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  • « The White Lotus » et « Emilia Pérez » filmés à Bry-sur-Marne : ces plateaux de tournage français jouent dans la cour des grands

    Le Sommet Lumière, une sorte de « Davos du cinéma », s’est ouvert ce lundi à Saint-Paul-de Vence… Universal, Netflix, Google, Paramount, Canal+ : ils sont tous là, pour l’évènement organisé par la France et la Corée du Sud à la Fondation Maeght près de Nice. Pour la première fois, plateformes payantes et monde du cinéma, des séries et des jeux vidéo se retrouvent pour faire face à la crise de l’audiovisuel. Une tentative de multilatéralisme alors que le leadership d’Hollywood vacille. Malgré une rude concurrence, la France redevient une terre de tournages. Exemple aux Studios de Bry, à Bry-sur-Marne en région parisienne.

    Ecoutez le reportage de Laurie-Anne Toulemont :

    https://www.radioclassique.fr/wp-content/uploads/2026/09/studios-de-bry-enro-version-web.mp3

     

     

    Silence, on tourne, ce jour-là, sur l’un des plateaux des Studios de Bry. Une série hospitalière est en plein tournage : « On a reconstitué une maternité sur 1 000 m². C’est pour une série télé qui sera diffusée sur Netflix et qui est produite par Mediawan », explique le président des studios, Guillaume de Menthon.

    Les équipes de la série américaine The White Lotus, qui ont tourné à Bry-sur-Marne pendant quatre mois, viennent de partir : « Il y avait le penthouse du Martinez. La semaine d’avant, il y avait l’immeuble de Jean Valjean, les appartements de Marie-Antoinette, une navette spatiale… Et c’est extraordinaire, aucune semaine ne ressemble à l’autre ». Il présente successivement les plateaux et les ateliers : peinture, sculpture, menuiserie, serrurerie, tapisserie.

    Les Studios de Bry vont doubler leur surface en 2027

    Inaugurés il y a près de quarante ans, les Studios de Bry ont failli être détruits avant d’être rachetés en 2023 par Guillaume de Menthon avec un fonds d’investissement d’Axa.

    « Mon cadeau, quand je suis arrivé ici, c’est Jacques Audiard qui nous l’a offert, puisqu’il a tourné en juin 2023 Emilia Pérez. Les deux heures au Mexique ont été entièrement tournées à Bry-sur-Marne. »

     

    À l’extérieur des studios de Bry, des grues et des ouvriers s’activent.

    « Ça, c’est un nouveau plateau. Et puis là, cette rue que vous voyez, ça va être une rue construite, un village dédié à la production de séries et de films. »

    En avril prochain, la surface des studios va doubler, raconte le directeur, Pascal Bécu :

    « Jusqu’à maintenant, on avait sept plateaux et on pouvait absorber deux ou trois productions un peu importantes. Avec quatorze plateaux, on va pouvoir s’ouvrir à beaucoup plus de projets. Ça m’est arrivé plusieurs fois, malheureusement, de refuser une production parce qu’on n’avait pas la capacité d’accueil pour deux productions américaines en même temps. »

    La fin des projets américains et la concurrence de nos voisins européens

    20 % des productions sont étrangères et la quasi-totalité sont américaines. Mais la concurrence est rude, explique Guillaume de Menthon.

    « Ça fait deux ans qu’on n’a plus un seul projet américain. Il faut savoir que les projets américains [représentent] 98 % du volume des projets étrangers qui viennent se tourner en France. Donc c’était une catastrophe. Il y a un combat terrible entre les différents pays pour accueillir ces projets internationaux. La France est en permanence en compétition avec l’Italie, avec l’Espagne, avec l’Allemagne, et avec l’Angleterre, bien sûr. »

    Car le crédit d’impôt international n’était pas assez attractif comparé aux autres pays européens. Ce dispositif fiscal permet une prise en charge par l’État de 30 à 40 % des dépenses des films étrangers tournés en France. Le député Renaissance Denis Masséglia est l’auteur d’une mission d’information sur ce crédit d’impôt.

    « Les paysages ne sont plus l’alpha et l’oméga du choix d’un film. Il suffit, par exemple, de prendre une ou deux journées, de faire des vidéos de telle ou telle ville, et après de les intégrer autour des acteurs. Donc la réalité, c’est que vous faites un devis, vous regardez dans quel pays il coûte cher et, en fonction, vous faites le choix. Le premier tri, c’est l’attractivité économique. La compétence n’est aujourd’hui plus suffisante pour attirer les films étrangers en France. »

    Le prequel de Ocean’s Eleven va se tourner en France, une victoire

    Malgré la crise politique lors de l’adoption du dernier projet de loi de finances, les parlementaires ont corrigé le tir. Depuis février dernier, les cachets des acteurs sont pris en compte dans le dispositif fiscal. Un soulagement pour Guillaume de Menthon.

    « C’était complètement idiot parce que, quand un comédien américain touche un salaire, il paie immédiatement une retenue d’impôt qui rembourse intégralement le crédit d’impôt international. Il y a le prequel de Ocean’s Eleven qui se tourne en France, et ça, c’est une victoire. Il était prévu au départ en Italie et, grâce notamment au changement des règles du crédit d’impôt international, on a pu faire revenir ce projet en France. Un projet à 100 millions, c’est des retombées économiques avec un coefficient 5, donc c’est à peu près 500 millions. Si vous rajoutez l’impact touristique d’un White Lotus, vous êtes quasiment à 700, 800 millions. »

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    Reste un problème majeur : le crédit d’impôt international doit prendre fin en 2028. Pour le prochain budget, les professionnels du cinéma français espèrent que le dispositif deviendra pérenne.

    Laurie-Anne Toulemont

     

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    4 min
  • La Mission Patrimoine

    La Mission Patrimoine, portée par Stéphane Bern et déployée par la Fondation du patrimoine avec le soutien du ministère de la Culture et de FDJ UNITED, poursuit sa mission de sauvegarde du patrimoine en péril. Pour sa 9ème édition, 18 nouveaux sites emblématiques de métropole et d’outre-mer ont été sélectionnés et bénéficieront d’un soutien financier pour leur restauration.

    Du patrimoine gothique au patrimoine industriel, du moulin au château, ces sites racontent la diversité et l’histoire de nos territoires. Depuis 2018, la Mission Patrimoine a accompagné plus de 1 080 sites dans leurs travaux de restauration, contribuant également à la revitalisation des territoires.

     

    Découvrez maintenant cinq capsules qui donnent la parole à des Lauréats de la Mission Patrimoine 2026. Ils racontent leur engagement et les histoires de ces lieux qu’ils œuvrent à préserver et à transmettre.

     

     

    Marielle SPENLE, maire de Phalsbourg – Porteuse de projet de l’ancienne Synagogue de Phalsbourg

    Partout en France, la Mission Patrimoine accompagne la restauration de lieux chargés d’histoire. Direction la Moselle, à la découverte de l’ancienne synagogue de Phalsbourg. Témoin de plusieurs siècles de présence juive dans la ville, l’édifice est aujourd’hui inoccupé. Sa restauration a débuté au printemps et doit s’achever en novembre 2027. Marielle Spenlé, maire de Phalsbourg…

    https://www.radioclassique.fr/wp-content/uploads/2026/09/js_missionpatrimoine-spenle-compressed.mp3

     

     

    Stéphane CLOAREC, maire de Saint Pol de Léon – commune propriétaire de la chapelle Notre-Dame de Kreiske

    La Mission Patrimoine œuvre chaque année à la sauvegarde des édifices en péril partout en France. Parmi les cent projets départementaux sélectionnés pour le Loto du patrimoine 2026, celui que Vauban considérait comme « le morceau d’architecture le plus hardi » qu’il ait jamais vu… À Saint-Pol-de-Léon, dans le Finistère, la chapelle du Kreisker est célèbre pour son clocher de 78 mètres, l’un des plus hauts de Bretagne.

    Aujourd’hui, ses vitraux doivent être restaurés de toute urgence. Stéphane Cloarec, maire de Saint-Pol-de-Léon…

    https://www.radioclassique.fr/wp-content/uploads/2026/09/js_missionpatrimoine-cloarec.wav

     

     

    Béatrice CHARON, propriétaire du Château de Médavy

    Identifier les édifices menacés et contribuer à leur renaissance : c’est la vocation de la Mission Patrimoine. Dans l’Orne, le château de Médavy doit aujourd’hui être reconstruit après le violent incendie qui l’a frappé…

    Aujourd’hui, sa propriétaire, Béatrice Charon, se mobilise pour faire renaître ce joyau du patrimoine normand…

    https://www.radioclassique.fr/wp-content/uploads/2026/09/js_missionpatrimoine-charon.wav

     

     

    Alban de LANDEVOISIN, propriétaire de la ferme-modèle du château de la Valette

    La Mission Patrimoine œuvre chaque année à la sauvegarde des édifices en péril partout en France. Parmi les cent projets départementaux sélectionnés pour le Loto du patrimoine 2026 : la ferme-modèle du château de la Valette, à Villiers-Charlemagne, en Mayenne…

    Cet ensemble agricole du XIXe siècle nécessite aujourd’hui d’importants travaux, notamment sur ses toitures. Alban de Landevoisin est le propriétaire des lieux…

    https://www.radioclassique.fr/wp-content/uploads/2026/09/js_missionpatrimoine-landevoisin.wav

     

     

    Ismaël MURAT EL HAKIM, propriétaire du château de Paley

    La Mission Patrimoine œuvre chaque année à la sauvegarde des édifices en péril partout en France. Parmi les cent projets départementaux sélectionnés pour le Loto du patrimoine 2026, le château de Paley, en Seine-et-Marne.

    Cet édifice des XVIIIe et XIXe siècles doit faire l’objet d’une restauration complète, avant d’accueillir un projet pour le moins original. Son propriétaire, Ismaël Murat El Hakim…

    https://www.radioclassique.fr/wp-content/uploads/2026/09/js_missionpatrimoine-el-hakim.wav

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    2 min
  • Jean Gabin en guerre : FBI, changement de nom, séquelles… 4 aspects méconnus de la vie de l’acteur

    Ne supportant plus sa vie hollywoodienne, Jean Gabin traverse l’Atlantique avec une idée en tête : libérer son pays. Toute sa vie, il restera très discret sur cette période.

    Ecoutez l’épisode des Grands dossiers de l’Histoire en intégralité :

     

    1 – Réfugié à Hollywood, Jean Gabin tourne dans un film destiné à motiver les Américains

    Lorsque Jean Gabin arrive en Californie en février 1941, il est déjà une grande vedette du cinéma. Des millions de Français ont vu ses films : Pépé le Moko, La Grande illusion, Quai des brumes, La Bête humaine… Installé avec Marlène Dietrich à Los Angeles, c’est une existence qui le ronge de l’intérieur. Il refuse d’être le joli cœur qui se promène sur les plages au moment où son pays est sous la botte allemande.

    Il avait fait son service militaire à Lorient chez les fusiliers marins, et veut intégrer les forces navales. Sa candidature remonte en très haut lieu, mais le général de Gaulle refuse. Du moins, il lui demande de tourner un dernier film avant de partir faire la guerre : L’Imposteur, une histoire pensée pour inciter la jeunesse américaine à prendre les armes contre l’Axe. 

    2 – Jean Gabin est surveillé par le FBI, soupçonné d’être favorable à Vichy

    Le comédien comprend qu’on a mis sa ligne téléphonique sur écoute et que sa compagne, Marlène Dietrich, est soupçonnée d’être un agent au service des nazis. Le FBI se demande s’il n’est pas un espion vichyste.

    Quand il apprend ça au début de l’année 1943, Gabin décide de quitter Beverly Hills et de s’installer à New York.

    3 – Jean Gabin retrouve son nom de baptême, c’est Jean Moncorgé

    Lorsqu’il s’engage dans les Forces Françaises Libres, il abandonne son nom de scène. Gabin est en réalité son deuxième prénom, hérité directement de son père qui en avait fait son nom de scène.

    C’est donc Jean Moncorgé qui devient second maître à bord d’un navire ravitailleur en partance pour l’Afrique du Nord.

    Quand un gradé ou un jeune marin s’avise de lui demander un autographe, il répond « ici, c’est Moncorgé. Gabin est resté à Hollywood. » Il se fait apprécier de ses camarades. Tous les jours, il le répète, « Je suis Moncorgé ici, il n’y a pas de Gabin. Il n’y a pas plus de Gabin que de beurre en broche ! »

    4 – Les séquelles de Jean Gabin et l’explication des lunettes noires

    Chef de char du Souffleur II, Jean Moncorgé est debout dans sa tourelle, avec le vent qui lui fouette le visage en continu, en janvier 1945, lors d’un hiver d’une dureté folle. Cet épisode lui provoquera des conjonctivites qui dureront dans le temps.

    On le verra souvent, après la guerre, avec des lunettes noires. Loin d’être une affectation de star, c’était justement pour cacher ces conjonctivites contractées à l’époque.

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    Un proche raconte : « Je me souviens que Jean souffrait énormément des yeux, bien qu’il portât des lunettes de tankiste, à se tenir sans cesse la tête à l’extérieur de la tourelle, à commander la marche de son char. Ses yeux prenaient la poussière de la route, subissaient les émanations des gaz des blindés qui le précédaient. Il se faisait soigner, mais il n’a jamais voulu quitter son poste. »

    Franck Ferrand

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    0 min
  • « Nous n’avons pas le choix »: Le dernier disquaire de Bruxelles spécialisé dans la musique classique et le jazz a fermé ses portes

    Le développement des plateformes numériques de téléchargement et l’essor des ventes en ligne font du mal au commerce traditionnel de vente de disques. À Bruxelles, La Boîte à Musique, le dernier des grands disquaires spécialisés dans la musique classique et le jazz, a fermé ses portes cet été mais va poursuivre son activité principalement en ligne.

    Confrontés à la concurrence des sites de vente en ligne et des plateformes de streaming et à l’évolution des modes de consommation, de plus en plus de magasins de musique sont contraints de fermer boutique et/ou diversifier leurs activités. Après Paris, Londres et Vienne, c’est à Bruxelles qu’une telle institution, La Boîte à Musique, a dû fermer ses portes pour se concentrer sur le développement de ses activités en ligne.

    Idéalement située, au 74 Coudenberg, entre deux temples de la musique bruxellois, le Musée des instruments de musique et le Palais des Beaux-Arts (Bozar), La Boîte à Musique était le dernier disquaire de la capitale belge spécialisé dans la musique classique et le jazz. Créé il y a plus de cinquante ans, le magasin dispose d’un catalogue de près de 100.000 références, produit deux labels de musique classique (Pavane et Musica Ficta) et bénéficie de la certification de « Fournisseur breveté de la Cour de Belgique » depuis 1994, en reconnaissance de la qualité de son service.

    « Cette décision reflète l’évolution profonde et durable du marché du disque »

    Sur son site, l’enseigne met en avant l’évolution des habitudes de consommation, particulièrement depuis la crise du Covid .

    « Cette décision reflète l’évolution profonde et durable du marché du disque que nous observons depuis plusieurs années. Les habitudes d’achat changent, tandis que notre activité en ligne connaît un développement constant, tant en Belgique qu’à l’international »,  précise l’annonce de fermeture de la boutique.

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    Dans un entretien accordé au quotidien belge L’Écho, Bertrand de Wouters d’Oplinter, le propriétaire de La Boîte à Musique, ajoute : « Notre site fonctionne de mieux en mieux et nous allons le développer. La fin du magasin est sans doute une grande frustration pour nombre de nos clients, mais nous n’avons pas le choix. C’est une réalité économique ».

    « Les grandes plateformes de vente en ligne sont de véritables fourre-tout. On y est complètement perdu »

    Le dirigeant de l’entreprise espère compenser en partie la perte de revenus du magasin par les économies que sa fermeture permettra de réaliser notamment en frais de personnel et de logistique. Il pense que l’activité en ligne de La Boîte à Musique se démarquera des grandes plateformes de vente en ligne par la qualité de son référencement et les conseils personnalisés.

    Le problème c’est que ces 10 dernières années, on a fait passer le vinyle pour un produit premium. https://t.co/RIKXbmCRkO

    — Trakse (@trakse1904) September 4, 2026

    Pour Bertrand de Wouters d’Oplinter « Ces plateformes sont de grands fourre-tout. Si vous ne savez pas précisément ce que vous souhaitez, vous êtes complètement perdu. Cherchez une symphonie de Beethoven et voyez le résultat. Vous aurez tout et n’importe quoi, et même encore des cassettes ou des VHS. Ce qui n’est évidemment pas le cas chez nous ».

    Philippe Gault

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    0 min
  • Avoir « la bosse des maths » : Le psychologue Emmanuel Sander démonte un stéréotype bien ancré

    C’est une idée répandue dans les familles, certains enfants seraient « matheux » et d’autres « littéraires ». L’essayiste Emmanuel Sander combat ce stéréotype qui enferme les soi-disant « nuls en maths », et explique pourquoi cette science, au contraire, est à la portée de tous. 

     

    Emmanuel Sander est professeur à la faculté de psychologie et des sciences de l’éducation de l’Université de Genève. Il publie De l’autre côté du tableau noir. Les mathématiques à visage humain, aux éditions du Seuil, avec Hugo Duminil-Copin, mathématicien, titulaire de la prestigieuse médaille Fields.

    Sur les 11,6 millions d’élèves qui entrent à l’école, au collège ou au lycée, pour bon nombre d’entre eux, les mathématiques sont une source de tracas. Comment l’expliquez-vous ?

    EMMANUEL SANDER. Les mathématiques sont souvent associées aux formules, aux calculs, aux algorithmes. Or, lorsqu’on les voit ainsi, on perd l’idée que l’essentiel, en mathématiques, c’est la compréhension. C’est un peu comme si l’on devait parler une langue dont on ne comprend pas les mots.

    C’est aussi une discipline où les concepts se construisent les uns sur les autres. Les difficultés peuvent donc s’accumuler, et on s’en rend parfois compte alors que leur origine remonte à plusieurs années. Bien sûr, cela demande ensuite un travail important pour rattraper.

    Très vite, les élèves sont assignés à la réussite en maths ou en français. On dit qu’un tel est matheux, qu’un autre est littéraire. Qu’est-ce que cette assignation vous inspire ?

    E. S. Vous mettez le doigt sur un phénomène qu’on appelle aussi la « bosse des maths », c’est-à-dire ce stéréotype selon lequel certaines personnes seraient dépourvues de la capacité de faire des mathématiques.

    Dire qu’on est nul en maths, un mécanisme psychologique de défense

    Avec Hugo Duminil-Copin, nous avons même identifié un phénomène peut-être encore plus particulier : des personnes développent une forme de fierté à être nulles en maths. C’est un mécanisme psychologique de défense.

    On se sent en échec, et l’on cherche une raison à cet échec. La principale consiste à se dire : « Ce n’est pas fait pour moi, j’ai une incapacité. » Or, aucune donnée scientifique ne soutient cette idée.

    Pourtant, vous évoquez dans votre livre la joie de la compréhension. Un élève peut être mauvais en maths pendant deux ans, puis, la troisième année, avoir un très bon professeur qui lui montre les choses autrement, et il y a alors cette joie de comprendre.

    E. S. Absolument. Il existe de très nombreux exemples, et donc autant de contre-exemples, qui montrent l’absurdité de cette prétendue bosse des maths.

    Autre paradoxe : nous faisons des maths bien avant de savoir que nous faisons des maths. L’être humain, par nature, est un peu matheux.

    E. S. Chez le jeune enfant, on observe très tôt un rapport aux quantités. Des travaux en neurosciences et en psychologie du développement montrent même que, dès la naissance, les bébés savent distinguer et comparer des quantités.

    « Un élève de primaire en sait beaucoup plus que les grands érudits d’il y a quelques siècles »

    Ensuite apparaît le comptage. Et si vous dites à un enfant de cinq ans : « Tu as cinq bonbons, tu en manges deux, combien t’en reste-t-il ? », il sait très bien répondre, avant même qu’on lui ait appris formellement à l’école ce qu’est une soustraction.

    Il y a aussi toute l’histoire de l’humanité : les mathématiques ont été culturellement élaborées et transmises. Le signe égal, qui nous paraît aujourd’hui évident, n’a que quelques siècles. Les nombres négatifs sont eux aussi une création toute récente dans l’histoire de l’humanité, tout comme la notation en chiffres arabes.

    Tout cela fait qu’un élève d’école primaire en sait, d’une certaine façon, beaucoup plus que les plus grands érudits d’il y a quelques siècles.

    Nous sommes les héritiers d’un immense patrimoine de découvertes mathématiques, que les enfants apprennent très tôt.

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    Il y a d’ailleurs un phénomène sur lequel nous insistons : l’invisibilisation de ce que l’on maîtrise. Si je vous demande, par exemple, s’il est clair pour vous que 50 objets à 3 euros et 3 objets à 50 euros coûtent la même chose, cela vous paraît évidemment clair.

    Pourtant, des travaux menés auprès d’adolescents non scolarisés ont montré que, si on leur demande combien coûtent 50 objets à 3 unités, ils vont se lancer dans une addition successive — 3 + 3 + 3, cinquante fois — et échouer, parce qu’ils n’ont pas construit cette connaissance qui nous paraît, à nous, évidente.

    Il y a donc cette invisibilisation de ce que l’on maîtrise, qui donne l’illusion qu’on ne connaît pas, alors qu’en réalité on sait beaucoup plus de mathématiques qu’on ne l’imagine.

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    0 min
  • Du cirque à l’empire : l’incroyable destin de l’impératrice Théodora en 6 anecdotes

    Au VIe siècle, la comédienne Théodora, élevée dans les arènes de Constantinople, devient impératrice de l’Empire romain d’Orient.

    Ecoutez l’épisode des Grands dossiers de l’Histoire en intégralité :

     

    1 – Théodora grandit dans l’hippodrome de Constantinople

    500 m de long, 200 m de large et 100.000 spectateurs. C’est dans ce décor gigantesque, au cœur de l’hippodrome de Constantinople, capitale de l’Empire romain d’Orient, que Théodora vit ses premières années.

    Son père, mort quand elle avait 3 ans, était montreur d’ours. Dans les gradins, avec sa sœur, elle jongle, enchaîne les acrobaties, fait rire les gens.

    2 – Comédienne, danseuse, Théodora devient la protégée d’un magistrat

    Chassées du cirque, Théodora et sa sœur Comito deviennent comédiennes, puis danseuses comme leur mère. Elle ne danse pas très bien, mais elle est belle et gracieuse. Procope, historien byzantin de l’époque, avance dans son Histoire secrète de Justinien qu’elle aurait vendu ses charmes : « avec sans cesse de nouvelles inventions amoureuses, elle parvenait constamment à se soumettre les âmes des débauchés ».

    À 16 ans, un magistrat, Hékébolos, la prend sous sa protection. Il est gouverneur à Apollonia, en Libye actuelle. A ses côtés, elle se familiarise avec la politique, l’administration, la diplomatie

    3 – Alexandrie, l’instruction et le retour à Constantinople

    Quand ce protecteur la met à la porte, Théodora se retrouve isolée. Elle est secourue par l’Eglise d’Apollonia, les prêtres l’envoient suivre une instruction religieuse à Alexandrie.

    En 520, le patriarche Timothée IV, va lui faire enseigner la lecture, l’écriture, la philosophie. Elle, qui était jongleuse et fille de montreur d’ours, par son intelligence et par sa finesse, va faire de cette instruction une arme. Aidée par une amie influente qui s’appelle Macedonia – la Mata Hari de l’époque – elle rentre à Constantinople avec une lettre de recommandation pour trouver un nouvel emploi, au palais de l’empereur de Byzance.

    4 – La rencontre avec Justinien

    Grâce à la lettre de Macedonia, elle rencontre le consul Justinien, 39 ans. C’est un jeune homme brillant, ambitieux, menant une vie tout à fait ascétique. Il n’est pas encore marié.

    Il tombe sous le charme de Théodora. Non seulement il est ébloui par sa beauté, mais il apprécie sa culture. Et il est charmé par son intelligence. Justinien voit en elle une volonté hors du commun, une énergie qui mène loin. Lorsqu’il annonce qu’il veut l’épouser, c’est le scandale.

    5 – Théodora a soutenu des lois novatrices en matière de droits des femmes

    Justinien épouse malgré tout Théodora en 523. Quatre ans plus tard, il est sacré empereur, et Théodora revêt donc la pourpre.

    La cérémonie a lieu précisément dans l’hippodrome où elle a grandi. Très vite, elle imprime sa marque sur la politique byzantine. L’ancienne courtisane soutient des lois en faveur des femmes, sur le divorce, la place dans la succession, et obtient un texte sur la légitimation des enfants naturels.

    6 – Théodora sauve le trône

    En 532, l’empereur Justinien est insulté après une course de char dans l’Hippodrome. C’est le début de la sédition Nika. Menacé de destitution, il abdique et prépare sa fuite.

    Théodora se dresse contre lui : « Quand il ne resterait d’autres moyens de salut que la fuite, je ne voudrais pas fuir. Ceux qui ont porté la couronne ne doivent pas survivre à sa perte. […] Que la pourpre est un beau linceul…»

    Cette attitude a piqué l’orgueil de l’empereur. Justinien reste, écrase la révolte dans le sang et conserve l’empire.

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    En 542, la peste décime Constantinople. Même l’empereur Justinien se trouve contaminé. Théodora assure la régence avec beaucoup de loyauté. Théodora et Justinien exercent un pouvoir bicéphale, qui dure jusqu’à la maladie de l’impératrice. Elle est atteinte d’un cancer et elle meurt en 548, 20 ans après avoir revêtu la pourpre.

    Franck Ferrand

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  • Marion Vergez-Pascal, jeune chanteuse éprise de l’Espagne

    A l’occasion de ses débuts à l’Opéra National du Capitole de Toulouse, Marion Vergez-Pascal sera, ce vendredi 4 septembre à 20h, l‘invitée du Journal du classique.

     

    Elle compte parmi les nouvelles étoiles du chant français. Marion Vergez-Pascal sera l’une des nymphes de la si poétique production de Rusalka de Dvorak, mise en scène par Stefano Poda à l’affiche du 2 au 30 septembre au Théâtre du Capitole. La mezzo-soprano fera, à cette occasion, ses débuts sur la scène toulousaine alors qu’est paru, au début de l’été, son premier album solo, intitulé « Amor y flores ».

    Un premier album solo pour Marion Vergez-Pascal

    Nous ferons connaissance ce soir avec cette jeune chanteuse originaire de Pau. Elle nous racontera son parcours, de la Maîtrise de radio France à la Chapelle Reine-Elisabeth de Bruxelles en passant par le CNSM de Paris et l’Académie de l’Opéra-Comique. Et elle se confiera sur son amour pour la musique espagnole dont témoigne justement son premier enregistrement discographique.

    Laure Mézan

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  • Découvrez le programme de « Votre Soirée classique » consacrée à Frédéric Chopin ce dimanche à 20 heures

    C’est à Frédéric Chopin que sera consacrée Votre soirée classique de ce dimanche 6 septembre.

    Vous pourrez entendre ses plus grandes œuvres par les plus grands interprètes. Quelques exemples : le Concerto pour piano n°1 par Krystian Zimerman avec l’Orchestre Philharmonique de Los Angeles dirigé par Carlo Maria Giulini en 1978, la Polonaise n°6 “Héroïque” par Martha Argerich en 1965, la Sonate pour violoncelle et piano avec Mstislav Rostropovitch et Martha Argerich en 1980, ou encore la “Marche funèbre” de la Sonate pour piano n°2 par Evgeni Kissin.

    Au programme également des œuvres de compositeurs proches de Chopin, comme Franz Liszt dont vous pourrez écouter le Poème symphonique “Héroïde funèbre” par l’Orchestre du Gewandhaus de Leipzig dirigé par Kurt Masur en 1980. Cette soirée sera présentée par Jean-Michel Dhuez.

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  • L’Orchestre national du Capitole de Toulouse sous la direction de Tarmo Peltokoski avec Alexandre Kantorow samedi à 20h sur Radio Classique

    Le Grand concert du samedi soir nous emmène, ce samedi à 20 heures, à la Philharmonie de Paris pour le concert que l’Orchestre national du Capitole de Toulouse a donné le 2 juin dernier sous la direction de Tarmo Peltokoski, son directeur musical.

    Deux œuvres étaient au programme : le Concerto pour piano n°4 de Ludwig van Beethoven interprété par Alexandre Kantorow, et la Symphonie n°6 de Gustav Mahler. Cette soirée sera présentée par Laure Mézan.

     

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  • 150 ans du Palais Garnier : une maquette exceptionnelle dévoile l’envers du décor

    Depuis début septembre, l’Opéra national de Paris propose au public du Palais Garnier de découvrir une superbe maquette de l’emblématique bâtiment de la place de l’Opéra. Cette reproduction, à l’échelle 1/100e, permet d’admirer à la fois les décors extérieurs de la grande maison d’opéra parisienne et ses coulisses.

    Courant 2025, année du 150e anniversaire de l’inauguration du Palais Garnier, l’Association pour le Rayonnement de l’Opéra national de Paris (AROP), lançait une campagne de dons, afin de réunir 75.000 euros pour entreprendre la réalisation d’une grande maquette du bâtiment conçu par Charles Garnier.

    Grâce à l’association, à ses mécènes et aux généreux donateurs, après un an de travail, la maquette finalisée vient d’être installée au cœur même du prestigieux édifice, au rez-de-chaussée côté cour.

    Crédit : Studio Lazareff/Arop

    1,6 million de personnes, spectateurs comme visiteurs du Palais Garnier, pourront ainsi découvrir cette maquette qui s’inscrit pleinement dans la mission de l’Opéra national de Paris : partager son patrimoine, ses métiers et son histoire avec le plus grand nombre et donner à chacun de nouvelles clés pour comprendre le fonctionnement d’un théâtre et d’une maison de création.

    Selon Jean-Laurent Bonnafé, Président de l’AROP : « Célébrer un patrimoine, c’est aussi contribuer à le rendre accessible, intelligible et vivant pour tous ».

    Alexander Neef : « un nouvel outil pour raconter le Palais Garnier »

    Confiée à l’Atelier Debois, la réalisation de cette maquette a pris douze mois pendant lesquels quatre personnes y ont travaillé à temps plein, accompagnées ponctuellement d’intervenants extérieurs spécialisés.

    Au total, plus de 8 000 heures de travail ont été nécessaires pour assembler plus de 5 000 pièces. Des technologies contemporaines ont été associées à un travail artisanal particulièrement minutieux. Les finitions ont notamment été peintes à la main et un système d’éclairage par fibres optiques a été intégré afin de restituer la vie intérieure du Palais Garnier.

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    La maquette se présente sous la forme d’une coupe longitudinale de 200 cm x 75 cm, qui représente le monument dans son état actuel, à l’échelle 1/100e.

    Elle permet de découvrir l’extraordinaire richesse de l’édifice : ses volumes, ses circulations, la relation entre la salle et la scène, les espaces publics mais aussi les lieux qui, en coulisses, demeurent habituellement invisibles aux visiteurs. Sa conception s’est appuyée sur une documentation particulièrement riche, allant des plans originaux de Charles Garnier à une numérisation 3D des espaces actuels.

    Pour Alexander Neef, le directeur général de l’OnP, « cette maquette n’est pas seulement une représentation particulièrement précise et spectaculaire du bâtiment : c’est un nouvel outil pour le raconter et le partager avec le plus grand nombre. Elle permettra à nos visiteurs de comprendre que le Palais Garnier n’est pas seulement un merveilleux décor : c’est un théâtre, magnifiquement conçu par Charles Garnier, avec des espaces dédiés aux publics, à la scène, aux artistes et c’est un lieu de création qui vit chaque jour ».

    Philippe Gault

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