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  • Maria Callas et Aristote Onassis : le jour où la cantatrice a succombé au charme de l’armateur grec, une tragédie moderne

    Surnommée « la Divina », Maria Callas demeure encore au XXIe siècle l’une des cantatrices les plus célèbres, à la fois par le timbre particulier de sa voix, son art du chant et sa vie amoureuse – une tragédie moderne. Voici l’histoire de sa rencontre avec Aristote Onassis.

    Ecoutez l’épisode des Grands Dossiers de l’histoire en intégralité :

     

    La rencontre a eu lieu le 3 septembre 1957 à Venise, à l’amorce du Grand Canal, dans le célèbre hôtel Danieli. C’est lors d’un grand bal donné dans cet établissement que Maria Callas est présentée à Aristote Onassis.

    Elle porte une robe du soir absolument somptueuse, composée d’un haut noir à fines bretelles et d’une jupe en satin à pois ; sa taille est prise dans une large ceinture blanche. Ses cheveux sont relevés en chignon, ornés d’un collier de grosses larmes d’émeraude. C’est absolument magnifique. Onassis pose sur elle un regard fiévreux. Il a 53 ans, dirige un empire commercial et financier absolument invraisemblable et a une très jeune épouse, Tina.

    Maria Callas est subjuguée par la personnalité d’Onassis

    Maria Callas a vingt ans de moins que lui et le monde à ses pieds ; à ses côtés, son vieux manager de mari Giovanni Battista Meneghini. Elle avouera avoir été, dès le début, subjuguée par la personnalité, le charme et le charisme d’Aristote Onassis. « Non seulement il était plein d’entrain, mais il était source de vie », dit-elle. Voilà peut-être ce qu’elle cherche, elle aussi, à travers des excès que certains peuvent lui reprocher.

    Deux ans plus tard, la voilà qui embarque avec son mari sur le yacht Christina O (O pour Onassis) invitée par Aristote. D’emblée, Onassis va lui faire une grande parade amoureuse. Il lui fait la promesse de quitter sa femme. Maria, de son côté, ne supporte plus l’espèce de paternalisme pénible de Meneghini.

    Maria Callas et Aristote Onassis en 1959 / SAMA/SIPA

     

    Dans la nuit du 6 au 7 août 1959, elle succombe au charme de cet homme qui, peut-être le premier, aura su la faire se sentir vraiment femme. Il faut dire qu’elle a tellement changé : Maria a sculpté la silhouette qu’on lui connaît désormais, rompant définitivement avec le caractère un peu ingrat du physique de son enfance et de sa jeunesse.

    Onassis trouve ses cheveux un peu longs ? Qu’à cela ne tienne : Maria Callas les raccourcit

    Onassis a-t-il senti la fragilité de celle qui vient de se donner à lui ? Ce conquérant invétéré n’a-t-il vu en elle qu’un énième défi, le plus extraordinaire à relever ? En tout cas, lorsqu’elle rejoint sa cabine ce matin-là, il est 6 h 30, et Meneghini comprend ce qui vient de se passer. Il comprend qu’évidemment, c’en est fini de lui, des contrats, et peut-être même de la scène.

    Maria va se jeter dans l’amour avec cette fièvre dévorante de ceux qui, enfants, ont été privés de bien des choses. Elle qui avait été ce vilain petit canard, un peu corpulente, boutonneuse, myope, mal dégrossie, doit désormais rattraper le temps perdu. Elle a tout fait pour plaire au monde, et maintenant elle plaît à l’un des hommes les plus riches du monde. Il trouve ses cheveux un peu longs ? Qu’à cela ne tienne : elle les raccourcit. Il n’aime pas les lunettes ? Eh bien, elle va se convertir aux verres de contact.

    « Je ne savais pas ce qu’était l’amour avant de rencontrer Onassis » confie Maria Callas

    Publiquement, Maria annonce sa rupture avec son mari le mardi 8 septembre 1959. Vous voyez que cela ne traîne pas. Contrairement à ce qu’Onassis avait promis, lui essaie de garder auprès de lui son épouse légitime et ses enfants. Il tente de mettre un terme aux rumeurs sur leur liaison : « des contes à dormir debout », dit-il, « des inventions ridicules ». Maria, qui devrait être rebutée par ce genre de déclarations, fait en réalité la sourde oreille. Elle vit sa passion ; elle y est déjà, aveuglée d’une certaine manière.

    Maria Callas et Giovanni Battista Meneghini en 1958 /AP/SIPA

    « Avec Meneghini, ce n’était pas de l’amour, c’était de la gratitude », dit-elle à son amie, la soprano Giulietta Simionato. « Je ne savais pas ce qu’était l’amour avant de rencontrer Onassis. »

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    Maria Callas va maintenant s’éloigner de la scène. Alors qu’elle est enceinte de l’homme qu’elle aime, elle met au monde un petit garçon le 30 mars 1960, à Milan, huit mois après s’être donnée pour la première fois à Onassis au cours de cette fameuse croisière sur le Christina. Hélas, l’enfant succombe quelques heures après sa naissance, des suites d’une insuffisance cardiaque.

    On ne pourra pas dire que le destin de Maria Callas aura été facile. Cette femme a pris la vie à bras-le-corps, mais, de temps en temps, c’est extrêmement douloureux.

    Franck Ferrand

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  • Betsy Jolas fête ses 100 ans aujourd’hui : l’infatigable compositrice vient de terminer une œuvre pour Simon Rattle

    Ancienne élève de Darius Milhaud et Olivier Messiaen au Conservatoire de Paris, Betsy Jolas fête ce 5 août ses 100 ans. Toujours active, la compositrice franco-américaine vient de terminer l’écriture d’une œuvre, la troisième commandée par Sir Simon Rattle.

    Le 31 mai dernier à la Philharmonie de Paris, une vieille dame digne et toujours alerte était assise dans les premiers rangs de la grande salle Pierre Boulez pour assister au concert du London Symphony Orchestra dirigé par Sir Simon Rattle. Trois mois avant de fêter ses 100 ans, Betsy Jolas avait tenu à assister à cette représentation dirigée par le chef d’orchestre britannique pour lequel elle vient de terminer la composition d’une œuvre, un mélodrame, qu’il lui a commandée.

    C’est à l’occasion des 90 ans de la compositrice franco-américaine, que Sir Simon Rattle, à l’époque directeur musical du Philharmonique de Berlin, lui fit sa première commande, s’excusant de ne pas avoir connu sa musique plus tôt. Ainsi fut créé A Little Summer Suite, séquence de sept mouvements courts inspirée des Tableaux d’une exposition de Modeste Moussorgski, qui fut jouée le 16 juin 2016 dans la capitale allemande.

    Sept ans plus tard, une nouvelle commande du maestro anglais, en association avec le London Symphony Orchestra, le Festival d’Aix-en-Provence et le Cleveland Orchestra, a donné naissance à Ces belles années… dont la première mondiale fut donnée en juin 2023 au Barbican de Londres et fut reprise le 12 décembre 2025 lors du concert de clôture du Centenaire de Pierre Boulez à la Cité de la Musique à Paris.

    Betsy Jolas a enseigné au Conservatoire de Paris

    Le centenaire de Betsy Jolas marque les 100 ans d’une vie consacrée à l’art et la musique dès sa plus tendre enfance. Quelques mois après sa naissance en 1926, d’un père écrivain et critique littéraire et d’une mère américaine éditrice et traductrice, la famille Jolas s’installe pour trois ans à Colombey-les-Deux-Églises… dans la maison qu’achètera en 1934 le général de Gaulle.

    En 1940, au début de la Seconde guerre mondiale, les Jolas s’établissent aux États-Unis dans le Vermont où la toute jeune fille étudie l’harmonie, le contrepoint, l’orgue et le piano.

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    De retour à Paris en 1946, Betsy Jolas s’inscrit au Conservatoire de Paris où elle suit les cours de Darius Milhaud (composition), Simone Plé-Caussade (fugue) et Olivier Messiaen (analyse). Ce dernier qu’elle remplaça ponctuellement et auquel elle a succédé en tant que professeure à partir de 1975 jusqu’à sa retraite en 1992.

    Deux albums pour célébrer le centième anniversaire de Betsy Jolas

    Lauréate de plusieurs grands concours de composition lors de ses études à Paris et soutenue par Pierre Boulez, Betsy Jolas commence à écrire ses premières œuvres dans les années 60. Son répertoire couvre tous les genres, de la musique symphonique et concertante à la musique de chambre et instrumentale.

    Compositrice de trois opéras, elle a même créé des musiques pour le cinéma (Aimée de Joël Farges en 1981) et pour les enfants apprentis-musiciens.

    En cette année de célébration du centenaire de Betsy Jolas, de nombreux hommages lui ont été rendus en France et aux Etats-Unis.

    Par ailleurs, le label Bastille Musique a édité une intégrale de ses pièces pour piano et violoncelle en deux CD interprétées par le pianiste anglais Nicolas Hodges et le violoncelliste finlandais Anssi Karttunen et en mars dernier, le label catalan L’Auditori a sorti l’enregistrement d’une monographie orchestrale, quatre pièces répondant à des commandes passées à la compositrice entre 2006 et 2021, par le Barcelona Symphony Orchestra (OBC) dirigé par Ludovic Morlot.

    Philippe Gault

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  • Incendies : L’Etat prend en charge l’indemnisation de l’activité partielle pour les TPE et PME dans les zones évacuées

    La prise en charge devait être partielle, elle sera finalement totale pour les TPE et PME des zones évacuées en Gironde et dans les Landes après les incendies. L’Etat remboursera « intégralement » les indemnités d’activité partielle versées aux salariés entre le début de l’incendie et la fin du mois d’août. Une mesure « exceptionnelle » qui répond partiellement à la demande des organisations patronales, notamment des Entrepreneurs (ex-CPME), présidée par Amir Reza-Tofighi.

    Amir Reza-Tofighi, au micro Radio Classique de Vincent Danilo

    https://www.radioclassique.fr/wp-content/uploads/2026/08/rezatofighi.mp3

     

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  • Le bestiaire de la langue française : 7 mots rares qui désignent des groupes d’animaux

    On parle d’un troupeau de vaches, d’une meute de loups, mais certains animaux ont droit à des termes plus surprenants. En français, les bêtes aussi ont leur vocabulaire, et parfois même leurs institutions.

     

    L’Assemblée s’applique aussi aux babouins

    Nous connaissons l’Assemblée nationale, mais sachez qu’il existe aussi des assemblées de babouins. Un mot très humain, presque politique, évoquant le bavardage ou les discussions animées.

    La fierté renvoie à la noblesse des lions

    Dans la savane, un groupe de lions ne s’appelle pas un troupeau, mais une fierté. Un très joli terme qui renvoie à la noblesse et à la prestance de l’animal.

    Le Parlement évoque la sagesse de la chouette

    Les chouettes et les hiboux se réunissent en Parlement. On imagine déjà ces animaux nocturnes en pleine délibération. Ce terme fait référence à l’image de sagesse et de réflexion associée à la chouette.

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    Langue française : Pourquoi parle-t-on de « baleines » pour vos parapluies et soutiens-gorge ?

    Ces noms reflètent notre façon de percevoir le monde animal. On parle ainsi d’une armée de fourmis, par référence à leur organisation quasi militaire ; d’une nuée de sauterelles, quand elles se rassemblent dans le ciel comme un nuage ; d’une échourie pour les phoques réunis sur la plage où ils ont échoué. Et pour finir, mon terme favori : la flamboyance — pour les flamants roses.

    Karine Dijoud

     

    Retrouvez la chronique Et si on parlait français ? 

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  • Guerre en Ukraine : L’armée russe recrute dans les conservatoires et les institutions culturelles

    Depuis la fin juillet, une annonce de recrutement de futurs pilotes de drones a été mise en ligne sur le site du conservatoire de Saint-Pétersbourg. Le célèbre Conservatoire Rimski-Korsakov n’est pas la seule institution culturelle sollicitée par l’armée russe pour renforcer ses effectifs alors que perdure le conflit avec l’Ukraine.

    Créé en 1862, le Conservatoire Rimski-Korsakov de Saint-Pétersbourg est le plus ancien de Russie. En plus d’un siècle et demi, la vénérable institution a formé des dizaines de milliers de musiciens parmi lesquels de très grands noms de la musique russe tels que Piotr Ilitch Tchaïkovski, Dimitri Chostakovitch, Sergueï Prokofiev, Alexandre Glazounov, Nathan Milstein, Valery Gergiev ou encore Anna Netrebko.

    Chaque année plus de 1000 étudiants y sont accueillis. Il n’est donc pas si étonnant que les autorités russes viennent puiser dans ce vivier de forces vives pour étoffer ses services publics. Mais l’annonce de recrutement par l’armée russe de futurs pilotes de drones publiée sur le site du conservatoire est une première. Et même s’il n’y est pas fait référence, on imagine que le conflit avec l’Ukraine, qui s’éternise depuis février 2022, est la raison principale de cette initiative inédite.

    Des femmes et des hommes de 18 à 45 ans engagés pour un an

    Titrée «Sur terre, sur l’eau et dans les airs », cette annonce émane du centre de recrutement de Saint-Pétersbourg dans le cadre d’une campagne nationale lancée par le ministère russe de la Défense pour les nouvelles unités de drones, les Troupes des Systèmes Sans Pilote (TSSP).

    Elle propose à des femmes et des hommes âgés de 18 à 45 ans des contrats d’un an avec la garantie de pouvoir réintégrer le conservatoire à l’issue de ce mandat.

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    Les candidats les plus recherchés sont ceux qui ont une expérience dans les domaines de la programmation informatique, du pilotage de drones, de l’aéromodélisme, de la mécanique automobile, de la radiotechnique mais aussi, plus surprenant, de l’e-Sport. Quatre types de postes sont proposés : Opérateur de drones (UAV) basés sur aérodrome, opérateur de drones navals, opérateur de drones multirotors (copters) et de reconnaissance et opérateur de drones FPV (pilotés en immersion) et de drones de type avion.

    Lutter contre les attaques de drones sur Moscou

    Depuis le début de cette campagne de recrutement, plusieurs autres grandes institutions universitaires russes à vocation artistique ont publié le même type d’annonce. C’est notamment le cas de l’Institut de la culture de Saint-Pétersbourg (SPbGIK), de l’Institut d’État russe des arts du spectacle (RGISI) et de l’Académie AL Stieglitz, spécialisée dans les arts appliqués, le design et les beaux-arts.

    Sur l’annonce publiée par l’Institut d’architecture de Moscou (MARCHI), il est même précisé que les candidats retenus seront affectés à l’unité chargée de lutter contre les attaques de drones sur la capitale.

    Philippe Gault

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    Le Philharmonique de New York et le chœur de l’armée américaine réunis pour commémorer le 25e anniversaire des attentats du 11 septembre

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  • Matignon : tentatives de suicide dans les services du Premier ministre, quand la souffrance au travail gagne les plus hautes sphères

    France Inter a publié hier une enquête mettant en lumière une série de suicides et de tentatives au sein des services de Matignon, sur fond de souffrance au travail et de management sous tension. Un drame qui secoue l’administration centrale et en révèle les dysfonctionnements.

     

    Ces révélations sont à prendre au sérieux car le phénomène est d’une ampleur jamais vue dans des services aussi centraux que ceux de Matignon.

    Deux agents issus respectivement du secrétariat général pour l’investissement et du secrétariat général du gouvernement ont mis fin à leur jour en mars 2026, à seulement quelques jours d’écart, dans un contexte identifié de souffrance au travail.

    Deux autres ont fait une tentative de suicide, dont une fonctionnaire au service de la Correspondance du Premier ministre, qui gère notamment le courrier de Sébastien Lecornu.

    Les salariés sont sous le joug d’une pression constante

    Elle a été rattrapée in extremis par un passant sur le quai d’une gare alors qu’elle allait se jeter sous un train. Une enquête préliminaire a été ouverte.

    Cette épidémie de suicide n’est pas sans rappeler, toutes proportions gardées, les 35 salariés de France télécom qui avaient mis fin à leurs jours en 2008 et 2009.

    Les symptômes sont les mêmes : pression accrue sur fond de plans d’économies, management toxique suscitant un sentiment d’abandon chez les salariés, procédures d’alerte ignorées par les ressources humaines.

    La différence, c’est qu’il s’agit ici d’une administration publique au plus haut niveau de l’État, censée donc être exemplaire.

    Ces cas ont tendance à se multiplier au sein de la classe politique.

    Plusieurs députés et ministres ont été visés ces dernières années par des accusations de harcèlement moral sur des membres de leur cabinet.

    Une secrétaire d’Etat issue du Modem, Nathalie Elimas, a même dû démissionner à la suite d’accusations de maltraitance portées par cinq de ses collaborateurs.

    Plus généralement, ces petites mains de la politique, indispensables au bon fonctionnement du sommet de l’État, souffrent d’une absence de reconnaissance.

    Des tests de drogue ont été réalisés cet été sous la demande du Premier ministre

    Corvéables à merci, mal rémunérés, les conseillers politiques et hauts fonctionnaires de certaines administrations, comme la direction des finances publiques à Bercy, sont d’ailleurs de plus en plus nombreux à quitter la fonction publique d’Etat pour rejoindre le privé.

    D’autres sombrent dans des problèmes d’addiction : plusieurs collaborateurs gouvernementaux ont été écartés cet été après des tests de dépistages de drogue positifs.

    Ceux-ci avaient été décidés par Sébastien Lecornu lui-même, désireux de rétablir une forme d’exemplarité à l’heure où l’exécutif fait la guerre au narcotrafic. Mais tout laisse à penser qu’au-delà des sanctions prononcées, les services du Premier ministre n’ont pas traité le fond du problème.

    Le contexte politique a contribué à ce mal-être

    Quand on discute avec eux, beaucoup de conseillers ministériels ou parlementaires disent avoir souffert de l’instabilité politique inédite qui règne depuis la dissolution de 2024. L’Assemblée a été largement renouvelée et le gouvernement a changé quatre fois en deux ans.

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    C’est autant de turnover de collaborateurs, de renouvellement de contrats de plus en plus courts et donc de plus en plus précaires. Et surtout une pluie de licenciements sans autre forme de procès.

    Peu ou pas d’indemnité, pas de recours, pas de plan de reconversion, bien loin donc de l’exemplarité prônée au sommet de l’Etat. On le sait, comme souvent, les cordonniers sont les plus mal chaussés.

     

    Jim Jarrassé

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  • Rentrée littéraire 2026 : les éditeurs face à un marché en berne

    Alors que les Français sont nombreux en vacances en train de lire des livres, les maisons d’édition préparent déjà la rentrée littéraire qui, cette année, s’annonce tendue : le marché du livre recule pour la cinquième année consécutive. Rendez-vous incontournable du secteur, la rentrée littéraire représente 10 % du marché de l’édition et met en avant les nouveaux romans.

     

    Avant de se projeter pour la rentrée littéraire, les éditeurs, les libraires et les auteurs font leurs comptes, et les chiffres ne sont pas bons. Sur le premier semestre, le marché de l’édition en France est en recul de 6,2% en volume et de 5,4% en valeur selon NielsenIQ GfK.

    Les Français n’ont acheté que 123,6 millions de livres. Ça peut paraître beaucoup deux livres par Français, mais c’est la cinquième année de suite que le marché recule au premier semestre.

    L’envie de lire recule, ce qui fragilise l’écosystème littéraire

    On pourrait se dire que c’est normal parce que les ventes avaient explosé à la hausse pendant le confinement du Covid. Mais là, on est retombé pour la première fois sous la barre du pré-Covid puisqu’en 2019, plus de 128 millions de livres physiques neufs avaient trouvé preneur entre janvier et juin.

    Seul petit réconfort : en valeur, le marché reste encore supérieur de 10 % à la même période sur 2019, notamment grâce à l’inflation.

    La rentrée littéraire correspond à 10% du marché de l’édition

    La cruelle vérité, c’est que l’envie de lire recule, et c’est inquiétant pour tout l’écosystème. Il n’y a visiblement pas que les jeunes qui ne lisent plus assez.

    La rentrée littéraire c’est 10% du marché de l’édition. Le mois de septembre est important, mais pas incontournable en volume.

    Cependant, c’est à la rentrée que des titres se dégagent, dont on parle et qui pourront recevoir un prix lors des très nombreux prix de l’automne.

    Les Goncourt et les Renaudot, c’est stratégique, on parle de centaines de milliers d’exemplaires écoulés juste avant Noël, qui est le vrai moment à ne pas rater.

    Freida McFadden se retrouve encore dans les meilleures ventes

    Le marché de l’édition se divise en plusieurs catégories. Il y a des machines à best-sellers, comme Michel Bussi, Amélie Nothomb, Marc Lévy et maintenant l’incontournable Freida McFadden.

    Célèbre pour « La Femme de ménage », elle a encore frappé avec « Le dîner » qui est le livre le plus vendu du premier semestre. Elle publie quatre livres par an, et 8 de ses romans sont encore dans le top 15 des livres les plus vendus en France depuis le début de l’année.

    Ces auteurs-là n’ont pas vraiment besoin qu’on leur fasse beaucoup de publicité. Leurs livres se vendent presque tout seuls. Il y a ensuite des segments qui vont un peu moins bien qu’avant mais qui ont encore leur public, comme la BD et les mangas.

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    La clef, c’est sur la littérature générale : il faut de bonnes critiques, du buzz, du bouche à oreille et si possible des prix pour être mis en avant dans la librairie. En tout, 461 nouveaux romans (français et étrangers) vont, selon Livre Hebdo, tenter leur chance à la rentrée.

    Ça peut sembler beaucoup, mais les éditeurs sont devenus beaucoup plus raisonnables qu’avant. On en a eu 484 l’an dernier et on est très loin du pic des 700 nouveautés par an du début des années 2000.

    C’est plus dur de trouver des lecteurs, un peu plus dur de se faire éditer mais la bonne nouvelle c’est que c’est un peu moins difficile d’émerger.

    David Barroux

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  • Guerre au Moyen-Orient : « Pour avoir un résultat équitable dans une négociation, il doit y avoir une symétrie des rapports de force, or ce n’est pas le cas » selon Jean-Paul Chagnollaud

    De nouveaux pourparlers entre Israël et le Liban débutent aujourd’hui à Rome, sous l’égide des États-Unis, afin de discuter de l’accord-cadre signé fin juin. Jean-Paul Chagnollaud, professeur émérite des universités, président honoraire de l’Institut de Recherche et d’Études Méditerranée Moyen-Orient (iReMMO) et auteur de l’ Atlas du Moyen-Orient, coécrit avec Pierre Blanc aux éditions Autrement, était l’invité de la matinale de Radio Classique ce mardi. Il revient sur les enjeux de ce rendez-vous entre les deux pays et affirme qu’il faut d’abord régler la question iranienne pour pouvoir ensuite traiter séparément le Liban et le Hezbollah. 

     

    Peut-on attendre quelque chose de ce rendez-vous à Rome ?

    JEAN-PAUL CHAGNOLLAUD : C’est toujours intéressant de voir des négociations s’engager, surtout celle-là, car il n’y a jamais eu de négociation de cette nature entre le Liban et Israël. Mais en même temps, j’ai le sentiment que tout est faussé depuis le début.

    Pour qu’une négociation ait une chance d’aboutir à un résultat équitable dans lequel chaque participant y trouve quelque chose, il faut une relative symétrie des rapports de force. Or, ce n’est absolument pas le cas aujourd’hui.

    « Le Sud-Liban a été rasé » explique Jean-Paul Chagnollaud

    Le gouvernement libanais est sous pression américaine de manière très importante, et si l’on lit attentivement l’accord de juin avec Israël, on constate qu’il est complètement asymétrique.

    Pour s’en convaincre, il suffit de regarder les verbes employés : les Libanais « sont tenus de », « s’engagent à », selon un calendrier précis ; tandis que les Israéliens « envisagent de », « pourraient éventuellement ».

    Des engagements très forts sont imposés aux Libanais, alors qu’il n’y en a guère pour les Israéliens qui sont en position de force sur le terrain.

    Jean-Paul Chagnollaud : « C’est le Hezbollah qui a entraîné le Liban dans cette guerre »

    Et il y a un autre élément essentiel : le Sud-Liban n’a pas été simplement occupé mais rasé. Quand on occupe un territoire, les troupes finissent par se retirer, même si cela prend des années.

    Mais là, nous ne sommes pas dans ce cas. Au moins une soixantaine de villages ont été détruits, non seulement par des bombardements, mais aussi et surtout concrètement rasés au bulldozer.

    Pas plus tard qu’avant-hier, des explosifs ont été placés autour du château de Beaufort pour démolir toute une série d’installations. Des villes comme Riyam, à quelques kilomètres de la frontière, sont intégralement rasées.

    Le Hezbollah a été fondé par l’Iran en 1982

    Il n’y a même plus de cadastre, on ne sait plus où l’on habitait. Nous sommes dans une situation de déséquilibre complet, et c’est pourquoi je suis assez sceptique quant à des résultats positifs.

    Alors pourquoi le Liban participe-t-il aux négociations finalement ?

    J.-P. C. : Parce qu’il n’a pas le choix, tout simplement. Le gouvernement libanais ne voulait pas de cette guerre. C’est le Hezbollah qui a entraîné le Liban, en raison des liens qu’il entretient avec l’Iran.

    Le Hezbollah est à la fois une organisation extrêmement liée à l’Iran, elle a été fondée par Téhéran en 1982-1983, mais en même temps c’est une organisation libanaise à part entière : il y a des députés du Hezbollah et des membres du gouvernement issus de ses rangs.

    « Les Israéliens veulent une reddition des Libanais » explique Jean-Paul Chagnollaud

    On a donc cette contradiction où une partie de la société et une partie de l’État se trouvent engagées dans une guerre que le gouvernement ne voulait pas et dans laquelle il se retrouve coincé.

    On est dans un jeu extrêmement complexe : d’un côté, une organisation liée à une puissance étrangère, l’Iran ; de l’autre, un gouvernement libanais sous pression américaine, censé aboutir à une forme de paix avec Israël.

    Et pour compliquer encore l’affaire, les Israéliens veulent en réalité une reddition des Libanais. Ils entendent imposer leur vision et conserver ce qu’ils appellent une zone de sécurité, qui est en réalité une zone d’insécurité totale pour les Libanais.

    Quelle est la posture du président libanais Joseph Aoun vis-à-vis du Hezbollah ?

    J.-P. C. : Joseph Aoun, comme d’ailleurs tous les présidents précédents, a le sens de l’État. Et quand on a le sens de l’État, il y a une règle simple : l’État doit avoir le monopole des armes.

    « Il n’y a jamais eu de monopole des armes par l’État libanais » affirme Jean-Paul Chagnollaud

    Vous savez que l’État se définit par le monopole de la violence physique légitime, c’est la définition wébérienne. Très concrètement, cela signifie que l’État doit pouvoir imposer ses décisions et disposer pour cela du monopole des armes : l’armée, la police, etc.

    Or, il n’y a jamais eu un tel monopole au Liban, on pourrait même dire qu’il n’y a pas d’État au sens wébérien du terme.

    Aujourd’hui, quand on dit que le Hezbollah devrait rendre les armes, cela a deux sens. Le premier, c’est celui-là : aucune organisation milicienne ne devrait pouvoir détenir des armes ; seul l’État doit pouvoir les posséder. C’est un principe classique.

    Mais il y a un deuxième élément : le Hezbollah est lié à l’Iran et est en conflit depuis longtemps avec Israël. Le président Aoun est coincé entre ces deux dimensions.

    « Il faudrait un véritable apaisement fondé sur un vrai compromis politique »

    Il voudrait revenir à ce principe de base, mais une remarque s’impose : cette idée du monopole des armes par l’État ne peut se concrétiser qu’en situation de paix.

    J’imagine mal qu’on puisse désarmer une organisation comme le Hezbollah en situation de guerre. Au nom de quoi le ferait-il, puisqu’il est en guerre ? Il y a là une contradiction dont, malheureusement, personne ne veut sortir.

    La question des zones pilotes fait partie de l’accord-cadre de juin et prévoit un déploiement de l’armée libanaise dans les zones évacuées par Israël, sous réserve d’un désarmement du Hezbollah. Ce retrait israélien au profit de l’armée libanaise a eu lieu il y a deux semaines dans une localité du Sud-Liban, Zaoutar el-Gharbiyé. Est-il possible d’aller plus loin ?

    J.-P. C. : Je suis très sceptique, parce que cela reviendrait à dire que c’est grâce à Israël que l’État libanais pourrait retrouver les moyens de sa puissance et devenir véritablement un État en ayant le monopole des armes, ce qui me paraît une contradiction majeure.

    Jean-Paul Chagnollaud : « On ne pourra pas régler séparément la question libanaise et celle du Hezbollah »

    Ces zones pilotes sont en réalité entièrement à l’avantage des Israéliens, qui en choisissent eux-mêmes l’emplacement. Il y en a une ou deux dans la région de Nabatiyé, mais nulle part ailleurs. Je ne pense pas que ce soit le bon chemin.

    Le bon chemin, ce serait qu’il y ait un véritable apaisement fondé sur un vrai compromis politique, avec un échéancier précis prévoyant le retrait israélien en échange du déploiement de l’armée libanaise sur l’ensemble de ces territoires.

    Mais dans la configuration actuelle, ce sont les Israéliens qui décident de tout, y compris de l’emplacement des zones pilotes, et ce sur un territoire qui est pourtant libanais. Le gouvernement libanais n’a aucun levier.

    « L’accord de 2015 aurait pu tenir si Trump n’avait pas décidé unilatéralement de s’en retirer »

    Et surtout, les fondamentaux de cette affaire ne se trouvent pas seulement au Liban : ils se trouvent aussi en Iran. Si l’on trouvait des solutions durables et pérennes, on pourrait imaginer que le Hezbollah ne jouerait plus le même rôle vis-à-vis de l’Iran.

    Mais tant que la question iranienne n’est pas traitée, tant qu’on n’a pas trouvé les bases d’un apaisement durable, on ne pourra pas régler séparément la question libanaise et celle du Hezbollah, ce serait illusoire.

    Les deux conflits sont imbriqués de façon permanente ?

    J.-P. C. : Historiquement, c’est le cas. En 1982, l’armée israélienne occupait une grande partie du Liban, jusqu’à Beyrouth. C’est dans ce contexte que l’Iran a créé le Hezbollah. Ce lien très fort avec l’Iran a toujours persisté.

    Le nucléaire est l’enjeu principal de ce conflit

    Et lors de l’attaque du Hezbollah le 2 mars, c’est le Hezbollah qui a déclenché l’offensive, évidemment sur instruction iranienne. Imaginer que l’on puisse décrocher la question libanaise de la question iranienne me paraît illusoire. Il faudrait que les deux avancent de pair, ou a minima qu’il y ait d’abord un vrai arrêt des combats et un vrai accord politique.

    Je rappelle que s’agissant de l’Iran, il y a eu un accord extrêmement bien construit, qui aurait pu tenir : l’accord sur le nucléaire de 2015, si Trump n’avait pas décidé unilatéralement de s’en retirer. Si cet accord avait tenu, on n’en serait pas là, et en particulier le détroit d’Ormuz ne serait pas devenu un espace de conflit.

    Donc il me paraît difficile de régler la question du Hezbollah, surtout celle du désarmement, dans une situation de guerre et tant que le Liban reste lié aux intérêts de l’Iran.

    Peut-on imaginer qu’une avancée significative dans ces pourparlers ait une influence sur les discussions États-Unis–Iran ? Ou est-ce l’inverse : c’est le dossier États-Unis–Iran qui, par voie de conséquence, peut influer sur le dossier Israël–Liban ?

    J.-P. C. : Je pense que c’est plutôt le dossier iranien qui est premier. Si l’on parvenait à un accord solide et durable sur la question du nucléaire, on a tendance à oublier que c’est là l’enjeu central, on pourrait alors envisager les choses autrement.

    « Tant qu’il n’y aura pas un règlement de la question palestinienne, il y aura toujours de la déstabilisation » soutient Jean-Paul Chagnollaud

    En revenant au Liban, on retrouve la question initiale : le Liban a toujours souffert de l’absence du monopole des armes par l’État, et ce depuis sa naissance en 1943. Mais la matrice de tout ça, ce n’est ni l’Iran, ni le Hezbollah, ni le Liban : c’est la question palestinienne.

    Les premières déstabilisations au Liban ont eu lieu en 1948, avec l’arrivée des premiers réfugiés palestiniens. Tant qu’il n’y aura pas un règlement équitable de la question palestinienne, et là, on est dans l’utopie, il y aura toujours un foyer énorme de déstabilisation.

    Il y a cinq millions de personnes à Gaza et en Cisjordanie dans une situation critique aujourd’hui : à Gaza la situation est épouvantable, tandis qu’en Cisjordanie la colonisation est d’une violence inouïe.

    Jean-Paul Chagnollaud : « Si Netanyahou perd le pouvoir, il perd tout »

    Tant que tout cela ne sera pas réglé, les foyers de violence seront toujours là. Un règlement de la question israélo-palestinienne sur la base du droit international ferait que toute cette région serait très largement apaisée.

    Ces dossiers sont aussi à replacer dans leur contexte électoral. Il y a les midterms américains en novembre pour Donald Trump, et les élections législatives fin octobre en Israël pour Benyamin Netanyahou. Le Premier ministre israélien a-t-il intérêt à jouer la montre ?

    J.-P. C. : La radicalité du gouvernement israélien est encore plus marquée aujourd’hui, précisément parce qu’il y a un enjeu interne majeur. Et pour Netanyahou, ce n’est pas seulement un enjeu électoral, c’est presque un enjeu existentiel.

    « On est dans un rapport de force à l’état pur : on détruit et on tue »

    S’il perd le pouvoir, il perd tout, y compris sur le plan personnel : il est exposé à des procès en interne, et il ne faut pas oublier non plus les procédures devant la Cour pénale internationale.

    Il a donc besoin de conserver ses partenaires de coalition, l’extrême droite, le sionisme religieux, des gens d’une radicalité très grande, des suprémacistes. Il est donc clair que Netanyahou maintiendra une position extrêmement dure jusqu’aux élections du 27 octobre.

    On voit bien la distorsion entre les exigences de l’immédiat, qui sont logiques en politique, et les questions de long terme qui permettraient peut-être de trouver des solutions, notamment avec un vrai règlement de la question palestinienne et de la question iranienne.

    « Le gouvernement israélien ne sait plus faire de compromis » affirme Jean-paul Chagnollaud

    Benyamin Netanyahou a besoin, pour conserver le soutien de ses partenaires, de rester en guerre contre le Hezbollah à l’approche de l’échéance électorale ?

    J.-P. C. : En tout cas, il ne pourra rien lâcher. Il y a quelque chose d’assez stupéfiant : nous sommes en guerre depuis presque trois ans, depuis octobre 2023. Dans la pensée « politique » de ce gouvernement, il n’y a plus rien qui relève du compromis, de la négociation. On est uniquement dans un rapport de force à l’état pur : on détruit et on tue, c’est tout.

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    Ce gouvernement semble avoir perdu la capacité de penser politique au sens d’un compromis, c’est-à-dire d’un accord où chacun pourrait trouver son compte. Netanyahou veut imposer aux Libanais, aux Palestiniens, aux Syriens.

    Et ce qu’il cherche avec l’Iran, c’est un peu la même chose, d’ailleurs, le mot a été employé par Trump lui-même : une capitulation. Or ce n’est pas ainsi qu’on règle des questions de cette nature.

    Mais il a face à lui un Hezbollah qui refuse l’accord-cadre de juin et refuse de se désarmer. La situation semble donc figée pour un moment ?

    J.-P. C. : À mon avis, elle est bloquée pour un bon moment. Les paramètres fondamentaux ne sont pas uniquement au Liban : ils sont aussi en Iran. Tant que ce conflit ne sera pas réglé à ce niveau, je doute fort que la question libanaise puisse l’être.

     

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  • Crise à Ceuta : désinformation et instrumentalisation, cet épisode représente-t-il vraiment une déferlante migratoire ?

    Le 31 juillet, environ 60 000 migrants ont franchi illégalement la frontière entre le Maroc et l’Espagne, à travers l’enclave de Ceuta. La crise n’est pas retombée puisque demain, à la demande de 22 États membres de l’Union européenne, une réunion d’urgence a été convoquée. Derrière l’événement, une vague de désinformation et d’instrumentalisation politique a largement amplifié les faits, au service des discours de l’extrême droite.

     

    Ce fut un drame humain : environ 70 personnes sont mortes par noyade sur le chemin vers la semi-enclave de Ceuta. Déjà 7 900 migrants étaient morts ou portés disparus en 2025 dans le monde, et 1000 environ sont morts en Méditerranée depuis le début de l’année 2026. Nul ne peut détourner le regard de ce drame humain.

    En ce qui concerne Ceuta, les 60 000 migrants venus pour l’essentiel du Maroc y sont déjà retournés. L’Espagne est en train d’installer une barrière maritime pneumatique.

    Les réactions face à cet épisode migratoire ont été disproportionnées

    Cet épisode singulier, très différent d’autres vagues migratoires, ne représente pas une « crise », a fortiori une « déferlante migratoire », comme certains l’ont dépeint.

    La réaction de la présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, qui a demandé la suspension de l’Espagne de Schengen, paraît très disproportionnée.

    Elle-même, qui avait fait campagne contre l’immigration, a dû procéder par deux fois à la régularisation de migrants illégaux à la demande du patronat italien. Entre 2021 et 2026, deux fois plus de migrants sont d’ailleurs arrivés en Italie qu’en Espagne.

    C’est la désinformation qui a produit cet afflux de migrants à Ceuta

    Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a d’ailleurs loué la bonne coopération entre les services français et espagnols, tout en indiquant renforcer les contrôles frontaliers.

    La France ne s’est pas associée à la demande d’une visioconférence d’urgence des Européens. L’Espagne est tout sauf une passoire.

    Cette situation est due à des fausses informations sur les réseaux sociaux, affirmant que Madrid allait accueillir ces personnes et les régulariser.

    Trump avait déjà dénoncé l’ouverture de l’Espagne aux migrants

    Or, le plan de régularisation du gouvernement espagnol s’était terminé le 30 juin et était réservé aux personnes établies en Espagne depuis plus de 6 mois et au casier judiciaire vierge. Il n’accordait d’ailleurs qu’un permis de séjour limité à un an et lié à un travail déclaré.

    Selon Pedro Sanchez, le président du gouvernement espagnol, des mafias auraient fait circuler la rumeur d’une ouverture de la frontière.

    Certains services marocains auraient été aussi étonnamment passifs et irresponsables, certains y voyant le signe d’un mécontentement devant le rapprochement entre Madrid et Alger. Ce fut déjà le cas en 2021 lors d’une précédente brouille diplomatique sur le Sahara occidental.

    Ceuta n’est pas dans l’espace Schengen

    D’autres l’interprètent comme le signe de l’influence de Trump, très hostile à l’Espagne et proche de Rabat, qui avait dénoncé sur X son ouverture aux migrations. Faut-il aussi rappeler que Ceuta n’est pas dans l’espace Schengen et qu’il n’existe pas de libre circulation entre celle-ci et l’UE ?

    Quant à la décision de la Cour suprême espagnole qui dispose qu’on ne peut refouler immédiatement un migrant arrivé par voie maritime, elle ne vaut pas autorisation de séjour. Des passeurs ont sciemment déformé son sens.

    La Russie a participé à la manipulation de cette crise

    Il y a donc eu désinformation et manipulation, à la fois de la part de groupes criminels et de certains États étrangers. De nombreux comptes MAGA sur les réseaux sociaux ont amplifié la crise pour des raisons idéologiques, avec un objectif clair : fragiliser le gouvernement Sanchez.

    On a vu aussi, ce qui n’est pas nouveau, la propagande du Kremlin, relayée par une multitude de comptes, reprendre les mêmes récits pour à la fois créer l’anxiété, affaiblir la cohésion de l’Union européenne, décisive dans le soutien qu’elle apporte à l’Ukraine, et favoriser des partis d’extrême droite très complaisants envers Moscou.

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    C’est une vieille recette de la Russie, qui avait utilisé les mêmes techniques lors de crises autrement plus importantes qu’elle avait elle-même créées : la Syrie en 2015 et 2016, l’afflux de migrants passant par le Bélarus en 2021 et cherchant à passer en Pologne. C’est une opération de déstabilisation et d’instrumentalisation.

    Le Pacte européen sur la migration et l’asile pourra être utilisé pour gérer les crises migratoires

    Reste le fond : d’un côté, nul en Europe ne souhaite qu’elle accueille, pour reprendre le mot de Michel Rocard, « toute la misère du monde » ; de l’autre, la réalité des migrations, pour des raisons politiques telles qu’échapper à des régimes criminels et économiques, sera la réalité de demain.

    Le Pacte européen sur la migration et l’asile, en vigueur depuis le 12 juin, mais encore dépourvu de tous les instruments d’application, constitue une réponse partielle dans le cadre du droit.

    Nicolas Tenzer

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  • Incendies : « Notre vulnérabilité territoriale met des gens en danger, notamment les pompiers », selon la spécialiste Pauline Vilain-Carlotti

    Les pompiers ont continué leur lutte hier contre de multiples incendies près de Carcassonne, dans l’Aude, où le feu est désormais fixé. Pauline Vilain-Carlotti, géographe, spécialiste de la gestion sociale de l’environnement, auteure de L’épreuve du feu, habiter autrement la terre aux éditions Flammarion, était l’invitée de la matinale de Radio Classique ce lundi. Elle revient sur la nécessité d’adapter nos territoires aux incendies, afin d’appréhender les feux comme des outils et non pas comme des dangers

     

    La France est-elle désormais soumise à des mégafeux ?

    PAULINE VILAIN-CARLOTTI : L’incendie en Gironde a beaucoup mobilisé les esprits en raison de sa très grande ampleur, puisqu’il y a 42 000 hectares qui ont brûlé. On a immédiatement employé le terme de « mégafeu », comme on le fait ces dernières années pour à peu près tout incendie dépassant 1 000 hectares.

    Ce terme a émergé dans la littérature scientifique à l’aube des années 2000. Son créateur, Linley, l’a d’abord défini strictement en termes de superficie, avec un seuil fixé à plus de 10 000 hectares, ce qui ne s’applique pas à la majorité des incendies en France.

    « L’incendie en Gironde est un incendie convectif » explique Pauline Vilain-Carlotti

    Le terme est plutôt utilisé pour de très grands incendies qu’on trouve en Amérique du Nord, notamment dans des parcs naturels aux superficies considérables, qu’on laisse brûler faute de pouvoir les gérer et parce qu’il n’y a pas d’enjeux humains ou matériels à proximité.

    C’est ce qu’on appelle le let it burn nord-américain, qui conduit à plusieurs dizaines, voire centaines de milliers d’hectares brûlés. On ne retrouve pas cette situation en Europe méditerranéenne, et encore moins en France.

    Même si l’incendie en Gironde nous rappelle celui de 1949, ce n’est pas un méga feu. En plus, ce terme ne dit pas grand-chose sur la nature du feu et se limite à une logique de superficie floue et non fixée.

    Pauline Vilain-Carlotti : « 90% des incendies sont d’origine humaine » 

    L’incendie en Gironde est un incendie convectif. C’est un feu qui, du fait des conditions météorologiques et de la continuité d’un matériau combustible disponible, s’autonomise, crée sa propre météo, son propre vent, et devient ingérable pour les services de secours.

    Il n’est plus guidé par le vent extérieur mais il suit ses propres directions, très mouvantes, qui exigent une constante adaptation.

    Dans votre livre, dans une section intitulée « Notre part de responsabilité », vous écrivez que « nous ne supprimerons pas les incendies de forêt » et « qu’il faudra composer avec le feu ». Mais comment ?

    P.V-C. : Déjà, puisqu’il est question de responsabilité : 90 % des incendies sont d’origine humaine.

    Cela signifie qu’en faisant des efforts, on peut diminuer très largement la part d’éclosion des incendies et arriver à un seuil beaucoup plus réduit, même si on ne récupèrera sans doute pas les 10 % strictement naturels.

    La marge de progression est énorme, en adaptant nos pratiques et en limitant notre négligence coupable.

    « Il faut réapprendre à voir le feu comme un outil » soutient Pauline Vilain-Carlotti

    Vivre avec le feu, ça signifie aussi reconsidérer le feu comme un élément ambivalent : pas systématiquement négatif, mais pouvant être positif dans la gestion de l’environnement et des territoires.

    Il faut réapprendre à voir le feu comme un outil, comme c’était le cas dans les époques plus anciennes : les territoires agropastoraux d’autrefois l’utilisaient pour entretenir les paysages. Cette pratique est revenue sous des formes plus techniques : les incendies en Gironde ont notamment été gérés avec l’aide du feu tactique utilisé par les pompiers.

    La Californie a fixé des objectifs de brûlage dirigé pour entretenir les forêts

    Il faut donc changer notre regard sur le feu, reconsidérer notre responsabilité dans la production de vulnérabilités et voir dans le feu un allié possible pour limiter les grands incendies et gérer les territoires.

    Y a-t-il un ou plusieurs pays dont nous pourrions nous inspirer ?

    P.V-C. : Je ne connais pas de pays dont on puisse s’inspirer globalement, mais il existe des initiatives locales intéressantes.

    Sur l’usage du feu, les États-Unis, et la Californie en particulier, ont désormais fixé des objectifs de brûlage dirigé de très grande envergure pour entretenir les forêts, gérer les lisières et limiter la propagation des grands feux, ainsi que la mortalité des arbres causée par des incendies très intenses.

    Pauline Vilain-Carlotti : « Le brûlage dirigé est une véritable manière de gérer les forês » 

    Avec une grande disponibilité en combustible, ces grands incendies ont une capacité de destruction bien supérieure à celle d’incendies de moindre envergure.

    Le brûlage dirigé devient ainsi une véritable manière de gérer les forêts et les territoires, et donc d’utiliser le feu pour son potentiel d’outil.

    Il y a aussi des exemples plus localisés : de mes travaux en Corse et en Sardaigne, je me souviens notamment de la commune de Sindia, en Sardaigne, qui a fait école sur une nouvelle forme de gouvernance du territoire face au feu.

    Le brûlage dirigé est issu d’anciennes techniques rurales agropastorales

    Elle a mis en place une alliance entre les services gestionnaires et les acteurs locaux, les éleveurs notamment, en reconnaissant le pouvoir du feu comme outil d’entretien de l’espace, en acceptant son rôle traditionnel d’entretien du paysage et sa capacité à façonner des lisières et des pare-feux. On est sur un territoire plus collaboratif autour du feu, pour créer du commun et limiter la vulnérabilité.

    Vous avez parlé de brûlage dirigé, est-ce un concept, ou une pratique déjà concrète ?

    P.V-C. : C’est une pratique, et un terme fixé. On parle de brûlage dirigé en France, de prescribed fire aux États-Unis. C’est un feu prescrit et géré par des experts.

    C’est en quelque sorte une forme d’appropriation culturelle car ça correspond à la récupération d’anciennes techniques rurales agropastorales de brûlage, qui se sont aujourd’hui professionnalisées et s’enseignent, en France comme à l’international.

    « L’incendie de forêt est traité strictement dans une gestion de risque » explique Pauline Vilain-Carlotti

    La pratique demande bien plus qu’un simple allumage : elle requiert de bonnes connaissances territoriales sur le comportement du feu, pour orienter les mises à feu, gérer la propagation et s’assurer que le feu reste circonscrit dans son rôle d’outil.

    C’est l’idée du feu comme mauvais maître mais bon serviteur. Le brûlage dirigé est aujourd’hui très répandu en Europe méditerranéenne et aux États-Unis.

    Vous écrivez que l’incendie est un « impensé de l’urbanisme », que les dispositifs réglementaires sont restreints, vous citez notamment l’OLD, l’obligation légale de débroussaillement, qui « structure l’intégralité de l’approche préventive du risque en France » mais que vous qualifiez de « dispositif aussi intéressant qu’inopérant ». Pourquoi ?

    P.V-C. : Les choses commencent légèrement à évoluer dans le discours, mais l’incendie de forêt est traité non pas dans une logique de gestion du risque, mais strictement de gestion de crise.

    « L’OLD n’a pas été pensé à l’échelle du territoire » déplore Pauline Vilain-Carlotti

    On ne parle du risque que pendant la saison estivale, uniquement sous l’angle de l’aléa, le feu, en comptabilisant les pompiers et l’efficacité des Canadairs. Il n’y a pas de réelle réflexion territoriale derrière, on ne le pense pas en amont.

    Les dispositifs de prévention qui existent aujourd’hui sont principalement régis par le code forestier, et il manque une intégration à l’urbanisme et aux documents de planification pour gérer les territoires habités et limiter la constructibilité.

    L’OLD sert à réduire la charge combustible des territoires et elle impose de débroussailler sur un périmètre défini par arrêté préfectoral, généralement 50 à 100 mètres autour d’une habitation.

    Il y a 287 plans de prévention des risques d’incendie de forêt en France

    Cependant, c’est une réglementation strictement individuelle qui s’applique au propriétaire occupant, sans être pensée collectivement à l’échelle du territoire. Or, le feu ne s’arrête pas à la parcelle.

    Le principe est pourtant bon : dans le triangle du feu, on supprime le combustible pour limiter la progression. Mais on a traité l’OLD comme un pur problème de géométrie, alors que ce sont des propriétés, avec des relations sociales et de voisinage derrière.

    L’OLD vous impose de débroussailler aussi chez votre voisin, mais que faire quand il est absent, que c’est une résidence secondaire, qu’il est réfractaire ou refuse l’accès ? Ces questions n’ont pas été pensées.

    S’y ajoute un problème de mise en œuvre, puisque cela représente un coût humain ou financier. Par ailleurs, dans les régions méditerranéennes, les propriétaires absents sont nombreux, ce qui limite encore la mise en œuvre.

    « Les PPR permettent de limiter la prolifération des interfaces habitat-forêt » explique Pauline Vilain-Carlotti

    Ensuite, il manque une vraie pédagogie sur comment et quand réaliser ces débroussaillements : à quelle période de l’année, est-ce que ça implique de supprimer la totalité de la végétation ? Le défaut principal de l’OLD reste son caractère strictement individuel, faute d’avoir été mutualisé à l’échelle des quartiers ou des territoires.

    Vous évoquez également les PPRIF, les plans de prévention des risques d’incendie de forêt. Qu’est-ce que c’est concrètement ?

    P.V-C. : Le plan de prévention des risques est un dispositif opposable à l’urbanisme, qui existe depuis les années 1990, et qui permet de définir un zonage à l’échelle de la commune pour limiter ou encadrer la constructibilité.

    Aujourd’hui, on compte 287 plans de prévention des risques d’incendie de forêt, parmi lesquels certains sont effectifs et opposables à l’urbanisme tandis que d’autres sont seulement prescrits et n’ont pas encore de réalité concrète sur les territoires.

    Pauline Vilain-Carlotti : « On ne peut pas penser l’incendie tout seul »

    Ces PPR permettent, par ce zonage, de déclarer certaines zones non constructibles, limitant ainsi la prolifération des interfaces habitat-forêt.

    Dans d’autres secteurs, la construction sera autorisée sous contrainte, avec des normes constructives et des normes d’entretien et de gestion de la végétation. On peut ainsi réfléchir à l’échelle territoriale à une mise en œuvre concrète de la résilience.

    Cet outil est insuffisamment mobilisé en France, alors qu’il constitue l’un des leviers permettant de réintégrer l’incendie de forêt dans une pensée urbanistique globale, articulée avec d’autres aléas climatiques qui sont également exacerbés dans le cadre du changement climatique.

    « On ne peut pas vivre avec le feu tant que nos territoires sont aussi vulnérables » soutient Pauline Vilain-Carlotti

    On ne peut pas penser l’incendie tout seul, il faut l’intégrer à d’autres réalités et contraintes territoriales, et notamment à la création d’îlots de fraîcheur dans la lutte contre les vagues de chaleur.

    Vous écrivez que « nous ne sommes ni dans la gestion, ni dans l’anticipation, mais dans la réaction ». Selon vous, on ne pourra plus uniquement chercher à éteindre tous les incendies, il faudra apprendre à vivre avec le feu. Ce n’est pas encore le cas aujourd’hui ?

    P.V-C. : Non, pas encore. On ne peut pas vivre avec le feu tant que nos territoires sont aussi vulnérables : la probabilité d’endommagement des incendies, qui se développent de plus en plus à proximité des zones urbanisées, ne nous laisse d’autre choix qu’une gestion réactionnelle, avec des moyens très importants qui atteignent rapidement leurs limites, comme on l’a vu avec la simultanéité des feux.

    « Nous devons fournir un effort collectif pour repenser notre aménagement »

    On se retrouve avec un dispositif capacitaire qui est à bout de souffle. On met en danger les pompiers avec notre vulnérabilité territoriale.

    Ils respirent des fumées toxiques et sont trop mobilisés parce qu’on n’a pas pensé en amont l’aménagement du territoire pour limiter notre vulnérabilité et l’endommagement lié aux incendies de forêt.

    Pour le moment, on ne peut pas vivre avec le feu. Si on fournit un effort collectif pour repenser notre aménagement, intégrer le risque à l’urbanisme, limiter la vulnérabilité et encadrer les interfaces habitat-forêt, on pourra alors reconsidérer le feu autrement que comme un fléau exogène qui vient nous menacer et nous mettre en danger.

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    P.V-C. : Oui, avec l’intégration des plans de prévention des risques. Cela signifie aussi mieux mettre en œuvre le débroussaillage légal, créer des lisières incombustibles, et réfléchir plus globalement à la manière de s’éloigner des espaces boisés et végétalisés pour disposer de zones tampon autour des zones aménagées et habitées.

     

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