Luciano Pavarotti a connu un destin hors du commun : fils de boulanger, l’Italien né à Modène et disparu en 2007 est toujours aujourd’hui un des plus célèbres chanteurs lyriques au monde, et certainement le plus aimé. Pourtant, son parcours a failli s’interrompre brutalement en 1947, l’année où il a frôlé la mort.
Luciano Pavarotti est né le 12 octobre 1935. Son père, Fernando Pavarotti, est boulanger, un homme qui prépare son pain la nuit et chante le jour. C’est d’ailleurs bien plus qu’un passe-temps : Fernando est un ténor de grand talent, que l’on entend à l’église ou en remplacement dans tel ou tel petit spectacle.
Sa mère, Adele Venturi, travaille pour subvenir aux besoins d’une famille aux revenus modestes, occupant un emploi d’ouvrière dans une manufacture de tabac.
Luciano Pavarotti, frère de lait de Mirella Freni, autre grande figure de l’opéra
Fait remarquable : parce qu’elle travaille dans cette manufacture, on craint que son lait soit contaminé et elle ne peut pas allaiter son fils. La même situation se présente pour la mère d’une autre grande figure de l’opéra, Mirella Freni. Les deux enfants ont ainsi la même nourrice, un lien originel qui unira toute leur vie les deux chanteurs.
Dans le salon familial, le petit Luciano découvre la musique au son des 78 tours que son père lui apprend à manipuler avec soin. Il écoute les grandes voix de l’époque et s’installe lui-même dans la cour de l’immeuble, dont l’écho lui est favorable, pour hurler La donna è mobile du Rigoletto. Son père lui offre une petite mandoline, symbole d’une passation de pouvoir entre un père qui rêve de scène et un fils qui va accomplir ce rêve à sa place.
Après la guerre, la vie de Luciano Pavarotti est mise en danger
En 1943, Luciano a huit ans quand les bombardements alliés s’abattent sur Modène, ville qui abritait notamment les usines Ferrari et Maserati. La famille Pavarotti se réfugie alors pendant un an à la campagne, chez un fermier. C’est là que le jeune garçon développe sa passion pour les plantes et les animaux, une sensibilité qui ne le quittera jamais.
En 1947, un accident en jouant dans la cour de la ferme lui vaut de contracter le tétanos. Sa vie est en danger. On lui administre même l’extrême-onction.
C’est Ève Ruggieri, journaliste et grande spécialiste musicale qui l’a longuement côtoyé, qui rapporte ses propres mots : « Ça ne m’a pas plu du tout. J’ai entendu ça, ça ne m’a pas plu du tout. »
La grande rencontre de Pavarotti : Beniamino Gigli, successeur désigné de Caruso
Cet épisode constitue un tournant décisif. Luciano Pavarotti en sort avec une détermination nouvelle, une soif de vivre et la conviction qu’il faut aller au bout de ses rêves. Même s’il continue d’écouter les grands ténors de l’époque – en 1949, à quatorze ans, il rencontre Beniamino Gigli, le successeur désigné de Caruso – sa trajectoire reste encore incertaine. Son père, qui nourrissait lui-même de grandes ambitions vocales mais souffrait d’un trac insurmontable, voyait en Gigli un modèle supérieur à son propre fils. Cette remarque, loin de le décourager, aiguillonna Luciano.
Le choix du destin et le premier succès avec La Bohème
Après le tétanos, Pavarotti s’oriente pourtant vers une voie plus raisonnable : il se prépare pendant deux ans au métier d’instituteur. Mais en 1954, à dix-neuf ans, il se souvient de ce qu’il a frôlé. La vie n’est pas faite pour être subie. Il abandonne tout et se lance à corps perdu dans le chant, soutenu par des parents aimants et par un père qui voit enfin naître, à travers son fils, la vie qu’il n’a pas pu vivre.
Le jour où Pavarotti a partagé la scène avec son père âgé de 88 ans
La carrière commence au milieu des années 1950. Ce sera La Bohème, puis Herbert von Karajan qui le révèle au grand public à travers de prestigieuses productions et des enregistrements qui feront le tour du monde.
Luciano Pavarotti devant la Scala de Milan en 1966/PUBLIFOTO/OLYMPIA/SIPA
De Caruso à Gigli, de Gigli à Pavarotti : une lignée de ténors d’exception. Mais comme le résume Ève Ruggieri : « Il n’y a pas de Pavarotti aujourd’hui. Il y a des gens que l’on ne remplace pas. »
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Cet article Pavarotti : Le grand ténor a reçu l’extrême-onction dans son enfance, il a miraculeusement survécu à une grave maladie est apparu en premier sur Radio Classique.