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  • Héloïse et Abélard : « La concupiscence t’a uni à moi plus que l’amitié », ce que révèle leur correspondance

    L’histoire d’amour entre Héloïse et Abélard a traversé les siècles pour nous apparaître aujourd’hui comme la quintessence de la passion brûlante. Un échange de lettres du Moyen-Âge, copiées au XVe siècle et redécouvertes dans les années 70, révèle une autre lecture de cette histoire, par Héloïse elle-même.

    Ecoutez l’épisode des Grands Dossiers de l’histoire en intégralité :

     

    Après leur séparation brutale, Abélard erre de monastère en monastère. Héloïse, de son côté, est abbesse de l’abbaye du Paraclet, en Champagne. En 1132, une connaissance commune apporte à Héloïse une lettre adressée à un ami anonyme par Abélard. Pour consoler cet ami, Abélard aurait entrepris de lui raconter ses propres malheurs. 

    Abélard revient sur les difficultés qu’il a pu rencontrer au cours de sa vie. D’abord sa position enviée de philosophe et les jalousies qu’elle a pu lui susciter, les querelles avec un certain nombre d’intellectuels, les machinations. Sur ces 70 pages, dix seulement sont consacrées à son histoire avec Héloïse.

    Elle en est très blessée. « Ces choses écrites ont rafraîchi mes douleurs », écrit-elle. Héloïse prend la plume pour s’adresser à Abélard : « Mon bien-aimé, je me jetais sur ta lettre et je la dévorais avec toute l’ardeur de ma tendresse, puisque j’avais perdu la présence corporelle de celui qui l’avait écrite. […] Alors que j’étais […] depuis longtemps dans l’affliction, tu n’as pas tenté une seule fois de me consoler. »

    116 lettres échangées entre un maître et son élève : on pense qu’il s’agit d’Abélard et Héloïse

    Abélard répond à Héloïse, c’est le début d’une longue correspondance, qui reste un mystère de l’histoire. La découverte dans les années 70 d’un manuscrit copié au XVe siècle laisse penser que 116 lettres échangées entre un homme et une femme pourraient constituer la correspondance entre Héloïse et Abélard.

    Le tombeau d’Héloïse et Abélard au cimetière du Père-Lachaise, à Paris / LASKI/SIPA

    Le style, les références littéraires et les emprunts laissent penser qu’il pourrait bien s’agir d’une correspondance entre un maître réputé et son élève. Les faits relatés concordent avec l’histoire d’Abélard et Héloïse.

    Abélard reconnaît avoir obligé Héloïse à « consentir par des menaces physiques »

    « Obligé de répondre aux interrogations de son amante, Abélard définit l’amour comme une certaine force de l’âme qui n’hésite pas par elle-même, qui se reporte toujours sur autrui, de sorte que de deux volontés distinctes, il n’en résulte qu’une, sans aucune différence », écrit Sylvain Guggenheim, dans un ouvrage dirigé par Patrice Gueniffey sur les couples illustres de l’histoire de France.

    Au fil des lettres, on perçoit un déséquilibre entre Héloïse et Abélard. Tandis qu’elle affirme son amour immodéré, son estime intellectuelle, son attachement indéfectible, lui, avoue surtout son désir charnel.

    Voici ce qu’elle écrit dans ses lettres : « Je n’ai pas cherché à assouvir ma sensualité ou mes volontés, mais les tiennes ». Abélard lui répond :« Tu sais à quelle turpitude ma libido immodérée avait asservi nos corps. Tu avais beau ne pas vouloir, tu étais trop faible. Le plus souvent, je t’obligeais à consentir par des menaces physiques et en te donnant du fouet […] j’en rougis encore rien que d’en parler ».

    Héloïse continue d’envoyer des mots brûlants à Abélard

    Elle lui adresse ces paroles cinglantes : « Pourquoi, après notre conversion [à la vie monacale] que tu as décidé seul, suis-je tombée dans un tel oubli ? Dis-le-moi, ou moi je dirai ce que je pense […] La concupiscence t’a uni à moi plus que l’amitié, l’ardeur du désir plus que l’amour ».

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    Malgré ces mots, elle ne parvient pas à en faire son deuil, et continue d’envoyer des mots brûlants à Abélard. Lorsqu’il meurt en 1142, il est enterré au Paraclet, à la demande expresse d’Héloïse. 22 ans plus tard, à sa mort, Héloïse est ensevelie dans le tombeau d’Abélard.

    Franck Ferrand

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  • Le secret derrière la mission de la première femme cosmonaute : une grave erreur de trajectoire

    Valentina Terechkova, petite ouvrière textile de l’Union Soviétique, a été la première cosmonaute de l’histoire. Un parcours injustement éclipsé par ceux de Youri Gagarine et Neil Armstrong. Pourtant, à 26 ans, elle est parvenue à corriger une erreur des ingénieurs soviétiques qui aurait pu être fatale, et qui a longtemps été tenue secrète.

    Ecoutez l’épisode des Grands Dossiers de l’histoire en intégralité :

     

    Valentina Terechkova est née le 6 mars 1937 au nord de Moscou, près de Iaroslav, dans une famille modeste. A 16 ans, elle est embauchée dans une usine de pneumatiques, puis, comme sa mère, dans le textile. Elle obtient un diplôme de technicienne en filature du coton. C’est sa passion pour le parachutisme qui va tout changer.

    Les ambitions politiques de l’URSS vont coïncider avec les aspirations célestes de Valentina. Ils se disent qu’en envoyant une femme dans l’espace, ils pourraient prendre un avantage décisif sur les Américains. On définit un cahier des charges. Il faut une candidate de moins de trente ans, mesurant moins d’1,70 mètre, pesant moins de 70 kilos. La nouvelle cosmonaute devra avoir des compétences en parachutisme. Bien sûr, il faut qu’elle soit dans une condition physique éblouissante.

    Valentina Terechkova, 26 ans, est choisie après une rude sélection

    Les recruteurs écument alors, dans le plus grand secret, les clubs aéronautiques du pays. À Iaroslavl, ils repèrent Valentina. Le parcours du combattant commence : batterie d’examens médicaux, tests physiques similaires à ceux qu’on réserve aux cosmonautes masculins, chaleur, isolement, saut en parachute, pilotage. Tout ça a lieu dans le plus grand secret, puisque même les familles des candidates ignorent absolument tout de ce à quoi on les destine.

    A l’issue de cette rude sélection, elle est choisie pour prendre place à bord de la capsule Vostok 6. Jean-François Clervoy et Frank Lehot, dans leur livre Histoire de la Conquête spatiale écrivent : « Qualifiée respectueusement de ‘Gagarine en jupe’ par le directeur de l’entraînement, elle est approuvée par Khrouchtchev lui-même. Célibataire, jolie, travailleuse, issue d’un milieu ouvrier, elle présente le profil idéal pour la propagande soviétique ».

    La fusée de Valentina s’éloigne de la Terre

    Le 16 juin 1963, à 12 h 30, heure de Moscou, Valentina Terechkova décolle à bord de la fusée soviétique. En orbite, elle tient son journal de bord, mène des expériences biomédicales, prend des photographies.

    Jean-François Clervoy et Frank Lehot écrivent qu’ « elle est victime du mal de l’espace qui la perturbe pour la réalisation de certaines tâches en vol. Elle souffre aussi de l’inconfort, s’endort d’épuisement et doit être réveillée par une alarme déclenchée depuis le sol ».

    Les responsables du programme à Baïkonour se demandent s’il faut écourter la mission. Valentina refuse absolument cette éventualité. Mais un autre problème apparaît, bien plus inquiétant : la trajectoire que suit maintenant la fusée dans laquelle elle se trouve n’est pas celle qui était prévue.

    Au lieu de perdre progressivement de l’altitude comme l’avaient calculé les ingénieurs, elle est en train de s’éloigner de la Terre. Il va falloir se mettre aux commandes et essayer de rectifier le la trajectoire. La cosmonaute va s’y employer. Et pendant plusieurs décennies, elle gardera le secret sur cette défaillance technique.

    Avant les photos officielles de la première cosmonaute, une séance de maquillage pour masquer les ecchymoses

    Au bout de 3 jours et 48 orbites autour de la Terre, l’aventure permet à Valentina de faire toutes ses preuves. Elle a réussi à rectifier l’orbite. On en arrive à la phase très délicate du retour. Aucune erreur ne va être permise.

    Valentina Terechkova lors de son retour sur Terre le 19 juin 1963 /RIA Novosti/SPUTNIK/SIPA

     

    Mais là encore, il y a un peu de flottement dans la trajectoire. Valentina n’atterrira pas là où on l’attendait et se cogne contre la visière de son casque. Résultat : elle a une forte ecchymose au visage.

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    Pas question pour les responsables communistes que ce détail vienne entacher l’exploit de la petite ouvrière de l’espace. Une séance de maquillage est organisée pour les photos historiques qui vont placer Valentina sur les podiums de l’histoire.

    Franck Ferrand

     

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  • Incendies, sécheresse, canicule… Une lourde facture estimée à 15 milliards d’euros

    Alors que des incendies dévastateurs ont traversé la France, la ministre de la Transition écologique Monique Barbut a annoncé une très mauvaise nouvelle. Cet été caniculaire risque de coûter jusqu’à 15 milliards d’euros, une facture salée…

     

    Si le retour de vacances vous déprime, pensez à la rentrée de Monique Barbut.  Aux abonnés absents au moment où des milliers d’hectares partaient en fumée, la ministre de l’Ecologie a soudain refait surface pour annoncer… une très mauvaise nouvelle.

    10 à 15 milliards d’euros : c’est donc la facture estimée des incendies, des sécheresses et des canicules à répétition qui ont rythmé cet été suffoquant. Soit, tenez-vous bien, jusqu’à un demi-point de croissance en 2026.

    Alors, on ne connaît pas vraiment la méthodologie qui se cache derrière le chiffre avancé mercredi par Monique Barbut. Une estimation à prendre avec précaution, mais qui proviendrait, selon la ministre, de projections de l’Insee. Voilà au moins, se dit-on, un gage de fiabilité. Sauf que, l’Insee a rapidement fait savoir qu’il n’était absolument pas à l’origine de ce bilan. Et Matignon s’est bien gardé de confirmer ou infirmer le montant évoqué par Monique Barbut.

    Monique Barbut sera la grande absente du déplacement de Sébastien Lecornu en Gironde

    Pas moins de six ministres accompagneront pourtant Sébastien Lecornu pour parler résilience et reconstruction. Annie Genevard pour l’Agriculture, Vincent Jeanbrun pour le Logement, ou encore Laurent Nunez pour la Sécurité civile. Et pour l’environnement… faute de Monique Barbut, ce sera Matthieu Lefèvre, son ministre délégué à la Transition Écologique. Un numéro deux proactif que beaucoup imaginaient déjà succéder à Monique Barbut, au moment de sa vraie-fausse démission, avant qu’Emmanuel Macron lui-même ne finisse par convaincre la ministre de rester… à contrecœur.

    Monique Barbut avait toutefois prévenu qu’il s’agissait-là de sa première et dernière expérience politique. Peut-être cela explique-t-il son étonnante discrétion : la sexagénaire ne s’est pas rendue une seule fois cet été au chevet des territoires ravagés par les flammes.

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    Une absence remarquée qui n’a sans doute pas aidé à apaiser la colère de pompiers épuisés par des semaines de combat. Ils étaient d’ailleurs reçus hier au ministère de l’Intérieur par Laurent Nunez en personne. Les soldats du feu espéraient des renforts, réclamaient des moyens supplémentaires. De tout cela, ils n’auront finalement rien obtenu.

    Un ministre, Laurent Nunez, « pas au rendez-vous », disent-ils. Et surtout aucune réponse concrète à leurs revendications. Les pompiers annoncent déjà une mobilisation historique le 29 septembre à Paris. Car à la fin, quoiqu’on en dise, l’été le plus compliqué n’aura pas été celui de Monique Barbut ou de Laurent Nunez. Mais bien celui qu’auront passé les pompiers.

    Célestine Gentilhomme

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  • Guerre en Ukraine : « Les Ukrainiens ont fait preuve d’une forte intelligence stratégique » note le général Jérôme Pellistrandi

    Il y a quatre ans et demi, la guerre en Ukraine débutait après une agression russe, et depuis, il est difficile d’imaginer comment l’une des parties pourrait l’emporter sur le terrain ni comment la voie diplomatique pourrait aboutir. Le général Jérôme Pellistrandi, rédacteur en chef de la revue Défense Nationale, est l’invité de Radio Classique pour faire le point sur le conflit. 

     

    Cela fait un an que le front n’a pas bougé, et se trouve exactement au même point que lors du sommet d’Anchorage, en Alaska, entre Vladimir Poutine et Donald Trump, explique le général Jérôme Pellistrandi.

    D’un côté, les Russes dépensent beaucoup d’hommes. On estime qu’entre les blessés, les tués, les prisonniers et les disparus, ce sont 30 000 combattants russes qui sont éliminés tous les mois.

    Quant à l’Ukraine, elle parvient à tenir la ligne de front grâce à la technologie des robots et des drones. Pour le général Pellistrandi, le conflit s’est transformé en « guerre de bombardements » car « pour le moment, il n’y a pas de solution tactique sur le terrain  ».

    Les frappes ukrainiennes portent « un préjudice très lourd à l’économie russe »

    Si la Russie ne parvient pas à empêcher les attaques ukrainiennes sur des sites pétroliers, c’est parce que « les Ukrainiens ont développé des capacités remarquables et ont fait preuve d’une forte intelligence stratégique », explique-t-il.

    En frappant les raffineries d’hydrocarbures, Kiev s’attaque au point faible de Moscou et prive le pays d’une partie de ses recettes, qui lui permet pourtant de financer la guerre et de s’acheter la paix sociale. Plus généralement, les frappes ukrainiennes sur des centres logistiques, militaires et les dépôts de carburant portent « un préjudice très lourd non seulement à l’économie russe, mais aussi au fonctionnement de sa société, qui voit que la guerre est désormais sur son terrain  ».

    Jérôme Pellistrandi écarte toutefois l’hypothèse d’une attaque ciblant directement Vladimir Poutine : l’Ukraine sait que les représailles de Moscou seraient terribles. Selon lui, les réponses sont diverses. Faire peur au cercle qui l’entoure est une solution, comme avec les éliminations ciblées de militaires de haut rang. L’incertitude économique qui pèse en Russie joue aussi son rôle puisque les oligarques « sont les premiers à souffrir de cette guerre extrêmement longue  ». L’incertitude peut également pousser la population et l’opinion publique à admettre que le conflit s’étend.

    La stratégie russe « ne peut pas mener très loin »

    Une des caractéristiques de cette guerre, explique le général, est que « le degré de haine des Ukrainiens à l’égard de la Russie de Vladimir Poutine est tel que chaque victime civile renforce leur détermination », chose que le dirigeant russe ne parvient pas à comprendre, assure-t-il. Son constat est sans appel : la stratégie russe ne peut pas mener très loin et Kiev ne se rendra pas, malgré les attaques de missiles balistiques qui la touchent.

    En utilisant des drones, l’Ukraine a également opéré une révolution technologique comparable à celle de l’arrivée de l’aviation militaire lors des deux Guerres mondiales. Ainsi, « l’infériorité qui était manifestement en défaveur de l’Ukraine s’est transformée en un atout  », Kiev ayant été contrainte d’innover pour compenser son infériorité en matière d’aviation, d’effectifs et de capacités militaires.

    La Russie pourrait à l’avenir s’en prendre à un autre pays européen

    Le général Jérôme Pellistrandi évoque également l’analyse du renseignement américain, dévoilée la semaine dernière par le Wall Street Journal, mettant en garde contre une probable confrontation de la Russie à l’encontre d’un pays européen entre l’automne 2026 et 2029.

    Un tel événement prendrait la forme d’une « guerre hybride  », comme c’était le cas avec la campagne de désinformation sur les punaises de lit avant les JO de Paris ou bien avec la découverte récente d’un drone chargé d’explosifs à l’aéroport de Leipzig.

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    Il note qu’en multipliant les petits incidents, la stratégie de la Russie est toujours « en dessous de la ligne rouge », puisqu’elle consiste à agresser un Etat sans pour autant le contraindre à recourir à l’article 5 de l’OTAN, qui établit la solidarité entre les pays membres en cas d’attaques.

    Ainsi, Moscou utilise tout ce qui peut déstabiliser les pays européens, notamment en période d’élections, pour faire en sorte que l’opinion publique se lasse du conflit. Selon lui, des petits incidents de ce genre risquent de se multiplier dans les semaines et les mois à venir, même s’il « voit mal les pays de l’OTAN engager l’article 5 et passer à l’offensive ».

    Maeva Mellado

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  • Guerre au Moyen-Orient : « il est difficile d’imaginer un conflit long comme en Ukraine » affirme l’économiste Patrice Geoffron

    Point de passage essentiel pour l’acheminement du pétrole mondial, le détroit d’Ormuz est presque totalement fermé depuis la fin du mois de février. Depuis, les prix ont augmenté et la perspective de baisse n’est pas au rendez-vous. Invité de la matinale, Patrice Geoffron, professeur des universités à Dauphine PSL et directeur du Centre de géopolitique de l’énergie et des matières premières, fait le point sur l’état de l’économie mondiale, qui ne s’est pas effondrée malgré le choc énergétique.

     

    Alors que les négociations s’enlisent et que Donald Trump vient d’annoncer le contrôle total du détroit d’Ormuz, (l’Iran a depuis affirmé de son côté en avoir le contrôle NDR) Patrice Geoffron explique que si l’armée américaine a la capacité de bloquer les exportations iraniennes, elle ne peut pas pour autant rétablir les flux.

    En effet, entre la difficulté pour les navires de s’extraire du détroit et la pression que les Houthis exercent en mer Rouge, il y a de nombreuses contraintes. « On ne voit pas très bien ce qui, à court terme, pourrait conduire à un déblocage de cette situation » déclare-t-il.

    L’enjeu du pétrole exerce une pression sur Donald Trump comme sur l’Iran

    Toutefois, selon l’expert, on ne peut pas envisager que la situation perdure et s’étende jusqu’en 2027. L’économie iranienne subit en effet une pression car elle dépend en assez bonne partie de sa capacité à exporter du pétrole, or, aujourd’hui, cette activité est quasiment à l’arrêt. Du côté américain, les élections de mi-mandat approchent alors que les prix des énergies et de l’essence ont augmenté, représentant une « tâche noire massive » pour le parti de Donald Trump qui avait pourtant promis d’avoir une économie dominante, notamment sur le plan énergétique. Ainsi, « il est difficile d’imaginer un conflit long comme en Ukraine », estime-t-il.

    Il évoque aussi le risque d’une éventuelle fermeture du détroit de Bab-el-Mandeb, sous la pression des Houthis au Yémen. Dans ce cas de figure, on verrait s’interrompre les flux qui ont vocation à aller vers l’Asie. Les navires seraient contraints de contourner l’Afrique, et les conséquences seraient immédiates : rallongement de trois semaines du temps de navigation, baisse des rotations, nouvelle flambée des prix du pétrole, des assurances des navires et, par conséquent, des prix à la pompe.

    Mais, Patrice Geoffron doute « de la capacité à la fois des Iraniens et des Américains à tenir la tension sur plusieurs mois ».

    En cas de réouverture du détroit d’Ormuz, « l’économie restera sous tension »

    Alors que le prix du baril est de plus de 85 dollars, l’expert reste optimiste et ne renonce pas à voir un jour le baril repasser à 65 dollars, comme c’était le cas avant la guerre. Pour lui, « il y a beaucoup d’éléments qui pourraient concourir à une baisse des prix » si le conflit venait à trouver une issue acceptable, comme la réouverture du détroit d’Ormuz.

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    Dans cette éventualité, de nombreux acteurs auront besoin de relancer leur production et de produire davantage pour se reconstruire. Les Émirats Arabes Unis n’ont d’ailleurs pas attendu puisqu’ils sont sortis de l’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole), s’extrayant de la solidarité interne à l’organisation et leur donnant la possibilité d’avoir davantage de marge de manœuvre en termes d’augmentation de leur volume de production.

    Malgré cela, « on aura très probablement une économie qui restera sous tension, un peu bancale », affirme-t-il, notamment en raison de la politique américaine, dont « les droits de douane vont contribuer à maintenir sans doute durablement de l’incertitude ». Résultat, l’offre augmentera, mais la demande sera moins dynamique. Dans cette situation, les prix pourraient passer à 60 ou 65 dollars, prix que l’on imaginait pour l’année 2026. Cependant, cette éventualité se réalisera « sous réserve d’avoir une paix qui soit soutenable et non pas un entre-deux comme c’est le cas depuis deux mois maintenant ».

    Maeva Mellado

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  • À Salzbourg, le vol de statuettes de Mozart perturbe les célébrations du 270ème anniversaire de sa naissance

    210 des 320 statuettes représentant Wolfgang Amadeus Mozart et installées depuis la mi-juillet dans différents lieux symboliques de Salzbourg ont été dérobées. La fondation Mozarteum avait commandé cette installation pour célébrer le 270e anniversaire du compositeur autrichien.

    Le 15 juillet, La Fondation Mozarteum a dévoilé les 320 statuettes dorées, d’à peine 50 centimètres de haut, représentant Mozart avec son chien Pimperl, conçues en polymère par l’artiste conceptuel allemand Ottmar Hörl. Les figurines ont été disposées dans le jardin Mirabell de Salzbourg que fréquentait le compositeur et dans d’autres endroits symboliques de sa ville natale, de manière à ce que les touristes et les habitués du festival de Salzbourg puissent découvrir cette installation originale, commandée à l’occasion du 270e anniversaire de la naissance du génie autrichien. 

    Las, les statuettes ont très vite attisé les convoitises de certains visiteurs malveillants. Au bout de deux semaines, plus de 80 figurines avaient déjà disparu et le 12 août, après un mois d’installation, on en comptait 210 manquantes. Une disparition d’ampleur qui a contraint les organisateurs à interrompre prématurément l’exposition programmée jusqu’à la fin du mois d’août.

    Le fabricant des statuettes étant en vacances, la production d’autres modèles n’est pas possible et les figurines restantes seront donc désormais exposées au Mozarteum et dans la maison natale de Mozart.

    La piste d’un vol en bande organisée

    Selon l’organisation, le préjudice s’élève à un peu plus de 20 000 euros, sachant qu’Ottmar Hörl, le concepteur des statuettes, pensait les revendre 100 euros pièce une fois l’exposition terminée.

    Interrogé par l’agence de presse allemande DPA, le ,plasticien très affecté, a déclaré que « Le pire pour un artiste, c’est de voir son œuvre disparaître », ajoutant que les enquêteurs devraient écarter l’hypothèse que des touristes aient simplement emporté les figurines comme souvenirs, mais penser plutôt à un vol en bande organisée, commis de nuit, après la fermeture du lieu d’exposition.

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    Ce n’est pas la première fois qu’une installation de l’artiste plasticien allemand est la cible de voleurs. En août 2023, une centaine de statuettes de Richard Wagner qu’il avait conçues et disposées sur une pelouse devant la Festpielhaus de Bayreuth avaient été subtilisées en à peine dix jours. 

    Fataliste, Ottmar Hörl estime que « C’est la nature même de l’espace public. Cela signifie que lorsqu’on travaille comme artiste dans un espace public, on ne doit pas se plaindre de ce qui s’y passe. Cela va de la destruction au vol. C’est comme ça ! ».

    Mini-Mozart heist blights anniversary tribute as thieves make off with 210 statuettes @WashTimes https://t.co/44Bho3sp4m

    — Washington Times Local (@WashTimesLocal) August 12, 2026


    À Salzbourg, c’est un Mozart très humain qu’Ottmar Hörl a souhaité représenter. « Je ne voulais pas faire un monument à la gloire de Mozart. Il y en a déjà assez. Mais je voulais montrer qu’il était un être humain normal malgré son génie », a-t-il déclaré à l’agence Associated Press.

    Philippe Gault

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  • Langue française : ces chiffres latins qui se cachent dans vos conversations de tous les jours

    L’étymologie nous réserve bien des surprises. Certains mots que nous employons chaque jour cachent des chiffres latins sans que nous nous en apercevions.

     

    Carrefour, cahier et caserne viennent du chiffre quatre

    Carrefour vient du latin quadrifurcum, signifiant « fourche à quatre dents » : il désignait un embranchement de quatre routes.

    Cahier vient du latin quaternio, désignant un ensemble de feuilles issu d’une grande feuille coupée en quatre. Le carnet en est simplement le diminutif : un petit cahier.

    Le mot caserne vient du latin quaterna et désignait, chez les Romains, un poste de garde pour quatre personnes, un sens initial aujourd’hui oublié, la caserne accueillant désormais des centaines de soldats.

    Le verbe trancher lui vient du chiffre trois

    De même, trancher vient du latin trinicare, signifiant « couper en trois », formé sur trini : « au nombre de trois ».

    La sieste, la sixème heure chez les Romains

    Sieste vient du latin sexta hora, la sixième heure. Les Romains divisaient le jour en douze heures, du lever au coucher du soleil ; la sixième heure correspondait à midi, moment de la sieste, la journée commençant à l’aube.

    L’expression « ça fait des lustres » désigne des périodes de cinq ans

    Le mot lustre vient du latin lustrum, signifiant purification, en référence à un rituel qui avait lieu tous les cinq ans. Un lustre désigne donc une période de cinq ans en français.

    Aucun vient de quelqu’un

    Le latin classique aliquis a donné le latin populaire alicunus, puis aucun en français. Or ces deux formes signifient « quelqu’un » et ont donné aucun.

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    Aucun a conservé ce sens jusqu’au XVIIe siècle, et on le retrouve encore dans certaines tournures littéraires, comme « d’aucuns diraient que l’étymologie nous réserve de bonnes surprises ».

    Karine Dijoud

     

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  • Trump taxe les instruments à vent au nom de la sécurité nationale : l’inquiétude du monde musical

    Une nouvelle mesure protectionniste instaurée par l’administration Trump va soumettre à un droit de douane de 25% une grande partie des instruments à vent importés aux Etats-Unis. Selon le ministère du commerce américain, leurs pièces et accessoires sont principalement fabriqués à partir de métaux jugés essentiels à la défense nationale.

    L’article 232 du droit américain autorise le président américain à imposer des droits de douane ou à restreindre les importations de marchandises étrangères qui menacent la sécurité nationale. Et c’est à ce titre que, sur proposition du ministère du commerce, Donald Trump a validé début août une mesure qui va toucher, entre autres, l’importation d’instruments de musique (vents et cuivres) dont les composants, acier, aluminium, laiton, cuivre… constitueraient une menace pour la sécurité américaine.

    Trompettes, tubas, trombones, saxophones et autres cors d’harmonie fabriqués en dehors des Etats-Unis seront donc soumis à un droit de douane de 25 % sur les importations à partir du 27 août au motif que « le recours aux métaux importés pourrait réduire la demande de matériaux fabriqués aux États-Unis, ce qui diminuerait la production nationale et les stocks de fournitures essentielles en cas d’urgence nationale ». Une notion de sécurité nationale citée neuf fois dans les six pages du texte publié par le ministère du Commerce,

    Cette taxe sur les instruments à vent pourrait pénaliser 25 millions d’élèves américains

    La mesure en question fait suite notamment à la pression insistante du milliardaire John Paulson, dont la société d’investissement est le principal actionnaire de Conn-Selmer, un des plus importants fabricants américains d’instruments de musique pour orchestres d’harmonie, fanfares et orchestres.

    Ce fervent supporter de Donald Trump l’avait alerté dès la campagne électorale de 2024 sur les dangers pour l’économie américaine d’une délocalisation de la production dans son secteur d’activité.

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    Malheureusement pour Conn-Selmer, la mesure protectionniste prise par l’administration Trump arrive un peu tard, cinq semaines précisément après la fermeture de sa dernière usine américaine dans l’Ohio qui avait prévu de délocaliser une part importante de sa production en Chine où les tarifs sont en moyenne huit fois moins élevés.

    Selon les estimations du Peterson Institute for International Economics cité par Classic FM, un cor d’harmonie fabriqué aux États-Unis coûte près de 5 000 dollars, tandis qu’un modèle chinois importé est vendu autour de 600 dollars.

    Brass instruments and their parts could soon be subject to additional tariffs under the guise of “national security.”

    Read more: https://t.co/3YVYs8tFgl pic.twitter.com/var7zWGsvT

    — reason (@reason) August 10, 2026


    Une mesure néanmoins critiquée par la National Association of Music Merchants (NAMM) dont le président, John Mlynczak estime qu’il n’y a «absolument aucun risque pour la sécurité nationale lié aux instruments de musique ».

    Selon le dirigeant de cette association, qui représente l’industrie mondiale des produits musicaux, « cette décision risque d’affecter plus de 25 millions d’élèves américains qui participent chaque année à des programmes de musique dans les écoles, soutenus par des milliers de détaillants américains qui importent et fournissent des instruments aux élèves depuis des décennies ».

    Philippe Gault

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  • Éclipse solaire du 12 août : vous n’avez pas de lunettes ? Voici comment observer le phénomène en toute sécurité

    Un phénomène rarissime observable uniquement avec des lunettes homologuées… en rupture de stock un peu partout. L’éclipse solaire de ce 12 août a de quoi susciter des frustrations. Il existe heureusement une alternative sûre. Philippe Stée, directeur de recherche au CNRS, était l’invité de la matinale de Radio Classique. Il a rappelé les consignes de sécurité : ne pas regarder directement le soleil, s’assurer que ses lunettes ne sont pas des contrefaçons, et même équipé correctement, ne pas observer l’éclipse plus de quelques minutes d’affilées. Il a donné une astuce pour tous ceux qui, justement, n’en sont pas pourvus.

     

    Vous êtes le président de l’Observatoire de Paris PSL. Pour l’observer cette éclipse solaire, comment doit-on s’équiper ?

    PHILIPPE STÉE. : Il ne faut pas oublier ses lunettes, qui sont devenues la perle rare chez les pharmaciens et opticiens en ce moment. Il faut s’en équiper, se placer à l’endroit le plus élevé possible, une colline, le toit d’un immeuble, et avoir une vue dégagée vers l’ouest, puisque le soleil s’y couche.

    Nous aurons une éclipse un peu différente de celle de 1999. Elle ne sera pas totale, contrairement à nos amis espagnols qui seront dans la bande de totalité. En revanche, nous l’observerons au coucher du soleil, avec un beau soleil bien rouge et visible, bas sur l’horizon. Le disque de la lune commencera à grignoter celui du soleil vers 19h15. Le maximum pour la région parisienne sera atteint vers 20h15, pour une fin vers 21h15. C’est deux heures de spectacle.

    Quand vous dites qu’elle ne sera pas totale, cela signifie 99 % dans le sud de la France ?

    P.S. : C’est exact. Ce sera 90 % dans l’extrême nord de la France, et plus on se rapproche de la frontière espagnole, plus on atteindra les 99 %. Mais même 1 % du soleil reste si brillant qu’il faut absolument se protéger les yeux avec ces lunettes.

    Une alternative pour observer l’éclipse par projection

    Le soleil émet des rayonnements UV et infrarouges invisibles pour l’œil. Comme ce dernier n’a pas de capteur de douleur, tout semblera bien se passer, mais on risque en réalité de se brûler les yeux de façon irréversible.

    Comment vérifier l’efficacité des lunettes ?

    P.S. : Déjà, lorsque vous les mettez sur les yeux sans regarder le soleil, vous ne devez rien voir. Tout doit être complètement sombre, sans aucun trou à la surface. De plus, ces lunettes doivent porter les mentions des normes européenne CE et ISO, car de nombreuses contrefaçons circulent. Faites attention, les yeux sont précieux, il faut s’équiper de bonnes lunettes et il n’y a pas d’alternative.

    Et si l’on n’a pas de lunettes ?

    P.S. : Pour une observation directe, il n’y a pas d’alternative. Dans les lieux de rassemblement, les astronomes amateurs sont équipés de télescopes avec des filtres spéciaux permettant une observation en toute sécurité.

    À la maison, sans cet équipement, il ne faut surtout pas regarder directement. On peut cependant l’observer de façon indirecte, par projection.

    Pendant l’éclipse, ne pas observer le soleil plus de 3 minutes

    Prenez par exemple une passoire à spaghettis, dirigez-la vers le soleil et projetez son ombre sur un mur blanc. Vous verrez les petites taches du soleil, puis le disque de la lune passer progressivement devant. C’est un moyen sûr de profiter de l’éclipse en projection, sans danger pour vos yeux.

    Tout le monde ne lit pas forcément les notices, mais il y est parfois indiqué de ne pas les porter plus de trois minutes. Comment doit-on les utiliser, sachant que le phénomène dure deux heures ?

    P.S. : L’idée n’est pas de fixer le soleil pendant deux heures d’affilée. Vous pouvez les garder quelques minutes, reposer vos yeux, puis les remettre ou les prêter à votre entourage.

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    L’important est de ne pas les conserver deux heures en continu, mais nous ne sommes pas à une minute près : les garder trois, quatre ou cinq minutes ne pose aucun problème.

    Parce que lorsqu’on se brûle la rétine, on ne le sent pas.

    P.S. : On ne le sent pas, il n’y a aucune douleur. Il faut donc impérativement garder ces lunettes sur les yeux le temps nécessaire à chaque fois que vous observez l’éclipse.

     

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  • Armstrong sur la lune : le moment de panique avant l’alunissage, entre alarmes, pilotage manuel et carburant presque vide

    Le 21 juillet 1969, au moment où commencent les manœuvres d’alunissage, c’est la panique à Houston. Les patrons de la NASA ont quelques secondes pour prendre une décision. Neil Armstrong décide d’enclencher la commande manuelle. Voici le récit des dernières minutes avant l’alunissage du module Eagle.

    Ecoutez l’épisode des Grands dossiers de l’Histoire en intégralité :

     

    Le rêve le plus fou de l’histoire de l’humanité est devenu réalité le 21 juillet 1969, avec l’alunissage de Neil Armstrong. Cyrano de Bergerac l’avait imaginé. Jules Verne nous l’avait raconté avec un bon siècle d’avance et, plus près de nous, Hergé, avec ses deux célèbres albums Objectif Lune et On a marché sur la Lune au début des années 50. Mais le jour J a été plus mouvementé que prévu.

    Le dimanche 20 juillet, le module Eagle se détache de la capsule Columbia. À 13h46, Eagle passe du côté de la face cachée, ce qui veut dire qu’on a plus de nouvelles pendant un long moment. Quand le module réapparaît, il n’est plus qu’à 25 km d’altitude par rapport à la Lune.

    À bord du module, Buzz Aldrin et Neil Armstrong ont les yeux rivés sur les indicateurs de bord. Le pilotage automatique doit les faire alunir sur la Mer de la Tranquillité et soudain, à 1830 m d’altitude, un voyant jaune s’allume avec une alarme stridente. L’ordinateur de bord a dépassé ses capacités d’exécution.

    Alors, aussi près du but, est-ce qu’il faut arrêter, interrompre la mission ?

    La NASA fait confiance à un ingénieur de 25 ans

    C’est la panique à Houston, les patrons de la NASA ont quelques secondes pour prendre une décision. Heureusement, un jeune contrôleur de 25 ans, Steve Bales, a passé des semaines à travailler sur le programme de cet ordinateur. Lors d’une simulation, il avait rencontré le même problème et constaté à l’époque que l’ordinateur s’était bien comporté jusqu’au bout. On va lui faire confiance et on continue la mission.

    À 1000 mètres, nouvelle alarme, Aldrin et Armstrong pâlissent, décidément c’est de la malchance. Il faut savoir qu’avant la mission Apollo 11, les experts les plus optimistes leur donnaient moins de 50 % de chances de succès. À Houston, tout le monde observe Steve Bales, c’est à lui de décider. Ce « gamin » pense qu’il faut continuer.

    Parvenu à 400 mètres de la surface lunaire, les deux astronautes vont faire un constat inquiétant : ils ne sont pas du tout là où ils devraient être, s’ils se réfèrent aux simulations qu’ils ont faites dans les semaines passées. Il y a des petits décalages liés aux conditions de vol réel, notamment. Et ce qu’ils voient est terrifiant : d’énormes rochers qui entourent un cratère béant sur lequel le module a l’air de foncer. Armstrong prend à ce moment-là une décision grave, il enclenche la commande manuelle. Adieu le pilotage automatique, maintenant c’est lui qui tient la barre.

    Armstrong réalise que ce sera bientôt la panne sèche

    Le problème ? C’est que la jauge n’indique plus que 90 secondes de carburant et que les champs de rochers qu’il survole en ce moment n’autorisent évidemment aucun alunissage. 40 secondes, 30 secondes… Armstrong a repéré un endroit un peu moins accidenté. Il conduit le module dans cette direction. Le voyant orange se met à clignoter, ça va bientôt être la panne sèche.

    Aldrin ferme les yeux, il prie. À ce moment-là, la planète entière prie. De toute façon, il est trop tard maintenant pour interrompre quoi que ce soit. Le temps de séparer les deux étages du module, celui-ci se serait déjà écrasé.

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    Et ça y est, un voyant bleu vient de s’allumer. Eagle vient d’entrer en contact avec le sol de la Lune. Ils ont réussi. Il est 3h52 à Paris, en ce très historique 21 juillet 1969. Neil Armstrong pose son pied sur la lune quatre minutes plus tard.

    Franck Ferrand

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