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Comme les personnages de ses romans, François Mauriac s’est débattu avec ses contradictions. Au moment de la Seconde Guerre mondiale, à l’image de nombreux Français, il croit au discours du maréchal Pétain. Pourtant, il s’en éloigne, et rédige un brûlot qui le contraint à fuir.
Ecoutez l’épisode des Grands dossiers de l’Histoire en intégralité :
En 1933, lorsque François Mauriac devient académicien, il n’abandonne pas la presse, et continue d’écrire dans Le Figaro ou Paris Soir.
Il se méfie du Front Populaire et au moment de la guerre d’Espagne, sa préférence va vers les nationalistes opposés aux Républicains. Le bombardement de Guernica, notamment, l’amènera à dénoncer les exactions de Franco.
Un temps, il espère que Mussolini s’oppose à Hitler, mais prend conscience de la situation après les tueries ordonnés par le Duce en Ethiopie. Mauriac rédige de nombreux articles contre le fascisme et le nazisme.
En 1940, c’est l’Occupation. Depuis sa ville de Bordeaux, pendant plusieurs mois, et comme la plupart des Français, il a foi en la personne du maréchal Pétain. Pourtant, rapidement, il s’en détourne et critique le régime de Vichy. Le gouvernement collaborationniste ne s’y trompe pas et qualifie l’écrivain d’« agent de la désagrégation », sans pour autant le censurer ou l’arrêter. Il compte encore des soutiens chez les conservateurs.
Aux clandestines Éditions de Minuit, il publie un texte fulgurant intitulé Le Cahier noir, qu’il signe sous le nom de « Forez ». Dans ces pages, il dénonce ces Français guidés par la peur, qui rendent un culte au maréchal Pétain pour préserver leurs avantages.
Le filet se resserre lorsque la police finit par repérer le mystérieux « Forez ». Mauriac est contraint de fuir Paris en urgence pour rejoindre le domaine de sa belle-famille, à Vémars, dans le Val d’Oise, où il restera terré jusqu’à la Libération.
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Plongez dans cet épisode des Grands Dossiers de l’Histoire pour comprendre en quoi ce passage clandestin de sa vie a changé son aura au sortir de la guerre.
Cet article est tiré de l’émission « François Mauriac, l’écrivain tourmenté entre foi et désir : une vie de contradictions » . Ce résumé a été rédigé à l’aide de l’intelligence artificielle puis relu, édité et validé par un journaliste.
Ecoutez l’intégralité de l’émission des « Grands dossiers de l’histoire par Franck Ferrand » en podcast sur notre site ou application.
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Cet article François Mauriac sous l’Occupation : comment l’écrivain est passé du soutien au maréchal Pétain à la publication d’un texte contre Vichy est apparu en premier sur Radio Classique.
A l’occasion de la publication de son double album dédié à Gershwin, Lucas Debargue sera, ce vendredi 18 septembre à 20h, l’invité du Journal du classique.
Après un coffret dédié aux sonates de Scarlatti et une intégrale de l’œuvre pour piano de Fauré, Lucas Debargue nous fait partager sa passion pour l’œuvre de Gershwin. Vient de paraître chez Sony son double album réunissant le Concerto en fa enregistré avec l’orchestre de Paris sous la direction d’Elim Chan ainsi que d’autres pages emblématiques du compositeur américain arrangées de façon très personnelles.
Lucas Debargue nous éclairera ce soir sur sa perception de l’œuvre de Gershwin et sur l’importance de l’improvisation dans sa démarche interprétative. Car c’est le pianiste, l’improvisateur et le compositeur qui s’exprime ici, avec la liberté, la singularité qu’on lui connaît.
Gershwin figurera au programme du grand récital qu’il donnera le 2 février à la Philharmonie de Paris. Il jouera à cette occasion ses variations et finale sur Summertime.
Laure Mézan
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Visiter un lieu d’exception et avoir le privilège de regarder par le trou de la serrure : les Journées du Patrimoine, ce week-end, permettront, comme tous les ans, à des milliers de visiteurs de franchir le seuil de lieux habituellement fermés au public. Le choix de la rédaction vous emmène en Suisse. Radio Classique a visité une grande maison horlogère, La Fabrique du Temps. C’est le nom des ateliers des montres Louis Vuitton, véritable temple d’un savoir-faire centenaire.
On entre à l’atelier comme dans un laboratoire, la blouse est obligatoire. Celle d’Alexis, horloger complication à La Fabrique du Temps, est antistatique. Un cheveu ou une poussière pourrait gripper le mécanisme.
« Vous avez aux mains des petits doigtiers ? »
« Exact. C’est pour ne pas mettre nos traces de doigts sur les composants, qui sont en acier, etc., pour éviter la transpiration. Et ça nous donne aussi un petit maintien, un peu de grip. C’est pour ne pas du tout mettre de poussière ni de traces de doigts sur les têtes de montres. »
La concentration est palpable dans toutes les pièces.
Alexis le confie : « Lorsqu’on règle le balancier d’un mouvement simple, […] c’est comme si on avait fait un effort physique. »
Les montres les plus élaborées peuvent nécessiter deux ans de labeur — et d’excellents yeux. Sébastien Dahbere est horloger depuis 22 ans.
« On a des vis qui font 3 dixièmes de millimètre, par exemple, pour les plus petites. La plupart sont entre 5 et 8 dixièmes de millimètre. Après, vous allez assembler 500 ou 600 composants […] vous voyez la taille d’une montre, ce n’est quand même pas très gros. Il faut être minutieux, avoir de la rigueur. On récompense nos meilleurs artisans dans différents domaines. Je suis Virtuose 2022 sur la partie horlogerie Louis Vuitton. »
Dans un atelier avec vue sur les montagnes genevoises, 220 personnes travaillent pour à peine plus de 2 000 montres par an.
« L’horlogerie, c’est vraiment un métier d’expérience et d’expertise. On travaille sur des produits de plus en plus compliqués, de plus en plus intéressants, avec des finitions et d’autres métiers qu’on vient intégrer à la montre, comme l’émail, comme la gravure. Et c’est vrai qu’à la fin, on arrive à obtenir des pièces qui sont plus des objets d’art, je pense, que des montres proprement dites. Et je trouve que c’est vraiment passionnant. »
Ici, sur le cadran, à chaque heure, une petite animation : Albert Einstein qui tire la langue ou un serpent qui ondule. L’imaginaire est sans borne.
« J’ai fait une montre qui s’appelle Amazonie et c’était assez incroyable d’avoir tous ces éléments qui bougeaient : un petit singe qui [remue] une feuille, une barque qui avance avec des malles Louis Vuitton qui s’ouvrent pour laisser apparaître les fleurs Monogram. »
Mieux vaut retenir son souffle. Anasse se doit de travailler dans un silence absolu.
« C’est important parce que, quand on fait nos décors, il faut qu’on soit concentrés. »
On appelle cela le guillochage : la confection, à l’aide d’un petit burin, de minuscules gravures qui vont donner toute la lumière, le reflet au cadran. Gare à la main qui tremble.
« Et ce que j’aime, c’est remplir un cadran, puis faire ressortir un éclat de beauté, directement sur de l’or. »
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Pour fabriquer cet éclat de beauté, la machine utilisée date de 1850 : l’homme n’a rien conçu de mieux depuis. Ces montres d’exception ont un prix qui peut dépasser le million d’euros, pour un travail d’une minutie prodigieuse.
Victoire Faure
Retrouvez les métiers d’excellence des maisons LVMH à l’occasion des Journées Particulières, du 16 au 18 octobre 2026.
Informations sur lvmh.com.
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Premier compositeur de la génération 1810, Felix Mendelssohn était un surdoué. Musique, mathématiques, lettres anciennes, dessin, équitation et même danse : il excellait en tout. De ses premières Symphonies pour cordes écrites à l’adolescence à son poignant Quatuor n°6 composé sous le choc du décès de sa sœur Fanny, à quelques mois de sa propre disparition, nous écouterons ses principales œuvres au cours de cette soirée qui lui sera consacrée.
Vous pourrez ainsi entendre des extraits du Songe d’une nuit d’été, par l’Orchestre du Gewandhaus de Leipzig, une formation dont Mendelssohn a été le premier directeur musical, les Romances sans paroles jouées par Daniel Barenboim, la Symphonie n°4 « Italienne » par l’Orchestre philharmonique de Vienne dirigé par Sir Georg Solti, ainsi que l’Ouverture Les Hébrides, par l’Orchestre Philharmonique de Londres placé sous la direction de Bernard Haitink. Jean-Sébastien Bach, que Mendelssohn a fait redécouvrir, sera également présent avec un extrait de la Passion selon saint Matthieu, dans l’arrangement de Mendelssohn lui-même.
Cette soirée sera présentée par Jean-Michel Dhuez. Vous pourrez l’écouter en qualité numérique dans de nombreuses villes de France grâce au DAB+.
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Dans le cadre de ses Grands Concerts du samedi soir, Radio Classique diffusera ce samedi à 20 heures, le concert exceptionnel donné le 7 juillet dernier en hommage à l’architecte canadien Frank Gehry, décédé en décembre 2025 à l’âge de 96 ans, et qui a conçu la Fondation Louis Vuitton.
Vous pourrez entendre la Gnossienne n°1 d’Éric Satie, le Nocturne n°13 de Frédéric Chopin et la Valse de Maurice Ravel interprétés par Yuja Wang, qui jouera également Trois morceaux en forme de poire d’Érik Satie avec Thomas Adès, qui a été un ami proche de Frank Gehry.
Autre invité de cette soirée, le chef Esa-Pekka Salonen, qui, lui aussi, a été un proche de Frank Gehry. Il dirigera, à la tête de l’Orchestre Philharmonia de Londres, deux œuvres de Jean Sibelius : son Concerto pour violon avec Daniel Lozakovich et sa Symphonie n°7.
Cette soirée, enregistrée à l’Auditorium de la Fondation Louis Vuitton, sera présentée par Jean-Michel Dhuez. Vous pourrez l’écouter en qualité numérique dans de nombreuses villes de France grâce au DAB+.
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Actuel directeur musical de l’Orchestre symphonique de Pittsburgh, Manfred Honeck a été nommé chef principal du Philharmonia Orchestra de Londres et directeur du nouveau festival de l’orchestre symphonique de San Francisco.
Décidément, l’été 2026 s’est déroulé sous les meilleurs auspices pour Manfred Honeck. On a appris en juin la prolongation de son contrat jusqu’à 2033 à la tête du Pittsburgh Symphony Orchestra (PSO).
Mais le grand chef d’orchestre autrichien a eu une autre bonne nouvelle, le 17 septembre, jour de son 68e anniversaire : il deviendra chef principal de l’Orchestre Philharmonia de Londres à compter de 2028 et sera directeur du nouveau festival annuel que lancera l’Orchestre symphonique de San Francisco la même année.
En Californie, Manfred Honeck aura la responsabilité de la programmation et de l’organisation de cet événement annuel pour une durée initiale de cinq ans. Il se joindra à l’Orchestre symphonique de San Francisco pour au moins quatre semaines de concerts par saison durant son mandat : deux à trois semaines pour le festival, ainsi que pour des représentations supplémentaires dans le cadre de séries de concerts.
Mais le maestro autrichien sera présent au Davies Symphony Hall de San Francisco dès la saison prochaine, du 5 au 7 mars 2027, pour diriger des représentations consacrées à des œuvres de Piotr Ilitch Tchaïkovski, Alban Berg et Erwin Schulhoff
À la tête du Philharmonia Orchestra, pour une durée de cinq ans, Manfred Honeck deviendra le septième chef principal de la grande formation londonienne créée en 1945 après Otto Klemperer, Riccardo Muti, Giuseppe Sinopoli, Christoph von Dohnányi, Esa-Pekka Salonen et Santtu-Matias Rouvali, le chef d’orchestre finlandais actuel titulaire du poste.
Selon un communiqué de l’orchestre anglais, le choix de Manfred Honeck résulte d’une vaste recherche internationale menée par un comité composé de musiciens du Philharmonia, de membres du conseil d’administration et de la direction, ainsi que de personnalités éminentes du secteur de la musique classique.
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Le chef d’orchestre autrichien, qui s’est engagé à consacrer un minimum de huit semaines de travail par an avec le Philharmonia Orchestra, se réjouit de « pouvoir contribuer à attirer les publics vers toute l’étendue de la musique orchestrale, traditionnelle comme innovante, que nous pouvons proposer (…) Londres est une capitale de la musique classique et un véritable creuset de cultures ».
Les musiciens et le public du Philharmonia Orchestra auront l’occasion de célébrer cette nomination le 12 novembre prochain au Royal Festival Hall. Manfred Honeck dirigera l’orchestre dans un programme comprenant des œuvres de Johann Strauss II, de Richard Strauss et le Concerto pour piano n° 25 de Wolfgang Amadeus Mozart qu’interprétera Emanuel Ax, son ami et complice de longue date.
Philippe Gault
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Le 13 juillet 1793, à l’aube de la Terreur, Charlotte Corday, jeune femme déterminée venue de Caen, pénètre chez Jean-Paul Marat. Elle s’apprête à poignarder le plus intransigeant des révolutionnaires.
Ecoutez l’épisode des Grands dossiers de l’Histoire en intégralité :
Née le 27 juillet 1768, sous Louis XV, dans une ferme de l’Orne, Marie-Anne Charlotte de Corday d’Armont appartient à une famille noble mais ruinée. Le père de Charlotte Corday est un cadet pauvre, et sa mère meurt jeune, épuisée par des grossesses trop rapprochées. Tout semble vouer l’enfant à une vie de province discrète et sans relief.
Rien ne la prédestine à entrer dans l’histoire, si ce n’est son ascendance.
Charlotte Corday est en effet l’arrière-petite-nièce de Pierre Corneille, l’auteur du Cid, dont elle admire l’œuvre. Elle s’est nourrie des écrits de son illustre aïeul, et qu’elle se passionne pour ces figures courageuses et pour l’idéal d’une République romaine inspirée de l’Antiquité.
À treize ans, n’ayant pas de dot, elle entre comme pensionnaire à l’Abbaye aux Dames de Caen. Le cadre est magnifique, mais la vie y est rude. Elle y passe huit ans. Loin de s’y laisser oublier, elle y forge son caractère. Dans l’immense bibliothèque du couvent, elle dévore les livres de Corneille, les écrits de Plutarque et de nombreux récits consacrés à la Rome antique, au courage et au droit d’éliminer un tyran pour le bien public.
Marquée à la fois par Corneille et par les idées de Montesquieu, de Raynal et de Rousseau, Charlotte accueille avec un grand enthousiasme l’arrivée des États généraux et les débuts de la Révolution en 1789.
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Il faut le rappeler : elle n’est ni une contre-révolutionnaire ni une royaliste extrémiste, contrairement à ce qu’on dit parfois. Vous découvrirez dans ce podcast ce qui l’a conduit à commettre un tel acte.
Cet article est tiré de l’émission « La mission de Charlotte Corday : l’assassinat de Marat, un instant qui a changé le cours de la Révolution française » . Ce résumé a été rédigé à l’aide de l’intelligence artificielle puis relu, édité et validé par un journaliste.
Ecoutez l’intégralité de l’émission des « Grands dossiers de l’histoire par Franck Ferrand » en podcast sur notre site ou application.
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A l’occasion de la nouvelle édition des Musicales de Quiberon, Pascal Gallois, Nathalie Fontaine et Thierry Vaillant seront, ce jeudi 17 septembre à 20h, les invités du Journal du classique.
La musique française sera au cœur de la nouvelle édition des Musicales de Quiberon qui se tiendra le week-end du 25 au 27 septembre au Palais des Congrès Louison Bobet fraîchement rénové. Ce festival, conçu et dirigé par Pascal Gallois, fait dialoguer les époques, met en regard le grand répertoire du passé avec la musique d’aujourd’hui. Pas moins de trois créations mondiales y seront d’ailleurs données cette année.
Nous découvrirons les temps forts de cette édition en compagnie de Pascal Gallois ainsi que de la violoniste Nathalie Fontaine et du claveciniste Thierry Vaillant, membres de l’ensemble Terra Incognita qui viendront y interpréter des sonates de Jean-Marie Leclair.
Laure Mézan
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La France peine à se remettre de son classement PISA peu glorieux, préoccupée par l’impact délétère de l’intelligence artificielle sur ses étudiants. La philosophe Monique Canto-Sperber, dans son dernier ouvrage La Fin de la culture française paru chez Albin Michel, appelle le pays à une prise de conscience.
Pour Monique Canto-Sperber, la culture devrait rester un socle de références communes – l’éducation, la langue, le goût du débat et le non-conformisme – qui participe au sentiment d’être français : « Il n’y a qu’à ouvrir les yeux sur le monde d’aujourd’hui. Ce qui faisait la culture française, c’était une culture partagée par toutes les classes sociales et tous les âges ».
Selon elle, la baisse de niveau s’est amorcée bien avant l’IA. Dès les années 80, le système scolaire a été noyé sous l’afflux de nouvelles générations. La philosophe déplore que la France n’ait pas su s’adapter à ce public plus nombreux et hétérogène : « le défi aurait été de maintenir des ambitions de formation au même niveau qu’auparavant » .
Elle attribue également la fragmentation de la société à l’émergence d’un souci du particularisme : « sous prétexte d’avoir telle origine, on devait avoir telle vision du monde et ne discuter qu’avec certaines personnes. Cette fracturation sociale a mis à mal l’idée même de culture et de transmission, qui permet de reconnaître la grandeur du passé pour réinventer le présent. »
Il y a aujourd’hui une perte de sens autour du travail fourni par nombre d’étudiants secondés par l’intelligence artificielle. Toutefois, Monique Canto-Sperber a à cœur de rétablir l’exigence au sein de l’institution scolaire. « Pessimisme dans le constat et le diagnostic, mais optimisme résolu dans l’action ! » déclare-t-elle avec aplomb, convaincue que sa génération, qui a laissé à la dérive l’éducation, devra rendre des comptes.
De 2005 à 2012, alors à la tête de l’École Normale Supérieure, Monique Canto-Sperber était intervenue pour contrer un certain particularisme, au nom des valeurs de la culture française : « Il s’agissait d’un appel au boycott d’Israël, interdit par la loi à ce moment-là. L’université n’est pas le lieu de la propagande, mais de la discussion raisonnée et argumentée. » rappelle-t-elle.
« Nous devons restaurer des exigences de formation ambitieuses au sein de l’institution scolaire. Il faut convaincre les jeunes (ou réguler par la loi) de ne pas passer leur temps sur les réseaux sociaux, et contrôler l’usage de l’intelligence artificielle dans les institutions pour qu’elle ne se substitue pas à la culture écrite. » suggère Monique Canto-Sperber.
La perte de la culture écrite entraîne à son tour celle de l’esprit critique : « beaucoup de jeunes parents extrêmement conscients de ce problème, protègent leurs enfants des écrans. Il faut trouver ce qui peut constituer la base d’une coexistence pacifique entre les êtres humains. La culture joue ce rôle. »
Quelle différence entre ces deux notions fondamentales à notre système républicains ? « L’instruction, c’est l’absorption des connaissances. L’éducation, c’est aussi la formation intérieure et l’apprentissage des normes collectives. Ces normes (égalité devant la loi, absence de privilèges ou de discriminations) s’opposent à tout identitarisme triomphant.
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La culture est ce qui sert à se transformer soi-même, à approfondir sa vision et son rapport au monde. La culture à la carte que nous connaissons aujourd’hui n’a plus cette vertu formatrice. »
Pauline Adad
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Le conseil d’administration du Kennedy Center a voté mardi la fermeture immédiate du grand centre culturel de Washington que Donald Trump, qui le tient sous sa coupe depuis 2025, menace de ne pas rouvrir s’il n’obtient pas d’y faire figurer son nom.
L’annonce de la fermeture, faite par le président américain lui-même sur sa plateforme Truth Social et doublée de sa mise en garde, est intervenue après que le juge fédéral Christopher Cooper a statué que le nom de Donald Trump ne pouvait pas être réinscrit sur l’imposant bâtiment sans l’accord du Congrès. La décision du conseil d’administration de fermer « immédiatement » l’institution culturelle a été votée « à la quasi-unanimité » et se fonde sur des « raisons de sécurité », a écrit Donald Trump.
Le président américain a, dans la foulée, conditionné des travaux de rénovation à une décision de justice favorable en ultime ressort à ce que son nom soit affiché sur cet édifice qui accueille du théâtre, de l’opéra, des comédies musicales et des concerts de musique classique. « Si la décision est négative (…) et n’est pas cassée par la Cour suprême américaine, la reconstruction et la rénovation du Kennedy Center n’auront pas lieu », a-t-il menacé.
C’est le même juge Cooper qui avait, fin mai, ordonné de retirer toute référence « au président Trump ou à tout individu autre que le président Kennedy » sur le bâtiment, son site internet et ses marques déposées. Ce que le président américain avait imposé en décembre 2025.
Le Kennedy Center avait annoncé en juin s’être exécuté mais son conseil d’administration, composé d’une majorité de membres nommés par l’administration Trump, est revenu à la charge au cours de l’été avec un nouveau projet visant à rendre hommage, par une inscription sur l’édifice, à l’engagement de Donald Trump pour la rénovation de l’institution culturelle.
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Ses membres arguent que, face à l’état précaire des finances du Kennedy Center et de son bâtiment, seul Donald Trump est en mesure de lever des fonds et de mettre sur pied une réhabilitation d’envergure, et qu’à ce titre il est légitime que son nom figure sur la salle de spectacle. Proposition à laquelle le juge Cooper a donc fait obstacle mardi.
The Kennedy Center Board voted nearly unanimously to close the building immediately for safety reasons and prepare for reconstruction. Renovation cannot begin until the D.C. Circuit rules on the Board’s approved name.
In the meantime, $17M raised by President Trump has been… pic.twitter.com/TUKpKQxfJ5
— The White House (@WhiteHouse) September 16, 2026
Philippe Gault (avec AFP)
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