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  • La Symphonie n°9 de Beethoven par l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo dirigé par Kazuki Yamada ce vendredi à 20 heures

    Radio Classique vous fait vivre ce vendredi le concert que l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo a donné le 14 juin dernier à l’Auditorium Rainier III sous la direction de Kazuki Yamada.

    Au programme le Concerto pour violon en ré majeur, op. 35 de Piotr Ilitch Tchaïkovsky avec Gil Shaham et la Symphonie n°9, op.125 de Ludwig van Beethoven avec la soprano Mari Eriksmoen, la mezzo-soprano Catriona Morison, le ténor Maximilian Schmitt, le baryton Johannes Weisser, le Chœur de l’Opéra de Monte-Carlo et le Chœur d’enfants de l’Académie Rainier III.

    Ce concert sera présenté par Laure Mézan. Vous pourrez l’écouter en qualité numérique à Monaco et dans de nombreuses villes de France grâce au DAB+.

    Jean-Michel Dhuez

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  • Armement : « La France n’est pas dépendante des Etats-Unis, 90% du budget investi reste dans le pays » affirme Patrick Pailloux

    Patrick Pailloux, délégué général pour l’armement était l’invité de la matinale de Radio Classique ce jeudi. Il est revenu sur la question de la défense française et européenne, qui a notamment été abordé au sommet de l’OTAN ces derniers jours. Il affirme que la France n’est pas dépendante des États-Unis et qu’elle conçoit ses propres outils d’armement tout en s’adaptant aux nouvelles technologies qui bousculent la réalité du terrain de guerre. 

     

    La Direction générale de l’armement réunit près de 10 000 civils et militaires qui œuvrent pour la défense et l’armement de la France. Quelle est précisément sa mission ?

    PATRICK PAILLOUX : La DGA est issue des années 60, quand le général de Gaulle et Pierre Messmer ont décidé de doter la France de l’arme nucléaire.

    L’idée, qui était révolutionnaire à l’époque et qui l’est toujours car c’est un modèle unique en Europe, est de vouloir être souverain dans notre capacité à doter les armées des armes dont elles ont besoin, ce qui implique de comprendre, de maîtriser la technologie et de savoir diriger une industrie capable de les développer.

    Sur les 10 500 personnes que nous sommes, 8 000 appartiennent à la direction de l’ingénierie et de l’expertise. Ce sont des ingénieurs, des techniciens, des ouvriers capables de concevoir et de tester.

    Nous avons une dizaine de centres d’essais, dont un au sud de Bordeaux où l’on tire nos missiles balistiques vers l’Atlantique pour vérifier qu’ils fonctionnent. C’est l’un des rares endroits dans l’État où subsiste une vraie compétence de conception, et notre souveraineté tient précisément à cette capacité à maîtriser la technologie.

    Vous avez récemment parlé d’une « DGA de combat ». Faut-il comprendre qu’il faut la réveiller, la mettre en ordre de bataille face aux défis qui nous attendent ?

    P.P. : Quand vous regardez ce qui se passe au Proche et Moyen-Orient, vous voyez surtout des bateaux américains et des bateaux français. Le porte-avions Charles de Gaulle est en train de revenir, plusieurs frégates sont sur zone.

    « Notre souveraineté tient à notre capacité à maîtriser la technologie » affirme Patrick Pailloux

    Simplement, le monde évolue très vite, la paix mondiale n’est malheureusement pas en train de progresser. Tous les pays doivent se réarmer, aller vite et tirer parti des évolutions technologiques. C’est pourquoi j’ai dit à mes équipes qu’il faut faire une DGA de combat pour s’adapter au monde tel qu’il est aujourd’hui.

    Vous étudiez tous les types d’armements, vous les testez, vous les commandez, ça fait de vous une organisation multi-produits ?

    P.P. : Absolument. Pour être souverain, c’est l’ADN français et c’est ce que veulent le président de la République, le Premier ministre et la ministre des Armées Catherine Vautrin, il faut maîtriser son destin et ne pas dépendre de tiers qui nous fournissent. Pour cela, nous devons être capables de comprendre et maîtriser l’ensemble des technologies.

    Un sous-marin nucléaire lanceur d’engins, c’est une centrale nucléaire à l’arrière, des missiles à têtes nucléaires devant, une ville capable de rester sous l’eau plusieurs semaines, des torpilles à l’avant, le tout sur 130 mètres de long. Ça ne s’improvise pas.

    « La France conçoit ses propres outils d’armement » affirme le délégué général pour l’armement

    Votre activité technologique et industrielle est tributaire du contexte géopolitique. Le sommet de l’OTAN hier à Ankara s’est conclu par des annonces assez modestes, révélant les hésitations de l’Europe sur son autonomie stratégique vis-à-vis des États-Unis. Comment sort-on de cette dépendance ?

    P.P. : D’abord, la France n’est pas dépendante : 90 % du budget investi pour notre armée reste en France. Nous sommes le pays qui dépend le moins de la technologie étrangère, car nous savons concevoir nos propres outils d’armement.

    Cela dit, l’Europe doit se doter de capacités de défense propres, car les États-Unis vont se désengager, et d’une certaine façon, il est normal qu’un fermier du Minnesota refuse de payer pour la défense de l’Europe.

    Vous certifiez donc que les États-Unis ne pourraient pas nous empêcher avec leurs technologies de faire la guerre ? On est totalement souverain sur l’utilisation de tous nos matériels ?

    P.P. : Pas à 100 %, mais on maîtrise le sujet. Un sous-marin nucléaire lanceur d’engins, ce n’est pas la même chose qu’un petit drone.

    Patrick Pailloux :« Il n’y a aucun sujet en France qu’on ne maîtrise pas »

    Sur certains domaines, on est absolument souverain à 100 %. Sur d’autres, des objets à durée de vie très courte, on a délibérément choisi de ne pas investir et d’utiliser des technologies disponibles ailleurs.

    Il n’y a aucun sujet en France et en Europe qu’on ne maitrise pas ou qu’on ne sache pas faire. On n’a pas toutes les usines, mais si on décide de développer des technologies, on le pourrait, grâce à nos ingénieurs

    Ça suppose des cahiers des charges très rigoureux, avec vos sous-traitants, qui peuvent être la cible d’espionnage industriel ou de cyberattaques, des domaines que vous connaissez bien.

    P.P. : Pour le futur porte-avions, le France Libre, dont nous venons de lancer le programme, qui sera en service en 2038, il nous faut effectivement un cahier des charges très sophistiqué.

    En revanche, pour un drone, l’un de mes centres à Rennes vient de développer un brouilleur en trois mois, sans cahier des charges. Dans tous les cas, on s’efforce de maîtriser la connectivité cyber, car avoir des armes sophistiquées n’a aucun sens si quelqu’un peut en prendre le contrôle à distance.

    Les guerres actuelles montrent qu’un drone à quelques milliers d’euros peut endommager un matériel à plusieurs millions. Ça change la logique : faut-il être agile, rapide, accepter l’échec ? Les études qui durent des années, c’est encore possible ?

    P.P. : Il faut faire les deux. Une frégate, un sous-marin, un avion de chasse, ça prend du temps, ça exige un investissement long terme et c’est pour ça que ça fonctionne.

    « Il faut à la fois penser sur le long terme et s’adapter aux nouveaux logiciels »

    Mais quand on travaille massivement avec du logiciel ou de l’impression 3D, on peut modifier une hélice de drone dans la nuit et la tester le lendemain, on va très vite. Il faut à la fois qu’on pense sur le long terme et qu’on sache s’adapter aux nouveaux logiciels. Pour cela, la transformation qu’on mène est de ne pas faire cela dans des bureaux à Paris, mais sur le terrain, avec les opérationnels, militaires, ingénieurs, techniciens, ouvriers de la DGA et industriels réunis.

    Quand les forces aériennes françaises ont été engagées aux Émirats arabes unis pour protéger nos alliés face à l’Iran, j’ai envoyé des ingénieurs et techniciens de la DGA sur place pour modifier en temps réel les logiciels de nos hélicoptères afin de conduire des opérations anti-drones.

    « Il est plus important de doter les soldats de drones que de fusils » soutient Patrick Pailloux

    L’Allemagne veut consacrer 100 milliards d’euros à son réarmement en cinq ans. Fait-on assez ? Faut-il massifier les fabrications ou sortir le produit au bon moment dans les bonnes quantités ?

    P.P. : C’est exactement cela. Les Ukrainiens vont consommer plusieurs millions de drones cette année, 80 % des blessés et des tués sur le front le sont par des drones. Il est donc plus important de doter les soldats de drones que de fusils.

    Mais si on en fabrique des millions maintenant pour un conflit qui pourrait survenir dans cinq ans, ils seront obsolètes. Ce qu’il faut, c’est maîtriser la technologie et être capable de produire rapidement le moment venu. C’est pourquoi on travaille avec l’industrie automobile, pour avoir des plans, et le jour où on en aura besoin, on pourra en produire massivement. C’est ça le vrai défi.

    Si vous deviez auditer l’échec du projet d’avion de combat européen, quelles conclusions rendriez-vous ?

    P.P. : C’est triste pour l’Europe. J’ai travaillé des jours et des nuits sur ce projet pour essayer de le faire aboutir, on n’a pas réussi.

    La France a les capacités de faire des avions de chasse

    Je pense que l’Allemagne avait la volonté d’être capable de développer seule un avion de chasse, et je peux le comprendre, ils en ont les moyens. Pour la France, ce n’est pas une catastrophe. Un avion de chasse, c’est quoi ? Un avion, un moteur et des capteurs. Le moteur, c’est Safran ; l’avion, c’est Dassault ; les capteurs, c’est Thales. Nous savons faire un avion de chasse et nous saurons faire le suivant. C’est dommage pour l’Europe, mais pas dramatique pour nous.

    Faut-il vraiment s’investir sur les avions de chasse alors que les drones semblent pouvoir ubériser beaucoup de choses ?

    P.P. : C’est une excellente question. La guerre de demain comportera probablement une multitude d’objets, des drones, des bateaux, des avions avec ou sans pilotes. Le vrai défi, c’est de les interconnecter. Ce qu’on voit en Ukraine, c’est que le secret n’est pas d’avoir un seul outil ultra-performant, mais d’en avoir beaucoup, de tailles et de coûts variés, des très gros très chers et des petits consommables, et de les faire communiquer ensemble pour adapter le combat en temps réel, à la situation.

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    Diriger 10 000 personnes dans l’armement, des profils d’excellence, beaucoup de polytechniciens, cela exige des révolutions culturelles pour changer les mentalités et penser hors des sentiers battus. C’est quelque chose qui vous préoccupe ?

    P.P. : Oui, car mon cauchemar serait qu’il arrive à l’armement ce qui est en train d’arriver au spatial, avec des acteurs comme SpaceX.

    Il faut travailler sur le terrain pour s’adapter aux situations

    Notre réponse passe d’abord par le recrutement de jeunes : ce sont eux qui apportent la disruption, pas les gens de mon âge. Mais surtout, il faut être connecté au réel et capable d’innover.

    C’est pourquoi je mise beaucoup sur nos centres et sur notre capacité à travailler de façon intégrée avec les forces armées sur le terrain, de manière créative, puis à fournir le résultat aux industriels pour la production en masse. Sur les grands systèmes, on continue à travailler en ingénierie classique ; sur les petits objets, c’est sur le terrain que ça se passe.

     

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  • Funérailles d’Ali Khamenei : un message politique de l’Iran au monde et aux États-Unis

    Elles ont commencé le 4 juillet et vont s’achever demain, jeudi 9 juillet : les funérailles de l’ancien guide suprême iranien, Ali Khamenei, s’étirent dans la durée. Loin d’être anecdotiques, elles constituent aussi un message multidimensionnel de la République islamique d’Iran adressé au monde et aux États-Unis. 

     

    Ali Khamenei et d’autres hiérarques du régime avaient été tués par des frappes israélo-américaines le 28 février. Si ces obsèques se déroulent maintenant, c’est parce que le protocole d’accord, signé le 17 juin par Téhéran et Washington, autorise de facto qu’elles se tiennent sans redouter des attaques.

    Cela constitue déjà une victoire, donc un signe. L’Iran ne rencontre aucune difficulté à vendre ce texte comme un triomphe politique et stratégique, car c’en est un.

    Le régime tient malgré les événements de ces derniers mois

    Plus de 30 pays sont représentés à ces funérailles, pas tous complètement alliés dans le cadre de l’Axe de la résistance. Chacun a eu droit à une récitation spécifique d’un verset du Coran truffé de messages politiques subliminaux.

    Même si le nouveau guide, Mojtaba Khamenei, fils de l’ancien, demeure caché ou en tout cas absent des funérailles, officiellement pour des raisons de sécurité, le régime tient, que le guide soit mort, en incapacité ou vivant.

    Le régime montre par ces funérailles que la contestation est morte 

    C’est un signalement politique extérieur et intérieur. La présence visible, exceptionnelle, d’Ahmad Vahidi, le chef des gardiens de la révolution, l’un des deux ou trois vrais dirigeants du pays, est un message politique dans la guerre entre factions. Le régime signifie par cette grande manifestation que la contestation est morte et que les 40 000 victimes de la répression de janvier sont définitivement enterrées.

    Comme cela pouvait être attendu, l’inhumation aura lieu à Machhad, dans le nord-est de l’Iran, dans le sanctuaire chiite de l’imam Reza. Il était aussi attendu que la procession s’arrête dans la sainte ville de Qom, haut lieu du chiisme iranien.

    L’itinéraire même est aussi un symbole puisque le cortège passe par l’Irak

    Mais le cortège funéraire passera aussi par les villes saintes de Nadjaf et Kerbala, situées en Irak. L’Iran considère ce pays comme son arrière-cour. Ses milices en sont un facteur majeur de déstabilisation. Si la population irakienne, en raison de l’exil des chrétiens, est à 55 % chiite, cela n’en fait pas des adeptes de Téhéran. La guerre entre les deux pays, qui a fait environ 700 000 morts entre 1980 et 1988, a laissé des traces dans la mémoire.

    Surtout, « l’incursion » du cortège en territoire irakien signale la conception multinationale du chiisme iranien qui n’est rien d’autre qu’une forme d’impérialisme politique et une demande d’allégeance. Pour l’Iran, la fidélité à Téhéran doit l’emporter sur le patriotisme national. Le Hezbollah au Liban et le Jihad islamique en Palestine sont sur cette logique. En somme, cette grande procession est le signe de l’affirmation d’une puissance restaurée.

    Le protocole d’accord est une bénédiction pour les Iraniens

    On ne saurait prétendre que le régime soit relégitimé aux yeux de la population par la guerre menée par Israël et les États-Unis. Le régime espérait dépasser les 10 millions de personnes qui avaient, selon lui, assisté aux obsèques de l’ayatollah Ruhollah Khomeini en 1989, avec 15 millions de personnes à Téhéran. Des incitations fortes ont été émises et les chiffres sont peu contrôlables, et sans signification dans un régime totalitaire.

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    Surtout, et c’est l’argument des réalistes au sein du régime contre ceux qui voulaient aller encore plus loin, le protocole d’accord est une bénédiction : aucune restriction sur le programme des missiles iraniens, engagements finalement vagues sur le nucléaire dont on ne sait s’ils tiendront dans cinq ou dix ans, aucun démantèlement des milices iraniennes, bien sûr aucun obstacle mis à la répression de la population, et surtout levée des sanctions, voire plus encore, possibilité pour l’Iran bientôt de commercialiser son pétrole et son gaz dont il détient les troisième et quatrième réserves mondiales.

    Les dirigeants et cadres du régime, tous corrompus, en bénéficieront personnellement, et surtout, cet argent va servir à renforcer le régime et l’ensemble de ses supplétifs dans la région. Cela valait bien une procession de sept jours.

    Nicolas Tenzer

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  • La Martinique ouvrira son premier conservatoire avant la fin de l’année

    Fin juin, l’Assemblée de Martinique a officiellement adopté la création et le déploiement, à partir du dernier trimestre 2026, d’un conservatoire de Musique, de danse et d’art dramatique sur l’île antillaise. Le pôle central sera implanté à Fort-de-France et s’appuiera sur des écoles partenaires déjà présentes dans plusieurs communes.


    Alors que la plupart des régions françaises métropolitaines et quelques territoires d’Outre-Mer disposent d’un conservatoire de musique, dont la première institution de ce type fut créée en 1795 à Paris dans le quartier Faubourg Poissonnière, les Antilles françaises ne bénéficiaient toujours pas d’infrastructure artistique de ce niveau, même si en Guadeloupe a été développé depuis 2018 un Pôle régional des Arts du spectacle (PRAS).

    Mais heureusement, le 26 juin dernier, le projet de conservatoire public de Musique, de danse et d’art dramatique, porté par la Collectivité Territoriale de Martinique (CTM), a été officiellement approuvé par les élus de l’Assemblée locale. « L’offre pédagogique s’articulera autour de ces trois disciplines et les expressions culturelles martiniquaises et caribéennes occuperont une place centrale dans le projet pédagogique, afin de faire du patrimoine local un socle de transmission, de création et d’excellence », s’est félicité Serge Letchimy, président du Conseil exécutif de la CTM.

    Fabrice di Falco : « De mon vivant, je pourrai dire que j’aurai vu, touché et entendu l’acoustique du conservatoire de la Martinique »

    Selon le CTM, ce projet reposera sur un modèle en réseau. Le pôle central sera implanté à Fort-de-France, dans les anciens bâtiments administratifs du lycée Schœlcher, en réhabilitation depuis 2023, tandis que dans plusieurs autres communes, des écoles partenaires continueront à assurer une offre de proximité devrait commencer ses activités durant le dernier trimestre 2026, avec le lancement des premiers cursus de musique et de théâtre.

    Le cursus danse et le partenariat avec l’Éducation Nationale seront déployés à partir de 2027.

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    Ce nouveau conservatoire est une formidable opportunité pour la Martinique de pouvoir former, encadrer et promouvoir les nombreux talents d’origine antillaise ou de la région qui, jusqu’à maintenant, ont été contraints de suivre des formations de haut niveau en métropole.

    Ce fut le cas notamment de la soprano Marie-Laure Garnier, finaliste du concours Operalia en 2021, et de la mezzo-soprano Axelle Saint-Cirel dont l’interprétation de la Marseillaise a marqué les cérémonies des Jeux Olympiques de 2024 à Paris.

    La Collectivité Territoriale de Martinique acte la création du premier Conservatoire de Martinique

    https://t.co/w7CB2j1uCs

    À ce jour l’enseignement artistique initial est assuré principalement par un réseau d’écoles associatives pic.twitter.com/eo2oRLBqrb

    — Outremers360 (@outremers360) June 28, 2026

    Deux chanteuses également distinguées lors du concours Voix des Outre-mer, la compétition créée par le chanteur lyrique antillais Fabrice di Falco.

    Le contre-ténor martiniquais, qui milite depuis près de vingt ans pour la création d’un conservatoire aux Antilles, a déclaré à Télérama : « Il n’y a que ce genre d’institution qui peut vous permettre d’être reconnu par la France hexagonale. Nous avons fait entrer beaucoup de Martiniquais dans des conservatoires de l’Hexagone (…) L’essentiel, c’est que, de mon vivant, je pourrai dire que j’aurai vu, touché et entendu l’acoustique du conservatoire de la Martinique ».

    Philippe Gault

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  • Pourquoi l’Odyssée d’Homère est-elle encore d’actualité aujourd’hui ?

    La semaine prochaine sort le film L’Odyssée de Christopher Nolan avec Matt Damon. L’Odyssée est partout, aux Rencontres économiques d’Aix, le slogan était « naviguer dans un monde sans repères ». Ce texte d’Homère revient toujours pour évoquer des temps d’incertitude où il faut faire preuve de courage. Pourquoi ce texte est-il toujours aussi actuel ? Pourquoi les qualités d’Ulysse sont-elles encore réclamées aux dirigeants aujourd’hui ? Luc Ferry revient sur ce texte fondateur de la littérature occidentale. 

     

    L’Odyssée est le plus grand texte de toute l’histoire de la philosophie. C’est le premier à répondre à la grande question de la philosophie : qu’est-ce qu’une vie bonne pour les mortels ?

    L’histoire d’Ulysse, c’est l’histoire d’un homme contraint de partir faire la guerre de Troie alors qu’il ne le voulait pas. Il va pendant 20 ans aller de la guerre à la paix, de la haine à l’amour, de l’exil au retour chez lui, où il va retrouver sa femme Pénélope et son fils Télémaque. Il va de la vie mauvaise à la vie bonne. C’est ça, l’Odyssée, et d’ailleurs Odysseus signifie Ulysse en grec.

    Après dix ans de guerre de Troie, il traverse dix ans de voyage épouvantable où il essaye de rentrer chez lui mais n’y arrive pas parce qu’il a crevé l’œil du Cyclope, fils de Poséidon, et Poséidon lui met des obstacles épouvantables.

    Il finit par rentrer chez lui, mais les prétendants ont pris sa place, il doit les tuer. Une fois les prétendants éliminés, il accède enfin à la vie bonne, et cette vie bonne est la première réponse dans toute l’histoire de la philosophie à la question : qu’est-ce qu’une vie bonne pour les mortels ?

    L’Odyssée pose la question à travers la figure d’Ulysse de comment concilier mortalité et vie bonne ?

    Je rappelle qu’il a refusé l’immortalité que lui proposait la magicienne Circé, il veut être mortel, mais il veut quand la vie bonne. Comment concilier mortalité et vie bonne ? C’est un problème génial, et ce sera le problème de toute l’humanité.

    Il y a trois critères pour parvenir à concilier ces deux aspects. Le sage, celui qui accède au bonheur, est d’abord celui qui a vaincu les peurs. Quand on est tétanisé par l’angoisse, on devient égoïste et bête.

    Deuxièmement, le sage est celui qui comprend le carpe diem : il faut se méfier de la nostalgie et de l’espérance, du passé et du futur, il faut être capable d’habiter le présent.

    Le sage respecte l’amor fati, « l’amour du destin »

    Quand Ulysse retrouve Pénélope, elle lui tend un piège pour être sûre que c’est lui parce qu’il a tellement vieilli : elle lui demande d’aller chercher le lit nuptial. Ulysse répond qu’il ne peut pas le déplacer puisqu’il l’a taillé dans un olivier. Elle comprend alors que c’est bien lui. Ils tombent dans le lit ensemble, et il y a cette phrase incroyable : les dieux distendirent enfin le temps.

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    Pour la première fois depuis 20 ans, Ulysse n’est plus dans la nostalgie d’Ithaque et de Pénélope, ni dans l’espérance du retour, il est dans le présent, dans l’amour. Ce que Nietzsche appellera Amor fati : l’amour du présent, l’amour de ce qui est là. Distendre le temps, c’est faire du présent un grain d’éternité, on peut l’habiter.

    Le mortel doit devenir un fragment d’éternité pour atteindre la vie bonne

    Troisième critère : le cosmos étant éternel, créé par les dieux, lorsqu’on s’y ajuste comme un fragment de puzzle au grand tout, on devient soi-même un fragment d’éternité. C’est une doctrine du salut face à la mort.

    On retrouvera ça chez les stoïciens : la mort n’est qu’un passage, on rentre dans la nature, on enrichit la terre et on ne meurt pas vraiment, on devient un fragment du cosmos.

    Ces trois critères forment la première grande réponse à la question de la vie bonne pour les mortels. Tout dans cette Odyssée est construit autour de cette problématique grandiose, qui sera celle de toute la philosophie.

    Luc Ferry

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  • Le cinéma français a bénéficié de la canicule, avec une hausse de 15% de fréquentation au mois de juin

    L’épisode caniculaire du mois de juin n’a pas profité qu’aux fabricants de glaces. Les salles de cinéma, appréciées pour leur climatisation, ont connu une hausse de leur fréquentation, avec plus de 13 millions d’entrées le mois dernier, un record depuis 2024.

     

    Plusieurs films sont sortis début juin, une période généralement peu favorable pour le cinéma. Mais lors de la semaine de canicule du 24 au 30 juin, les salles de cinéma ont enregistré un bond de leur fréquentation.

    Toy Story 5, qui marchait pourtant déjà très bien, a connu une hausse de 6% des fréquentations, le film d’horreur Obsession une hausse de 51%. Il y a eu certes un effet positif de la fête du cinéma lors des derniers jours du mois, mais la canicule a sans doute incité de nombreux spectateurs à faire une pause fraicheur au cinéma.

    Les salles de cinéma ont déjà connu un bon début d’année, avec 90 millions d’entrées

    Il y a donc eu en conséquence un bond de près de 15 % de la fréquentation des salles obscures au mois de juin, avec plus de 13 millions d’entrées selon les chiffres du Centre National du Cinéma. Le deuxième meilleur mois de juin depuis 2013, derrière celui de 2024, qui avait bénéficié de la locomotive Le Comte de Monte-Cristo.

    Juin s’ajoute à un bon début d’année déjà pour le secteur du cinéma, avec plus de 90 millions d’entrées au premier semestre. C’est 15 millions de plus qu’il y a un an, même si la fréquentation reste encore inférieure à celle des années d’avant Covid, lorsque les cinémas accueillaient plus de 105 millions de personnes au premier semestre.

    C’est quand même très encourageant et on verra si cela se vérifiera ce mercredi pour la sortie de Vaiana, la légende du bout du monde, le Disney de l’été ou pour le thriller bien nommé, la Chaleur, qui se déroule dans les Landes, en attendant la star Christopher Nolan avec son très attendu L’Odyssée qui sortira le 15 juillet.

    Le mois de juin a profité surtout au diptyque sur le général de Gaulle 

    Les débuts ont été douloureux pour ce film biographique des années de guerre du héros de la libération. La Bataille de Gaulle : l’Âge de Fer avait en effet mal démarré lors de sa sortie le 3 juin, avec seulement 380.000 entrées la première semaine contre 1 million par exemple pour Toy Story 5. Une déception pour un premier épisode à 38 millions d’euros de budget.

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    Mais le bouche à oreille a fini par payer. La semaine du 24 au 30 juin, il a connu un boom de 71 % avec plus de 400.000 entrées en quelques jours, mieux que lors de sa semaine de sortie. Son producteur Pathé a d’ailleurs fait le pari d’avancer la sortie du deuxième volet pour profiter de la fête du cinéma, et ça a marché. Les deux films pourraient s’approcher chacun des 3 millions de spectateurs en fin de carrière selon un observateur cité par l’AFP.

    Mais malgré De Gaulle, les films français sont repassés derrière les films américains qui ont trusté plus de 47 % des entrées sur six mois contre 42 % pour les films tricolores.

    Pierrick Fay

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  • Marine Le Pen condamnée et candidate : « Jordan Bardella en est la première victime » selon le politologue Jérôme Jaffré

    Condamnée à 3 ans de prison, Marine Le Pen s’est malgré tout déclarée hier soir candidate à l’élection présidentielle et a annoncé se pourvoir en cassation. Jérôme Jaffré, politologue et chercheur associé au CEVIPOF, était l’invité de la matinale Radio Classique ce mercredi. Il explique que Marine Le Pen revient ainsi sur le devant de la scène politique, au détriment de Jordan Bardella, relégué au deuxième rang. 

    Comment interprétez-vous la décision de Madame Le Pen hier sur TF1 ?

    JÉRÔME JAFFRÉ : Je pense qu’il y a une dichotomie intéressante. Le message politique de Marine Le Pen est extrêmement clair, elle est candidate à l’élection présidentielle, et on peut penser qu’elle ne renoncera pas d’ici avril prochain. En revanche, la confusion judiciaire est absolument extrême dans cette affaire.

    Marine Le Pen revient du fond des enfers. Cette candidate cabossée, qui a traversé tant d’épreuves, s’inscrit dans l’histoire des candidats à la présidentielle qui ont réussi à l’emporter autour du thème : « c’est son tour, elle a affronté tant d’épreuves. »

    La Cour d’appel ne veut pas entraver la liberté de l’électeur

    Face à la justice, elle use de tous les artifices pour sortir du problème qu’elle avait annoncé en disant qu’elle ne ferait pas campagne sous bracelet électronique. Elle met en avant le fait que la Cour d’appel elle-même a évoqué la nécessité de ne pas entraver la liberté de l’électeur. Un bras de fer s’installe.

    Je suis frappé par les titres des journaux de province ce matin qui étaient pour la plupart « condamnée mais candidate », et non pas l’inverse. La façon dont on tourne la formule a un sens politique. Toute l’affaire est là : surmontant la condamnation, Marine Le Pen s’installe bel et bien comme candidate.

    Le site internet de campagne a ouvert ce matin et s’intitule « Renaissance ». Ce mot vous paraît adapté à la situation ?

    J.J. : L’humour n’est pas absent : Renaissance, c’est le parti d’Emmanuel Macron. Ce renvoi de balle est intéressant. Ce qui reste fondamental, c’est le bras de fer avec la justice.

    Jérôme Jaffré : « Le RN entretient une confusion autour de la décision pour en limiter la portée auprès des électeurs » 

    Quel est l’intérêt et le risque politique du pourvoi en cassation ?

    J.J. : Le RN joue sur deux axes : le temps et la liberté de l’électeur. Le parti entretient une confusion autour de la décision pour en limiter la portée auprès des électeurs.

    Parce que d’abord le pourvoi en cassation est difficile à refuser pour la Cour, même si les chances d’aboutir sont à peu près nulles, mais il a un effet suspensif sur le port du bracelet.

    Ensuite, le calendrier devient très incertain. La Cour rendra-t-elle un arrêt rapidement, ou les avocats jouant la montre nous amèneront-ils au printemps prochain sans qu’il ait été rendu ? Si Marine Le Pen est élue présidente à ce moment-là, elle est protégée durant la totalité de son mandat.

    « C’est un bras de fer avec la justice » affirme Jérôme Jaffré

    Imaginons enfin que la Cour rende un arrêt début 2027 et rejette le pourvoi : peut-on sérieusement envisager qu’une candidate largement en tête des sondages soit empêchée de faire campagne dans les trois mois précédant le scrutin ? C’est un bras de fer avec la justice, mais celui-ci en annonce d’autres.

    Si elle est élue, le prochain bras de fer l’opposera probablement au Conseil constitutionnel sur l’usage de l’article 11 pour faire des référendums. Il y a un message politique est très fort : on n’arrête pas Marine Le Pen.

    Elle joue aussi de ce qu’elle présente comme une erreur de la justice d’avoir limité à 15 mois la période d’inéligibilité, de l’avoir jugée purgée et d’avoir évoqué la liberté de l’électeur, ce qui lui offre beaucoup trop de souris qui formeront au final un grand trou.

    Cette affaire va-t-elle profiter au Rassemblement national ou à ses adversaires ? Comment les autres candidats vont-ils faire campagne ? Sont-ils un peu déstabilisés par cette annonce ?

    J.J. : Le calcul était que Jordan Bardella serait candidat, et qu’il apparaît fragile, pouvant s’effondrer, ce qui ne facilitait d’ailleurs pas les annonces de report de candidatures, chacun pouvant faire ce calcul.

    « On retrouve une figure classique : le bon roi et le mauvais ministre » explique Jérôme Jaffré

    Jordan Bardella est la première victime de l’affaire d’hier : c’est un retour au binôme, certes proclamé par Marine Le Pen, mais dans une hiérarchie différente d’avant, Bardella se retrouve trois pas derrière.

    On s’achemine vers la figure classique de l’histoire de France : le bon roi et le mauvais ministre. Ici, ce serait la bonne reine et le Premier ministre qui se fait reprendre lorsqu’il avance une idée contestée. Pour les adversaires du RN, la partie n’est pas la même.

    Le bloc central devient spectateur face à la polarisation du débat présidentiel

    Il y a d’abord une polarisation accrue du débat présidentiel : le match RN-LFI s’installe de plus en plus clairement dans le paysage politique. C’est la quatrième candidature consécutive à la fois de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen, deux personnalités rompues à l’exercice, dotées d’un talent politique.

    Entre ces deux blocs, il faut organiser un espace et trouver des thèmes suffisamment forts. C’est donc beaucoup plus difficile pour le bloc central, élargi à LR, de dégager une unité de candidature et de susciter l’envie d’élire un candidat issu de ce camp. Cela les transforme un peu en spectateurs.

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    Les électeurs, dans tout cela ? Les électeurs tiennent-ils rigueur à Marine Le Pen d’avoir été condamnée, voire de faire campagne avec un bracelet électronique si le pourvoi est rejeté ?

    J.J. : Rien ne le garantit. Il faut comprendre que l’opinion générale sur la classe politique et sur les institutions est au plus bas chez les électeurs. Le RN étant un parti anti-système par définition, cette situation lui permet d’épouser le mouvement de contestation.

    « Cette présidentielle est orientée vers la sanction de la classe politique » affirme Jérôme Jaffré

    On aurait pu penser que l’argument « tous pourris » jouerait en faveur de Marine Le Pen, ses électeurs pensant « tous pourris, mais pas elle ». Désormais, ses électeurs vont penser : « tous pourris, elle pas plus que les autres ». On voit le niveau d’abaissement que cela représente.

    Le problème de cette présidentielle qui s’engage, c’est qu’elle est moins orientée vers la confiance et la résolution des problèmes du pays que vers la sanction de la classe politique dans son ensemble.

    Marine Le Pen est celle qui peut continuer d’en profiter, car son mouvement est celui de la sanction. Jean-Luc Mélenchon, de l’autre côté, est le candidat du changement radical de système. Le problème se situe entre ces deux blocs qui, plus que jamais, dominent la vie politique française.

     

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  • Emmanuel Macron en Syrie : vers une normalisation des relations ?

    La date de la visite avait été tenue secrète pour des raisons de sécurité : hier, Emmanuel Macron s’est rendu à Damas pour rencontrer le président syrien par intérim Ahmed al-Charaa, et il y est toujours. Cette rencontre pourrait marquer un début de normalisation des relations entre les deux pays. 

    C’est la suite logique d’un processus engagé par le président français en mai 2025, 5 mois après la révolution syrienne de décembre 2024 qui avait vu le régime criminel d’Assad s’effondrer en 12  jours.

    Emmanuel Macron avait reçu le 7 mai le président intérimaire syrien, qui rencontra ensuite Trump en Arabie saoudite le 14. En mai 2025, les sanctions américaines, puis européennes, contre la Syrie avaient été levées.

    C’est aussi la première visite d’un chef d’État de l’Union européenne en Syrie depuis la chute d’Assad. Le président français avait cependant été précédé par la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen en février 2026 et par le président Zelensky il y a trois mois.

    La Syrie est essentielle pour la France dans l’indépendance du Liban et dans la lutte contre le terrorisme

    Le processus de normalisation des relations est déjà bien engagé. L’ambassade de France en Syrie, fermée en 2011 en raison de la guerre d’Assad contre son peuple, devrait être officiellement rouverte. Par cette visite, Emmanuel Macron va plus loin encore, il montre que la Syrie est d’autant plus essentielle pour la France que celle-ci est engagée pour l’indépendance effective du Liban voisin.

    L’élimination du Hezbollah en Syrie grâce à la chute d’Assad avait constitué un facteur d’espoir. Mais la Syrie est aussi clé dans la lutte contre Daech et d’autres groupes terroristes dont on perçoit la résurgence. L’attentat contre un café de Damas qui a fait 10 morts jeudi dernier en atteste.

    Le président est accompagné d’une série de chefs d’entreprise français.

    Les besoins de reconstruction de la Syrie s’élèvent à plus de 200 milliards d’euros. Les 13 ans de guerre ont coûté au peuple syrien 1 million de morts, essentiellement dus aux forces d’Assad et de ses alliés russe et iranien, sur une population de 22 millions avant la guerre. Il y a aussi eu 12 millions de déplacés, dont 6 millions à l’intérieur du pays, 3,5 millions sont rentrés depuis. Le problème politico-social est immense.

    Il faut donc tout reconstruire : maisons, routes, écoles, hôpitaux, réseaux d’eau et d’électricité, etc. Il faut replanter les cultures qui sont saccagées. Le coût de réhabilitation du patrimoine culturel est aussi immense.

    C’est essentiel pour que les gens puissent travailler, retrouver un revenu décent, les enfants retourner à l’école. Si le chaos persiste, les haines s’accroîtront encore et cela sera du pain bénit pour les groupes terroristes.

    Mais c’est aussi un marché gigantesque pour les entreprises, et la reconstruction est, pour la France, un vecteur d’influence. Encore faut-il que le pays soit sûr pour les investissements.

    Pour autant, la Syrie est encore loin d’être un modèle de transition vers la démocratie.

    Certes, al-Charaa n’a pas seulement abandonné son nom de guerre, al-Joulani, mais aussi ses habits de chef terroriste en 2016. Il a compris aussi que, dans le fief d’Idleb qu’il commandait avant de lancer l’offensive, son mouvement Hayat Tahrir al-Cham (HTS) devait renoncer à une application rigoriste de la Charia et accorder une liberté de culte aux religions autres que musulmanes pour fédérer.

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    Il reste que l’homme n’est pas un libéral démocrate, même s’il a mis en sourdine son discours religieux. Certains de ses partisans se sont livrés à des exactions contre la population alaouite sur la côte syrienne, d’où était issu le clan Assad, et contre la minorité druze à Souweïda, même si al-Charaa les a condamnées.

    Certains témoignages font état d’autres attentats contre des sanctuaires chrétiens et d’autres persécutions. Le processus de justice transitionnelle, sous la houlette de tribunaux indépendants, tarde aussi à se mettre en place dans ce contexte de violence et de vengeance. Il est pourtant indispensable pour que la réconciliation entre les différents groupes et minorités, promise par al-Charaa, demandée par Emmanuel Macron puisse commencer. Sinon, la reconstruction sera bâtie sur du sable.

    Tout doit être reconstruit en Syrie

    Dans ce long processus, l’institution d’une armée régulière puissante et neutre et d’une police respectueuse de la loi, bien formée et impartiale, n’est pas le moindre des défis. Après 54 années de règne sanglant du clan Assad, dont les forces de sécurité avaient été formées par l’ancien criminel nazi Aloïs Brunner, la révolution avait fait naître un espoir immense. Qu’il s’effondre serait de funeste augure.

    Nicolas Tenzer

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    Menaces de Donald Trump, dépenses militaires : Hubert Védrine décrypte les enjeux du Sommet de l’Otan

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  • Menaces de Donald Trump, dépenses militaires : Hubert Védrine décrypte les enjeux du Sommet de l’Otan

    Le sommet de l’OTAN commence aujourd’hui à Ankara, en Turquie, alors que les relations entre Trump et l’Europe sont tendues à cause des questions de dépenses dans la défense. Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires étrangères et diplomate, était au micro de David Abiker ce mardi matin pour décrypter les enjeux de ce sommet. Il insiste sur la nécessité pour l’Union européenne d’atteindre une autonomie stratégique, afin de ne plus être sous la coupe des humeurs du président américain. 

    Comment se passe un sommet de l’OTAN ?

    HUBERT VÉDRINE : Comme tous les sommets : il y a des préparations, des discussions, et à la fin un communiqué. C’est très préparé, même si une partie de la réunion reste dynamique, notamment avec la question de l’imprévisibilité de Trump.

    Les chefs d’État connaissent-ils les dossiers par cœur ?

    H.V. : Non, les chefs d’Etat ne sont pas des techniciens, ce sont des décideurs. La vraie question pour les Européens est de savoir s’il faut enfin se résoudre à augmenter leurs efforts de défense et à se défendre par eux-mêmes, tout en tentant de préserver le lien avec des États-Unis devenus erratiques. C’est la question de fond. Après ça peut se traduire en termes techniques.

    Hubert Védrine affirme que « le sujet central du sommet de l’OTAN est l’avenir »

    Ce qu’on va observer à ce sommet, c’est d’une part la variable Trump, et d’autre part le rôle de la Turquie, qui est dans l’OTAN depuis 1952. Ce n’est pas une nouveauté, mais qui est important pour Erdoğan, qui mène une politique qu’on pourrait qualifier de sous-gaulliste, d’opportuniste. Il maintient des liens étroits avec la Russie et espère jouer un rôle au moment du dénouement sur l’Ukraine.

    Mais ce n’est pas le sujet central de l’OTAN, même si certains vont tenter, en amadouant Trump, comme Macron l’a fait efficacement lors du G7 et à Versailles, d’obtenir un réengagement américain dans la défense de l’Ukraine.

    Le sujet central, c’est l’avenir. Les Européens, qui ont supplié les Américains de les protéger après la Seconde Guerre mondiale, n’ont pas fondamentalement changé de logique, même s’ils sont contraints désormais, du fait de l’incertitude créée par Trump sur l’avenir de l’Alliance, sur la garantie de l’article 5 qui stipule que toute attaque contre un allié doit entraîner une réaction de ses alliés. Ce ne sont pas les Européens qui protègent les États-Unis.

    La France veut davantage d’autonomie stratégique vis-à-vis des États-Unis

    Ce texte a été rédigé à la demande du président Truman, contre la volonté initiale du Sénat américain, pour que l’Amérique protège l’Europe. Et pour la plupart des Américains, ce que les Français ont toujours du mal à comprendre, ils en sont encore là mentalement, même s’ils constatent qu’ils doivent aller un peu dans le sens préconisé par le président Macron depuis des années : davantage d’autonomie stratégique, c’est-à-dire moins de dépendance.

    Les Européens y vont à reculons, parce que ça coûte cher, c’est compliqué, et les électeurs veulent du social, pas du militaire.

    Comment pensent les autres Européens ?

    H.V. : Ils continuent de considérer comme une aubaine extraordinaire d’être protégés par les Américains. Certes, ils ont des besoins en matière de défense, mais 70 % de leurs dépenses de défense sont des achats aux États-Unis, ce qui est très avantageux pour les Américains.

    « Les États-Unis ne veulent pas renoncer à cet énorme marché d’armement en Europe » selon Hubert Védrine

    Il ne faut donc pas prendre au premier degré les menaces de Trump. Il peut vider l’Alliance de son contenu essentiel, retirer des troupes, ne pas déployer certaines armes en Europe, c’est là toute l’inquiétude actuelle. Mais fondamentalement, les États-Unis ne veulent pas renoncer à cet énorme marché d’armement en Europe.

    Quand Trump pousse les Européens à s’armer davantage, ils l’acceptent, en partie pour l’amadouer, parce qu’ils ont peur, mais à condition d’acheter davantage aux États-Unis. Les Français, eux, voudraient mettre en avant une préférence européenne. Mais ça, les Américains n’en veulent pas. C’est un des enjeux du sommet.

    Il y a donc un double problème. Vous avez souligné le problème politique, et il y a aussi un problème technologique puisque quand on a recours à la technologie américaine, s’en extraire est extrêmement difficile.

    H.V. : Oui, mais c’est le résultat de décennies de choix antérieurs. Si on raisonne en termes d’autonomie stratégique progressivement construite, c’est un raisonnement qui s’étend sur 10 ans.

    Les Européens amadouent Trump en dépensant toujours plus dans la défense

    Mais il existe d’autres possibilités. Par exemple, quand le Danemark a pris conscience du danger avec les menaces de Trump sur le Groenland, il est passé d’un système de défense américain à un système [franco-]italien. Ce sont des réponses ponctuelles.

    Mais l’autonomie stratégique, c’est la ligne française, et les Européens n’y ont jamais adhéré. La question de fond pour ce sommet, c’est : va-t-il être dominé par la volonté d’amadouer Trump ?

    Ça marche encore, l’amadouement ?

    H.V. : Ça marche plus que jamais, depuis que les Européens ont peur de Trump. À chaque sommet, ils annoncent qu’ils vont dépenser davantage, sans mentionner la préférence européenne. Il faudra regarder dans le communiqué final s’il y a un élément, même minuscule, sur cette perspective européenne.

    Hubert Védrine : « L’histoire nous offre une nouvelle occasion pour construire un pilier européen » 

    Si le communiqué dit simplement qu’ils ont décidé de dépenser davantage pour la défense, c’est-à-dire en achetant davantage aux États-Unis, ce n’est pas la ligne française. Mais les Européens sont divisés sur ce point.

    Cela signifie-t-il qu’il pourrait y avoir un sommet à deux niveaux : en façade, des effets d’annonce pour satisfaire Trump sur des achats d’armement, et en coulisses, une préparation discrète de l’autonomie stratégique ?

    H.V. : On peut le formuler ainsi, mais cela dépasse le cadre du sommet, c’est la question de fond. Trump est à la Maison Blanche jusqu’en janvier 2029, avec des midterms qui pourraient peut-être changer la donne.

    Certains dirigeants se disent qu’il faut construire une autonomie stratégique sur 5, 10 ou 15 ans, mais que tactiquement, ce n’est pas le moment de l’afficher dans un sommet de l’OTAN. D’autres espèrent que Trump passera et que les choses reviendront comme avant.

    « L’Union européenne n’a pas de compétences en matière de défense » affirme Hubert Védrine

    Les Européens peuvent s’accorder tactiquement pour le calmer, tout en divergeant sur la nature des investissements, la coopération et l’organisation d’un éventuel pilier européen. Il faudra regarder sous le communiqué officiel pour identifier quels pays se rapprochent d’une ligne, qu’on appelle française mais qui ne l’est pas exclusivement. C’est là que se joue l’enjeu, sur le long terme.

    Les Français ont-ils des partenaires qui les comprennent ?

    H.V. : Je pense qu’environ un tiers des dirigeants européens comprennent cette logique. Pourquoi la Pologne a-t-elle fait des annonces aussi ambitieuses sur le développement de son armée, en achetant en Corée, faute d’équivalent européen ? Pourquoi le chancelier allemand vise-t-il à constituer la première armée conventionnelle d’Europe ? Dans la configuration d’avant, cela n’aurait pas été nécessaire. L’Italie se rapproche également de cette ligne.

    L’Allemagne va investir 600 milliards d’investissement dans sa défense

    Mais ce pilier européen concerne aussi l’Angleterre et le Canada, l’Union européenne n’a pas de compétences en matière de défense, quoi qu’en dise Mme von der Leyen. On arrive à 10 pays maximum : Angleterre, France, Allemagne, Pologne, Suède, Italie, et quelques autres.

    L’Allemagne a annoncé la veille du sommet de l’OTAN, hier, 600 milliards d’investissement dans sa défense. Comment interprétez-vous cette annonce ?

    H.V. : Cela répond aux demandes de Trump, et plus largement aux demandes américaines qui existaient déjà avant lui, depuis Obama au moins, sur le partage du fardeau de la défense. Mais la vraie question est : ce budget servira-t-il à acheter américain ou à fabriquer européen ? C’est difficile à dire pour l’instant.

    Il faut regarder si le communiqué contient un mot sur la préférence européenne, concept que le système américain, industriel et technologique, rejette absolument. Voilà toute l’ambiguïté des annonces de hausse des dépenses de défense.

    Est-ce une injonction paradoxale de la part des États-Unis ?

    H.V. : Non, ce n’est pas paradoxal pour eux. Au départ, ils protégeaient l’Europe parce que c’était dans leur intérêt d’empêcher l’Europe de devenir communiste. Avec le temps, l’Europe est devenue un concurrent et ils ont commencé à s’en irriter. Trump, n’ayant aucun surmoi, le dit brutalement.

    Fondamentalement, les Américains ne peuvent pas quitter l’Alliance. Tout le complexe militaro-industriel, désormais aussi technologique, veut conserver les marchés européens. Il peut la vider de son contenu, retirer des troupes, mais pas la démanteler.

    Les dirigeants européens sont divisés sur la possible autonomie stratégique de leur continent

    C’est donc aux Européens de jouer habilement, sans provocation inutile, pour avancer vers un peu de préférence européenne, quitte à signer des communiqués lénifiants. Et cela renvoie à notre capacité industrielle à produire ensemble, ce qui n’est pas évident compte tenu des rivalités permanentes au sein du pilier européen.

    C’est un long chemin, mais un sommet est un moment qu’on peut utiliser ou laisser passer, c’est une question purement tactique.

    Le Royaume-Uni est-il définitivement moins aligné sur la politique américaine qu’autrefois ?

    H.V. : Les Britanniques sont contraints en matière nucléaire, ils n’ont pas d’autonomie véritable dans ce domaine, contrairement à la France. Mais même les Anglais, malgré leur démagogie habituelle et l’affection de Trump pour ses golfs britanniques, voient bien que la garantie n’est plus automatique, que la relation spéciale n’est plus ce qu’elle était.

    Donc les Anglais sont, jusqu’à un certain point, disponibles pour une progression vers davantage d’autonomie européenne, à condition de ne pas trop le dire et de le gérer à l’anglaise. Je ne les mettrais pas à l’extérieur du mouvement.

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    À quoi ressemblerait l’OTAN dans un format où l’autonomie stratégique européenne serait plus affirmée ?

    H.V. : Le traité en tant que tel va continuer, même Trump ne veut pas le démolir, et les démocrates ont fait voter des textes exigeant les deux tiers du Congrès pour l’annuler. Il peut le vider de son contenu, mais pas l’abroger.

    « Il faut distinguer le traité de l’organisation » rappelle Hubert Védrine

    Il faut bien distinguer le traité de l’organisation : l’OTAN en tant qu’organisation est venue après le traité. Si les Européens avaient voulu faire de l’Europe une puissance, ils auraient pu, comme le général de Gaulle, rester dans l’Alliance tout en sortant de l’organisation et en construisant quelque chose entre eux.

    Ça n’a pas eu lieu, mais l’histoire nous représente aujourd’hui cette même option. Il pourrait donc y avoir, au sein de l’organisation, un pilier européen et canadien, progressivement et prudemment construit.

    Avec un commandement autonome ?

    H.V. : C’est la question suivante. À supposer qu’on dégage les moyens nécessaires, notamment en corrigeant notre endettement, quel état-major ? Aujourd’hui, c’est un général américain qui commande, c’est l’arrangement du début qui nous dispense d’avoir à choisir entre un Français, un Allemand et un Polonais. Il faudra se mettre d’accord sur un état-major tournant ?

    Et viendra ensuite une question encore plus complexe : qui donnerait l’ordre d’abattre tel avion ennemi ? C’est un long chemin, qui se raisonne sur 5, 10, 15 ans. Mais c’est la question qui est devant nous. On va voir tout de suite si les Européens vont escamoter ou utiliser le rendez-vous turc pour avancer. Préférence européenne ou pas, c’est ça l’enjeu.

     

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  • La bonne fortune du vieux violoniste des rues de Calcutta

    Depuis des dizaines d’années, un vieux monsieur joue de son violon délabré dans les rues de Calcutta (Inde) pour à peine l’équivalent d’un euro par jour. La diffusion sur les réseaux sociaux, par une influenceuse, d’une vidéo a permis de collecter de quoi lui permettre de sortir de la misère et d’acquérir un violon en bon état.

    C’est la belle histoire de ce début d’été. Celle de Bhagwan Mallick, un vieux monsieur de 80 ans à la santé fragile et à la vue défaillante, qui ne survit dans les rues de Calcutta depuis des dizaines d’années qu’avec les 100 roupies (environ 1 euro) qu’il parvient à obtenir chaque jour en jouant du violon. Une vie de misère pour tenter de survivre et de subvenir aux besoins de sa famille qui a ému une influenceuse indienne, Aradhana Chatterjee.

    En début d’année, la jeune femme a tourné et mis en ligne une vidéo dans laquelle elle raconte la précarité du quotidien du vieux musicien jouant dans les rues de la mégalopole du Bengale-Occidental, sa femme à ses côtés, sur un vieux violon de 40 ans quasiment hors d’usage. On y apprend que Bhagwan Mallick avait perdu ses parents très jeune et que le violon, auquel l’avait initié son père avant sa disparition précoce, était devenu son unique outil de travail et sa seule chance de survie.

    Un riche donateur de Bombay décrit Bhagwan Mallick comme « la dignité et la grâce incarnées »

    Devenue virale sur les réseaux sociaux, la vidéo d’Aradhana Chatterjee a ému de nombreux Indiens et déclenché un mouvement de solidarité qui a permis de récolter déjà plus de 100.000 roupies, l’équivalent de 1000 euros. Une somme qui peut paraître dérisoire pour nous mais qui a permis à Bhagwan Mallick de sortir de la précarité et même d’acquérir un violon en bon état.

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    Parmi les nombreux donateurs, un riche industriel, Anand Mahindra, président d’un grand conglomérat de Bombay, particulièrement touché par l’histoire du vieil homme. L’homme d’affaire a mobilisé plusieurs employés de son groupe pour retrouver et localiser Bhagwan Mallick afin de lui remettre la somme dont il lui a fait don. Par ce geste, Anand Mahindra qui décrit Bhagwan Mallick comme « la dignité et la grâce incarnées », espère que d’autres membres de la communauté lui rendront visite et l’écouteront simplement car, selon lui : « s’il y a une chose que les artistes désirent plus que tout, c’est un public ».

    I’d like to contribute, along with many others, who I know will be moved by his passion…

    The video didn’t seem to provide details of how & where. https://t.co/hAkvZDbWev

    — anand mahindra (@anandmahindra) June 24, 2026

    De son côté, l’influenceuse Aradhana Chatterjee a lancé un appel aux cafés, aux organisateurs d’événements et aux gérants de salles de spectacle locales pour qu’ils pensent à inviter Bhagwan Mallick à se produire car, selon elle, « même quelques représentations rémunérées pourraient véritablement changer sa vie ».

    Philippe Gault

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