À l’approche du 1er tour des municipales, Marseille est regardée de très près par les états-majors des partis politiques. Avec une liste d’union de la gauche hors LFI, le maire sortant Benoît Payan – candidat à sa réélection – est au coude-à-coude avec le Rassemblement national. La droite marseillaise est elle reléguée à la 3è, voire la 4è place.
Aux portes des Calanques, le quartier de Mazargues à Marseille est traditionnellement un fief de droite. Gérard, un habitant, est venu faire ses emplettes au petit marché artisanal installé sur la place de l’église. Il explique son vote : « Je suis de droite, j’ai toujours été de droite. Je suis RN à fond au niveau des élections présidentielles. Par contre, pour les municipales, ce n’était pas trop ma tendance. Mais comme Madame Vassal, qui est de droite, est larguée, je serai de droite, je serai RN. »
Tract à la main, Sylvain Di Giovanni, adjoint Les Républicains à la mairie d’arrondissement, revendique l’héritage de l’ancien maire Jean-Claude Gaudin et de ses 25 ans de règne sur la cité phocéenne. « Là, nous sommes dans un des noyaux villageois marseillais, un des plus emblématiques et qui était cher à Jean-Claude Gaudin, » déclare-t-il. Cependant, la droite marseillaise semble affaiblie pour ces municipales, avec seulement 15 % d’intentions de vote dans les sondages.
Sylvain Di Giovanni relativise ces chiffres : « Je fais rarement confiance aux sondages. On a un bon accueil sur le terrain. Certains disent que nous sommes des nostalgiques de l’UMP, mais on est vraiment en train de recréer ce mouvement qui va des écologistes raisonnables, le centre et la droite républicaine. »
Le candidat RN à Marseille, Franck Allisio, dépasse les 32% d’intention de vote
La liste est portée par Martine Vassal, une candidate « mal aimée, assez froide » griffe un centriste qui l’a longuement côtoyée. Avec ses « zigzag permanents », elle « ne fait pas le plein du bloc central et paie cash ses œillades appuyées à la droite extrême » dit-il.
Alors que le candidat du Rassemblement National, Franck Allisio, dépasse les 32 % d’intentions de vote, Martine Vassal refuse de s’avouer vaincue : « Franck Allisio, c’est un touriste électoral qui, de toute façon, ne sera pas élu. J’espère que les Marseillaises et les Marseillais ne se tromperont pas d’élection, parce que ce n’est pas une élection nationale, c’est une élection locale. Moi, j’ai toujours été une femme qui a eu des résultats à la tête de la métropole et du département, et je veux en avoir pour Marseille, donc je ne lâcherai rien. »
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Quatre listes pourraient se qualifier au premier tour, une aubaine pour le député RN et candidat du parti à la flamme, Franck Allisio. « Je pense qu’aujourd’hui, la majorité des Marseillais qui ont voté pour Nicolas Sarkozy en 2007 votent pour nous. Ceux qui votaient pour Gaudin également. Depuis le début de cette campagne, j’ai gagné 20 points. C’est du jamais vu dans une campagne municipale. Si cette dynamique se poursuit, elle dépassera par définition Monsieur Payan, car aujourd’hui, le vote anti-gauche, c’est nous, » affirme Franck Allisio.
À gauche, chaque liste revendique de pouvoir faire barrage au Rassemblement National, mais aucune ne semble prête à se désister.
Listes pour la mairie centrale de Marseille :
Benoît Payan (divers gauche) sur la liste Printemps marseillais « Pour Marseille, la gauche, les Écologistes et les citoyens rassemblés »
Franck Allisio (Rassemblement national, Reconquête,…) sur la liste « Marseille en ordre »
Sébastien Delogu (LFI) sur la liste « Marseille fière et populaire »
Martine Vassal (LR, Renaissance, Modem, Horizons,..) et la liste d’union de la droite et du centre, « Marseille je t’aime »
Erwan Davoux (Sans étiquette – Divers centre) sur la liste « Marseille pour tous »
Christine Juste sur la liste « Marseille Écologie » (Ecologistes dissents)
Rémy Bazzali sur la liste Lutte ouvrière
Coralie Raynaud (Parti des travailleurs) et la liste « ouvrière et jeune pour la défense des intérêts de la population et des services publics »
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