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  • L’emploi des seniors en hausse : 44% des 60-64 ans sont en activité, salue l’économiste Gilbert Cette

    C’est le sujet chaud de cette rentrée politique. Alors que la réforme des retraites avait été suspendue l’an dernier, la suivante est déjà en discussion. Président du Conseil d’orientation des retraites (COR), c’est en tant qu’économiste que Gilbert Cette a analysé la situation ce mercredi sur Radio Classique. , avec une question centrale : le système social français est-il trop généreux ?

     

    En termes de dépenses sociales, où en est la France par rapport à ses voisins ? Gilbert Cette explique qu’en France, les dépenses sociales en euros par habitant (assurance maladie, retraites, santé et les prestations comme le RSA ou la prime d’activité notamment) sont comparables à l’Allemagne, aux Pays-Bas et aux pays nordiques et scandinaves.

    Toutefois, si ces dépenses sont rapportées au PIB, la France se place en tête de ses voisins européens : 32,5 % du PIB y sont consacrés chaque année, selon le professeur d’économie à la Neoma Business School. « La France est championne » car « c’est plus que tous les autres pays européens ».

    Gilbert Cette : « Dans le club des pays riches, la France est un pays pauvre »

    L’économiste résume la situation : selon lui, « il faut travailler plus » et « il faut rechercher une augmentation du taux d’emploi des seniors en particulier » pour financer les retraites mais aussi la santé, l’école, la culture, la justice et la défense.

    A ses yeux, repousser l’âge de départ à la retraite ne signifie pas mettre plus de personnes au chômage. L’invité de Charles Bonnaire observe qu’il n’y a pas « de substitution mécanique entre l’emploi des seniors et l’emploi des jeunes ». En 2010 et 2023, les réformes avaient permis une « augmentation considérable » du taux d’emploi des seniors et simultanément de celui des jeunes. Gilbert Cette se montre optimiste puisque « le taux d’emploi des 60-64 ans était de 10,5 % en 2000, et il est de 44 % » aujourd’hui. Mais si la France a parcouru du chemin, l’expert note que la route est encore longue car ce taux est de 67 % en Allemagne et de 69 % aux Pays-Bas.

    Face au sentiment d’injustice exprimé par certains retraités, le professeur d’économie alerte : si la France n’agit pas, il sera nécessaire, dans quelques années, de répondre brutalement. Et il prévient : cela ne sera pas qu’une « petite désindexation des retraites, qu’une petite modération des dépenses de santé, qu’une petite modération des dépenses publiques ». « Plus on ajuste, on consolide tardivement nos finances publiques et plus la facture à payer sera élevée et plus la sanction de marché sera forte ».

    Pour ajuster les finances publiques, un « effort collectif » est nécessaire

    Gilbert Cette rappelle que le coût annuel de l’endettement des administrations publiques est de 2,4% du produit intérieur brut, ce qui représente davantage que le budget de la défense en France.

    L’an prochain, le coût de la dette devrait être équivalent à celui du budget de l’éducation nationale, explique-t-il, précisant que la France emprunte désormais à des taux supérieurs à l’Italie et à la Grèce. Par conséquent, « c’est un coût absolument phénoménal », qui risque « d’augmenter de façon faramineuse » si on ne fait pas d’ajustement, insiste-t-il.

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    Gilbert Cette affirme que « l’ajustement et la consolidation des finances publiques passera par un effort collectif » des retraités comme des dépenses de santé, de tous les bénéficiaires et de toutes les prestations. Pour stabiliser la dette en pourcentage du PIB, l’effort nécessaire s’élève à près de 125 milliards d’euros sur les trois à quatre prochaines années. « Tout le monde devra être sollicité », tout le monde devra participer, conclut-il.

    Maeva Mellado

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  • Belgique : Le festival de Stavelot interrompu par un gigantesque incendie en Wallonie

    Le feu de forêt qui a ravagé des milliers d’hectares dans l’est de la Belgique depuis le 13 août est « encerclé » selon les autorités wallonnes mais le week-end dernier, cet incendie historique pour la Belgique a conduit à l’annulation des derniers concerts du festival de Stavelot consacré à la musique de chambre.

    Depuis sa création en 1957, le festival de Stavelot s’est imposé comme l’un des plus grands rendez-vous consacré à la musique de chambre en Belgique.

    La 69e édition de l’événement wallon a bien débuté le 1er août mais a dû prendre fin prématurément deux jours avant la fin programmée du festival, à cause d’un immense feu de forêt. Il a déjà ravagé plus de 3000 hectares dans le parc naturel des Hautes Fagnes, près de la frontière allemande, à une trentaine de kilomètres de l’abbaye de Stavelot.

    Cette proximité a contraint les autorités locales à interdire toutes les manifestations publiques dans cette commune proche de Francorchamps. L’incendie, d’une ampleur historique, entraîne la mobilisation « de tous les services de sécurité », a indiqué la municipalité.

    L’incendie des Fagnes « encerclé » mais la situation reste « compliquée »

    La direction du festival de Stavelot a donc dû, avec regret, annuler le concert programmé le samedi 15 août qui devait réunir le Quatuor Zemlinsky et le Quatuor Bennewitz pour l’Octuor en do majeur op. 7 de George Enescu.

    Le lendemain, c’est le concert des stagiaires de l’association Cambristi, qui réunit 380 musiciens amateurs et semi-pros de musique de chambre qui a été déprogrammé, ainsi que les master-classes que devaient animer le Quatuor Zemlinsky et les pianistes Frank Peeters et Xavier Locus au réfectoire des Moines.

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    Une semaine après le début de ce sinistre, les autorités wallonnes ont indiqué que les pompiers sont parvenus à « encercler » totalement le plus vaste incendie de forêt qu’a connu la Belgique depuis un siècle. La situation sur le terrain reste néanmoins «compliquée », avec plusieurs reprises de feu nocturnes.

    Des avions bombardiers d’eau ainsi que des hélicoptères provenant de plusieurs pays ont été mobilisés mais n’ont pu décoller à plusieurs reprises en raison des nuages bas et de la pluie.

    Philippe Gault

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  • Août 44, Libération de Paris : La ruse du général Leclerc pour désobéir aux Américains et envoyer la 2e DB vers la capitale

    En août 1944, le général Leclerc et la 2e DB participent à la campagne de Normandie avec un objectif qui n’est pas celui des Alliés : la libération de Paris…

    Ecoutez l’épisode des Grands Dossiers de l’histoire en intégralité :

     

    À la mi-août, certaines divisions du 15e corps poursuivent un mouvement vers le sud-est, Orléans, et se rapprochent de Paris, mais d’autres divisions restent cantonnées en Normandie. C’est le cas notamment de la 2e DB. Le général Leclerc n’a qu’une peur, c’est d’être tenu à l’écart de la libération de Paris.

    Ce serait très grave, contraire à toutes les idées qu’avait avancées le général de Gaulle. Il écrit au général Patton, qui commande la 3e armée américaine, et qui est en quelque sorte le chef de Leclerc : « le commandement allié ne peut nous refuser la plus grande récompense pour nous, Français, entrer les premiers dans Paris, nous sommes prêts à faire tout ce que vous nous demanderez ». Enfin, il ajoute « nous ne voulons y entrer que 24 heures, car avant et après, nous voulons continuer à nous battre sous vos ordres ». Patton est disposé à laisser entrer Leclerc à Paris le premier, seulement si la situation militaire l’exige.

    Les Américains veulent attendre avant de libérer Paris pour 3 raisons

    L’Américain Bradley, l’un des commandants de la 3e armée, pense qu’il faut attendre avant d’envoyer Leclerc pour trois raisons que nous rappelle Jean-Christophe Notin, dans son Leclerc reparu chez Tempus en 2010.

    « Stratégiquement, ils pensent que les Allemands vont pouvoir facilement tenir la capitale en s’appuyant sur la Seine et la Marne, et redoutent donc un Stalingrad à la sauce occidentale. Logistiquement, ils veulent s’affranchir le plus longtemps possible du fardeau considérable du ravitaillement de Paris, 3000 tonnes journalières. Politiquement, [Eisenhower] redoute d’ouvrir les portes de la capitale à de Gaulle qui de facto deviendrait l’égal de Roosevelt et de Churchill et à ce titre pourrait le commander. Alors sans doute envisage-t-il d’envoyer la 2e DB sur Paris, oui, mais à une date qui sera la plus lointaine possible. »

    Et pendant que le gros de la 3e armée s’approche de Paris par le sud, la division Leclerc reçoit l’ordre de faire mouvement au nord.

    L’argument militaire de De Gaulle fait mouche auprès d’Eisenhower

    Dans la capitale, les événements s’accélèrent. Le 18 août, la résistance appelle à la grève générale, notamment dans la police. Rol-Tanguy, le chef des FFI, appelle, lui, à l’insurrection. De Gaulle rejoint Eisenhower à Granville et assure qu’il faut occuper Paris aussi vite que possible avec des forces françaises et alliées, car Paris ne doit pas devenir une poche de résistance allemande. Un argument militaire qui fait mouche.

    Le général Leclerc sur les Champs Elysées, le 25 août 1944 / DALMAS/SIPA

     

    De son côté, Leclerc n’y tient plus. Après mûre réflexion, le 21 août, il décide d’envoyer une partie de la 2e DB en direction de Paris. En toute insubordination et avec une certaine ruse, il éloigne les deux officiers de liaison américains et confie en secret à Guillebon un détachement avec cette mission : « Si une unité alliée entre dans Paris, je veux que vous entriez avec elle, vous exercerez à ma place les fonctions de gouverneur militaire, si vous pouvez entrer tout seul, n’hésitez pas, allez-y ».

    La 2e DB reçoit finalement l’ordre de libérer Paris

    Les Américains ne s’aperçoivent de rien. Ils ne croient pas la rumeur qui court selon laquelle les soldats français approcheraient de Paris. Et Leclerc informe les Américains le lendemain, le 22 août.

    Finalement, le commandant Bradley, le second d’Eisenhower, fait savoir à Leclerc que ce dernier l’envoie justement à Paris. C’est l’insurrection parisienne qui a convaincu l’état-major.

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    Bradley écrira plus tard : « un grand nombre de divisions américaines auraient bien plus facilement pu éclairer notre marche sur Paris, mais pour aider les Français à reconquérir leur fierté après quatre ans d’occupation, j’ai choisi une force française et un drapeau tricolore sur ces Sherman (les chars américains) ».

    Tout l’état-major allié était convaincu que même si la 2e DB n’avait pas été choisie, Leclerc y serait allé quand même…

    Franck Ferrand

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  • Grippe aviaire : « La surveillance des virus aux États-Unis est plutôt opaque » déplore l’infectiologue Karine Lacombe

    Karine Lacombe, cheffe du service des maladies infectieuses à l’hôpital Saint-Antoine à Paris, était l’invitée de Radio Classique ce mardi. Elle évoque la question de la grippe aviaire en France et celle des risques de virus émergents à cause du réchauffement climatique. L’infectiologue revient également sur l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo, la plus meurtrière de l’histoire du pays. Selon l’estimation d’un responsable humanitaire des Nations-Unies, actuellement, une personne succombe au virus toutes les trente minutes. Plus de 2 300 personnes sont décédées et quasiment 5 000 cas ont été déclarés depuis mi-mai. 

     

    Alors que le virus circulait depuis plusieurs mois, cette 17e épidémie d’Ebola en RDC a été déclarée tardivement, ce qui la rend « vraiment dramatique » déplore Karine Lacombe. L’infectiologue liste les raisons d’un tel retard : le pays est en proie à des conflits militaires et économiques, ce virus est une nouvelle souche de l’Ebola, l’institut qui l’a diagnostiqué est très éloigné des zones touchées, il n’existe ni traitement ni vaccin, il est difficile d’accéder aux malades et il y a une défiance de la population vis-à-vis des services de santé et envers le gouvernement, qui a peu d’emprise locale.

    L’invitée de Charles Bonnaire affirme également que « le manque d’argent dû au retrait brutal des États-Unis dans la coopération multilatérale a un impact et une responsabilité majeurs dans la diffusion de l’épidémie ». À cela s’ajoutent les difficultés de l’OMS, qui n’a pas pu développer les moyens nécessaires car elle se trouve dans une mauvaise situation financière.

    Tous ces éléments concourent à rendre « plus difficile le contrôle d’une épidémie » qui, aujourd’hui, représente 50 % de létalité. Même si l’Ouganda, pays voisin, a fermé ses frontières, cette mesure « est assez illusoire parce que les frontières restent malgré tout assez poreuses », selon l’infectiologue.

    Une surveillance mondiale autour de la grippe aviaire

    Karine Lacombe a également évoqué le médecin humanitaire touché par Ebola et arrivé en France en juin dernier : il n’y a pas eu d’autres cas en France depuis celui-ci, et un patient identifié en Allemagne est désormais guéri. Elle explique également que depuis le Covid-19, l’Union européenne a beaucoup investi « pour mettre en place des systèmes de surveillance bien plus élaborés sur le plan microbiologique, virologique, bactériologique », rendant les réponses thérapeutiques et préventives plus rapides. Par conséquent, si l’on découvrait un nouveau foyer d’un virus, « il faut espérer qu’on va tirer les leçons de ce qu’on a appris pendant le Covid ».

    Concernant la grippe aviaire, la cheffe du service des maladies infectieuses à l’hôpital Saint-Antoine souligne que la France bénéficie de systèmes de surveillance, notamment dans les élevages du sud-ouest, pour détecter et observer d’éventuelles mutations qui pourraient la rendre hautement pathogène pour l’homme. En effet, si elle est transmissible d’animal à homme, bien que « très difficilement », elle ne l’est pas encore d’homme à homme. « Il y a une surveillance mondiale des souches de grippe aviaire qui circulent », affirme-t-elle.

    Les changements de l’administration Trump : une réelle inquiétude pour les experts

    Karine Lacombe mentionne toutefois le cas d’un homme infecté et décédé l’an dernier aux États-Unis. L’infectiologue reste inquiète car beaucoup de changements ont eu lieu dans l’administration Trump ces dernières années. On a assisté au recul des vaccins, à la baisse des dépenses liées à la recherche, à l’arrêt de grands essais internationaux dans le domaine des maladies infectieuses et au scepticisme sur les mesures de confinement.  Pour elle, « la surveillance aux États-Unis des virus de grippe aviaire est plutôt opaque ». C’est une réelle inquiétude pour les experts, car elle n’est pas certaine que l’on sera en mesure de diagnostiquer tôt ce type de souche qui deviendrait pathogène pour l’homme.

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    L’infectiologue fait le point sur la recherche concernant les virus emprisonnés dans les zones gelées, et qui peuvent ressurgir à cause du réchauffement climatique. Mis à part le cas d’un enfant tué en 2016 par une bactérie réémergente, Karine Lacombe affirme que, pour l’instant, il n’y a pas d’exemples de bactéries ou de virus réémergents qui seraient pathogènes pour l’homme.

    Elle met en avant l’existence de consortiums internationaux qui surveillent l’apparition de ces agents pathogènes et qui évaluent le pouvoir et le potentiel pathogène de ces bactéries ou de ces virus.

    Maeva Mellado

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  • Pouvoir d’achat : Inflation à la hausse et regain de tension au Moyen-Orient, la rentrée s’annonce difficile

    Alors que les vacances touchent bientôt à leur fin, la rentrée s’annonce compliquée sur le plan économique, notamment en matière de pouvoir d’achat. Romain Gueugneau analyse les tendances pour la deuxième partie de l’année, et elles ne sont pas forcément rassurantes…

     

    L’inflation est repartie à la hausse cet été. En juillet, les prix ont grimpé de 2,1 %, en nette accélération par rapport au mois de juin, et il n’est pas certain que le mouvement ralentisse d’ici la fin de l’été.

    Le regain de tensions au Moyen-Orient continue de pousser les prix de l’énergie à la hausse, notamment ceux des carburants. Et l’effet des canicules et de la sécheresse commence à se ressentir sur la liste des courses, avec des produits alimentaires qui coûtent plus cher. Avant les vacances, l’Insee misait sur une inflation de 2 % pour l’année, mais cette prévision est devenue très incertaine.

    Les salaires n’arriveront pas à tenir le rythme de l’inflation

    Les salaires, quant à eux, avaient plutôt bien tenu puisqu’au deuxième trimestre, le salaire mensuel de base avait même progressé un peu plus vite que l’inflation sur un an. Depuis, la situation a changé et les économistes s’attendent maintenant à une baisse du pouvoir d’achat sur l’ensemble de l’année, car les salaires n’arriveront pas à tenir le rythme de l’inflation.

    Surtout que la remontée du chômage ne laisse pas beaucoup de marge de négociation pour les salariés. Au-delà des chiffres officiels, il y a aussi le ressenti des Français qui ont tendance à voir le verre à moitié vide. Sur les trois dernières années, l’écart entre la perception de l’inflation et celle véritablement subie a été multiplié par trois, selon une enquête de la Banque de France. Par conséquent, on se souvient surtout des hausses de prix comme l’essence ou les produits alimentaires, mais on se rappelle beaucoup moins des baisses comme celle de l’électricité.

    Quelles pistes d’économies pour le gouvernement ?

    Cette baisse de pouvoir d’achat réelle ou ressentie n’est pas une bonne nouvelle pour la consommation. En effet, moins de pouvoir d’achat, cela signifie des dépenses réduites ou bien décalées dans le temps, pour les ménages modestes par exemple. Pour ceux qui sont plus aisés, c’est une invitation à épargner davantage.

    En fin de compte, c’est de l’argent qui ne vient pas faire tourner la machine économique. Il faut ajouter à cela une situation toujours aussi compliquée pour les finances publiques.

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    Le gouvernement commence à réfléchir à des pistes d’économie pour réduire le déficit l’an prochain. Il s’agit notamment de niches fiscales qui pourraient être rabotées, d’une possible désindexation des retraites par rapport à l’inflation, ou bien de mesures d’économie dans les politiques familiales.

    Autant de propositions qui pourraient aussi avoir un impact sur la consommation. Une chose est sûre, les Français risquent d’être très près de leurs sous à la rentrée.

    Maeva Mellado

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  • Mozart plus fort que les vigiles ? Au Royaume-Uni, la musique classique fait baisser les incivilités dans les McDonald’s

    Depuis plusieurs années, McDonald’s a recours à la diffusion de musique classique pour contrôler les comportements problématiques de certains clients. À Chesterfield, en un an, cette initiative a fait baisser les plaintes pour incivilités de 70% dans l’enseigne locale de la chaîne de restauration rapide.

    L’été 2025 avait été particulièrement agité dans le restaurant McDonald’s de Low Pavement, à Chesterfield, près de Sheffield dans le centre de l’Angleterre. Dégradations, agressivité, ébriété, bagarres de gangs s’étaient succédées notamment au mois d’août, donnant lieu à 18 plaintes déposées en une semaine.

    Pour limiter ce problème d’incivilité, la police du Derbyshire, en association avec la municipalité de Chesterfield et le responsable de l’établissement concerné, a mis en œuvre un plan de gestion des problèmes (PMP). Parmi les mesures mises en place : désactivation du Wi-Fi et des points de recharge de portables à certaines heures, équipement corporel de caméras pour certains membres du personnel, renforcement des patrouilles et, plus original, diffusion de musique classique le soir.

    Chopin, Mozart, Beethoven ou Rachmaninov au programme dans les McDonald’s concernés

    Originale mais pas inédite, cette initiative de diffuser de la musique classique le soir pour adoucir les mœurs avait déjà été prise par la chaîne de restauration rapide américaine en Grande-Bretagne.

    Ce fut notamment le cas dans un McDo du quartier de Shepherd’s Bush à Londres à partir de 2017, avec la diffusion le soir d’airs de grands compositeurs classiques tels que Chopin, Mozart ou Rachmaninov puis en 2023 à Wrexham (Pays de Galles) où l’établissement local a décidé de diffuser du Beethoven à partir de 17H00.

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    À chaque fois, les résultats se sont vite révélés positifs. Ainsi, à Chesterfield, dernier cas en date, la police a constaté que le nombre d’appels et de plaintes pour nuisances avait diminué de 70% au mois de juillet.

    Pour l’inspecteur Josh Carter : « La diminution du nombre d’incidents enregistrés, constatée quelles que soient les conditions météorologiques et pendant les vacances scolaires, est un signe encourageant des progrès accomplis ».

    Anti-social behaviour at yob-plagued McDonald’s slashed after plan to play classical musichttps://t.co/RxDB5lbiT3

    — GB News (@GBNEWS) August 15, 2026

    Premier concerné, Walter Wright, le propriétaire et gérant du McDonald’s de Chesterfield, s’est déclaré « extrêmement fier du travail accompli avec la police du Derbyshire pour contribuer à réduire la criminalité aux abords de l’établissement. Il est important pour moi que chaque habitant de Chesterfield passe un agréable moment et se sente en sécurité lorsqu’il vient dans notre restaurant ».

    Philippe Gault

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  • Langue française : d’où vient le mot « yaourt », et peut-on l’écrire autrement ?

    Certains mots sont venus de loin pour enrichir la langue française. C’est le cas de ce mot qui paraît anodin, yaourt. Il a pourtant traversé une partie du monde pour finir par atterrir chez nous. C’est aussi le cas de kiosque, bagatelle, et hasard…

     

    Le turc a beaucoup influencé la langue française

    Prenons le kiosque, à journaux ou de jardin. C’est un mot turc, köşk, qui désigne un pavillon de jardin dans l’architecture ottomane.

    Il est arrivé en France au XVIIe siècle, via le commerce et les voyages en Méditerranée.

    Il y a aussi le mot bagatelle, qui désigne une chose sans importance, une broutille. Il vient de l’italien bagatella, qui désignait un tour de prestidigitateur, une petite ruse.

    Le glissement est beau : de l’escamotage à l’insignifiance.

    Le mot Yaourt a deux variantes

    Yaourt vient du turc yogurt. C’est un mot qui a traversé les Balkans et l’Europe centrale avant d’atterrir dans nos réfrigérateurs.

    Son orthographe admet plusieurs variantes : yaourt, yogourt, et yoghourt.

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    Pour finir, il y a le mot hasard, qui vient de l’arabe az-zahr, désignant le dé à jouer.

    Les croisades ont introduit ce jeu en Europe, et le mot a glissé de l’objet vers le concept : de l’instrument de jeu à l’idée même de chance et d’aléatoire.

    Karine Dijoud

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  • Agriculteurs en danger : une « contribution des citoyens » évoquée par Thierry Pouch, chef économiste aux Chambres d’agriculture

    Si la cinquième vague de canicule touche à sa fin, l’été tourne au cauchemar pour les agriculteurs. Dans un contexte déjà tendu depuis le mois de juin, la sécheresse s’ajoute à la chaleur et les pertes sont importantes. Thierry Pouch, chef économiste aux Chambres d’agriculture France, est l’invité de Radio Classique, il lance l’idée d’une contribution des Français pour soutenir le monde agricole.

     

    La « situation est catastrophique » pour les agriculteurs. Les pertes de production et de rendement enregistrées sont « très mauvaises ». Thierry Pouch note que la période actuelle est unique par son originalité : si auparavant certaines régions échappaient aux épisodes climatiques, ce n’est désormais plus le cas.

    Tous les départements et toutes les régions ont été touchés, de même que les productions de blé, d’oléagineux, de fruits, de légumes, et les filières laitières et animales. Le rédacteur en chef de la revue Paysans et Société rappelle par ailleurs que les céréaliers ne vivent plus aussi bien qu’avant, lorsqu’ils bénéficiaient des aides de la Politique agricole commune (PAC). Avec une accumulation de chocs depuis quelques années, c’est « un panorama assez noir » qui se profile.

    Les Français prêts à payer plus cher leur alimentation ?

    Pour le chef économiste aux Chambres d’agriculture France, il est nécessaire de réfléchir à des mesures à très court terme pour renflouer financièrement les trésoreries, mais aussi à une politique qui s’inscrit sur le long terme. Il évoque notamment le principe d’une « contribution des citoyens » qui consisterait à maintenir et à relancer la production agricole sur un an, à condition que les Français soient prêts à payer plus cher leur alimentation.

    Thierry Pouch déplore que nous soyons entrés dans une période « où il s’agit de répondre au coup par coup à des situations d’urgence » au lieu de définir une priorité pour le pays, comme cela avait été le cas à la fin des années 50 avec l’objectif de produire et de nourrir toute la population à un coût raisonnable. Il ajoute que face aux aléas climatiques et aux épisodes sanitaires, « n’importe quelle agriculture, dans n’importe quel pays, a besoin de soutien public ». Par conséquent, il est important que « l’État français et la Commission européenne puissent reconsidérer le logiciel sur lequel fonctionne aujourd’hui l’agriculture ». Pour lui, la nouvelle réforme de la PAC en 2028 sera une échéance « absolument décisive ».

    La voie de la modernisation est toujours possible

    L’invité de Charles Bonnaire conclut en affirmant que les agriculteurs « ont besoin d’être accompagnés dans leur adaptation et dans leur changement de pratiques ».

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    Et d’ajouter que « si on est parvenu après la Seconde Guerre mondiale à propulser l’agriculture sur la voie de la modernisation, il n’y a pas de raison qu’aujourd’hui on n’y parvienne pas », soulignant que notre époque bénéficie de suffisamment d’ingénieurs et d’une amélioration du niveau de formation des agriculteurs.

    Maeva Mellado

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  • « Carmen, oiseaux rebelles », le spectacle qui dénonce le féminicide en Franche-Comté

    Dans plusieurs villages de Franche-Comté jusqu’à la fin du mois une nouvelle production inspirée de l’opéra Carmen pose la question de ce qu’est l’amour et se débarrasse de la notion de « crime passionnel » pour mieux dénoncer le féminicide dont est victime l’héroïne de Georges Bizet.

    Ce Carmen revu et corrigé à la sauce #MeToo se présente comme un « Opéra Promenade ». Le concept : chaque acte est joué dans un lieu différent d’un village, les quelque 300 spectateurs se déplaçant avec leur tabouret pliant d’un endroit à l’autre aux côtés des solistes, des choristes et des musiciens, loin de l’ambiance compassée des grandes salles internationales.

    Le spectacle, qui se produit jusqu’au 28 août dans huit villages de la région, est une version très originale de l’opéra de Georges Bizet. Baptisé Carmen, oiseaux rebelles, il est accompagné par un orchestre de percussions clavier (xylophone, marimba, glockenspiel, vibraphone…), qui respecte la mélodie originale mais lui donne une saveur étonnamment moderne. « Le cliché de l’opéra qui est très cher et élitiste, malheureusement perdure, mais en réalité, voilà ce qu’on peut faire aujourd’hui », se félicite Marie Le Normand, qui interprète le rôle-titre.

    Carmen n’est pas sacrifiée devant le public

    Mais surtout, l’œuvre, qui s’achève par le meurtre de Carmen par son amant Don José, est fréquemment interrompue par des acteurs qui mettent en cause les préjugés machistes sous-tendant l’opéra de Georges Bizet, chanté pour la première fois en 1875.

    Si Carmen, à la nuit tombée, est habillée d’un tailleur rouge vif, évoquant la couleur du sang, elle ne sera pas sacrifiée devant le public. « Il faut arrêter avec ces œuvres où on applaudissait la mort en disant que c’était une histoire d’amour », explique le metteur en scène, Olivier Letellier.

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    A la place du finale habituel, le compositeur Didier Puntos a écrit un « bal de l’amour » qui enchante les spectateurs, invités à danser sur scène avec les chanteurs.

    « Il ne fallait pas avoir peur de réécrire l’histoire », s’enchante Anna Pida, 66 ans, pour qui on n’a pas trahi Bizet. « Il est temps qu’on change la vision des choses », affirme cette retraitée de La Poste, venue avec son mari d’un village voisin.

     

    L’opéra Promenade, qui existe depuis 20 ans en Franche-Comté, compte sur la population locale pour assurer les chœurs, mais aussi pour accueillir chaque soir entre 20 et 30 chanteurs, techniciens et musiciens d’un village à l’autre : faute d’hôtellerie, ces derniers sont hébergés chez l’habitant. Au total, en huit soirées, le spectacle devrait attirer entre 2.500 et 3.000 spectateurs, dont beaucoup n’ont jamais eu l’opportunité d’aller à l’opéra.

    Philippe Gault (avec AFP)

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  • Héloïse et Abélard : « La concupiscence t’a uni à moi plus que l’amitié », ce que révèle leur correspondance

    L’histoire d’amour entre Héloïse et Abélard a traversé les siècles pour nous apparaître aujourd’hui comme la quintessence de la passion brûlante. Un échange de lettres du Moyen-Âge, copiées au XVe siècle et redécouvertes dans les années 70, révèle une autre lecture de cette histoire, par Héloïse elle-même.

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    Après leur séparation brutale, Abélard erre de monastère en monastère. Héloïse, de son côté, est abbesse de l’abbaye du Paraclet, en Champagne. En 1132, une connaissance commune apporte à Héloïse une lettre adressée à un ami anonyme par Abélard. Pour consoler cet ami, Abélard aurait entrepris de lui raconter ses propres malheurs. 

    Abélard revient sur les difficultés qu’il a pu rencontrer au cours de sa vie. D’abord sa position enviée de philosophe et les jalousies qu’elle a pu lui susciter, les querelles avec un certain nombre d’intellectuels, les machinations. Sur ces 70 pages, dix seulement sont consacrées à son histoire avec Héloïse.

    Elle en est très blessée. « Ces choses écrites ont rafraîchi mes douleurs », écrit-elle. Héloïse prend la plume pour s’adresser à Abélard : « Mon bien-aimé, je me jetais sur ta lettre et je la dévorais avec toute l’ardeur de ma tendresse, puisque j’avais perdu la présence corporelle de celui qui l’avait écrite. […] Alors que j’étais […] depuis longtemps dans l’affliction, tu n’as pas tenté une seule fois de me consoler. »

    116 lettres échangées entre un maître et son élève : on pense qu’il s’agit d’Abélard et Héloïse

    Abélard répond à Héloïse, c’est le début d’une longue correspondance, qui reste un mystère de l’histoire. La découverte dans les années 70 d’un manuscrit copié au XVe siècle laisse penser que 116 lettres échangées entre un homme et une femme pourraient constituer la correspondance entre Héloïse et Abélard.

    Le tombeau d’Héloïse et Abélard au cimetière du Père-Lachaise, à Paris / LASKI/SIPA

    Le style, les références littéraires et les emprunts laissent penser qu’il pourrait bien s’agir d’une correspondance entre un maître réputé et son élève. Les faits relatés concordent avec l’histoire d’Abélard et Héloïse.

    Abélard reconnaît avoir obligé Héloïse à « consentir par des menaces physiques »

    « Obligé de répondre aux interrogations de son amante, Abélard définit l’amour comme une certaine force de l’âme qui n’hésite pas par elle-même, qui se reporte toujours sur autrui, de sorte que de deux volontés distinctes, il n’en résulte qu’une, sans aucune différence », écrit Sylvain Guggenheim, dans un ouvrage dirigé par Patrice Gueniffey sur les couples illustres de l’histoire de France.

    Au fil des lettres, on perçoit un déséquilibre entre Héloïse et Abélard. Tandis qu’elle affirme son amour immodéré, son estime intellectuelle, son attachement indéfectible, lui, avoue surtout son désir charnel.

    Voici ce qu’elle écrit dans ses lettres : « Je n’ai pas cherché à assouvir ma sensualité ou mes volontés, mais les tiennes ». Abélard lui répond :« Tu sais à quelle turpitude ma libido immodérée avait asservi nos corps. Tu avais beau ne pas vouloir, tu étais trop faible. Le plus souvent, je t’obligeais à consentir par des menaces physiques et en te donnant du fouet […] j’en rougis encore rien que d’en parler ».

    Héloïse continue d’envoyer des mots brûlants à Abélard

    Elle lui adresse ces paroles cinglantes : « Pourquoi, après notre conversion [à la vie monacale] que tu as décidé seul, suis-je tombée dans un tel oubli ? Dis-le-moi, ou moi je dirai ce que je pense […] La concupiscence t’a uni à moi plus que l’amitié, l’ardeur du désir plus que l’amour ».

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    Malgré ces mots, elle ne parvient pas à en faire son deuil, et continue d’envoyer des mots brûlants à Abélard. Lorsqu’il meurt en 1142, il est enterré au Paraclet, à la demande expresse d’Héloïse. 22 ans plus tard, à sa mort, Héloïse est ensevelie dans le tombeau d’Abélard.

    Franck Ferrand

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