Reine grecque dans l’Empire perse, Artémise commande cinq vaisseaux dans la bataille de Salamine et manœuvre avec ruse. Elle parviendra à sauver sa flotte par un audacieux stratagème, en faisant croire à une trahison.. qui coûtera un certain nombre de vies !
Les Doriens sont un peuple grec qui, au Ve siècle avant notre ère, vit au sud du Péloponnèse, dans ce qu’on appelle la Laconie, en Crète également, à Rhodes et dans le sud-ouest de l’Asie Mineure, ce qui est aujourd’hui la côte turque. C’est là que nous sommes, en l’an 485 avant notre ère, dans la pointe sud-ouest de cette Asie Mineure, dans une cité-royaume : celle d’Halicarnasse. Halicarnasse, c’est l’actuel Bodrum en Turquie. La cité d’Halicarnasse ouvre sur la mer de Crète et les Cyclades. Elle est un port commercial extrêmement animé. Il faut imaginer une sorte de chaudron constamment bouillant.
À la tête de cette cité maritime se trouve une reine d’une quarantaine d’années qui s’appelle Artémise. Si nous connaissons aujourd’hui Artémise, c’est grâce au père de l’Histoire, l’historien antique Hérodote, auteur de la fameuse Historia. En grec, cela veut dire « l’enquête ». Il a écrit une quarantaine d’années après les faits qui nous intéressent aujourd’hui. Il a voulu rendre hommage à Artémise. Je cite le grand Hérodote : « Quant à Artémise, elle m’apparaît comme une véritable merveille. » Et quand il dit merveille, c’est au sens premier, au sens grec du terme : un être extraordinaire, une curiosité.
Elle est donc dorienne, Artémise. Sa mère était crétoise, son père, Lygdamis, était déjà le Tyran de la cité, ce qui explique pourquoi elle se retrouve au sommet de cette cité d’Halicarnasse. Quand son propre époux est mort, Artémise a pu exercer le pouvoir parce que son fils, à l’époque, n’était pas en âge de régner : il était encore adolescent. Elle règne donc sur Halicarnasse, mais aussi sur trois autres cités voisines, ce qui montre que les femmes pouvaient, dans certaines conditions et circonstances, occuper dans cette Grèce antique une place importante.
Artémise avait une double appartenance : grecque de naissance et perse d’appartenance politique
Comme son père, Artémise a fait allégeance au Basileus, le grand roi de Perse Xerxès Ier, parce que l’Asie Mineure à l’époque fait partie du puissant empire perse qui s’était étendu jusqu’à couvrir la côte. Artémise appartient donc aux deux mondes. Elle est grecque de naissance et de culture, perse d’appartenance politique et de responsabilités. Cette double appartenance aura, pour la suite de notre histoire, une importance absolument cruciale.
Le grand roi perse Xerxès Ier est jeune à l’époque. Il vient de succéder à son célèbre père, Darius Ier. Le grand roi de Perse, avec sa très longue barbe et sa grande coiffe couronne, arbore une fière allure, toujours couvert d’or et de pierres précieuses. Ce sont des rois au tempérament belliqueux. En l’occurrence, Xerxès a lutté contre son frère pour accéder au trône. Il a maté une révolte en Égypte, s’est rendu maître de Babylone qui avait tendance à bouger un peu trop, puis il a décidé, dans la foulée, dans la lignée de ce qu’avait décidé son père vingt ans plus tôt, de s’en aller envahir la Grèce.
Le père, Darius, s’était lancé dans la première guerre médique. Pourquoi « médique » ? Parce que les Mèdes avaient pendant longtemps régné sur la Perse et que les Grecs n’ont pas mis leurs tablettes à jour, si je puis dire. Ils ont continué à appeler les Perses achéménides des Mèdes. Cette première guerre médique s’est soldée par la célèbre défaite de Marathon, l’immense plaine de Marathon au nord d’Athènes. À l’époque, les Perses ont fait demi-tour et sont rentrés chez eux.
Hérodote affirme que l’armée perse était composée d’1,7 millions de soldats, ils étaient moins de 200 000 selon les historiens d’aujourd’hui
Xerxès veut laver cet affront. Il veut venger la Perse, étendre l’Empire. Il va donc constituer une armée massive. Si l’on en croit Hérodote – et avec Hérodote, il faut toujours prendre les choses avec quelques pincettes – on pense qu’il y avait 1 700 000 hommes dans cette gigantesque armée. Les historiens modernes sont beaucoup plus modérés : ils affirment qu’il y avait sans doute moins de 200 000 hommes. C’est quand même une armée très massive. Xerxès a fait forger les armes, armé plus de 1 000 vaisseaux, et en 480, il lance l’invasion par mer et par terre.
Cette fois, c’est le début de ce qu’on appelle la Seconde Guerre Médique. Il va longer les côtes du Nord, toute la Thrace. Il arrive jusqu’en Macédoine, débarque en Thessalie, et là se trouve le « bouchon » avec le défilé des Thermopyles où se sont installés les Spartiates. C’est cette bataille des Thermopyles dont on ne sait pas qui l’a gagnée, mais ce qui est sûr, c’est qu’elle a retardé les Perses qui continuent néanmoins à avancer vers Thèbes et vers Athènes, qui va être mise à sac.
La reine d’Halicarnasse n’était pas obligée de partir en campagne pour soutenir Xerxès. Artémise aurait pu rester neutre, ou bien envoyer son fils, qui maintenant était en âge de servir, ou un de ses grands officiers pour prendre la tête de ses troupes. Mais non. Artémise a décidé, dans le cadre de la grande opération lancée par Xerxès, de livrer bataille elle-même. Hérodote nous dit qu’elle entre dans la guerre, je cite, « poussée par sa résolution et son courage, sans y être le moins du monde obligée ». Autant dire qu’Artémise, dans cette affaire, a fait preuve d’une forme d’autonomie politique.
Artémise, cheffe de guerre, voit sa tête mise à prix : 10 000 drachmes pour sa capture
Elle est maintenant cheffe de guerre. Elle se joint à la flotte perse de Xerxès et commande cinq vaisseaux, les plus réputés, nous dit Hérodote, après ceux des Sidoniens. Les Sidoniens sont les Phéniciens de Syrie, extraordinairement réputés pour leur grand talent de navigateurs. Les Athéniens et les Spartiates, unis dans la résistance au Perse, regardent désormais Artémise, bien que d’origine grecque, bien que dorienne, comme leur ennemi déclaré, indignés qu’une femme vînt faire la guerre à Athènes, nous dit notre historien. Thémistocle, le commandant en chef athénien, le génial Thémistocle, va considérer Artémise comme son principal adversaire. Il met sa tête à prix : 10 000 drachmes à qui capturera Artémise vivante.
Après la chute d’Athènes, les Grecs abandonnent leur cité. C’est toute la manœuvre extraordinaire de Thémistocle : ils font remonter leur flotte jusqu’à Salamine pour attirer les Perses derrière eux. Xerxès hésite. Il se demande s’il faut les poursuivre, les affronter, mener tout de suite l’invasion jusqu’au Péloponnèse. Il consulte ses officiers, dont Artémise, qui prend la parole, rappelle son rôle et son courage dans les batailles navales précédentes, mais estime que c’est sans doute un mauvais plan d’aller suivre Thémistocle. Elle essaie de dissuader Xerxès de jeter toutes ses forces dans cette bataille navale, d’attaquer frontalement la flotte athénienne. Après tout, les Grecs sont chez eux, ce sont de vieux et excellents marins, et Thémistocle est habile.
Voici ce que dit Artémise : « Ménage tes vaisseaux, ô grand roi. Ne livre pas de combat naval, car ces hommes sont sur mer autant supérieurs aux tiens que les hommes sont aux femmes. J’ai peur que le malheur subi par la flotte ne perde l’armée de terre. » Hérodote nous dit à ce propos : « De tous les alliés, c’est elle qui donna au roi les meilleurs avis. »
Artémise coule un bateau ami, une manœuvre audacieuse
Mais le général perse Mardonios estime qu’il faut attaquer en dépit des risques. C’est lui qui va convaincre le grand roi de livrer cette bataille navale le long des côtes, dans une espèce de détroit entre l’île et le continent, à Salamine. Xerxès lance ses grands navires à l’assaut de la flotte grecque. L’amiral grec Thémistocle ordonne une retraite de sa flotte. Il s’agit d’une ruse de la part de Thémistocle qui aspire littéralement la flotte perse dans ce qui est une nasse, un piège, dans ce détroit de Salamine, entre l’île et le continent. Une fois les navires perses coincés là, Thémistocle pourra lancer sa contre-offensive avec des navires beaucoup plus agiles, beaucoup plus petits, qui vont se faufiler entre les gros navires perses. Les Perses ne pourront plus manœuvrer : ce sera le début de la débâcle sous les yeux de Xerxès. Parce que pour que Xerxès puisse assister à ce qu’il pensait devoir être une grande victoire, on lui avait installé sur la côte, en surplomb, un énorme trône d’où il observe la bataille, un peu comme on serait au spectacle.
À la tête de ses cinq vaisseaux, Artémise est prise au piège comme les autres. Bientôt, un navire athénien fonce sur son propre vaisseau. Elle ne peut plus changer de cap : pour elle, c’est trop tard si elle voulait battre en retraite. Mais Artémise a plus d’un tour dans son sac. Elle va trouver une manœuvre beaucoup plus audacieuse. Une trière athénienne commandée par le capitaine grec Ameinias est en train de prendre en chasse le navire amiral d’Artémise qui se bat pour les Perses. Artémise est sur le pont. Elle ordonne une manœuvre à la fois désespérée et stupéfiante : elle ordonne à son équipage de foncer sur un autre navire perse, donc un navire qui, en principe, est ami.
Artémise a démontré un coup de génie tactique pour sauver son navire et son équipage
Le Perse Damasithyme, qui commande ce navire allié, ne comprend pas ce qui se passe. Avec son éperon, le navire d’Artémise va transpercer la coque du navire allié. Damasithyme est sidéré par ce qu’il regarde comme une trahison. Il se dit qu’en fait, Artémise est en train de se retourner. Il n’a pas le temps de réagir. Son bateau est fendu, prend l’eau, coule à pic, ce qui veut dire qu’il emporte avec lui l’équipage par le fond. Il n’y aura pas de survivant dans cette affaire.
Le capitaine grec Ameinias, qui poursuivait le navire d’Artémise, est lui aussi stupéfait par ce spectacle : un navire perse qui éperonne un autre navire perse. Il ne voit qu’une explication : Artémise a changé de camp. Du coup, il renonce à prendre son vaisseau à l’abordage, change de cap et s’en va livrer bataille plus loin. Il se dit que maintenant, il a une nouvelle alliée dans cette bataille.
Le grand spécialiste d’Hérodote, Alexandre Tourraix, a écrit dans un article intitulé Artémise d’Halicarnasse chez Hérodote ou la figure de l’ambivalence (1990). Je le cite : « Artémise ne s’illustre pas comme chef d’escadre. Elle fait preuve de mètis. » Mètis, c’est l’intelligence rusée spécifique de la culture grecque, dans sa manière de sauver son navire amiral. « Il semble probable qu’elle en profite pour régler un compte avec ce souverain d’une cité voisine de la sienne. » Vous avez bien compris qu’on parle là du capitaine perse Damasithyme. « Il n’est toutefois pas impossible qu’elle ait préféré un risque aléatoire à un danger certain selon un calcul plein de mètis. » Il faut avoir l’esprit large et un sens très affûté de la tactique navale pour comprendre ce qu’a voulu faire Artémise dans cette situation. Elle a coulé un navire qui était son allié perse pour faire croire aux Grecs qu’elle avait changé de camp et ainsi sauver les siens, ses propres embarcations.
Le roi perse se laisse duper par Artémise et ne comprend pas ce qu’il se passe.
Comment réagit le roi perse Xerxès qui observe tout depuis le rivage, sur son trône, comme s’il était à une grande naumachie ? Il se laisse lui aussi duper. Dans la confusion de la débâcle, il a mal interprété la manœuvre d’Artémise. Il a bien vu qu’elle avait coulé un de ses navires, mais il a cru, dans un premier temps, quand il a vu la violence avec laquelle la reine arrivait sur l’autre bateau, que ce navire était un navire ennemi, un navire grec. Il n’a pas compris qu’on attaquait sa propre flotte. C’est ce qu’on appellerait aujourd’hui un biais cognitif. Xerxès n’a pas pu imaginer que sa propre Artémise allait couler un navire à lui. Comme il ne pouvait pas l’imaginer, il ne l’a pas vu. Et ce qui est assez extraordinaire, c’est qu’il va applaudir à l’attaque d’Artémise. On l’entend rire en voyant la scène. Les seuls qui auraient pu témoigner de la trahison tactique d’Artémise, ce sont les marins du navire qui a coulé, mais ils ont disparu. Il y a aussi les marins d’Artémise, mais eux se tairont, bien sûr.
Hérodote a eu connaissance de cette histoire, ce qui veut dire que tout le monde, peut-être, ne s’est pas tu. Voici ce que nous dit Violaine Sebillotte Cuchet dans sa grande enquête historique, Artémise, une femme capitaine de vaisseau dans l’Antiquité grecque, paru chez Fayard. Elle souligne l’ingéniosité du récit. « Le narrateur Hérodote admire le quiproquo et la chance dont bénéficia la reine. Personne ne réchappa pour l’accuser. Artémise, suggère Hérodote, s’était ainsi jouée à la fois de Xerxès et des Athéniens. Seul Hérodote et son public savaient ou pouvaient croire savoir ce qui s’était réellement passé dans les eaux de Salamine. L’historien-poète mettait ainsi en place un ingénieux dispositif, associant à son auditoire les Athéniens, Xerxès et Artémise. Il construisait à l’intention de son public le scénario le plus sensationnel possible. En pleine déroute, une femme s’était jouée à la fois du grand roi et des futurs vainqueurs des guerres médiques, les Athéniens. »
Artémise, une conseillère précieuse pour le roi perse Xerxès
Xerxès désormais va regarder Artémise comme une héroïne, ce qui ne manque pas de sel lorsqu’on connaît la réalité. D’abord, il reconnaît qu’elle l’avait conseillé avec clairvoyance avant la bataille, puisqu’elle lui avait déconseillé de mener cette bataille navale. Et puis elle a combattu avec résolution. Hérodote ajoute que Xerxès aurait dit : « Mes hommes sont devenus des femmes et les femmes sont devenues des hommes. » C’est ainsi que Xerxès se serait exprimé – nous sommes dans la façon de penser du Ve siècle avant Jésus-Christ.
Après la défaite de Salamine, Xerxès va consulter de nouveau Artémise en privé – grand honneur, d’autant plus qu’elle est la seule non-perse de tous les conseillers du grand roi. Doit-il regagner Suse, son palais dans la Perse, dans l’Iran actuel, très loin ? Ou doit-il poursuivre sa campagne par une offensive terrestre, comme l’y incite le commandant Mardonios ? Artémise comprend qu’en vérité, Xerxès est désireux de rentrer à Suse, de déléguer le commandement. Elle préconise de poursuivre l’offensive terrestre, mais de laisser Mardonios mener cette campagne sur terre. Quant à Xerxès, il peut rentrer chez lui.
Elle voit encore juste, puisque l’armée de terre de Mardonios va perdre la célèbre bataille de Platée. Lui-même d’ailleurs perdra la vie dans cette bataille. Les dernières défaites perses mettront fin à ce qu’on appelle les Guerres Médiques, c’est la fin de la Seconde Guerre Médique, sans trop affaiblir les positions de Xerxès en Mésopotamie, puisque Xerxès, lui, était rentré, il s’était extrait de cette mêlée.
Artémise a des responsabilités nouvelles à la suite de cette bataille
Alexandre Tourraix souligne qu’à travers les textes d’Hérodote, Artémise paraît qualifiée pour régner à la lisière du monde iranien, car elle est dotée, tel Darius, de la sagesse et de l’énergie nécessaires à l’exercice de la souveraineté. « Opérant à la jointure de deux univers culturels, Artémise est plus qu’une curiosité pour l’historien : c’est une femme à Histoire ». Avant son départ, Xerxès a confié à Artémise des responsabilités nouvelles. Les enfants de Xerxès, qui l’ont suivi tout au long de la campagne militaire, vont devoir être conduits à travers la mer Égée jusqu’à Éphèse, ce qu’on appelle aujourd’hui Izmir, sur la côte turque, tandis que lui, de son côté, rentre en Iran à 3 000 kilomètres par voie terrestre. C’est une mission de confiance.
Plutarque se moquera d’Artémise pour diminuer son rôle, en écrivant six siècles après : « Xerxès avait sans doute oublié d’amener de Suse avec lui des femmes, puisque ses enfants avaient besoin d’une escorte féminine », faisant preuve de misogynie ouverte. Mais c’est une mission majeure, en vérité, que le grand roi a confiée à Artémise, puisque la mer Égée, après la bataille de Salamine, n’est plus aussi sûre pour les Perses.
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Xerxès confie donc sa descendance, il confie l’avenir de l’Empire perse à cette reine, Artémise d’Halicarnasse, preuve qu’à ses yeux, elle était loin d’être une traîtresse. Les enfants royaux vont d’ailleurs arriver à bon port, ce qui est une preuve supplémentaire de la fidélité d’Artémise à la couronne achéménide. Elle emmène les enfants du roi sains et saufs à Éphèse, comme c’était prévu, et l’héritier deviendra d’ailleurs le prochain grand roi, le Basileus, comme disent les Grecs.
La conclusion, je vais la laisser à Violaine Sebillotte Cuchet. Je la cite : « Le personnage d’Artémise, dont l’existence constitue un véritable fait historique, ouvre une brèche dans notre vieux récit sur les cités de l’Antiquité grecque. Confrontée à l’enquête historienne, l’anecdote produite par Hérodote met en lumière la fiction historiographique de l’exclusion des femmes de la cité. En éclairant une femme si puissante qu’elle en est presque surréelle, c’est l’ensemble des femmes des cités – les riches, les pauvres, les esclaves – qui, d’un coup, prennent la pleine lumière. »
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Cet article L’extraordinaire destin d’une cheffe de guerre pendant l’Antiquité : Artémise, une femme amiral dans l’Empire Perse est apparu en premier sur Radio Classique.