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Victor Hugo aurait écrit qu’un « coup de lance » avait mené à la place des Vosges, l’un des endroits les plus visités à Paris aujourd’hui. Découvrez l’histoire dramatique que cache ce lieu très pittoresque.
Ecoutez l’épisode des Grands dossiers de l’Histoire en intégralité :
Tout s’est passé le 10 juillet 1559. Il y avait sur l’emplacement d’une partie de l’hôtel Saint-Pol médiéval ce qu’on appelait le palais des Tournelles. On le nommait ainsi parce que ses murs étaient hérissés de petites tours, des tournelles.
Le roi Henri II y séjournait parfois, même s’il vivait principalement au Louvre. De son côté, Catherine de Médicis s’était fait construire les Tuileries. Les Tournelles étaient surtout dédiées aux fêtes.
On a ainsi organisé, rue Saint-Antoine, devant les Tournelles, un immense tournoi pour célébrer deux mariages, celui de la fille d’Henri II et celui de la sœur du roi, Marguerite. Le roi voulut lui-même participer aux joutes. Il avait pourtant quarante ans, ce qui n’était plus vraiment l’âge d’aller jouter.
Henri II s’est retrouvé face au jeune comte de Montgomery, un militaire. Mais au cours du combat, la lance du comte s’est brisée et a pénétré l’armure du roi, au niveau de son heaume. Un éclat de bois lui a traversé le crâne et s’est fiché dans son œil. Le roi est mort dix jours plus tard, dans ce palais des Tournelles.
Sa veuve, Catherine de Médicis, a estimé qu’il ne lui était plus possible de voir ce domaine. Elle l’a donc vendu par lots. On fait raser le palais, et construit à sa place des logements qui n’ont pas rencontré le succès. On a détruit ce qui restait.
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Les écuries sont devenues un marché aux chevaux, et le reste fut laissé à l’abandon. Les mauvaises herbes ont peu à peu pris possession du terrain, puis les broussailles, au milieu desquelles on venait se battre, car c’était la grande époque des duels. Nous ne sommes pas loin de l’univers des Trois Mousquetaires.
Bref, l’endroit était devenu un coupe-gorge. « Le coup de lance de Montgomery a créé la place des Vosges », aurait dit beaucoup plus tard Victor Hugo, qui savait de quoi il parlait, puisqu’il vécut lui-même place des Vosges.
Franck Ferrand
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Peu avant l’ouverture du festival local, Lucie Leguay a reçu le Prix Gabriel Dussurget qui récompense un(e) artiste révélé(e) par le Festival d’Aix-en-Provence et son académie. La cheffe d’orchestre y dirige jusqu’au 10 juillet Accabadora, l’opéra de Francesco Filidei.
C’est une bonne surprise qu’a réservée l’Association Gabriel Dussurget à Lucie Leguay fin juillet en lui remettant, par les mains d’Ève Ruggieri, son prix annuel à l’occasion du concert de l’orchestre symphonique du Conservatoire Darius Milhaud d’Aix-en-Provence. La cheffe d’orchestre lilloise de 36 ans y dirige, dans le cadre du festival, depuis le 4 juillet et jusqu’au vendredi 10 Accabadora de Francesco Filidei, en création mondiale au Théâtre du Jeu de Paume.
Ce prix est décerné en hommage à Gabriel Dussurget, créateur du Festival d’Aix-en-Provence et son directeur artistique de 1948 à 1972, récompense, depuis 2006, un artiste révélé par le grand festival d’été et son académie, et ce dans tous les domaines concourant à la production des œuvres lyriques : chanteur, chef d’orchestre, interprète, compositeur…
Lucie Leguay confie avoir reçu cette distinction « avec beaucoup d’émotion », ajoutant : « Dans ce métier, rien ne se construit seul : il y a les années d’étude, les répétitions, les doutes, les prises de risque, et puis il y a les maîtres, les musiciens, les lieux qui vous donnent confiance. Le recevoir à Aix, dans un lieu dédié à la musique, me touche particulièrement ».
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La jeune maestra en a profité pour insister sur l’éclectisme artistique qui la guide depuis le début de sa carrière. « Un chef doit rester libre. On cherche toujours à nous mettre dans des cases : la musique contemporaine, le symphonique, l’opéra, le répertoire français. Mais j’ai besoin de rester mobile, de passer de Mozart à Rossini, de Richard Strauss à Debussy, de Stravinsky à Filidei (…) Une carrière vivante, pour moi, c’est cela : découvrir sans cesse et en même temps creuser plus loin », a-telle précisé.
Distingué le même jour que Lucie Leguay, le jeune compositeur et chef d’orchestre Camille Durand-Mabire, ancien élève du conservatoire Darius Milhaud s’est vu récompensé du prix « Jeune Espoir ». Deux de ses récentes créations, Oscillation et Queos Patur, ont été interprétées lors du concert qui a suivi la remise des prix.
Philippe Gault
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En 2026, Un Été en France dessine une ligne musicale à travers le pays, de l’Auvergne Rhône-Alpes à la Provence-Alpes-Côte d’Azur, avant de rejoindre le Pays de la Loire et la Nouvelle Aquitaine, où s’achèvera le festival.
Portée par dix concerts gratuits, dans des lieux publics et en plein air, en accès libre sans réservation, cette tournée illustre l’engagement de Société Générale en faveur d’une culture vivante et accessible, en rapprochant la création musicale des publics, au plus près des territoires.
Itinéraire de la tournée 2026
5 JUILLET – SAINT-MARTIN-DE-CLELLES
6 JUILLET – GUILLESTRE
7 JUILLET – FORCALQUIER
9 JUILLET – CHÂTEL-GUYON
10 JUILLET – EYMOUTIERS
11 JUILLET – TOCANE-SAINT-APRE
15 JUILLET – SAINT-HILAIRE-DE-RIEZ
16 JUILLET – VAUX-SUR-MER
17 JUILLET – LABASTIDE D’ARMAGNAC
18 JUILLET – BIARRITZ
Présentation des partenaires
Fidèle à sa mission de mécénat musical et à son engagement de long terme en faveur de la musique classique, la Fondation Société Générale réunit autour d’Un Été en France des partenaires aux expertises complémentaires. Ensemble, ils contribuent à accompagner les jeunes talents, à favoriser leur insertion professionnelle et à les faire accéder à la scène dans le cadre du festival.
La Cité des Compositrices
Fondée en 2020 par la violoncelliste Héloïse Luzzati, La Cité des Compositrices a pour vocation de redécouvrir, valoriser et diffuser les œuvres de compositrices, qu’elles soient historiques ou contemporaines. Concerts, festival et productions discographiques permettent à de jeunes interprètes de porter ces musiques sur scène.
Opéra national du Rhin – Opéra Studio
L’Opéra Studio de Colmar s’impose comme une formation d’excellence pour les artistes internationaux émergents qui bénéficient d’un accompagnement intensif pour répondre aux besoins actuels des métiers de la scène lyrique. Ils se produisent sur scène aux côtés de chanteurs renommés et travaillent sous la direction de grands metteurs en scène et chefs d’orchestre.
Fondation Royaumont
Nichée en Île-de-France, la Fondation Royaumont, créée en 1964 par Henry et Isabel Goüin, est un lieu emblématique de formation et de création. Première fondation culturelle d’utilité publique, elle accompagne artistes et chercheurs tout en encourageant la transmission, le dialogue entre disciplines et l’interprétation historique des répertoires.
Prêt d’instrument de la Fondation Société Générale
Depuis 2005, la Fondation Société Générale met à disposition des jeunes musiciens un parc d’instruments anciens et contemporains d’exception, favorisant leur insertion professionnelle et leur développement artistique.
Les Capucelli
Créé à Paris en 2014 par le violoncelliste Gautier Capuçon, l’ensemble Capucelli se compose de jeunes violoncellistes dont certains issus de sa Classe d’Excellence de Violoncelle à la Fondation Louis Vuitton et de sa propre Fondation Gautier Capuçon. Cet ensemble transmet, partage et fait rayonner un répertoire éclectique et passionnant, du classique aux créations contemporaines.
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Entre promesses et réalité, Google et Amazon ont annoncé la semaine dernière les chiffres relatifs à leurs émissions de gaz à effet de serre. Alors que les géants de la tech s’étaient engagés à réduire leurs émissions, voire à atteindre la neutralité carbone, ceux-ci connaissent des records d’émissions de gaz à effet de serre.
Si la publication de ces chiffres est moins suivie par les marchés que les bénéfices par action, ces émissions fournissent un bon indicateur des ambitions de ces géants de la high tech. Les chiffres montrent une forte hausse des émissions des gaz à effet de serre, qui ont un impact sur le réchauffement climatique.
Depuis 2019, celles de Google ont bondi de 82 % et même de 18 % sur la seule année 2025. Amazon a fait un peu mieux, avec une envolée de 58 % de ses émissions en 6 ans et de 16 % l’an passé. Les chiffres de Meta et de Microsoft devraient être publiés prochainement.
Comment expliquer cette augmentation d’émissions de gaz à effet de serre ? Tout simplement parce que la clim dans les appartements, ce n’est rien à côté de la climatisation dans les gigantesques centres de données utilisés pour héberger les IA. Il faut ajouter à cela l’activité dans les bureaux, mais aussi la fabrication des puces et des serveurs.
Chez Amazon, l’hébergement des données de tiers dans ses serveurs, mais aussi son outil de logistique et de livraisons, ont eu un impact considérable, tout comme la construction de nouveaux centres de données, dont les émissions ont bondi de 40 %. En conséquence, la consommation électrique de Google a doublé en trois ans et s’approche selon l’AFP de celle d’un pays comme la Grèce.
Ce qui est problématique, c’est que ces groupes ont beaucoup communiqué sur leur volonté de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Google s’était engagé à réduire de moitié d’ici à 2030 ses émissions de gaz tandis qu’Amazon disait vouloir atteindre la neutralité carbone en 2040.
Mais c’était avant Donald Trump qui a désinhibé les géants de la tech sur la question climatique. C’était aussi avant la folie de l’IA qui a gagné le secteur.
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Google et Amazon n’ont pas abandonné officiellement ces objectifs, mais plus ces entreprises s’activent, plus elles polluent. Pour Amazon, par exemple, ses émissions ont augmenté plus vite que ses ventes, pour la première fois depuis au moins 2021.
La faute, explique Google, à une production d’électricité qui ne se décarbone pas aussi vite que le déploiement de l’IA puisqu’aux Etats-Unis aujourd’hui, l’heure est plus aux investissements dans de nouveaux serveurs que dans des éoliennes. Cependant, Google affirme investir massivement dans le nucléaire et la géothermie, et Amazon, de son côté, se présente comme le premier acheteur mondial d’énergies renouvelables pour la sixième année consécutive, et il compte acheter aussi 52 000 camions électriques.
Cela suffira-t-il pour inverser la tendance ? Pensez-y peut-être avant de demander des vidéos de chat à votre IA préférée, tout en vous disant qu’il fait beaucoup trop chaud en ce moment, même pour un début de mois de juillet.
Pierrick Fay
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Le candidat d’Horizons Edouard Philippe a entamé sa campagne présidentielle avec son premier meeting hier, dimanche 5 juillet, à l’Adidas Arena à Paris. Devant environ 5000 personnes, il a appelé à l’effort collectif, en insistant sur la nécessité de mener certaines réformes importantes.
Ce premier meeting marque un tournant dans sa campagne présidentielle. Alors qu’il semblait se contenter jusqu’à présent d’une avance dans les sondages lui offrant l’accès au second tour, Edouard Philippe était suspecté de ne pas savoir créer d’élan, voire d’être enfermé dans une approche un peu distante du pays.
Cependant, hier, pour son meeting parisien, il a su soulever l’enthousiasme des siens. Il a même « fendu l’armure » en se racontant lui-même, sans pour autant tomber dans la confession intime indécente ou dans l’exercice de communication en toc.
Symboliquement, les références à son parti, Horizons, ont disparu pour céder la place à son slogan « Croire en nous », qui rappellera à certains le « croire en la France » d’Edouard Balladur en 1995.
Après des semaines de surplace, Edouard Philippe est vraiment entré en campagne. Les priorités qu’il a rappelées ne sont pas neuves, ça fait des mois qu’il les décline : remettre de l’ordre dans la rue, dans les comptes ou aux frontières, priorité à l’école et à la justice.
Et hier il n’est pas plus entré dans le détail de son projet, qu’il annonce toujours « massif » mais sur lequel il n’est pas encore entré dans le concret. Mais ce n’était pas l’objet de ce discours et on attend plus d’un candidat à l’élection présidentielle qu’il développe une vision du pays plutôt qu’il détaille un programme du gouvernement.
Son grand défi était donc d’annoncer clairement qu’il y aurait des efforts à faire, des réformes courageuses à mener, tout en faisant preuve d’optimisme et en mobilisant les Français plutôt qu’en les décourageant.
Et de ce point de vue, il a décidé de regarder cet effort collectif à l’aune de l’avenir de nos enfants. Il affirmait qu’on a souvent privilégié la conservation de notre confort immédiat à la construction de leur bonheur. En laissant filer la dette, en ne réformant pas les retraites, les dirigeants actuels font payer aux générations futures leur manque de courage.
Edouard Philippe a donc prévenu qu’il allait demander des efforts nécessaires pour les adultes de demain. Sur cette belle promesse de vérité et de courage, on peut le croire sincère et être convaincu qu’elle est vitale.
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Mais on peut aussi se souvenir que cette même promesse a été faite par des candidats qui ont été élus, et qu’elle a été à chaque fois déçue. Cela invite à ne pas prendre un discours pour argent comptant.
De plus, quand Edouard Philippe dit vouloir « prendre le pouvoir » pour réaliser cela, il se heurte au fait que le pouvoir, il l’a exercé justement. Son réquisitoire vaut également procès du macronisme. Or, ce macronisme, il l’a aussi incarné. Et dans sa bataille pour être crédible demain, ce qu’il a fait et été hier pèsera dans la balance.
Guillaume Tabard
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Les États-Unis célébraient ce samedi 4 juillet les 250 ans de la déclaration d’indépendance, dans un contexte politique tendu avec l’approche des élections de mi-mandat en novembre. Laurence Nardon, chercheuse et directrice du programme Amériques de l’Institut français des relations internationales était l’invitée de la matinale de Radio Classique ce lundi. Elle revient sur les enjeux que représentent les midterms et soutient que quelle qu’en soit l’issue, Trump continuera ses « narratifs politiques » et gouvernera par décrets.
Que fêtaient les Américains ce week-end ? Leur histoire, leur puissance, ou une certaine idée d’eux-mêmes ?
LAURENCE NARDON : Je veux croire que l’essentiel des Américains fêtaient ce samedi 4 juillet les 250 ans de la déclaration d’indépendance, qui est le moment où les 13 colonies affirment vouloir se détacher, pour des raisons fiscales à l’origine, de l’Angleterre de George III qu’ils jugent despotique.
Mais dans la suite des événements, avec la mise en place de la Constitution en 1787, la guerre s’est terminée positivement pour eux, et ils ont mis en place ce système politique qui est la première démocratie moderne. Elle a été totalement imprégnée des idées des Lumières, avec la liberté d’expression, le droit de vote, etc, et ce système a fonctionné sans interruption depuis 250 ans. Je pense qu’il faut voir le verre à moitié plein et dire que c’est cela que la plupart des Américains célébraient samedi.
Il y avait les célébrations à Washington, mais il y a eu aussi des célébrations dans chaque État.
L.N. : Dans chaque État et même chaque pâté de maisons. Ils font des block parties, des fêtes de quartier, avec des cookies, des défilés… Il y a eu des fêtes partout, chez tous les citoyens américains.
La célébration à Washington était particulièrement importante, car le gouvernement fédéral a une responsabilité dans ce type d’événements, mais c’est une fête dont tous les Américains se sont emparés.
La presse française, qui n’est jamais tendre avec Donald Trump, a vite expliqué qu’il allait confondre son anniversaire avec les célébrations, et celles-ci avec l’autocélébration. Faut-il être aussi catégorique, ou a-t-il finalement respecté quelque peu les traditions ?
L.N. : Non, il a totalement kidnappé les célébrations du 4 juillet à son profit, ce qui est vraiment dommage. Il a posté un message sur son réseau Truth Social dès le 15 juin pour annoncer ce qui allait se passer le soir du 4 juillet, en commençant par écrire : « This will be the greatest Trump meeting of them all. » C’était clair.
Il y a eu le feu d’artifice, des passages d’avion, un discours dans lequel il a célébré l’Amérique, mais une Amérique très trumpienne, en parlant de lui quasiment tout le temps.
Il a tout de même rendu hommage aux vétérans. Il a dit dans son discours : « Ils ont sauvé le monde et ont fait la fierté de l’Amérique. Après avoir vaincu le fascisme, les États-Unis ont combattu le mal du communisme pendant la guerre froide. Et comme je l’ai dit au magnifique Mont Rushmore [auquel il voudrait ajouter son propre portrait], l’Amérique ne sera jamais un pays communiste. Nos guerriers ne se sont pas battus contre le communisme pour que ce fléau refasse surface ici même en Amérique. » Il y a donc un mélange de célébration des fondamentaux américains et d’un assaisonnement personnel.
L.N. : C’est un homme d’un certain âge, donc il a connu le communisme de la guerre froide, et quand il le dénonce, je pense qu’il pointe deux choses : d’abord le wokisme, sa bête noire, qu’il confond avec le communisme. Les communistes soviétiques n’étaient pas du tout wokes, mais dans son message, il agrège les deux dans la menace des politiques identitaires très excessives de l’extrême gauche du Parti démocrate.
Mais il fait aussi allusion à quelque chose de plus récent : la montée, dans les primaires actuelles qui préparent les midterms de novembre, d’un certain nombre de candidats très à gauche, notamment à New York et dans le Colorado, dont certains appartiennent au parti des Democratic Socialists of America.
« Socialiste » dans le langage politique américain signifie vraiment communiste, sans aucune ambiguïté. Il parle donc de la menace d’une mainmise de l’extrême gauche sur le Parti démocrate, une menace qui n’est pas totalement infondée.
Est-ce que Trump cherche à refaire ce qui lui a permis d’être élu, la dénonciation du wokisme ? Est-ce que ça va servir pour les midterms ?
L.N. : Je pense que le moment du wokisme est un peu passé. Même ses partisans se sont rendu compte qu’ils étaient contre-productifs en poussant les choses trop loin, notamment sur les questions transgenres.
Donc Trump cherche la prochaine bataille, et je pense que ce sera de peindre tous les démocrates comme des socialistes au couteau entre les dents.
Est-ce que ça peut être efficace ? Les Américains peuvent-ils y croire ?
L.N. : Pour les midterms de novembre, le point décisif sera l’inflation, qui est repartie à la hausse, et le prix de l’essence, qui lui commence à retomber, ce qui améliore très légèrement les sondages de Trump depuis une semaine ou deux.
L’autre élément, c’est le Parti démocrate, qui est vraiment perdu. L’aile radicale très à gauche prend de l’élan mais elle n’est pas vendable pour la base électorale générale, et le courant modéré ne s’est pas encore remis de l’échec de Biden et n’a pas de figure charismatique à mettre en avant.
Ces célébrations étaient aussi l’occasion pour Trump de faire oublier quelques échecs de politique étrangère. Les Iraniens l’ont bien compris, eux qui vont célébrer leur ayatollah toute la semaine. Il y a aussi la guerre en Ukraine, la relation avec la Chine. Les Américains ont-ils le sentiment que Trump tient sa promesse de l’America First, d’une politique pour les Américains avant d’être une politique étrangère ?
L.N. : Non, ils ont l’impression d’avoir été floués par ce président qui leur a vendu un retour à la maison et qui, dans ce second mandat, se mêle de politique internationale du matin au soir.
Cette guerre en Iran est difficile à présenter comme un succès pour l’administration Trump. C’est pour ça qu’il essaie d’en parler le moins possible et de passer à autre chose, avec cette stratégie qui lui réussit depuis dix ans qui est de faire un buzz médiatique permanent. Quand quelque chose le gêne, il invente le buzz suivant pour détourner l’attention.
Est-ce que Cuba en fait partie ?
L.N. : Il y a un gros débat là-dessus, cela fait des mois qu’il évoque Cuba. Je n’ai pas de boule de cristal, mais je pense qu’il est un peu échaudé par ce qui s’est passé en Iran et qu’il hésitera à intervenir à Cuba de la même manière qu’il l’a fait au Venezuela, en janvier. Il sera probablement plus prudent.
Cela dit, il y a des négociations très secrètes en ce moment entre le gouvernement américain et le gouvernement cubain pour aboutir non pas à un changement de régime mais à une économie de marché.
Qu’est-ce qui pourrait faire perdre le Congrès aux Républicains lors des midterms ?
L.N. : La poursuite d’une inflation importante, en particulier sur les biens de première nécessité, et le prix de l’essence. C’est vraiment ce qui peut faire perdre les élections à Trump. Et comme il le pressent, le danger flotte dans l’air depuis le début de la guerre en Iran qui a fait redémarrer l’inflation.
Il s’ingénie aujourd’hui à limiter la victoire des démocrates, en refaisant les cartes électorales, en purgeant les listes d’électeurs, et en faisant plein d’autres petites entraves sur la manière dont les élections vont se dérouler.
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Éric Le Boucher a publié récemment un article dans lequel il suggère que Trump pourrait fort bien s’accommoder d’une défaite des Républicains et poursuivre sa présidence jusqu’au terme de son mandat, en se posant comme le meilleur et en préparant sa postérité.
L.N. : C’est tout à fait exact. De toute manière, dans un régime présidentiel, le président ne part pas quand l’Assemblée passe de l’autre côté, donc Trump continuera son mandat.
Mais surtout, Trump est le roi du narratif politique : quoi qu’il arrive, même sur l’Iran, il peut construire un récit de victoire qui va convaincre sa base, qui est à environ 35% de l’électorat aujourd’hui, ce qui n’est pas négligeable.
Il a déjà à mon avis les éléments de langage pour expliquer que la perte du Congrès ne l’impactera pas lui-même puisque ce n’est pas son nom sur les bulletins, ce n’est pas lui le loser. Et comme il gouverne énormément par décret depuis deux ans, il continuera comme ça dans tous les cas.
Sa tête sur le Mont Rushmore, vous y croyez ?
L.N. : Probablement pas. Même si c’était voté et financé avant la fin de son mandat, ce qui ne sera pas le cas parce que les démocrates du Sénat et de la Chambre des représentants ne le voteront pas, il faudrait des années pour que ça se réalise. Et Dieu sait ce qui se passera après 2028.
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Voici un petit cocktail d’expressions ressurgies des années 70 à 90. Madeleines de Proust ou curiosités : découvrez ces petites phrases qui ont marqué la jeunesse et l’adolescence des quadragénaires.
Commençons par l’incontournable : « c’est trop de la balle », pour marquer son enthousiasme. Dans l’argot des années 90, « la balle », c’est le top, l’excellence.
On pense que l’expression vient du monde du football : la balle, c’est ce qu’on cherche, ce qu’on veut avoir. Quant à « trop », utilisé comme intensificateur positif, c’est une autre marque de fabrique de cette époque. On disait aussi « c’est trognon » , pour « c’est trop mignon » .
Aujourd’hui, on dit encore « trop bien » ou « trop cool », ce qui déplaît aux puristes. Mais « trop de la balle », c’est bel et bien fini.
« Cool Raoul », qui remonte, lui, plutôt aux années 70. Cette expression a une saveur particulière : c’est une rime d’assonance, qui permet de renforcer le mot, au même titre que « métro, boulot, dodo ». Il faut savoir que « Raoul » ne désigne personne en particulier : il est là uniquement pour la rime et l’effet.
C’est le même esprit, mais cette fois avec une référence directe : Dallas, la série américaine diffusée en France dans les années 80. Dallas incarnait le luxe, la réussite, l’Amérique clinquante.
Dire que quelque chose avait la classe à Dallas, c’était lui conférer une élégance hollywoodienne.
Fastoche signifie « facile », avec un suffixe argotique en -oche très populaire en français moderne. On le retrouve dans pistoche pour piscine, ou valoche pour valise, et aussi, paraît-il, pour le prénom Valérie.
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Ce suffixe apporte une sorte de désinvolture. Les Valérie, d’ailleurs, n’apprécient généralement pas qu’on les appelle Valoche.
Enfin, voici deux termes très vintage pour exprimer un accord enthousiaste. Oki doki vient de l’américain okey-dokey, lui-même un redoublement expressif de OK.
Dacodac, c’est la version française : une modification ludique de d’accord. Même sens, même énergie, autre rive de l’Atlantique.
Karine Dijoud
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Plusieurs organisations professionnelles du secteur de la culture ont écrit vendredi au chef de l’État et aux ministères concernés pour lancer un « signal d’alerte » après avoir été informées de « l’annulation drastique » de crédits budgétaires qui impacterait particulièrement une trentaine de structures. Le ministère de la Culture évoque des reports et assure qu’une partie des crédits seront versés dès cette semaine.
« Nous apprenons avec une profonde inquiétude l’imminence d’annonces du gouvernement qui entérineraient une annulation drastique de crédits alloués au service public de la culture », indique ce courrier adressé vendredi, à la veille de l’ouverture du Festival d’Avignon, au chef de l’État mais aussi à la ministre de la Culture Catherine Pégard et au Premier ministre Sébastien Lecornu.
Selon ce courrier, signé notamment de la Réunion des Opéras de France et d’associations de centres nationaux de danse ou de théâtre, les structures les plus touchées par ces coupes « risquent de ne pas pouvoir ouvrir leur saison avant janvier 2027 », au lieu de septembre.
« Les opéras et orchestres concernés, les centres dramatiques nationaux, les scènes nationales et les autres établissements touchés verraient leur activité brutalement interrompue » et « devront fermer au public en septembre 2027 », indique cette lettre commune.
Parmi les signataires de cette lettre ouverte, les responsables d’une dizaine de maisons d’opéra (Lille, Strasbourg, Lyon, Montpellier, Nancy, Bordeaux, Caen, Rouen, Ile de France). Ils lancent un « signal d’alerte », estimant que « les nouvelles annulations de crédits que le gouvernement s’apprête à annoncer font peser un risque sans précédent sur le service public de la culture ».
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Samedi, lors d’un point presse, la ministre de la Culture a affirmé « se battre » afin de pouvoir engager tous les financements prévus en 2026, mais précise qu’ils seront « soumis à arbitrage ».
« Il n’y aura pas d’annulation de crédit. Il ne pourrait y avoir que des reports », a ajouté Catherine Pégard dont le ministère assure qu’une partie des crédits seront versés dès la semaine prochaine. Il s’agit de 40% de l’enveloppe prévue pour l’année 2026 (50% ayant été versée au début de l’année). La négociation des prochaines semaines avec Bercy portera sur les 10% restants.
Dans un communiqué la CGT Spectacle, dont une délégation a rencontré la ministre, a accusé cette dernière de « ne pas défendre son budget ». « Avec une désinvolture qui ne peut qu’inquiéter, la ministre de la Culture nous a tenu le discours des efforts nécessaires, de la hausse des prix de l’énergie, des conséquences de la canicule et des besoins pour l’agriculture, comme si le gouvernement n’opérait pas le choix de sacrifier des opérateurs culturels », a regretté le syndicat qui a appelé à une manifestation jeudi à Avignon et averti de « grèves et manifestations » à venir.
Philippe Gault (avec AFP)
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The Star-Spangled Banner est issue d’une histoire douloureuse pour les Etats-Unis, celle de la guerre de 1812, qui les a opposés à l’empire britannique. Qui aurait imaginé que l’hymne américain vient de l’inspiration d’un poète du dimanche, sur une chanson à boire… anglaise !
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En 1812, après avoir attaqué Washington, les troupes anglaises font désormais le siège de la ville de Baltimore. C’est à ce moment qu’entre en scène celui qui écrira plus tard l’hymne américain.
L’avocat Francis Scott Key, qui vit à Washington, apprend qu’un ami a eu des problèmes avec les troupes anglaises. Le médecin William Beanes est accusé d’avoir lutté contre les troupes britanniques, et a été fait prisonnier. Francis Scott Key, dont la notoriété à Washington commence à se développer, décide de plaider la cause de son ami.
Il arrive à Baltimore le 12 septembre 1814, accompagné de l’envoyé du président américain James Madison.
Pendant ce temps, l’armée britannique est ralentie. À Baltimore, l’officier Robert Ross a le sentiment de tomber sur un os. Il y a une vraie résistance. Après tout, il se dit qu’un prisonnier est toujours encombrant et mobilise des hommes. Il accepte donc de recevoir les deux hommes et demande qu’on les conduise jusqu’à son navire, dans la baie de Chesapeake,.
Après moins d’une heure de discussion, ce 13 septembre 1814, Robert Ross accepte de libérer le médecin, et un certain nombre de civils. Au moment de raccompagner les deux Américains jusqu’à leur chaloupe, le major-général leur dit qu’ils ne peuvent pas rejoindre la terre tout de suite. D’un instant à l’autre, tous les navires britanniques vont bombarder le fort McHenry. Les voilà donc sur ce navire anglais, à attendre la fin d’un bombardement qui s’éternise.
Le mercredi 14 septembre 1814, Francis regarde le fort, encore fumant, et a la surprise d’y voir flotter le fameux drapeau américain.
C’est à ce moment-là qu’il a l’idée de son fameux poème. Francis a composé ces lignes en ayant en tête un air extrêmement populaire qui s’appelle la chanson anacréontique. C’est cet air qui va servir de base, en quelque sorte, à l’hymne.
Francis fait imprimer les paroles. Il appelle la partition La Défense du fort McHenry. Peu de temps après, la guerre prend fin. On arrive à une espèce de statu quo entre Anglais et Américains à l’issue de cette guerre de 1812/1814.
La chanson de Francis Scott Key devient populaire. Elle est chantée de plus en plus souvent lors des cérémonies patriotiques, qu’elles soient ou non militaires. Assez vite, la partition change de nom et devient The Star-Spangled Banner, c’est-à-dire La Bannière étoilée.
La chanson plaît, mais suscite quand des réticences. Elle est difficile à chanter et exige un registre vocal étendu, la mélodie s’étendant sur une octave et une quinte. Le deuxième reproche porte sur les origines de l’air. Le chant est censé glorifier les États-Unis et le drapeau, mais l’air en question a été composé par un Anglais dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle.
Il s’agit d’une chanson à boire, et même d’un test de sobriété : si les gens étaient capables d’en chanter un couplet, ils pouvaient continuer à boire ! La chanson dit : « Je vais vous instruire à mêler comme moi le myrte de Vénus avec la vigne de Bacchus. »
Dans les années 1920 seulement, beaucoup plus tard, un membre du Congrès qui s’appelle John Charles Linthicum va faire voter à six reprises l’adoption de cette Bannière étoilée comme hymne, à chaque fois en vain.
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En 1927, on lance un concours pour l’écriture d’un hymne. Mais comme aucun résultat n’est satisfaisant, on ne désigne pas de vainqueur. En 1930, les anciens combattants américains de la Première Guerre mondiale lancent une pétition en faveur de ce chant. Cinq millions d’Américains signent, mais les institutions, rechignent face à un air jugé encore trop difficile à chanter.
Alors, le 31 janvier 1931, deux grandes chanteuses américaines, Elsie Jorss-Reilley et Grace Evelyn Boudlin, interprètent l’hymne à l’extérieur du Congrès. Elles veulent prouver que le chant est accessible à tous. Une foule considérable est venue les écouter et reprend l’air en chœur. La Chambre des représentants finit par désigner The Star-Spangled Banner comme hymne officiel.
Le Sénat suit le 3 mars de cette même année 1931 et, le lendemain, le 4 mars un décret est signé, qui fait de ce chant l’hymne américain.
Franck Ferrand
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À l’occasion de sa riche actualité estivale, Nathalie Stutzmann sera, ce vendredi 3 juillet à 20h, l’invitée du Journal du Classique.
Elle dirigera la première production de l’édition anniversaire du Festival de Bayreuth. Nathalie Stutzmann retrouvera ainsi la fosse de la Festspielhaus pour y donner, dès le 26 juillet, l’opéra Rienzi, qui n’y avait encore jamais été représenté. Elle reviendra, à cette occasion, sur ses premières expériences dans le temple de Wagner, qui fête cette année ses 150 ans, où elle a fait ses débuts triomphaux il y a trois ans avec Tannhäuser.
Il sera également question de son nouvel enregistrement avec son Orchestre Symphonique d’Atlanta, consacré à la 4e Symphonie de Bruckner, à paraître le 24 juillet chez Warner. Enfin, elle nous parlera de ses projets à venir avec l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo dont elle prendra les rênes à la rentrée en tant que directrice artistique et musicale, ainsi qu’avec l’Opéra national de Paris où elle dirigera sa première production la saison prochaine.
Laure Mézan
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