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Très affecté par le double-séisme qui a touché le nord du Venezuela mercredi 24 juin et dont le bilan humain provisoire dépasse déjà les 1700 morts, Gustavo Dudamel a décidé d’annuler une série de concerts. Il renonce à la tournée de l’Orchestre symphonique national des jeunes du Venezuela qu’il devait diriger début juillet en Espagne et en France à la Fondation Louis Vuitton. Le chef vénézuélien a aussi lancé un appel pour centraliser l’aide aux victimes.
Le mercredi 24 juin, le littoral nord du Venezuela était touché par deux puissants séismes de magnitudes 7,2 et 7,5, suivis d’une trentaine de répliques dont une encore ce lundi. Le bilan humain provisoire fait état de 1719 morts mais le chiffre de 50.000 disparus est évoqué par les Nations Unies.
De Caracas à La Guaira, les dégâts sont considérables. Le nombre de bâtiments touchés ou effondrés s’élève à 774, dont 189 ayant subi un effondrement total, selon le président du Parlement.
Une catastrophe qui a particulièrement ému Gustavo Dudamel. Dans un message vidéo, le chef d’orchestre vénézuélien a déclaré : « Mon cher Venezuela, je suis profondément attristé par cette terrible tragédie qui a frappé notre pays. Mes pensées vous accompagnent, mes frères et sœurs vénézuéliens (…) Il y a des moments où les mots ne suffisent pas, c’est pourquoi je travaille à un plan d’urgence de soutien et de solidarité international ».
À cet effet, le maestro s’est associé au Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) pour centraliser l’aide et les dons internationaux destinés aux victimes.
Dans son message, Gustavo Dudamel annonce également l’annulation des concerts qu’il devait diriger à la tête de l’Orchestre symphonique national des jeunes du Venezuela début juillet en Europe. La formation, issue du programme El Sistema, que le chef vénézuélien dirige depuis 1999, devait se produire en Espagne à Saragosse (6 juillet), Barcelone (7 juillet), Madrid (8 juillet), Alicante (10 juillet) et Valence (11 juillet).
Cette décision concerne également le concert que l’orchestre vénézuélien devait donner le jeudi 9 juillet à la Fondation Louis Vuitton dans le cadre de l’hommage que rend l’institution parisienne à l’architecte Frank Gehry disparu en décembre 2025. Gustavo Dudamel devait y diriger sa formation dans la Symphonie n° 5 de Ludwig van Beethoven et son Concerto n° 4 pour piano que devait interpréter Alexandre Kantorow.
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Dans un message publié sur le site de la Fondation Louis Vuitton, Gustavo Dudamel exprime sa déception de ne pas pouvoir « célébrer la vie de notre ami, Frank Gehry (…) mais nos efforts et ceux de toute la famille El Sistema sont entièrement axés sur le soutien aux personnes les plus touchées (au Venezuela, ndlr) ».
Mi amada Venezuela, no hay palabras. Mi corazón contigo siempre
— Rafael Payare (@rafaelpayare) June 26, 2026
Également très affecté par le drame que subit son pays, le chef d’orchestre Rafael Payare, directeur musical de l’Orchestre Symphonique de Montréal et de celui de San Diego, a écrit sur les réseaux sociaux : « Mon cher Venezuela, les mots me manquent . Mon cœur est toujours avec toi ». Sa jeune consœur Glass Marcano a publié sur son compte Instagram des témoignages de sauveteurs et de proches de victimes des séismes.
Une publication partagée par Glass Marcano (@glassmarcanoo)
Philippe Gault
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A l’occasion de la publication de son nouvel album, Justin Taylor sera, ce lundi 29 juin à 20h, l’invité du journal du classique.
Si le clavecin a connu ses heures de gloire à l’époque baroque avant d’être écarté par le piano, il a su revenir sur les devants de la scène au début du XXème siècle. C’est ainsi que, sous l’impulsion notamment de Wanda Landowska, des compositeurs tels Manuel de Falla et Francis Poulenc lui ont dédié de grandes œuvres concertantes. C’est ce répertoire moderne que le claveciniste Justin Taylor a choisi de mette à l’honneur dans son nouvel album paru chez Alpha. Un programme, enregistré avec l’orchestre national de Lille et Chloé Dufresne incluant également des pièces de Bartok, Gorecki, Martinu mais aussi une création de Stéphane Gassot et même un ragtime Scott Joplin.
Justin Taylor nous éclairera ce soir sur ce programme enregistré sur un modèle hybride de clavecin, correspondant à ceux qui étaient joués en France à l’époque de Wanda Landowska. L’occasion pour le musicien de témoigner, une nouvelle fois, de sa versatilité, lui qui s’était révélé également être un interprète inspiré de Chopin.
Laure Mézan
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« La Source vive », le nouvel écrin d’Evian : Le récit de sa conception par l’architecte Philippe Chiambaretta
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La Source Vive vient d’accueillir son concert inaugural ce mercredi 24 juin, sous les airs de Brahms. Cette nouvelle salle de concert conçue pour la musique de chambre a été réalisée dans le cadre pittoresque du lac Léman, qui a inspiré son architecte Philippe Chiambaretta. Invité de la matinale de Radio Classique, il revient sur le processus de construction de cet écrin ainsi que sur les enjeux actuels tels que la canicule.
Quelle est l’idée directrice de votre travail sur ce bâtiment ?
PHILIPPE CHIAMBARETTA : En architecture, il faut rappeler le programme et le contexte, ce sont les deux éléments qui précèdent l’idée. Le programme, c’était la demande d’Aline Foriel-Destezet, une grande mécène française très engagée dans le soutien à la musique, qui avait décidé il y a cinq ou six ans de financer la création d’une nouvelle salle destinée à la musique de chambre.
Elle a donc ensuite cherché différentes villes et elle est tombée sous le charme d’Évian, qui abritait déjà une très belle salle connue, La Grange au Lac, conçue par Patrick Bouchain pour Rostropovitch, aux débuts du festival d’Évian. C’est sur les Mélèzes, un site sublime qui est un petit bois au bord du lac Léman. On y a donc ajouté une deuxième salle, plus petite, pour créer un ensemble musical avec la salle philharmonique de 1 000 places.
Patrick Bouchain, qui a aujourd’hui 80 ans, m’a proposé de réaliser ce projet avec lui. Il travaille de façon très empirique, mais il souhaitait ici s’appuyer sur une approche plus structurée et technologique.
L’idée première est née d’une visite dans ce bois. Nous avions décidé de ne couper aucun des arbres, qui étaient présents depuis une centaine d’années. En arpentant le site, nous avons trouvé une clairière circulaire, non loin de la salle existante, qui n’avait aucun arbre à l’exception d’un arbre mort. Nous nous sommes dit que nous avions trouvé le plan de la salle.
Ensuite, nous nous sommes associés à un troisième complice, un grand acousticien, Albert Xu. Il a participé aux plus grandes salles du XXe siècle. Il est malheureusement décédé au début du chantier, mais il nous a tout de même guidés lors de la conception.
C’est lui qui nous a enseigné qu’au-delà de la surface, en musique, il y a le volume, avec une règle de base : il doit y avoir environ 10 à 11 m3 par spectateur. Nous avions 500 places à installer dans cette clairière. C’est ainsi que le volume est apparu entre les arbres. Nous l’avons travaillé à la main, avec des maquettes en argile d’un côté, des modélisations 3D de l’autre, et petit à petit, cette forme est née.
Cela signifie qu’il faut de la place, une grande hauteur sous plafond, puisqu’on ne peut pas créer le vide autour du spectateur.
P.C. : Absolument. C’est ce qui donne cette forme de conque, qui est presque une voûte d’église. Ce qui est assez magique et propre à cette salle, c’est qu’elle est à côté de La Grange au Lac, nous avons créé un foyer à l’intersection entre les deux, et qu’elle a été posée dans la pente, au-dessus de la source d’Évian.
Nous avons voulu enfoncer légèrement le volume dans la terre, sans aller trop profond pour ne pas altérer la pureté de l’eau. On pénètre dans la salle par un tunnel depuis le foyer : on passe sous terre, on traverse une galerie obscure, puis on entre dans la salle qui est une grande voûte blanche, très lumineuse.
On ne s’y attend pas, car de l’extérieur, le volume est quasiment invisible au milieu des arbres. C’est une vraie surprise, on entre dans une autre dimension. Et la salle est coiffée d’un oculus qui laisse entrer la lumière naturelle, comme au Panthéon de Rome. C’est assez rare.
Vous avez choisi des sièges en cuir. À quoi cela sert-il ?
P.C. : Nous ne voulions pas de sièges en mousse, c’est un matériau artificiel, souvent peu agréable. Nous avions envie de matériaux bruts et naturels : le sol est en hêtre, le plafond en plâtre, comme dans une église.
Pour les fauteuils, nous voulions quelque chose de naturel. Nous avons opté pour du cuir, mais un cuir pas nécessairement luxueux : ce sont des cuirs de deuxième ou troisième choix dans l’industrie de la tannerie en Italie, sélectionnés pour leurs couleurs. C’est ce qui donne à la salle sa palette variée.
L’architecte que vous êtes a-t-il dû faire des sacrifices par rapport au projet initial, ou avez-vous été totalement libre ?
P.C. : Ça a été un bonheur absolu, et c’est suffisamment rare dans notre profession pour être souligné. Ce projet a coulé de source, sans jeu de mots. La Source Vive évoque d’ailleurs ce contexte de proximité de la source d’Évian. Nous avons eu une chance formidable avec la richesse culturelle et la générosité d’une mécène qui ne faisait pas cela pour elle-même, mais dans une logique de transmission, de legs.
Quelles ont été les réactions des premiers musiciens qui ont joué dans cette salle ?
P.C. : Ce qui était extraordinaire et rarissime dans ce projet, c’est que nous avions dès le début le maître d’usage de la salle, c’est-à-dire son utilisateur. En l’occurrence, des musiciens, c’était Renaud Capuçon qui était le deuxième conseiller d’Aline Foriel-Destezet. Il nous a donné d’emblée une orientation très claire, il voulait un son chaleureux et soyeux.
Le thème du projet était l’architecture comme instrument, donc nous avons travaillé avec les acousticiens pour régler la salle comme un instrument. On a progressivement tendu vers la qualité acoustique, et nous avons pu la tester, avec Renaud Capuçon et Yo-Yo Ma notamment, lors du concert d’ouverture avec Brahms. Ils nous ont parlé de la puissance, de la chaleur, de la clarté de la salle, qui sont des mots inhabituels en architecture mais très naturels en musique.
La fraîcheur s’est imposée dans le débat public sur la climatisation des bâtiments en pleine canicule. Comment avez-vous perçu cette passion soudaine, sachant que vous travaillez sur ces questions depuis des décennies ?
P.C. : C’est l’effet de l’actualité : soudain, tout le monde regarde un sujet qui est notre quotidien d’architecte depuis longtemps. Nous avons créé le centre de recherche Stream et nous creusons ces sujets depuis une vingtaine d’années déjà.
Il y a un terme qui résume tout cela : l’urbanocène. L’urbanocène, c’est une nouvelle ère géologique dans laquelle l’humain est dans la ville et a un effet majeur sur l’équilibre de la planète. L’humanité habite majoritairement en ville depuis 2008 environ. Les villes n’occupent que 2 à 3 % de la surface de la Terre, mais elles sont responsables de près de 80 % des impacts environnementaux.
Les conséquences sont bien connues : dérèglement climatique, orages, incendies, et impact sur la biodiversité, tout est lié. La vague de chaleur actuelle aura ainsi des effets dévastateurs sur les populations animales.
La ville est un organisme vivant complexe : tout dépend de la nature des sols, de la densité, de l’énergie utilisée, du recours à la climatisation, de la présence de véhicules thermiques.
C’est faisable de rafraîchir la ville, de planter des arbres, créer des puits de verdure, végétaliser les façades ?
P.C. : C’est complexe parce que c’est un ensemble de facteurs très difficiles à isoler. La climatisation, qui est au cœur des débats, est une pompe à chaleur : on retire la chaleur d’un côté pour la rejeter de l’autre. Il fait plus frais dedans, mais plus chaud dehors.
En cumulant tous ces systèmes, on augmente la température extérieure, ce qui conduit à climatiser davantage. C’est un cercle vicieux. Dans l’urgence, il faudra bien climatiser certains bâtiments sensibles, écoles, hôpitaux, c’est une nécessité.
Mais il faut traiter le mal à la racine. Cela passe par l’architecture, par la végétalisation des villes pour créer des îlots de fraîcheur, et par la désimperméabilisation des sols pour que la terre joue son rôle naturel. C’est toute une mécanique naturelle.
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La question des normes revient régulièrement : trop de normes, trop de règlements. Vous empêchent-elles d’avancer ? Il y a quelques années, Guillaume Poitrinal, qui était patron de Unibail, avait rendu un rapport expliquant qu’on perdait des points de croissance à cause d’un excès de normes de construction.
P.C. : On voit bien que Guillaume Poitrinal a eu du mal à faire bouger les lignes, c’est très compliqué. Je ne dirais pas seulement qu’il faut moins de normes, même si c’est parfois nécessaire.
Je dirais surtout qu’il faut de meilleures normes. Elles peuvent être utiles pour contraindre à aller dans une bonne direction. Il faut aujourd’hui orienter la construction vers une ville plus fraîche et plus durable, ça ne se fera pas spontanément. Mais trop souvent, les normes sont mal conçues par ceux qui les produisent.
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Le premier prix du festival du film d’animation d’Annecy 2026 a été attribué au long métrage hispano-singapourien La Violoniste, réalisé par Raúl García et Ervin Han. Le film raconte l’histoire de deux jeunes prodiges du violon dont l’amitié et la passion commune pour la musique sont bouleversées par l’occupation de Singapour pendant la Seconde Guerre mondiale.
Créé en 1960, le festival du film d’animation qui vient de s’achever est considéré comme le plus grand rendez-vous international du genre. À l’issue de cette 50e édition de l’événement, à laquelle étaient accrédités plus de 3000 professionnels venus du monde entier, le premier prix – Cristal du long métrage – a été attribué au film The Violinist (La Violoniste) qui a également reçu le Prix Sacem pour une musique originale dans la catégorie « longs métrages ».
Le film, raconte comment une jeune journaliste espagnole, à la recherche de l’origine d’un violon ancien, découvre les destins croisés de Kai et Fei, deux jeunes amis violonistes dont les rêves sont brisés en 1941 par l’invasion japonaise de la Malaisie pendant la Seconde Guerre mondiale.
Kai rejoint alors la résistance et disparaît après la guerre. Fei passe les vingt années suivantes à le rechercher tout en se consacrant à sa carrière de soliste.
C’est la première fois qu’un film d’animation co-réalisé par un réalisateur espagnol remporte un prix au festival d’Annecy.
Une consécration pour le vétéran Raúl García qui fut le premier spécialiste de l’animation espagnol (et européen) à intégrer, au début des années 1990, les prestigieux studios d’animation Walt Disney avec lesquels il a notamment travaillé sur d’immenses succès tels que La Belle et la Bête, Aladdin, Le Roi Lion, Le Bossu de Notre-Dame, Hercule ou Pocahontas, avant de réaliser ses propres films d’animation.
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Le projet du film La Violoniste est né de sa rencontre il y a 10 ans avec Ervin Han. Un processus long notamment parce que certaines séquences ont été très compliquées à finaliser, notamment celles où les personnages jouent du violon qui, ont nécessité plus de 18 mois de travail.
« Aucun de nos animateurs ne joue du violon. Ils ont donc dû s’habituer à la façon dont un violoniste tient l’instrument, l’archet et aux mouvements des doigts. Je ne sais pas si l’équipe a envie de revoir un violon de sa vie », confie avec humour le réalisateur singapourien, interrogé par le site spécialisé animationmagazine.net.
La Violoniste était en compétition avec 10 autres longs-métrages, parmi lesquels Carmen, l’oiseau rebelle, déjà présenté à la Quinzaine des Cinéastes au Festival de Cannes en mai dernier. Le film d’animation du réalisateur français Sébastien Laudenbach, librement inspiré de l’œuvre de Georges Bizet, raconte les aventures d’une bande de gamins de Séville prêts à affronter tous les dangers pour éloigner la menace qui plane sur Carmen, jeune femme libre et flamboyante, à laquelle la chanteuse et comédienne Camélia Jordana prête sa voix
Philippe Gault
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Ces mots sont issus des fameuses dictées de Bernard Pivot, co-écrites avec Micheline Sommant. Ces termes glissés malicieusement dans les dictées des Dicos d’Or pour faire trébucher les meilleurs candidats peuvent en réalité être employés plus facilement qu’on ne le croit. Et c’est en employant les mots qu’on les fait vivre.
Coquemar a figuré dans plusieurs dictées. Tout le monde possède un coquemar sans le savoir. Il s’agit d’une bouilloire à long manche, souvent en fonte ou en cuivre, que l’on pose directement sur le feu. Le mot vient du néerlandais kukmar, signifiant « la jarre qui cuit ». Votre bouilloire électrique posée sur le plan de travail est donc un coquemar, votre cafetière italienne aussi.
Pourquoi Bernard Pivot aimait-il tant ce mot ? Pour les hésitations qu’il provoquait au moment de l’écrire : faut-il un e ou un d à la fin ? La réponse : rien du tout !
La scorsonère est un légume-racine à la peau noire et à la chair blanche, cousin du salsifis. On la trouve encore sur les marchés de producteurs et dans les paniers de légumes bio.
Le mot vient de l’espagnol scorzonera, lui-même issu de l’ancien catalan escorzo, « la vipère », car on croyait au XVIͤ siècle que cette plante guérissait les morsures de serpents. De quoi avoir envie de remettre au menu cet antidote médiéval.
Bernard Pivot l’avait placé dans sa dictée de la finale de 1986, et c’est l’un des mots que je trouve absolument magnifiques. Il désigne un meuble, un secrétaire féminin du XVIIIͤ siècle, à tiroirs et casiers, sur lequel les femmes écrivaient leur courrier, et leurs lettres d’amour en particulier, qui représentaient leur bonheur du jour.
Ces meubles font d’ailleurs un retour remarqué dans les intérieurs contemporains : les décorateurs les adorent.
L’astragale est à la fois un os du pied, situé entre le talon et le tibia, et une moulure architecturale. En anatomie, c’est l’os qui permet la rotation de la cheville : les sportifs le connaissent bien, hélas, lorsqu’ils se le fracturent.
En architecture, il désigne une moulure en forme de petit tore, c’est-à-dire une moulure en demi-cylindre qui orne les colonnes.
Le havresac, quant à lui, vient de l’allemand Habersack, littéralement « le sac à avoine » : celui que les soldats portaient sur le dos pour nourrir leur cheval.
Karine Dijoud
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Le Conseil d’administration des Chorégies d’Orange a nommé Bruno Messina, 55 ans, au poste de directeur, succédant à Jean-Louis Grinda. Il prendra ses fonctions à partir de septembre.
Depuis décembre dernier, on savait que l’édition 2026 des Chorégies d’Orange serait la dernière dirigée par Jean-Louis Grinda, à la tête depuis 10 ans du plus ancien festival français qui se déroule du 19 juin au 18 juillet et dont Radio Classique est le partenaire. Il aura donc fallu six mois à un jury réunissant l’ensemble des partenaires publics de l’événement (Région Sud, État, Département de Vaucluse et Ville d’Orange) pour lui trouver un successeur.
Et c’est à l’unanimité que la décision a été prise de nommer Bruno Messina au poste de directeur du festival provençal. Pour Richard Galy, président de la SPL Chorégies d’Orange « son parcours, la solidité de son expérience de direction, sa connaissance des institutions artistiques et culturelles, sa capacité à fédérer les artistes, les partenaires et les publics constituent des atouts majeurs pour poursuivre le développement des Chorégies ».
Il est vrai que le parcours professionnel de Bruno Messina depuis près de 35 ans offre toutes les garanties en matière de compétences et d’expérience que recherchait le Conseil d’administration des Chorégies d’Orange pour assurer la continuité du management d’excellence qui caractérise le festival.
Né à Nice en 1971, Bruno Messina s’est construit un parcours singulier dans le monde de la musique et du spectacle vivant marqué par une attention particulière à la transmission et à la démocratisation culturelle.
Formé au Conservatoire de Nice puis à celui de Paris (CNSMDP), où il étudia la trompette et le jazz, tout en suivant des études supérieures en ethnomusicologie, sciences historiques et philologiques, c’est à partir du début des années 2000 que Bruno Messina est appelé à prendre la direction d’institutions et d’événement culturels.
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On le retrouve ainsi notamment à la tête de la Maison de la Musique de Nanterre (92), de l’établissement public Arts en Isère Dauphiné Alpes (AIDA), au sein duquel il assure la direction générale et artistique du Festival Berlioz à La Côte-Saint-André, lauréat du Trophée Radio Classique en 2022, et du Festival Messiaen au pays de la Meije. Il a également assuré la direction artistique du Festival de Fès (Maroc) des musiques sacrées du monde.
Parallèlement à ses activités de direction artistique, Bruno Messina a enseigné l’ethnomusicologie au CNSMDP, puis l’histoire de la musique, des arts et des civilisations au conservatoire de Lyon. Expert auprès du ministère de la Culture, de la Fondation de France et de nombreuses institutions, iI a été notamment en 2019 commissaire des célébrations nationales du 150ᵉ anniversaire de la disparition d’Hector Berlioz. Également écrivain, il est l’auteur de plusieurs ouvrages publiés chez Actes Sud.
Philippe Gault
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Lorsque Marcel Pagnol tourne son film La Fille du puisatier en juin 1940, il est installé dans ses propres studios à Marseille. Le cinéaste a voulu que, quoi qu’il arrive, le tournage continue.
Ecoutez l’épisode des Grands dossiers de l’Histoire en intégralité :
Nous sommes le 21 juin 1940, à Marseille. Cela fait quatre jours que Pétain a appelé à l’armistice. L’armée française est en plein recul face à la progression des troupes allemandes, et Marseille se trouve évidemment loin des différents fronts. Mais de nombreux Français, partis sur les routes de l’exode, se sont massés autour du Vieux-Port.
Depuis quelques jours, la guerre s’est aussi beaucoup rapprochée de Marseille : Mussolini a déclaré la guerre à la France. En ce crépuscule du 21 juin 1940, dix bombardiers italiens surgissent des Alpes pour bombarder la cité phocéenne.
Au même moment, à quelques centaines de mètres de là, sur un plateau de cinéma, Marcel Pagnol est en train de tourner son nouveau film, La Fille du puisatier, dans ses propres studios.
Il y a bien entendu l’incontournable Raimu, et Josette Day, la grande star de l’époque, qui se trouve être la nouvelle compagne du réalisateur. Enfin il y a Fernandel, qui doit rentrer chaque soir à la caserne parce qu’il est mobilisé.
Lorsque l’aviation italienne approche du centre-ville, la DCA se met en action. On essaie d’abattre les bombardiers. Dans la bande-son originale, au beau milieu d’une réplique de Fernandel, on entend deux coups de canon de DCA. Une vraie curiosité cinématographique.
Le lendemain, néanmoins, devant l’ampleur des dégâts, Pagnol décide d’arrêter le tournage. Il faut fermer les studios, et il ne le fait pas de gaieté de cœur, c’est le moins qu’on puisse dire. Jusqu’alors, il avait tout fait pour continuer, notamment parce que La Fille du puisatier avait une dimension qu’on peut qualifier de patriotique.
Le film raconte l’histoire de Patricia Amoretti, fille d’un puisatier, qui cède aux charmes d’un jeune aviateur, Jacques Mazel, quelques jours avant la mobilisation générale. Elle se retrouve enceinte, délaissée par son père et par la famille Mazel. Elle se retire chez sa tante, où elle apprend la mort du jeune aviateur. Les deux familles finiront par se réconcilier, et à la fin de la guerre, Jacques revient sain et sauf pour épouser Patricia. Le gouvernement français avait largement encouragé Pagnol dans ce tournage qui, en quelque sorte, attisait les ardeurs patriotiques. Mais la capitulation modifie tout.
En 1940, Pagnol est déjà une très grande personnalité du cinéma français, et du théâtre aussi. Il a donné Topaze, Marius, Fanny… Sur grand écran, il a littéralement modifié la vision qu’on avait du théâtre filmé. Il a adapté un certain nombre de ses pièces, mais il a aussi écrit des scénarios originaux, comme Merlusse, Le Schpountz ou La Femme du boulanger en 1938, film absolument extraordinaire. Et deux ans plus tard, La Fille du puisatier, qui évoque à nouveau cette Provence inséparable de l’œuvre de Pagnol. Sauf que l’histoire a rattrapé notre cinéaste, qui doit pour le moment cesser son activité.
La France est désormais coupée en deux : au nord et sur toute la façade ouest, se trouve la zone occupée ; au sud-est, la zone libre. En zone occupée, toutes les compagnies de cinéma ont été saisies, et les Allemands ont créé une société de production à capitaux allemands, la fameuse Continental. Il n’y a plus de cinéma français indépendant en zone occupée.
En zone libre, c’est différent. Pagnol peut travailler officiellement, sans subir la censure allemande. Il comprend que c’est une chance et décide très vite de rouvrir les studios et de relancer le tournage de La Fille du puisatier. Il retire quand même quelques scènes trop patriotiques, qui ne seraient pas acceptées en zone occupée.
Il y a aussi la pression de Vichy. Le nouveau gouvernement du maréchal Pétain, installé dans cette ville devenue la capitale de la zone libre, veut que les films qui sortent — même en zone libre — soient conformes aux idées du régime : Travail, Famille, Patrie. Pagnol ne modifie pas le scénario pour autant. Il se contente d’ajouter l’appel de Pétain à la capitulation : à l’écran, les figurants écoutent en pleurs autour d’un poste de radio. À la Libération, cette scène sera remplacée par un discours du général de Gaulle, ce qui la rendra complètement incompréhensible !
Vichy n’apprécie pas l’ajout de la scène avec l’appel du maréchal et ses acteurs en pleurs, mais le gouvernement décide néanmoins d’accepter la diffusion du film.
La Fille du puisatier sort à la fin de l’année 1940 et c’est un véritable triomphe. On se presse dans les cinémas pour suivre cette histoire des deux familles, cette sorte de Roméo et Juliette provençal et moderne, les Amoretti et les Mazel.
Marcel Pagnol écrit dans ses mémoires :
« Le film eut un très grand succès en zone libre. À Paris, où le succès fut encore plus vif, la censure allemande n’avait rien dit. Mais trois mois après la première, dans la semaine de Noël, au moment où trente copies allaient partir dans les grandes salles du quartier, un ordre arriva de la Kommandantur : le film était interdit. »
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Pourquoi les Allemands interdisent-ils au dernier moment la diffusion en zone occupée ? Parce que Patricia Amoretti, à un moment du film, tente de convaincre les parents de Jacques Mazel que leur fils n’est pas mort pour rien.
Elle prononce alors cette phrase : « Les morts des batailles perdues sont la raison de vivre des vaincus. »
Une formule jugée tendancieuse. La Fille du puisatier sera interdit en zone occupée.
Franck Ferrand
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The Philharmonic Brass dirigé par Tugan Sokhiev aux Rencontres Musicales d’Evian, le Quatuor Hermès au Festival des Forêts et le coup d’envoi du Festival d’Aix-en-Provence : découvrez la sélection Radio Classique des rendez-vous à ne pas manquer dans les prochains jours
Les Rencontres musicales d’Evian invitent The Philharmonic Brass dirigé par Tugan Sokhiev. Au programme l’Ouverture festive de Chostakovitch, les Danses polovtsiennes du Prince Igor de Borodine, la Danse Slave n°1 et Carnaval de Dvorak, l’Ouverture de Guillaume Tell de Rossini, Ballabile d’Aïda de Verdi, le Notturno de Martucci, l’Intermezzo de Manon Lescaut de Puccini et Circenses des Fêtes romaines ainsi que Les Pins de la Via Appia des Pins de Rome de Respighi. Ce concert sera diffusé sur Radio Classique le samedi 4 juillet à 20 heures.
Le Quatuor Hermès est l’invité du Festival des Forêts. Au programme de ce concert : le Quatuor Op. 33 n°5 de Joseph Haydn, le Quatuor n°3 de Claire-Mélanie Sinnhuber et le Quatuor n°1 “De ma vie” de Bedrich Smetana.
C’est avec La Flûte enchantée de Wolfgang Amadeus Mozart que s’ouvre l’édition 2026 du Festival d’Aix-en-Provence. Sabine Devieihle chantera le rôle de la Reine de la Nuit. La Cappella Mediterranea et le Chœur de Chambre de Namur seront dirigés par Leonardo Garcia-Alarcon. La mise en scène de cette nouvelle production est signée Clément Cogitore.
Jean-Michel Dhuez
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Disparue il y a 30 ans, Ella Fitzgerald fut une icône majeure du XXe siècle, dont la voix a profondément marqué les esprits. De son enfance précaire à son ascension fulgurante, l’écrivain Jean-Pierre Jackson retrace le destin hors normes de la First Lady of jazz dans une nouvelle biographie de référence tout juste parue chez Actes Sud. Il revient notamment sur l’arrestation de la chanteuse à Houston.
En 1954, Ella Fitzgerald accepte de signer un contrat avec le producteur Norman Granz. C’est le tournant de sa carrière, puisqu’il crée dans la foulée le label Verve qui, disons les choses, a été quasiment consacré à Ella Fitzgerald. C’était son label, et c’est à cette période qu’elle devient une star, qu’elle entame sa fameuse série de Song Books : ces albums où elle appose sa voix sur des compositions de jazzmen célèbres.
« Dans les années 50, j’ai commencé à chanter avec un style nouveau », dira-t-elle, « choisissant des auteurs de chansons pour les chanter. Cole Porter fut le premier. » De 1956 à 1964, elle a publié pas moins de 250 titres répartis sur 19 Song Books, qui sont tout à fait uniques, chacun dans son genre.
Le succès commercial est total, la critique est dithyrambique, et elle rafle deux récompenses lors de la première cérémonie des Grammy Awards, en 1958. C’est un succès complètement vertigineux, et qui n’est pas sans danger.
En juillet 1957, lors d’un concert au Warner Theatre, où sont programmés Louis Armstrong et Lionel Hampton en même temps qu’elle, elle est attaquée sur scène par une espèce de drogué psychotique qui s’appelle William Edward Fitzgerald et qui la prend pour la femme qui l’avait quitté.
Évidemment, quand on est une superstar, tout est possible. Si Ella Fitzgerald est aujourd’hui considérée comme la légende absolue du jazz, la First Lady of Song dans le monde du jazz, ce statut ne s’est pas fait tout seul, n’a pas été acquis par hasard.
Quand on la voit dans les films, on se dit que c’est naturel, qu’elle n’a qu’à claquer des doigts pour chanter aussi bien. Mais ce n’est pas ça, la vérité.
Dans les faits, tout ce qu’Ella Fitzgerald a construit, elle l’a fait par son travail, par une sorte de labeur extrêmement exigeant, extrêmement précis. Elle a travaillé tous les jours de l’année, pendant des années, sans prendre de pause.
A-t-elle souffert de cette enfance difficile et de la ségrégation qui l’accompagnait ? Oui. Par exemple, au cours d’un concert à Houston, au Texas, la police envahit sa loge sans raison, l’arrête, ainsi que Dizzy Gillespie, d’ailleurs, et d’autres musiciens. On les emmène au commissariat.
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Elle va rester en garde à vue plusieurs heures et, pourtant, le policier de garde profite de l’occasion pour lui demander un autographe. Voyez l’extraordinaire perversité de la situation de la ségrégation.
Elle demeurera toujours une grande adepte des droits civiques et, vous savez à quel point sa présence dans ce combat, dans les années 1960, a joué un rôle absolument déterminant.
Franck Ferrand
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Dans le cadre des soirées dominicales consacrées aux grands compositeurs, Radio Classique vous donne rendez-vous avec les plus grandes œuvres d’Hector Berlioz, et celles de ceux qui l’ont inspiré ou qu’il a inspiré.
C’est ainsi que vous pourrez entendre des extraits orchestraux de La Damnation de Faust, notamment la célèbre Marche hongroise, par l’Orchestre de Philadelphie dirigé par Charles Munch, le Scherzo de la reine Mab de Roméo et Juliette par l’Orchestre Philharmonique de Vienne placé sous la direction de Sir Colin Davis, La Villanelle et Le Spectre de la rose des Nuits d’été par Régine Crespin avec l’Orchestre de la Suisse Romande dirigé par Ernest Ansermet et bien sûr la Symphonie fantastique dans l’interprétation de l’Orchestre Symphonique de Boston sous la direction de Seiji Ozawa.
Au programme également le Concerto pour piano n°1 de Liszt, Une Nuit sur le Mont-Chauve de Moussorgski, Iphigénie en Tauride de Gluck et la Symphonie n°3 « Héroïque » de Beethoven.
Cette soirée sera présentée par Jean-Michel Dhuez. Vous pourrez l’écouter en qualité numérique dans de nombreuses villes de France grâce au DAB+.
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