir un début de convergence des luttes ».
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Le théologien Jean-François Colosimo rebondit sur cette idée de chaos pour affirmer que les Français n’ont jamais « mis au clair » leur relation avec 1793, et l’instauration de la Terreur. « Nous n’avons pas su séparer 89 de 93. […] Notre gauche en France, particulièrement celle que porte LFI, reste totalement prisonnière de l’idée que la violence est créatrice en politique »
Béatrice Mouedine
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Voilà un tic de langage que nous commettons tous : le pléonasme. Tour d’horizon de ces redondances qui encombrent notre vocabulaire.
Commençons par le domaine météorologique, un terreau particulièrement fertile, avec la fameuse « accalmie provisoire » et les célèbres « bourrasques de vent ».
Une accalmie est un moment de calme provisoire, on dira simplement : « Je profite d’une accalmie salutaire » ou « Enfin un moment de calme ».
Quant à la bourrasque, elle désigne par définition un coup de vent violent. L’expression « bourrasque de vent » est donc totalement redondante, au même titre que le fait de « donner un coup de poing de la main » !
On entend parfois « achever complètement » ou « anéantir complètement ». Or, achever signifie précisément : terminer une action dans son intégralité. On dira de préférence : « Il a enfin achevé son œuvre » ou « Il est ravi de l’avoir finie ».
De même, anéantir porte déjà en soi l’idée d’une destruction totale.
Le registre du discours n’est pas épargné, avec la « courte allocution » ou le sempiternel « bref résumé ». Or, une allocution est par nature un discours bref adressé par une personnalité. Il en va de même pour le résumé, qui constitue déjà la forme abrégée d’un document et qui se doit donc d’être concis.
Attention également à l’expression « phases successives ». Le terme « phase » désigne déjà chacun des états successifs d’un phénomène en évolution, la formule est pléonastique.
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On parlera plus justement des phases de la Lune, ou bien de ses aspects successifs. Cette règle s’applique d’ailleurs tout autant aux étapes : on évitera donc de parler d’« étapes successives ».
Enfin, pour finir… ou plutôt, pour clore le sujet sans commettre d’impair : il faudra choisir entre dire « enfin » ou « pour finir », sous peine de commettre un ultime pléonasme !
Karine Dijoud
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Lorenzo Viotti voit son contrat avec le Tokyo Symphony Orchestra prolongé jusqu’en 2034. Une marque de confiance à l’égard du jeune chef d’orchestre franco-suisse de la part des responsables de la formation japonaise qui souhaitent faire de cette collaboration « une marque musicale distinctive dont nous pourrons être fiers sur la scène internationale ».
Une prolongation de contrat d’un jeune directeur musical annoncée cinq mois seulement après une prise de fonction, c’est assez rare dans le milieu de la musique classique. C’est pourtant ce que vient de faire le Tokyo Symphony Orchestra en prolongeant de cinq ans, jusqu’à 2034, le contrat de Lorenzo Viotti, 36 ans, qui a débuté son mandat initial de trois ans avec l’orchestre japonais en avril dernier.
Alors qu’il collabore avec la formation phare de la capitale japonaise depuis 2014, le chef d’orchestre a, semble-t-il, définitivement conquis la direction de l’orchestre et le public tokyoïte dès le premier concert qu’il a dirigé en tant que directeur musical au Suntory Hall le 16 mai dernier pour un programme qui proposait la Symphonie n° 1 de Ludwig van Beethoven et la Symphonie n° 1, dite “Titan“, de Gustav Mahler.
Un concert qui a suscité « un enthousiasme considérable » selon Yoshitaka Hirooka. Le directeur général de l’Orchestre symphonique de Tokyo salue « non seulement la musicalité » de Lorenzo Viotti, mais aussi « son extraordinaire capacité à captiver le public ».
Cette prolongation vise à « établir des fondements musicaux solides et durables, tout en enrichissant l’expression artistique de l’orchestre par une plus grande ampleur et une plus grande diversité sonore » a-t-il précisé, ajoutant ressentir « une profonde responsabilité à l’égard du Maestro Viotti, qui traverse une période importante de son évolution artistique, passant de la fin de la trentaine au début de la quarantaine ».
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Dans un communiqué, Lorenzo Viotti se dit « rempli d’enthousiasme » à l’idée d’envisager cinq années supplémentaires avec les musiciens du Tokyo Symphony Orchestra dont il salue « l’engagement extraordinaire, la curiosité, la générosité et la passion » et avec un public qu’il remercie pour sa fidélité, sa passion et son ouverture. « Sentir votre présence et votre énergie dans la salle donne à notre musique une signification encore plus profond », a-t-il confié.
À raison d’au moins quatre séjour au Japon par saison, pour un total de huit semaines à la tête de l’Orchestre symphonique de Tokyo, le frère de la mezzo-soprano Marina Viotti devra aménager un agenda qui s’annonce bien chargé entre le Japon et la Suisse où il occupera le poste de directeur musical de l’Opéra de Zurich à partir de 2028.
Philippe Gault
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A l’occasion du lancement de la nouvelle saison de la salle Gaveau, Hugo Panonacle et Victor Julien-Laferrière seront, ce lundi 28 septembre à 20h, les invités du Journal du classique.
C’est une salle légendaire, dont on fêtera le 120e anniversaire en 2027, où bien des chefs-d’œuvre de Ravel ou Debussy ont été créés mais qui, depuis quelques années, peinait à attirer le public.
Rachetée récemment par Jean-Marc Dumontet, Gaveau devrait connaître un nouveau souffle au vu de sa nouvelle saison particulièrement dense et colorée. Elle débutera le 2 octobre par un concert de Nemanja Radulovic avec les Trilles du Diable et accueillera quelques autres brillantes étoiles de la musique comme de nouveaux talents à découvrir.
Hugo Panonacle, qui a conçu cette programmation nous éclairera ce soir sur ses temps forts en compagnie de Victor Julien-Laferrière. Le violoncelliste et chef y donnera plusieurs concerts et participera notamment, avec son orchestre Consuelo, à l’intégrale des symphonies de Beethoven confiée à différents ensembles qui se déclinera tout au long de la saison.
Laure Mézan
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KPMG vous invite à écouter l’interview d’Antoine Kuhn, Président de Maritime Kuhn, belle ETI basée à Brest (Finistère).
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Un Capitalisme devenu fou, Comment les riches ont gagné la lutte des classes : c’est le titre du dernier livre d’Alain Minc, co-écrit avec Guillaume Erner et publié aux éditions Flammarion. L’essayiste, président de la société de conseil AMConseil, était ce lundi l’invité de David Abiker dans la matinale de Radio Classique pour en parler.
Alain Minc part du postulat qu’il n’y a pas d’alternatives à l’économie de marché. Pour s’en accommoder, il souhaite par son ouvrage, participer à aider ce système à se protéger de ses propres démons : « le capitalisme n’est pas un gros mot, l’expérience a montré qu’il n’y a pas meilleur système. »
Pour le bien du capitalisme, la question de la place occupée par les nouvelles technologies sera, selon lui, le nerf de la guerre de la campagne présidentielle américaine de 2028 afin de démanteler les acteurs tout puissants qui dominent l’IA, qui se comptent sur les doigts d’une main. Il en est convaincu, ceci passera par une remise en cause de la gauche aux Etats-Unis : « il va de soi que Trump va amener au pouvoir le parti démocrate de la gauche ».
Lorsqu’on lui demande si L’Europe peut encore tirer son épingle du jeu en faisant émerger des géants comme aux Etats-Unis, Alain Minc explique que « l’Europe s’est auto limitée elle-même en refusant une concentration dans les secteurs classiques. il y a 120 opérateurs de téléphone dans l’Union Européenne, il y en a trois aux Etats-Unis. Ça n’a aucun sens. »
Il constate qu’aujourd’hui tous les sujets européens portent sur les thèmes historiques français et observe que « la France est tellement faible qu’elle ne peut pas jouer le rôle moteur qui normalement aurait dû être le sien . »
En vue des annonces à venir du gouvernement sur les orientations budgétaires, Alain Minc n’est pas dupe : « C’est un budget fictif qui vise à rassurer les marchés, en vain. Le vrai budget viendra après la présidentielle. » Une crainte l’habite tout de même, celle que la crise sur la dette française n’explose avant la présidentielle. « Je ne sais pas quelles en seront les conséquences politiques ; on peut dire « ça mettra un peu de plomb dans la cervelle des Français » et on peut se dire « ça poussera au dégagisme ». Je n’ai aucun pronostics » concède-t-il.
Il avait poussé la candidature d’Emmanuel Macron en 2017 mais reste objectif face à l’échec de la politique menée. Un constat nuancé : « Il est parti d’une intuition qui est juste : si on augmente le taux d’emploi et qu’on rejoint le taux d’emploi allemand, il n’y a plus de problème budgétaire. Et il a pris des mesures qui vont dans ce sens dans le premier mandat, le seul mandat sérieux qu’il ait mené. La seule chose c’est qu’il faut 15 ans pour redresser un taux d’emploi. Sa politique aurait été parfaite s’il avait tenu la dépense publique ».
Par-là, Alain Minc ne remet pas en cause le « quoi qu’il en coûte » pendant le Covid, d’après lui nécessaire, mais il aurait fallu s’arrêter, pense-t-il, juste après. En résulte aujourd’hui la remise en cause du gouvernement de ce qui était une partie des acquis du premier mandat en termes de « politique de l’offre » : « la réforme des retraites en est la plus insupportable. » déclare-t-il.
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Quand David Abiker l’interroge sur ses intentions de votes, Alain Minc lui répond, confiant, « Je voterai pour le candidat modéré. Je pense que ce sera Edouard Philippe ». En cas de second tour qui opposerait Jean-Luc Mélenchon à Marine le Pen, il votera blanc.
Plus surprenant, lorsque David Abiker sonde son avis sur la polémique autour du livre C’était ça ou mourir de Thélyson Orélien, suspecté d’avoir délégué l’écriture de son roman à l’IA, Alain Minc prend parti pour l’auteur, puis révèle sans rougir : « Si j’avais 20 ans à nouveau ce serait de l’ordre de l’évidence d’écrire avec ChatGPT. Je lui ai demandé de faire sur un sujet donné un pastiche de Proust : excellent ! ».
Pauline Adad
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Près de 100 ans après la fin de l’activité de la célèbre compagnie de Serge de Diaghilev, une fondation italienne a annoncé la création des Nouveaux Ballets Russes. Cette nouvelle troupe, qui réunira des artistes de renommée internationale et de jeunes danseurs, fera ses débuts au Teatro del Maggio Musicale Fiorentino en mars 2027.
Le 4 août 1929, les Ballets Russes donnaient leur dernière représentation à Vichy, deux semaines avant la disparition de Serge de Diaghilev, le génial producteur et imprésario qui avait créé la compagnie à Saint-Pétersbourg en 1907. Pendant vingt ans, la troupe, composée des meilleurs éléments du théâtre Mariinsky, dont les immenses Vaslav Nijinsky, George Balanchine et Lydia Lopokova, s’est produite dans les plus grandes salles d’Europe et aux Etats-Unis.
Près de cent ans plus tard, une fondation italienne qui soutient la nouvelle génération d’artistes a décidé de créer une compagnie de danse inspirée de celle de Diaghilev. Ces Nouveaux Ballets Russes auront pour objectif de perpétuer cet esprit en réinterprétant le répertoire classique à travers des productions audacieuses.
Sous la direction artistique de Xander Parish, premier danseur anglais engagé au théâtre Mariinsky, cette nouvelle troupe, basée à Florence, s’engage à soutenir la nouvelle génération de danseuses et danseurs en offrant aux artistes émergents la possibilité d’acquérir de l’expérience, de se développer artistiquement et de se produire sur les plus grandes scènes.
Les auditions pour constituer la base du corps de ballet ont eu lieu le 26 septembre au Teatro del Maggio Musicale Fiorentino, la majorité des candidats venant d’Italie.
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C’est d’ailleurs dans cette même salle prestigieuse de Florence qu’aura lieu le dimanche 14 mars prochain la première prestation publique des Nouveaux Ballets Russes dans une version du Lac des Cygnes chorégraphiée par Xander Parish. L’occasion de célébrer les 150 ans du célèbre ballet de Piotr Ilitch Tchaïkovski, créé au Théâtre Bolchoï de Moscou le 4 mars 1877. Les danseurs seront accompagnés, lors des six représentations programmées, par l’Orchestra del Maggio sous la direction de James Conlon.
Une publication partagée par Nouveaux Ballets Russes (@nouveauxballetsrusses)
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