Sous le Second empire, Paris devient un chantier phénoménal. Boulevards rectilignes, immeubles élégants, égouts monumentaux, espaces verts… Le baron Haussmann, nommé par Napoléon III, transforme en profondeur une capitale étouffée et insalubre. En deux décennies, il redessine la ville et bouleverse le quotidien des habitants de Paris.
En octobre 1852, sur la place des Quinconces, à Bordeaux, 10 000 personnes acclament Louis-Napoléon Bonaparte. Le président de la République, brillant encore de son coup d’Etat du 2 décembre 1851, s’apprête à devenir empereur. Dans son discours, il promet une France modernisée, prospère, et une capitale à la hauteur de cette ambition. Napoléon III ne veut pas seulement régner, il veut transformer. Lors de son séjour bordelais, il rencontre un préfet au caractère bien trempé, Georges-Eugène Haussmann. Quelques mois plus tard, le 29 juin 1853, au château de Saint-Cloud, il le nomme préfet de la Seine. Sa mission : faire de Paris une capitale moderne, saine et majestueuse… Paris doit devenir la vitrine du Second Empire.
Travaux de modernisation de la capitale francaise menee par le Baron Haussmann entre 1852 et 1870. NAMUR-LALANCE/SIPA
A l’époque, la ville est encore composée de ruelles sombres et insalubres. Les épidémies de choléra ravagent les faubourgs, et Haussmann doit ouvrir la ville, l’aérer, la rendre respirable. Il s’attelle à la tâche avec une énergie colossale. Sous son impulsion et la vigilance de Napoléon III, Paris devient un chantier à ciel ouvert. En moins de vingt ans, 200 kilomètres de voies sont créées. Haussmann trace les grands boulevards, la rue de Rivoli, les avenues rayonnant depuis la place de l’Etoile, crée le boulevard Saint-Michel et le boulevard Saint-Germain.
Le grand chantier menant au Paris moderne
Sous terre, un autre Paris prend forme : celui des égouts et de l’eau potable. Le réseau passe de 110 à 560 kilomètres. L’éclairage au gaz se généralise, les trottoirs apparaissent, les réverbères, les bancs publics et les kiosques font leur entrée dans le paysage urbain. Haussmann invente le « Ville Lumière ». Et pour offrir un peu de nature aux citadins, il aménage les grands parcs : le bois de Boulogne, le bois de Vincennes, et de nouveaux squares qui deviennent les poumons verts de la capitale.
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Le Paris d’Haussmann n’est pas qu’un projet d’urbanisme, c’est aussi une capitale du commerce, de la culture et de l’éducation. Le Bon Marché inaugure l’ère des grands magasins. Le Louvre est réaménagé, les musées et les écoles se multiplient, les expositions universelles font affluer le monde entier. En 1867, les souverains étrangers découvrent une ville méconnaissable, moderne, majestueuse. Mais ce progrès a un prix, et peu de personnes adhèrent à ce ravalement de façade…
Franck Ferrand raconte comment Haussmann a donné souffle, lumière et modernité à la capitale française.
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