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Un Journal du classique placé sous le signe de la jeunesse ce mercredi 18 juin à 20h, avec l’orchestre de jeunes du dispositif ADO de l’Opéra national de Paris et le duo formé par la violoniste Iris Scialom et la harpiste Alexandra Bidi.
Nous ouvrirons cette émission avec un reportage dans les coulisses de l’Opéra Bastille à l’occasion d’une répétition de l’un des deux orchestres issus du dispositif ADO de l’Opéra national de Paris. Il réunit de jeunes musiciens issus des conservatoires de Paris et de Seine-Saint-Denis placés sous la direction de Victor Jacob. Ils joueront Mozart, Bizet, Prokofiev, Verdi ou encore Bernstein à l’occasion de leur grand concert de fin de saison le 25 juin au Palais Garnier.
Nous ferons ensuite connaissance avec deux nouvelles figures de la harpe et du violon, Alexandra Bidi et Iris Scialom.
Distinguée dans le cadre de grands concours internationaux, elles viennent d’entamer des carrières de solistes qui s’annoncent prometteuses et forment un duo. Elles se produiront ainsi ensemble cet été dans le cadre de plusieurs festivals, dont celui de La Vézère où elles se produiront le 12 et 13 juillet.
Laure Mézan
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Un rapport de la Cour des comptes fait le constat que les maisons d’opéra en France peinent à diffuser leur programmation au-delà de leur lieu d’implantation. L’instance leur recommande d’ « améliorer, dans les meilleurs délais, la connaissance des publics » afin d’adapter leur offre.
Dans leur rapport, qui a porté sur l’examen de 12 institutions, sur les 30 que compte la France, depuis 2010, les Sages relèvent que la « diversification géographique, sociologique et générationnelle des publics peine à prendre forme. Le public reste concentré dans les métropoles; les actions en direction des jeunes – notamment du public scolaire – ne touchent qu’un nombre limité de classes, malgré des initiatives de qualité ».
Notant que la connaissance des publics « est inégale et souvent lacunaire », ils recommandent de l' »améliorer, dans les meilleurs délais » afin « de construire des politiques tarifaires adaptées et une stratégie d’attractivité ». Le prix moyen d’une place pour un spectacle lyrique, hors Opéra national de Paris, est de 40 euros (7 euros pour le jeune public), selon les chiffres de la Réunion des Opéras de France (ROF).
La Cour relève que ces maisons sont « toutes confrontées à la hausse de leurs charges, au premier rang desquelles la masse salariale, et des dépenses d’énergie qui ont fortement progressé dans un contexte inflationniste, au lendemain de la crise sanitaire ». Dans ce contexte, elle note que les recours aux coproductions, en progression, y compris à l’international, « sont l’une des réponses à la contrainte pesant sur la création artistique ».
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S’agissant de l’accompagnement du ministère de la Culture, elle constate que « la très grande majorité du financement de l’État est attribuée à l’Opéra national de Paris » et que « le mode de calcul des subventions attribuées aux autres maisons reste obscur et sans cohérence avec les obligations qui découlent » de ces établissements, qui de surcroît n’ont pas un statut et un mode de gestion homogène. Les Sages préconisent donc de « clarifier les critères retenus pour l’attribution des subventions« .
Le rapport stipule que la France compte 30 maisons d’opéra, « situées essentiellement dans les métropoles urbaines », qui « accueillent en moyenne deux millions de spectateurs par an », soulignant qu’elles « contribuent à la renommée et à l’attractivité culturelle de la France et des différentes régions ».
Philippe Gault (avec AFP)
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Ce mercredi 18 juin, Emmanuel Macron préside un conseil de Défense pour aborder la situation au Proche et Moyen-Orient. Pour le 6ème jour consécutif, les échanges d’attaques entre Israël et l’Iran se poursuivent. Invité de la matinale, Gilles Kepel, auteur de Du 7 octobre au retour de Donald Trump (édition Pocket), analyse l’intensité de cet affrontement.
Donald Trump a considérablement haussé le ton contre l’Iran mardi 17 juin. Dans un message en lettres majuscules sur sa plateforme Truth Social, le président américain a exigé une « CAPITULATION SANS CONDITIONS » de l’Iran. Après être parti précipitamment dans la nuit du sommet du G7 au Canada, en raison de la situation au Moyen-Orient, les questions sur une possible implication militaire des Etats-Unis auprès d’Israël augmentent.
Pour le politologue Gilles Kepel, cela ne fait pas encore partie du plan de Donald Trump : « Si on est capable de lire dans la boule de cristal des pensées du président Trump qui ne sont pas les mêmes matin, midi et soir, à ce stade, c’est trop risqué de dire : j’attaque. Il ne peut que faire plier l’Iran par des négociations. »
D’après l’auteur de Du 7 octobre au retour de Donald Trump, tout va se jouer par la pression : « Trump a été élu par le mouvement MAGA (Make America Great Again) qui s’oppose à toute intervention militaire à l’étranger. Je pense qu’on va voir une utilisation maximale de la pression combinée américano-israélienne dans les jours qui viennent. »
« Ce n’est pas seulement un conflit entre Israël et l’Iran, il embarque toute la région dans cette dynamique » confie Gilles Kepel. Pour lui, c’est un conflit d’une nouvelle intensité avec une surprise, l’efficacité de l’espionnage israélien : « Même si aujourd’hui il y a de grands progrès technologiques qui ont été faits qui rendent les attaques plus faciles et puissantes, il faut reconnaitre une grande intelligence humaine du côté israélien. La démonstration type est quand, dans une résidence sécurisée, Yahya Sinouar, le chef du Hamas, s’est fait assassiner par des drones israéliens sans que personne ne s’en rende compte. »
Le politologue confie que pour qu’un tel acte ait été réalisé : « Cela suppose quand même qu’il y a une pénétration humaine au sommet d’une partie de l’appareil du renseignement iranien. »
Ce mardi, Donald Trump a déclaré : « Nous savons exactement où se cache ledit ‘Guide Suprême’. Il est une cible facile, mais il est en sécurité là-bas – Nous n’allons pas l’éliminer, du moins pas pour l’instant. » A la suite de cette déclaration, certaines personnes envisagent déjà une suite sans le chef suprême Iranien Ali Khamenei : « Un grand nombre d’occidentaux en Israël et aux Etats-Unis pensent qu’il y a des gens qui ont commencé à prendre contact avec l’extérieur pour préparer cette transition . »
Les acteurs indirects de ce conflit retiennent leur souffle : « Aujourd’hui, l’affaiblissement de l’Iran ne dérange pas les états arabes dans la mesure où cela leur permet de reprendre plus d’importance régionale, mais le chaos à venir leur fait courir des risques ! » affirme Gilles Kepel.
Il explique : « Si dans un spasme ultime, la république islamique bloque le détroit d’Ormuz, c’est 20% du pétrole exporté mondial qui passe chaque jour à travers lui. Ça fera augmenter les prix, mais ça pose aussi un problème à l’Arabie saoudite et aux autres exportateurs qui ne peuvent plus faire sortir leur pétrole. »
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Emmanuel Macron réunit un conseil de défense ce mercredi 18 juin pour « faire revenir tout le monde autour de la table des négociations. » Si le conflit se prolonge, Gilles Kepel alerte sur les potentielles escalades : « Il faut prendre en compte le facteur de solidarité. A chaque fois que l’Iran réussit à tirer un missile sur le sol israélien, cela suscite de l’enthousiasme, surtout qu’Israël a beaucoup d’ennemis qui attendent une compensation à ce que vit aujourd’hui la population. »
Alessandra Wyak
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La famille d’Alfred Brendel a annoncé la mort ce mardi matin à son domicile de Londres à l’âge de 94 ans. Le grand pianiste d’origine autrichienne, réputé pour sa maitrise des répertoires classique et romantique, était également un intellectuel passionné par toutes les formes d’art.
Né le 5 janvier 1931 à Wiesenber en Moravie (actuellement rattachée à la République Tchèque) de parents allemands, a commencé à apprendre le piano à l’âge de 6 ans à Zagreb, en Croatie, où travaillait son père. Après la guerre, Il poursuivit ses études de musique en Autriche au conservatoire de Graz où il donna son premier récital en 1948.
Lauréat d’un prix dans la première édition du Concours international de piano Busoni en 1949 à Bolzano, Alfred Brendel commence à enregistrer dès le début des années 50 mais c’est en 1958 qu’il se fait remarquer en devenant le premier pianiste à enregistrer (pour le label Vox) l’intégrale des œuvres pour piano de Ludwig van Beethoven. Commence alors une longue carrière de soliste qui le mènera dans les plus grandes salles de concert du monde et sous la direction des chefs d’orchestre les plus réputés de l’époque.
Installé en famille à Londres en 1971, Alfred Brendel concentre alors son travail sur les grands compositeurs du classicisme viennois tels que Haydn, Mozart, Beethoven et surtout Franz Schubert, dont il était considéré comme l’un des plus grands interprètes. Des compositeurs qu’il continuera de jouer jusqu’à la fin de sa carrière publique qui s’acheva au Musikverein de Vienne le 18 décembre 2008 sur une interprétation du Concerto N°9 de Mozart.
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S’il continua à donner des master classes, malgré la surdité dont il fut atteint progressivement, Alfred Brendel put, après son retrait de la scène, se consacrer pleinement à sa passion pour l’art et la culture. Curieux de peinture, d’architecture, de cinéma, de philosophie et de littérature, il a publié plusieurs ouvrages, sur la musique bien sûr, mais aussi des recueils de poésie et des essais.
Wie sehr, sehr traurig.
Ein einzigartiger Musiker und Künstler, ein Gigant ist gegangen. https://t.co/H2GfV7AcVo
— Igor Levit (@igorpianist) June 17, 2025
Alfred Brendel est décédé « paisiblement (…) et entouré de ses proches » chez lui à Londres ce mardi matin a annoncé son porte-parole.
Philippe Gault
Francis Dresel rendra hommage à Alfred Brendel dans son émission Le discoportrait ce vendredi à 23h
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A l’occasion de la nouvelle édition des Nuits du château de la Moutte à Saint-Tropez, Nicolas Dufetel sera, ce mardi 17 juin à 20h, l’invité du Journal du Classique.
C’est un havre de paix, un lieu romantique où le temps semble suspendu, loin des paillettes et de l’effervescence du village de Saint-Tropez. Le château de la Moutte offre, depuis 50 ans, son cadre exceptionnel à la musique, le temps d’un festival qui cette année se tiendra du 28 juillet au 13 août. Une édition du cinquantenaire qui coïncide avec les 200 ans de la naissance d’Emile Ollivier illustre propriétaire du château dont l’esprit souffle encore sur ces lieux.
Le musicologue Nicolas Dufetel, qui a consacré un livre au château de la Moutte et a signé la programmation de cette édition du festival, nous racontera l’histoire de ce lieu liée donc à Emile Ollivier, ce ministre de Napoléon, amoureux de musique qui épousa l’une des filles de Franz Liszt. Il lui rendra d’ailleurs hommage le 5 août à l’occasion d’une soirée spéciale à laquelle participeront la violoncelliste Astrig Siranossian, le pianiste Nathanaël Gouin ainsi que Stéphane Bern.
Laure Mézan
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Pour la dernière fois ce 17 juin, syndicats et patronat se retrouvent pour tenter de trouver un accord sur les retraites. Le Premier ministre, François Bayrou, se dit prêt à accorder quelques jours supplémentaires de négociation aux partenaires sociaux. Invité de la matinale, le conseiller en stratégie Hakim El Karoui analyse la gestion politique de ce dossier.
Après quatre mois d’échanges, le conclave sur les retraites touche à sa fin. Pour le conseiller en stratégie Hakim El Karoui, on peut déjà dresser un bilan de cette concertation : « On a une victoire silencieuse, mais qui est la vraie conclusion de ce conclave. On ne parle plus de l’âge limite du départ en retraite de 64 ans, ça veut dire que les partenaires sociaux ont accepté qu’il va falloir travailler plus longtemps. »
L’âge du départ à la retraite en France est fixé à 64 ans, et si l’on souhaite une retraite à taux plein, il est de 67 ans. D’après l’auteur de La lutte des âges (aux éditions Flammarion, 2013) l’âge de départ à la retraite ne va qu’augmenter : « Je vous l’annonce, on va bientôt passer à 65, à 66 et à 67 comme la moyenne européenne, dans les prochaines années ! Ça progresse toujours petit à petit. Pour que ça passe, il faut que les gens comprennent comment fonctionne le système. »
« La grande difficulté du débat français, c’est qu’on a l’impression qu’on veut taper sur les salariés pour les faire travailler plus longtemps juste pour le plaisir », affirme Hakim El Karoui. D’après lui, il faut accepter la réalité : « Notre système est basé sur la solidarité entre les générations, donc il faut qu’il y ait suffisamment de travail des uns pour financer la retraite des autres. »
Le système de répartition français consiste à alimenter les caisses de retraites par les cotisations, basées sur les revenus professionnels des travailleurs en activité. Ce système est fondé sur l’équilibre démographique.
D’après l’essayiste, c’est justement la source du problème : « Les baby-boomers étaient très nombreux et la génération qui a suivi l’était beaucoup moins, donc mécaniquement, il faut travailler plus longtemps pour financer la retraite des baby-boomers. C’est la réalité, et la réalité ne ment pas ! »
Le conseiller en stratégie affirme que « La retraite est considérée comme une sorte d’Eden dans la vie aujourd’hui. » On le constate avec des chiffres : le taux de pauvreté chez les retraités est de 7 %, tandis que chez une famille active avec 2 à 3 enfants, il est de 25 %.
Pour Hakim El Karoui, s’alarme de la situation actuelle : « Personne n’a jamais dit qu’on allait vivre mieux à la retraite qu’au travail, et pourtant c’est ce qui se passe aujourd’hui. On a presque vaincu la pauvreté au grand âge ! » En France, 38 % du salaire va au financement des retraites ce qui, d’après une étude Rexecode représente 90 milliards d’euros par an. Il faut retrouver un équilibre : « La pauvreté a changé d’âge, il faut que les pensions baissent tout de suite pour baisser les charges sociales et augmenter les salaires. »
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De son côté François Bayrou propose une prime pour encourager les seniors à rester dans l’emploi. D’après Hakim El Karoui, une autre méthode est envisageable : « Le dernier moyen d’augmenter le travail en France, c’est l’immigration. Elle a un rôle primordial dans de nombreux secteurs en France. Le souci est qu’on ne veut pas la garder dans parmi les solutions, pourtant il faut qu’on s’y prépare car elle ne va faire qu’augmenter dans ces prochaines années et on en a besoin. »
Alessandra Wyak
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Affectée par un « léger » accident vasculaire cérébral (AVC), la grande pianiste portugaise Maria João Pires annonce qu’elle est contrainte de s’absenter de la scène plus longtemps que prévu initialement.
La semaine dernière, Maria João Pires avait annoncé qu’en raison d’un « léger » AVC dont elle a été victime début juin, elle renonçait à se produire lors d’une tournée de trois dates chez elle au Portugal. Annulés donc les récitals de Braga, où elle devait se produire pour la première fois, au festival de Sintra, près de Lisbonne, dimanche et à Faro (Algarve) ce mercredi.
Une publication partagée par Maria João Pires (@maria.joao.pires)
On sait déjà que la participation de Maria João Pires aux deux concerts qu’elle devait donner avec les frères Lucas et Arthur Jussen à l’auditorium Rainier III de Monaco le 22 juin puis à Heeren et La Haye aux Pays-Bas, les 28 et 30 juin sont annulés. Les deux pianistes néerlandais y joueront donc tout seuls le Concerto n°7 pour pianos de Wolfgang Amadeus Mozart.
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Si l’on se réfère à l’agenda publié sur son site, la pianiste ne pourrait faire son retour qu’à partir du 9 septembre au Wigmore Hall de Londres avec le baryton Matthias Goerne pour un récital consacré au Wintereise de Franz Schubert. Ce qui signifierait que, même si Deutsche Grammophon l’annonce toujours, sa tournée estivale en Extrême-Orient, où elle devait se produire, fin juillet et début août à Taïwan puis au Japon à Tokyo, Hiroshima, et Osaka, est également annulée.
Dans la conclusion de son message, Maria João Pires indique : « Je consacrerai cette période à retrouver l’équilibre entre le corps et l’esprit, et à trouver la joie dans la retraite, la lecture, la méditation et l’apprentissage des leçons que la vie souhaite m’enseigner ».
Philippe Gault
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Dans la cour du château, à la merveilleuse acoustique, dans la palmeraie ou sur la plage des Canebiers, c’est toujours au clair de lune et sous la voûte étoilée que les concerts de musique classique, baroque, jazz, ou du monde, enchantent les soirées tropéziennes.
Emile Ollivier fut un des pionniers de Saint-Tropez : bien avant Signac et Matisse qui ont immortalisé le village, il vient y chercher le calme, la beauté de la nature et la contemplation de la Méditerranée. Son beau-père Liszt fut le premier grand musicien
Après lui, d’autres musiciens sont venus, comme Germaine Tailleferre et Louis Durey, membres du Groupe des 6, avec Darius Milhaud et Francis Poulenc, mais aussi Boris Vian et Don Bias, Herbert Von Karajan, Juliette Gréco … et bien sûr Sacha Distel, Charles Aznavour ou Enrico Mathias.
Tant de gens de lettres et du cinéma, Colette, Jean Cocteau, Joseph Kessel, Françoise Sagan, Brigitte Bardot bien sûr, Romy Schneider, Alain Delon, Charles Vanel, ont par la suite lié leur vie et leur art à Saint-Tropez, à ses paysages et à ses habitants.
Beauté et poésie dialoguent avec l’architecture, la musique et la nature. Une expérience inattendue et inoubliable.
Pour cette édition du cinquantenaire, qui correspond aussi aux 200 ans de la naissance d’Emile Ollivier, Nicolas Dufetel a proposé de renouer
Au programme, du 28 juillet au 13 août, des artistes d’exception : Lucas Debargue, Jakub Jozef Orlinski, Brad Mehldau, Nadine Sierra, Théotime Langlois de Swarte, Astrid Siranossian, Mikhaïl Pletnev…
Pour plus d’informations : https://lesnuitsduchateaudelamoutte.com/
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Artemisia Gentileschi est une artiste féministe avant l’heure. Au XVIIe siècle, elle découvre son talent pour la peinture, transmis par son père Orazio Gentileschi. C’est en luttant pour qu’on lui enseigne sa passion, qu’elle endure l’épreuve de sa vie. Découvrez le combat d’Artemisia Gentileschi, une femme peintre.
Artemisia voit le jour en 1593 dans une famille romaine à l’âme très artistique. Son père, Orazio Gentileschi, est un peintre reconnu. À la fin du XVIe siècle, Rome doit s’embellir pour affirmer le prestige de la papauté. C’est pourquoi, du pontificat de Paul III à celui de Paul V, les papes soutiennent financièrement les artistes, les architectes, les savants et les institutions culturelles. Période idéale pour Orazio qui, comme tous les artistes, essaye de récupérer des commandes. C’est aussi la période du Caravage qui bouleverse les codes de la peinture avec le clair-obscur. Il représente les émotions humaines d’une manière crue qui captive un public de plus en plus avide de réalisme.
Artemisia bénéficie donc du bouillon de culture de la Rome des XVIe et XVIIe siècles. Elle s’initie à la peinture dans l’atelier de son père, là où les plus grands artistes se croisent, même Caravage y est passé. Sa première œuvre, elle la signe à peine à 17 ans en 1610. Elle y représente une scène de l’Ancien Testament : Suzanne et les vieillards. Tout de suite, on reconnaît l’influence de Caravage, mais aussi celle de son père qui décide d’ailleurs de la prendre sous son aile. Il lui transmet un savoir académique qui est d’habitude réservé aux hommes. Orazio lui apprend tous les secrets de la peinture : le dessin, les techniques de pigments, juger les tableaux, la Bible et la mythologie gréco-romaine.
Dans cet atelier se trouve aussi un certain Agostino Tassi. Son travail est de s’occuper des perspectives des tableaux et des illusions architecturales. Il accompagne aussi le père d’Artemisia sur des projets comme la fresque du Palais Pallavicini Rospigliosi du cardinal Borghèse. Sa compétence étant très technique, c’est à lui qu’il confie le soin de l’enseigner à Artemisia. Orazio, lui fait confiance, et le laisse seul avec elle dans l’atelier. Au moment du cours, il est un peu trop proche que ce qu’il ne faut pour juste lui enseigner la perspective. Artemisia témoignera plus tard lors d’un procès : « Il m’a renversée sur le bord du lit en appuyant une main sur la poitrine et m’a mis un genou entre les cuisses pour que je ne puisse pas les serrer. Il me mit un mouchoir sur la bouche pour que je ne puisse pas crier. Et pourtant je tentais de le faire du mieux que je pouvais en appelant ma tante. Mais il continua son affaire. Et quand il eut fini, il se retira. »
Agostino ne s’arrête pas là, pour réparer le déshonneur, il demande Artemisia en mariage. Mais, nouveau coup de poignard, il ne tiendra jamais cette promesse. Bouleversé, Orazio Gentileschi porte plainte contre celui qui avait été son protégé, son ami, son collaborateur. En 1612, le procès s’ouvre. Artemisia doit revenir sur les faits tout en subissant, ce qui était de coutume à l’époque, la torture. Au XVIIe siècle, on estime la torture appropriée pour attester de la véracité des accusations. On va donc lui ligoter les doigts et les serrer jusqu’à une douleur insoutenable, au risque de briser ses os. Malgré tous les outrages et les supplices, Artemisia maintient son témoignage. Elle déclare même : « J’ai dit la vérité. Je la dirai toujours parce que c’est la vérité. Je suis prête à la confirmer où que ce soit ».
Agostino Tassi est reconnu coupable et est condamné à l’exil des États pontificaux. Mais le peintre, sous la protection de puissants protecteurs, ne respecte pas du tout cette sentence. Artemisia, elle, se marie dans la précipitation à un peintre florentin qui s’appelle Pietro Antonio Stiattesi quelques semaines après le procès. Le couple s’installe le plus loin possible de Rome, à Florence. Pietro Antonio comprend très vite que sa femme a énormément de talent. À Florence, elle est accueillie par les Médicis, elle a des commandes prestigieuses, et fréquente même les grands penseurs de la ville, dont le fameux Galilée avec qui elle correspondra longtemps.
En 1616, elle devient la première femme admise à l’Académie de Florence. Son nom est non seulement très respecté dans le monde des arts, mais dépasse aussi celui de son père. Elle obtient des commandes pour un certain nombre d’œuvres, dont son tableau Judith décapitant Holopherne (1612-1613) qui rappelle l’événement dont elle a le plus grand mal à se remettre. Orazio brosse ce portrait de sa fille à cette période : « Artemisia est devenue si habile que je n’ai aucun mal à affirmer qu’elle est aujourd’hui sans égal. En effet, elle a produit des œuvres qui démontrent un degré de compréhension que même les grands maîtres de la profession n’ont peut-être pas atteint ». Si on devait caractériser la peinture d’Artemisia, on peut dire que c’est une peinture de la libération et de l’émancipation. Elle fait triompher cette figure féminine à travers un art plus consommé sans doute que celui que son père lui-même lui avait enseigné.
Artemisia s’impose par sa façon singulière de mettre en scène les femmes, y compris dans leur nudité. Cela va des madeleines au corsage très échancré à des Cléopâtre très dévêtues assumant une incroyable sensualité. Dans son Allégorie de l’Inclination, peinte aux alentours de 1615, Artemisia se représente elle-même très dévêtue. Tellement que 70 ans plus tard, elle sera rhabillée ! C’est Baldassare Franceschini, qu’on appelle « Il Volterrano », qui signifie celui qui peint les voiles, qui est chargé de cette tâche.
Artemisia, maintenant très reconnue et admirée, décide de retourner à Rome en 1620. On s’y arrache ses œuvres. À cette période, elle est déjà séparée de son mari et est désormais indépendante. Elle peut elle-même s’acheter une maison pour y élever ses enfants. Et même si tout continue de bien se passer dans son travail, avec des commandes de plus en plus nombreuses, elle va connaître une période de deuil. Artemisia perd ses enfants en bas âge. Dans Artemisia, sorti aux éditions Laffont, d’Alexandra Lapierre on découvre que ce qui continue de la porter, c’est son art, elle ne cesse de peindre.
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En 1638, elle est invitée par le roi Charles Ier à Londres. Elle rejoint là-bas son père Orazio avec qui elle peint les plafonds de la Casa de Delitz, la maison de la reine à Greenwich. Elle va d’ailleurs rester un certain temps en Angleterre après la mort de son père en 1639. Par la suite, elle retourne s’installer à Naples, où elle peindra jusqu’à sa mort en 1656. Elle a accompli ce qui relevait presque de l’impossible pour une femme au XVIIe siècle : devenir une artiste reconnue, prospère, admirée. On va l’oublier jusqu’à ce que ce scandale découvert dans les Archives de Rome en 1876 finisse par la remettre à la mode. Aujourd’hui, on a retrouvé la force, l’intérêt, la puissance et la maîtrise de cette peintre.
Franck Ferrand
L’exposition Artemisia Gentileschi est actuellement au musée Jacquemart-André et ce, jusqu’au 3 août.
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A l’approche des Nuits d’été de l’orchestre national de Lille qui mettront à l’honneur une oeuvre de Kurt Weill, Joshua Weilerstein et les metteurs en scène de ce spectacle seront, ce lundi 16 juin à 20h, les invités du Journal du Classique.
Un spectacle d’une grande force, créé en mai dernier à Aalborg au Danemark, avec la mezzo-soprano Bella Adamova et la danseuse Jesse Gardolin, à découvrir à Lille dans le cadre de soirées placées sous le signe du cabaret. Joshua Weilerstein nous éclairera ce soir sur la partition de Weill qui, bien que moins connue que l’Opéra de quat’sous, se situe dans la même veine, témoignant d’accents aussi populaires que sophistiqués. Tandis que Sandra Preciado qui a signé la mise en scène de ce spectacle et Marzio Picchetti qui en a réalisé l’univers visuel, nous raconteront leur démarche artistique, faisant référence aux réseaux sociaux. Ils nous invitent ici à réfléchir sur les notions de superficialité et d’authenticité dans la société d’aujourd’hui.
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