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En plein milieu des funérailles d’Ali Khamenei et au début du sommet d’Ankara, l’Iran a à nouveau frappé trois navires commerciaux, heureusement sans faire de victimes. Le pays revendique son contrôle du détroit d’Ormuz, contre l’avis de Trump qui a décidé, dans la foulée, de viser des cibles iraniennes et a déclaré qu’il déchirait le protocole d’accord conclu le 17 juin. La guerre est-elle en train de reprendre entre les deux pays ?
Les Iraniens ont bien compris que les Etats-Unis ne voulaient pas s’engager dans une guerre longue, décisive et coûteuse. Quand Trump menace de « finir le travail », ils ne le prennent pas au sérieux. Quoi qu’il en soit, ces attaques iraniennes ont été considérées comme inacceptables aussi par les dirigeants européens qui appellent les deux parties à la reprise des négociations.
Au-delà de ces paroles diplomatiques classiques, tous savent que le protocole d’accord contient de nombreuses zones floues et qu’il prendra plus que les 60 jours annoncés pour être concrétisé. Nous pouvons parfaitement rester dans une sorte de zone grise pendant de longs mois, sinon plus. Cela explique aussi la fébrilité des marchés, qui avaient acheté sans doute un peu vite la fin du conflit.
Les régimes totalitaires comme l’Iran et la Russie ne sont pas habités par la même rationalité que la nôtre. Moscou aurait eu intérêt à conclure un accord de paix quand l’Ukraine était encore faible et que les Alliés occidentaux ne percevaient pas encore adéquatement la nature de la menace russe : cela lui aurait permis de se réarmer et de mieux attaquer demain. Elle ne l’a pas fait, d’une certaine manière heureusement, car cela aurait été catastrophique pour l’Ukraine et l’Europe.
Téhéran de son côté aurait, selon notre rationalité, gagné à accepter le protocole d’accord qui lui était incroyablement favorable, lui permettant de continuer à produire ses missiles, à armer ses supplétifs et à bénéficier de la levée des sanctions et de la reprise de sa production gazière et pétrolière.
Pour Poutine et les Siloviki comme pour les durs du régime iranien, l’idéologie est première. Elle les conduit à vouloir aller jusqu’au bout, quitte à perdre.
Dans le cas iranien, la lutte des factions est intense. Les plus modérés, comme le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, et le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghtchi, sont conspués par la télévision d’État aux mains des ultras. Le président iranien Massoud Pezechkhian paraît marginalisé.
La capacité d’accroître sa puissance militaire, le programme nucléaire, quitte à accepter des concessions qu’elle perçoit comme temporaires, et le contrôle absolu du régime sur sa population sont essentiels à Téhéran. Il faut toujours le rappeler : sous la houlette du chef de l’autorité judiciaire, Gholamhossein Mohseni Ejei, les pendaisons d’opposants se multiplient encore.
Il reste que l’Iran a compris que le détroit d’Ormuz, parallèlement aux frappes sur les pays de la région, était le levier dont il disposait pour percuter l’économie mondiale. Il entend donc imposer ses routes et montrer son pouvoir de contrôle des eaux du détroit.
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Le protocole d’accord était muet sur la question, malgré l’acceptation tacite de Téhéran de ne pas bloquer la navigation pendant la période de négociations. Par la suite, l’Iran veut, en violation de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer de 1982, dite Convention de Montego Bay, imposer des droits de passage déguisés en « frais de service ». Le communiqué du G7 du 17 juin avait jugé cela inacceptable.
Cela serait un précédent fâcheux alors que la Chine considère que le détroit de Taïwan lui appartient, la Russie celui de Kertch et que la Malaisie et l’Indonésie avaient tenté, avant d’y renoncer, d’imposer des frais aux navires transitant par le détroit de Malacca. Le droit international reste la meilleure protection du commerce international. Qu’il s’effondre, et le choc sur l’économie du monde entier sera colossal.
Nicolas Tenzer
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Des dizaines d’élus locaux de villes et de collectivités locales concernées par le gel des subventions publiques de certaines grandes institutions culturelles ont adressé une lettre ouverte à Emmanuel Macron. Ces 45 responsables politiques estiment que ces coupes budgétaires, si elles se confirment, auront des conséquences « immédiates et désastreuses ».
Des dizaines de personnalités politiques, la plupart élus locaux dans des secteurs où des institutions sont concernées par cette baisse des subventions publiques, ont adressé une lettre ouverte au Président de la République.
Une manifestation du monde du spectacle jeudi à Avignon pour s’opposer aux coupes budgétaires dans la culture, en présence de Jean-Luc Mélenchon https://t.co/YTlKY4Jvl6
— franceinfo (@franceinfo) July 9, 2026
Elle est également soutenue par des présidents de régions tels que Xavier Bertrand (Hauts-de-France) ou Hervé Morin (Normandie), et des dirigeants de grandes institutions : les opéras de Lyon et de Toulouse ou la Maison de la culture de Seine-Saint-Denis.
Dans cette tribune, les 45 signataires écrivent comprendre l’effort collectif qui doit être fait pour redresser les finances publiques mais constatent « avec effroi » la réduction « sans précédent des subventions de l’État » concernant 28 institutions culturelles majeures. « Si cet arbitrage brutal et sans concertation préalable » était confirmé dans les semaines qui viennent, ses conséquences seraient immédiates et désastreuses », préviennent-ils.
Selon eux : « De telles coupes massives conduiraient à constater de très graves déficits à la fin de l’année 2026 et à compromettre dès 2027 l’avenir de ces institutions (…) Elles seraient confrontées à des arbitrages impossibles : annulation de spectacles, abandon de projets, réduction de l’offre culturelle, suppressions d’emplois ou, dans les situations les plus critiques, remise en cause de leur activité même ».
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En baisse de 173,4 millions d’euros par rapport à l’année 2025, le budget 2026 de la culture (3,7 milliards d’euros) contraint le ministère de la culture à geler 10 % des crédits de 28 institutions culturelles, soit 10 millions d’euros.
Une situation très inquiétante pour le secteur du spectacle vivant. Selon une étude de Lapas (L’Association des professionnels de l’administration du spectacle) menée auprès de 286 compagnies artistiques et citée par France Info : « En moyenne, les structures interrogées ont perdu 37% de leurs dates et 21% des artistes interrogés déclarent qu’ils pensent arrêter leur activité et dissoudre leur compagnie dans les trois ans à venir ».
Philippe Gault
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Radio Classique vous propose de revivre le Concerts des Révélations des Victoires de la musique classique donné le 4 juin dernier à la Cathédrale Saint-Louis des Invalides avec le soutien du CIC.
Dans un programme mêlant voix et instruments, vous découvrirez les grands talents de demain : les sopranos Tamara Bounazou et Lucie Peyramaure, la mezzo-soprano Léontine Maridat-Zimmerlin, le violoncelliste Léo Ispir, l’accordéoniste Julien Beautemps et la pianiste Arielle Beck.
Ce concert sera présenté par Jean-Michel Dhuez. Vous pourrez l’écouter en qualité numérique à Paris et dans de nombreuses autres villes de France grâce au DAB+.
Jean-Michel Dhuez
Pour toutes informations sur la saison musicale des Invalides : musee-armee.fr
Avec le soutien du CIC : cic.fr
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La Folle Soirée de l’Opéra était de retour les 19 et 20 juin dernier au Théâtre des Champs-Elysées.
Karine Deshayes, Vanina Santoni, Julien Dran et Paul Gay en étaient les invités. Ils ont interprété une sélection d’airs, de duos et de trios d’opéra avec l’Orchestre national d’Ile-de-France dirigé par Victor Jacob.
Radio Classique vous propose de revivre ces deux soirées exceptionnelles au cours de laquelle vous pourrez notamment entendre “Casta Diva” de Norma de Vincenzo Bellini, l’Air du catalogue de Don Giovanni de Wolfgang Amadeus Mozart ainsi que “Salut ! Demeure chaste et pure” et l’Air des bijoux, tous deux extraits de Faust de Gounod.
Cette soirée sera présentée par Jean-Michel Dhuez. Vous pourrez l’écouter en qualité numérique dans de nombreuses villes de France grâce au DAB+.
Jean-Michel Dhuez
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Selon les derniers chiffres publiés par Médiamétrie pour la période avril-juin 2026, Radio Classique conclut sa saison sur une belle progression de son audience. Près d’1 million d’auditeurs sont chaque jour au rendez-vous de la station info, éco, culture et musique, soit +16% par rapport à la vague précédente. Une dynamique notamment portée par sa matinale.
Pour Bertrand Dermoncourt, Directeur général de Radio Classique, « ces résultats récompensent le formidable travail des équipes de Radio Classique. Je veux saluer le succès toujours croissant de notre matinale, animée avec brio par David Abiker et Stéphane Pedrazzi, ainsi que le professionnalisme de notre rédaction, dirigée par Hervé Gattegno. Plus que jamais, Radio Classique affirme sa singularité : prendre de la hauteur en offrant à ses auditrices et à ses auditeurs une information fiable, analysée avec mesure et exigence, et les accompagner chaque jour avec une programmation musicale conviviale et accessible. »
Le 6h-9h de Radio Classique, porté par la matinale économique de Stéphane Pedrazzi (6h-7h) et la matinale de David Abiker (7h-9h), confirme sa position de radio premium et son rajeunissement auprès des 25-49 ans :
Selon l’ACPM, Radio Classique consolide sur le numérique son leadership dans sa catégorie avec plus de 4 millions d’écoutes actives mensuelles, soit une progression de 22% sur un an (3).
Une hausse équivalente observée sur la fréquentation du site internet et de l’application mobile de Radio Classique, soit +22% sur un an avec 2,6 millions de visites mensuelles cumulées en juin 2026 (4) !
Enfin Radio Classique confirme son rang de 7ème radio la plus podcastée de France depuis septembre 2025, avec plus de 3 millions d’écoutes
Près d’un an après son lancement, la nouvelle grille de Radio Classique confirme son attractivité. Fidèle à sa promesse de proximité et de confiance, la station propose, autour de sa matinale et de l’émission de Franck Ferrand, une nouvelle génération de voix – Pauline Lambert, Jean-Michel Dhuez, Élodie Fondacci et Laure Mézan – ainsi qu’une programmation musicale enrichie, ouverte aux musiques de film et aux nouveaux répertoires du classique. Une évolution fidèle à l’ambition de Radio Classique : proposer chaque jour une information qui éclaire, une culture qui inspire, une musique qui rassemble, pour mettre toujours plus d’harmonie dans la vie de ses auditeurs.
Sources :
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La Banque de France a révisé ce jeudi la prévision de croissance du PIB à 0,2% pour le deuxième trimestre de 2026, contre 0% en juin. Emmanuel Moulin, nouveau gouverneur de la Banque de France, était l’invité de la matinale de Radio Classique ce vendredi. Il revient sur cette révision et affirme que si l’économie française est portée par certains secteurs, il y a tout de même certains sujets comme les retraites ou la dette qu’il ne faut pas ignorer.
Est-ce qu’une victoire de l’équipe de France à la Coupe du monde de football aurait des effets positifs sur l’économie ?
EMMANUEL MOULIN : Sur le fond, l’impact économique est limité : on peut avoir un rebond de la consommation en téléviseurs, mais ils sont souvent importés, un petit rebond dans les restaurants, les bars, les livraisons de pizzas, mais d’autres secteurs affichent simultanément des perspectives moins positives.
Ça peut être favorable à la confiance des consommateurs, et de toute façon, c’est surtout un bel exploit sportif.
Deux événements étaient attendus cette semaine : le quart de finale France-Maroc, et la note de conjoncture de la Banque de France, scrutée par tous les acteurs économiques. Elle vient d’être publiée, et le risque de récession s’éloigne. Pouvez-vous nous expliquer pourquoi ?
E.M. : En juin, nous avions publié des prévisions fondées sur des hypothèses arrêtées fin mai : un prix du pétrole assez élevé à 100 dollars le baril, pas de cessez-le-feu, qui n’a été annoncé que le 15 juin, et des remontées du mois de mai assez négatives. Nous avions donc une prévision de croissance pour le 2e trimestre à 0.
Aujourd’hui, trois éléments changent la donne : le cessez-le-feu, une baisse du prix du pétrole, et les résultats de notre enquête mensuelle de conjoncture, dans laquelle nous interrogeons 8 500 chefs d’entreprise chaque mois sur leur activité et leurs perspectives d’activité.
Ces résultats sont assez positifs. On observe un rebond dans l’industrie, notamment dans des secteurs porteurs comme la défense, l’aéronautique, l’électronique et les centres de données, ainsi que dans des secteurs qui rebondissent après un mois de mai difficile, où il y a eu beaucoup de ponts, ce qui a conduit à des fermetures prolongées dans l’automobile et le textile-habillement.
Dans les services, il y a un rebond également en juin, notamment dans l’agroalimentaire, les boissons, les glaces, du fait de la canicule. Dans le bâtiment et travaux publics aussi, même si je reste plus prudent car les carnets de commandes restent déprimés.
Au total, nous anticipons désormais une croissance au 2e trimestre de 0,2 % et non plus de 0, ce qui nous rapproche de l’Insee et constitue un aléa positif sur la croissance annuelle 2026.
Ce regain léger de croissance est lié à l’annonce de la paix dans le détroit d’Ormuz. Or les hostilités ont repris. Pensez-vous que ça aura un effet inverse le mois prochain ?
E.M. : Il faut effectivement rester très prudent : l’environnement géopolitique est extrêmement volatile, les choses changent d’un jour à l’autre. Ce que nous constatons, c’est que l’indicateur d’incertitude, mesuré à partir de ce que nous disent les chefs d’entreprise, est retombé au niveau d’avant la guerre. Je ne sais pas si c’est parce qu’ils ont davantage confiance, ou parce qu’ils s’habituent à cet environnement volatil.
L’économie française est-elle résiliente ? Les chefs d’entreprise, qui ont essuyé beaucoup de chocs depuis plusieurs années, ont-ils développé des capacités d’adaptation inédites dans ce monde incertain ?
E.M. : Oui, l’économie française est résiliente, elle l’a montré à plusieurs reprises, dans le post-Covid comme pendant la période d’inflation. Certains secteurs sont porteurs : l’aéronautique, la défense, et tout ce qui est lié à l’intelligence artificielle, qui est un booster de croissance, moins élevé qu’aux États-Unis, mais réel.
Nous avons aussi constaté que les entreprises se sont adaptées à la canicule : elles ont changé leurs horaires, et ont pu continuer à produire et à augmenter leur production, même si c’était dans des conditions parfois dégradées.
Il y a deux feuilletons à venir : un feuilleton budgétaire compliqué, faute de majorité à l’Assemblée nationale, et celui de l’élection présidentielle. Êtes-vous totalement indépendant de ces deux actualités à la Banque de France ? Êtes-vous dans un sanctuaire ?
E.M. : Nous sommes indépendants, mais nous ne vivons pas hors du monde. La discussion budgétaire a un impact sur la stabilité financière, la croissance et la confiance.
Il est donc essentiel qu’un budget soit voté, et que ce soit un budget permettant le redressement des comptes : nous avons aujourd’hui un déficit de l’ordre de 5 %, bien supérieur à celui de nos voisins de la zone euro. Nous ne pouvons pas nous permettre un déficit structurellement plus élevé que les autres.
Notre dette continue d’augmenter, et si nous poursuivons sur cette trajectoire, la charge de la dette atteindra 100 milliards en 2029, ce qui fera moins d’argent pour les priorités en matière de politique économique et de politique d’avenir.
Or, dans notre monde, c’est essentiel que nous puissions investir dans l’intelligence artificielle, la transition écologique et le quantique.
De quoi êtes-vous indépendant ?
E.M. : Nous sommes indépendants du pouvoir politique : nous ne recevons pas d’instructions pour nos décisions de politique monétaire. Notre mandat est de lutter contre l’inflation, c’est dans ce cadre que s’exerce notre indépendance.
Mais nous participons au débat public sur les sujets liés à ce mandat, l’inflation dépend aussi de la croissance potentielle. Nous avons une voix, et nous pouvons expliquer quels sont les sujets structurants pour l’économie française.
Pendant une campagne présidentielle, on entend beaucoup d’âneries sur le plan économique. Serez-vous tenté de les corriger ?
E.M. : Nous respectons le débat démocratique et ne nous y immisçons pas. Mais certaines choses sont des faits qu’on peut rappeler : nous sommes dans la zone euro, il y a des traités, la politique monétaire est indépendante.
Et il y a des grandes tendances auxquelles tous les pays sont confrontés et qu’on ne peut pas ignorer : le vieillissement de la population et son impact sur nos finances publiques, la transition écologique, qui a un impact sur nos entreprises et nos concitoyens, et l’autonomie stratégique de l’Europe.
Inversement, peut-il y avoir d’excellentes idées pendant une campagne présidentielle qui pourraient vous influencer ?
E.M. : Nous écoutons le débat et nous le respectons, sans nous mettre à la place des candidats et des hommes politiques. Mais on peut relever des exemples étrangers : en Allemagne, les socialistes et la droite ont trouvé un consensus sur une réforme des retraites pour faire face au vieillissement de la population, problème que nous partageons.
Et parfois, en France, il y a une tendance à chercher de l’argent magique, l’idée que la BCE pourrait annuler notre dette, par exemple. Là, nous pouvons effectivement dire que c’est peu probable, et surtout pas souhaitable.
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Les syndicats et les politiques expliquent que la fonction publique est en crise, que les fonctionnaires ont le blues. Avez-vous le sentiment que l’État est malade ?
E.M. : Non. J’ai toujours été très fier d’être haut fonctionnaire. J’ai travaillé avec des personnes extrêmement engagées, désintéressées, qui ne comptaient pas leurs heures. Nous pouvons être fiers de nos services publics, de l’hôpital, même s’il connaît des difficultés, de l’école.
Le problème en France, c’est qu’on consacre beaucoup d’argent à ces services publics, et on peut s’interroger sur l’efficacité de la dépense. On met peut-être beaucoup d’argent pour un résultat qui n’est pas à la hauteur des enjeux.
Certains ont dit, lors de votre nomination à la Banque de France, qu’Emmanuel Macron plaçait un homme à lui. Vous sentez-vous être un homme d’Emmanuel Macron ?
E.M. : Non. J’ai travaillé avec le président de la République, pour lequel j’ai beaucoup de respect. Mais j’ai eu une carrière avant lui, j’en aurai une après lui. Je suis lié par les années que nous avons passé ensemble, mais j’ai une vie à moi.
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Les malentendus linguistiques entre parents et enfants sont bien plus fréquents qu’on ne le croit. On imagine que les faux amis n’existent qu’entre deux langues différentes, comme library en anglais, qui n’est pas une « librairie » mais une « bibliothèque ». Cependant, ces décalages de sens existent aussi au sein même du français, d’une génération à l’autre.
Le mot ouf en est un bon exemple. Pour un parent, il s’agit d’une interjection de soulagement : « Ouf, j’ai eu chaud. » Pour un adolescent ou un jeune adulte, en revanche, c’est devenu un adjectif admiratif. Dire qu’« un film était ouf » signifie qu’il était extraordinaire.
Le mot mortel a d’ailleurs connu le même sort : il a cessé de désigner la mort pour devenir élogieux, mais il n’a plus vraiment le vent en poupe aujourd’hui.
Le mot prime (à prononcer à l’anglo-saxonne, « praïme » NDR) est très prisé des adolescents. Lorsqu’ils disent de quelqu’un qu’« il est à son prime », ils veulent dire qu’il est à son apogée, au sommet de sa forme, irrésistible. L’expression est empruntée au vocabulaire du sport professionnel américain.
L’expression « il gère son football » est porteuse de double sens. On pourrait penser qu’il est question de sport, mais ce n’est pas le cas.
Dans la bouche de certains jeunes, elle renvoie à la séduction : dire « il gère son football » désigne une drague exemplaire
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Que conseiller aux parents, de s’adapter ou de renoncer à comprendre ? Il faut continuer à s’amuser de ces trouvailles langagières, souvent éphémères, parfois ingénieuses. Ces phénomènes linguistiques sont fédérateurs chez les adolescents, et nous avons tous employé des mots qui avaient l’air cool pour nous faire accepter. Ce mot revient d’ailleurs dans la bouche des jeunes. C’est donc toujours le même constat : tout cela est un éternel recommencement.
Karine Dijoud
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Hier, à Ankara, s’est tenu le sommet de l’OTAN. Les 32 pays de l’organisation n’ont finalement passé que peu de temps ensemble, et il paraît difficile de discerner des évolutions majeures adoptées lors de ce sommet. Par ailleurs, Trump a blâmé lors de cette réunion ses alliés Européens qui ne feraient pas assez d’effort selon lui dans leurs dépenses militaires.
Avant même le sommet de l’OTAN, Trump a donné libre cours à ses lubies obsessionnelles cette année, notamment avec l’annexion du Groenland, suscitant une réponse musclée de la Première ministre danoise, Mette Frederiksen. Il a aussi fait face à des Alliés peu loyaux, puisqu’ils avaient refusé de le suivre dans sa guerre sans concertation contre l’Iran. L’OTAN devient selon Trump un fardeau pour les États-Unis, contre des Européens qui ne feraient pas d’effort.
Cependant, c’est d’autant plus faux que, comme l’a rappelé Mark Rutte, le secrétaire général de l’OTAN, les Européens et le Canada ont augmenté leurs dépenses militaires de 258 milliards de dollars en 2025 et 2026, soit un bond de 20 % en un an. Rien que l’Allemagne va augmenter ses dépenses de 100 milliards d’euros sur 5 ans. La Pologne, elle, a déjà atteint 4,5 % du PIB consacré à la défense.
Rappelons que l’Ukraine a, depuis 2022, reçu 214 milliards d’euros des pays européens et 115 milliards de Washington. L’aide américaine est désormais arrêtée.
Le communiqué final, rédigé vendredi dernier et beaucoup plus bref que d’habitude, y fait d’ailleurs allusion et réaffirme son soutien à Kyiv et l’engagement à lui fournir, en 2026 et 2027, 140 milliards d’aide supplémentaire, sans contribution américaine.
Le président Zelensky a, à nouveau, à Ankara, plaidé pour l’intégration de l’Ukraine dans l’OTAN. Alors qu’elle dispose de la première armée d’Europe et la seule expérimentée dans la guerre de haute intensité, elle apporterait une contribution unique à la sécurité collective de l’Alliance. En résistant à la Russie, elle est déjà la principale ligne de défense de l’Europe.
Mais les États-Unis de Biden et l’Allemagne de Scholz avaient refusé un plan d’accession de Kyiv lors du sommet de Vilnius de 2023. Trump, qui a discuté avec Poutine une heure et demie le 4 juillet, est trop aligné sur Moscou pour l’accepter.
Il n’a pas non plus été répondu à la demande urgente de l’Ukraine de lui fournir des systèmes de défense antimissiles, les Américains n’en livrant plus pour leurs batteries Patriot. Ils ont quand même autorisé, après un tête-à-tête entre les deux présidents, les Ukrainiens à les fabriquer sous licence, mais ils ne le seront pas au mieux avant 2028.
Le président Zelensky ne repart pas complètement les mains vides : des accords sur la coproduction de drones ont été aussi signés avec le Danemark, les Pays-Bas et l’Estonie. D’autres suivront avec l’Allemagne, la Finlande, la Norvège et le Canada.
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Certains se demandent s’il ne faudrait pas renoncer à tenir les deux prochains sommets tant que Trump est au pouvoir. Malgré l’affirmation du communiqué final de l’engagement de tous sur l’application de l’article 5 sur la défense collective, pilier de l’organisation depuis sa création il y a 77 ans, on peut douter de l’engagement de Washington.
Un autre éléphant dans la pièce était présent : celui de la perspective du retrait annoncé d’une partie au moins des troupes américaines stationnées en Europe. Les Européens et Canadiens sont désormais seuls.
Les uniques annonces sérieuses et contraignantes viennent d’eux. Déjà l’année dernière, le chancelier Friedrich Merz faisait allusion à la perspective d’une OTAN sans les États-Unis. C’est compliqué compte tenu de l’intégration des systèmes de commandement et de communication.
Remplacer l’Amérique supposerait que les Européens aillent bien au-delà des 5 % du PIB pour défendre seuls un pays européen attaqué par la Russie. La France est à 2,2 %, déjà un progrès notable. 5 %, cela représenterait 172 milliards en 2030 contre 69,4 milliards aujourd’hui.
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Trois mois après la chute du gouvernement de Viktor Orbán, les nouveaux dirigeants à la tête de la Hongrie ont décidé d’entamer une vaste réforme de l’audiovisuel public. La principale chaîne de télévision a cessé d’émettre pour quelques heures mardi et la radio d’information la plus écoutée (3 millions d’auditeurs) va diffuser pendant un mois le programme d’une radio spécialisée dans la musique classique.
« Aujourd’hui, la propagande a cessé d’être diffusée sur les antennes des médias de service public », s’est félicité le nouveau premier ministre Peter Magyar, saluant une journée historique sur Facebook. Le dirigeant hongrois, qui avait mis fin aux seize ans de pouvoir du nationaliste Viktor Orban lors des législatives d’avril, avait promis pendant la campagne électorale de rétablir rapidement l’indépendance d’un service public mis au pas.
Les programmes de M1 ont repris le soir même, à 19h56 heure locale, en référence au soulèvement hongrois de 1956 contre les Soviétiques, écrasé par les chars. Toutefois, les bulletins d’information y sont absents.
La station de radio d’information et de débats Kossuth Rádió, équivalent hongrois de France Info, diffuse en ce moment l’intégralité du programme de Bartók Rádió, la station du groupe public spécialisée dans la musique classique qui porte le nom du grand pianiste virtuose, compositeur et ethnomusicologue hongrois Béla Bartók.
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La nouvelle direction du groupe public (MTVA), qui compte six chaînes de télévision et sept stations de radio, a annoncé qu’un audit est en cours pour «assurer une transition en douceur, mettre fin à la propagande et renouveler de manière professionnelle les services d’information afin de transformer le radiodiffuseur public en une institution crédible, objective et indépendante ».
A historic day.
It’s over now.
— Magyar Péter (Ne féljetek) (@magyarpeterMP) July 7, 2026
Sur M1, les émissions d’information reprendront progressivement, parallèlement à la mise en place d’une nouvelle direction de l’information. Concernant Kossuth Rádió, la diffusion simultanée des programmes de Bartók Rádió pourrait perdurer jusqu’à la mi-août, lorsque sera lancée la programmation liée à sa nouvelle ligne éditoriale.
Philippe Gault (avec AFP)
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Radio Classique vous fait vivre ce vendredi le concert que l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo a donné le 14 juin dernier à l’Auditorium Rainier III sous la direction de Kazuki Yamada.
Au programme le Concerto pour violon en ré majeur, op. 35 de Piotr Ilitch Tchaïkovsky avec Gil Shaham et la Symphonie n°9, op.125 de Ludwig van Beethoven avec la soprano Mari Eriksmoen, la mezzo-soprano Catriona Morison, le ténor Maximilian Schmitt, le baryton Johannes Weisser, le Chœur de l’Opéra de Monte-Carlo et le Chœur d’enfants de l’Académie Rainier III.
Ce concert sera présenté par Laure Mézan. Vous pourrez l’écouter en qualité numérique à Monaco et dans de nombreuses villes de France grâce au DAB+.
Jean-Michel Dhuez
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